‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 1 (volume 3)Chapitre 28 sur 166 · XX · texte numérisé non relu

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Personne ne disconvient aujourd'hui du ressort secret qui a fait agir les hérétiques, lorsqu'ils ont troublé le repos de l'Eglise

(1) Préface de Narcisse.

(2) Syst. delà nat. tom. II, c. 12, pag. 3i2.

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INTRODUCTION DE BERGIER

et de la société ; ils étaient conduits par l'enthousiasme, par le fanatisme. Les philosophes ont éloquemment déploré les ravages de ce vice dangereux ; ils en ont donné le nom à toute espèce d'attachement à une religion vraie ou fausse ; les athées regardent comme des fanatiques tous ceux qui croient un Dieu (1). Si l'on doit appeler fanatisme le faux zèle allumé au foyer des passions, pouvons-nous en méconnaître les symptômes dans ceux mêmes qui déclament contre lui? Un homme qui se croit népour instruire les nations, résolu de braver les lois et l'autorité des souverains pour établir sa doctrine, très-peu délicat sur le choix des moyens et des prosélytes, ennemi déclaré de tous ceux qui s'opposent à ses desseins, appliqué aies rendre odieux et méprisables, toujours prêt à se porter aux derniers excès contre eux, à bouleverser la société, s'il le faut, pour affermir le règne de ses opinions ; si ce n'est pas un fanatique, nous ne savons plus quelle idée l'on doit attacher à ce nom.

Ils disent que la liberté naturelle à l'esprit humain, l'indépendance, moins amoureuse de la vérité que de la nouveauté, fait souvent rejeter le christianisme dans sa vieillesse, comme elle le fit adoptera sa naissance (2). Serons-nous encore dupes de l'amour de la vérité, dont nos adversaires sont embrasés?

Quelques-uns ont poussé la démence jusqu'à se faire un mérite de leur haine contre les défenseurs delà religion. « J'ai été, dit » l'un d'entre eux, s'adressant à Dieu même, j'ai été l'ennemi de » ceux qui opprimaient la société. » Il prétend que, s'il y a un Dieu, il doit tenir compte à un athée des invectives qu'il a vomies contre les souverains et contre les prêtres (3). Y eut-il jamais de fanatisme mieux caractérisé?

Le fanatisme, dit l'oracle des incrédules, est une folie religieuse, sombre et cruelle; c'est une maladie de l'esprit qui se gagne comme la petite vérole; les livres la communiquent beaucoup moins que les assemblées et les discours (4). Mettons folie antireligieuse, la définition ne sera pas moins juste.

Y a-t-il moins de danger pour un génie ardent, de concevoir une haine aveugle contre la religion, que de se livrer à un zèle inconsidéré pour elle? Le premier de ces deux excès trouve plus d'aliments que le second dans les penchants du cœur. Si l'un mérite le nom de fanatisme, quel titre donnerons-nous à l'autre?

Un homme sensé qui pourra soutenir lalecture de la harangue adressée à Dieu dans le Système de la nature (5), y reconnaîtra le

(1) Lettre de Trasib. àLeucippe, pag. 25; Syst. de lanat. tom. II, c. 7, pag.

(2) Hist. des Etabliss. desEurop. dans les Indes, tom. VII. c. 2. 3) Syst. de la nat., tom. II, c. 10, pag. 303.

(4) Quest. sur l'Encycl., Fanatisme.

(5) Syst. de la nat., Ma.

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vrai langage d'un énergumène, ou d'un réprouvé condamné aux flammes éternelles.

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