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les philosophes; ils n'ont épargné aucune sorte de fourberie pour en détourner les hommes, et pour soutenir l'idolâtrie prête à être détruite.
Comme ils virent que les miracles de Jésus-Christ étaient une desplus fortes preuves dont nos apologistes se servaient pour démontrer la divinité de notre religion, et qui faisait le plus d'impression sur les païens, ils trouvèrent bon d'attribuer des prodiges semblables à quelques philosophes, en particulier à celui dont nous parlons.
Vers l'an 211, l'impératrice Julia Domna, femme de Septime Sévère, princesse très-déréglée , etcurieusede merveilleux, chargea Philostrate d'écrire la vie d'Apollonius de Tyanes. Ce sophiste la servit selon son goût. En comparant les prodiges qu'il rapporte de son héros avec ceux que les évangélistes ont attribués à Jésus-Christ, on voit que Philostrate s'estproposédecopier ces derniers, et d'en obscun ir l'éclat parla multitude de ceux qu'il met sur le compte d'Apollonius; mais il ajoute tant de circonstances fabuleuses, tant d'absurdités et de contradictions, qu'il. n'a pas daigné garder la moindre vraisemblance: il s'ensuivrait tout au plus, de ce qu'il raconte, qu'Apollonius était un magacien qui fascinait les yeux, et proiitait de l'imbécillité de ses admirateurs pour se faire \xne réputation.
Ils s'en faut beaucoup que son historien l'ait représenté comme un homme très-vertueux; outre les efforts qu'il fit pour exciter des séditions contre Néron et contre Domitien, on ne voit en lui qu'un sophiste orgueilleux, qui ne cherche que la célébrité, et qui ne s'occupe en aucune manière de la réforme des mœurs.
Sous le règne de Dioclétien, Hiéroclès, président de Bithynie, et ensuite gouverneur d'Alexandrie, grand ennemi des chrétiens, lit un ouvrage pour prouver qu'Apollonius était un plus grand personnage que Jésus-Christ, et il opposa les prétendus miracles du philosophe à ceux de notre Sauveur. Eusèbe de Césarée réfuta ce parallèle ridicule ; il fit voir que toutes ces merveilles n'avaient été rapportées par aucun témoin oculaire ; qu'il n'en
avait pas été question pendant tout le siècle qui s'était écoulé depuis la mort d'Apollonius jusqu'à la naissance du roman de Philostrate ; que ces miracles imaginaires n'avaient produit aucune révolution ni aucun effet qui en put constater la réalité ; que la plupart étaient ridicules, indignes de Dieu, sans aucune utilité pour les hommes, et ne pouvaient aboutir qu'à faire regarder leur auteurcomme un magicien. Lactance oppose une partie de ces mêmes réflexions à Hiéroclès, Divin, lnstit., 1. 5,c. 3.
Aussi malgré tous les efforts des philosophes, le nom d'Apollonius et ses prétendus prodiges sont demeurés plongés dans l'oubli, pendant que Jésus-Christ a été reconnu pour Fils de Dieu et Sauveur des hommes dans une très-grande partie de l'univers.
Tillemont, Vie des Emper., t. 2, page 1 20 ; Bruker, Histor.p>hilosoph.,tom.2, p. 98.
Mosheim, dans ses Notes sur Cudworth, c. 4, § 15, n'approuve point le sentiment de ceux qui ont cru qu'A?
pollonius avait réellement opéré des prodiges par l'intervention du démon ; il ne peut se persuader que Dieu ait permis à l'ennemi du salut d'exercer sur la terre un pouvoir surnaturel pour tromper les hommes, dans le temps môme que Jésus-Christ et les apôtres y exerçaient un pouvoir divin pour détruire l'empire du démon. Il pense donc que les prétendus miracles d'Apollonius ne sont que des guérisons naturelles opérées par l'art de la médecine, que ce philosophe avait étudiée, mais qui parurent miraculeuses à des Orientaux, toujours extasiés du mérite des médecins, et auxquelles ce fourbe habile eut soin de mêler des tours de charlatans, afin de rendre ses cures plus merveilleuses.
Mosheim ajoute que ce philosophe ne fut que le singe de Pythagorc, dont il ambitionnait la célébrité ; que si l'on veut comparer l'histoire d'Apollonius par Philostrate, avee celle que Lucien a faite du faux Alexandre, on trouvera entre ces deux imposteurs une ressemblance parfaite. Ces réflexions nous paraissent très-judicieuses. Bergier
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APOLOGÉTIQUE. Ecrit ou discours fait pour excuser ou justifier une personne ou une action. Voy. Apologie.
h'apologfti^uc écrit par Tertullien pour la défense duchristianisme.estun ouvrage plein de force et d'élévation, di<me du caractère véhément de son auteur. Il y adresse la parole aux magistrats de Cartilage, aux grands de l'empire, aux gouverneurs des provinces.
Tertullien s'y attache à montrer l'iniustice de la persécution contre unereligion que l'on condamnait sans la connaître et sans l'entendre, à réfuter l'idolâtrie et les reproches odieux nue les idolâtres faisaient aux chrétiens d'égorger des enfants dans leurs mystères, d'y manger de la chair, d'y commettre des incestes, etc. Pour repondre au crime qu'on leur imputait de manquer d'amour et de fidélité pour la patrie, sous prétexta qu'ils refusaient de faire les serments accoutumés et de jurerparles dieux tutélaires de l'empire, il prouve la soumission des chrétiens aux empereurs. Il eu expose aussi la doctrine, autant quil étaitnécessairepourla disculper, mais sans en dévoiler trop clairement les mystères, pour nepas violer lareligion dû secret, si expressément recommandée dans ces premiers temps. Cet écrit, tout solide qu'il était, n'eut point d'effet, et la persécution de Sévère n'en fut pas moins violente.
La meilleure édition de cet ouvrage est celle de Ley de en 1 7 1 8 , in-8 , avec des notes de Havercamp, et la meilleure traduction est celle qu'a donnée récemment M. l'abbé de Gourcy. Bergieb.
APOLOGIE, APOLOGISTES. Nous avons perdu plusieurs apologies de la religion chrétienne, faites par des auteurs du second siècle de l'Eglise, et il y a lieu de les regretter : celles de Qùadratus, évêque d'Athènes, de Méliton, évêque de Sardes, d'Apollinaire, évèque d'Hiéraples. On ne nous saura pas mauvais gré de donner ici la liste des ouvrages de nos anciens apologistes qui subsistent encore.
Les deux apologies de saint Justin, et son dialogue avec le juif Tryphon.
Le discours aux Gentils, parTatien. La salire contre les philosophes païens,
par Hermias. L'ambassade d'Athénagorepour leschrétiens. Lestrois livres de saint Théophile, évèque d'Antioche.àAutolycus.LalottrcàDiogénète.
Tous ces ouvrages se trouvent dans la nouvelle édition des œuvres de saint Justin, ils sont du second siècle.
L'exhortation de saint Clément d'Alexandrie aux païens. L'apologétique de Tertullien, ses livres aux nations et àScapula, gouverneur de Carthage.
Son livre contre les Juifs. La dispute d'Arnobe contre les païens, en six livres. Le dialogue de Minutius Félix, intitulé : Octavius. Julius Firmicus Maternus, sur les erreurs des religions profanes.
Les huit livres d'Origène contre Celse. Les institutions divines de Lactance, en sept livres. La préparation et la démonstration évaiigéliqued'Eusèbe, et son livre contre Hiéroclès. Le discours de saint Athanase contre les païens. Les dix livres de saint Cyrille d'Alexandrie contre Julien. Les discours de saint Grégoire de Nazianze contre le même empereur .
Le traité de saint Cyprien sur la vanité des idoles, et sa lettre à Dérnétrien. Les discours de saint Jean Chrysostome contre les Gentils et les Juifs. Les vingt-deux livres de la cité de Dieu de saint Augustin ; son traité de la vraie religion et celui des mœurs de l'Eglise contre les manichéens.
La dispute d'Evagre entre le juif Simon et le chrétien Théophile. Le livre des consultations de Zachée, chrétien, et d'Apollonius, philosophe.
Le traité de saint Fulgence sur la foi.
Les traités dogmatiques de saint Isidore de Séville; celui de la foi orthodoxe, par saint Jean Damascène. Les dialogues entre un chrétien etun juif, nn nestorien et un sarrazin, par Théodore d'Abucara. Le monologue et le prologue de saint Anselme sur l'existence de Dieu. Deux ouvrages contre les Juifs, par Pierre de Blois.
Le livre de Raymond Martin, intitulé Pugio fidei, contre les Juifs, a été publié par Galatin, dans son ouvrage de Arcanis catholkx veritatis.
On ne peut pas accuser les premiers apologistes du christianisme d'avoir déguisé les faits; Qùadratus, Méliton, saint Justin, Minutius Félix, étaient
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environnés d'ennemis qui avaient toutes les facilités possibles de trouver des preuves et des témoins pour confondre l'imposture, si ces écrivains courageux avaient osé hasarder un seulmensonge. Ilsavaicnt eux-mêmes examiné les preuves de cette religion, puisque c'étaient des philosophes ou des hommes intruits ; ils étaient à ia source des événements, puisqu'ils avaient étéconvertisouparles apôtres, on par leurs disciples immédiats. Le chrtistianisme était persécuté; aucun intérêt temporel n'avait donc pu les engager à l'embrasser. Saint Justin confirma, par son martyre, la sincérité de sa croyance .
On ne peut pas dire qu'ils ont passé sous silence ou affaibli les raisons et les objections de leurs adversaires.
Origène rapporte les propres termes de Celse ; saint Cyrille copie exactement les paroles de Julien. Sans celte bonne foi, il ne resterait pas aujourd'hui une seule phrase des ouvrages de ces deux philosophes. Les aveux que ceux-ci sont forcés de faire, sont encore le bouclier que nous opposons aux attaques des incrédules modernes.
Ou ils conviennent expressément des miracles de Jésus-Christ et des apôtres, oula manièredont ils les combattent équivaut à un aveu formel. Il n'a pas tenu à Origène de verser son snng pour sceller la vérité de sonapclog ic.
Quelques incrédules, pour esquiver les conséquences de ces témoignages, ont prétendu que ces premiers écrivains étaient des philosophes platoniciens; qu'ils avaient embrassé le christianisme, parce qu'ils avaient trouvé de la ressemblance entre ces dogmes et ceux de Platon; qu'une fois persuadés de la doctrine, ils n'avaient point contesté sur les faits, et les avaient admis sans examen. Malheureusement cette conjecture est contredite par d'autres critiques, qui soutiennent que ce sont les plus anciens Pères de l'Eglise qui ont introduit dans le christianisme les idées de Platon; elles n'y étaient donc pas encore lorsqu'i Is se sont convertis. Si le platonisme chrétien est leur ouvrage, iln'apaspu être le motif de leur conversion.
Est-ce de Platon que les Pères ont
emprunté l'unité d'un Dieu créateur, le péché originel, la rédemption du monde par un Dieu fait homme? Ces dogmes s'accordent si peu avec ceux de Platon, que Celse et Julien ne cessent d'opposer la doctrine de ce philosophe à celle du christianisme.
C'est aux hérétiques de son temps que Tertullien reproche la fureur de vouloir substituer les rêveries de Platon et des autres philosophes aux leçons de Jésus-Christ et des apôtres.
Voyez Platonisme.
Loin de passer légèrement sur le»
faits, Origène y renvoie continuellement son adversaire : personne n'a soutenu la vérité des miracles de Jésus-Christ et des apôtres avec plus de force que lui ; c'est cependant l'un des Pères auquel on a supposé le plus d'idées platoniciennes.
D'autres critiques ont conjecturé que les remontrances de nos anciens apologistes n'avaient jamais été présentées ni aux empereurs, ni aux gouverneurs des provinces, que ces écrits étaient restés inconnus dans le portefeuille de leurs auteurs, comme les apologies que composèrent plusieurs protestants à la naissance de la prétendue réforme.
Il faut du moins que celles de saint Justin aient été présentées aux empereurs, puisque la première est suivie d'un récit d'Adrien à Minutius
Fundanus, et d'un ordre d'Antonin aux communes de l'Asie pour défendre de persécuter les chrétiens pour cause de religion, à moins qu'ils ne se trouvent coupables de quelques crimes. Des hommes toujours prêts à mourir pour leur religion, n'ont pas pu craindre de produire au grand jour l'apologie qu'ils en avaient faite.
Mais sur ce fait, comme sur tous les autres, nos adversaires sont encore en contradiction : tantôt ils accusent les chrétiens d'être allés provoquer la colère des juges païens sur leurs tribunaux; tantôt ils imaginent que ces hommes avides du martyre n'ont pas seulement osé présenter des remontrances sages et respectueuses. La vérité est que ces deux reproches sont aussi mal fondés l'un que l'autres Mosheim, qui ne laisse échapper aucune occasion de déprimer les Pères
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de l'Eglise, dit, en parlant de nos apologistes du second et du troisième siècle, qu'ils attaquèrent avec beaucoup de jugement, de dextérité et de succès, la superstition païenne, mais qu'ils ne réussirent pas si bien à développer la vraie nature et le génie du christianisme ; que leurs apologies sont défectueuses à plusieurs égards; qu'ils ne furent pas toujours heureux dans le choix de leurs arguments ; que la plupart paraissent avoir manqué de pénétration, d'érudition, d'ordre, d'exactitude et de force; qu'ils emploient souvent des arguments futiles, plus propres à éblouir l'imagination qu'à convaincre l'esprit. L'un, dit-il, abandonnant les livres saints, où l'on doit prendre des armes pour défendre la religion, s'en rapporte aux décisions des évèques qui gouvernaient les Eglises apostoliques ; un autre, s'imaginant que l'ancienneté d'une doctrine est une preuve de sa vérité, fait valoir la prescription contre ses adversaires, comme s'il défendait sa propriété devant un magistrat civil ; un troisième, entêté d'idées cabalistiques, allègue la puissance imaginaire de certains noms ou termes mystiques. De là Mosheim conclut que cefutdès le second siècle que commença de s'introduire la méthode vicieuse de disputer, que l'on nomme économique, par laquelle on cherchait plutôt à dérouter et à confondre un adversaire, qu'à lui montrer la vérité. Hist. ecclés. du second siècle, l rc part., c. 3, § 7 et 8.
Mais, n'est-ce pas Mosheim luimême qui manque ici de droiture ou de jugement ? 1° La contradiction est palpable entre l'éloge qu'il a fait d'abord de nos apologistes, et les reproches par lesquels il l'empoisonne.
Si tous ces reproches sont vrais, leur travail est détestable; en quel sens ont-ils attaqué la superstition païenne avec beaucoup de jugement, de dextérité et de succès ?
2° De quel poids auraient été, pour défendre la religion, des arguments tirés de l'Ecriture sainte, contre des païens qui ne croyaient point à cette Ecriture, qui la regardaient comme un recueil de rêveries et de fables? Il «allait donc, pour les convaincre de la
vérité et de la divinité de ces livres, des arguments tirés d'ailleurs ; Mosheim lui-même aurait été forcé de prendre cette même route, s'il avait euà prouver le christianisme contre un philosophe païen. Mais voilà l'entêtement des protestants: parce que, selon leur opinion, rien n'est plus vrai que ce qui est écrit, et que l'Ecriture est le seul organe de la révélation, ils jugent que les Pères du second siècle qui ont pensé différemment, ont été dans l'erreur, qu'ils n'ont pas connu la nature et le vrai génie du christianisme.
Si on veut parler du christianisme protestant, cela est très-vrai ; mais ces Pères, instruits par les disciples immédiats des apôtres, ont très-bien connu et développé la vraie nature et le génie du christianisme apostolique, qui n'est pas celui des protestants.
3° Un des principaux préjugés des païens contre notre religion, était de prétendre que cette religion était nouvelle, inconnue à tous les sages de l'antiquité ; ils se persuadaient que toute vérité devait se trouverchez les Grecs. Pour détruire cette prévention, saint Justin, Talien ,Athénagore, saint Clément d'Alexandrie, se sont attachés tous à prouver que la doctrine de Moïse touchant la divinité, doctrine qui est la base du christianisme, est beaucoup plus ancienne que celle; de tous les écrivains grecs, et que Moïse l'a enseignée plusieurs siècles avant la leur. Ils font voir que les auteurs grecs les plus anciens et les plus estimés sont d'accord avec Moïse touchant l'unité de Dieu, la création du monde, la formation de l'homme, etc. Ces Pères pouvaientils répondre plus directement et plus solidement à la prétendue prescription sur laquelle se fondaient lej païens?
4° Un autre préjugé, répandu même parmi les philosophes, était de croire qu'il y a desmots efficaces, mais qui n'opèrent rien s'ils ne sont prononcés dans la langue originale. Origène se sert de cette opinion pour réfuter certaines objections de Celse contre les exorcismes et contre les miracles que les chrétiens opéraient par des paroles; nous ne voyons pas où est le crime. De tout temps il a
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été permis de faire à un adversaire un argument personnel, que l'on nomme argument ad hominem, tiré des principes et des opinions de celui contre lequel on dispute. Il ne s'ensuit pas que par cette méthode on a plus envie de confondre un homme que de lui montrer la vérité : la manière la plus efficace de le convaincre est de le prendre par ses propres principes.
5° C'est Tertullicn qui, dans ses Prescriptions contre les hérétiques, s'en rapporte aux décisions des évèques qui gouvernaient les Eglises apostoliques ; mais il ne disputait pas alors contre des païens. Il était question de savoir quels étaient les livres canoniques ou divins ; si les nôtres étaient falsifiés, ou si c'étaient ceux des hérétiques ; quel était le sens qu'il fallait leur donner. Or, nous soutenons, avec Tertullien, que ces questions ne pouvaient être solidement résolues que par le témoignage des évèques qui gouvernaient les Eglises apostoliques, et que ce témoignage était irrécusable. Au mot Prescription, nous ferons voir que cet argument, invincible au troisième ;iècle, n'est pas moins solide aujourd'hui, et qu'il n'est pas vrai, comme le prétend Mosheim, que cette façon de disputer puisse nuire à la cause de la vérité.
6° Si l'on veut se donner la peine de lire l'analyse des apologies de saint Justin, de Tatien, d'Athénagore, etc., que les savants éditeurs de saint Justin en ont faite, on ver,ra qu'il est faux que ces auteurs manquent d'ordre, de méthode, de pénétration, d'érudition et de force. Il en est de même de l'Exhortation aux Gentils de saint Clément d Alexandrie, dont on trouvera l'analyse dans l'édition de Potter, pag. 1, dans les notes. Au mot Celse, nous donnerons celle de l'ouvrage d'Origène contre ce philosophe.
Rien n'est donc plus injuste ni plus téméraire que la censure de Mosheim, adoptée aveuglément par les protestants, pour se mettre à couvert d'une objection qui les écrasé. Nous persuaderont-ils qu'au second siècle, immédiatement après la mort des apôtres, on avait déjà oublié la vraie nature et le génie du christianisme'/ Bergier.
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APOLYTIQUE. C'est, dans l'Eglise grecque, une sorte de refrain qui termine les parties considérables de l'office divin. Ce refrain change selon les temps. Le terme apolytique est composé de àirà et de X'Ju, je délie, je finis, etc. Bergier.
APOSTASIE, APOSTAT. En laissant aux canonistes les divers sens de ce terme qui peuvent les concerner, nous entendonspar apostasie, lecrime de celui qui abandonne la vraie religion pour en embrasser une fausse.
Du temps des apôtres mêmes, il y eut des apostats du christianisme; saint Jean nous en parle, etles nomme des antechrists. I Joan., c. 2, } 8. Le nombre en augmenta lorsque les persécutions devinrent cruelles ; Pline en avait interrogé plusieurs, et il déclare, dans sa lettre à Trajan, qu'il n'a rien découvert par leur aveu, sinon que le christianisme est un excès de superstition. En effet, aucun des transfuges n'a jamais révélé aux juifs ni aux païens un seul fait désavantageux à la religion qu'il avait quittée ; ils en firent plutôt l'apologie. Lorsque les persécutions cessèrent, plusieurs revinrent à pénitence, et obtinrent le pardon. C'est une preuve invincible de la vérité et de la sainteté du christianisme, à laquelle ses accusateurs n'ont jamais fait attention.
Hobbes, qui prétendait mettre l'autorité des souverains au-dessus de celle de Dieu, soutient qu'un chrétien est obligé en conscience d'obéir aux lois d'un roi infidèle, même en matière de religion, par conséquent de renier Jésus-Christ par ses paroles, lorsque le souverain l'ordonne, pourvu qu'il conserve dans son cœur la foi en Jésus- Christ. Alors, dit-il, ce n'est pas le sujet quirenie Jésus-Christ devant les hommes, c'est le roi et le gouvernement.
Conséquemment il n'approuve pas la constance des martyrs. Pour prouver cette détestable doctrine, il demande ce que devrait faire un mahométan auquel on commanderait, sous peine de la vie, d'abjurer le mahométisme et de professer le christianisme contre sa conscience. Si l'on soutient, dit-il, qu'il doit plutôt soufMr la mort, on autoi'ise tout sujet à résister à son
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souverain pour cause de religion, soit vraie,soit fausse. Leviath. c. 42, p. 334.
Nous répondons que ce mahométan doit commencer pur se laisser instruire, alin de déposer sa fausse conscience ; que s'il lui était impossible de dissiper son aveuglement, supposition que nous n'admettons point, il serait obligé de souffrir la mort. Dieu avait ordonné aux Israélites d'exterminer les autres, mais il n'avait pas commandé de les traîner au pied de ses autels, pour leur faire pratiquer le judaïsme sous peine de la vie. Jésus-Christ n'a jamais ordonné d'employer la violence et les supplices, pour forcer les païens à professer sa doctrine contre leur conscience. Au reste, c'est un sophisme de comparer la conscience éclairée et droite d'un chrétien, avec la conscience erronée et fausse d'un païen ou d'un mahométan. C'est une absurdité de vouloir que l'autorité du souverain l'emporte sur la loi divine formellement portée par Jésus-Christ. « Si quelqu'un me » renie devant les hommes, je le re- » nierai devant mon Père. » Matth., c. 10, f 33. La loi du souverain ne peut avoir de force qu'autant cpie Dieu nous ordonne de lui être soumis : or, Dieu n'a donné à aucun souverain l'autorité de faire des lois contraires à la sienne. Jésus-Christ nous dit de rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu, c. 22, ? 21 :
or, c'est à Dieu, et non à César, de nous prescrire la religion. Si le souverain ordonnait de commettre un parjure, un vol, un adultère, un homicide, ou tout autre crime contraire à la loi naturelle, serions-nous forcés de lui obéir?
Quelques anciens apostats , pour excuser leur crime, nièrent la divinité de Jésus-Christ ; ils dirent qu'ils avaient renié, non un Dieu, mais un homme. Voyez Elcéaites.
Parmi les catholiques, on nomme encore apostat, un homme qui, sans dispense légitime, renonce à l'habit et à l'état religieux dans lequel il avait fait profession. Bergier.
APOSTOLINS, religieux dont l'ordre commença au quatorzième siècle, à Milan en Italie. Ils prirent ce nom,
parce qu'ils faisaient profession d'imiter la vie des apôtres et celle des premiers lidèles. Bergier.
APOSTOLIQUE, signifié, en général, qui vient des apôtres. On croit dans l'Église chrétienne, que ^ la, doctrine, pour être vraie, doit être apostolique, qu'il ne faut rien enseigner que ce qui nous a été transmis par les apôtres, ou de vive voix, ou par écrit : puisque la doctrine chrétienne est une doctrine révélée, nous ne pouvons la recevoir avec certitude que par l'organe de ceux que Jésus- Christ a envoyés pour l'enseigner. Tertullien a établi avec beaucoup de force ce principe, dans ses Prescriptions contre les hérétiques.
Par la même raison, la mission des pasteurs, pour être légitime, doit venir des apôtres par une succession non interrompue; toute mission qui ne vient pas d'eux, ne peut venir de Jésus-Christ, ne peut donner aucune autorité ni aucun pouvoir (1).
(1) On distingua deux sortes d'apostolicité immédiatement essentielles , et forment nomme deux parties intégrantes de l'apostolicité de l'Eglise; savoir, celle de la doctrine et celle do minis ère. Les hérétiques et les schismatiques qui prétendent avoir conservé tous les dogmes de la foi, coovieunent sans peine que L'apostolicité de la doctrine est une qualité essentielle à l'Eglise, et l'un dos caractères qui la distinguent des sociétés qui se sont séparées d'elle
Mais si l'apostolicité de la doctrine est nécessaire à la vraie société des fidèles, celle du ministère ne lui est pas moins essentielle. En effet, le légitime ministère est intimement uni à la saine doctrine,, puisque c'est par le ministère que la doctrine est répandue et assurée. Si le canal par lequel nous sont transmis les dogmes sacrés pouvait être interrompu, comment pourrions-nous être certains qu'ils découlent de la vraio source ? On marquerait dans tous les temps le point où la communication fut interceptée. Mais Jésus-Christ, voulant que les vérités saintes qu'il apportait au monde no périssent jamais, les a confiées à un ministère impérissable, à un ministère qui, se renouvelant sans cesse, reste toujours le même. Ainsi ce déjôt sacré ne change pas de main. Comme c'est au corps entier des pastours qu'il a été commis, leur succession no le déplace pas: au contraire cette snece sion non interrompue forme la continuité du corps. Chacun de. ces pasteurs reçoit a la fois, et de *ou prédécesseur, et de tous ses collègues, la tradition précieuse qu'il transmet conjointement avec eux a ses Miceessours. C'est une chaln- non interrompue, dont le premier anneau remonte a Jésus-Christ, et qui se prolonge dans tous les siècle^, pour les réunir tous dan> la même foi. Ainsi le ministère qui s'exerce dons l'Eglise, est le même que les apôtres ont reçu de Jésus-Christ, comme la doctrine qui s'y prêche est la même que Jésus-Christ a enseiguée a ses apôtres.
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Le titre d'apostolique est donc un des caractères distinctifs de la véritable Eglise, parce qu'elle fait profession d'être attachée à la doctrine des apôtres; que ses pasteurs, par une succession constante , tiennent leur mission de ces premiers envoyés de Jésus-Christ. Aucune des sociétés qui se disent chrétiennes, ne réunit ces deux caractères. Getitre, qu'on donne aujourd'hui par excellence à l'Eglise romaine, ne lui a pas toujours été uniquement affecté. Dans les premiers siècles du christianisme, il était commun à toutes les Eglises qui avaient été fondées par les apôtres, et particulièrement aux sièges de Rome, de Jérusalem, d'Antioche et d'Alexandrie, comme il parait par divers écrits des Pères et autres monuments de l'histoire ecclésiastique. Les Eglises mêmes qui ne pouvaient pas se dire 'ipostoûques, eu égard à leur fondation faite par d'autres que par des apôtres, ne laissaient pas de prendre ce nom, soit à cause de la conformité de leur doctrine avec celle des Eglises apostoliques
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par leur fondation, soit encore parce que tous les évèques se regardaient comme successeurs des apôtres, et qu'ils agissaient dans leurs diocèses avec l'autorité des apôtres. Voyez Evèques.
Il parait encore par les formules de Marculphe , dressées vers l'an 660, qu'on donnait aux évèques le nom a apostoliques. La première trace qu'on trouve de cet usage, estime lettre de Clovis aux prélats assemblés en concile à Orléans ; elle commence par ces mots : Le roi Clovis aux saints évèques et très-dignes du siège apostolique.
Le roi Gontran nomme les évèques assemblés au concile de Boulogne, les pontifes apostoliques*
Dans les siècles suivants, les trois patriarcats d'Orient étant tombés entre les mains des Sarrasins, le titre d'àpostolique fut réservé au seul siège de Rome, comme celui de pape au souverain pontife, qui en est évèque.
Saint Grégoire le Grand, qui vivait dans le sixième siècle, dit, livre V, épit. 37, que, quoiqu'il y ait eu plu-
L'apostolicité du ministère est l'appui et le garant de l'apnstolicité delà doctrine, et l'on ne peut porter rut'-inte à l'une sans èhronVr l'autre.
On distingue deux choses -Uns le ministère ecclésiast que : le pouvoir 'd'ordre et le pouvoir de juridiction. Tons les deux émanent de- apôtres qui les avaient reçus de Jésus-Christ. C'est dans la continuité de ces deux pouvoirs, depuis les apôtres qui les premiers ont exercé ce ministère tac é, jusqu'aux évèques qui t'exercent aujourd'hui, que consiste l'apostolîcité du ministère. Le premier, c'est-àdire le pouvoir d'ordre, s'est perpétué sans interruption par l'ordination canonique. Les apôtres ont ordonné les premiers évèques; eeux-la en ont consacré d'autres : et ainsi les évèques de nos jours ont reçu le même caractère épiscopal qu'avaient les premiers successeurs des apôtres. Si, dans le cours des siècles, il s'e?t rencontré quelque homme assez téméraire pour entrt prendr de faire une ordination d'évèques, san- avoir reçu Iniuièmedes successeurs des apôtres le caractère épiscopal, cette ordination a été non-seulement illégitime, mai encore invalide. Un tel épisropat, n'étant pns le môme qu'avalent les apôtres, n'est pas h pns. t"h que ; il est uni. Lo second pouvoir, qui est I" pouvoir de juridiction, ayant été dès l'origine de l'Église fixé a des sièges et circonscrit dans des territoire*, c'est la succession continue des évèques snr ces sièges qui forme l'apostoliciié île la juridiction. Chèque sitecessenï a reçu la juridiction qu'avait son prédécesseur, et cefe tradition non interrompue remonte jusqu'aux apôtres. Les érections nouvelles d'ëvêchès nvant été faites par l'autorité des successeurs des apôtres, sont de même dans k mecessinn apostolique. Les uns sont étiMis dans les régions récemment acquises à la loi, et sr>nt aussi apostoliques que ceux qu'état lissaient les apôtres à mesura qu'ils étendaient leurs prédications : ils sont fondes, comme
les premiers, parla puissance apostolique. Les autres sont des démembrements d'évêehés que l'on juge trop étendus. Les évèques qu'on y installe, succèdent légitimement en cette partie a ceux dont on a démembré le territoire, le-qnels les recon ta talent comme leurs successeurs. Tons ces établissements récents sont de nouveaux rameaux, mais qui sortent de la tige sacrée, et qui tirent leur substance de lu racine apostolique. Au contraire, qu'un évoque piétendese faire un siège à lui-mèu.e, ou, ce qui revient au même, qu'une puissance qui n'est pas celle des apôtres, entreprenne d'eu établir un, ce ne sera point un siège apostolique, parce qu'il □ e sera pas dans l'ordre de la su- cession. Celui qu'on y aura élevé pourra avoir l'ordination apostolique, mais il n'aura pas la juridiction apostolique ; il n'exercera doue pas un ministère aposto ique.
Ainsi la succession des évèques ur les mémee Biéges, depuis les apôtres ju-qu'a nous, no constitue pas moins ['npostolicité du ministère, que la tradition successive de l'ordination. L'ap'Sto icitÔ du ministère a, comme nous l'avons déjà observé, un rapport immédiat et nécessaire h l'apostoliciié de la doctrine. C'est pour maintenir la perpétuité de la doctrîiio qu'il confiait à ses apôtres, que Jésns- Chiist les a revêtus d'un ministère perpétuel qui devait se continuer après eux jusqu'à la consommât on des siècles. Or, ce n'est pas la succession de l'ordination, mai* la succession de la jnrïdi tion qui transmet la doctrine. En vertu de l'ordination les évoques portent au ciel les vœux des peuples, offrent le saint sacrifice, administrent le saint Sacrement; mais c'est en vertu do la mission et de la juridiction qu'ils annoncent les vérités saintes, et qu'ils jugent les matières de foi; en un mot, qu'ils apprennent aux peuples chrétiens ce qu'ils doivent croire. C'e^-t donc la succession de la juridiction, et non celle de l'ordination, qui perpétue la doetriae.
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sieurs apôtres, néanmoins le siège du prince des apôtres a seul la suprême autorité, et par conséquent le nom à' apostolique, par un titre particulier.
L'abbé Rupert remarque, lib. I, de divin. Offic., cap. 27, que les successeurs des apôtres ont été appelés patriarches ; mais que le successeur de saint Pierre a été nommé par excellence apostolique, à cause de la dignité du prince des apôtres. Enfin le concile de Reims, tenu en 10'tO, déclara que le souverain pontife de Rome était le seul primat apostolique de l'Eglise universelle. De là ces expressions aujourd'hui si usitées, siège apostolique, nonce apostolique, notaire apostolique , bref apostolique, chambre apostolique, vicaire apostolique,
6 te.
Apostoliques (Pères). Voyez Pères de l'Eglise.
Apostoliques, nom que deux sectes différentes ont pris, sous prétexte qu'elles imitaient les mœurs et la pratique des apôtres.
Les premiers apostoliques, autre-
ment nommés apotatictes, s'élevèrent d'entre les encratites ou les cathares dans le troisième siècle; ils professaient l'abstinence du mariage, du \in,de lachair,etc. Toz/ezApoTACTiTES.
L'autre secte des apostoliques iit grand bruit dans le treizième siècle; son fondateur lut Gérard Sagarelli, ou Ségarel, né à Parme. 11 exigeait que ses disciples, à l'imitation des apôtres, allassent de ville en ville, vêtus de blanc, avec une longue barbe, les cheveux épars et la tète nue, accompagnés de certaines femmes qu'ils nommaient leurs sœurs. Il les obligeait à renoncer à toute propriété, et à prêcher la pénitence ; mais, dans leurs assemblées particulières, ils annonçaient la destruction prochaine de l'Eglise de Rome, l'établissement d'un culte plus pur et d'une Eglise plus glorieuse. Cette Eglise, selon lui, était sa secte, qu'il nommait la congrégation spirituelle. Il publia que toute l'autorité que Jésus-Christ avait donnée à saint Pierre et à ses successeurs avait pris tin, et qu'il en avait
Supposons une suite d'évèqnes légitimement ordonnés, mais n'ayant point de sièges qui leur donnent la juridiction, tels à p*n presque sont parmi nous les évoques in pariibws. N'ayant pas le pouvoir d'annoncer la doctrine, comment po rroul ils la perpétuer? Reconnaissons donc la m'-ces ité d'une «uccessiou de juridiction dans l'Eghse, c'est à dire d'uoe continuité d'évèqnes se renouvelant sur les mêmes sièges, pour transmettre la doctrine apostolique.
Te le a été en effet la doctrine des Pères de l'Eglise : ils regardent comme le principal fondement de la tradition apostolique la succession des évoques Ce t-erait un tr vail trop long et superflu de citer tous les sainls do teur» qui ont enseigné eette vérité fondamentale ; iioub nous contenterons de rapporter la doctrine des premiers siècles de l'Elise.
L'autorité de saint Irénée est du plus çrand po^s, par sa proximité de l'origine de l'Eglise, par ses liaisons intimes avec les disciples immédiats des apôtres, por l'objet même de son grand ouvrage, lequel étant la réfutation des hérésies, l'avait mis dans le cas d'étn .ier plus profondément la constitution de l'Eglise et ses caractères. Or, il est impossible d'établir plus positivement qu'il le fuit le principe de l'apostolic té du ministère.
t La connaissance, dit-il, de la doctrine aposto- - lique, île Tant quité de 1 Eglise, du caractère du s corps de Jssus-Chiist, est dans la succession des i évêunes, à qui les apôtres, dans chaque pays, * l'ont transi ise, et qui est parvenue sans fiction » jusqu'à nous... Où sont les grâces du Seigneur, » c'est là qu'il tant apprendre la véi ité, t'es -à-dire, s auprès de ceux dms qui est la succession ecclé- » s'iestique des apôtres, et avec elle la parole sainte,
■ irr procheble et incorruptible... Par cet ordre
■ et cette succession, la tradition qui est dans l'£-
• glise depuis les apôtres, et la préconisalion de la
• vérité arrive jusqu'à uous ; et c'est la marque
• certaine que nous avons la même foi vivibeutrice, s qui s'est conservée, et qui a été véritablement » transmise dans les Eglises jusqu'à présent... IL » faut écouter ceux des évoques qui sont dans l'E-
• glise, qui ont, comme nous l'avons montré, la i succersion depuis Lui apôtres; et qui, avec cette
■ succession d'épiscopat, ont reçu certainement, selon m la volonté divine, la grâce de la vérité. Quant i aux autres, qui se séparent de la succession s principale, et qui amassent en quelque lieu que i ce soit, on doit les tenir pour suspecta ou comme
■ hérétiques et de doetnue dépravée; ou comme
• schismatiques, pleins d'orgueil et de complaisance » pour eux-mêmes; ou comme hypocrites, agissant
■ dans la vue du gain et de la vaine gloire. Tous
■ ceux-là 6e sont écartésde la vérité... La tradition » des apôtres, manifestée dans tout le monde, est a facile à connaître dans tontes b-s Eglises par » quiconque a le désir de voir la vérité; et nous
■ pouv us compter sur ceux qui ont été institués,
■ par les apôïres, évêquesdans les Eglises, et lems i successeurs jusqu'à nous, qui !»'■ n. rien connu ni i enseigné de ce que les hérétiques avancent dans » leur délire. Mais, comme il serait trop long
■ de rapporter dans cet ouvrage toutes les succes- » si m s des diverses Eglises, prenons ce: te grande, s antique, renommée Eglise fondée à Rome par les > glorieux apôtres Pierre et Paul. En montrant la s tradition qu'elle tient des apôtres, et la foi an-
■ noncée à tous les hommes, et parvenue jusqu'à » nous par la succession des évoques, nous confons dons tous ceux qui, de quelque manière que ce i soit, on par une c implaisance coupable pour enxi mêmes, ou par une vaine gloire, eu par aveuglei ment et opinion corrompue, smas-eot où ils ne s doivent pas. » Le saint docteur reprend ensuit*
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hérité ; qu'ainsi le souverain pontife n'avait aucune autorité sur lui : il ajoutait que les femmes pouvaient quitter leurs maris», et les maris leurs femmes, pour entrer dons sa congrégation; que c'était le seul moyen d'être sauvé ; que Dieu étant partout, il n'y avait pas besoin d'Eglise ni de service divin; qu'il ne fallait point faire de vœux, et que rattachement à sa doctrine sanctiiiait les actions les plus criminelles. On sent quels désordres pouvaient résulter de cette doctrine fanatique. Ségarel fut brûlé vif à Parme, l'an 1300. C'est à cause de lui que linéiques auteurs ont désigné les apostoliques sous le nom de ségarêliens.
Après sa mort, un autre fanatique de N avare, nommé Dulcin ou Doucin t prit sa place : il se vanta d'être envoyé du ciel pOQT annoncer aux hommes le règne de la charité ; l'on prétend qu'il se livrait à l'impudicité. et qu'il la permettait à ses sectateurs : la mural.' prechéep.ir Ségarel devait nécessairement produire cet
effet. Alors les apostoliques furent appelés dukinistes, du nom de leur nouveau chef, qu'ils regardaient comme le fondateur du troisième règne. Séduits, par les prétendues prophéties de l'abbé Joacbim, qui avaient cours pour lors, ils disaient que le règne du Père avait duré depuis le commencement du monde jusqu'à Jésus- Christ, que celui du Fils avait fini l'an KïOO; que le i^iiq du Saint-Esprit commençait sous la direction de B moin, Celui-ci publia que le pape Buniiacc VIII, les prêtres et les moines, périraient par l'épéede l'empereur Frédéric III, fils de Pierre, roi d'Aragon, et qu'un nouveau pontife plus pieux serait placé sur le siège de Home. Il leva même une armée, aiin de commencer à vérifier luimême ses prédictions. Reynier, évêque de Verceil, s'opposa vivement à ce sectaire ; pendant une guerre de plus de deux ans, il y eut beaucoup de sang répandu de part et d'autre.
Enfin, Doucin, vaincu et pris dans une bataille, fut mis à mort à Verceil,
la succession dei évêques de Rome, depuis suint Pierre jusqu'à Eleutbère son douzième successeur, qui occupait alors lesaint Siège. \lrœn. y centrahmres., lib. 3, c. 3; l.b. 4, c. 20, 20, 33.)
Tertullieo, postérieur de peu de temps à saint Irénée (dnus son lYaitè des Prescriptions, o, 20, îl, 82, 30), établit la même doctrine avec son énorgie ordinaire. * Les ap6tres fondèrent dans » chaque ville des Eglisee. De là les autres Eglises i ont tiré la communication de la foi et les se-
> menée» de la doctrine, et ils les en tirent tous les î jours, pour devenir des Eglises. C'est pour cela i qu'elles font réputées catholiques, comme et ut a la descendance îles Eglises apostoliques; toute î race participe a la nature de son origine... Ce « qu'ont prêché les apôtres, ce que Jésus-Christ a feuT aval révélé, j'établis cette prescription, s qu'il n'est pas nés ssoire de le prouver outrea meut que ; U OBI im-nios Eglises que les apôtres i ont fondées en y préefiabt d'abord de vive voix a et ensuite par écrit. S'd en est ainsi, il est consi tant que toute doctrine uni s'accorde uvec ces
> Eglises, mères et origines de la foi, doit être
■ regardée comme la vérité, puisqu'elle contient * sans oueuo doute ce que l'Eglise a reçu des a spot es, les Bpô'res de Jésus-Christ, JosusClii >st » ffe lin-'ii : toute antre doctrine doit être jugée a d'avance mensongère, comme étant contre la , M'uté des Eglîm, des apôtres, du Christ, do
■ Bien, Il reste donc à démontrer que notre doca trine vient de la tradition des apôtres, et qne a ftmtet! les antres sont fausses. Noue commiiniqnnos
> :!\.'u [es Eglises Apostoliques, en ce que notre a doctrine ne diffère en rien de la leur. Voilà, le a témoignage de la vérité... Si quelques hérésies » rfstrrii Je rapporter au temps apœioltqsnB, pour a paraître transmises par les apôtres, prétendant » quelles out existé sous eux, nous pouvons leur
» dira, qu'elles produisent donc l'origine de leurs » Egalées, qu'elles déploient l'ordre de leurs évoques » descendant par une succession continue, de » mauiè.e que leurs premi.rs évoquai aient pour
• auteur ou pour prédécesseur un des apôtres on
■ des hommes apostoliques qui ont vécu avec eux. » Car c'est ainsi que lés Eglises apostoliques était blissent leur ûliatioo. Ainsi l'Eglise de Smyr.no » rapporte que Polycarpe y a été placé par saint
■ Jean. Ainsi 1 Eglise de Rome produit Clément or* i donné par saint Pierre. Ainsi toutes les autres
niiHitri'iit ceux qui, établis par les apôtres
* dans l'épiscopat, leur ont transmis la semence i apostolique. Que les hérétiques inventent quelque i chose de semblable... Vous qui voulez, sur l'affaire » de votre salut, satisfaire une curiosité légitime;
> purcouroz les Eglises apostoliques, ilans lesquelles
> président encore ! ss chaires des s| fttres au i i eus ' qu'ils ncciipèreut ; dans iosqneli son réede encore i leurs lettres BUtnentîatttt, q i rappellent leuiw
i ïii'x et représentant leurs personnes. E te s -vous i vuisin tle l'Arlhiie? Vous srei Cunuihe. Si vous i n'êtes pas éloigné de la Mueédoine, vous ave» i l'hilippes, vous avez ThessaloBÏqoe. Si vous allai i en Asio, vous avez Eplièse. Si vous êtes prés de i I Italie, rasa kVvui Rome dont l'autorité est prés de i nous... On peut dîne avec raison aux hérétiques : i Qui étes-voiia? Quand et uToù ètes-vuus venus 7 i Que faites-vous dans mon bien, vous qui u'ôtes i pas à moi ? De quel droit, Marcion, coupez-vous < ma j.) et? Qui vous a permis, Valeotin, de trouliirr ma source ? Par quolle autorité, Appelle*, él.ratr!<'Z-vmis mes limitas? La passes ioo est à uioi ; je p sséJe anciennement, je possède le premier. Je tire mon origine indulvUbl') des auteurs A qui la chose appartient. Je suis l'héritier des epotreSt »
Ce que Tertullien disait aux hérétiques de -son
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l'an 1307, avec une femme nommée Marguerite, qu'il avait prise pour sa sœur spirituelle.
Dès ce moment sa secte se dissipa en Italie. L'on présume que les restes se réunirent aux vaudois dans les vallées du Piémont; mais il s'en trouva encore en France eten Allemagne.
Mosheim assure que l'an 1402, l'uu de ces fanatiques fut brûlé vif à Lubeck. Hist. ceci, dutreizième siècle. 2 e part. c. 5, § 1 i, note. Lorsque les protestants déclament contre les supplices que l'on a fait subir à ces sectaires, ils devraient faire attention qu'on ne les a pas punis pour leurs erreurs, mais parce qu'ils troublaieut la tranquillité publique et l'ordre de la société. Une erreur innocente, qui ne peut porter préjudice à personne, est graciahle sans doute; mais une doctrine séditieuse, qui échauffe les esprits, corrompt les mœurs, alarme les gouvernements et qui est suivie d'émotion parmi le peuple, est un crime d'Etat; on a droit d'en punir les auteurs et les sectaleurs opiniâtres.
Il n'est pas étonnant que les historiens n'aient pas rapporté d'une manière uniforme les erreurs et la conduite des apostoliques. Dans une secte de fanatiques ignorants, la croyance ne peut être la même ; chacun a droit de rêver et de publier ses visions :
quelques-uns pe uvent avoir des mœurs pures, pendant que les autres se livrent aux plus grands désordres. Il en a été de même dans tous les temps et parmi toutes sortes de sectaires.
Mosheim nous apprend encore que parmi les mennonites ou anabaptistes de Hollande, il y a aussi une branche que l'on nomme apostoliques, du nom de Samuel Apostool, l'un de leurs pasteurs. Ce sont des mennonites rigides, qui n'admettent dans leur communion que ceux qui font profession de croire tous les .points de doctrine contenus dans leur confession de foi publique ; au lieu qu'une autre branche, appelée des galénistes, reçoit tous ceux qui reconnaissent l'origine divine de l'Ancien et du Nouveau Testament, quels que soient d'ailleurs
temps, tout catholique peut le dire aux protestants. Il u'y a que tes noms ïi changer ; les raisonnements tont les mêmes. 11 peut, comme Teruillii-u. exiger que ceux qui prétendent tirer leur doctrine des apûtres, montrent la succession oVévftqties par qui elle leur est parvenue ; qu'ils déclarent quel est l'apôtre ou l'homme apostolique de qui entte succession descend ; qu'ils nomment les Egises dans lesquelles cette doc- Irine leur a été transmise ; qu'ils disent de qui vient le droit qu'ils a'airogent de prêcher leurs dogmes. ïl pou', de même que ce docteur, défier touteB les communions protestantes de produiie rien de semblable. Il peut, oit contraire, se vanter avec lui de cette succession r,ue les protestante n'ont pas, et par là se déclarer l'héritier des apôtres.
Suint Clément d'Alexandrie, contemporain de Terlnllien (Slromat., lib. 7.), dit que ceux qui conservaient le vrais trad tion de la saine doctrine reçue d< s apôires, comme nu Eàa la recevrait de sou père, sont, par la volonté de .Dieu, parvenus jusqu'à son temps, pour y déposer les semences ap> stoliques reçues («les anciens. Voilà la succession apostolique très-bien marquée, Saiut Clément, qui vivait à la fin du second et au commencement du troisième siècle, n'entendait pas certainement que les disciples immédiats des apôtres eussent vécu jusqu'à son temps. Il y avait entre les apûtres et lui au moins trois ou quatre générations. Ce s nt ces diverses générations qui conservent la tradition do la doctrine, qui ont reçu dus apôtres, caoïaw un fils de son père, la semence apestoliquc, et qui sont parvenues jusqu'à sua te ni] ■■■a.
OiigènA , sucée seur de saint Clément dans Téenle d'Alexnmlrie (in MntV'., tract. XX-IX.), eu réfutant les hérétiques de sou temps, semble.
avoir prévu le grand argument des protestants qui prétendent avoir pour eux les saintes Ecritures et la parole de vérité. * Mais, leur répondi) il, nous ne devons pas les croire et nous éloiu gner de la primitive tradition de l'Eglise : au d contraire, nous ne devons croire que confnrmé- » ment à ce que les Eglises de Dieu nous ont ji transmis par succession. » Voilà encore la succession dans les Egl ses donnée pour la note de la saine doctrine. La doctrine protestante peut-elle s'attribuer ce caractère?
Saint Cyprien (Ep. LXXXVI ad Magn.) pour combattre le schisme que Novatien avait introduit dans l'Egli-e de Rome, lui déclare u qu'il n'est point évéque, et ne peut être ren gardé comme toi, lui qui, an mépris de le » tradition évangéliquo et apostolique, ne suc u cédant u personne, est né de lui-même... Peut » il être tenu pour pasteur colui qui , tandis d qu'il existe un véritable pasteur, lequel pré ■ side dans l'E^bao eu vertu d'une or<iinati'm a divine et d'i ne ftuccaaaion légitime, no succéi dont lui-même ù personne e commuii<;;iiit pat » lui, se montre l'ennemi d" la paix du Sei^ueui » et de l'unité divine. » Le saint évêque de Cartilage donne évidemment ici, pour signe de la ver. tabla Eglise, lu suceessi n épiscupale ; e pour marque du schisme, le défaut do cette succession.
Saint Epbïphane, après avoir rapporté la suit des pontifes romains, ajoute (Hxi'es., XXVII. c. 6,) que, ■ personne ne doit s'étonner qu'il ai » parcouru avec tant de soin tous ces noms, puis u que par là se montre la vérité- certaine e
v exacte Lesquels, dit il aitleur*A£. LXXV
• c. 6.), sont les pins habiles, ou ce petit bouiui » déçu par l'erreur, qui a pa. u depuis peu e le;
» qui vit encore,
les témoins qui nous ou
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leurs sentiments particuliers. Hist.
eccléêiast. du dix-septième siècle, sect.
2% 2 e partie. 4, §7. Bergier.
APOTACTITES ou APOTACTI- QUES, en grec, àiroTixTiTcu, composé à'àizà et xatto), je renonce. C'est le nom d'une secte d'anciens hérétiques qui renonçaient à tous leurs biens et voulaient imposer à tous les chrétiens l'obligation de faire de même, pour suivre les" conseils évangéliques, et pour imiter l'exemple des apôtres et des premiers iidèles.
Il ne parait pas qu'ils aient donné d'abord dans aucune autre erreur.
Selon quelques auteurs ecclésiastiques, ils eurent des vierges et des martyrs sous la persécution de Dioclétien au quatrième siècle. Ensuite ils tombèrent dans l'hérésie des encratites; de là vient que la sixième loi du code théodosien joint les apotactiques aux euuomiens et aux ariens.
Selon saint Epiphane, ils se servaient, comme les encratites, de certains actes apocryphes de saint Thomas et
» précédés, qui avant nous ont tenu dans l'Eglise • la même tradition qu'ils avaient reçue de leurs i pères, que leurs pères avaient apprise de leurs » ancêtres, de même que l'Eglise conserve jtis- ■ qu'à ce jour, avec les ti alitions, la foi véritable a et pure qu'elle a reçue de ses pères? ■ Dès que c'est par la succession des évêques que se montre la vérité, cette succession est donc une note de la vraie Eglise.
Saint Optât, é rivant contre les donatistes, leur dit qu'ils nu peuvent pas ignorer que saint Pierre a fondé à Rome une chaire épiscnpale où il a siégé le premier II rapporte la suite des évêques depuis saint Pierre, et Unit par les sommer de rendre compte de l'origine de leur chaire, eux qui veulent s'arroger le t tre de santé Eglise. (De schism. Donot. t Hb. IV, c. 26.) C'est doue, selon ce saint docteur, l'origine de la chaire, prouvée par la succession dos évêques qui l'ont occupée qui marque U sainie Eglise.
Comme saint Augustin est un des Pères, et même celia de tous qui a le plus écrit contre les hérésies et les schismes, s m autorité est une des plus imposantes. Elle est en même temps une des plus claires et des plus précises.
Combattant les donatistes, H parcourt, comme saint Irénée, saint Epiphane et saint Optât, la suite des évêques «le Rome jus |u'è son temps, 1 1 observe que parmi eux il n'y a pas un d.matiste. Il dit que 1 ordre des évoques, se succédant continuellement, mérite considération : la succession des pontifes de cette Eglise apporte encore une certitude plus
grande (Kp. CLXV, al. LUI, ad Geueros.,
e. i, n. 6.), omis dit-il ailleurs, c'est-à-dire, la foi catholique qui vient de la doctrine des apôtres, qui a été plan ée parmi nous, que ontia uvons reçue par une suite de succession que nous devous transmettre pure à nos successeurs... [in Joan.j tract.
de saint André, dans lesquels il est probable qu'ils avaient puisé leurs opinions. Bergier
APOTHÉOSE, action de placer un homme au rang des dieux. Sur cet article, qui appartient à l'histoire, nous ne ferons qu'une réflexion.
Si les païens n'avaient placé auj rang des dieux ou des objets de leur culte que des hommes recommandablés par leurs vertus et par leurs bienfaits, cette cérémonie, qui attestait la croyance de l'immortalité de l'âme, aurait été du moins une leçon pour les mœurs. Mais accorder les honneurs divins à des personnages aussi vicieux et aussi méchants que l'ont été la plupart des empereurs, c'était un outrage sanglant fait à la majesté divine, et la plus mauvaise instruction que l'on pût donner aux peuples ; il en résultait que ce n'est pas la vertu qui conduit l'homme au bonheur éternel. Cet anus démontre jusqu'à quel point l'idée de la Divinité était dégradée chez les païens.
XXXIV, n. 6.) Hésiterons-nous, demande-t-il dans lin antre endroit, à nous renfermer dans le sein de cette Eglise qui, malgré les vans aboiements des hérétiques, a obtenu, par la succe-sioa de ces évoques sur la chaire apostolique, la suprême majesté {De util, er dendi, c XVII, n. 35.)
Rapportant les diverses raisons qui le retiennent dans l'Eglise catholique, une des principales qu'il donne est la succession des évoque* jusqu'au pontife actuel, di'pnis saint Pierre, a qui Jésus-Christ a recommandé d ■ paitre ses brebis, {Contra Epist, fnn-iarn., c. 4, n. 5.) Ce- passades prouvent bien clairement que saint Augusti ■ regardait, de même que nous, la succession ép scopale comme essentielle à l'Eglise, et comme nue remarque dîstinctire de la vraie Eglise d'avec les sectes qui en sont privées.
Ce saint docteur fait, dans d'autres endroits, l'application de ce principe a l'authenticité des livres saints, et il donne contre les manichéens, pour moyen certain de discerner les livres authentiques des apocryphes, d'examiner quels sont ceux qui ont été mi n'ont pas été transmis par les successions des évêques. « Si les livres, dit-il, qui portent en • tête les noms d'André, de Jean, étaient venta» m Llement d'eux, ils seraient reçus par l'Eglise qui, » depuis leur temps jusqu'au nôtre, persévère dans » les successions certaines des évêques... {Contra » ado. teg. et prophet., I. t, c. 20, n. 36.) Oa s distingue des livres plus récents, l'excellente aoa torité de l'Ancien et du Nouveau Testament, la- » quelle confirmée du temps des apôtres, est placés » sur un trône élevé par les successions des évôi qnes et la propagation des Eglises, ot à laquelle
» doit se soumettre tout esprit fidèle et pieux
» (Contra Faust'im., 1. Il, c, 5.) Je vous avertis » on peu de mots, vous qui êtes retenus dans cette u criminelle et exécrable erreur, si vous voulez
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C'est une injustice absurde d'avoir voulu comparer l'apothéose des empereurs à la canonisation des saints, comme ont fait quelques incrédules ; jamais L'Eglise n'a prétendu accorder à des hommes les mêmes honneurs qu'à Dieu, et n'a placé au nombre des saints des personnages odieux par leurs vices. bergier.
APOTRE, envoyé, du grec iicà et criV/.o), j'envoie. On désigne sous ce nom le? douze disciples que Jésus- Clyist a choisis et envoyés lui-même pour prêcher son Evangile et le répandre chez toutes les nations.
Quelques faux prédicateurs voulurent contester à saint Paul la qualité à'apôtre, sousprétexte qu'il n'avait été ni instruit, ni envoyé par Jésus-Christ.
Saint Paul releva ce reproche[avec force au commencement de son épitre aux Galates. En effet son élection et sa mission sont clairement marquées dans ces paroles queDieu dità Ananie, en parlant de Saul converti, Act., c.
0, f . 10 : « Cet homme est un ins- « trument que j'ai choisi pour porter » mon nom devant les rois et les nations. » Dieu voulait montrer par là qu'il est le maître de donner une mission extraordinaire à qui il lui plaît ; que, lorsque les apôtres choisis par Jésus-Christ ne seraient plus, la mission ne serait pas pour cela détruite et anéantie.
Mais à cette mission divine saint Paul ajouta la mission ordinaire qui vient des pasteurs de l'Eglise, par la prière et par l'imposition des mains des prophètes et des docteurs de l'Eglise d'Antioche, Jet., cap. 13, y 2 et 3. Exemple qui n'a pas été imité par ceux qui, dans la suite des siècles, se sont prétendus suscités de Dieu pour réformer l'Eglise.
Le ministère des apôtres consistait :
» suivre l'autorité de» Ecritures préférable à toutes • les antres, de suivre celle qui, depuis le temps b de la présence de Jésus-Cbrist, conservée, î recommandée, gloriûéo sur toute la terre est ■ parvenue iu qu'a nos jours par la publication t qu'en onl faite les apôtres, et par les successions » certaines des évéques. a (76ia., lib. 13, cap. 9.) Extrait de M. de la Luzerne, lus ruction pastorale sur les<hisme de France, t. I, et Dissertation sur l-s Eglises catholiques et protestantes, tom. II.
Gousset.
■ ° à enseigner toutes les nations :
Prêchez l'Evangile à toute créature ; ce que je vous dis à l'oreille, publiez-le sur les toits, etc. Or, la fonction d'enseigner avec autorité emportait celle de juger et de décider quelle était la doctrine conforme ou contraire à celle de Jésus-Christ, d'approuver la première et de condamner la seconde :
les apôtres en ont usé ainsi, nous le voyons par leurs lettres. 2° A gouverner le troupeau de Jésus-Christ en qualité de pasteurs. Ce divin Sauveur n'avait pas chargé saint Pierre seul(l) de cette fonction, lorsqu'il lui avait dit : Paissez mes agneaux , paissez mes brebis, puisque cet apôtre lui-même dit aux anciens de l'Eglise ou aux prêtres : « Paissez le troupeau de » Dieu qui est autour de vous, non » en dominant sur le clergé, mais en » lui servant de modèle de tout votre » cœur ; et lorsque le prince des pas- » teurs paraîtra, vous recevrez une » couronne de gloire incorruptible. »
I Petr., c. 5, f 2. Or, le soin du pasteur ne se borne point à guider les ouailles ; il consiste aussi à les nourrir, à les guérir lorsqu'elles sont malades, à les ramener lorsqu'elles s'égarent : conséquemment Jésu»- Christ charge les apôtres de baptiser; il leur donne le pouvoir de remettre et de retenir les péchés, de consacrer son corps et son sang, de donner le Saint-Esprit, etc. a Que l'homme nous » regarde, dit saint Paul, comme les » ministres de Jésus-Christ, et les dis- » pensateurs des mystères de Dieu. »
ICor., c. 4, y 1. Il dit aux anciens de l'Eglise d'Ephèse, que le Saint-Esprit les a établis évoques ou surveillants, pour gouverner l'Eglise de Dieu. Act., c. 20, y -28. 3" A exercer l'autorité de juges et de législateurs : « Au temps » de la régénération, leur dit Jésus- » Christ, ou du renouvellement de » toutes choses, lorsque le lils de » l'homme sera placé sur le trône de » sa majesté, vous serez assis vous- » mêmes sur douze sièges pour juger les douze tribus d'Israël. » Matth.,
(l)Seul, non au sens absolu; mais seid cooiote chef suprême infaillible et souverain; c'est le sans qu'a fixé eu 1870 le concile du Vatican.
La Non.
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•c 49, y 28. Il leur déclare, que tout ,ce qu'ils auront lié ou délié sur la terre, sera lié ou délié dans le ciel, cap. 18, y 18. Aussi, dans le concile de Jérusalem, ils font une loi aux fidèles de s'abstenir du sang, des chairs suffoquées, etc. Act., c. 15, y 28. Saint Paul juge un incestueux digne d'être livré à Satan. I. Cor., c. S, j^ 3, etc.
Sur quels fondements quelques protestants, précepteurs de nos incrédules, leur ont-ils appris que les apôtres n'avaient reçu de Dieu point d'autre . .autorité que celle d'enseigner ; que les .autres privilèges dont le cierge s'est emparé, sont autant d'usurpations et d'entreprises injustes sur la liberté des fidèles? Aux mots Evêqde, Pasteur, Succession, nous prouverons, par l'Ecriture sainte et par des raisons solides, que les pouvoirs des apôtres sont transmispar l'ordination aux pasteurs de l'Eglise, et nous répondrons aux calomnies des ennemis du clergé.
Quant à l'enseignement, il estessenliel de remarquer que les apôtres ont été de simples témoins de ce que Jésus-Christ avait fait et enseigné ^ il » leur dit : Vous me servirez de té- -» moins.» Act.,c. 1, f 8. Eux-mêmes se donnent pourtels : « Nousnepou- » vons, disent-ils, nous dispenser de » publier ce que nous avons vu et » entendu. » Act., c. 4, ^ 20. Nous » vous annonçons et nous vous attes- » tons ce que nous avons vu et en- » tendu. » I ioan.,, c. \ , f 1 et 2.
» J'ai reçu du Seigneur, dit saintPaul, « ce que je vous ai enseigné. » I Cor., c. 2, y 23. Il serait impossible que douze apôtres et une multitude de disciples dispersés eussent enseigné une même doctrine, eussent établi une mèmefoi,si tous n'avaient pas été fidèles à prêcher ce qu'ils avaient vu et ce qu'ils avaient appris de Jésus-Christ. L'uniformité de doctrine atteste évidemment Funité d'origine.
En second lieu, quoiqu'ils eussent le don des miracles, il leur aurait été .impossible de faire un grand nombre de prosélytes etdefonder desEglisess, si les faits qu'ils publiaient n'avaient pas été incontestables et poussés au plus haut degré de notoriété. Un thaumaturge aurait beau faire des
miracles, pour nouspersuader desfaits dont la fausseté nous serait clairement connue, surtout des faits dont les conséquences doivent influer sur toute notre vie ; à moins que la notoriété publique ne vienne à l'appui de son témoignage, un miracle ne nous convertira pas.
Or, les faits que les apôtres ont publiés sur le lieu même où ils sont arrivés, où se trouvaient les témoins oculaires, sont les miracles de Jésus- Christ et surtout sa résurrection. L'on ne pouvait être chrétien sans croire ces faits essentiels ; ce sont les faits qui ont persuadé la doctrine, et non la doctrine qui a fait croire les faits.
Comment les apôtres auraient-ils pu convertir un seul Juif à Jérusalem, si les miracles et la résurrection de Jésus-Christ avaient été contredits par la notoriété publique?
On ne conteste point aux apôtres la qualité d'envoyés de Jésus-Christ ; mais il s'agit de prouver aux incrédules que cette mission était divine, que les apôtres ont fait des miracles pour le démontrer, qu'ils ont eu d'ailleurs tous les signes qui peuvent caractériser des envoyés de Dieu.
1° L'histoire appelée les Actes des apôtres, daus laquelle leurs miracles sont rapportés, a été mise entre les mains des fidèles, dans un temps où l'on pouvait apprendre des témoins oculaires si ces miracles étaient réels ou imaginaires. Le boiteux guéri sous les yeux du peuple à la porte du temple, la résurrection de Tabithe, les dons du Saint-Esprit communiqués par l'imposition des mains des apôtres , l'efficacité de l'ombre de saint Pierre, etc., ne sont point des prestiges sur lesquels l'illusion ait pu avoir lieu ; la plupart ont été opérés en présence de témoins intéressés à les contester.
S'ils ne sont pas réels, si ce sont des imposteurs, il est impossible que des Juifs et des païens y aient ajouté foi et se soient convertis ; que les apôtres aient fondé des Eglises à Jérusalem, à Antiocbe, àRome, et dans les principales villes de la Grèce- composées en partie de Juifs qui av aient pu se trouver à Jérusalem aux fêtes de Pâque ou de la Pentecôte, l'année même de la mort du Sauveur.
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2° Saint Paul, écrivant à ces di'férentes églises, attribue ses succès aux miracles qu'il a faits. Tiom., c. 15, ^ 18 et 19; I Cor., c. 2, f 4. Il les donne pour preuve de son apostolat.
II Corinth., c. 12, f l2;Ephes., c.
1, f 19, etc. Si ceux auxquels il parle n'avaient été témoins de ces miracles, auraient-ils souffert patiemment les reproches et les réprimandes qu'illeur fait?
3° Dans le Talmud de Jérusalem, qui est le plus ancien, les Juifs conviennent qu'il se faisait des miracles au nom de Jésus-Christ. Voy. Galatin, 1. 8, c. o. Il fallait que ce fait fût bien avéré pour arracher un pareil aveu de la part des Juifs.
4° Celse et Julien traitent de magiciens les disciples de Jésus-Christ. Cette accusation prouve du moins que ces disciples faisaient profession d'opérer des miracles, et que c'était une opinion constante. Maisjamais les magiciens n'ont fait des miracles pour tirer les hommes de l'erreur et du vice, pour enseigner la vérité et la vertu.
C'est la réponse de nos apologistes.
5° A la naissance de l'Eglise, il parut de faux messies, de faux docteurs, de faux apôtres : tous promettaient des miracles, séduisaient le peuple par des prestiges. Jésus-Christ l'avait prédit, les apôtres s'en plaignent; les premières hérésies ont été l'ouvrage de ces imposteurs. Si les apôtres n'avaient pas fait des miracles réels et incontestables pour les confondre, ils n'auraient pas eu un succès plus durable ; on n'aurait pas fait plus de cas d'eux que des fourbes qu'ils avaient démasqués.
G Les incrédules no réfléchissent point sur la difficulté qu'il y avait de convertir les Juifs, de dessiller les yeux des païens, de réunir en société religieuse deux espèces d'hommes qui se détestaient, de subjuguer des philosophes opiniâtres, de iasser la cruauté des persécuteurs. Qu'ils se tâtent eux-mêmes, et qu'ils voient si leurs prédécesseurs ont pu être vaincus sans miracles.
Vainement ils ont épuisé toute leur sagacité pour trouver dans la conduite des apôtres des signes d'imposture ; la sincérité, la cancTeur, Te
désintéressement, la charité, la patience, le courage des envoyés de Jésus-Christ, ont éclaté dans toutes»
leurs démarches; ils ont retracé 1« tableau des vertus de leur maître :
sans ce caractère décisif de mission divine, ils n'auraient pas inspiré anx lidèles une si grande vénération pour eux. On avait vu beaucoup de philosophes s'ériger en réformateurs des vices et des erreurs de l'humanité ,• mais aucun n" avait montré les vertus, la sagesse, la charité, le courage, la sainteté des apàtre$.
Il n'est pas prouvé, dit-on, qu'ils aient souffert le martyre pour confirmer leurs prédications : l'on ne connaît leur genre de mort que par des actes supposés, par des légendes ridicules et apocryphes.
Nous soutenons que le martyre de la plupart des apôtres est très-bien prouvé. Celui de saint Pierre et de saint Paul est attesté par leurs disciples et par leurs tombeaux; celui de saint Jacques le Majeur et de saint Etienne est rapporté dans les Actes cfes apôtres; celui de saint Jacques le Mineur est rapporté par Josèphe, Antiq. Jud., liv. 20, chap. 8 ; celui de saint Siméon, âgé de six vingts ans, et de plusieurs autres parents de Jésus-Christ, est attesté par Hégésippe, auteur presque contemporain. Eusebe, Hist.. ecclés., liv. 3, c. 32. Saint Clément de Rome, témoin oculaire, après avoir parlé du martyre de saint Pierre et de saint Paul, dit qu'ils ont été suivis par une grande multitude d'élus, qui ont bravé comme eux les outrages et les tourments. Epist. I, n° 6. Saint Polycarpe dit que saint Paul et les autres apôtres sont tous dans le Seigneur, avec lequel ils ont souffert :cum quo ctpassi sunt. Epist.
adPhilipp. Saint Clément d'Alexandrie dit de même crue les apôtres sont morts, comme Jésus-Christ, pour les Eglises qu'ils avaient fondées. Strom., 1. 4, c. 9. Ce divin maître le leur avait prédit. Luc, c. 21, ^ 16. Sa parole a été accomplie. Nous n'avons donc pas besoin de pièces apocryphes .
pour prouver le martyre des apôtres, j
Mosheim, qui le révoque en doute, Hist. christ., sect. 1, § 16, y oppose un passage d'Héracléon, hérétique