I.XXXI
S. Pierre Ciirysologue, Théoiorct, S. Léon, S. Eueher de Lyon, S. Prosper, S. Rilaire d'Arles. Au 6 e S. Boêce, S. Fulgence, S. Césaire d'Arles. Au 7 e S. Grégoire le Grand, S. Isidore de Séville, S. Maxime, abbé. Au 8 e Uede ■ et S. Jean Damascène.
Les auteurs plus modernes sont appelés écrivains ecclésiastiques plutôt que Pères ou docteurs de l'Eglise.
Ainsi on connaît au 9 e siècle Alcuin, Agobard de Lyon, R.aban-Maure, Paschase-Ratbert, Hincmar de Reims ; au 10e S. Odon de Cluni et GEcumenius, et dans le II e S. Odilon, Fulbert de Chartres, S.Pierre Damien, Lanfranc ; au 12 e S. Anselme, Ives de Chartres, Hugues et Richard de S. Victor, S.
Bernard. Dans ce même siècle, Pierre Lombard, appelé le maître des sentences, a donné naissance à la théologie scolastique.
Au 1 3 e , S. Thomas a formé l'école des thomistes ; S. Bonaventure, son contemporain, et Scot au 14 e , sont les chefs de l'école des scotistes. Le 15 e a été l'époque de la renaissance des lettres ; Gerson, Tostat, évêque d'Avila, le cardinal Bessarion, et une infinité d'autres écrivains controversistes, s'y sont rendus célèbres; le 16e a été marqué par la naissance de la prétendue réforme et par les panoplies des controversistes.
75. Dans aucun siècle la doctrine chrétienne n'a manqué de défenseurs ; pour réprimer les novateurs, l'Eglise a tenu des conciles généraux, œcuméniques ou pléniers, et des conciles particuliers ou synodes ; parmi les conciles généraux, celui de Nicèe, le concile Quinisexte ou in Trullo, et le concile de Trente qui est le dernier, sont remarquables. Elle a toujours été persuadée que, dans ces assemblées, Jésus-Christ remplissait la promesse qu'il lui a faite de lui acecorder l'assistance du St. -Esprit. Conséquemment les pasteurs ainsi réunis ont dressé des décrets ou canons sur le dogme, des confessions ou professions de foi, ont montré quelle était la doctrine orthodoxe, la doctrine hétérodoxe, fausse, erronée, hérétique, blasphématoire ou scandaleuse. Ils ont dit ana- 'ihéme aux hérésiarques et aux; hérétiques, surtout aux relaps, ont rejeté
leurs conciliabules, ont censuré et condamné leurs livres, ont exigé d'eux l'abjuration de leurs erreurs, leur ont défendu de dogmatiser, ont effacé leurs noms des dyptiques, leur ont refusé des lettres formées ou lettres de communion.
76. Ils ont opposé à ces faux docteurs non-seulement les livres et le texte de l'Ecriture sainte , mais la tradition catholique ou universelle, venue des apôtres, attestée par toutes les églises particulières, surtout par la chaire de St.-Pierre ou l'Eglise romaine. Ils ont ainsi démontré quelle est la règle de foi, comment se conserve le dépôt de la foi et la communion de foi, en quel sens l'Eglise est une, sainte, catholique, apostolique, visible, infaillible même dans les faits dogmatiques ; en quoi consiste cette unité, cette infaillibilité, etc. Ils ont réfuté l'opinion des invisibles.
77. De leur côté les hérétiques, par l'enchaînement et le progrès de leurs erreurs, par leurs divisions en plusieurs sectes, ont fait voir le danger de Y esprit particulier, la nécessité d'une autorité et d'un centre d'unité en fait de religion, l'illusion de la prétendue rêformation qu'ils voulaient faire, l'absurdité de leurs distinctions entre les traditionnaires et les textuaires, la fausseté de leur tolérance, l'inutilité des travaux des sincrétistes ou conciliateurs, l'irréligion des latitudinaires ou collégiens.
78. L'Eglise n'a pas moins réprouvé les schismes et les schismatiques, dissertants ou dissidents, les novatiens et les sabbatiens, les mélétiens, les donatistes divisés en claudianistes, pétiliens, maximianistes et rogatistes, leurs circoncellions, les eîcètes, les acéphales ou caucobar dites, les agonistiques, biblistes, borrélistes, les indépendants les chercheurs, les tropites.
Un des schismes les plus fâcheux est celui qui a séparé les grecs d'avec l'église latine, qui fait distinguer les maronites ou grecs réunis, d'avec les melchites ou grecs non réunis, parmi lesquels se trouvent les mingréliens :
le fameux Hébed-Jésu ou Abdissi était maronite.
De même le schisme de l'Angleterre où l'on distingue les anglicans ou
LXXXH
PLAN DE LA THÉOLOGIE , PAR BKRGIEB
épiscopaux qui se nomment la haute Eglise, d'avec les presbytériens, nonconformistes, puritains ou séparatistes, divisés en plusieurs sectes.
79. En recommandant le zèle de religion, l'Eglise n'autorise ni V intolérance ni la persécution, ni la violence contre les mécréants, lorsqu'ils sont paisibles ; mais elle réduit la tolérance et la liberté de conscience h ses justes bornes. L'inquisition nommée le S.
Office, et ses procédures contre les hérétiques négatifs, les auto-da-fé ou supplices auxquels elle les condamne, ne sont point commandés par la religion. Les ithaciens, persécuteurs des priscillianistes,ne furent point approuvés, mais condamnés.