LXX1I
PLAN DE LA THÉOLOGIE, PAR IÏERGIER
expressions de l'Ecriture, qui attribuent à Dieu des membres corporels, des yeux, des oreilles, un visage, une bouche, un cœur, des pieds, des mains; ou des actions humaines, comme la voix, la parole, la vue : des anthropopathies ou des phrases qui lui attribuent les passions humaines, comme l'amour, la haine, la pitié, oula compassion, la colère, la jalousie, la vengeance.
24. Nous apprenons par la révélation que Dieu est un en trois personnes Père, Fils,etS.-Espnt, mystère nommé la Sainte Trinité; que le Fils ouïe Verbe par voie de génération procède du Père ; que le St. -Esprit procède du Père et du Fils ; qu'il y a entre ces personnes divines une coégalité et une coèternité parfaites, conséquemment, que le Verbe est homoousios ou consubstantiel au Père. De là sont nés les termes hypostase, actes immanents, paternité, filiation, spiration, procession, mission, relation, eircumincession. Ce dogme n'a rien de commun avec la prétendue Trinité de Platon.
L'Eglise en professe la croyance par la fête de la Ste. Trinité, par des confréries érigées sous son nom, par le Trisagion, la doxologie, le signe de la croix, le nombre de trois affecté dans la plupart des cérémonies, etc. Elle y applique avec raison le passage des trois témoins, dont parle St. Jean.
23. 11 n'est pas étonnant que ce mystère ait été attaqué par un grand nombre d'hérétiques. 1° Les sabellicns, disciples de Sabellius, confondaient les personnes, et les réduisaient à une seule ; ils ont été aussi appelés acéphales, angélistes, damiamstes, marcelliens, noé tiens, paulianistes, samosatiens, patripassiens, théopuschites, praxéens, etc. 2° Les cdoges et les ariens nièrent la divinité du Verbe; ils ont porté différents noms que l'on verra n° 57. 3° Les macédoniens, nommés aussi pneumatomaques, ont attaqué la divinité du St. -Esprit. i° Ces trois erreurs ont été renouvelées par les sociniens, connus sous les noms d'unitaires, à'antitrmitaires de frères polonais, de collégiens, de fieshusiens, deservélistes, etc. 5° Les triihéistes, les cononites, Abailard et quelques autres ont l'ait trois dieux diil'é-
rents des trois personnes divines.
6° Les Grecs et les arméniens schismatiques soutiennent que le St.-Esprit procède du Père et non du Fils.
IL Dieu créateur et conservateur.
26. Les anciens philosophes n'ont,' point admis la création proprement' dite, mais les livres saints nous l'enseignent, ils nous en montrent un monument dans le nombre septenairt ou la semaine; par là sont condamnés les albanais et les baynolais qui croyaient le monde éternel, les hermiens, les hermogéniens, et les séleuciens, qui soutenaient la matière éternelle.
27. Dieu a créé 1° les anges, purs esprits, substances spirituelles, incorporelles, immatérielles. Les uns sont bons, les autres mauvais. Les premiers, selon la croyance de l'Eglise, sont distribués en neuf ordres ou chœurs, savoir les anges, les arch anges, les principautés, les puissances, les trônes, 1rs dominations, les vertus, les chérubins et les séraphins, d'où est venu le mot séraphique, Dieu a donné à chaque homme un ange gardien, mais souvent il s'est aussi servi des anges pour exécuter ses vengeances; l'Ecriture nous apprend les noms de quelques-uns, comme Michaël ou Michel, Gabriel, Raphaël, Abaddon. Les mauvais anges sont désignés sous les noms de démons, diables, Satan, Astnodèe, Beel&ébub, etc.
28. 2° Dieu a créé le monde visible et tout ce qu'il renferme. C'est mal à propos que divers hérétiques nommés cerdoniens, cérinthiens, valentiuiens, gnostiques, antitacles, carpocratiens, archontiques, murcionites, manichéens, Latinités, bradâtes, catharistes, séeérù ns, priscillianistes, pauliciens.poplicuins, albigeois, etc., ont censuré Ihéxaméron ou l'ouvrage des six jours, ont admis le dualisme ou deux principes créateurs ; les incrédules modernes ont tort de répéter leurs objections et de nier les causes finales. Ce que dit Moïse du ciel ou du firmament, de la terre ou du globe, des eaux de Y abîme, des astres, du jour et do la nuit, etc., n'est point contraire à la physique,