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Comment prouve-t-on que les prêtres ne sont chrétiens que par intérêt? Par les fautes vraies ou prétendues qu'ils ont com-
1) Ilist. des Etabliss. des Europ. dans les Indes, tora. VII, c. 2, p. 59. J2) Encydop., Gloire.
(3) III. Dial. sur l'âme, p. 66.
(4) Essai sur les préjugés, c. 14, p. 378.
!5) (Eiw. de J. J. Rousseau, tom. I,pag\ 43.
6J Syst. de la nat., tom. II, c. 8.
!7) Ibid., tom. II, c. H.
(8) Christianisme dévoilé, prêt. p. 25.
(9) Syst. de la nat., tom. II. c. 10, pag. 319.
INTRODUCTION DE BERGIER
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mises depuis la naissance de l'Eglise. On en reproche aux papes, aux évèqnes, aux ministres inférieurs; les protestants surtout ont fourni là-dessus de bons mémoires.
C'est s'arrêter en beau chemin; il fallait pousser l'induction jusqu'où elle peut aller.
On connaît d'habiles jurisconsultes, dont la conduite n'est pas un modèle d'équité; des médecins qui, après avoir disserté savamment sur la nécessité du régime, ne l'observent pas mieux que leurs malades ; des philosophes dont les actions et la morale ne sont pas toujours d'accord. « Toutes les fois, dit un » écrivain très-connu, que je songe à mon ancienne simplicité, » jje ne puis m'empècher d'en rire. Je ne lisais pas un livre de » morale ou de philosophie, que je ne crusse y voirl'àme oulcs » principes de l'auteur; je regardais tous ces graves écrivains » comme des hommes modestes, sages, vertueux, irrépro- « chaînes... Je me formais de leur commère des idées angéliwques, et je n'aurais approché de la maison de l'un d'eux, que « comme d'un sanctuaire. Je ne comprenais pas que l'on pût » s'égarer, en démontrant toujours ; ni mal faire en parlant » toujours de sagesse. Enfin, je les ai vus : ce préjugé puéril » s'est dissipé, et c'estla teule erreur dont ils m'aient guéri (1). » Donc les philosophes ne croient pas plus à la morale que les prêtres à la religion.
"Voilà l'argument dans toute sa force. Que répondent les philosophes ? Que, « quand un homme, entraîné par ses passions, » paraît oublier ses principes, il ne s'ensuit pas qu'il n'en a point, » qu'il n'y croit pas, ou que ces principes sont faux; que le temr » pérament est plus fort que les systèmes, et que les passions » l'emportent sur la croyance (2). » Ainsi les prêtres sont justifiés ou du moins excusés par leurs propres dénonciateurs.
Supposons que ceux-ci soient venus à bout d'en séduire quelques-uns qni ont eu des liaisons trop familières avec eux ou avecleurs écrits, ils'ensuit que ces faibles théologiensn'eu savaient pas assez poursentir la fausseté des raisonnements des incrédules. Cette victoire n'est pas assez brillante pour en faire trophée contre la religion. Semblables aux païens qui insultaient aux chrétiens apostats, nos sages philosophes ne pardonnent ni à ceux qui leur résistent, ni àceux qui ont succombé sous leurs sophismes. Belle récompense de la docilité que l'on a pour eux!