‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 1 (volume 3)Chapitre 127 sur 166 · XV · texte numérisé non relu

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Et lisez le texte d'Apollinaire dans la patrologie de l'abbé Migne.

Le Nom.

APOLLINA1RES ou APOLLINA- RISTES, anciens hérétiques qui ont prétendu que Jésus-Christ n'avait point pris un corps de chair tel que le nôtre, ni une âme raisonnable semblable à la nôtre.

AppoWnaire de Laodicée, chef de cette seete, donnait à Jésus-Christ une espèce de corps, dont il soutenait que le Verbe avait été revêtu de toute éternité: corps impassible, qui était descendu du ciel dans le sein de la sainte Vierge, mais qui n'était pas né d'elle; qu'ainsi Jesus-Christ n'avait souffert, n'était mort et ressuscité qu'en apparence. Il mettait aussi de la différence entre l'âme de Jésus- Christ et ce que lés Grecs appellent vcj; esprit, entendement, en conséquence, il disait que le Christ avait 1 1 ris une âme, mais sans l'entendement; défaut, ajoutait-il, suppléé par la présence du Verbe. Il y en avait même, entre ses sectateurs, qui avan-

çaient positivement que le Christ n'avait point pris d'âme humaine. On leur donne le nom de synousiastes, de même qu'aux eutychiens et à tous ceux qui confondaient les deux natures de Jésus-Christ en une seule.

Voyez Synousiastes.

Apollinaire faisait encore revivre l'hérésie des millénaires, etenscignait d'autres erreurs sur la Trinité. Théodorct l'accuse d'avoir confondu les Personnes en Dion, et d'èlre tombé dans l'erreur des sabelliens. Saint Basile lui reproche, d'un autre côté, d'abandonner le sens littéral de l'Ecriture, et de rendre les livres saints entièrement allégoriques.

L'hérésie à' Apollinaire consistait, comme on voit, dans des distinctions très-su blilcs, auxquelles il n'étailguôre possible que le commun des lidôles entendit quelque chose : cependant l'histoire ecclésiastique nous apprend qu'elle lit dos progrès considérables en Orient; plusieurs Eglises de cette partie du monde en furent infectées.

Elle fut anathématisôe dans un concile d'Alexandrie, sous saint Alhanase, eu 300 ; dans un concile de Rome, sous le pape Damase, l'an 37 i, et dans le concile de Constautinople, en 381.

Les apoUînaristes furent aussi appelés dimérites ou séparateurs, parce qu'ils séparaientl'âme deJésus-Christd'avec l'entendement : erreur née probablement de l'opinion de Platon, qui distinguait l'âme sensitive d'avec l'âme raisonnable.

Il ne faut pas confondre l'hérétique dont nous parlons, avec Apollinaire, évèque d'Hiéraples, qui vivait au second siècle, et qui présenta, l'an 177, à l'empereur Marc-Aurèle, une apologie du christianisme. Quelques auteurs prétendent que celui de Laodicée avait écrit contre Julien l'apostat.

Bergier.

APOLLONIUS DETYANES, philosophe phytagoricien, qui a vécu pendant tout le premier siècle, et qui est devenu célèbre par l'histoire romanesque que Philostrate, antre espèce de philosophe, en a faite cent ans après la mort de ce personnage.

On sait que le christianisme n'a point eu d'ennemis plus déclarés que

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