‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 1 (volume 3)Chapitre 136 sur 166 · ARI 3G · texte numérisé non relu

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distincte de l'un que de l'autre; elle est distincte de zéro, puisque, quoi qu'elle en approche, pourvu qu'elle ne franchisse pas le saut, elle en diffère comme le oui du non, l'être du néant. Cela est clair comme le jour; et elle est distincte de un, qui n'est autre que le tout absolu, parla même raison, puisqu'elle ne peut pas davantage lui devenir identique quoi qu'elle en approche; l'esprit peut faire le saut et passer au delà, en pensant ce tout-un, mais il s'échappe, par là même, de la série relative ; et il lui est impossible d'en sortir sans faire ce saut, par là même qu'en l'augmentant indéfiniment, illa laisse toujours susceptible d'augmentation.

« 11 est impossible à l'esprit de voir quelque chose plus clairement que cette double distinclivité de la série relative et du rien absolu, de la série relative et de l'un absolu, lesquels, dans le langage théolegique, prennent les noms suivants : création et néant ; création et Dieu.

« Toutes les parties des mathématiques fournissent des expressions et

des images frappantes de cette vérité fondamentale. Nous avons vu la géométrie analytique montrer la série des ordonnées se développant entre et R; qui oserait soutenir qu'il n'y a pas distinction radicale et essentielle entre cette série et ses deux limites, aussi bien la limite affirmative que la limite négative? Le calcul différentiel repose sur la même base ; s'il n'y avait pas la distinction dont nous parlons, entre la série des fonctions qui est indélinie, et la limite ad extra de cette série qui est fixe, ce calcul n'aurait jamais été inventé.

La circonférence du cercle présente le même phénomène symbolique par rapport aux polygones inscrit et circonscrit dont ou multiplie les côtés.

En un mot, la vérité générale qui nous occupe et qui est exclusive du panthéisme se rétlète, en tout lieu, dans le domaine que parcourt le mathématicien. Mais il est une série présentée par l'arithmétique qui l'exprime si clairement qu'il nous est impossible de ne pas la mettre sous les yeux du lecteur. La voici :

+ T+T + 7ÏÏ + -55+ etc.... I

a II faut lire de gauche à droite, selon notre méthode européenne, toute la partie à droite depuis '/, jusqu'à l'infini; et il fautrlire de droite à gauche la partie contraire qui tend vers 0.

« 1/2 représente l'imparfait, le relatif; il est impossible, en effet, de concevoir 1/2 sans le concevoir dépendant de 1, et sans supposer 1, comme son élément antérieur essentiel.

« La limite est l'absolu négatif qui n'est rien, puisqu'il n'est qu'à titre de négation de l'autre ; et la limite 1 est l'absolu positif, le parfait, l'infini, ce qui n'a besoin de rien pour se parfaire.

« La limite 1 peut être considérée comme l'élément générateur de tout le reste; puisque sans lui, on ne peut faire ni 1/2 ni 1/4 etc., et aussi comme le tout absolu de la série relative ; car si cette série pouvait être achevée, elle égalerait 1 .

« La limit» 0, peut être considérée

comme la négation de l'élément générateur, 1, et aussi comme la négation du tout, 1 .

« On voit déjà que chacune de ces limites est essentiellement une, de quelque manière qu'on l'envisage, d'où il suit, qu'ainsi que nous l'avons dit, l'un absolu et le tout absolu sont mie seule et même chose.

« La série positive 1[2 -f- 1[4 etc.

représente l'augmentation indéfinie de l'imparfait, concevable pour l'esprit comme essentiellement possible.

« La série négative lj2 — 1)4 — 1[8 — etc. représente la diminution indéfinie de l'imparfait, concevable pour l'esprit comme essentiellement possible.

« Or, il est mathématiquement certain que la série totale, partant à droite et à gauche du terme relatif lj2 pris arbitrairement pour point de départ, a son entité parfaitement distincte, et de la limite 1 qui est l'absolu positif, et de la limite qui est

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l'absolu négatif. Ea effet, la seule chose qui pourrait neutraliser la distinction entre la série positive et 1 et les panthéiser dans une même entité, serait la possibilité pour la série d'arriver à égaler 1 ; si on pouvait, en la poussant à son terme, acquérir le droit de mettre au bout = 1, la distinction aurait disparu; et de môme, vice versa, pour l'autre série à l'égard de o.

« Mais obtenir jamais celte double équation est mathématiquement impossible. Dans la série positive la disposition des dénominateurs selon la loi invariable du doublement, montre clairement à l'esprit qu'il restera toujours, quoiqu'on multiplie la nombre des fractions, la quantité exprimée par la dernière pour compléter 1 ; dans la série négative, la môme disposition, selon la même loi invariable, montre à l'esprit qu'il restera toujours la quantité exprimée par la dernière pour empêcher qu'il n'y ait rien, et, par suite, l'égalité avec o.

« Il est donc évident que la distinction est essentielle et à jamais ineffaçable entre la série et ses deux limites; d'où nous concluons qu'il est aussi insensé de panthéiser la création dans le créateur, le fini dans l'infini, par agrandissement du premier, que d'un uiiiiler dans le rien ce qui a une somme quelconque de perfection, en le diminuant.

« Toutes les séries fractionnaires n'ont pas les mêmes propriétés que celle-là. On en peut taire de toutes les espèces. Mais celle que nous venons d'analyser, et toute autre ayant le même caractère de l'indéfini, sont les seules qui puissent représenter la nature relative, puisqu'elle est conçue indéfiniment progressive,, Y a-t-il un élre, excepté Dieu, que nous ne puissions agrandir sans fin par la pensée , y a-t-il quelque chose, excepté le néant, que nous ne puissions sans fin concevoir moindre?

« Le panthéiste a coutume d'objecter que Dieu avec la création est plus grand que Dieu sans la création; que, Dieu, étant le summum de la perfection et de la grandeur, doit se composer de lui-même et de sa créature ; qu'en conséquence, tout redevient Dieu,

la cause par essence, l'effet comme nécessaire à la cause et ne faisant qu'un avec elle pour compléter la divine perfection. En raisonnant ainsi, on fait rentrer la création dans la trinité divine à titre de fille éternelle du Père.

« Mais, outre les réponses philosophiques, ce que nous venons d'emprunter aux mathématiques a déjà réfuté celle objection. Prenons d'abord la limite o. o moins la série négative, dont il est le terme inaccessible, est-il moindre que otout seul?

Une telle question contient sa réponse.

Or, toutest pareil, en sens inverse, par l'autre extrémité. L'un absolu, qui est le tout essentiel et générateur, ne peut être plus grand avec la série relative dont il contient déjà toutes les perfections, que sans cette série.

Voici, au reste, un symbole géométrique de cette vérité générale, qui la rend visible aux yeux mêmes du corps :

« L'angle BAC, aux côtés indéfinis B AB, AC, cmbrasse-lil plus d'espace avec l'angle B'A' G, qu'il n'en embrasserait seul, c'est-à-dire sans ' Y A' G

que cet angle fût tracé dans son sein 1

« Le plus n'est pas plus parfait avec le moins que sans le moins. L'absolu n'est pas plus absolu avec le relatif que sans le relatif; Dieu n'est pas plus Dieu avec sa créature que sans elle. » Le Nom.

AR1US, {Mol. hist. biog. et bi-

bliog.) — V. AR1AN1SME.

ARLES. — V. Conciles d'Arles.

ARMÉE DU CIEL. — V. Astres.

ARMÉNIENNES. (Bibles). (Théol.

hist. bibliog.) — V. Bidle.

ARMÉNIENS, considérés par rapport à leur religion. C'est une secte des chrétiens d'Orient, ainsi appelés parce qu'ils habitaient autrefois l'Arménie.

On croit que la foi fut portée dans leur pays par l'apôtre saint Barthélemi; mais la tradition commune des arméniens est que la plus grande par-

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Ue de leur pays futconvertie, au commencement du quatrième siècle, par saint Grégoire, surnommé ïllluminateur. Ce qu'il y a de certain, c'est qu au commencement du quatrième siècle l'Eglise d'Arménie était trèsflorissante, et que l'arianisme y lit peu de ravages. Mais l'an 535, une grande partie de cette Eglise embrassa les erreurs et le schisme des Jacobites ou monophysites. Les arméniens étaient du ressort du patriarche de Constantinople ; ils s'en séparèrent avant le temps dePhotius, aussi bien que les Grecs de ce même pays, et composèrent ainsi une église nationale, en partie unie à l'Eglise romaine et en partie séparée d'elle; car on en distingue de deux sortes, les francs arméniens et les schismatiques. Les francs arméniens sont catholiques et soumis à l'Eglise romaine. Us ont un patriarche à Naksivan, ville d'Arménie, sous la domination du roi de Perse, et un autre à Kaminiek en Pologne. Leur liturgie a été imprimée a Rome dans leur ancienne langue, et on en a une traduction latine, que le père Lebrun a donnée avec des remarques. Explic. des cérém. de la Messe, tom. 5. 10° dissert. Les arméniens schismatiques ont aussi deux patriarches, l'un résidant au couvent d'Echmiazin, c'est-à-dire, les trois églises, proche d'Erivan, et l'autre à Gis en Cilicie ou Caramanie.

Depuis la conquête de leur pays par Scha-Abbas , roi de Perse , Us n'ont presque point eu de pays ou Qhabitation fixe ; mais ils se sont

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dispersés dans quelques parties de 1 Europe, particulièrement en Pologne. Leur principale occupation est le commerce, qu'ils entendent trèsbien. Le cardinal de Richelieu, qui voulait le rétablir en France, projeta d'y attirer grand nombre d'arméniens; et le chancelier Séguier leur accorda une imprimerie à Marseille , pour multiplier à moins de frais leurs livres de religion, qui avant ces tempslà étaient fort rares et fort chers.

Le christianisme s'est conservé parmi eux, mais avec beaucoup d'altération parmi les arméniens schismatiques. Le père Galanus rapporte que Jean Hermac, arménien catholi-

que, assure qu'ils suivent l'hérésie d Eutychès touchant l'unité de nature en Jésus-Christ; qu'ils croient que I e Saint-Esprit ne procède que du Père ; que les âmes des justes n'enfrent point dans le paradis, ni celles des damnés en enfer, avant le jugement dernier; qu'Us nient le purgatoire, retranchent du nombre des sacrements la confirmation et l'extrêmeonction, accordent au peuple la communion sous les deux espèces, la donnent aux enfants avant qu'Us aient atteint l'âge de raison, et pensent enfin que tout prêtre peut absoudre îndilféremment de toutes sortes de péchés; en sorte qu'il n'est point de cas réservés, soit aux évêques, soit au pape. Michel Lefèvre, dans son Théâtre de la Turquie, dit que les arméniens sont monophysites, c'està-dire, qu'Us n'admettent en Jésus- Christ qu'une nature, composée de la nature divine et de la nature humaine, sans néanmoins aucun mélange. Le même auteur ajoute que les arméniens, en rejetant le purgatoire, ne laissent pas de prier et de célébrer des messes pour les morts, dont ils croient que les âmes attendent le jour du jugement dans un heu où les justes éprouvent des sentiments de joie dans l'espérance de la béatitude, et les méchants des impressions de douleur dans l'attente des supplices qu'ils savent avoir mérités; que d'autres s'imaginent qu'il n'y a plus d'enfer, depuis que Jésus- Christ l'a détruit en descendant aux limbes, et que la privation de Dieu sera le supplice des réprouvés; qu'Us ne donnent plus l'extrême-onction depuis environ deux cents ans, parce que le peuple, croyant que ce sacrement avait la vertu de remettre par lui-même tous les péchés, en avait pris occasion de négliger tellement la confession, qu'insensiblement elle aurait été tout à fait abolie; que quoiqu'ils ne reconnaissent pas la primauté du pape , ils l'appellent néanmoins dans leurs livres le pasteur universel et vicaire de Jésus-Christ; qu'ils s'accordent avec les Grecs sur l'article de l'eucharistie, excepté qu'ils ne mêlent point d'eau avec le vin dans le sacrifice de la m;;sj , et

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qu'ils s'y serrent de pain sans levain pour la consécration, comme les catholiques.

Mais il parait que Galanus et Lefèvre atttribuent aux arméniens schismatiques des erreurs dont ils ne sont pas coupables, ou du moins qui ne sont pas communes parmi eux. Le père Lebrun, avant de rapporter leur liturgie, prouve qu'à l'exception de l'hérésie des monophysites , on ne peut leur imputer aucune opinion absolument contraire à la croyance de l'Eglise catholique ; qu'ils s'accordent avec nous sur le nombre et sur la nature des sacrements, sur la présence réelle do Jésus-Christ dans l'eucharistie, sur la transsubstantiation, sur le sacrifice de la messe, sur le culte des saints, sur la prière pour les morts, etc. Vainement les protestants ont cherché parmi eux leurs propres erreurs, ils n'en ont trouvé aucun vestige. Cependant les arméniens schismatiques sont séparés de l'Eglise romaine depuis plus de douze cents ans.

C'est sans fondement que Brerewood les a accusés de favoriser les opinions des sacramentaires, et de ne point manger des animaux qui sont estimés immondes dans la loi de Moïse; il n'a pas pris garde que c'est la coutume de toutes les sociétés chrétiennes d'Orient, de ne manger ni sang ni viandes étouffées ; en quoi, selon l'esprit de la primitive Eglise, il n'y a point de superstition.

Ils sont grands jeûneurs, et, à les entendre, l'essentiel de la religion consiste à jeûner.

On compte parmi eux plusieurs monastères de l'ordre de saint Basile, dont les schismatiques observent la règle : mais ceux qui se sont réunis à l'Eglise romaine ont embrassé celle de saint Dominique, depuis que les dominicains envoyés en Arménie par Jean XXII eurent beaucoup contribué à les réunir au saint siège. Cette union a été rompue et renouvelée plusieurs fois, surtout au concile de Florence, sous Eugène IV.

Les arméniens font l'office ecclésiastique en ancienne langue arménienne, différente de celle d'aujourd'hui, et que le peuple n'entend pas.

Ils ont aussi dans la même langue toute la Bible, traduite d'après la version des septante. Ceux qui sont soumis au pape font aussi l'office en cette langue, et tiennent la même croyance que l'Eglise catholique, sans aucun mélange des erreurs que professent les schismatiques.

Nous remarquerons encore que le titre de vertabied, ou docteur, est plus respecté des arméniens que celui d'évêque ; ils le confèrent avec les mêmes cérémonies qu'on donne les ordres sacrés, parce que, selon eux, cette dignité représente celle de Jésus-Christ, qui s'appelait rabbi, ou docteur. Ces vertabieds ont droit de prêcher assis, et de porter une crosse semblable à celle du patriarche, tandis que les évoques n'en ont qu'une moins distinguée, et prêchent debout :

l'ignorance de leurs évêques a procuré ces honneurs aux docteurs. Galanus, Conciliât, de l'Eglise armên. avec l'Eglise rom. Simon, Hist.

des rclig. du Levant. Bergieb.

ARMES. Il n'est pas vrai, comme l'ont avancé quelques censeurs du christianisme, qu'il soit défendu à un chrétien de porter les armes.

Saint Luc dans son évangile rapporte la leçon que lit saint Jean- Baptiste aux soldats : « Ne faites » violence à personne injustement ; » contentez-vous de votre solde. »

Luc, c. 3. Il ne leur ordonna point de quitter les armes. Lorsque Jésus- Christ loua la foi du centurion, et lui accorda un miracle, il ne blâma point sa profession. Matth., c. 7, t 10, 13. Saint Paul veut que chacun demeure dans l'état de vie dans lequel il a été appelé à la foi; les soldats ne sont pas exceptés. I, Cor., cap. 7, y 20. Tertullien atteste, que de son temps les camps et les armées étaient remplis de chrétiens, qu'ils étaient bons soldats, puisqu'ils ne craignaient point la mort. Apol., ch.

37 et 42. Si dans son Traité de l'Idolâtrie, et dans celui de la Couronne, il décide qu'un chrétienne doit point embrasser l'état militaire, c'est qu'alors on exigeait qu'un soldat fit son serment par les dieux de l'empire et rendit un culte aux enseignes milil

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taires chargées des images des dieux :

c'est dans ce sens qu'il dit qu'il n'y a rien de commun entre le signe de Jésus-Christ et les enseignes du diable, de IdoloL, c. 19 ; qu'un chrétien ne doit pas veiller pendant la nuit à la garde des dieux auxquels il a renoncé, de Corona, c. 9. Lorsque ce danger n'exista plus, le troisième canon du concile d'Arles ordonna d'excommunier ceux qui désertaient même pendant la paix. Constantin régnait pour lors ; on ne tendait plus de pièges aux soldats chrétiens pour les engager à trahir leur religion.

L'horreur pour la profession militaire est une erreur des quakers, réfutée par Bcllarmin, tom. Il, Controv. de Laicis. Behgier.

ARMINIAN'ISME, doctrine d'Arminius, célèbre ministre d'Amsterdam, et depuis professeur en théologie dans l'académie de Lcyde, et des arminiens ses sectateurs. Calvin , Kèze, Zanchiiis, etc., avaient établi des dogmes trop sévères sur le libre arbitre, la prédestination, la justification, la persévérance et la grâce ; les arminiens ont pris sur tous ces points des sentiments plus modérés, et approchant à quelques égards de ceux de l'Eglise romaine. Gomar, professeur en théologie dans l'académie de Groningue, et calviniste rigide, s'éleva contre la doctrine d'Arminius; après bien des disputes commencées dès IG09, et qui menaçaient les Provinces- Unies d'une guerre civile, la matière fut discutée et décidée en faveur des gomaristes, par le synode de Dordrecht, tenu en 1618 et 1619. Outre les théologiens de Hollande, ce synode fut composé de députés de toutes les Eglises réformées, excepté des Français, qui en furent empêchés pour des raisons d'état.

Pour bien comprendre l'état de la question qui était à décider, il faut savoir que les théologiens attachés aux sentiments de Calvin sur la prédestination, ne s'accordaient pas : les uns soutenaient, comme leur maître, que Dieu, de toute éternité, et avant même de prévoir le péché d'Adam, avait prédestiné une partie du genre

humain au bonheur éternel, et une autre partie aux tourments de l'enfer ; qu'en conséquence Dieu avait tellement résolu la chute d'Adam, et avait disposé les événements de telle manière, que nos premiers parents ne pouvaient pas s'abstenir de pécher.

Ces théologiens furent nommés supralapsaires, parce qu'ils supposaient une prédestination et une réprobation absoluesante lapsum ou swj ru lapsum :

sentiment horrible, qui peint Dieu comme le plus injuste et le plus cruel de tous les tyrans. D'autres disaient que Dieu n'a pas prédéterminé positivement la chute d'Adam, qu'il l'a seulement permise; que, par cette chute, le genre humain tout entier étant devenu une masse de perdition et de damnation. Dieu a résolu d'en tirer un certain nombre d'hommes, et de les conduire par ses grâces au royaume éternel, pendant qu'il laisse les autres dans cette masse, et leur refuse les grâces nécessaires pour se sauver. Ainsi, selon ces théologiens, la prédestination et la réprobation se font sue lapsum ou infra lapsum ; c'est pourcela qu'ils furent nommés sublapsaires ou infralapsaires. Voyez ce mot.

Ces deux partis se réunirent sous le nom de gomaristes, pour condamner les arminiens.

La dispute pour lors se réduisait à cinq chefs : le premier regardait la prédestination ; le second, l'universalité de la rédemption; le troisième et le quatrième, qu'on traitait toujours ensemble, regardaient la corruption de l'homme et sa conversion; le cinquième concernait la persévérance .

Sur la prédestination, les arminiens disaient, « qu'il ne faut reconnaître » en Dieu aucun décret absolu par le » quel il ait résolu de donner Jésus- » Christ aux seuls élus, ni de donner » non plus à eux seuls, par une voca- » tion efficace, la foi, la justification, » la persévérance et la gloire ; mais » qu'il a donné Jésus- Christ pour ré- » dempteur commun à tout le monde, » et résolu par ce décret de justifier » et de sauver tous ceux qui croiront » en lui, et en même temps de leur » donner, à tous, les moyens suffi- » sants pour être sauvés; que per-

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» sonne ne périt pour n'avoir point » ces moyens, mais pour en avoir » abusé; que l'élection absolue et » précise des particuliers se fait en » vue de leur foi et do leur persévé- » rance future, qu'il n'y a d'élection » que conditionnelle ; que la répro- » bation se fait de même, en vue de » l'infidélité et de la persévérance » dans le mal. » Ce système était directement opposé tant à celui des \supralapsaires qu'à celui des infralaptsaircs.

Sur l'universalité de la rédemption, les arminiens enseignaient « que le » pris payé parle Fils de Dieu, n'est » pas seulement suffisant à tous, mais » actuellement offert pour tous et un » chacun; qu'aucun n'est exclu du » fruit de la rédemption par un dé- » cret absolu, ni autrement que par » sa faute. » Doctrine toute différente de celle de Calvin et des gomaristes, qui posent pour dogme indubitable que Jésus-Christ n'est mort en aucune sorte que pour les prédestinés, et nullement pour les réprouvés.

Sur le troisième et quatrième chefs, après avoir dit que la grâce est nécessaire à tout bien, non-seulement pour l'achever, mais encore pour le commencer, ils ajoutaient que la grâce n'est pas irrésistible , c'est-àdire qu'on peut y résister ; ils soutenaient qu'encore que la grâce soit donnée inégalement, « Dieu en donne » ou en offre une suffisante à tous » ceux à qui l'Evangile est annoncé, • » même à ceux qui ne se convertis- » sent pas, et l'offre avec un désir » sincère et sérieux de les sauver tous:

» Il est indigne de Dieu, disaient-ils, » défaire semblant de vouloir sauver, » et au fond de ne le vouloir pas; de i pousser secrètement les hommes » aux péchés qu'il défend publique- » ment, » deux opinions monstrueuses qu'avaient introduites les premiers 1 réformateurs. Sur le cinquième, c'està-dire, sur la persévérance, ils décidaient que « Dieu donne aux vrais » fidèles, régénérés par sa grâce, des » moyens pour se conserver dans cet » état ; qu'ils peuvent perdre la » vraie foi justifiante, et tomber dans » des péchés incompatibles avec la » justification, même dans les crimes

» atroces, y persévérer, y mourir x même, s'en relever par la pénitence, » sans néanmoins que la grâce les » contraigne à le faire. » Par ce sentiment ils détruisaient celui des calvinistes rigides ; savoir, que l'homme une fois justifié ne peut plus perdre la grâce, ni totalement, ni finalement; c'est-à-dire, ni tout à fait pour un certain temps, ni pour jamais et sans retour. Les arminiens sont aussi appelés i-emontrants, par rapport à une requête ou remontrance qu'ils adressèrent aux états généraux des Provinces-Unies en 1611, et dans laquelle ils exposèrent les principaux articles de leur croyance.

Leurs cinq articles de doctrine furent solennellement condamnés par le synode de Dordrecht ; eux-mêmes furent privés de leurs places de ministres et de leurs chaires; il fut décidé qu'à l'avenir personne ne serait admis à la fonction d'enseigner sans avoir souscrit à cette condamnation.

Les gomaristes supralapsaires tirent tous leurs efforts pour faire approuver par le synode leur sentiment touchant la prédestination, mais ils ne purent pas en venir à bout; les théologiens anglais et d'autres s'y opposèrent : ainsi la doctrine établie à Dordrecht est celle àesinfralapsaires.

Moheim, Hist. ecclés. du dix-septième siècle, sect. 2, part. 2, c. 2, § H. Les décrets de l'assemblée de Dordrecht furent reçus et adoptés par les calvinistes de France, dans un synode national tenu à Charenton en 1623 :

nous verrons dans un moment quels en furent les fruits.

Depuis leur condamnation, les arminiens ont poussé leur système beaucoup plus loin que n'avait fait Arminius lui-même ; ils sont tombés dans le pélagianisme, et se sont fort approchés des sociniens, surtout lorsqu'ils avaient pour chef Simon Episcopius. Quand les calvinistes les accusent de renouveler une ancienne hérésie déjà condamnée dans les pélagiens et les semi-pélagiens, ils répliquent que la simple autorité des hommes ne peut passer pour une preuve légitime que dans l'Eglise romaine ; que les calvinistes eux-mêmes ont introduit dans la religion une tout autre ma-

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nière d'en décider les différends ; qu'il ne suffit pas de faire voir qu'une opinion a été condamnée, mais qu'il faut montrer qu'elle aélé condamnée à juste titre. Sur ce principe, que les calvinistes ne sont pas en état de réfuter, les arminiens retranchent un assez grand nombre d'articles de religion que les premiers appellent fondamentaux ; parce qu'on ne les trouve point assez clairement expliqués dans l'Ecriture. Ils rejettent avec mépris les catéchismes et les confessions de foi auxquels les calvinistes veulent qu'on s'en tienne. C'est pourquoi ceux-ci, dans le synode de Dordrecht, s'attachèrent beaucoup à établir la nécessité de décider les différends de religion par voie d'autorité, et revinrent ainsi aux principes des catholiques, contre lesquels ils ont tant déclamé. Les arminiens furentd'abord proscrits en Hollande, où on les tolère cependant aujourd'hui.

Ils ont abandonné la doctrine de leur premier maître sur la prédestination et l'élection faite de toute éternité en conséquence de la prévision des mérites ; Episcopius a imaginé que Dieu n'élit les fidèles que dans le temps et lorsqu'ils croient actuellement. Ils pensent que la' doctrine de la Trinité n'est point nécessaire au salut, et qu'il n'y a dans l'Ecriture aucun précepte qui nous commande d'adorer le Suint-Esprit. Enfin, leur grand principe est qu'on doit tolérer toutes les sectes 'chrétiennes ; parce que, disent-ils, il n'a point été décidé jusqu'ici qui sont ceux d'entre les chrétiens qui ont embrassé la religion la plus véritable et la plus conforme à la parole de Dieu.

On a distingué les arminiens en deux branches, par rapport au gouvernement et par rapport à la religion. Les premiers ont été nommés arminiens politiques, et l'on a compris sous ce titre tous les Hollandais qui se sont opposés en quelque chose aux desseins des princes d'Orange, tels que MM. Barnewélt et de Witt, et plusieurs autres réformés, qui ont été victimes de leur zèle pour leur patrie.

Les arminiens ecclésiastiques sont ceux qui, professant les sentiments des remontrants, n'ont point de part dans

l'administration de l'état : ils ont d'abord été vivement persécutés par le prince Maurice ; |mais on les a ensuite laissés en paix, sans toutefois les admettre au ministère ni aux chaires de théologie, à moins qu'ils n'aient accepté les actes du synode de Dordrecht. Outre Simon Episcopius, les plus célèbres entre ces derniers ont été Etienne de Courcelles et Philippe de Limborch, qui ont beaucoup écrit pour exposer et soutenir les sentiments de leur parti.

Le célèbre Jean Leclerc l'avait aussi embrassé. Il est fort douteux, dit Mosheim, si la victoire remportée sur les arminiens par les gomaristes fut avantageuse à l'Eglise réformée en général. Pour nous, il nous parait qu'elle acouvertlaprétendue réforme d'un opprobre éternel. 1° Après avoir posé pour maxime fondamentale de cette réforme, que l'Ecriture sainte est la seule règle de foi, le seul juge des contestations en fait de doctrine, il était bien absurde de juger et de condamner les arminiens, non par le texte seul de l'Ecriture sainte, mais par les gloses, les commentaires, les explications qu'il plaisait aux gomaristes d'y donner. Quand on jette les yeux sur les passages allégués par ces derniers dans le synode de Dordrecht, on voit qu'il n'y en a presque pas un seul à la lettre duquel ils n'ajoutent quelque chose, et que la plupart peuvent avoir un sens tout diffe- 'rent de celui qu'y donnent les gomaristes. Les arminiens enalléguaient de leur côté, auxquels leurs adversaires nerépondentpoint.Dequelfrontpeuton dire! qu'ici c'est l'Ecri'ture sainte qui décide la contestation, pendant que c'ett le fond même sur lequel on dispute ?

2° L'on a peine à retenir son indignation, quand on voit le synode de Dordrecht se fonder sur la promesse que Jésus-Cbrist a faite à son Eglise d'être avec elle jusqu'à la consommation des siècles, pendant que tous les protestants font profession de croire que ce divin Sauveura abandonné cette même Eglise immédiatement après la mort des apôtres; que, pendant quinze cents ans, il y a laissé introduire les erreurs les plus mons-

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trueuses et les superstitions les plus grossières, de manière que cette Eglise n'était plus l'épouse de Jésus-Christ, mais la proslituôe de Babylone, de laquelle il a fallu se séparer au seizième siècle pour pouvoir faire son salut. Que penser encore quand on voit les docteurs de Dordrecht rappeler l'exemple et la méthode des anciens conciles, de condamner les erreurs, et que I'od se souvient des déclamations fougueuses que les protestants se sont permises contre tous les conciles? Pour comble de ridicule, ils citent la conduite des princes et des souverains qui ont protégé l'Eglise contre les attaques des hérétiques, après avoir cent fois blâmé les empereurs qui se sont mêlés des disputes de religion ; ils félicitent l'Eglise belge d'être délivrée de la tyrannie de Vanteehrist romain, et de l'horrible idolâtrie du papisme, pendant qu'eux-mêmes exercent contre leurs frères un des priucipaux actes de cette prétendue tyrannie, en se rendant juges et arbitres de la croyance, etc.

3° Aussi les arminiens ne manquèrent pas de faire à leurs adversaires tous les reproches que les protestants ont faits contre le concile de Trente qui les a condamnés. Ils dirent que ceux qui s'arrogeaient le droit de les juger, étaient leurs accusateurs et leurs parties ; qu'un synode devait être libre ; que les accusés devaient y être admis à se défendre et à se justifier ; que leurs prétendus juges se rendaient arbitres de la parole de Dieu, etc. On n'eut aucun égard à leurs plaintes ni à leurs clameurs. Il est constant aujourd'hui que le synode de Dordrecht ne fut autre chose qu'une farce politique jouée par le prince Maurice de Nassau, prince d'Orange, pour se défaire de quelques républicains qui lui faisaient ombrage Voyez Gomaristes.

4" Mosheim nous fait observer que les décrets de Dordrecht, loin de détruire la doctrine d'Arminius, ne servirent qu'à la répandre davantage et à indisposer les esprits contre les opinions rigides de Calvin. Les arminiens, dit-il, attaquèrent leurs adversaires avec tant d'esprit, de courage et d'é-

loquence, qu'une multitude de gens fut persuadée de la justice de leur cause. Quatre provinces de Hollande refusèrent de souscrire au synode de Dordrecht; ce synode fut reçu en Angleterre avec mépris, parce que les anglicans témoignent du respect ponr les anciens Pères, dontaucun n'a osé mettre des bornes à la miséricorde divine. Dans les Eglises de Brandebourg et de Brème, à Genève même, l' arminianisme a prévalu. Mosheim ajoute que les calvinistes de France s'en rapprochèrent aussi, afin de ne pas donner trop d'avantage aux théologiens catholiques contre eux ; mais il oublie l'acceptation formelle des décrets de Dordrecht faite dans le synode de Charenton en 1623. Ou cette acceptation ne fut pas sincère ou les calvinistes ont rougi dans la suite de l'aveuglement de leurs docteurs.

Nous ne finirions pas, si nous suivions en détail toutes les absurdités, les erreurs, les traits de duplicité et de passion que l'on voit dans ces mêmes décrets. Ils se trouvent dans le recueil des confessions de foi des églises protestantes. Bossuet, Histoire des Variât., liv. 14, § 23, etc.

Les luthériens, non plus que les anglicans, n'ont pas pu se dissimuler que la censure portée à Dordrecht contre Y arminianisme retombait directement sur eux. Mosheim a fait une dissertation, dans laquelle il prouve:

1° que les cinq articles de doctrine condamnés parce synode, sont le sentiment commun des luthériens et de la plupart des théologiens anglicans.

2° Que. le synode, loin de condamner la conduite abominable de Calvin, qui représente Dieu comme auteur du péché, l'a plutôt adoptée et confirmée.

3° Que les décrets de Dordrecht ont été exprès conçus en termes ambigus, pour laisser la liberté de les entendre comme on voudra. 4° Il réfute les sophismes et les subterfuges par lesquels plusieurs théologiens calvinistes ont voulu prouver que la censure de ce synode n'intéressait point les luthériens. 5° Il montre le ridicule des éloges outrés qu'ils ont faits de cette assemblée et de ses décrets, et l'opprobre dont les calvinistes se sont couverts en usant de violence envers

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les arminiens, parce qu'ils les ont regardés comme hérétiques. 6° Il conclut que cette conduite est le plus grand obstacle que les calvinistes aient pu mettre à leur réunion avec les autres protestants, et le plus sûr moyen qu'ils aient pu trouver de rendre la division éternelle. De auctoritate Concilii JDorderat., paci sacrx noxia, in-i°, Helmstad, 1726. Bergier.

ARNALDISTES ou ARNAUD1STES, hérétiques ainsi nommés d'Arnaud de Bresse, leur chef, llsparurcnt dans le douxiènie siècle ; ils invectivèrent hautement contre la possession des biens ecclésiastiques qu'ils traitaient d'usurpation. Ils rejetaient le baptême des entants, le sacrifice de la messe, la prière pour les morts, le culte de la croix, etc. Ils furent condamnés au concile de Latransous Innocent II, en H39. Arnaud, après avoir excité des troublesà Bresse et à Rome, fut pendu et brûlé dans cette dernière ville en 1155, et ses cendres furent jetées dans le Tibre. Quelques-uns de ses disciples, qu'on nommait aussi publicains ou poplicains, étant passés de France en Angleterre vers l'an 1166, y furent arrêtés et dissipés. Cette secte devint ensuite une branche de l'hérésie des albigeois.

Mosheim, apologiste déclaré de tous leshérétiques, dit qu'Arnaud de Bresse était un homme d'une érudition immense et d'une austérité étonnante, mais d'un caractère turbulent et impétueux ; qu'il ne parait avoir adopté aucune doctrine incompatible avec

ce temps-là comme des ignorants.

Celui-ci condamnait le baptême des enfants, le sacrifice de la messe, etc.

Il voulait que l'on dépouillât les ecclésiastiques des biens qu'ils possédaient légitimement ; il excita des séditions. Nous reconnaisons là les principes et l'esprit des prétendus réformateurs; mais est-il compatible avec l'esprit de la véritable religion, qui défend de troubler l'ordrepuhlic, surfont, à un moine sans autorité?

Mosheim eùt-il trouvé bon qu'un zélateur de la pauvreté évangélique lui eût ôté les deux abbayes qu'il possédait ? Arnaud de Bresse ne fut donc pas la victime de la vengeance de ses ennemis, mais justement puni comme séditieux et perturbateur du repos public ; il ne fut point crucifié, mais attaché à un poteau, étranglé et brûlé.

Il ne faut pas le confondre avec Arnaud de Villeneuve, chimiste et médecin célèbre, qui pratiqua et enseigna son art avec beaucoup de-réputation en Espagne età Paris au commencement du quatorzième siècle.

Malheureusement il voulut faire aussi le théologien ; il enseigna dans ses livres qu'en Jésus-Christ la nature humaine est égale en toutes choses à la Divinité, et a su tout ce que savait la Divinité; que le démon a fait périr la foi ; que Dieu n'a point menacé de la damnation éternelle ceux qui pèchent , mais seulement ceux qui donnent mauvais exemple ; que le monde devait finir l'an 1335, etc.

Quinze propositions extraites de ses l'esprit de la véritable religion ; que ouvrages furent condamnées après sa agir ne fu- mort par l'inquisition de Tarragone,

les principes qui le firent c rent répréhensibles que parce qu'il les poussa trop loin, et qu'il les exécuta avec un degré de véhémence qui fut aussi criminel qu'imprudent ; qu'à la fin il fut la victime de la vengeance de ses ennemis : que l'an II 35 il fut crucifié et jeté an feu. Hist. ecclés. du douzième siècle, 2 e part., c.

Mosheim a sans doute oublié'qu'Arnaud de Bresse était moine et disciple d'Abailard, et qu'il u'a laissé aucun ouvrage qui prouve son érudition: il ne fallait donc pas lui en supposer, après avoir peint tous les moines de

parce qu'elles avaient des sectateurs en Espagne. Mais il n'est pas vrai que cet auteur ait été du nombre de ceux qui eurent de la peine à se soustraire à la main du bourreau, comme l'avance Mosheim, treizième siècle, seconde partie, c. 1, § 9. Arnaud de Villeneuve mourut dans le vaisseau qui le transportait en Italie, où il était appelé pourtraiter avec le pape Clément V. Voxj. Dict. des Hér., par Pluquet, qui cite ses garants.

Bergier.

ARNAUD DE BRESSE ou de Bres

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cia, (théol. hist. biog.

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