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recueillir des aumônes pour les prisonniers ; on conjecture que c'étaient les diaconesses.
La charité euvers les malheureux fut le caractère distinctif des premiers chrétiens : plusieurs la poussèrent jusqu'à se rendre esclaves, et à nourrir les pauvres du prix de leur liberté.
Saint Clément, Epist. i, n. 65. Ils assistaient les païens aussi bien que les fidèles : Julien leur rend cette justice ; il écrit à un pontife du paganisme, Epist. ti2 : ce 11 est honteux que les » Galiléens nourrissent leurs pauvres » et les nôtres. » Aucune religion n'a inspiré aux hommes une charité aussi industrieuse, n'a suggéré autant d'établissements divers pour soulager les dilférents besoins de l'humanité.
Dans l'origine , les ministres de l'Eglise nesubsistaient que d'aumônes.
Les oblations des lidèles se divisaient en trois parts, l'une pour les pauvres, la seconde pour l'entretien des églises et le service divin, la troisième pour le clergé. Saint Chrodegnnd, évèque de Metz au huitième siècle, dans la règle qu'il prescrit aux chanoines réguliers, veut qu'un prêtre à qui l'on donne quelque chose pour célébrer la messe, pour administrer les sacrements, pour chanter des psaumes et des hymnes, ne le reçoive qu'à titre d'aumône.
Tel a toujours été l'esprit de l'Eglise. Les dons qn'on lui a faits, les biens qu'elle a reçus par donalion, les fondations par lesquelles elle a été enrichie, sont regardés comme des aumônes, dont ses ministres sont les économes, les dispensateurs et non les propriétaires. 11 ya cependant une différence à faire entre une solde, une subsistance accordée à titre de service, et une pure aumône. Voyez Casuel.
Dans notre siècle calculateur on a soutenu sérieusement que l'aumône n'est point un précepte rigoureux.
Que signilie dune la sentence prononcée par Jésus-Christ contre les réprouvés, parce qu'ils n'ont pas fait l'aumône'! On ajoute qu'elle produit plus de mal que de bien, parce qu'elle entretient la fainéantise des pauvres.
Cette prétention serait pardonnable, si tous les pauvres étaient en état de
travailler; mais les infirmes, les vieillur ls, les femmes enceintes ou en couches, celles qui sont chargées d'enfants, les imbéciles, les enfants en bas âge, les impotents, les voyageurs surpris par des besoins imprévus, etc., ne doivent pas être condamnés à mourir de faim. C'est une fausse politique de fournir aux riches des prétextes pour endurcir leurs entrailles aux souffrances des malheureux. Si les pauvres abusent de l'aumône, les riches abusent bien davantage de leurs richesses ; vingt pauvres soulagés mal à propos sont un moindre inconvénient qu'un seul pauvre réduit à périr par la dureté des riches. Si, toutes les fois qu'il se présente une bonne œuvre à faire, on commençait par disserter sur les abus et les inconvénients qui peuvent en résulter, on n'en ferait jamais aucune. Il est dangereux que ce ne soit là le dernier fruit de la philosophie régnante. Voy.
Charité, Fondation, Hôpital.
« Donner, dit saint Augustin, à » manger à celui qui a faim, et à » boire à celui qui a soif, revêtir un » homme nu , loger un voyageur , » donner asile à un fugitif , visiter » un malade ou un prisonnier, rache- » ter un esclave, soutenir un faible, » guider un aveugle, consoler un af- » lligé, panser un blessé, montrer le » chemin à celui qui s'égare, donner » un conseil à celui qui en a besoin, » et la subsistance à un pauvre, ne » sont pas les seules espèces d'au- » moues que l'on peut faire ; mais » pardonner à celui qui pèche, ou le » corriger quand on a autorité sur » lui, en oubliant l'injure que l'on » en a reçue, et en priant Dieu de » lui faire grâce; ce sont des œuvres » de miséricorde que l'on peut re- » garder comme des aumônes. » L.
» de Fide, Spe et Charit., c. 72, n. 19.
Beugier.
AtJMUSSE, fourrure que les chanoines et d'autres ecclésiastiques portent sur le bras gauche en été. Dans l'origine, elle était destinée à couvrir la tête et les épaules en hiver pendant l'office de la nuit. Le nom d'aumusse signilie littéralement au coucher ; en vieux français se musser, c'est se ca-
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cher, et le soleil mussant est le soleil couchant. Bergier.
AURICULAIRE, se dit de la confession qui se fait secrètement à l'oreille.
Voyez Confession. Bergier.
AURORE (animaux). (Théol. mixt.
scien. géolog.) - On a nommé ainsi quelques reliques apparentes d'une Tie animale antique, qu'on a cru trouver dans des terrains antérieurs aux développements de la vie constatés jusque-là. Ces débris d'animaux aurore marqueraient l'aurore du règne animal sur notre globe, et remonteraient jusqu'aux terrains primitifs, antérieurs aux primaires. Il est à présumer que les premières formations de la faune coïncidèrent avec les grands développements de la flore antique ; mais il n'est pas probable que la faune ait précédé la flore, ce qui aurait eu lieu si, comme quelquesuns l'ont cru, ces éozoom étaient de véritables débris d'êtres ayant vécu. Jl n'y a rien d'assez bien constaté scientifiquement à cet égard puur qu'il nous soit encore permis d'entretenir sérieusement nos lecteurs des questions Uiéologigues et d'exégèse qui peuvent s'y rattacher. V. Laurentien (terrain).
Le Noir.
AUSBOURG. Voyez Adcsboueg.
AUSPICE. Voyez Divination.
AUSTÉRITÉS . Voyez Mortification.
AUSTRALIE (églises d'). (Théol.
hist. églis.) — Quand on a découvert l Australie, ou Nouvelle-Hollande, on a trouvé les sauvages de ces contrées dans l'état le plus dégradé qui eût été observé jusque-là cbez des hommes; et la religion, comme la culture des terres, y était dans une nullité presque complète. II y avait pourtant quelques signes d'adoration d'êtres supérieurs, qui ressemblaient à des restes d'anciennes idées religieuses bien plutôt qu'à des commencements.
Ces êtres supérieurs y étaient presque tous sans nom, et les marques du respect public qui les concernaient se
réduisaient aux tabu, c'est-à-dire à des localités ou à des objets qu'on regardait comme saints, et dont on
redoutait d'approcher. C'est dans notre siècle même qu'on a essayé de faire accepter le Christianisme aux Australiens Ces populations ne sont pas incapables d'instruction et de progrès ■ elles s'instruisent même facilement,' et quelques prêtres catholiques d'origine irlandaise, qui s'abaissent à leur niveau, réussissent assez bien parmi elles ; mais ces prêtres sont trop peu nombreux, et l'instabilité ainsi que la sauvagerie presque inabordable des Australiens, sont les grands obstacles qu'ils rencontrent.
Bun autre côté, les vices que les blancs portent dans ces pays et une stérilité qui les envahit de plus en plus depuis que les Européens y ont pénétré, font présager une extinction prochaine de la race indigène. Ce que nous venons de dire s'applique surtout à la Nouvelle-Hollande.
Dans certains groupes d'iles australiennes, où les races ont plus de vigueur, par exemple, à Taïti et dans toutes les îles de la Société, les missionnaires protestants ont mis plus d'activité dans leurs essais pour leur inculquer le Christianisme et les y ont trouvées plus accessibles. Le roi Pomaré tinit par l'accepter et même par l'imposer à ses sujets, après sa victoire de Narii. Cela se passait entre 1812 et 1817. Depuis la mort de Pomaré, sa sœur, la reine du même nom, qui lui a succédé, a laissé la liberté ; les méthodistes l'ont pourtant entraînée en 183i à prohiber l'eau-de-vie qui est un grand fléau pour la population dans ces climats.
Le christianisme protestant a réussi aux îles d'Hcrvey et de Samoa; il n'a pu trouver accès aux Hébrides et aux Marquises. Nous ne passerons pas en revue les îles sans nombre du grand Océan, nous dirons seulement en général, que les efforts des missionnaires catholiques et ceux des missionnaires protestants y sont souvent en concurrence, mais que les protestants, par suite de la protection de l'Angleterre et de sa domination, quoiqu'elle laisse à tous la liberté, ont l'avantage dans la plupart des lo-
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calités, et nous donnerons, d'après M. Mcrz, le résumé suivant de la statistique catholique australienne :
« En définitive les Catholiques de toutes les missions australiennes peuvent s'élever aujourd'hui à 100,000 ou 130,000 âmes (sans compter les habitants des Philippines, où il y a plus de 2,000,000, de Chrétiens). Ils sont distribués dans les diocèses suivants :
« 1° Le vicariat apostolique de Batavia ;
« 2° Le vicariat de VOccanie orientale (mission de la société de Picpus ;)
« 3° Le vicariat de la Nouvelle-Zélande (mission des Maristes ;)
« 4° Le vicariat de Mélanésie et de Micronésie (Maristes;)
« 5° Le vicariat de l'Ocêanie centrale (Maristes;)
« 6° Dans la Nouvelle-Calédonie , mission des Maristes ;
« 7" Métropole Sidney, Nouvelle- Hollande.
« 8° Diocèse d'Adélaïde, Nouvelle- Hollande.
« 9° diocèse de Perth, Nouvelle- Hollande.
« 10° Le diocèse de Hobarttown. de la Terre de Van-Diémen. » Le Nom.
AUTEL, plate-forme de terre, de pierres ou de bois, élevée au-dessus du sol, et sur laquelle on offre un sacrifice. On voitd'abord que autel vient du latin altus, à cause de son élévation. Les Grecsle nommaient OocfeçrfipwSv, du verbe Bueiv, tuer, immoler; les Hébreux Mizbeach, de zahach, égorger, sacrifier. Ce nom est donné dans l'Ecriture à l'autel des holocaustes et à celui des parfums, et non à la table des pains de proposition sur laquelle en ne consumait rien. Cette remarque est essentielle.
Sous la loi de nature, les patriarches élevaient des autels en pleine campagne, pour offrir des victimes au Seigneur. Noé , Abraham , Jacob, en usaient ainsi. Par laloideMoïso, Dieu défendit aux Israélites d'offrir des sacrifices ailleurs que dans le tabernacle, et prescrivit la manière dont les autels devaient être construits. Il y en avait un nommé l'autel des holocaustes, sur lequel on brûlait les victimes, et un autre sur lequel on con-
sumait les parfums ; il en fut de même lorsque le temple fut bâti.
Les autels qui furent érigés par Jéroboam à Samarie, et par quelques autres rois, sur des lieux élevés, furent autant de crimes commis contre la loi ; Dieu en punit les auteurs. Dans l'Hist. de l'Acad. des lnscrip., t. 3, in-12, p. 19, et t. 4. p. 9, il y a une histoire exacte des autels consacrés au vrai Dieu, depuis la création du monde jusqu'à Jésus-Christ.
Autel, chez les chrétiens, est une table carrée placée ordinairement à l'orient de l'église, et sur laquelle on célèbre la messe. On lui donna cette forme, parce que Jésus-Christ était à table lorsqu'il ii.stitua l'eucharistie, et parce que l'on olfre sur cette table le sacrifice du corps et du sang de Jésus- Christ.
Dans l'Eglise primitive, les autels n'étaient que de bois, et se transportaient souvent d'un lieu à un autre; mais un concile d'Epaone , de l'an 817, défendit de construire des autels d'autre matière que de pierre. Dans les premiers siècles, il n'y avait qu'un seul autel dans chaque égli-e, mais le nombre en augmenta bientôt ; saint Grégoire dit que de son temps, au sixième siècle, il y en avait douze ou quinze dans certaines églises. A la cathédrale de Magdebourg, il y en avait quarante-deux.
L'autel n'est quelquefois soutenu que par une seule colonne, comme dans les chapelles souterraines de sainte Cécile à Rome et ailleurs ; quelquefois il l'est par quatre colonnes, comme l'autel de saint Sébastien, in crypta arenaria : mais la méthode la plus ordinaire est de poser la table d'autel sur un massif de pierres.
Ces autels ressemblent en quelque chose à des tombeaux. En effet, les premiers chrétiens tenaient souvent leurs assemblées aux tombeaux des martyrs, et y célébraient les saints mystères. Ilest dit dans l'Apocalypse:
« Je vis sous l'autel les âmes de ceux » qui ont été mis à mort pour la pa- » rôle de Dieu, et pour le témoignage » qu'ils lui ont rendu , » c. 6, ^9.
De là est venu l'usage de ne point consacrer d'autel sans y mettre des reliques des saints.
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