APS
Comme c'est un acte de juridiction, l'évêque est le maître de limiter cette approbation pour le temps, pour le lieu, pour les cas ; un prêtre qui n est approuvé qne pour un an, est oblige de faire renouveler ses pouvoirs à la lin de l'année ; celui qui est approuvé pour telle paroisse, n'a pas pour cela le pouvoir do confesser dans une autre ; celui qui a le pouvoir d'absoudre des cas ordinaires ou non réservés, a besoin d'un pouvoir spécial pour absoudre des cas réservés (.1).
Behgier.
APSIS ou ABSIS, mot usité dans les auteurs ecclésiastiques pour signifier la partie intérieure des anciennes églises, où le clergé était assis et où l'autel était placé.
On croit que cette partie de l'église s'appelait ainsi , parce qu'elle était bâtie en arcade ou en voûte , appelée par les Grecs <*4"î, et par les Latins absis.
Dans ce sens, le mot absis se prend aussi pour le presbytère, par opposition à la nef, ou à la partie de l'église où se tenait le peuple ; ce qui revient à ce que nous appelons chœur et sanctuaire.
L'apsis était bâtie en figure hémisphérique, et consistaitendeuxparties, l'autel ou le sanctuaire, et le presbytère. Dans cette dernière partie étaient contenues les stalles ou places du clergé, et entre autres le trône de l'évêque, qui était placé au milieu ou dans la partie la plus éloignée de
■ guée, doit être de nul poids. [Concile de Trente, » sess. XIV, ch. 7.) Qnoiomo les prêLrei, daos
■ leur ordination, reçoivent la puissance d'nbsou- » dr: les péchés, le saint concile décrète qu'aucuu » prêtre, même régulier, ne peut entendre les con- > fessions des séculiers, même des prêtres, ni être » regardé couime idoine à ce ministère à moins
-i a qu'd ne possède un béuèGce paroissial, ou que , » l'évêque ne lui donne gratuitement après l'avoir | i examiné, s'il le juge nécessaire, une approbai a tion nonobstant tous les privilèges ou coutumes *' » même immémoriales, u (Sess. XXilI, de la ré~ \ form., c. 15.) Goussst.
,' (i) Le souverain pontife étant l'évêque universel f (concil. du Vat.), peut donner toutes les approbation- pour tons les lieux possibles, même malgré les ordinaires, et les évoques ont besoin de son approbation comme les prêtres ont besoin de celle de leur êvêque.
Nous prenons ici le mot approbation dans sou «eus le plus large. La Noir.
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l'autel. L'autel était à l'autre extrémité vers la nef, dont il était séparé par une grille ou balustrade à jour.
Il était sur une estrade, et sur l'autel était le ciboire ou la coupe, sous une espèce de pavillon ou de dais.
Voyez Cordemoy , Mcm. de Trév., juillet 1710, p. 1268 et suiv. ; Fleury, Mœurs des Chrét., tit. xxxv.
On faisait plusieurs cérémonies à l'entrée ou sous l'arcade de Yapsis, comme d'imposer les mains, de revêtir de sacs et de cilices les pénitents publics. Il est aussi souvent fait mention dans les anciens monuments , des corps des saints qui étaient dans l'apsis. C'étaient les corps des saints évêques, ou d'autres saints, qu'on y transportait avec grande solennité.
Synod. 3. Carth., ea?i.- 32, Spelman.
Le trône de l'évêque s'appelait anciennement apsis , d'où quelques-uns ont cru qu'il avait donné ce nom à la partie de la basilique dans l.iquelle il était situé; mais, selon d'autres, il l'avait emprunté de ce même lieu.
On l'appelait encore apsis gradata, parce qu'il était élevé de quelques degrés au-dessus des sièges des prêtres ; ensuiteon le nomma exhedra, puis tronc et tribune.
Apsis était aussi le nom d'un reliquaire ou d'une cbàsse, où l'on renfermait anciennement les reliques des saints, et qu'on nommait ainsi, parce que les reliquaires étaient faits en arcade ou en voûte ; peut-être aussi à cause de l'apsis où ils étaient placés jd'oùlesLatins ontformé capsa, pour exprimer la même chose. Ces reliquaires étaient de bois, quelquefois d'or, d'argent, ou d'autres matières précieuses, avec des reliefs et d'autres ornements ; on les plaçait sur l'autel, qui, comme nous l'avons dit, faisait partie de l'apsis, qu'on a aussi nommé quelquefois le chevet de l'Eglise, et dont le fond, pour l'ordinaire, était tourné à l'Orient. Voyez.
Ducange, Descript. S. Sophise. Spelman. Fleury, loc. cit. Bergier.
AQUARIENS. Voyez Encratites.
AQUAVIVA (Claude). {Théol. hist.
biogr. et bibliogr.) — Aquaviva fut la cinquième général des Jésuites. Il
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était né en 1543, de l'ancienne famille des Aquaviva, ducs d'Atri.
Il fut d'abord camérier du pape Pie V, puis se fit Jésuite en 1557 à l'âge de 25 ans. Ce fut en 1580 que les profès l'élurent général à une grande majorité; il n'avait encore que 37 ans. Le pape fut étonné de celte éleclioD, mais bientôt il revint de son élonnement. A peine général, Aquaviva décida, par une distinction claire .ce que le Jésuite doit à Dieu et ce qu'il doit au monde; ne donnant pas trop à l'ascétisme, et fidèle à son programme, il lança la société dans la voie où elle s'est maintenue, malgré les nombreuses difficultés qui l'assaillirent. En France, il blâma la part que prirent à la ligue plusieurs membres de la société de Jésus.
« Nous n'avons pas à démontrer, dit M. Stemmer, que la doctrine de l'assassinat des tyrans, si souvent reprochée aux Jésuites, est beaucoup plus vieille que leur ordre ; qu'elle tient fort peu de place dans quatorze de ' ( '"' «stupéfiés à l'immense
majorité ■ lé uites gui combattent cette opinion du régicide dans leurs innombrables écrits ; qu'elle a été soulevée simplement comme une question théologique et une pure doctrine d^école ; que ceux mêmes qui l'ont résolue affirmativement ont toujours eu soin de distinguer l'usurpateur de la personne du roi légitime abusant de son autorité, et que Mariuua est le seul qui autorise, toutefois avec les plus grandes restrictions, lcméurtre même du roi légitime. Mais ce que nous ne pouvons passer sous silence, c'est qu' Aquaviva désapprouva hautement cette doctrine, qu'il protesta contre les accusations intentées à son ordre à l'occasion du meurtre de Henri III et de Henri IV, qu'il ordonna de corriger tous les exemplaires des œuvres de Mariana à ce sujet, et publia plus tard (10 10) un décret portant qu en vertu de la sainte obéissance et sous peine d'excommunication, d'incapacité pour tout genre de service, de suspense abofficiis, etc., il défendait à. tous les Jésuites d'enseigner à l'avenir, publiquement ou en particulier, dans leurs leçons,, dans leurs écrits ou au tribunal de la pé- dei Jésuites
nitence, qu'il est permis de tuer des tyrans, des rois et des princes (1).
Lorsque l'ordre avait été rétabli dans Paris sous Henri IV, le général avait adressé quatorze importantes règles de conduite à tous les confesseurs des princes, fonctions qu'il rendait aux membres de la Compagnie aussi difficilesque possible. Si, malgré tout, un Jésuite était nommé confesseur d'un prince, il devait ne s'occuper que d'une chose, la conscience de son pénitent, éviter de paraître trop souvent à la cour, surtout d'y paraître jamais s: ns y être appelé, et ne jamais intervenir pour les affaires d'autrui. Aquaviva se conduisit, dans la discussion, née en 1588, entre, les Molinistes et les Thomistes, les Jésuites et les Dominicains, aussi sagement qu'il avait fait dans la controverse du régicide ; il défendit, d'après le conseil de Bellarmin, de professer publiquement la doctrine de Molina, qui n'était pas interdite à Rome. »
Parmi les ouvrages d'Aquaviva, il convient de citer le Ratio studiorum el le Dvnectorium exercîtianm S. Ignatii, imprimés par ses soins; seize lettres, qui forment une partie du Corpus institua de l'ordre; et l'ouvrage :
Industrie ad curandos animx morbos, Venet., 1 006.
Aquaviva mourut en 1615, épuisé de fatigues, mais voyant prospérer son ordre grâce à son activité forte et douce. Cet ordre comptait à sa mort, au grand déplaisir des gouvernements, 13 provinces, 330 maisons et 13,000 membres. D'Alembert a dit d'Aquaviva que « la société de Jésus lui doit cette sage organisation qu'on peut appeler le chef-d'œuvre de l'esprit humain dans le domaine de la politique, et qui depuis deux cents ans, maintient la grandeur et la gloire de l'ordre. » Le Nom.
AQUILA, auteur d'une version de la Bible. Voyez Version.
AQUILA (traduction de la Bible d'.) (Thèol. hist. bibliog.) V. Bible (traductions de la ) .
(1) Ctmf. la décret dans Riffel, Aboi, dt Tordre
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AQL'IN (S. ïhomasu'), (Thcol. hist.
biog. et bihliog.) V. thomas d'Aquin (S).
ARABIE. Saint Paul nous apprend lui-même, Galut., c. 1, y 17 etsuiv., qu'immédiatement après sa conversion, il alla prêcher en Arabie, et qu'il y demeura trois ans . On ne peut pas douter qu'il n'y ait fait des conversions et fondé une Eglise.
Parmi ceux qui furent témoins de la descente du Saint-Esprit sur les apôtres à Jérusalem, le jour de la Pentecôte, il y avait des Juifs de l'Arabie. Act., c. 2, y IL Les inter-.
prêtes de l'Ecriture ont observé que la conversion des Arabes avait été prédite par Isaïe, c. 11, y 14, où il est dit que le peuple du Seigneur emportera les dépouilles des enfants de l'Orient; et c. 42, y. 14, Le prophète dit que les habitants de Pétra, ville à' Arabie, élèveront la vois du sommet de leurs montagnes, et . rendront gloire à Dieu. En effet, les deux évèchés principaux de l'Arabie on été Bostres et Pétra; mais il y en avait plusieurs autres, et l'on trouve les noms de leurs évêques dans les souscriptions des conciles.
On ne peut pas douter que les Arabes ne soient la postérité d'Ismaël ; ils se font encore gloire aujourd'hui de descendre d'Abraham. C'est le plus ancien peuple du monde; ils n'.ont jamais été chassés de leur pays.; ils ont toujours subsisté depuis leur premier établissement ; ils n'ont changé ni leur langage ni leurs mœurs, parce qu'ils ne se sont mêlés avec aucune autre nation. Aussi conservent-ils encore le caractère et les mœurs de leur père Ismaël; l'ange du Seigneur, en annonçant sa naissance, dit à sa mère Agar .: « Ce » sera un homme sauvage, sa main » sera levée contre tous, et la main » de tous sera contre lui; il dressera » ses tentes sous les yeux de ses » frères. » Gen., c. 16, y 12. Vainement les Egyptiens, les Grecs, les Romains, les Turcs, ont voulu subjuguer les Arabes, ils n'y ont pas réussi pour longtemps. Ce peuple se maintient dans l'indépendance, et préfère la liberté à toutes les com-
modités des nations poli; ées. Depuis près de quatre mille ans, il est toujours le même. Un homme très-sensé, qui l'a vu de près, dit que chez un Arabe il croyait encore être dans la tente d'Abraham ou de Jacob. Ceux du désert furent convertis vers l'an 373 par les moines qui habitaient dans leur voisinage. Théodoret, 1. 4, c. 23 ; Sozom., 1. 6, c. 38. Ceux de l'Arabie Heureuse le furent sous l'empire de Constance par un évèque arien. Ce peuple est accusé par les anciens d'avoir immolé des victimes humaines ; mais on peut reprocher cette barbarie à un grand nombre d'autres nations.
Nos voyageurs les plus modernes nous avertissent qu'il n'est pas vrai que les Arabes en général, même ceux que l'on nomme Bédouins, Scênites, ou habitants du désert, soient voleurs, perfides, sans lois et sans mœurs. Mébur, qui les a vus en 1762 et 1763, les peint tout différemment : il dit qu'à cet égard il n'a aucun reproche àfaire contre eux. M.
de Pages, qui les a visités peu de temps après, en parle de même.
Voyages autour du monde, tom. 1, pag. 307. Les Arabes^ dit- il, ne se volent jamais entre eux, et vivent trèssociablement ; mais une tribu est souvent en guerre avec une autre tribu, et alors les hostilités sont réciproques. Ils ne volent que dans le désert et rassemblés en corps de nation; parce que, selon l'ancien préjugé, ils regardent tout étranger inconnu comme un ennemi, à moins qu'ils n'aient fait une convention avec lui, et qu'il ne leur ait payé une espèce de tribut, ou qu'il ne soit protégé par l'un d'entre eux ; mais quand on a un Arabe pour sauvegarde, on ne risque rien. Comme ils se croient maîtres et seigneurs du désert, ils prétendent qu'un étranger n'a pas droit de passer sur leurs terres, sans leur permission et sans leur payer un tribut.
Un incrédule célèbre, pour donner mauvaise opinion des Juifs, a répété dix fois que dans l'origine c'était uue horde d'Arabes Bédouins.
Quand ce fait ne serait .pas évidemment faux, il ne s'ensuivrait encore
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rien, puisque, selon le témoignage des voyageurs, les Arabes Bédouins ne sont pas et n'ont jamais été tels que cet écrivain a voulu les représenter.
Mais, vu l'attachement opiniâtre qu'ils ont toujours conservé pour leurs anciennes mœurs, on conçoit qu'il n'a pas été aisé de les convertir au christianisme, et qu'il a fallu pour cela un grand changement dans leurs habitudes et dans leurs idées. Cependant l'an 207, le' christianisme était déjà florissant dans cette contrée ; Origène y lit trois voyages pour y combattre différentes erreurs ; Bérylle, évéque de Bostres, l'une des principales villes de YArabie, enseigna qu'avant l'incarnation Jésus- Christ n'était point une personne subsistante, qu'il n'était Dieu depuis son incarnation que dans un sens impropre, et parce qu'il participait à la divinité du Père. Dans les conférences qu'il eut avec Origène, il abjura son erreur, l'an 229. Eusèbe, Hist. ecclcs., 1. 6, c, 20 et 33. Vers l'an 246, Origène retourna en Arabie pour faire condamner l'erreur des arabiques, et il se tint un concile à celte occasion. Eusèbe, ibid., c. 37.
Voyez l'article suivant. L'an 269, l' évéque de Bostres assista au concile d'Antioche. Titus, évéque de cette même ville au quatrième siècle, écrivit un traité contre les manichéens, qui subsiste encore. On conjecture que saint Hippolvte, qui vivait au troisième, était évéque, non de Porto en Italie, mais d'Aden en Arabie, que les ancieus nommaient Portus Aomanus. Voyez la note sur Eusèbe, 1. 6, c. 20.
Le christianisme s'est conservé dans celte partie du monde jusqu'à la naissance du mahométismeau septième siècle ; alors il y a été entièrement détruit. Mais au cinquième les nestoriens, et ensuite les eutychiens, y séduisirent beaucoup de personnes, et furent maîtres de plusieurs évêchôs. Il n'est pas même certain que l'Arabie tout entière ait jamais été soumise à l'Evangile, puisqu'il y avait des idolâtres lorsque Mahomet prêcha ses erreurs. Bergiee.
ARABIQUES, secte d'hérétiques qui s'élevèrent en Arabie vers l'an de Jésus-Christ 207. Ils enseignaient que l'âme naissait et mourait avec le corps, mais aussi qu'elle ressusciterait en même temps que le eorps.
Eusèbe, liv. vi, chap. 37, rapporte qu'on tint en Arabie même, dans le troisième siècle, un concile auquel assista Origène, qui convainquit si clairement ces hérétiques de leurs erreurs, qu'ils les abjurèrent et se
réunirent à l'Eglise.
Bkrgier.
ARAGO (François), (théol. hist.
biog. et bibliog.) — En accordant quelques lignes à cet illustre savant français, nous payons un tribut de reconnaissance à celui qui, par ses cours de l'Observatoire , éloquents autant que lumineux, initia notre jeunesse à l'astronomie moderne. Les noms de Dieu et du Créateur ne manquaient point à son magnifique langage, ainsi qu'il est arrivé au langage de tant d'autres depuis cette époque.
Nous n'oublierons jamais cette belle ligure à côté de celle de Lamartine, moins expressive et non moins belle, présidant, aux applaudissements frénétiques d'une foule enthousiaste , sur la place de la Bastille, la première des fêtes patriotiques de la révolution de février 1848. C'est lui qui avait sauvé des fureurs d'un aveugle vandalisme, par sa présence d'esprit, en 1832, Notre-Dame de Paris, au péril de sa vie. « Voyez cette tour, avait-il dit, à la foule qui commençait à la démolir; elle vous menace; elle va tomber sur vous ! » et la foule, prise d'une peur imaginaire, s'était écartée du monument.
Arago, le célèbre physicien et non moins célèbre astronome français, était né d ins les Pyrénées-Orientales vers 1787 ; il mourut à Paris le 3 octobre 1853. Le Noir.
ARATOR, (théol. hist. biog. et bibliog.) — Poète chrétien du vi 8 siècle, né en Ligurie, dit-on, dont l'œuvre principale porte le titre de Historia apostolica. C'est un poëme épique qui suit le développement historique du Christianisme, mais qui, à part l'entrave que l'auteur s'est imposée à