AI'O
AÏO
Ha
du second siècle, qui soutient que
Matthieu, Plnjippe, Thomas, Lévi, et 1 jjlusieurs autres ne sont pas morts pour avoir confessé Jésus-Christ. Clément d'Alexandrie, qui réfute ce passage, n'a cependant pas osé affirmer le fait contraire. Strom., 1.4, c 9, p.
595. Mais Mosheim en impose. Iléracléou, qui soutenait l'inutilité du martyre, était intéressé à contester celui des apôtres; ainsi, son témoignage est suspect; aussi Clément d'Alexandrie le réfute formellememt, ibid. p.
597. « Le Seigneur, dit-il, a hu seul » le calice pour puriiier les hommes, * même les infidèles qui lui tendaient » des pièges; à son exemple, les apôtres, » vrais et parfaits guostiques, ont » Bonffert pour les Eglises qu'ils ont » fondées. ■ Mosheim ne fait point mention du témoignage de saint Polv- Carpo, qui est décisif; les paroles de- Pères postérieurs qu'il allègue ne sont que des preuves négatives, qui ne peuvent prévaloir à des assertions positives. Vers le milieu du second siècle, temps auquel vivait Béracléon, l'onpouvait encore ignorer le martyre ije plusieurs apôtres qui était arrivé dans des pays éloignés, et duquel on a été informé dans la suite.
Lorsque' les incrédules ont voulu raisonner sur la conduite des apôtres, sur les causes du succès de leur prédication, ils se sont trouvés fort embarrassés; ils ont été forcés de leur prêter des .qualités incompatiLles, et qui jamais n'ont pu se rencontrer ensemble dans la nature humaine. Ils leur ont attribué une ignorance excessive et des ruses impénétrables, une grossièreté sans égale et un projet de politique profonde, une crédulité stupidb et une prudence consommée, un intérêt sordide et un courage héroïque, un fanatisme révoltant et un zèle ardent pour la gloire de Jésus- Christ, une scélératesse obstinée et le désir de sanctifier le monde, une aveugle ambition et la soif du martyre.
Ces accusations contradictoires suftisent sans doute pour faire l'apologie des apôtres ; mais si on les examine en détail, oh en voit encore mieux l'absurdité.
Quand les apôtres auraient été assez slupides pour se laisser tromper par
les miracles, par les apparences de vertu, par les promesses de Jésus- Christ, leur erreur a dû cesser après la mort de leur maître. S'il n'est pas ressuscité comme il l'avait promis, il est impossible que ses apôtres et tous ses disciples n'aient pas compris qu'il les avait trompés. Quel motif a pilles engager pour lors à braver les travaux, les tourments et la mort pour établir l'Evangile et pour tout rapporter à la gloire d'un maître qui s'était joué de leur crédulité? Un tel projet choque de front tous les sentiments de l'humanité.
D'ailleurs, il eût été trop tard de former ce projet pendant les quarante jours qui se sont écoulés après la mort du Sauveur, puisque l'on est obligé de supposer que les apôtres oui dérobé son corps dans le tombeau, pour pouvoir publier sa résurrection.
Comment espérer qu'un complot, d#ns lequel il fallait faire entrer tant depersonnes, ne serait dévoilé par aucun des complices? Des hommes simples et grossiers, tels que les apôtres, sont ordinairement timides et peu suscept'bles d'ambition ; s'ils avaient été dominés par l'intérêt, ils.
auraient eu plus à gagner en découvrant aux Juifs l'imposture de leurs collègues, qu'en s'obstinant à la soutenir aux dépens de leur vie.
Enfin, quel est donc l'intérêt qui a pu engager douze apôtres à demeurer attachés à leur maître après sa mort, s'il n'est pas ressuscité? Dès ce moment ils ont dû perdre les espérances que ses promesses leur avaient fait concevoir, ne rien attendre qued'euxmèmes, ne travailler que pour eux seuls : au contraire, ils persistent à se sacrifier pour lui ; ils entreprennent de le faire reconnaître par toute la terre pour le Fils de Dieu, de lui faire rendre hommage par tous les hommes. Quand cela aurait pu leur être utile dans la Judée, où les miracles de Jésus-Christ l'avaient rendu célèbre, cela ne leur servait de rien dans les régions éloignées, où l'on n'avait pas entendu parler de lui. Les a-t-on vus quelque part se faire une fortune, se former un troupeau pour leur utilité, s'attribuer la gloire de leurs succès, jouir tranquillement des
APO 323
respects, de la confiance, des unéralités des fidèles? Saint Jean est le seul qui, dans sa vieillesse, se soit fixé à un siège particulier ; tous les autres sont morts dans les travaux, dans les voyages, dans les périls de l'apostolat ; tous out pu dire comme saint Paul :
« Si nous n'espérons rien que dans » ce monde, nous -sommes les plus » malheureux de tous les hommes. »
ICor., c. 15, } 19.
D'ailleurs si les apôtres ont été des imposteurs, loin de prendre aucun des moyens propres à déguiser leur imposture, ils ont choisi les pluscapables delà dévoiler; des hommes intéressés à tromper auraient supposé des personnages moins connus, des faits moins palpables, des prodiges moins récents, un théâtre moins public.
11 a paru dans le monde un assez grand nombre d'imposteurs, mais ils ne se sont, pas conduits comme les apôtres; aucun n'a montré autant de candeur, de désintéressement, de zèle, n'a donné des leçons de vertu aussi touchantes, n'a désiré de verser son sang pour continuer la vérité de sa doctrine, n'a rapporté à Dieu toute la gloire de ses succès.
Indépendamment de l'intérêt qu'avaient les Juifs de découvrir l'imposture des apôtres, s'ils avaient trompé sur un seul fait, d'autres ennemis les auraient démasqués. Il y eut bientôt de faux apôtres, qui altéraient la doctrine de Jésus-Christ : saint Paul et saint Jean s'en plaignent dans leurs lettres; il y eut des Juifs entêtés, qui, malgré leur foi en Jésus Christ, voulaientque l'on continuât d'observer les rites mosaïques ; il y eut même des apostats : nous le voyons par les lettres de saint Jean ; il se trouva bientôt des philosophes qui contestèrent, les uns la divinité de Jésus-Christ, les autres la réalité de sa chair, plusieurs sa naissance miraculeuse, etc. Au milieu de ces disputes, de ces jalousies, de ces intérêts divers, comment ne s'est-il pas trouvé un seul homme qui ait eu ou la bonne foi ou la malice de mettre au jour la fausseté de quelqu'un des faits publiés par les apôtres, surtout du fait le plus essentiel de tous, de la résurrection de Jésus- Christ.
APO
Ils témoignent, dans leurs écrits, qu'ils ont fait des miracles, que c'est par là qu'ils ont confirmé leur doc-; trine, et non par des raisonnements.
I Cor., c. 2, f 4, etc. Si cela n'est pas vrai, l'on ne concevra jamais comment ils ont pu trouver un seul auditeur assez aveugle pour s'attacher à eux.
En un mot, la conduite des apôtres, leurs leçons, leurs succès, leur persévérance dans l'apostolat jusqu'à la mort, la durée de l'édifice qu'ils ont fondé malgré les orages dont il est battu depuis dix-sept siècles, sont autant de preuves démonstratives de la vérité et de la divinité du christianisme.
On donne communément le nom d'apôtre à celui qui le premier a porté la foi dans un pays : c'est ainsi que saint Denys, premierévèquede Paris, est Yapôtre de la France ; saint Boniface, Y apôtre de l'Allemagne ; le moine saint Augustin, Yapôtre de l'Angleterre ; saint François Xavier, Yapôtre des Indes.
La mort tragique des apôtres semblait bien propre à rebuter ceux qui Seraient tentés de les imiter ; mais non, c'a été plutôt un nouvel attrait pour engager des milliers d'hommes à se livrer aux travaux de l'apostolat.
Voilà, suivant l'opinion des incrédules, une nouvelle espèce de fanatisme dont il n'y avait jamais eu d'exemple dans le monde.
Il y a eu des temps où le pape était spécialement appelé Yapôtre, à cause de sa prééminence (1) en qualité de successeur de saint Pierre. Voyez Sidoine Apollinaire, liv. 6, Ep. 4.
Apôtre était encore, dans l'origine de l'Eglise, le titre que l'on donnait à ses envoyés, à ceux qui voyageaient pour ses intérêts. Ainsi saint Paul dit dans son épitre aux Romains, c. 16, Jr 17 : Saluez Andronicus et Junia mes parents et compagnons de ma captivité, qui sont distingués parmi les apôtres. C'était aussi le titre qu'on donnait à ceux qui étaient envoyés par quelques Eglises, pour en apporter
(!) Depuis la déclaration du concile du Vatican, on peut ajouter : et de son infai libilité et de sa souveraineté. La Nom.
APO 32
les collectes et les aumônes des fidèles, destinées à subvenir au besoin des pauvres et du clergé de quelques autres Eglises. C'est pourquoi saint Paul, écrivant aux Philippiens, leur dit qu'Epaphirodite, leur apôtre,, avait fourni à ses besoins, c. i I , jr 26. Les chrétiens avaient emprunté cet usago des synagogues, qui donnaient le même nom à ceux qu'elles chargeaient d'un pareil soin, et celui d'apostolat à l'uffice charitable qu'ils exerçaient.
Mais les apôtres ou envoyés de la synagi igue n'ont rien de commun avec ceux de Jésus-Christ.
ArôraE, dans la liturgie, grecque, faôoroXoî,, est un terme usité pour désigner un livre qui contient principalement les Epitres de saint Paul, selon l'ordre où le cours de l'année; car comme ils ont un livre nommé tûa-ff£kiov t qui contient les Evangiles, ils ont aussiinu i-xiezo'/^, et il va apparence-qu'il ne contenait d'abord que les Epitres de saint Paul ; mais depuis un très-long temps il renferme aussi les Actes des apôtres., les Epitres canoniques et l'Apocalypse ; c'est pourquoi on l'appelle aussi n(j»$fitopToX<5£ ) à cause des actes qu'il contient, et que les Grecs nomment ia»i'?. Le nom d'apostolits aété en usage daus l'Eglise latine dans le même sens, comme nous l'apprennent saint Grégoire le Grand, Hincmar etlsidore de Séville : c'est ce qu'on nomme aujourd'hui épistolier. Bebgibr.
APOTRES (Symbole des), (théol.pur.
génér.) — V. Symboles.
APPARITION. Action par ^quelle un esprit tel que Dieu, un ange bon ou mauvais, l'àme d'un mort se read sensible, agit et converse avec les hommes. Les exemples en sont fréquents dans l'Edita m sainte.
Selon l'histoire même de la création, Dieu a conversé d'une manière sensible avec Adam et ses enfants, arec Nbé et sa famille, avec Abraham, Isaac, Jacob, Moïse et plusieurs prophètes.
Les Pères de l'Eglise ont agité la question de savoir si c'était Dieu lui-même qui se rendait présent et visible aux hommes, ou si c'était un ange qui parlait et agissait au nom de Dieu.
APi
Presque tous les anciens ont été persuadés que c'était le Verbe- divinisecoude personne de la sainte Trinité qui préludait ainsi au mystère de f incarnation;, d'autres ont, cru que c'étaient des, anges. 11 serait difficile de prouver d'une manière incontestable- l'un oul.'auU-e de ces sentiments ; tous deux peuvet-itètre vrais, eu é<*ard aux, circonstauaesL II semble d'abord qu'à moins de faire violence au. texte sacré, on ne peut pas nier que le Créateur lui-même n'ait parlé et conversé avec Adam, Koé et Abraham; il ne parait pas probable qu'un ange ait dit a Moïse dans la buisson ardent • « Je suis le Dieu de ton père, le Dieu » d'Abraham; » et aux Israélites assemblés au pied du mont Sinaï : « Je » suis le Seigneur votre Dieu, qui vous » ai tirés d'Egypte. » Exod., c. 20, Jr 2. Cependant nous lisons dans tes Actes des «psiMa, c. 7, y 37, «ne c'était un ange qui parlait à Moïse sur le mont Sinaï; et saint Etienne dit aux Juifs : Vous avez reçu une Loi disposée par les anges, f 33.
Sous quelle figure cet ange semontrait-il alors ? Sous aucune. Moïse dit formellement aux Israélites : « Lora- » que Dieu vous a parlé à Horeb du » milieu d'un feu, vous avez entendu » sa voix ; mais vous n'avez vu au- » cune figure, de peur que trompés par » là vous ne fussiez tentés de faire » quoique représentation de mâle ou » de femelle, et de l'adorer. » Beat., c. 4, jM2, 15, etc. Il est dit que Moïse parlait à Dieu face à face dans la nuée qui était à l'entrée du tabernacle ; mais lorsque Moïse lui dit :
» Seigneur, si j'ai trouvé grâce da- » vaut vous, montrez-moi votre vi- » sage, afin que je vous connaisse...
» montrez-moi votre gloire; Dieu lai » répond : Vous ne pouvez, pas voir » mon visage, aucun homme ne me » verra sans mourir. » Exod., c 33, y 9, U, 13, etc. Il parait néanmoins, par les premiers chapitres de la Genèse, que Dieu, pour converser avec nos premiers parents, se revêtait d'un corps visible ; mais on ne peut pas affirmer que c'était un corps humain.
Dans d'autres circonstances, les anges qui parlaient aux hommes, leur
APP