‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 1 (volume 3)Chapitre 153 sur 166 · A"VE · texte numérisé non relu

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au même rang que les premières, et si la dernière est d'espèce à faire sourire le savant, elle n'est pas la moins philosophique; Platon la choisirait préférahlement à toutes les autres.

« Si nous consultons les traditions humaines, c'est le feu qui aurait l'avantage.

« Le feu consume tout » s'écrie Odin, « et les flammes de la terre s'élèvent jusqu'aux cieux. »

« Il est écrit dans le destin, dit Ovide, qu'il viendra un temps où la mer et la terre et le ciel s'embraseront et où sera renversée la machine du monde. (Lib. i.)

« Lucain, Stace, Properce ont chanté les mêmes événements.

« Chrysippe, Numéuius, Sénèque et tous les stoïciens ont eu la même croyance.

a Nous soutenons, » dit Sénèque, « que c'est le feu quiviviliele monde, et transforme tout en sa propre nature ; donc le monde finira par le feu. » {Nat quœst., lib. ut, c. 13.)

« Cicéron explique er. détail cette philosophie. (De nat. Deor. lib. n, c.

« L'égoïste Tibère disait souvent :

« Que la terre s'embrase quand je ne serai plus !»

« D'après Plutarque T cette tradition de la fin du monde parle feu remontait à Hésiode et à Orphée. {De oracul. clefec.)

« Heraclite et Empédocle avaient dit la même chose.

« Et quant aax religions orientales dont nous avons déjà cité les témoignages, leurs destructions se font par le feu, par l'eau ou parle vent, ou par le feu et l'eau réunis, mais presque toujours par le feu, soit seul, soit comme élément principal. On a pu le voir pour plusieurs, par ce que nous en avons rapporté, et il suffit de dire qu'il en est de même du reste. Quant aux Juifs et aux Chrétiens, on connaît assez leurs traditions populaires sur l'embrasement final.

« Si maintenant nous nous plaçons an point de vue de nos Livres saints, théologiquement interprétés, que devons-nous penser?

« Un seul mode d'extinction pour-

rait être considéré comme ne devant pas avoir lieu, celui d'un déluge universel, et cela en conséquence de la promesse que Moïse nous raconte avoir été faite au genre humain dans lapersonne et la famille de Noé. Voici le passage :

« Ceci aussi, Dieu le dit à Noé et à ses fils avec lui : Voilà que j'établirai mon pacte avec vous et avec votre semence après vous, et avec toute âme vivante ( 1 ) qui est avec vous ; ne sera plus désormais tuée toute chair par les eaux du déluge ; ne sera-plus à l'avenir un déluge, exterminant la terre.

« Puis Dieu prend pour signe de cette promesse l'arc-en-ciel et il ajoute encore : Il n'y aura plus désormais des eaux de déluge pour détruire toute chair. (Gen. ix, 9 seqq. )

« Mais nous ne croyons pas qu'on puisse rien conclure de là contre l'éventualité d'une extinction future de la race humaine ou delà fin du monde, par un cataclysme diluvien. Si l'on prenait aussi rigoureusement dételles paroles, on serait conduit à nier toute espèce de tin de l'ordre présent; car, un peu plus haut {Gen. vm, 21, 22,) après le sacrifice de Noé qui est agréahle à Dieu, Dieu lui dit d'une manière générale : Je ne maudirai pftis désormais la terre à cause des hommes...

Jene frapperaiplus toute dîne vivante, comme je l'ai fait. Tous les jours de la terre, les semailles et la moisson, le froid et le chaud, l'été et l'hiver, la nuit et le jour, ne sereposerontpoint. Ilnous paraît assez clair que, s'il y a promesse que le genre humain ne sera pas détruit par un déluge, il y a aussi promesse qu'il ne sera pas détruit par le feu ou parlevent; car la prophétie a pour but de rassurer les hommes, et l'attente d'une destruction par le feu ou par le vent, ne serait pas plus rassurante que celle d'une destruction par l'eau. Si donc on entend par le passage du chapitre ix que la fin n'aura pas lieu par l'eau, on doit entendre parceluidu chapitre vin qu'elle n'aura lieu d'aucune manière et que ces jours de la terre dont il est question seront indéfinis.

« Mais tel n'est pas le sens à notre

(1) Les animaux.

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