CHRONOLOGIES
^1) La vérité est que la plupart des Pères latins, et particulièrement saint Aumi-tin, se sont trompé avec les populations de leur épnqoe en ne croyant pas aux antipodrs, mais ijue beaucoup de Pères grecs en oui pensé tout autrement, a l'iinitalion de plusieurs philosophes anciens qui y avaient également cru. Il en fut de môme du mouvement de la terre. En ce qui est des papes et de l'Eglise, peu importe ce qn ils en ont peo-é, puisque la matière sort a^ec évidence de la compétence de l'Eglise et de la Papauté. 1* Net».
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AM1TACTES, anciens hérétiques .gnosliques, ainsi nommés, parce qu en avouant quo Dieu, créateur de 1 univers, était bon et juste, ils soutenaient qu'une de ses créatures avait semé la zizanie, c'est-à-dire, créé le mal moral, et nous avait engagés à le suivre, pour nous mettre en opposition avec Dieu; de là est dérivé leur nom,dvTkTaTTu je m'oppose je combats. Ils ajoutaient que les commandements de la loi avaient été donnés par de mauvais principes; et loin de se faire scrupule de les transgresser, ils croyaient venger Dieu et se rendre agréables à ses yeux en les violant. Ils ont été précurseurs des manicbéens.
Voyez saint Cléni. d'Alex., Strom., I. 5 ; Dupiu, Bibl. des Auteurs eccl. des trois premiers siècles; Tillemont, t. 2, p. 357.
Bercier.
ANTITHÉISME. (Théol. mixt.philos.
ontol.) — Ce mot a été créé par le fameux Proudbon, et nous n'avonspeutêtre pas été absolument étranger à cette création, comme cause occasionnelle. Nous avions accusé cet audacieux écrivain, que nous avons connu pour un homme aussi simple, aussi honnête et aussi moral que sa dialectique était labyrinthique, sa philosophie téuébreuse, sa plume foudroyante , sou encre corrosive, et son art satanique, nous l'avions accusé, dans nos liai moitiés, d'être athée; et en effet, l'athéisme rai.-onné ne consiste-t-il pas à nier l'absolu, à n'admettre que le relatif, età dire, par une contradiction qui choque le bon sens, que les relatifs se soulieunentlesuns les autres, que cela suffit pour rendre raison de leur existence ? Or, Proudhon avait émis, un jour, devant nous cette proposition, et des propositions équivalentes avaient assez souvent signalé ses écrits. Il n'accepta point cependant la qualilkation d'athée, et dans son livre De la justice dans la "Révolution et dans l'Eglise, le plus important de ses Ouvrages au point de vue philosophico-théologique, etpeutêtre même à tous les points de vue, il nous répondit qu'il ne professait point l'athéisme, qu'il éliminait seulement la question de Dieu, base de la théologie, des questions humaines,
et, qu'après tout, il était antithéiste, taisant la guerre au Dieu de tous les cultes, représenté comme les cultes le représentent. C'est la réponse qu'il lit aussi, ou plutôt qu'il avait déjà faite, dans sa réception comme membre de la société maçonnique, lorsqu'on lui demanda : Que deoons-nous à Dieu ?
Il répondit : la guerre. Réponse qui ne 1 empêcha pas d'être admis, et, tait étrange, qui prouvait déjà, à cette date, 1 ébranlement de la société ettree vers un positivisme matérialiste et athée; car l'article le plus fondamental du maçonnisme avait toujours cousisté et consiste encore officiellement dansla profession dugrand architecte de l'univers. En ce qui est de Proudbon, il rejeta donc loin de lui la note d'athée pour prendre celle d'antithéiste. Avec la bonne foi à laquelle uous n'avons jamais manqué d'être iidèle,nousretirâmes la qualification dans nos droits de la raison dans la foi, qui parurent plus tard, mais en présentant au célèbre auteur nos observations dans une des notes qui terminent cet ouvrage. Il est revenu, depuis, sur- cette question fondamentale de l'absolu qui l'a toujours préoccupé fortement ; ses ouvrages posthumes contiennent à ce sujet des pages de polémique avec nous qui pèchent par des écarts et par des feintes dont la logique personnelle peut être satisfaite, mais dont la vraie logique des principes a beaucoup à se plaindre. La vérité est que Yantithéisme de Proudbon et son élimination de la question de l'absolu n'étaient que des ruses de guerre pour se sauver de l'inextricable embargo ou l'athéisme l'eût enfermé. Mais ces ruses ne mènent pas loin une intelligence comme la sienne, qui n'est pas sans comprendre que, si Dieu est, il domine tout, se lie à tout, dans son essence réelle, ne peut être éliminé d'aucune chose, peut encore moins être attaqué par sa créature, sans une absurdité révoltante, puisqu'il n'est autre que le bien souverain comme attribut et comme substance ; que si l'on s'en est fait des images menteuses qui ne vont pas à moins qu'à le transformer en le mal, attaquer cos images n'est point l'attaquer lui-
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même, mais seulement le peintre qui l'a si tristement représenté ; qu'au contraire, s'il n'est pas, il n'y a de sincérité et de logique qu'à s'avouer franchement athée ; et qu'enfin, pour tout dire en un mot, l'antithcisme et l'élimination ne sont que de pitoyables aveux d'impuissance.
Cette intelligence aima mieux encore se résoudre à ces aveux que de dire à l'être en face : Tu n'es pas.
C'est elle, cependant, qui a les droits les plus incontestables à la paternité des écoles positivistes qui ont envahi et presque absorbé notre jeunesse lettrée.
ANTITRIN1TAIRES. Ce nom convient à tous les hérétiques qui ont attaqué le mystère de la sainte Trinité etqui n'ontpas voulu reconnaître trois Personnes en Dieu. Lessamosaténiens, Çui n'admettaient point de distinction antre les Personnes divines, les ariens qui niaient la divinité du Verbe, les macédoniens qui contestaient celle du Saint-Esprit, ont été tous antitrinitaircs. Sous ce nom, l'on entend aujourd'hui principalement les sociniens, que l'on appelle aussi unitaires.
Voyez Sociniens.
Bekgier.
ANTITYPE, mot grec, formé de la préposition avril, pour, au lieu,et de TÛaroî, figure; dans sa signification grammaticale, il veut dire ce que l'on met à la place d'un type, d'une figure-; mais dans les auteurs il signifie simplement type, figure, ressemblance.
11 y a dans le Nouveau Testament deux passages où ce mot est employé, et dont le sens a donné lieu à des disputes. 1° Dans VEpitre aux Hébreux, c. 9, f 2i, il est dit: « Jésus-Christ «n'est point entré dans un sanctuaire » fait de la main des hommes et figure, n àvTtTuira, du vrai sanctuaire, mais » dans le ciel même, afin de se pré- » senter à Dieu pour nous. » 2° Dans la première Epi Ire de -mini Pierre, c. 9, t 21, le baptême est comparé a l'arche de Noé, qui préserva du déluge universel ce patriarche et sa famille ; il en est appelé àvrcTuirov, ce que la vul-
gâte rend par similis formai, ressemblant. Nous ne voyons pas que dans l'un ni dans l'autre de ces passages, il soit nécessaire d'abandonner le sens ordinaire du terme pour recourir à la signification grammaticale.
Le mot antitype se trouve souvent dans les écrits des Pères grecs et dans la liturgie de leur Eglise, pour désigner l'Eucharistie même après la consécration ; de là les protestants ont conclu que, selon la croyance de l'Eglise grecque, ce sacrement n'est que la figure dn corps de Jésus-Christ.
Cette conséquence nous paraît fausse. Quoique les espèces eucharistiques renferment le corps de Jésus- Christ, elles en sont cependant la figure, le type, le symbole, ce qui parait aux yeux ; puisque ce corps n'y parait point sous ses qualités sensibles, mais sous les apparences du pain.
11 est vrai que Marc d'Ephèse, le patriarche Jérémie, etd'autres Grecs, disent que, dans la liturgie de saint Basile, le pain et le vin sont appelés antitypes avant la consécration. Cela n'empêche pas qu'ils ne puissent être nommés -de même après, puisque par la consécration il ne se fait aucun changement dans les qualités sensibles ou dans les apparences du pain et du vin ; la figure demeure donc la même, quoique la substance soit changée.
Qu'importe l'abus que l'on peut faire d'un mot lorsque la croyance est prouvée d'ailleurs ? Au concile de Florence, les Grecs ont solennellement déclaré qu'ils croyaient Jésus- Christ réellement présent dans l'Eucharistie, après la consécration ; toute leur dispute avec les Latins consistait à savoir si, après la. consécration, les symboles devaient encore être appelés antitypes : contestation qui nous paraît assez frivole. Après la consécration, nous disons encore symboles eucharistiques ; pourquoi les Grecs ne pourraient-ils pas dire antitypes dans le même sens ?
11 n'est donc pas nécessaire de changer la signification usuelle de oe terme, de supposer que antitype signifie ce qui est mis à la place de la figure ; le corps de Jésus-Christ n'est point mis au lieu de la figure,
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