‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 1 (volume 3)Chapitre 141 sur 166 · ATB · texte numérisé non relu

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naire dans son être réel existant, tandis que dans le cas de l'intelligence infinie, il ne s'agit que du jeu des idées sur les possibles qui n'existent pas encore, que delà vision complète de la loi selon laquelle se développe leur possibilité, et se développera la réalité limitée de ceux qui seront réalisés. Il y a autant de différence d'une chose à l'autre, qu'il y en a de l'impossible à ce qui peut être.

Un grain de sable est plus mystère que Dieu. Le Nom.

ATHANASE (saint), évêque et patriarche d'Alexandrie, a été l'un des plus célèbres Pères de l'Eglise au quatrième siècle. Ses combats contre les ariens, les persécutions qu'il essuva de leur part, la constance avec laquelle il supporta leurs calomnies, plusieurs exils, une vie errante et toujours exposée pour la défense de la foi, sont des faits connus de tous ceux qui ont lu l'histoire ecclésiastique.

Quelques incrédules en ont pris occasion de le peindre comme un zélateur imprudent, comme un boute-feu, un fanatique. La vérité est qu'il n'opposa jamais que la patience, la prudence et la force de la vérité aune persécution de cinquante ans. Son caractère se montre dans ses ouvrages ; il n'injurie point ses adversaires, il ne cherche point à les aigrir, il les accable par l'autorité de l'Ecriture sainte et par la force de ses raisonnements.

D'autres lui ont reproché d'avoir peu traité la morale ; mais il était trop occupé des dangers que courait le dogme pour avoir eu le temps de composer des traités de morale. Plusieurs auteurs protestants ont rendu justice à ses talents et à ses vertus . La meilleure édition de ses ouvrages est celle qu'a donné dom de MouLfaucon, en 3 volumes in-folio. On convient que le symbole qui porte son nom n'est pas de lui, mais il est tiré de ses écrits. Vies des Pérès tt des martyrs, t. 4, p. 34. Bergier.

M. Haas apprécie comme il suit les oeuvres de ce Père de l'Église, plus célèbre par ses luttes contre l'arianisme et parla fermeté invincible de son carractère, que par ses écrits :

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« L'ouvrage principal de S. Athanase est son Histoire de la vie de S.

Antoine, qu'il propose comme modèle de la vie monastique.

« Le traité sur les Psaumes {Interpretalio Psalmorum) parait lui appartenir, malgré les doutes de Tillemont à ce sujet. Plusieurs de ses écrits se sont perdus, notamment ceux d'exégèse. On lui a attribué cincj discours sur la Trinité, qui ne paraissent pas être de lui. Jusqu'en 1001 on ne connaissait que la traduction latine des ceuvres de S. Athanase ('celle de Nannius, et celle d'Érasme, avec les corrections de Fleckmann). Ce fut l'édition de Commélien (Heidelberg, 1001) qui donna pour la première fois le texte original d'après des manuscrits.

Parmi toutes les éditions postérieures les meilleures sout celles de Lopin et surtout celle de Montfaucon (Paris, 1693-98).»

Le même auteur parle comme il suit de ses biographes : On compte, parmi les principaux biographes de S. Athanase, son ami et panégyriste S. Grégoire deNazianze ; lestroisbiographies grecques et la vie de S. Athanase, traduite de l'arabe, qui, d'après Montfaucon, ont peu de valeur; celle de Godefroi Hermant, docteur en Sorbonne et chanoine de Iîeauvais, sous le titre de : Vie de S. Athanase, patriarche d'Alexandrie, Paris, 1071, et celle du Jésuite Daniel Papebroch, S. Athanasii vita, Antwerp., 1080, sont plus importantes. II faut y joindre Montfaucon et Tillemont, outre les Epitomés de Du Pin, Scultetus, Ceillier, Schram, Semler et Rossler.

Jean Mathias Schrockh, dans le douzième volume de son « Histoire de l'Église chrétienne, »*a, sous le titre de : Vie et écrits d' Athanase, présenté, quoique protestant, ce héros de l'Église avec une rare et haute impartialité. La meilleure biographie sans contredit des temps modernes est celle de Jean-Ad. Mohler, en six livres, sous le titre : Athanase le Grand et l'Église de son temps, Mayence, 1827. » Le Nom.

ATHANÀSE(Symboled'),(tfWoJ.pur.

yénér. ) Y. Symboles.

ATHEISME. (Theol. mixt. philos, ontol.) — Avant délaisser lire l'article athée, athéisme de Bergier qui est insuffisant et auquel nous en ajouterions un fort long, si l'espace nous le permettait, nous soumettrons seulement au lecteur le passage suivant d'une réfutation de l'athéisme, considéré dans un de ses défenseurs, que nous avons donnée, il y a quinze ans, dans une revue et dans notre dictionnaire des harmonies de la raison et de la foi. Ce passage consiste dans l'exposé très-ontologique d'une preuve de la nécessité de Dieu, dont la forme est assez neuve et assez originale. En tout cas, nous présentons cette preuve comme impliquant une certitude mathématique d'une évidence égale à celle des axiomes et des raisonnements les plus évidents de la géométrie.

« Il est impossible de démontrer Dieu a priori; et la philosophie n'a jamais eu la prétention de le faire.

Prenant les choses a priori, c'est-àdire faisant abstraction de moi-même et de toute l'auréole des phénomènes dont je suis le centre, il m'est impossible d'aftirmer s'il y a quelque chose; le néant et l'être sont en présence et ont les mêmes droits, non pas dans la logique de Dieu, mais dans la mienne, qui dès qu'elle se pose dans le véritable a priori, perd tout point de départ et ne peut faire que des pétitions de principe. Par conséquent, toutes lespreuvesde Dieu données par la philosophie sont des preuves a posteriori, dans lesquelles la logique, suivant, comme nous l'avons dit, la marche inverse de la génération des êtres, prend pour son appui le quelque chose dont elle ne peut douter, qui est le moi avec son auréole de phénomènes, et en déduit la nécessité de Dieu.

« Il suit de là que toutes les preuves de Dieu reviennent à une seule, et qu'elles ne peuvent varier que dans la forme selon le distinct que l'on choisit, comme le remarque M. Bailly avec beaucoup de justesse, pour point de départ, nous ne dirons pas comme lui, d'une construction sans réalité, mais d'une construction avec réalité, d'une construction ayant pour terme

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un original dont elle n'est que la copie.

* Cependant on peut diviser et subdiviser cette preuve unique en branches et en rameaux selon les divisions et les subdivisions de la phénoménologie du moi — le lecteur est suffisamment avertidu motif qui nous porte à tout réduire au moi; pour être inattaquable, dans notre démonstration de Dieu, et victorieux sans retour contre les objections, il faut que nous parlions de ee qui ne peut être nié, sous peine de folie, et il n'y a que la phénoménologie du moi qui jouisse véritablement de ee privilège. Hegel, par exemple, a nié toute réalité extérieure, et il n'était pas fou. —

« Or, tous les phénomènes du moi se réduisant à trois i,lées :

« L'idée de l'être absolu, de l'être complet, non susceptible d'augmentation ;

« L'idée du néant absolu, du néant complet, non susceptible d'augmentation.

« L'idée du fini, du limité, de l'ineomplcl, susceptible à l'indéfini d'augmentation et de diminution.

« La première est affirmative, fixe et sans degrés. La seconde est fixe aussi et sans degrés ; mais elle est négative; c'est lu tache noire, absolument noire, c'est-à-dire sans couleur ; c'est une absence dont le sentiment ne ressort en moi, comme celui de la tache noire sur la rétine, que par le contraste avec la présence de quelque chose. La troisième est élastique à l'infini. Elle va duciron à la baleine, du grain de sable au soleil, de l'atome à l'univers, elle se métamorphose comme J'rotôe, varie ses couleurs, mirouelie ses nuances, sedilate et se contracte dam bu îles sens ; espèce de mélange des deux premieres, elle pi ul s'approcher sans lin de l'une par l'agrandissement, de l'autre par la diminution, sans qu'il lui soit possible de devenir jamais la première nila seeoodt : elle est aussi dillërente de l'être «ibsahi et du néant absolu, petite que grands.

« Maintenant nous disons, avec la philosophie. <[ueTidée de l'être complet a, eu l'idtsa du néant complet,

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qui en est l'antithèse, implique la nécessité" de Dieu, et que l'idée de l'incomplet, du fini, de l 'indéfiniment perfectible et défectible, implique également cette nécessité.

« De là deux preuves de Dieu que nous affirmons, avec la certitude basée sur la plus lumineuse évidence être inattaquables à jamais.

« La première, fondée sur l'idée même de Dieu, aura son développement dans la démonstration de la troisième proposition que nous avons émise à rencontre de celle de M. Bailly, à savoir que l'idée de Dieu serait impossible et n'existerait pas dans le moi sans la réalité Dieu.

« La seconde, fondée sur l'idée du fini, fera seule l'objet de ce chapitre.

« Cette démonstration varie sa forme, selon ledistinct ( I ) qu'elleprend pour son a posteriori, et comme le ■ distincts de l'idée du fini sont innombrables, elle peut la varier de wiïlt et mdle manières. Nous nous arrêterons presque uniquement aux formes sous lesquelles l'a attaquée M. Bailly, puisque c'est une réfutation, et non point une théodicée, que nous oflrons au public.

« Nous considérerons donc les distincts suivants, que je trouve dans mon idée du fini quand je la décompose.

« Celui de l'étendue — celui de la durée — celui du mouvement — celui de la substance — et celui de l'être, qui e-t le pins simple.

« l' Celui de l'étendue implique la néces.-ilé d'un contenant universel, d'un espace contenant sans être contenu, laquâtes* l'absolu, parlànième, sous le rapport de ce distinct, lequel est Dieu. Voici comment je raisonne :

« Il n'y a rien ou il y a quelque chose.

« La première hypothèse estfausse, j'ensuissùr; careniin,ne serait-eequé moi et en moi, il y a quelquechose.

« Ce quelque chose ne peut être qu'à trois étais : à l'état de contenant sans être contenu; à l'état de contenant-eonlenu; et à l'état de contenu sam être contenant.

« Est-il à l'état de contenant sans

(1) M. Bailly nppelnit distincts les propriété» d cm être et .lu l'idée de cet être, considérées cli«ctine à part et aïisiractiTGuient,

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être contenu, c'est le nec plus ultra de l'espace, c'est l'espace ne pouvant être conçu plus complet, puisqu'il n'yarienau delà; c'est l'absolu; Dieu est déjà trouvé.

« Est il à l'état de contenantcontenu, mais alors, en tant que contenu il implique la nécessité d'un contenant. Ce contenant sera lui-même non contenu ou contenu ; non contenu, c'est encore l'absolu, c'est Dieu ; contenu, il demande encore un contenant, sur lequel je raisonnerai de même; et comme je vois avec évidence que la série des contenantscontenus, quelque longue que je l'imagine , n'est, eu somme , qu'un contenu, lequel implique la nécessité d'un contenant, je suis forcé de m'arrèter à un contenant universel qui ne soit pas contenu ; c'est la nécessité absolue des eboses, et cette nécessité est la nécessité même de Dieu, terme essentiel des conceptions indéliuies de mon activité.

« EsL-il à l'état contenu seulement, sans être contenant, c'est l'a furliori du cas précédent.

« Dieu est donc nécessaire dans toutes les hypothèses.

« Mais la première est inconciliable avec les phénomènes du moi. Je me vois, je me sens, je m'imagine forcément comme contenu ; je ne trouve en moi que du contenu; c'est le caractère essentiel de mon idée du lini sous le rapport de l'étendue ; sans cette condition, je n'aurais pas cette idée, je ne pourrais pas l'avoir. Toute ma phénoménologie se développe sous la forme d'une hiérarchie de contenus, se contenant les uns les autres ; je suis contenu dans l'humanité ; l'humanité est contenue dans la sphère des planètes; celle-ci dans une plus grande, et ainsi de suite; voilà mon ordre phénoménal ; voilà le fait du moi, je ne puis le nier.

« Donc il est nécessaire que j'aie recours à la seconde hypothèse, laquelle implique la nécessité d'un contenant non contenu au delà de moimême; c'est Dieu.

Cette preuve peut-être nommée la preuve de Ymtraséité, c'est-à-dire de la nécessité d'un étant en soi, non dans uu autre, et contenant toutautre.

« 2° Celui de la durée successive ou du temps, implique la nécessité, d'un précédant universel n'ayant pas été précédé, la nécessité d'un éternel, d'un simultané, lequel est encore l'absolu sous le rapport de la durée* On peut construire l'argument de la même manière :

« 11 y a quelque chose.

« Ce quelque chose ne peut-être qu'à trois états : à l'état de précédant sans être précédé, à l'étal de précédant précédé, et à l'état de précédé seulement.

« Dans le premier cas, c'estl'absolu, c'est l'éternel qui est essentiellement simultané dans sa durée, puisque si elle était successive, elle impliquerait essentiellement des processions indéfinies, ce qui est absurde et contradictoire.

« Dans le second cas, tout précédé ayant nécessairement un précédant, sans quoi il ne serait pas précédé, il eu faut un à ce quelque chose; et vous avez beau prolonger la série des précédants-précédés , vous n'obtenez qu'une série de précédés, qu'un précédé total, lequel exige toujours un précédant. Vous êtes donc obligé de de vous arrêter à un précédant non précédé, qui soit comme siniuliaué ou éternel. C'estl'absolu, c'est Dieu.

Dans le troisième cas, c'est L'a fortiori.

« D'ailleurs la première hypothèse est contraire aux phénomènes du moi; ma durée est successive, je ne sens en elle que du précédé; ce n'est doue pas moi qui suis l'éLernel ; c'est un autre qui est avant moi, ce qui ne l'empêche pas d'être avec moi et après moi, puisqu'il est iix.tr dans sa durée, dans son temps un et indivisible: c'est Dieu.

Celte preuve s'appellera naturellement celle de l'étiriiité ou de la simultanéité. On peut l'appeler aussi celle de lu préséité .

« 3° Celui du mouvement, et de toute activité, de toute action, implique la nécessité d'un moteur premier, universel, qui ne soit pas mù, et qui soit, sans être mù, le germe du mouvement, ce qui est encore l'absolu, le nec pkts ultra du concept sous ce rapport.

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« Toujours même construction.

« Il y a du mouvement, il y a de l'activité, c'est-à-dire quelque chose en mouvement, en action ; et ce quelque chose ne peut être en mouvement que de trois manières, ou à l'état de moteur de lui-même sans être mù par un autre, ou à l'état de moteur mù, ou à l'état de mù sans êlre moteu»-.

« Dans la première hypothèse, c'est l'absolu audelà duquel on ne peut rien concevoir. C'est Dieu.

« Dans la seconde ; le mù par un autre étant impossible sans un moteur qui est cet autre, ce moteur existe.

Surce moteur, même raisonnement, et vous rentrez ainsi dans la série indéfinie des moteurs mus, laquelle n'est qu'un mû, qui exige son moteur non mù ; c'est-à-dire l'absolu, c'est-à-dire Dieu.

« Dans latroisième, c'estl'o fortiori.

« D'ailleurs, le quelque chose que j e perçois immédiatement, je le perçois de toute part, comme moteur mù ; touslesphénomènes du moi se réduisent aune hiérarchiede mouvements se produisant les uns les autres ; dire que tout cela est l'absolu du mouvement, serait dire que le même être est à la fois le moteur mù et le moteur non mù, contradiction évidente qui me force de conclure à un moteur non mù qui est autre, en ce sens qu'il y ait au moins entre lui et moi la différence du moteur non mù au moteur mù. C'est Dieu.

« 4° Celui de la substance, ou du soutenant, implique la nécessité d'un soutenant universel qui ne soit pas soutenu, lequel est encore l'absolu, puisqu'il est impossible de concevoir plus parfait, en fait de soutenant, que celui qui. sans avoir besoin d'être soutenu, soutient tout : même construction géométrique :

« Il y aquelquechose;et ce quelque chose ne peut être qu'à trois états, ou soutenant quelque chose, ne serait-ce que son mode d'être, sans être soutenu ; ou soutenant d'une part son mode d'être, et soutenu de l'autre, ou soutenu seulement sans rien soutenir. « Dans la première conception, c'est l'absolu en substance, ce sous lequ el on ne conçoit plus rien ; c'est Dieu.

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« Dans la seconde, le soutenu ne pouvant se passer d'un soutenant, ce soutenant existe puisqu'il est nécessaire. Imaginez après, si vous voulez, une pyramide, un cône iudétini de soutenants-soutenus , vous n'obtenez et ne pouvez obtenir de la sorte qu'un grand soutenu, lequel exige encore un soutenant. Vous êtes donc forcé par votre raison pénétrée d'évidence de croire à un soutenant premier, non soutenu, base de la pyramide, seul repos possible de votre activité intellectuelle ; et ce soutenant non soutenu, c'est l'absolu, c'est la plénitude du substantiel, c'est Dieu.

« Dans la troisième, vous raisonnez évidemment à fortiori.

« Mais, la révélation du moi à moi-même implique le sentiment du soutenu; toute ma phénoménologie est une hiérarchie de soutenus se soutenant les uns les autres. D'ailleurs, le soutenant non soutenu, étant l'absolu sous un rapport, doit l'être sous tous ses rapports, et ne peut soutenir immédiatement que des modes absolus, échappant à la possibilité d'augmentation ; toute mon essence est soumise à cette possibilité d'augmentation ; donc il y a, entre le soutenant absolu et mes phénomènes, un soutenant intermédiaire qui se limite et qui rend conciliable le relatif avec l'absolu. Car il serait impossible de dire que le même soutenant porte immédiatement, et sous le même rapport, la présence d'une limite et l'absence d'une limite. La première hypothèse est doue inadmissible aussi bien que la troisième, et je suis forcé de me jeter dans la seconde, qui me donne Dieu en établissant entre Dieu et moi la différence du soutenant absolu au soutenant relatif.

« Cette preuve peut être appelée la preuve de la subsèité, c'est-à-dire, de la nécessité d'un étant en soi et sur soi et soutenant tout le reste.

« S Enlin, celui de l'être implique la nécessité d'un étant par soi, par sa propre énergie, par son essence, et et non par un autre, ce qui est encore l'absolu de l'être, le nec plus ultra de ce concept : la construction sera toujours la même :

« 11 y a quelque chose, et ce quel-

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que chose ne peut-être qu'à trois états : comme étant par soi, parce qu'il est, et sans un autre ; comme étant par un autre, et d'autres étant par lui; comme étant par un autre, sans que d'autres soient par lui.

« Dans le premier état, ce quelque chose e.^t l'absolu de l'être, c'est Dieu.

« Dans le second, ce quelque chose, étant par un autre, implique cet autre, et cet autre existe nécessairement. Mais on fera sur cet autre les mêmes suppositions, et l'on tombera comme toujours dans la série indéfinie des êtres étant par un autre, laquelle, prise dans son ensemble aussi prolongé qu'on voudra qu'il soit prolongé, ne peut aboutir qu'à impliquer la nécessité d'un premier qui soit par lui-même et non par un autre. C'est Dieu.

« Dans le troisième état, c'est l'a fortiori, ou plutôt, l'a pari, caria succession postérieure, qu'on la suppose ou qu'on la rejette, ne touche pas à la question.

Or, tous les phénomènes de mon être me disent avec évidence que je ne suis point par moi et sans un autre. Ils me donnent la série ascendante. Je ne suis donc pas dans le premier état. Je suis dans le second, et par conséquent, je suis obligé d'admettre la nécessité d'un autre, différant de moi en ce sens qu'il est par soi, et que je suis par lui. C'est Dieu.

« Cette preuve est appelée celle de Yaséité, c'est-à-dire de la nécessité d'un être qui soit indépendamment d'un autre comme cause.

« Telles sont les preuves de Dieu que donne la philosophie en prenant pour point de départ l'idée du Uni dans ses divers distincts. On pourrait les multiplier sans tin ; on en ferait autant qu'il y a de propriétés dans la phénoménologie du moi. La raison conduirait à la raison absolue, la puissance à la puissance absolue, la force à la force absolue, la bonté à la bonté absolue, le beau au beau absolu, l'ordre de l'univers à l'ordre absolu, etc., etc.. en tant que nécessaires, indispensables, et impliqués comme réalités certaines par le moi lui-même.

« Il y a plus, on arrive delà sorte, non-seulement à la nécessité de l'exis-

tence de Dieu, mais encore à la nécessité de son essence trine.

« Décomposant le moi, je trouve trois énergies fondamentales, l'énergie de l'être, de l'existence, l'énergie de la pensée, l'énergie de la volonté ou de l'amour, formant comme trois foyers daus un seul foyer ; et la présence en moi de ces trois énergies limitées me mène à conclure la nécessité de trois énergies semblables, mais absolues, parfaites, sans limites, parce qu'elles sont sans type et sans cause autre qu'elles-mêmes, dans le contenant, le soutenant, l'éternel, le moteur et l'étant par soi. J'arrive donc ainsi à la démonstration de la trinité divine, au moins depuis que l'esprit humain en a l'idée.

« Qu'on juge, par cette observation, de la valeur du passage ironique, qu'on lit à la page 162 du livre que nous réfutons, sur le dogme de la trinité qui y est appelée triade et qui, au demeurant, accepte ce nom comme aussibon qu'un autre. Rire de la triade, c'est rire de soi-même, puisque le fait est qu'on trouve en soi les trois énergies. Au reste, de quelque manière qu'on attaque Dieu, ce n'est pas Dieu qu'on attaque, c'est soimême.

« Qu'a objecté M. Bailly contre les démonstrations que nous venons d'exposer? Rien, absolument rien ; il est vrai qu'il ne ne les a pas présentées de cette manière, et la formule est pour beaucoup quand on a à cœur d'éviter l'objection, quoique la pensée soit toujours la même. Il a cité seulement, quelques passages, fort beaux, il est vrai, de plusieurs philosophes, mais qui ont le défaut, devant un géomètre, de n'être pas géométriquement construits. »

J'exposais ensuite la preuve directe par l'absolu qui fait partie des phénomènes psychologiques démon être, idée que nous n'aurions pas et que nous ne pourrions avoir si l'absolu, ou Dieu, n'était point. Le Nom.

ATHÉISME, ATHÉE. Nous entendons par athéisme, non-seulement le système deceux qui n'admettent point de Dieu, mais l'opinion de ceux qui nient la providence, parce qu'i

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proprement parler, un Dieusans providence n'existe pas pour nous. C'est la réflexion que fait Cicéron contre les prétendus dieux d'Epicure. Il est triste que ce soit aujourd'hui le sentiment dominant parmi les incrédules; mais la multitude des ouvrages qui ont paru denos jours pour établir celte doctrine désolante, ne prouve que trop le nombre de ses partisans.

C'est aux philosophes de réfuter les divers systèmes d'atliéisme, et de démontrer l'existence v de Dieu par les preuves que la raison seule nous suggère ; le devoir d'un théologien est de faire von' que les auteurs sacrés ont très-bien connu le caractère, les causes, les effets de ['athéisme ; que le portrait qu'ils ont tracé des athées de leur temps convient encoreparfaitement à ceux d'aujourd'hui.

Selon le roi prophète, Ps. 12, « l'in- » sensé a dit dans son cœur : Il n'y a y> point de Dieu. Ce langage est celui » des hommes corrompus et pervers.

» Il n'en n'est pas un seul parmi eux » qui fasse le bien. Leur bouche res- » pire l'infection des tombeaux, leur i langue exhale le poison des serpents; » ils cherchent à séduire par le men- » songe; la noirceur de leurs calom- » nies, l'amertume de leurs reproches, » démontrent qu'ils seraient prêts à ré- » pandrele sang de leurs adversaires.

» Ils passent des jours tristes et mal- » heureux, jamais ils n'ont goûté la » paix : ils tremblent ou ils n'y a au- » cun sujet de frayeur. Le Seigneur » est juste ; il se venge de ces insensés, » pendant que le pauvre, soumis et » tranquille, met son espérance en » Dieu. »

Longtemps avant David, Job avait remarqué que l'athéisme est le vice des grands du monde, des hommes aveuglés par la prospérité, corrompus par l'opulence, pervertis par l'usage immodéré, des plaisirs. Us ont dit à Dieu : « Retirez-vous de nous ; nous » ne voulons ni recevoir vos leçons, » niconnaîtrevoslois. Quiest leToutï Puissant, pour que nous soyons ses » adorateurs, et à quoi nous servirait y> de l'invoquer?.... Mais Dieu leur ■» rendra ce qu'ils méritent, et alors » ils le connaîtront. » Job, c.21.

« Il viendra un temps, dit saint Paul,

» auquel les hommesne pourront plus » supporter une saine doctrine ; ils » se choisiront des maîtres selon leur » goût ; une curiosité effrénée, la » démangeaison d'entendre quelque » chose de nouveau, les détourneront » de la veillé, et les feront courir » après des fables.» IL Tim., c. 4.

La principale source de l'athéisme, selon l'Ecriture sainte, est la corruption du cœur ; plusieurs philosophes modernes en sont convenus, et l'expérience le prouve. Les Grecs étaient parvenus au comble de la prospérité par leur victoires sur les Perses, lorsque leurs philosophes se précipitèrent dans l'épicuréisme. Rome était devenue la maîtresse du monde, elle regorgeait des richesses de l'Asie, lorsque le luxe introduisit dans ses murs cette philosophie meurtrière. Les Juifs venaient d'être délivrés delà persécution des rois de Syrie, ils étaient enrichis par le commerce d'Alexandrie, lorsqu'ils virent éclore parmi eux le saducéisme, qui n'était qu'un épicuréisme grossier. Faut-il qu'à notre tour la naissance de l'athéisme vienne nous annoncer que nous touchons au plus haut point de prospérité auquel notre monarchie soit parvenue depuis sa fondation?

Mais le luxe, père de la corruption et de l'athéisme, prépare la ruine des états et la décadence des nations : ce qui est arrivé à celles dont nous venons de parler devrait nous faire trembler et nous rendre plus sages.

I. Quel motif pourrait engager un athée à être vertueux? Il sait, à la vérité, que le vice peut lui nuire ; mais il est aussi des circonstances où le vice autorisé par l'exemple peut devenir avantage ux . Déjà nos moralistes athées nous avertissent que dans les sociétés corrompues il faut se corrompre pour devenir heureux, se mettre au ton des mœurs régnantes pour être estimé et applaudi. Il y ades hommes si mal constitués par la nature,, que le vice est nécessaire à leur bonheur.

Qu'importe que le vice puisse nuire, s'il peut aussi être utile? L'événement dépenddu hasard; tout homme dominé par une passion est tenté d'en faire l'épreuve. Il n'a point de remords à

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craindre, dès qu'il se sent le courage de les étouffer.

Les fautes les plus secrètes peuvent être dévoilées, mais il s'est commis aussi plusieurs grands crimes dont on n'a jamais pu découvrir les auteurs. Dans les sociétés corrompues, les fautes sont si communes que l'on n'y fait presque plus d'attention ; une dose suffisante d'effronterie tient lieu de probité. A force de raisonnements et de palliatifs, on parvient aujourd'hui à jusliiier les iniquités les plus criantes, et à rendre toutes les réputations équivoques.

La société sans doute est utile au bonheur d'un athée ; mais, comme tant d'autres, il peut jouir des avantages de la société sans y mettre beaucoup du sien : ceux qui servent le plus efficacement leurs semblables, ne sont pas les plus honorés : les vertus les plus nécessaires sont ordinairement les plus obscures, et les devoirs les pluspéniblessontlesmoins récompensés.

On dit que nous devons nous attacher à la patrie qui nous protège.

Mais combien d'hommes profitent des bienfaits et de la protection de la patrie, en lui rendant de mauvais services, en lui insultant, en déclamant contre ses lois, en décriant son gouvernement, en exaltant jusqu'aux nues le mérite supérieur de ses ennemis ! Selon un axiome consacré parmi les athées, une patrie qui ne nous rend point heureux, perd ses droits sur nous.

Un homme, continue-t-on, doit se faire aimer. Où est cette nécessité pour un athée? Il lui suffit d'être craint, etquepersonnen'oselui nuire.

Qu'ai-je à faire, dira-t-il, de l'amitié d J un père vieux, infirme, languissant, qu'il faut soigner et nourrir à mes dépens? Que me rendra-t-il en échange de mon amitié ?

Je conviens que l'ingratitude éloignera de moi mon bienfaiteur, le fera peut-être repentir de ce qu'il a fait pour moi; que m'importe s'il n'est plus en état de me faire du bien, de se venger, ni de me faire essuyer des reproches?

J'avoue encore que la justice est nécessaire au maintien de toute as-

sociation; mais on pent profiter de l'association, sans contribuer à son maintien. On a prouvé doctement de nos jours que plusieurs vices sont pour le moins aussi nécessaires au maintien de la société que les vertus.

D'ailleurs, la justice ne suffit point si l'on n'y ajoute la charité, l'humanité, la compassion pour les malheur reux ; sur quoi peut être fondé pour moi le devoir de secourir un étranger, un inconnu qui souffre, mais qui ne me connaît point, et que je ne reverrai jamais?

Il est faux que nul homme ne puisse être content de soi-même, quand il sait qu'il est l'objet de la haine publique. Plusieurs grands hommes l'onl, encourue par leurs vertus et par le zèle le plus pur ; d'autres ont gagné la faveur publique par des crimes heureux : ceux-ci avaient-ils plus de droit d'être contents d'eux-mêmes que les premiers ?

Toutes les maximes de morale des allivrs sont donc fausses lorsqu'on les examine en rigueur ; quand elles seraient vraies, le commun des hommes est incapable de faire les réflexions, les calculs, les raisonnements nécessaires pour en sentir la vérité. Admettons un Dieu et une providence, ces maximes deviendront dos lois.

Que le vice nous soit utile ou pernicicux dausce monde, n'importe; Dieu le défend, il le punira tôt ou tard.

Quandle vice nous élèverait sur la terre au comble du bonheur, ce ne sera que pour quelques moments ; l'ivresse passagère qu'il nous causera sera suivie d'un malheur éternel. Que les hommes connaissent le crime ou ne le connaissent pas, cela est égal ; Dieu le connaît, le coupable n'échappera point à sa vengeance : les remords sont les premiers supplices par lesquels il leur fait sentir sa justice.

Que la société, que la pat rie, soient justes ou injustes, reconnaissantes ou ingrates à mon égard, Dieu m'ordonne de m'y attacher et de les servir, comme il leur ordonne de hwi protéger. Si elles manquent à leur devoir, cela ne me donne pas droit de violer le mien : Dieu est témoin de ma conduite, c'est à lui seul de me récompenser.

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Par la loi générale de la charité Dieu commande à tous les hommes de s'aimer, de s'aider, de se rendre des services mutuels : amis ou ennemis, concitoyens ou étrangers, bienfaiteurs ou rivaux, caractères aimables ou fâcheux, personne n'est excepté.

Quand ils nous refuseraient leur amitié, nous serions encore obligés de nous rendre aimables, alin de ne pas les blesser.

Tel est le langage de la religion, de nos livres saints, des justes de tous les siècles ; c'est celui de la raison et de la saine philosophie. Lorsque les athées s'obstinent à le méconnaître, nous n'avons pas tort de leur reprocher qu'ils sapent la morale par les fondements. Sans la croyance d'un Dieu, souverain législateur, rémunérateur et vengeur, il n'est plus de lois, plus de devoirs ou d'obligations morales proprement dites, plus de vices ni de vertus. (1)

(1) L'oubli de toute religion conduit à l'oubli de tous les devoirs de l'homme.

De combien de douceurs n'est pas privé celui à qui la religion mun.pie? Quel seuliiueut peut le consoler daus ses p mes? quoi spectateur auiiue les bonnes actions qu'il ait eu secret? quelle voii peut parler au foud de sou aiue? quel prix peut-il attendre de sa vertu? comment doit-il envisager la mort?... °

Ah! quel argument contre l'incrédule que la vie du vrai chrétien I Y..-t-il quelque ame à l'épreuve de celui-U ? quel tableau pour son cœur, quand ses amis, ses entants, sa femme coueourrout tous a l'instruire en l'édifiant; quand, saus lui prêcher Dieu daus leurs discours, ils le lui montreront dans les actions qu'il inspire, dans les vertus dont il est l'auteur, dans le charme qu'on tronre A lui plaire ; quand il verra briller l'image du ciel dans sa maison; qïiand une fois le jour il sera forcé dose dire : Non, 1 homme n'est pas ainsi par lui-même ; quelque chose c plus qu'humain règne ici?

On ne saurait se passer de la religion. En vain un heureux instinct porte un bien, une passion violente s'élève; elle a sa racine dans le même instinct : que fera-t-on pour la détruire? En vain tire-t-on, de la considération de l'otd.e, la beauté de la vertu; et sa bouté, de futilité commune : que fait tout cela coolre l'intérêt particulier? En vain la crainte de la honte ou du châtiment empêche de faire du mal pour son profit, d n'y a qu'à faire mol en secret ; .a vertu n'a plus rien à dire, et l'on punira, comme à Sparte, nu le délit, mais la maladresse. En vain, enfin, le caractère et l'amour du beau sont empreints par la nature au fond de l'ême; la règle subsis era aussi longtemps qu'il ne sers point défiguré : mais comment s'assure, de conserver toujours dans -a pureté cette efligie intérieure qui n'a point, parmi les êtres sensibles, de modèle auquel .m puisse la comparer? Ne snlon pas que les affections désordonnées Corrompent le jugement ainsi que la volonté, et que la confiance s'altère et se moililie insensiblement dans chaque

II. L'Ecriture nous assure que les athées n'ont jamais goûté la paix, qu'il n'est point pour eux de consolation ni de bonlieur en ce monde; ils ont pris eux-mêmes la peine de nous en convaincre. Que voyons-nous dans leurs livres ?

1° Une affectation singulière de dégrader l'homme, de le réduire au mveau des brutes, alin de prouver qu'il n'est pas l'ouvraged'un Dieu sage et bon. Ce n'est pas là le moyen de nous inspirer du courage, des sentiments nobles, l'héroïsme de la vertu, la satisfaction secrète que goûte une âme élevée à sentir ce qu'elle est. Cet avilissement volontaire cadre bien mal avec l'orgueil philosophique.

2° Des plaintes amères sur les misères de l'humanité, sur les rigueurs d'une nature marâtre, sur les passions qui nous tourmentent, sur les crimes qui nous déshonorent, sur les

siècle, dans chaque peuple, dans chaque individu, selon l'inconstance et la variété des préjugés?

Kuvei ceux qui, sous prétexte d'expliquer la nature, sèment dans les cœurs .les hommes de désolantes doctrine-, et dont le sophisme apparent est une fois plus allirmatif et pus dogmatique, que le ton décidé d leurs adversaires. Sous le hautain prétexte qu'eux seuls sont éclairés, vrais, de bonne foi, ils nous soumettent impérieusement a leurs décisions tranchantes, et prétendent nous donner pour les vrais prioeipes des enoses, les ininte ligibles systèmes qu ils ont bâtis dans leur ima-iualion. Du reste, renversant, détruisant, foulant aux pieds tout ce que les hommes respecteot, ils ôtent aux affligés la dernière consolation de leur misère, aux puissants et aux riches le seul frein de leurs passions ; ils arrachent du fond des cœ-urs le remords da crime, l'espoir de fia vertu, et se vantent encore d'être les bienfa leurs du genre humain. Jamais, disent ils, la vérité n'est nuisible uux hommes ; je le crois comme eux, et c'est, à mon avis, une grande preuve que ce qu'ils enseignent n'est pas la vérité.

Par les principes, la philosophie ne peut faire aucun bien, que la leligion ue le fasse encore mieux; et la religion en fait beaucoup que la philosophie ce saurait faire.

Il est indubitable que des motifs de religion empêchent souveot de mal fa re ceux-uiémes qui ne la suivent qu'en partie et obtiennent d'eux des vertus, des actions louables, qui n'atu-aieut point eu lieu sans ces motifs.

Le spectacle de la nature, si vivant, si animé pour ceux qui reconnaissent un Dieu, est mort aux yeux de l'athée; et, dans celte grande harmonie des êtres où tout parle de Dieu d'une voix si douce, if n'aperçoit qu'un silence éternel.. JL'irrél gin, et en général l'esprit raisonneur et philosophique, attachent a la vie, elfeiuioent, avilissent les âmes, concentrent tontes les passious dans la bassesse de l'intérêt particulier, dans l'abjection du mot humain, et sapent ainsi, a pe.it bruit, les vrais fondements

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fléaux qui couvrent la terre. Ils en concluent qu'une Providence bienfaisante ne se mêle point du gouvernement de ce monde. Ces sombres réflexions ne sont pas fort propres à nous rendre coi lents de notre sort.

Lorsque les athées peignent le genre humain, ils le représentent comme une société de malfaiteurs aveuglés, corrompus, forcenés par la religion.

Peut-on se féciliter de vivre dans une pareille compagnie, ou espérer d'y trouver jamais le bonheur?

3° Des blasphèmes contre la justice d'un Dieu vengeur contre la sévérité avec laquelle on prétend qu'il punit le crime. Cette idée, disent-ils, inspire l'eifroi, fait envisager Dieu comme un être odieux. A ce signe, il est difficile de reconnaître le calme d'une conscience pure, exempte de trouble et de remords. Ils se plaignent de ce que la vertu n'est pas heureuse sur la terre, et ils ne veulent point du bonheur d'une autre vie. Mais si la vertu n'a rien à espérer, ni dans ce monde ni dans l'autre, où sera le motif de l'embrasser ?

4° Des doutes jetés sur la perpétuité de l'ordre physique du monde. Nous ne savons pas, di.-ent-ils, si une révolution subite ne replongera pas bientôt l'univers dans le chaos. Jamais la superstition la plus aveugle n'inspira nne crainte aussi puérile et aussi absurde. Epicure pensait qu'il valait encore mieux être sous l'empire d'un Dieu le plus capricieux, que sous le joug d'une nécessité impitoyable que rien ne peut lléchir. Aujourd'hui ses disciples, moins sensés que lui, préfèrent l'empire de la nécessité à celui de la Divinité.

5° Des éloges prodigués àla fureur du suicide. Si c'est à ce terme que doit aboutir'la suprême félicité des athées, un homme raisonnable ne sera pas tenté delà leur envier. Il est bien absurde de nous promettre le bon-

heur ici-bas, si nous voulons abjurer l'idée d'un Dieu vengeur, et de vouloir prouver ensuite que si nous sommes dégoûtés de la vie, rien n'est mieux que de se détruire.

6° Des sophismes sans lin, pour démontrer qu'il n'y a aucune certitude dans nos connaissances ; qu'un scepticisme général est la seule philosophie du sage. Mais si toutes nos opinions sont incertaines, l'athéisme n'est donc pas un système invinciblement prouvé, et auquel on puisse se livrer avec une pleine sécurité. Douter s'il y a un Dieu, une religion vraie, une autre vie, ce n'est pas être convaincu qu'il n'y eu a point; l'incertitude sur un objet aussi important ne peut pas être une situation douce et agréable.

Les mécontentements du présent, l'incertitude sur l'avenir, des fureurs contre Dieu, des invectives contre les hommes, ne furentjamais les symptômes de la paix et du bonheur. Nous sommes donc forcés d'acquiescer à la sentence que Dieu a prononcée luimême par un prophète : « l'oint de » paix pour les impies. » Isa ., c. 48, f 22; c. 57, fil.

III. Le psalmiste nous avertit que les athées sont des hommes d'un mauvais caractère, dangereux, malfaisants, pernicieux à la société, est-ce une accusation fausse?

Puisqu'il est démontré que la situation des athéts n'e.4 ni tranquille, ni heureuse, c'est un trait de cruauté de leur partde vouloir communiquer aux autres le doute, l'inquiétude, le mécontentement, l'humeur, qui les tourmentent. Qu'ils s'obstinent à y demeurer, c'est leur affaire ; mais pourquoi vouloirarracheràleurs semblables l'idée d'un Dieu qui les console, une religion qui les porte à la vertu, uue espérance qui adoucit leurs peines ? A considérer la manière dont la plupart des hommes sont constitués, les athées sont-ils sûrs que leurs principes,

de tonte société ; car ce que les intérêts particuliers ont de commun est si peu <:e chose, qu'il ne balancera ja na>4 ce qu'ils ont d'oppo-é.

Si l'athéisme ne fuit pas verser le sang des hommes, c'est moins par amour pour la paix qiio pa:- indifférence pour lu Lien. Cuumie que tout aille, peu impoite au prétendu sage, pourvu qu'il reste eu repos dans son cabinet. Ses principes ne font pas tuer les hommes, mais iis les empêchent de

naître, en détruisant les mœurs quiles multiplient, eu les détachant de leur espèce, eu réduisant timtes leurs actions à un secret êgoïs ne, aussi funeste à la population qu'à la vertu. L'indifférence philosophique re -semble à la tranquillité de L'État sous le despotisme : c'est la tranquillité de la mort; elle

est plus destructive que lu guerre même, — esp'tt t maximes, etc., de J. J, Rousseau. —

Gousbbt.

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répandus dans le monde, n'augmenteront pas la quantité des crimes et le nombre des malfaiteurs ? Le moindre danger à cet égard devrait arrêter la main et fermer la bouche à tout homme sensé.

Quand la vérité de la religion ne serait pas invinciblement démontrée, elle est du moins autorisée par les lois ; chez toutes les nations policées, on a sévi contre ceux qui violent les lois en attaquant la religion. Parce qu'il plait aux athées de trouver ces k>is injustes, il ne s'ensuit pas qu'elles le sont en effet, et que l'on ne doit pas punir ceux qui s'élèvent contre elles. Exiger dans ce cas une tolérance absolue, c'est autoriser tous les malfaiteurs à enfreindre toutes les lois qui les gênent.

Accuser les vivants et les morts, noircir les motifs de toutes les vertus qui ont brillé dans le monde, fouiller dans tous les coins de l'histoire pour trouver des reproches contre les personnages pour lesquels le genre humain a eu le plus de respect, sonner le tocsin contre ceux qui prêchent la religion ou qui la défendent, les peindre comme autant de fourbes ou de fanatiques ennemis de la société, attaquer les souverains et les gouvernements comme complices du même crime : voilà ce que les athées ont l'ait de tout temps et font encore. Si tous ces excès ne sont pas punissables, quel a donc été l'objet de la police et do la législations

C'est une imposture de leur part de prétendre que ['athéisme n'inilue en rien sur les mœurs, et qu'un athée peut être aussi vertueux qu'un homme qui croit eu Dieu ; le contraire est démontré par leur propre conduite.

Un athée n'évite le marne qu'autant qu'il y est forcé par les lois ; il ne peut être homme de bion sans contredire continuellement tous ses principes.

L'influence terrible que l'athéisme peut avoir sur les ince.urs du peuple, n'est que trop prouvée par un fait arrivé de nos jours. 11 y a environ dis ansqu'il s'était formé dansl» Lorraine allemande et dans l'électoral de Trêves, une association de gens de la campagne qui avaient secoué tout

principe de religion et de morale.

Us s'étaient persuadés qu'en se mettant à l'abri des lois ils pouvaient satisfaire sans scrupule toutes leurs passions. Pour se soustraire aux poursuites de la justice, ils se comportaient dans leurs villages avec la plus grande circonspection ; l'on n'y voyait aucun desordre : mais ils s'assemblaient la nuit en grandes bandes, allaient à iorce ouverte dépouiller les habitations écartées, commettaient d'abominables excès, et employaient les menaces les plus terribles pour forcer au silence les victimes de leur brutalité. Un de leurs complices ayant été saisi par hasard pour quelque autre délit, l'on découvrit la trame de cette confédération détestable, et l'on compte par centaines les scélérats qu ila fallu faire périr sur l'échafaud.

Lettres sur l'Histoire de la terre et de l'homme, par M. Duluc, 1779, tom. i.

Lettre 91, p. 140.

Ce fait fut annoncé dans le temps par les nouvelles publiques, mais il ne fut pas assez remarqué. S'il avait été question d'un événement peu favorable à la religion, nos philosophes en auraient fait retentir le bruit dans l'Europe entière. Le sage écrivain qui le rapporte, et qui en avait presque été témoin, observe avec raison que si l'athéisme ne produit pas le même effet sur les hommes laborieux, timides, dont les passions sont douces, la société aurait tout à craindre des paresseux hardis, entreprenants, et dont les passions sont violentes ; l'irréligion en ferait de vrais tigres.

11 ne restait aux athées qu'à vouloir cacher leurs turpitudes sous le masque de l'hypocrisie, à se prétendre animés par un zèle ardent pour le bien de l'humanité, à exiger des éloges et des récompenses pour le courage qu'ils ont montré : c'est par là que les athées ont couronné leurs travaux .

Ils diront sans doute que par ces réflexions nous cherchons à les rendre odieux, à exciter contre eux la sévérité des magistrats. Non. L'Ecriture les déclare insensés : nous souscrivons à cet arrêt. On ne punit point les hommes lombes en démence, mais on les met Lors d'état do nuire. Le roi

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prophète remet à Dieu la vengeance de leurs fureurs : a Levez-vous , » Seigneur, jugez vous-même votre » cause ; voyez les blasphèmes que « l'insensé ne cesse de vomir contre » vous ; remarquez et n'oubliez pas » l'orgueil de ceux qui se déclarent » vos ennemis, et cette audace qui » s'augmentede jour en jour. »Ps.lS, y 22. Instruits par les leçons de Jésus-Christ, encore plus parfaites que celles des anciens justes, nous ne demandons à Dieu que la conversion des incrédules.

Nous ignorons pourquoi l'on a pris de nos jours tant de peine pour justifier Vanini , athée célèbre, ou du moins pour l'excuser et pour faire paraître ses juges coupables de cruauté. Plusieurs de nosphilosophes ont trouvé bon de faire son apologie ; mais l'intérêt personnel et la conformité de sentiment n'auraient-ils pas influé beaucoup dans cette charité singulière ?

Il nous suffit d'observer que Vanini ne fut point livré au supplice précisément parce qu'il éluil athée, mais parce qu'il prêchait l'athéisme, et séduisait la jeunesse. Ces deux crimes sont très-différents. Si les allées gardaient pour eux seuls leur impiété, personne ne s'informerait de ce qu'ils pensent ; mais ces insensés veulent dogmatiser, communiquer aux autres le poison dont ils sont infectés, et c'est ce qu'on a droit de punir.

Bergier.

ATHÉISME, {théul. mixt. philos, polit.) — Nous ferons plaisir au lecteur, en lui donnant à lire les réflexions suivantes qu'un grandhomme d'État M. Portalis faisait, sur l'athéisme, les religions et le christianisme en particulier dans son rapport pour la loi de l'an X, ou le concordat.

« Le scepticisme de l'athée isole les hommes autant que la religion les unit; il ne les rend pas tolérants, mais frondeurs ; il dénoue tous les fils qui nous attachent les uns aux autres ; il se sépare de tout ce qui le gêne, et il méprise tout ce que les autres croient; il dessèche la sensibilité; il étouffe tous les sentiments

spontanés de la nature; il fortifie l'amour-propre, et le fait dégénérer en un sombre égoïsme; il substitue des doutes à des vérités ; il arme les passions, et il est impuissant contre les erreurs; il n'établit aucun système, il laisse à chacun le droit d'en faire ; il inspire des prétentions sans donner des lumières; il mène par la licence des opinions à celle des vices ; il flétrit le cœur; il brise tous Les liens; il dissout la société.

« L'athéisme aurait-il, du moins , l'effet d'éteindre toute superstition, tout fanatisme ? Il est impossible de le penser.

« La superstition et le fanatisme ont leur principe dans les imperfections de la nature humaine.

« La superstition est une suite de l'ignorance et des préjugés. Ce qui la caractérise est de se trouver unie à quelqu'un de ces mouvements secrets et confus de l'âme qui sont ordinairement produits par trop de timidité ou par trop de conliance, et qui intéressent plus ou moins vivement la conscience en faveur des écarts de l'imagination et des préjugés de l'esprit. On peut définir la superstition une croyance aveugle, erronée ou excessive, qui tient presque uniquement à la manière dont nous sommes affectés, et que nous réduisons, par un sentiment quelconque de respect ou de crainte, en règle de conduite ou en principe de moeurs.

« Avec une imagination vive, avec uneâme faible, avec un esprit peu éclairé, on peut être superstitieux dans les choses naturelles comme dans les choses religieuses. Il n'est pas contradictoire d'être, à la fois, impie et superstitieux; nous en prenons à témoins les incrédules du moyen âge et quelques athées de nos jours.

a D'autre part, toute opinion quelconque, religieuse, politique, philosophique, peut faire des enthousiastes et des fanatiques. De simples questions de grammaire nous ont fait courir le risque d'une guerre civile; on s'est quelquefois battu pour le choix d'un historien.

« D'après le mot d'un célèbre ministre, la dernière guerre dans laquelle la France a si glorieusement

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soutenu le poids de l'univers, a-t-elle été autre cliose que la guerre des opinions armées, et y a-t-il une guerre religieuse qui ait fait répandre plus de sang?

« On ne saurait donc imputer, exclusivement, à la religion des maux qui ont existé et qui existeraient encore sans elle.

« Ne craignons pas le retour du fanatisme; nos moeurs, nos lumières empêchent ce retour ; honorons les lettres, cultivons les sciences en respectant la religion, et nous serons philosophes sans impiété, et religieux sans fanatisme.

« Ce sont les idées religieuses qui ont contribué plus que toute autre cliose à la civilisation des hommes.

« Les lois de Minos, de Zaleucus, celle des douze Tables, reposent entièrement sur la crainte des dieux.

Cicéron, dans son Truite des lois, pose la Providence comme la base de toute législation. Platon rappelle à la Divinité dans toutes les pages de ses ouvrages. Numa avait fait de Rome la ville sacrée, pour en faire la ville étemelle.

Je le dis pour le bien de ma

patrie, je le dis pour le bonheur de la génération et pour celui des générations à venir, le scepticisme outré, l'esprit d'irréligion transformé en système politique, est plus près de la barbarie qu'on ne pense.

..... Le christianisme n'a jamais empiété sur les droits imprescriptibles de la raison humaine. 11 annonce que la terre a été donnée en partage aux enfants des hommes; il abandonne le monde à leurs disputes et la nature entière à leurs ri cherches. S'il donne des règles à la vertu, il ne prescrit aucune limite au génie. De là, tandis qu'en Asie et ailleurs des superstitions grossières ont comprimé les élans de l'esprit et les efforts de l'industrie, les nations chrétiennes ont partout multiplié les arts utiles et reculé les bornes des sciences.

« Il y a des pays où le bon goût

. n'a jamais pu pénétrer, parce qu'il

j en a constamment été repoussé par

les préjugés religieux. Ici la clôture

et la servitude des femmes sont un

un obstacle à ce que les communi-

cations sociales se perfectionnent, et consequemment à ce que les choses d agrément puissent prospérer; là on prohibe l'imprimerie ; ailleurs la peinture et la sculpture des êtres animés sont défendues; dans chaque moment de la vie le sentiment reçoit une lausse direction, et l'imagination est perpétuellement aux prises avec les fantômes d'une conscience abusée.

« Chez les nations chrétiennes les lettres et les beaux arts out toujours lait une douce alliance avec la religion; c'est même la religion qui, en remuant l'âme et en l'élevantaux plus hautes pensées, a donné un nouvel essor au talent; c'est la religion qui a produit nos premiers et nos plus célèbres orateurs, et qui a fourni des sujets et des modèles à nos poètes ; c'est elle qui parmi nous a fait naître la musique, qui a dirigé le pinceau de nos grands peintres, le ciseau de nos sculpteurs, et à qui nous sommes redevables de nos plus beaux morceaux d'architecture.

« Pourrions-nous regarder comme inconciliable avec nos lumières et avec nos mœurs une religion que les Descartes, les Newton et tant d'autres grands hommes s'honoraient de professer, qui a développé le génie des Pascal, des Bossuet, et qui a formé l'âme de Fénelon? » Le Nom

ATHÉNAGORE, philosophe athénien, converti au christianisme, présenta, l'an 177, aux empereurs Marc- Aurèle-AatoninetLucius-Aurèle-Commode,une apologie pour les chrétiens, par laquelle il justifie leur croyance et leurs mœurs contre les calomnies des païeus. 11 a aussi fait un traité de la résurrection des morts.

Il demande d'abord pourquoi, sous le règne de deux princes philosophes et naturellement équitables, on n'accorde point aux chrétiens, qui font profession d'honorer la Divinité, la même liberté dont jouissent les superstitions les plus absurdes; pourquoi l'on ne procède point contre des hommes dont les mœurs sont innocentes, dans la même forme juridique que contre des malfaiteurs coupables des plus grands crimes.

Les païens accusaient les chrétiens

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de trois crimes principaux, d'athéisme, de tuer et de manger un enfant dans leurs assemblées, de s'y livrer ensuite à l'impudicité.

Athénayore demande comment l'on peut reprocher l'athéisme aux chrétiens qui adorent un seul Dieu en trois personnes. Il fait voir que plusieurs philosophes ont enseigné l'unité de Dieu ; que le polythéisme est absurde; que les chrétiens reconnaissent même des anges dont Dieu se sert pour exécuter ses ordres ; que la pureté de leur vie démontre assez qu'ils ne sont point athées.

Le principal fondement de cette accusation était l'aversion que témoignaient les chrétiens pour les sacrilices et pour l'idolâtrie des païens; Atkénagore s'attache à prouver que l'on ne doit point honorer Dieu par des sacrilices sanglants ; que dans les différentes villes de l'empire l'on n'adore pas les mûmes dieux; qu'il est absurde de prendre les créatures, la matière, le monde, ses différentes parties, ou les idoles, pour des dieux :

il fait voir que toutes ces superstitions sont d'une invention très-récente.

Vainement les païens prétendaient que le culte des idoles se rapportait aux dieux qu'elles réprésentaient, et qu'il était confirmé par la vertu miraculeuse de plusieurs de ces siniu lacres. Athênagore démontre, par le témoignage des philosophes et des poètes, que ces prête n dus dieux avaient été des hommes, qui ne méritaient aucun culte religieux; il insiste sur l'indécence de leurs ligures, sur les passions et sur les crimes qu'on leur attribuait ; il montre que l'on justiliait mal ces fables, en leur donnant un sens physique, et en les appliquant aux phénomènes de la nature.

Il expose la doctrine de Thaïes et de Platon sur les démons, et celle des chrétiens touchant les anges, bons ou mauvais ; il soutient que les esprits malfaisants sont les vrais auteurs de l'idolâtrie, et de tous les prestiges qui avaient servi à l'établir parmi les hommes.

Quant aux deux autres crimes dont on chargeait les chrétiens, Athênagore soutient qu'ils sont assez réfutés par la pureté des mœurs qui règne

parmi eux, par la tempérance et la fidélité qu'ils gardent dans le mariage, par la modestie avec laquelle ils se saluent, par leur amour pour la virginité, par réloignemcnt qu'ils ont pour les secondes noces. 11 représente combien il leur est triste d'être accusés des crimes contraires par des hommes qui sont coupables eux-mêmes de toutes les espèces d'impudicité et de forfaits.

Loin de pouvoir être convaincus d'aucun homicide, ils ont horreur de voir répandre le sang humain, soit dans les supplices des criminels, soit dansles combats des gladiateurs; ilsregardent les avorlcnieiits volontaires comme un meurtre, et la coutume d'exposer les enfants comme un vrai parricide.

■Athênagore finit par exposer la croyance des chrétiens sur la résurrection générale, sur les récompenses et les peines de l'autre vie ; il observe que, quand ce seraient là des erreurs, ce ne seraient pas encore des crimes pour lesquels il fut juste de haïr, de persécuter, de mettre à mort ceux qui sont dans ces sentiments.

Cette apologie fut présentée vingtsix ou vingt-sept ans après celle de saint Justin.

Les critiques protestants, Jurieu, Lcclerc, Barbeyrac, et leurs copistes, font plusieurs reproches contre la doctrine à' Athênagore. 1° Il a eu, disent-ils, trop d'idées platoniciennes.

Mais il faut faire attention que cet écrivain parlait à des empereurs qui faisaient profession de philosophie, et qui, sans doute, respectaient Platon ; c'était un trait de prudence de se conformer à leur goût, et de leur alléguer en plusieurs choses l'autorité de ce philosophe. Quand même Athênagore aurait conservé, après sa conversion, les opinions platoniciennes qui lui paraissaient conciliâmes avec les dogmes du christianisme, nous ne voyons pas où serait le crime. De là même il s'ensuit que notre religion, dès sa naissance , n'a pas reclouté l'examen des philosophes.

2° L'on prétend qu' Athênagore n'attribue à Dieu qu'une providence générale, qu'il a supposé que les anges étaient chargés en détail du gouver-

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nement du monde. Selon Barbeyrac, cette idée empruntée do Platon, présentée à deux empereurs païens, a du leur faire conclure que les chrétiens étaient des polythéistes.

N oublions pas que ces deux princes étaient philosophes, capables, par conséquent, de mettre de la distinction entre des êtres créés, tels que les anges, et un Dieu incréé : que selon la doctrine formelle d'Athénaqore aucun être créé n'est Dieu. Dans son Apologie et dans son Traité de la résurrection, il attribue expressément \ î u J, e S ouv ernement et la destinée de 1 homme; il suppose que les anges b agissent que par les ordres et selon les desseins de Dieu; ce n'est pas là du platonisme.

D'un côté, plusieurs de nos philosophes ont soutenu que Platon, rrni admettait un Dieu suprême et des dieux secondaires, ou des génies inférieurs à Dieu, n'était pas polylneiste;del autre, noscritiques soutiennent que cette doctrine, présentée à deux empereurs instruits, a dû leur paraître un polythéisme. Barbeyrac prétend quAthénagore n'enseigne point le culte des anges; comment donc les empereurs ont-ils pu conclure de sa doctrine, que les chrétiens adoraient plusieurs dieux ? Avant de blâmer les Pères , leurs censeurs devraient commencer par s'accorder avec eux-mêmes.

, 3 °. Ils accusent Athénagore de n ayoïrpas été orthodoxe sur le dogme de la Trinité, et jusqu'à présent; dit Barbeyrac, il n'a pas été justifié. Probablement ce critique n'a lu ni la défense de la foi de Nicée parBullus, ni le sixième avertissement de Bossuet aux protestants, c. 10, n. 69 et sniv., ou Athénagore est justifié pleinement et sans réplique. Cet auteur ait: « Nous reconnaissons Dieu le » Père, Dieu le Fils et le Saint-Esprit; » nous montrons et leur puissance » dans 1 unité, et leur distinction dans 1 ordre. » Légat,, n. 10. Pour trouver là du polythéisme, Barbeyrac lui fait dire : « Nous avons Dieu le » Père, Dieu le Fils et Je Saint-Esprit » unis, à la vérité, d'une certaine ma- « niere, mais néanmoins distincts, et «ayant leur ordre entre eux. Nous

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» avons aussi des divinités inférieu- » res à celles-là etc.» Est-il pernil d altérer ainsi la doctrine d'un auteur, pour avoir droit de lui imputer des erreurs? "^uier

4.» Le grand crime à' Athénagore, aux yeux de nos critiques licencieux est d avoir fait trop de cas de la virginité, et d'avoir dit que les secondes noces sont mi honnête adultère Malheureusement presque tous les anciens Pères ont parlé de même, et Ç a ete le sentiment général des premiers chrétiens. Quand on se rappelle a quel excès la licence du divorce était portée chez les païens, on n est plus surpris des expressions et de la morale sévère de nos apologistes. Voy. Bigamie. 8

S.° L'on a dit, au hasard, qu' Athénagore n avait été cité que par saint tpiphane; c est encore une erreurn 1 a été par Photius, Cod. 224, d'après saint Méthode, évèque et martyr, mort vers l'an 311, et par Philippe Sidétas, Serm. 24.

Nous ne sommes pas étonné de 1 anectation des incrédules à déprimer les anciens défenseurs du christianisme; mais il n'est pas fort honoraire aux protestants de leur avoir tourm le canevas de tant de fausses accusations.

Les deux ouvrages d' Athénagore se trouvent à la suite de ceux de saint Justin, dans l'édition des bénédictins.

Bebgieii.

ATMA. (Thêol. mixt. philos, et scien.

lust.) — C'est de ce mot sanscrit que vient notre mot âme. Dans la théologie brahmanique et bouddhiste, atma exprime l'àme particulière et personnelle de chacun, qui est émanée de la grande âme universelle appelée paramatma, et qui est une seule et même chose avec brahma. Quand les atma sont pures, elles se réunissent à la paramatma, de laquelle elles sont sorties; c'est le nirvana; quand elles sont plus ou moins impures elles sont condamnées à des transmigrations répondant exactement à leurs états divers; ces transmigrations peuvent être très-malheureuses et d'une immense durée ; les brahmanes et les bouddhistes donnent là-dessus des

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chiffres qui dépassent l'imagination, mais les transmigrations ne conduisent jamais à un état fixe, éternel; elles ont toujours pour but la purification dernière de l'dtma, laquelle finit par se réaliser. C'est pour rapprocher davantage cette purification que les pénitents de l'Inde s'imposent de si cruelles mortifications. En ce qui est de l'état délinilif, le Nirvana, on n'est pas d'accord sur le sons qui doit être attribué à cette annihilation, ou absorption dans la divinité, dans la grande âme. Les uns, tels que M. Barthélemi Saint-Ililaire, y voient une perte absolue de la personnalité, et,par conséquent, un anéantissement, non pas eu ce sens que l'aima soit absolument anéantie, mais en cet autre sens équivalent, qu'elle redevienne purement et simplement ce qu'elle était avant sa création, c'està-dire, la grande âme. Les autres n'y voient qu'une espèce de vision intuitive hyperboliquenient exprimée. Nous avons toujours été et continuons d'être de ce dernier avis.

Le Noir.

ATOME. (Théol. mixt. philos, et scien.) — Toute science a sa limite; et cette limite, en l'ait de science physique, positive, est l'atome même d'Epicure, sur lequel ce philosophe, par un enjambement sur la chaîne que nos sciences modernes ont parcourue et sont encore en voie de parcourir, avait jeté, de prime saut, ses visées. Mais au delà de l'atome, qu'y a-til? Dieu ouïe néant? Est-ce le néant?

l'atome devient une absurdité parce qu'il est sans cavise. Est-ce Dieu?

tout s'explique, et tout devient lumière. Si vous dites que l'atome est éternel, il a les attributs de Dieu, il est Dieu lui-même, il est unique, et vous n'avez t'ait que changer le mot.

En astronomie, après le double mouvement de la terre de Copernic, mettez, pour expliquer ce mouvement, les trois grandes lois de Kepler ; après ces lois, mettez, pour les centraliser dans une seule loi plus radicale, avec Newton, l'attraction universelle agissant en raison directe des masses et en raison inverse du carré des distances. Après l'attraction, aue mettrez-

vous? l'atome élémentaire sans doute, l'atome pondérable qui fait les masses, et l'atome éthéré de l'hypothèse cartésienne qui l'ait les distances et qui fait que tout est plein. Et après l'atome, que mettrez-vous encore ? l'inconnu, que vous connaîtrez peutêtre un jour. Et après l'inconnu ?...

le Dieu des Copernic, des Kepler, des Newton et des Descartes.

En chimie, après les quatre éléments des anciens, mettez les soixante-cinq corps simples des modernes; mettez au-dessous de l'air, par exemple, avec Lavoisier, l'oxygène et l'azote; faites mieux encore: au-dessons de l'oxygène, niellez avec MM. Andrews et Toit, plus radicaux que Berzelius, l'ozone et le fluide impondérable. Et après l'ozone ?... l'atome Allez encore plus loin ; mettez après l'atome l'inconnu, que la science vous révélera peut-être un jour. Mais après l'inconnu ?... Le Dieu de Lavoisier.

En météorologie, au-dessous du tonnerre, mettez le Ûuidc électrique, le fluide mystérieux, le fluide-force avec ses attractions et ses répulsions.

Au-dessous imaginez en lui les deux formes, la positive et la négatrre, pour avoir l'air d'expliquer ce qui ne s'explique pas. Et après ?... Vous n'avez plus que l'atome impondérable qui lui sert d'élément. Et après?...

l'inconnu... et plus loin encore?...

Oh ! mettez-y le Dieu de Franklin.

En physique, au-dessous des corps mesurables, mettez encore les lluides, qui ne peuvent se mesurer, qui ne se voient ni ne se pèsent. Au-dessous des fluides, mettez le lluide universel du grand Descartes, dont tous ceux qui ont des noms, l'électrique, le magnétique, le lumineux, le calorique, l'attractif lui-même neseront que des modifications. Et après ce fluide, après l'élher?... l'atome qui en sera le composant. r.t après l'atome ?...

le néant? c'est l'absurde. L'inconnu?

c'est le possible. Mais après l'inconnu?.. Le Dieu de Descartes et d'Ara go.

En minéralogie, mettez la cristallisation, le dimorphisme, l'isomorphisme et tous les morphismes chimiques de lamatièrebrute, ces espèces deyégétationsdu minéral. Eiaprès?...

si

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les affinités moléculaires. Et après?...

les forces qui les produisent. Et

après

le néant? c'est l'absurde.

l'inconnu, c'est le possible. Mais après l'inconnu?... Le Dieu de l'abbé Haûy.

En embryogénie végétale, mettez les sexes. Et au-dessous des sexes?

le pollen et l'ovule. Et au-dessous du pollen? mettez le liquide fécondant de l'utricule du grain de pollen, le liquide pollénique, la fovilla de Jussieu. Et après? mettez les corpuscules de la lovilla, qui rappellent les molécules organiques de Buffon. Et après? l'atome composant. Et après l'atome ?. . . Le néant ? c'est l'absurde.

L'inconnu?... c'est le possible. Et après l'inconnu ?. . . Ob ! mettez le Dieu de Jussieu et de Linné.

En embryogénie zoologique, mettez l'ovule d'une part et le sperme fécondant d'autre part. Au-dessous, mettez dans l'ovule la vésicule germinative, et dans le liquide fécondant, l'animalcule spermatique ou, si vous voulez, la molécule vivante organique du grand Buffon. Que mettrez-vous après?

Yatome, toujours l'atome. Et après l'atome?... Le néant? c'est l'absurde.

L'inconnu? c'est le possible. Mais après l'inconnu? Ob! le Dieu de Buffon.

En organologie animale et végétale, au-dessous des organes mettez la cellule?... Mais au-dessous de la cellule? — 11 faut bien donnera cette cellule des éléments. — C'est encore l'atome; et au-dessous de l'atome?

l'inconnu. Et au delà de l'inconnu?..

Le Dieu des Hippocrate et des Gallien, puisque le néant serait l'absurde.

En géologie et en paléontologie, avant l'bomnio mettez les animaux terrestres; avant les animaux terrestres mettez les reptiles aquatiques et amphibies; avant les reptiles aquatiques mettez les grandes végétationsphanérogamiques et cryptogamiques; avant celles-ci mettez des végétaux et des animaux encore, si vous voulez ; avant la vie végétale et animale, mettez les atomes dont le tout est composé; et avant ces atomes?... l'inconnu. Et avant l'inconnu?.. Oh! mettez le Dieu de Cuvier, qui n'est autre que celui de Moïse.

En cosmologie, avant l'apparition de la vie, mettez le règne du feu, dont les terrains primitifs sont les scories; avant le règne du feu, mettez le chaos nébuleux; avant le chaos nébuleux , mettez les atomes dont le chaos est composé ; et avant ces atomes?... l'inconnu. Et avant l'inconnu?.. Ob! mettez le Dieu des Herschel, des Arago et des Ampère, qui n'est autre encore que celui de Moïse.

En pantogénie vitale, mettez avec Darwin les générations des espèces lesunes parles autres, Maisau delà?..

Mettez la génération spontanée? Et après la génération spontanée? est-ce le néant? vous n'oseriez le dire. Estce l'aiome? oui, sans doute. Mais après l'atome?.. Le Dieu du Darwin de 1859 (première édition de sesœuvres), qu'il a retiré des éditions subséquentes pour plaire à la jeunesse contemporaine athéeanglaise, française etallemande. Sur l'insistance de son traducteur allemand M. Bronn, il a biffé cette phrase : le premier type animal avait reçu la vie du Créateur, mais en la biffant Darwin .a éteint son flambeau, puisqu'il ne reste au delà de son premier type que le néant ou la nuit.

En ontologie physico-psychique , mettez , avec Leibnitz , l'harmonie préétablie et au-dessous, la monade, l'unité indivisible, la force. C'est déjà l'atome, mais l'atome inétendu qui, ne se divisant pas, n'a plus besoin de composants. Mais après la monade?...

Le Dieu de Leibnitz.

Dans les mêmes sciences philosophico-hypothétiques, réduisez tout à des phénomènes , avec Berkley.

Après le phénomène, que mettrezvous ? ici plus d'atome, il est supprimé, mais plus de cause, et plus de substance ? cela ne se peut, il n'y a pas depbénomènesans cause et sans substance, de produit sans producteur, de soutenu sans soutenant. Oh. f mettez vite le Dieu des Kant, et des I Malebranche, et des Berkley.

En chronologie originelle, mettez les jours avant les jours, les années avant les années, les siècles avant les siècles; mettez bout à bout les jours, aux durées incalculables, de Brahma; que mettrez-vous auparavant? l'in-

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connu. Et avant l'inconnu ? encore l'inconnu. Et avant les inconnus des inconnus?... Oh ! mettez le Dieu des Vedas, de Laotseu, de Con-feu-tseu, de Manou, de Zoroastre ; mettez, tout d'un coup, le Dieu de Moïse qui se déunit lui-même : « Je suis celui qui est. » Le Noir.

ATTON, ATTO ou HATTON, (théol.

hist. biogr. et bibliog.) — Le doux et paisible Atton occupa, dans un des siècles les plus immoraux, de 915 à 960, le siégede Verctil. Ou cite parmi ses œuvres les cent articles des Statut** Ecclesix Vercellensis, collectio canonum, renfermant des décrets de papes et de conciles, des encouragements aux prêtres sur la lidélité dans la foi et dans l'observance de leurs devoirs, des ordonnances sur l'instruction des catéchumènes et sur le baptême des muets, des recommandations pour la tenue des conférences ecclésiastiques, etc. On a encore de lui un petit traité sur l'oppression du clergé De pressuris ecrlesiasticis, divisé en trois parties, où l'éloquence de la piété ne manque pas. On a enfin ses lettres, ses sermons au nombre de 17, sous le titre polyptychus et son catalogue des vertus et des vices qu'il qualitie de : Perpendicidum, quo noxia redarguere et honesta sœnrire débet. Le Nom.

ATTRACTION. {Théol. mixt. philos, cosmol.) — Une des plus admirables découvertes du génie de l'homme est, sans contredit, celle de ['attraction et de sa loi. On sait que cette découverte est due à Newton ; or, Newton n'a jamais manqué de se découvrir quand on a prononcé devant lui le nom de Dieu ; tant la sublimité des harmonies de l'univers avait pénétré ce grand homme d'admiration et de respect devant leur auteur.

Déjà Copernic, le modeste chanoine, avait trouvé les mouvements des planètes, parmi lesquelles figure notre terre; déjà Kepler avait donné les trois grandes lois des corps célestes : celle des rayons vecteurs et des aires qu'ils décrivent proportionnelles aux temps, loi de laquelle il suit que les astres vont d'autant

moins vite qu'ils sont plus éloignés de leur foyer; celle des ellipses; et celle de la proportionnalité des carrés des temps des révolutions avec les cubes des distances au soleil ; et tout cela était déjà tellement beau qu'il paraissait impossible d'imaginer quelque chose qui le fût davantage. Mais Newton avait encore à résumer le tout dans une seule loi, la fameuse loi de l'attraction : les corps célestes s'entr' attirent en raison directe de leurs masses et en raison inverse des carrés de leurs distances. Dans cette phrase est tout le système solaire ; les trois lois de Kepler, qui ne trompent jamais, s'exécutent en vertu de celle de l'attraction; tout le système de Copernic se résume en cette même loi ; un mot, attraction, et une proposition des plus simples, voilà tout le code divin de notre univers!..

C'est par cette loi que le soleil se place au centre; c'est par elle que chacune des planètes se met à son rang dans l'espace autour du soleil ; c'est par elle que chacune met d'autant plus de temps à faire sa révolution qu'elle en est plus éloignée ; c'est par elle que toutes les révolutions décrivent des ellipses, dont le soleil est un des foyers: c'est par elle que se décompose le mouvement de chaque corps en force centripète et en force centrifuge ; c'est par elle que s'établit la proportion entre les carrés des temps que durent ces révolutions et les cubes des distances au centre commun ; c'est par cette unique loi que s'établit et se fixe sous la main de Dieu l'immense équilibre ; que se met d'accord le grand concert sous l'archet divin; que se pondère dans l'universelle balance notre monde tout entier avec son soleil, ses planètes, ses comètes et les satellites.

Quoi de plus magnifique 1 et quoi de plus admirable que le génie qui, du grain de sable qu'on appelle la terre, et de l'imperceptible cellule, qu'il occupe sur ce grain de sable, va scriïer les deux, et y découvre cette sublime unité?

Voilà Newton, après que les Copernic et les Kepler lui ont ouvert la voie.

Mais Newton a-t-il trouvé le dernier

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mot de l'énigme ? Qu'est-ce que son attraction? C'est le fait supposé qui rend raison des faits qui s'observent.

Jamais, en effet, sa loi ne se trompe ; onpeuttout deviner, tout prédire avec elle avant de l'avoir vu ; et si quelques erreurs se montrent parfois , on reconnaît bientôt que ces erreurs mêmes ne sont que des applications delà loi, parce qu'elles proviennent d'influences d'astres inconnus qui la mettent, pour leur part, en pratique.

C'est ainsi que M. Le Verrier a trouvé, comme l'a dit Arago, sa planète au bout de sa plume. Mais Yattraction dit-elle la cause vraiment cause? Non, et tout ce qu'il est permis d'affirmer pour être exact, c'est que les corps célestes se comportent comme s'ils s'attiraient les uns les autres en raison directe de leurs masses et en raison inverse du carré de leurs distances. Descartes, au point de vue de l'explication profonde, avait été plus admirable encore ; car il avait devancé de bien loin le génie de Newton lui-même avec son éther par lequel il pouvait rendre compte des attractions ; mais, il n'avait pas, comme Newton, exprimé avec exactitude la véritable loi qui régit les cieux. Fh bien! plus ce Newton, ce grand génie, pénétrait profondément les ressorts intérieurs de l'univers, et généralisait les règles de la machine immense, plus il sentait l'insuffisance de son explication, et le besoin de Dieu pour tutit soutenir et tout activer; plus aussi , il se confondait dans l'abîme de la grandeur infinie du suprême architecte ; et, ne sachant que faire dans le sentiment de sa petitesse en face de cette grandeur, il avait dit : « à quiconque, 6 Dieu, fera retentir ton nom à mon oreille, fût-ce le plus petit enfant, j'ôterai mon chapeau » ; et il fit cela, lé grand Newton, sans l'oublier une seule fois, jusqu'à sa mort.

Ricanez de nous, jeunes athées de notre âge, et faites payer l'amende à qui nommera devant vous le Dieu de Newton, tristes ragabas?

Le Noir.

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ATTRIBUTS, qualités ou perfections de Dieu. Quoique l'essence di-

vine , parfaitement simple en elle même, exclue toute composition et toute distinction, notre entendement borné est forcé de distinguer en Dieu divers attributs ou perfections. Les uns sont nommés attributs métaphysiques; tels sont l'aséité, ou nécessité d'être, l'éternité, l'infinité, l'immensité, la spiritualité, l'immutabilité, la simplicité, l'entendement, la volonté, la toute-puissance, la science, la sagesse etc. Les autres sont nommés perfections morales ; ce sont celles qni établissent des relations morales entre Dieu et les créatures intelligentes, et qui nous imposent des devoirs moraux envers Dieu : telles sont la providence, la bonté, la sainteté, la justice, etc. Voyez chacun de ces attributs sous son nom particulier.

Dans le mystère de la sainte Trinité, les attributs de Père et de Fils sont noc.més attributs relatifs, parce que l'un rappelle l'idée de l'autre ; il n'en est pas de même des attributs absolus dont nous avons parlé ; l'idée d'immensité ne rappelle point celle de toute-puissance, etc.

Nous ne pouvons concevoir les attributs de Dieu que par comparaison avec ceux de notre âme, ni les exprimer autrement ; comme cette comparaison n'est pas juste, il en résulte une difficulté insurmontable de concilier quelques-uns de ces attributs entre eux, par exemple, la simplicité de Dieu avec son immensité, sa liberté avec son immutabilité. Il n'est pas moins difficile de concilier la prescience de Dieu avec le libre arbitre de l'homme. Mais lorsque plusieurs vérilés sont démontrées , la difficulté de les concilier entre elles ne prouve que la faiblesse de notre entendement.

De là les athées ont pris occasion de nous reprocher l'anthropomorphisme spirituel, c'est-à-dire, d'attribuer à Dieu des qualités humaines, et de concevoir Dieu comme un homme plus partait que nous. C'est une accusation fausse, puisque nous avouons qu'en Dieu toute perfection est infinie, et que l'infini passe toutes nos conceptions. Voyez ANTHROPOMOR- PHISME.

Bergier.

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ATTRITION, contrition imparfaite.

Les théologiens scolastiques la définissent une douleur et une dêtcstation du péché, qui nail de la considération de la laideur du péché, et de la crainte des peines de l'enfer. Le concile de Trente, sess. 14, c. 4, déclare que cclie espèce, de contrition, si elle exclut la volonté de pécher, et renferme l'espérance d'obtenir pardon de ses fautes passées, est un don de Dieu , un mouvement du Saint- Esprit, et qu'elle dispose le pécheur à recevoir la grâce dans le sacrement de pénitence. Le sentiment le plus reçu sur Yattrition, est que, dans le sacrement de pénitence, elle ne suffît pas pour justifier le pécheur, à moins qu'elle ne renferme un amour commencé de Dieu, par lequel le pécheur aime Dieu comme source de toute justice. C'est la doctrine du concile de Trente, (1) sess. 6, chap. 6, et de l'assemblée du clergé de France, en

Les théologiens disputent entre eux sur la nature de cet amour : les uns veulent que ce soit un amour de charité proprement dit; les autres soutiennent qu'il suflit d'avoir un amour d'espérance, et qu'il est impossible d'espérer de Dieu grâce et miséricorde, sans ressentir un mouvement d'amour.

En effet, lorsqu'un pécheur fait attention à la bonté de Dieu, qui daigne nous pardonner et noua recevoir en grâce, pourvu que nous nous repentions de l'avoir offensé, que nous en fassions humblement l'aveu, et que nous soyons résolus de ne plus pécher, se peut-il faire qu'il ne sente pas au fond de son cœur un mouvement d'amour de cette bonté infinie?

Il parait donc impossible d'espérer sincèrement le pardon de nos crimes, sans commencer d'aimer Dieu comme source de toute justice, à moins qu'on ne soutienne qu'il est possible de désirer et d'espérer un bienfait, sans penser directement et indirectement au bienfaiteur, et sans ressentir au-

(1) Il serai! peut-être plus esact de dire : Cette doctrine parait ôtre celle du concile de Trente.

Lu Noir.

cun mouvement de reconnaissance : or cela n'est pas concevable.

Il est bon de remarquer que le nom (Yattrition ne se trouve ni dans l'Ecriture ni dans les Pères; qu'il doit son origine aux théologiens scolastiques ; et ils ne l'ont introduit que vers l'an 1220, comme le remarque le père Morin, de Pœnit., lib. 8, c. 2, n. 14. Avant ce temps-là on ne pensait pas à faire l'anatomie des sentiments du pécheur au tribunal de la pénitence. On supposait que la volonté sincère de se réconcilier avec Dieu, est déjà un commencement d'amour de Dieu. Bergieh.

ATTRITiONNATRES , nom qu'on donne aux théologiens qui soutiennent que Yattrition servile ou conçue par une crainte servile, est suffisante pour justifier le pécheur dans le sacrement de pénitence.

Ce terme est ordinairement pris en mauvaise part, et appliqué à ceux qui ont soutenu, ou que Yattrition conçue par la crainte des peines éternelles, sans nul motif d'amour de Dieu, était suffisante, ou qu'elle n'exigeait qu'un amour naturel de Dieu, ou que la crainte des maux temporels suffisait pour la rendre bonne:

opinions condamnées par les papes et parleclergéde France. Voyez Craimte.

Bekgier.

AUBE. Voyez Habits sacerdotaux.

AUBESPINE (Gabriel de 1'), (théol.

hist. hiog. etbiblioq.) — Evèque d'Orléans, il se rendit célèbre par son érudition. La jalousie des ministres l'arracha à son ôvêché. Il mourut en 1630, à Grenoble. Ses ouvrages sont des remarques sur les conciles, sur Tertullien, sur Optât de Milete, un livre premier sur les usages de l'Église, un traité sur l'ancienne discipline ecclésiastique par rapport à l'administration de l'Eucharistie.

Le Noir.

AUCR (Concile d') . [Théol. hist. conc.) — Use tint dans la ville d'Auch (Angusta Auscorum) mi conoile (conciliitm auscense), qui eutduretentissementen 1068, sous le légat du pape Hugues

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