ARY
cordât français, (thêol. hist. eglis. et état.) — V. Concordats.
ARTICULATION, (théol. mixt.scien.
philol.) — V. A (la voyelle.)
ARTOTYRITES. Foyez Montantes.
ARUSPICE. Voyez Divination.
ARYAS PERSANS et HINDOUS; ARIE, (thèol. mixt. scien. hist. rel.
etc.) — V. MAZDEISME, BRAHMANISME, BOUDDHISME, etc.
ASCENSION, se dit proprement de 1 élévation miraculeuse de Jésus- Christ quuud il monta au ciel en corps et en âme, en présence et à la vue de ses apôtres.
Terlullien fait une énumération suecmcle des d ilérentes trreursqne l'on aenseiguécssuiTasccnsionduSauveur.
Les apellites pensaient que Jésus- Christ laissa son corps dans les airs (saint Augustin dit qu'ils prétendaient que ce fut sur la terre), et qu'il monta sans corps au ciel : comme Jésus- Christ n'avait point apporté de corps du ciel, mais qu'il l'avait reçu des éléments du monde, ils soutenaient qu'en retournant au ciel il l'avait restitué à ces éléments.
Les séleuciens et les hermiens croyaient que le corps de Jésus-Christ ne monta pas plus haut que le soleil, et qu'il y resta en dépôt. Ils se fondaient sur ce passage des psaumes :
Il a placé son tabernacle dans le soleil.
Saint Grégoire de Nazianze attribue la même opinion aux mankhéens.
Le jour de l'ascension est une fête célébrée par l'Eglise dix jours avant laPentecôte.enmémoire de l'ascension de Notre-Seigneur. Selonsaint Augustin, Epist., 118, n. 1, elle a été instituée par les apôtres mêmes. La célébration en est commandée par les constitutions apostoliques, 1.8, cap. 3, Thoniassin, Traité des fêtes, p. 370.
Quelques incrédules modernes ont comparé malicieusement l'ascension de Jésus-Christ à l'apothéose de Romulus, pour insinuer que l'une n'est pas mieux prouvée que l'autre. Selon l'histoire romaine, un seil homme a dit que Romulus lui était apparu et l'avait assuré de son transport dans le
ASC
ciel. Voyez Tite-Live. Ilnerisquaitrien d inventer eette fable. Douze apôtres e une multitude de disciples ont assure qu.is avaient vu Jésus-Christ ressuscite s'élever au ciel, et ils ont répandu leur sang pour sceller la vente de leur témoignage. L'apothéose de Romulus n'avait été ni prévue ni prédite ; elle futimaginée pour écarter e soupçon d'un régicide commis par les sénateurs; la résurrection et ^ascension oe Jésus-Christ avaient été annoncées par les prophètes et par lui-même ; ces deux prodiges ont fondé le christianisme. On pouvait croire
f, a K| S T S D éqtl, T e ou ne P as croire la table de Romulus; on ne pouvait pas être chrétien sans croire la résurrection et 1 ascension de Jésus-Christ, professées dans le symbole, et l'on ne pouvait embrasser le christianisme sans s exposer à la haine des Juifs et des païens. Personne n'a eu intérêt de contester la divinité de Romulus ■ elle se conciliait très-bien avecle système du paganisme : les Juifs, au contraire, ont eu un très-grand intérêt a démontrer la fausseté de la narration des apôtres, et pour l'adopter il tallait renoncer au judaïsme ou au paganisme. La fable de Romulus n'a pu servir qu'à rendre les Romains ambitieux, usurpateurs, ennemis de l'univers entier; la croyance de la divinité de Jésus-Christ a banni du monde les lolies, l'impiété, les crimes du paganisme, a établi le règne de la venta et de la vertu. Voilà des différence»
incontestables. Bergier.
ASCETES, du grec, «taxTyrriç, mot qui signifie à la lettre une personne qui s'exerce, qui travaille. Ce nom a été donné en général à tous ceux qui embrassaient un genre de vie plus austère, et qui par là s'exerçaient plus à la vertu, ou travaillaient plus fortement à l'acquérir que le commun desbommes. En ce sens, lesesséniens chez les Juifs, les pythagoriciens entre les philosophes, pouvaient être appelés ascètes. Parmi les chrétiens, dans les premiers temps, on donnait le même titre à tous ceux qui se distinguaient des autres par i'anstérité de leurs mœurs, qui s'abstenaient, par exemple, de vin et de viande. Depuis,
ASC
ASC
la vie monastique ayant été mise eu honneur dans l'Orient, et regardée comme plus parfaite que la vie commune, le nom d'ascètes est demeuré aux moines, et particulièrement à ceux qui se retiraient dans les déserts, et n'avaient d'autre occupation que de s'exercer à la méditation, à la lecture, aux jeûnes et aux autres mortifications. On l'a aussi donné à des religieuses; en conséquence on a nommé asceteria les monastères, mais surtout certaines maisons dans lesquelles il y avait des moniales et des acolytes, dont l'office était d'ensevelir les morts. Les Grecs donnent généralement le nom d'ascètes à tous les moines, soit anachorètes et solitaires, soit cénobites.
M. de Valois, dans ses notes sur Eusèhe, et le père Pagi, remarquent que, dans les premiers temps, le nom d'ascèies et celui de moines n'étaient pas synonymes. Il y a toujours eu des ascètes dans l'Église, et la vie monastique n'a commencé à y être en honneur que dans le quatrième siècle. Bingham observe plusieurs dill'érences entre les moines anciens et les ascètes; par exemple, que ceux-ci vivaient dans les villes, qu'il y en avait de toute condition, même des clercs, et qu'ils ne suivaient point d'autres règles particulières que les lois de l'Eglise, au lieu que les moines vivaient dans la solitude, étaient tous laïques, du moins dans lés commencements, et assujettis aux règles ou constitutions de leurs fondateurs. De là on a nommé vie ascétique, la vie que menaient les chrétiens fervents.
Elle consistait, selon M. Fleury, à pratiquer volontairement tous les exercices de la pénitence. Les ascétiques s'enfermaient d'ordinaire dans des maisons, où ils vivaient en grande retraite, gardant la continence, et ajoutant à la frugalité chrétienne des abstinences et des jeûnes extraordinaires. Ils pratiquaient la xérophagie au nourriture sèche, et les jeûnes de deux ou trois jours de suite, ou plus encore; ils s'exerçaient à porter le ciliée, à marcher nu-pieds, à dormir sur la terre, à veiller une grande partie de la nuit, à lire assidûment l'E-
criture sainte, à prier le plus continuellement qu'il était possible. Telle était la vie ascétique : de grands évoques et de fameux docteurs, entre autres Origène, l'avaient menée. On nommait par excellence ceux qui la pratiquaient, les élus entre les élus, éxXexTÛv èxWnkepot. Clément Alexandrin, Eusèbe, Hist., I. 6, cap. 3, Fleury, Mœurs des chrétiens, 2 e part.
n. 26. Bingham, Orig., ecclés., lih. 7, c. f,§ 6.
On conçoit que la vie ascétique telle que nous venons de la décrire, ne pouvait manquer de déplaire ans protestants, et qu'il est de leur intérêt de la faire envisager comme un effet de l'enthousiasme de quelques chrétiens mal instruits. Ce fut, selon leur opinion, une erreur capitale, un système extravagant, qui a causé dans tous les siècles les plus grands maux dans l'Eglise. On distingua, dit Mosheim, lespréceptes que Jésus-Christ a établis pour tous les hommes, d'avec les conseils auxquels il a exhorté seulement quelques personnes ; on se flatta de s'élever, par la pratique de ceux-ci, à un degré supéricir de vertu et de sainteté, et de jouir d'une union plus intime avec Dieu. Dans cette persuasion, plusieurs chrétiens du second siècle s'interdirent l'usage du vin, de la viande, du mariage, du commerce; ils exténuèrent leurs corps par les veilles, l'abstinence, le travail et la faim; bientôt ils allèrent chercher le bonheur dans les déserts loin de la, société des hommes. Ce travers d'esprit lui a paru né de deux causes : la première fut l'ambition d'imiter les philosophes platoniciens et pythagoriciens, dont Porphyre a rendu les folles idées dans son Traité de l'abstinence; la seconde fut la mélancolie qu'inspire naturellement le climat de l'Egypte, maladie de laquelle étaient affectés les esséniens et les thérapeutes, qui avaient déjà mené cette vie triste et lugubre longtemps avant la venue de Jésus-Christ. De là, dit-il, elle passa dans la Syrie et dans les contrées voisines, dont les habitants sont à peu près du même tempérament que les Egyptiens; et dans la suite elle infecta même les nations européennes : telle a été l'o-
fit
ASC
Asn
rigine des vœux, des mortifications monastiques, du célibat des prèlrcs, des pénitences infructueuse?, et des autres superstitions qui ont terni la beauté et la simplicité du christianisme. Hist. ecclés. du second siècle, 2 e part cap. 3, § 11 et suiv. C'est le langage de tous les protestants.
Ainsi, suivant leur opinion, c'est dès le second siècle, et immédiatement après la mort du dernier des apôtres, que le christianisme a commencé à se corrompre, à devenir un chaos d'erreurs cl de superstitions; ce sont les disciples mêmes des apôtres qui ont préféré à lu doctrine de leurs maîtres celle des philosophes païens, et qui ont fait dominer celle-ci dans l'Eglise. Et c'est ainsi que Jésus-Christ a tenu la promesse qu'il avait faite d'être avec son Eglise jusqu'à la consommation des siècles. Quand on considère ce système des protestants, on est tenté de leur demander s'ils croient en Jésus-Christ.
Au mot Conseils Evangéliques, nous ferons voir que la distinction que les premiers chrétiens en ont faite d'avec les préceptes, n'a pas été une vaine imagination de leur part, et que Jésus-Christ l'a faite lui même ; que c'est lui qui a dit qu'il y a quelque chose de plus parfait que ce qu'il a prescrit ou ordonné à tous les hommes, et qu'en le faisant ou peut mériter une plus grande récompense.
Ici nous avons à prouver que c'est encore lui qui a donné l'exemple de la vie ascétique, et que ses apôtres l'ont pratiquée comme lui : les chrétiens n'ont donc pas eu besoin d'en aller chercher le modèle chez les philosophes païens, ni chez les esséniens ou chez les thérapeutes juifs.
Jésus-Christ a loué la vie solitaire, pénitente, chaste et mortiliée de saint Jean-Baptiste, Matth.,c. 11, f 8, vie ascétique, s'il en fut jamais ; il a pratiqué lui-même la chasteté, la pauvreté, la mortilication, le jeûne, le renoncement à toutes choses, la prière continuelle ; tout cela cependant n'est pas commandé à tous les hommes : nous persuadera-t-on qu'il y a de l'enthousiasne et de la folie à vouloir imiter Jésus-Christ? Il dit ou'il v a des hommes qui se sont faits
eunuques pour le royaume des cieux.
Matth., c. 19, f 12. Il appelle bienheureux ceux qui pleurent; il prédit que ses disciples jeûneront lorsqu'ils seront privés de sa présence ; il leur promet le centuple, parce qu'ils ont tout quitté pour le suivre, cap. S, ^ S;c. 9, jH5;c. 10, ^ 29.1lneresteaux protestants qu'à se joindre aux incrédules et à dire comme eux que Jésus- Christ était d'un caractère austère, fâcheux, mélancolique, comme les Egyptiens ; qu'il avait été élevé parmi les esséniens, et s'était imbu de leur morale atrabilaire ; que le christianisme, tel qu'il l'a prêché, n'est propre qu'à des moines.
Ils auront encore le même reproche à faire à saint Paul : « Je châtie » mon corps et je le réduis en servi- » tude, dit-il, de peur qu'après avoir » prêché aux autres, je ne sois moi- » même réprouvé.» I Cor., c. 9, f 27. « Ceux qui sont à Jésus- Christ » crucifient leur chair avec ses vices » et ses convoitises. » Galat., c. o, ^ 24. Montrons-nous dignes ministres de Dieu, par la patience, par les souffrances, par le travail, par les veilles, par les jeûnes, etc. II Cor., c.
6, f 4. Il a loué la vie pauvre, austèreet péni'etite des prophètes. Hebr., c. H, ^ 37. Nous avons cherché vainement dans les commentateurs protestants des explications et des subterfuges pour esquiver les conséquences de ces passages : nous n'y en avons point trouvé ; nous serons forcé de les répéter aux mots abstinence, Célibat, Jeune, Mortification, Moine, Voeu, etc., parce que les protestants ont blâmé toutes ces pratiques avec la même opiniâtreté et toujours sans fondement.
. Mais ils se flattent de répondre à tout par un seul passage de saint Paul, qui dit à Timothée, I Tim., cap.
4, f 7 : « Exercez-vous à la piété; » car les exercices corporels sont » utiles à peu de chose, mais la piété » est utile à tout ; elle a les promes- » ses de la vie présente et de la vie » future. » La question est de savoir si, par exercices corporels, l'apôtre entend la prière, le travail, les veilles, les jeûnes, etc., qu'il recommandait aux fidèles : dans ce cas l'apôtre se
ASE
ASI
serait contredit grossièrement, et nous demanderions encore ce qu'il faut entendre par s'exercer à la piété.
Pour nous, qui craignons de mettre saint Paul en contradiction avec luimême, nous pensons que, par les exercices corporels, il a entendu la course, la lutte, le pugilat, le jeu du disque, et les autres exercices violents dont les Grecs et les Romains faisaient beaucoup de cas et beaucoup d'usage ; que s'exercer à la piété, c'est s'occuper de la prière, de la méditation, de la lecture, des louanges de Dieu, des veilles et des jeûnes, comme l'apôtre le recommande, et comme faisaient les ascètes de l'Eglise primitive: nous soutenons que ces exercices font partie de la piété, à laquelle Jésus-Christ a promis les récompenses de la vie présente et de la vie future. Matth., e.
19, $ 29. Bergier.
ASCITES, ASCODRUGITES, ASCO- DRUP1TES, ASCODRUTES. Voyez
MoNTANISTES.
ASÉITÉ, (théol. mixt. philos, ontol.)