ANALOGIQUES ET CERTITUDES MÉTAPHYSI- QUES
ANALYSE DE LA FOI. Voyez foi.
ANAMÉLECH. Voyez Samaritain.
ANANIE et SAPHIRE. Ces deux .époux furent frappés de mort à la parole de saint Pierre, pour avoir menti au Saint-Esprit. Act., c. 5, f 3.
Les censeurs de la révélation n'ont pas manqué d'observer qu'un simple mensonge n'était pas un crime assez grave pour mériter la peine de mort; que saint Pierre agit dans cette circonstance avec une cruauté peu digne d'un apôtre.
Si cette observation était juste, ce serait à Dieu même qu'il faudrait s'en prendre ; la parole de saint Pierre n'a certainement pas eu par elle-même la force de faire mourir subitement deux personnes ; il faut donc que Dieu les ait punies lui-même. Mais il est faux que le crime à'Ananie et de Saphire ait été un simple mensonge. Comme les fidèles de J érusalem avaient mis leurs biens en commun, personne n'avait droit de subsister aux dépens de cette communauté, que ceux qui s'étaient réellement dépouillés de leurs possessions. Ananie et Saphire, après avoir vendu un champ, donnèrent une partie du prix et gardèrent le reste ; c'était une fraude : il fallait un exemple de sévérité pour prévenir cet abus. Act., c. 4, f 34 et 35.
D'ailleurs, selon le sentiment de plusieurs Pères de l'Eglise, Dieu punit ces deux époux en ce monde pour leur faire miséricorde en l'autre ; ainsi en ont jugé Origène, tom. 5, In Matth., n. 15 ; saint Augustin, liv. 3, Contra Epist. ad Parmtn., c. i, n. 3, Serm. 148, n. 1 ; saint Jéiàme^Epist. 8, ad Démet., et d'autres. Ils se sont fondés sur les paroles de saint Paul.
I Cor., c. 11, ^ 30 : « Lorsque Dieu » nous juge, il nous corrige, afin que i> nous ne soyons pas damnés avec
» ce monde. » A la vérité, il y en a aussi quelques-uns qui craignent que ces deux coupables n'aient été damnés ; mais ils supposent dans le men> songe dont il est ici question, de3 circonstances et des motifs qui ne sont ni certains ni approuvés par l'Écriture sainte. Bergier.
ANASTASE, (théol. hist. pap.) — L'bistoire ecclésiastique compte quatre papes et un antipape sous le nom d'Anastase.
ANASTASE I (S.), succéda, en 398, à Sirice. Les controverses origénistes venaient d'éclater à la suite de la publication des œuvres d'Origène par Rufin. Celui-ci signa une profession de foi ortbodoxe, et Anastase ne condamna que les erreurs dogmatiques d'Origène, surtout celles de son Périarchon (itepl àp^ûv). Ce pape s'occupa du bien-être et de la splendeur de Rome. Ce fut lui qui défendit, dit-on, de recevoir dans les Ordres des candidats contrefaits, et ordonna d'écouter la lecture de l'Évangile debout pendant la messe. D. mourut en 402, et fut canonisé.
ANASTASE II, succéda à Gélase en 496. Dans un bref apostolique il prit parti pour les fidèles orthodoxes persécutés par l'empereur Anastase et envoya, dans leur intérêt, deux ambassadeurs à Constantinople.
« Quelques auteurs lui reprochent, dit M. Haas, d'avoir été plus favorable qu'il ne fallait aux Eutycbiens, et d'avoir voulu faire rétablir dans les diptyques de l'Église le nom d'Acace, l'hérétique patriarche de Constantinople. Cette dernière accusation parait complètement fausse. En effet le nom d'Acace ne fut effacé des diptyques de Constantinople qu'en 519 et Anastase II ne fut pape que vingtdeux mois ; il mourut en 498 ; en outre il avait adressé à l'empereur la demande formelle de rayer le nom d'Acace des registres de l'Église. »
ANASTASE III, régna de 911 à 913 ; il succéda à Serge III. On ne sait rien de ce souverain pontife.
ANASTASE IV, connu aussi sous le nom de Conrad , monta, après Eugène III , sur le trône pontifical, en 1153. Il fournit du blé au peuple
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pondant une famine, fit restaurer le Panthéon, aujourd'hui Snnia-Maria- Rotonda, et laissa un ouvrage sur la sainte Trinité. Il mourut en 1)54 et fut enseveli dans un tombeau de porphyre. On aeucore neuf lettres de lui.
Ce vieillard se lit remarquer par sa vertu et sa sagesse.
ANASTASE, en 8S5, antipape contre Benoit 111 consentit à résigner sa charge, sur la demande des ambassadeurs que l'empereur Louis lui avait envoyés, à la prière du clergé et du peuple de Home. Le Nom.
ANA THÈME. Ce mot, tiré du grec <4vcîOE;j.a, signilie, à la lettre, placé en haut : l'on nommait ainsi les offrandes faites à la Divinité, et que l'on suspendait à la voûte ou aux murs des temples pour les exposer à la vue ; de là anathéme a signilie chose consacrée. Comme l'on exposait aussi des objets odieux, la tète d'un coupable OU d'un ennemi, ses armes, ses dépouilles, anathéme a exprimé chose exécrée ou exécrable, dévouée à la haine publique ou à la destruction ; et ce dernier sens est devenu plus commun.
Ainsi l'Eglise dit anathéme aux hérétiques, à ceux qui corrompent la pureté de la foi ; plusieurs décrets ou canons des conciles sont conçus en ces termes : Si quelqu'un dit ou soutient telle erreur, qu'il soit anathéme, c'est-à-dire, qu'il soit retranché de la communion des lidèlcs, qu'il soit re-' gardé comme un homme hors de la voie du .salut et en élatde damnation; qu'aucun fidèle, n'ait de commerce avec lui. C'est ce que l'on nomme anathéme judiciaire ; il ne peut être prononcé que par un supérieur qui ait autorité et juridiction, par un concile, par le pape, par un é\êque.
Lorsqu'un hérétique veut se convertir et se réconcilier à l'Eglise, on l'oblige de dire anathéme à ses erreurs, c'est-à-dire, de les abjurer et d'y renoncer.
Saint Paul dit, Rom., c. 9, ^ 3 : Je » désirais moi-même d'être anathéme » de la part de Jésus-Christ pour mes » frères, qui sont nos parents selon la » chair. » Parmi les interprètes, les uns pensent que dans ce passage ana-
théme signifie être maudit ou réprouvé par Jésus-Christ ; les autres soutiennent qu'il faut entendre : Je souhaitais d'être mis à part, et dévoué par Jésus-Christ au salut de mes frères.
Nous trouvons, dans l'Ancien Testament, des exemples de cette doubla signification : il est dit que Judith offrit au Seigneur les armes d'Holopherne pour anathéme d'oubli, ou pour monument contre l'oubli. Judith, c 16, y 23.
Moïse veut que l'on dévoue à Yanathéme ou à la destruction les villes des Chananéens qui ne se rendront pas aux Israélites, et ceux qui adoreront les faux dieux. Deut., c, 9, y 26; Exod., c. 22, f f9. Le peuple assemblé à Maspha, dévoua à ïanathéme quiconque ne prendrait pas les armes contre les Benjamites, pour venger l'outrage fait à la.fcmme d'un lévite.
Jud., c. 19 et 21. Saul prononça Vanathéme contre quiconque mangerait quelque chose avant le coucher du soleil, dans la poursuite des Philistins J lUg., c. 14, y 24. Alors Vanatfu me est exprimé par le mot cherem, dévastation, destruction. Quiconque s'y trouvait enveloppé devait être mis à mort.
De là quelques censeurs de l'Ecriture ont conclu que les Hébreux offraient à Dieu des sacrifices de sang humain. Selon leur opinion, il est dit, Lévit., c. 27, f 28 et 29 : « Tout » ce qu'un possesseur a voué à l'a- » nathéme, soit homme, soit animal, » soit pièce de terre, sera consacré » au Seigneur, ne pourra être ra- » cheté, mais sera mis à mort. » Nous soutenons que cette version est fautive : f° Il est absurde d'ordonner qu'une pièce de terre, ou ce qui en provient, soit mis à mort; 2° il y aurait une contradiction entre cette loi et celle du y 2 de ce même chapitre, où il est dit que toute personne vouée au Seigneur sera rachetée ; 3° dansle Deutérouome, c. 12, y 30, il est sévèrement défendu d'offrir aucun sacrifice de sang humain, et il n'y en a aucun exemple certain dans l'Ecriture ; 4° Cherem signilie constamment ïanathéme prononcé et exécuté contre les ennemis de l'État ; il y aurait eu de la folie à un Israélite de le pro-
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