‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 1 (volume 3)Chapitre 35 sur 166 · Dieu a créé l'homme à son · texte numérisé non relu

Dieu a créé l'homme à son

PLAN DE LA THÉOLOGIE, PAR BERGIER

image et à sa ressemblance, lui a donné une âme spirituelle, immortelle, douée du libre arbitre, ou de liberté exempte de toute nécessité aussi bien que decoaction; cette ame n'est point sortie de la substance divine par émanation. Adam est justement nommé protoplaste, ou premier créé, d'où il s'ensuit que tous les hommes sont frères et parents. L'on doit donc rejeter l'erreur des préadamites, celle des origënistes, celle des protoctistes qui croyaient la préexistence des âmes, celle des thnétopsychiques qui soutenaient la mortalité des âmes, celle des arabiques qui pensaient que l'âme mourait et ressuscitait.

30. Par sa providence Dieu conserve ses créatures, maintientdans l'univers l'ordre physique qu'il a établi. De là nous tirons la notion de plusieurs attributs divins, relatifs aux créatures, tels sont la science de toutes choses, même des événements futurs, que l'on nomme prescience ou prévision ; les volontés antécédentes ou conséquentes, les décrets absolus ou conditionnels, la prédétermination que soutiennent quelques théologiens. D'où l'on conclut que rien n'est casfortuit ou hasard à l'égard de Dieu, qu'il n'y a point de destin, que les Agnoétes étaient dans l'erreur. De là encore la bonté, la sagesse, que nous attribuons à Dieu, les noms Âb ou Abba, père, bienfaiteur, Adonai, seigneur, que nous lui donnons.

31 . L'inégalité que Dieu a mise entre les créatures, leurs imperfections, le mal qui est dans le monde, ne dérogent point à la bonté divine. A proprement parler il n'y a ni bien ni mal absolu, mais seulement par comparaison ; les termes de perfection et d'imperfection, de bonheur et de malheur, sont purement relatifs, et il n'est pas nécessaire que l'homme soit impeccable. Aucune créature n'est entièrement privée des bienfaits naturels ni des grâces surnaturelles. Il n'est donc pas nécessaire de recourir à l'optimisme pour justifier la conduite de Dieu, les afflictions et les châtiments qu'il envoie, pour prouver que ce n'est point un effet de partialité, de haine, d'aversion, pour répondre aux plaintes des marcionites, des manichéens et des théocatagnostes, pour

réfuter les colluthiens qui disaient que les maux ne viennent point de Dieu.

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