AVA
Philippe s'adresse au Pape, qui lui donne un délai et lui permet, dans l'intervalle, de porter la couronne dans les circonstances solennelles. »
Le Noir.
AUXERRE (concile d'). (Théol. hist.
conc.) — ■ Il se tint à Auxerre (Antissiodorum,) en 581, un concile dont les décrets sont restés importants dans l'histoire. Ces décrets consistent en 45 canons de discipline et concernant des pratiques superstitieuses tirant leur origine du paganisme ; ils ont beaucoup de ressemblance avec ceux des conciles de Lyon et de Mâcon qui furent tenus dans le môme temps.
M. Guerber en donne l'analyse suivante :
« 1° Défense à tous les fidèles de se déguiser, le 1 er janvier, en cerf ou en vache (les païens espéraient par ce déguisement obtenir pour l'année d'heureuses chasses et de bons troupeaux) ;
« 2° De porter des présents de nouvelle année au diable (on plaçait devant la porte de la maison une table chargée de mets, pour détourner l'inlluence des mauvais esprits) ;
« 3° De réaliser des promesses faites à des bocages, à des arbres, à des sources;
« 4° De consulter des sorciers, des devins, les sorts (sortes sanctorum), pour connaître l'avenir.
« 6° Ordre aux prêtres de chercher, au milieu du Carême, le saint Chrême auprès de l'évèque, ou, en cas d'empêchement, d'y envoyer, leurs diacres.
Le saint Chrême doit être porté avec respect dans un vase entouré d'un fin linge de lin.
« 7° Tous les prêtres et abbés doivent chaque année, se réunir en synode à Auxerre, les prêtres au milieu de mai, lesabbéslel er novembre.
« 8° A la sainte messe on ne doit se servir que de vin et d'eau. Tout mélange, surtout de vin et de miel, est sévèrement défendu.
« 9° Toute réjouissance dans une église est sévèrement interdite.
10° On ne doit jamais dire deux messes au même autel le même jour ; surtout un prêtre ne doit pas célébrer à l'autel où l'évèque a ofûcié.
« 1-2° et 13° Défense de donner la sainte Eucharistie aux défunts ou d'envelopper le cadavre dans des nappes d'autel.
« 14°, 15°, 16° Défenses d'enterrer des morts dans la sacristie, de déposer deux corps dans une même tombe ; d'atteler des bêtes de somme le dimanche ou de faire d'autres travaux illicites.
« 18° Sauf le cas de danger, ne baptiser qu'à Pâques.
« 19° Non-seulement le prêtre qui célèbre, mais les diacres et les sousdiacres qui servent à l'autel, doivent être à jeun (probablement parce qu'ils recevaient ordinairement la communion) :
« 22° La femme d'un prêtre, d'un, diacre, d'un sous-diacre, séparée de lui depuis son ordination, ne peut pas se remarier, même après laniort de son premier mari.
« 24°, 25°, 26» Défense aux abbés et aux moines d'assister aux noces, de tenir des enfants sur les fonts baptismaux.
« 27°, 32° Prohibition de mariage à divers degrés de parenté.
« 33°, 34° Défense aux clercs d'assister au jugement et à l'exécution des criminels.
« 36°, 37° Défense aux femmes de recevoir la sainte Eucharistie dans la main nue et non recouverte d'un linge de fin lin. (Cette manière de communier était usitée dans les Gaules.
On descendait le ciboire suspendu sous le baldaquin de l'autel, on l'ouvrait, et le prêtre ou le diacre mettait le très-saint-Sacrement dans la main de chacun des communiants. Les femmes devaient se couvrir la main.)
« 40° Défense sévère aux clercs, et surtout aux prêtres et aux diacres, d'assister à des danses et à des chants dans des réjouissances publiques ou privées.
« 43° Un laïque, fût-ce un juge ou un fonctionnaire, qui, sans avertir l'évèque, entreprend quelque chose de nuisible à un ecclésiastique, doit être excommunié pour un an. Colleet.
conc. ad. ann. 581. » Le Noih.
AVARE, AVARICE. C'est aux philosophes moralistes de faire sentir la