IV. Dieu rédempteur et sauveur
54. Dieu avait promis à notre premier père Adam un rédempteur, et aux Juifs un messie : nous le voyons par les prophéties de Noé, d' Abraham, de Jacob sur le sceptre de Juda, de Moïse, de Balaam, de David dans les psaumes; d'Isaïe, sur Emmanuel et sur la passion du Sauveur; de Daniel,
; sur les quatre monarchies et les 70 . semaines d'Aggée et de Malachie. Le temps de les accomplir était arrivé, lorsque les peuples se sont trouvés en état former entre eux une société religieuse universelle; la loi de Moïse.
loi nationale, destinée à un seul peuple, ne pouvait plus convenir :
il fallait une loi nouvelle, une loi de grâce, une nouvelle alliance, ou un nouveau testament pour établir sur la terre le royaume des cieux ou le
royaume de Dieu; c'est la troisième époque de la révélation. Jésus-Christ a réellement accompli les anciens oracles dans le sens le plus littéral; les apôtres et les évangélistes ont eu raison de les citer et de les lui appliquer, sans avoir besoin des types ni des prophéties- typiques, encore moins des livres sybillins.
55. Sous le règne d'Auguste, et de l'un des trois Hérode, le Verbe divin, seconde personne de la sainte Trinité, s'est incarné, a pris un corps et une âme dans le sein de la Vierge Marie par l'opération du St. -Esprit, est né à Bethléem à l'occasion du dénombrement de la Judée, a été mis dans une crèche ; sa généalogie tracée par deux ôvangélittes, prouve qu'il est né du sang de David et d'Abraham. Il avait eu pour précurseur Jean-Baptiste, fils du prêtre Zacharie ; on célèbre la décollation du premier.
56. De cette union hypostatique ou substantielle de la divinité avec l'humanité dans une seule personne, résulte le composé théandrique, Jésus- Christ théanthrope, Dieu et homme, fils de Dieu et fils de l'homme; conséquemment ses actions sont nommées déiviriles : on doit lui attribuer deux natures, deux volontés et deux opérations ; toutes les qualités de la nature divine et de la nature humaine ; c'est ce que les théologiens appellent communication des idiomes : conséquence évidente de l'incarnation.
57. La profondeur de ce mystère, les abaissements du Verbe divin, ont donné occasion à plusieurs sectes d'hérétiques. 1° Les uns ont nié la divinité de Jésus-Christ, comme les cérinthiens, les gnostiques barbéliots, les bonosiaques, ou Bonosiens, mais surtout les ariens nommés aussi acaciens, adoptiens, aétiens agnoites ou agnoètes, anoméens, eudoxiens, eunomiens, eunomio-eupsy chiens, cusébiens, exocionites, hétérousiens, demi-ariens ou semi-aricns,photiniens,porphy riens, psatyriens, homuncionistes, etc. Ils ont eu pour successeurs les sociniens. Ces hérétiques ont appelé les orthodoxes hominicoles, homoousiens homounconiaies, etc. La formule macrostiche des eusébiens ne renfermait aucune erreur.