‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 1 (volume 3)Chapitre 29 sur 166 · XXI · texte numérisé non relu

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Quoi, dira-t-on, vous osez taxer de fanatisme des philosophes qui ne prêchent que la tolérance, qui ne cessent de déclamer contre la fureur avec laquelle les hommes se sont égorgés pour des opinions !

Ne soyons pas dupes d'un mot. Tolérance, dans le style de nos adversaires, signifie la même chose que liberté dans la bouche des séditieux. «Nom spécieux, dit très-bien un ancien- » quiconque a voulu se rendre le maître et asservir ses sem- » blables, n'a jamais manqué de s'en décorer (1). » On sait ce que les ambitieux entendent par là ; Us veulent la liberté pour eux et l'esclavage pour les autres ; c'est précisément ce que nous voyons. Lorsque les philosophes étaient déistes, ils jugeaient l'athéisme intolérable, ils décidaient qu'on doit le bannir de la société : depuis qu'ils sont devenus athées, ils disent que l'on ne doit pas souffrir le déisme, parce qu'il est intolérant, aussi bien que les religions révélées. Ces docteurs pacifiques sont donc bien résolus de n'établir la tolérance que pour leurs propres opinions, et de déclarer la guerre à toutes les autres. S'ils ont droit d'attaquer la religion, parce qu'elle est intolérante, nous ne sommes pas moins fondés à détester l'incrédulité, puisqu'elle est encore moins tolérante que la religion.

« Il est peu d'hommes, dit le livre de l'Esprit, s'ils en avaient » le pouvoir, qui n'employassent les tourments pour faire gé- » neralement adopter leurs opinions... Si l'on ne se porte ordi- » nairement à certains excès que dans les disputes de religion » cest que les autres disputes ne fournissent pas les mêmes » prétextes, ni les mêmes moyens d'être cruel. Ce n'est qu'à l'im- » puissance qu'on est en général redevable de sa modération (2). L auteur du Système de la nature avoue de même qu'il est difficile de ne pas se fâcher en faveur d'un objet que l'on croit tres-impor. an (3) Or, tout philosophe regarde son s/stème comme tas-im P ortant, et nous ne savons pas encore à 'quelles extrémités il est capable d en venir, lorsqu'il est fâché. Mais quand nous lisons que « cehn qui parviendrait à détruire la notion fa-

! ,™» t T ' ™v U m °i nS à dimiûuer ^s terribles influences, » serait a coup sûr 1 ami du genre humain (4) », nous croyons avoir heu de nous défier d'une pareille amitié. "°y° ns

(1) Tacite, hist., liv. 4, n. 73.

(2) De l'Esprit, 2. dise, c. 3, note, pag. 103 (3 Syst. de ta nat., tom. II, ch. 7, pae. 224

[*) Ibid., tom. II, c. 3,pag. 88; c. lu^pa*. 317.

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INTRODUCTION DE BERGIER

N'espérez plus de paix, nous crie un de ces bénins philosophes, après^ avoir vomi sis. pages d'injures et de calomnies contre les prêtres ; n 'espérez plus de paix (1) . Si malheureusement il faut nous résoudre à la guerre, nous nous sentons assez de forces pour la soutenir encore longtemps.

Dans les commencements, les sectaires du seizième siècle étaient des agneaux ; ils demandaient humblement la tolérance : devenus assez forts, ils se conduisirent en lions furieux; ils voulurent tout détruire. Les incrédules, héritiers de leurs principes et de leur haine, seraient-ils plus doux en pareil cas ? Ce que nos pères ont essuyé pendant près de deux siècles, ne nous a que trop instruits des excès auxquels le fanatisme antireligieux est capable de se porter. L'incrédulité, plus ou moins étendue, plus ou moins ambitieuse dans ses prétentions, se ressemble partout; son génie est toujours le même (2).

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