‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 1 (volume 3)Chapitre 130 sur 166 · API · texte numérisé non relu

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apparaissaient sous une figure humaine : ainsi un ange conversa dans le désert avec Agar, et cette femme' crut que c'était Dieu lui-même. Gen., c.

16, $ 7 et 13. Les trois anges envoyés pour détruire Sodome, prirent un repas dans la tente d'Abraham ; l'un d'entre eux, qui lui promit un fils, est appelé le Seigneur, Jéhovah, c. 18, y 13. Ces sortesd'appuntions desbons anges sont fréquentes dans l'Ancien et le Nouveau Testament ; mais nous ne voyons dans l'Ancien aucun exem-

Ele d'apparitions des anges de ténères; la première fois qu'il en est fait mention dans l'Ecriture sainte, c'est à l'occasion de la tentation de Jésus- Christ au désert. Matth., c. 4, f 1.

Il est aussi rarement question d'ap-

farition des morts. Samuel apparut à aùl, lorsque celui-ci le lit évoquer par la pythonisse d'Endor. I Reg., c. 28, f 1*5. Judas Machabée vit aussi le grand prêtre Onias et Jérémie qui lui parlèrent après leur mort, mais c'était en songe. II Machab., c. 15, f 14. Nous lisons, Matlh., c. 27, f 52, qu'à la mort du Sauveur, et après sa résurrection, plusieurs morts sortirent de leur tombeau, entrèrent à Jérusalem, et apparurent à plusieurs personnes.

Nous ne nous arrêterons point à examiner la multitude des apparitions des esprits, rapportées par les auteurs profanes; les philosophes du troisième et du quatrième siècle de l'Eglise, entêtés de théurgie, de théopsie et de magie, croyaient ou faisaient semblant de croire que l'on pouvait converser avec lesgénies ou dieux dupaganisme ; que plusieurs hommes en avaient vu, leur avaient parlé et en avaient reçu des réponses. Quelques Pères de l'Eglise ont été persuadés qu'en effet le démon s'était rendu sensible à ses magiciens; euparticulier à Julien l'apostat, et que Dieu l'avait permis pour punir leur impiété. On ne peut savoir avec certitude jusqu'à quel point l'imagination, lespresliges del'espritirnpur, ou l'imposture, ont eu lieu dans ces circonstances. Comment nous lier à de prétendus philosophes, dont la mauvaise foi allait de pair avec leur fanatisme? Porphyre et Jamblique, moins entêtés que les

autres, ont témoigné qu'ils n'ajoutaient aucune foi à toutes ces visions; les chrétiens ont plus d'une fois défié les païens de faire agir en leur présence ces génies dont on vantait la puissance. Tertull., Apolog., c. 22 et 23. Si l'on veut en croire les voyageurs, les magiciens caraïbes ont souvent commercé avec le démon.

Quant aux apparitions des morts, rien n'est plus commun, soit chez les historiens païens, soit dans nos écrivains des bas siècles ; c'est ce qui avait fait naître dans le paganisme la nécromancie, ou l'art d'évoquer les morts, pour apprendre d'eux l'avenir ; mais aucun de ces faits, dont nos pères repaissaient leur crédulité, n'est fondé sur des preuves assez fortes pour nous obliger à le croire. S'il y en avait de bien prouvés, nous n'aurions aucune répugnance à y ajouter foi. D'autre part, les doutes que nous inspirent des narrations apocryphes, ne dérogent en aucune manière à la certitude des faits rapportés dans les livres saints ; vainement les incrédules se croient en droit de tout nier, parce que tout n'est pas également prouvé.

1° Ceux qui admettent un Dieu, peuvent-ils mettre des bornes à sa puissance, régler ses décrets, prescrire la conduite qu'il a dû tenir envers les hommes depuis la création? Dieu, sans doute, peutse revêtir d'un corps, c'est-à-dire rendre sa présence sensible, par la parole et par l'action qu'il donne à un corps quelconque : que ce corps soit igné, aérien, lumineux ou opaque, cela est égal ;onne prouvera jamais que cette manière d'instruire les hommes, de leur dicter des lois, de leur prescrire une religion, est indigne de la sagesse et de la majesté divine : Dieu a donc pu s'en servir.

Comment prouvera-t-on qu'il ne l'a pas fait ? Une preuve qu'il l'a fait à l'égard des patriarches, de Moïse, et d'autres, c'est qu'ils nous ont laissé les monuments d'une- religion plus pure, plus sainte, plus sensée, plus vraie que toutes celles des peuples qui n'ont pas eu le même secours. Il faut doneque Dieu la leur ait révélée; La manière dont ils disent que cotte révélation leur a été faite était donc

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convenable, puisqu'elle a produit l'effet que Dieu se proposait.

Les apparitions des anges et des morts ue renferment pas plus dediflicullé que les apparitions de Dieu.

11 ne lui est pas moins aisé de donner un corps à un ange que d'en revêtir une àmé humaine ; lorsque celle-ci est séparée de son corps, Dieu peut certainement la faire reparaître, lui rendre le même corps qu'elle avait, nu un autre, la remettre eu état do faire les mêmes fonctions qu'elle sait avant la mort. Ce moyeu d'instruire les hommes et c e les rendre dociles, est un des plus frappants que Dieu puisse employer.

2° Les matérialistes mêmes , qui ne croient ni à Dieu ni aux esprits , et qui nient tous les faits capables d'en prouver L'existence, ne raisonne! tpas conséquemment. Bayle a démontré que Spinosa, dans son système d'athéisme , ne pouvait nier ni les esprits , ni leurs apparitions, ni les miracles, ni les démons, ni les enfers.

but. crit., Spinosa, rem. (Jet suiv.

En effet, selon l'opinion des matérialistes, la puissance de la nature, c'està-dire, de la matière, est infinie : or, elle ne le serait pas si elle ne pouvait pas faire tout ce qui est rapporté dans l'histoire sainte. Un défenseur de ce système nous dit que nous ne savons point si la nature n'est pas actuellement occupée à produire plusieurs êtres nouveaux, si elle ne rassemble pas dans son laboratoire les éléments propres à faire éclore des générations toutes nouvelles, et qui n'auront rien de commun avec ce que nous connaissons. Système de la nat., tom. I, c. O.pag. 80,87.

Donc nous ne savons pas non plus si, plusieurs milliers d'années avant nous, elle n'a pas produit des phénomènes singuliers, et que nous ne concevons point. Nous ignorons si, par quelques combinaisons fortuites de la matière, il ne s'est pas allumé au sommet du montSinaï un feu terrible, d'où sortait une voix qui a dicté le Décalogue. Nous ne pouvons dérider si par d'autres combinaisons il ne s'est pas formé tout à coup une ligure d'homme qui a conduit, protégé et comblé de biens le jeune Tobie;

si, par magie ou autrement, il n'est pas sorti de terre un spectre semblable à Samuel qui a parlé à Saùl, etc.

Puisque la nature, par sa toute puissance, a fait des hommes tels que nous sommes, pourquoi ne pourraitelle pas former des auges beaucoup plus puissants que les nommes, des; corps îyués ou aériens capables de iaire des choses supérieures aux forces humaines ?

3° En bonne logique, les sceptiques peuvent encore moins rejen r le témoignage des auteurs sacrés. Selon leur système, il n'y a aucune connexion nécessaire entre les idées qui nous viennent à l'esprit par les sensations, et l'état réel des corps existants hors de nous : nous ne sommes pas sûrs s'ils sont réellement tels qu'ila paraissent à nos sens. Donc Le cerveau de Moïse a pu être affecté de manière qu'il ait cru voir, entendre, et faire tout ce qu'il raconte ; les têtes de la iamille de Tobie ont pu se trouver dans la même situation que si un ange leur était apparu, leur avait parié, et avait fait tout ce qu'ils onteru voir et éprouver; le ■ organes de Saùl ont pu être mortiliésdelainème manière que si Samuel était réellement sorti du tombeau, etc. Nous aurions donc tort de suspecter la sincérité de ceux qui ont écrit ces faits. A la vérité, si c'étaient des illusions, tous ces genslà n'étaient pas dans leur bon sens ; qu'importe ? Nous ne sommes pas surs si à ce moment notre cerveau et celui des sceptiques ne sont pas aussi malades que celui des personnages dont nous parlons.

Si donc les incrédules savaient raisonner, ils ne borneraient jamais les foires de la nature, ni le nombre des possibles; ils seraient aussi crédules que les vieilles, les eufanls et les ignorants les plus grossiers. Ceux qui croient à la magie sans croire eu Dieu, ne sont pas ceux qui raisonnent le plus mal.

4° Le grand argument est de dire:

Si tout cela était arrivé autrefois, il arriverait encore ; puisqu'il n'arrive plus depuis que l'on est mieux instruit, c'est une preuve qu'il n'est jamais arrivé. Faux raisonnement. Selon l'opinion de matérialistes, il est

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sorti autrefois du sein de la terre ou de la mer, des hommes "tout formés, il n'en sort plus aujourd'hui ; tous •viennent au monde par une suite de générations régulières. Si nous en croyons les sceptiques, il n'ya aucune connexion nécessaire entre ce qui se fait aujourd'hui et ce qui est arrivé autrefois. Dès qu'il n'y apoint de providence qui entretienne dans la nature un ordre constant, il n'est rien qui ne puisse arriver par hasard, ou par des combinaisons inconnues de la matière.

Les déistes, à leur tour, se fondent mal à propos sur ce même argument. S'il y a un Dieu, il a pu et il a dû conduire autrement le genre humain dans son enfance, que dans les âges postérieurs, il fallait alors des miracles, des prophéties, des apparitions et des inspirations pour établir la vraie religion: une fois fondée, elle n'en a plus besoin: les mêmes faits qui lui ont servi d'attestation dans l'origine, lui en serviront jusqu'à la fin des siècles: il n'est donc plus nécessaire que Dieu fasse aujourd'hui ce qu'il a fait autrefois.

C'est la réflexion de saint Augustin.

Il s'en faut beaucoup que les dissertations de dom Calmet sur les apparitions aient été faites avec la sagacité et le bon sens qu'exigeait une matière aussi délicate. L'abbé Langlet lui a fait, avec raison, plusieurs reproches dans son traité sur le même sujet, t. 2, p. 91. Celui-ci prouve fort bien que le très-grand nombre des apparitions des morts, rapportées par les écrivains des bas siècles, manquent de preuves et de vraisemblance, p. 3!)3 et suiv.

Apparitions de Jésus-Christ après sa résurrection. Il est dit, Actes des apôtres, qu'après sa résurrection Jésus-Christ s'est montré vivant à ses apôtres, et les eu a convaincus par un grand nombre de preuves pendant quarante jours, conversant avec eux, leur parlant du royaume de Dieu, buvant et mangeant avec eux; qu'ils l'on vu de leurs yeux monter aux cieux. Ac*.,\c. 1 . Les évangélistes nous apprennent qu'il s'est montré différentes fois à ses apôtres, soit dispersés, soit rassemblés, et aux sain-

tes femmes; qu'il leur a parlé, qu'il s'est laissé toucher qu'il a invité le [dus incrédule d'entre eux à mettre le doigt sur ses plaies, qu'il a bu et mangé plusieurs fois avec eux. Ces apparitions n'étaient donc point des illusions.

Mais aucun des évangéli.-tes ne s'est attaché à raconter toutes ces apparitions et ces conversations, à les arranger dans l'ordre selon lequel elles sont arrivées, à eu détailler toutes les circonstances. Saint Matthieu n'en a cité que deux, saint Marc fait mention de quatre, saint Luc n'eu a rapporté que cinq, saint Jean quatre ; aucun d'eux n'en a fixé le nombre.

Ils en parlaient comme d'une chose très-connue parmi eux, sur laquelle personne ne pouvait former * des doutes. Ils ne pensaient pas que dans la suite des siècles les incrédules éplucheraient toutes leurs paroles, y chercheraient des contradictions, argumenteraient sur la brièveté de leur récit, se plaindraient de ce qu'il n'est pas assez exact, etc. Aucun titre, aucune histoire ne. peut être assez claire, ni assez précise, pour prévenir toutesles objections des opiniâtres.

La grande objection des incrédule!?, est que ces apparitions ne suffisent pas pour prouver la résurrection de Jésus-Christ. Il avait promis publiquement de ressusciter, disent-ils ; donc il devait ressusciter eu public.

Il fallait se montrer aux prêtres, aux pharisiens, aux docteurs juifs, au sanhédrin de Jérusalem; le témoignage de ces gens-là aurait été d'un tout autre poids que celui d'une puignée de disciples déjà séduits. L'a gouverneur romain, un téirarque, un grand prêtre juif, converti par ['apparition de Jésus-Christ, eussent fait plus d'impression sur un homme de bon sens, que cette populace ignorante que l'on suppose avoir été persuadée par la prédication de saint Pierre.

Mais ici nos adversaires s'arrêtent en beau chemin : la résurrection de de Jésus-Christ ne devait pas seulement être crue à Jérusalem, elle devait être publiée et crue dans le monde entier. Pourquoi vouloir que les

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antres nations fussent ablîgées de croire aux témoignages des principaux de Jérusalem? Il ue tenait qu'à Jésus-Christ de mourir et de ressusciter à Rome, à Pékin, à Paris, de se montrer à l'univers entier : le miracle aurait été plus authentique et plus convaincant; les hommes de bon sens auraient cru sur le témoignage de leurs propres yeux,

De tous les arguments desincrédules, il n'en est peut-èlrepointde plus absurde que celui-ci : Dieu pouvait donner de plus fortes preuves de teUe ou telle vérité; donc celles qu'il a données ne suflisent pas. Les athées sont, partis de là; ils disent que s'il y a nn Dieu, il devait écrire son existence dans le ciel en caractères lumineux et visibles à tous les yeux.

Nous soutenons que Jésus-Christ n a pas dû faire ce que l'on exiçe de lui, ni pour les Juifs, ni pour les païens, ni en faveur des incrédulesc-ue quand il l'aurait fait, sa résurrection ne paraîtrait pat mieux prouvée à ces derniers, et qu'ils ne seraient pas plus disposés qu'ils le sont à y croire.

1° Plusieurs posent pour principe, qu une résurrection est un fait impossible, qu'aucune preuve ne peut jamais le constater ; d'autres, que c'est un tait incroyable; que quand ils verraient de leurs yeux un mort ressuscite, ils ne croiraient pas. Donc c'est une absurdité et une dérision pure de de leur part, d'exiger des preuves auxquelles ils sont résolus d'avance de ne pas croire. Si les Juifs pensaient Le même, comme ils l'ont assez témoigne par leur conduite, il estclairquo la vue même de Jésus-Christ ressuscité ne les aurait pas convaincus. Il ne iwrauraitpas été plus difficile Je dire:

C est le diable qui a pris la figure de *e$us pour nous tromper, que de dire comme ils ont fait : C'est par le pou- Vff du démon que cet homme fait des ■Uurucles.

2° C'est une impiété de soutenir que Jésus- Christ devait, par un excès de bonté et par le don de la loi, recompenser la faiblesse de Pilate qui l'avait livré à la mort contre sa conscience, l'injustice du grand prêtre qui l'avait condamné comme blasphémateur, la turpitude du san-

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hédrin qui avait souscrit à l'arrêt Fa fureur du peuple qui avait crié.Crwcifiez-le, la rage des bourreaux qui l'avaient couvert d'opprobres et de plaies. Dieu avait-il donebesoindetous ces malfaiteurs pour accomplir ses desseins?

3° Jésus-Christ a rempli sa promesse dans toute son étendue ; il n avait pas promis de ressusciter en public et sous les yeux des Juifs, ni de se montrer à eux après sa résurrection incontestable. Mais les Juifs ont résisté au témoignage des gardes à l'attestation des apôtres, confirmée' par leurs miracles, à l'exemple de huit mille hommes convertis par saint Pierre, à l'impression que devaient faire sur eux les vertus des premiers chrétiens, aux fléaux terribles que Dieu lit tomber sur la Judée pour punir le déicide qui y avait été commis. Dieu doit-il multiplier les mira"clés pour forcer de pareils hommes à se convertir? Tels ont été et tels seront toujours les incrédules de tous les siècles.

4° Quand les principaux Juifs et le sanhédrin auraient cru en Jésus- Christ, quelle impression leur témoignage aurait-il fait sur les Romains ou sur les incrédules modernes? Aucune. Les Romains ont dit, et les incrédules répètent, que les Juifs étaient des ignorants, des rêveurs, des fanatiques avides de merveilleux, incapables de discerner le vrai d'avec le faux, et un miracle d'avec un prestige.

Selon le principe de nos adversaires, les Juifs de la Grèce ni de Rome' n'étaient pas obligés de s'en fier au témoignage de leurs frères de Judée sur un fait aussi merveilleux et aussi incroyable que la résurrection de Jésus ; les païens encore moins ; tous pouvaient dire, comme les incrédules:

Est-il raisonnable d'exiger que nous croyions, sur la parole d'autrui, un fait dont Dieu pouvait nous convaincre par nos propres yeux?

S Quand Jésus ressuscité se serait montré aux chefs de la synagogue, comment le saurions-nous? Par le témoignage des Juifs convertis ; cai enfin des Juifs incrédules n'auraient pas pris la peine de nous en informer, ni de mettre par écrit un fait qui les

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aurait couverts d'opprobre. Or, les incrédules modernescommencent par rejeter comme suspecte l'attestation de tous ceux qui ont cru en Jésus- Christ: Ce sont, disent-ils, des hommes prévenus, séduits, intéressés à la cause de leur maitre; ce sont des fanatiques ou des imposteurs. Les chefs de la synagogue seraient-ils plus à. couvert de cette accusation que les apôtres et les évangélistes?

C'est assez qu'un fait quelconque, ou un témoignage, paraisse aux incrédules trop favorable au christianisme, pour qu'ils les rejettent sans examen :

voilà la principale raison qui les prévient contre le témoignage que l'historien Josèphe a rendu à Jésus-Christ.

0° Enfin, si les grands prêtres, le tétrarque de la Judée, le sanhédrin en corps, avaient attesté la résurrection de Jésus-Christ, et avaient cru en lui, les incrédules diraient qu'il y a eu collusion entre tous ces personnages et les apôtres, qu'ils avaient formé de concert le projet de faire reconnaître Jésus-Christ pour le Messie, afin de soulever le peuple, de faire une révolution et de secouer le joug des Romains ; que toute cette scèue a été un complot d'intérêt national et de politique; qu'ainsi la prétendue conversion des grands et du peuple ne prouve rien, etc. L'esprit fécond de nos adversaires pourrait-il jamais manquer de raisons ou de prétextes pour autoriser leur incrédulité ?

Dieu a su mieux qu'eux ce qu'il fallait pour persuader les esprits droit? et les hommes sensés. La résurrection de Jésus-Chi'ist a été publiée, prouvée et crue cinquante jours après, sur le lieu même où elle était arrivée, par huit mille Juifs que la prédication de saint Pierre persuada et convertit. Aat., c. 2, f 41 ; c. 9, ? 6.

Telles furent les prémices de l'Eglise qui se forma dès lors à Jéi'usalem, et qui a subsisté aussi longtemps que cette ville. Bientôt plusieurs prêtres furent au nombre des fidèles. Aot., c. 6, y 7. Aucun motif ne pouvait les engager à croire la résurrection de Jésus-Christ, que la certitude incontestable et la notoriété du fait : donc les preuves en étaient convaincantes

et invincibles. Tel est le point essentiel contre lequel aucune objection ne prévaudra. Voy< z Résurrection. DEi.GIER.

APPEL AU FUTUR CONCILE. C'est un expédient dont on s'est avisé de nos jours pour esquiver la censure de certaines opinions condamnées par le souverain pontife, censure approuvée et confirmée par le suffrage de l'Eglise universelle, puisqu'à l'exception de quelques évêques de France, point d'antres n'ont réclamé. 11 est étonnant qu'un procédé aussi étrange ait pu trouver des partisans et des apologistes.

Les appelants savaient bien qu'il n'y avait point pour eux de futur concile à espérer ; que l'Eglise universelle ne s'assemblerait pas pour juger s'ils avaient droit on tort, que c'était appeler à un tribunal qui n'existerait peut-être jamais. L'Eglise - , dispersée avait applaudi à plusieurs 1 jugements déjà portés par le saint siège sur celte même matière; pouvait-on supposer que l'Eglise changerait de croyance lorsqu'elle serait assemblée, ctque la circonstance d'un concile opérerait une révolution subite' dans tous les e.-prits? Le comble du ridicule a été de croire qu'un appel donnait le droit de continuer à enseigner la doctrine censurée. Si les appelants avaient été condamnés dans un concile, ils auraient appelé, comme tous les hérétiques, au jugement de Dieu.

Mosbeim, dans une de ses dissertations- sur Y Histoire ecclésiastique, t. 1, pag. S8I, a très-bien prouvé que ces sortes à'hppels sont inconciliables avec la doctrine catholique touchant l'unité de l'Eglise, que les appelants se sont joués des termes, en protestant qu'ils, ne prétendaient point déroger à cette unité par leur appel ; mais nous réfuterons ailleurs ce qu'il soutient dans le même endroit, savoir, que cette même croyance touchant l'unité de l'Eglise, ne peut pas s'accorder avec le sentiment rie l'Eglise gallicane suc la supériorité des conciles généraux à l'égard du pape. Les partisans de Quesnel n'appelaient pas de la décision du pape seul à celle d'un concile

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général, mais de la décision du pape, confirmée par l'acquiescement de l'Eglise universelle. Cela est fort différent (i). Voyez Unité de l'Eglise.

Bergier.

APPEL COMME D'ABUS. {Théol.

hist. égl. et état.) — « L'appel comme d'abus, dit l'abbé Pierrot, est un acte par lequel une personne qui croit avoir raison de se plaindre d'un jugement rendu par un juge inférieur, demande que l'affaire soit examinée et jugée de nouveau par un juge supérieur. » (Edit. de Bergier par Migne.) Mais on applique ordinairement en France ces expressions aux appels que l'on a le droit également de porter au conseil d'état contre les évêques, en vertu des articles organiques du concordat. Nous ne saurions admettre la compétence d'un tribunal laïque et politique en matière religieuse, et nous croyons qu'une telle législation, tant qu'elle existera, impliquera un empiétement du civil sur le religieux, contre lequel protestera le droit radical. L'église doit jouir dans sa sphère de sa pleine indépendance, de sa pleine liberté, et laisser, d'ailleurs, les hommes s'organiser et se gouverner, dans l'ordre politique, comme ils l'entendent, en conservant toujours sur leurs actes le droit de jugement des cas de conscience, qu'on ne saurait ravir à l'autorité religieuse, et par lequel elle prime nécessairement l'ordre matériel, comme la morale elle-même dont elle est une personnification.

Le Noir.

APPELANT, nom qu'on a donné,

(1) Le concile du Vatican a formellement condamné l'nppcl de la décision dn pape seul p'.rlant ex cathedra au concile œcuménique par les termes suivants de la constitution première dogmatique [diixp . M.)

■ Le jugement du siège apostolique, au-dessus duquel il' n'y a point d'autorité plus grande, ne peut être réformé par personne, et il n'est permis i personne de juger ce jugement (Lett. de Nicol. I à l'emp. Michel.) C'est pourquoi ceux-là dévient du droit chemin de la vérité qui affirment qu'il est permis d'appeler des jugements des pontifes romains au concile œcuménique comme à une autorité supérieure au pontife romain, u (trad. litt.)

Les restrictions de Bergier dans le sens dos anciens gallicans sont donc à corriger.

Lb Noir.

au commencement de ce siècle, aux évoques et autres ecclésiastiques aui avaient interjeté appel au futur concile, de la bulle Unigenitus donnée par le pape Clément XI, et portant condamnation du livre du Père Quesnel, intitulé Réflexions morales sur le Nouveau Testament.

Comme les appelants se flattaient den imposer à l'Eglise entière par leur grand nombre, on sollicitait clés appels de la même manière que l'on brigue les suffrages d'un juge ou d'un électeur; et les chefs de ce parti furent assez insensés pour appeler leurs clameurs le cri de la foi. Heureusement ces folles démarches ont été révoquées avec autant de facilité qu elles avaient été faites, et l'on rougit aujourd'hui de tout ce scandale.

Bergier.

APPLICATION, se dit particulièrement en théologie, de l'action par laquelle notre Sauveur nous transfère ce qu'il a mérité par sa vie et par sa mort.

C'est par cette application des mérites de Jésus-Christ que nous devons être justifiés, et que nous pouvons prétendre à la grâce et à la gloire éternelle. Les sacrements sont les voies ou les instruments ordinaires par lesquels se fait cette application, pourvu qu'on les reçoive avec les dispositions nécessaires et prescrites par le concile de Trente dans la sixième session.

L'Eglise nous les applique encore par le saint sacrifice de la messe, par ses prières, par les indulgences, par les bonnes œuvres qu'elle nous prescrit. Elle a condamné les protestants qui soutiennent que cette application ne peut nous être faite que par la foi.

Voyez. Imputation. Bergier.

APPROBATION, APPROUVÉ. Un prêtre approuvé est celui qui a reçu de son évèque le pouvoir d'entendre les confessions et d'absoudre (1).

(1) « Puisque la nature et l'ordre du jugement a exigent qu'une sentence ne puisse être portée par a un juge que si;r ceux qui lui sont sujets, on a a toujours été persuadé dans l'Eglise de Dieu, et a le conede conhrme cette vérité, que l'absolution a prononcée par un prêtre sur celui sur qui il n'a a pas de juridiction, soit ordinaire, soit subdélé-

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