‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 1 (volume 3)Chapitre 41 sur 166 · V. Dieu sanctificateur · texte numérisé non relu

V. Dieu sanctificateur

80. Par la manière dont Dieu a établi, maintient et perpétue 1« christianisme, il est évident qu'il veut sanctifier l'homme et le conduire au salut éternel par la croyance des dogmes, par la pratique de la morale et du cnlte, par la soumission à la discipline de cette religion ; quatre moyens desquels la théologie doit montrer la nécessité et les effets.

Dogmes ou articles de foi.

81. Les principaux dogmes, ou articles de foi du christianisme, sont renfermés dans le symbole des Apôtres ou le Credo; mais il n'est pas certain que le symbole attribué à S. Athanase soit véritablement de ce Père. Plusieurs de ces dogmes sont des mystères incompréhensibles ; il ne s'ensuit pas qu'ils soient incroyables. Quelquesuns sont nommés articles fondamentaux que tout chrétien doit savoir et croire d'une foi implicite ou expl/ci.te; le devoir des pasteurs et des prédicateurs est de les enseigner au peuple dans les catéchismes, dans les sermons, les homélies, les prônes, les parenèses ou exhortations, les prédications de dominicale et les sermologues.

82. Un des articles de notre foi est que le salut éternel ne peut être obtenu que par les mérites de Jésus- Christ; que nous avons besoin du secours surnaturel de la grâce inté-

rieure, non-seulement pour faire de bonnes œuvres, mais pour former de bons désirs, pour opérer notre conversion, même pour avoir le commencement de la foi, que la persévérance finale est un pur don de Dieu, que sans la grâce habituelle ou sanctiiiiinte il n'y a dans l'homme aucun mérite de condignité. Il est donc de foi que la grâce actuelle est purement gratuite, n'est point le salaire de nos mérites, ni l'effet de nos efforts naturels; qu'elle n'est pas seulement concomitante et coopérante, mais prévenante, sans toutefois qu'elle soit nécessitante.

Il n'y aurait ni mérite ni démérite, si nous n'étions pas libres. Telles sont les vérités que S. Augustin a défendues victorieusement contre les pélagiens et les semi-pélagiens ou massiliens, et que l'Eglise a confirmées par ses décrets.

83. Mais elle n'a pas décidé en quoi consiste l'efficacité de la grâce, si c'est dans une délectation victorieuse, dans une prédétermination physique, ou dans la congruité de la grâce, quelle est la différence essentielle entre la grâce efficace et la grâce suffisante; si le décret de prédestination des élus suppose la prévision de leurs mérites ou s il la précède, si la réprobation des méchants est positive ou négative, etc.

84. Aussi les disputes sur ces questions se sont souvent renouvelées et durent encore : au 5 8 siècle les prédestinatiens, au 9 e Gotescalc, au 16" les différentes sectes de protestants, et les docteurs catholiques, les ont agitées avec Beaucoup de chaleur.

Les confessionistes ou luthériens qui suivent la confession oVAugsbourg, que quelques-uns nomment isébiens, ont eu parmi eux des intérimistes, qui adoptaient l'intérim publié par Charles-Quint, des philippistes, sectateurs de Mélanchton, et des osiandriens. Les calvinistes nommés en France huguenots, protestants, religionnaires, sont divisés en universalistes et en particularistes, en infralapsaires et supralapsaires, en arminiens ou remontrants-, et en gomaristes ou conlre-remontrants, en pajonistes et en calixtins, en prédestinateurs terministes , etc.

De nos jours les partisans du baia-

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nisme, du jansénisme ou deV Augustin de Jansénius, les appelants de la constitution ou bulle Unigenilus, défenseurs du fameux cas de conscience et opposés au formulaire, ont pris faussement le nom à'augustiniens, ont combattu contre les molinistes ou congruistes, ont nommé ceux-ci constitutionnaires ; mais les convulsions et les convulsionnaires ont jeté, sur le parti dae appelants et sur leur appel, un ridicule ineffaçable.

8S. Parmi les moyens de sanctification que Jésus-Christ a institués, les plus eflicaces sont les sacrements : en nous faisant l'application des mérites de ce divin Sauveur, ils opèrent en nous la justification, nous mettent en état de grâce et de justice habituelle ; mais l'homme n'est pas rendu juste par l'imputation de la justice et des mérites de Jésus-Christ, et la grâce sanctifiante n'est point inamissible.

86. Les sacrements tiennent tout a la fois au dogme, à la morale, au culte et à la discipline ; il faut en connaître l'institution, le nombre, le ministre, la matière, la forme, les effets, les dispositions qu'ils exigent, l'intention nécessaire pour qu'ils soient valides, les cérémonies qui les accompagnent. Sur tous ces points , les ascodruses, les manichéens nommés bulgares, eaMam.joviniens, patarins, henriciens , albigeois , célèbres par leurs coteraux routiers ou assassins, les priscillianistes , les lollards, les vauduis, leswiclêfites, les protestants, les bisacramentaux ou trisacramentaires, ont enseigné des erreurs : l'Eglise a décidé contre eux que les sacrements produisent la grâce ex opère operato.

87. Le premier des sacrements est le baptême. Il efface le péché originel, nous dépouille du vieil homme, nous donne la grâce d'adoption, imprime le caractère indélébile ou ineffaçable de chrétien, d'enfant de Dieu et de l'Eglise, opère une palingénésie ouregénération, fait contracter des affinités spirituelles. Il n'a rien de commun avec le baptême des hémérobaptistes ou prétendus chrétiens de S. Jean. Divers hérétiques nommés catabaptistes, adrianistes , ambrosiens , arnaldistes, Vetro-joannites, effrontés; les anabap-

tistes appelés aussi mennonites, monastériens, gabriélites, nu-pieds, divisés en clancidaires et en manifestaires , en sanguinaires et en pacifiques, les pètrobrusiens, les rebaptisants, etc., ont nié les uns la nécessité du baptême, ont rejeté le pœdobaptisme ou le baptême des enfants ; les autres en ont méconnu les effets, altéré la forme, etc.

88. Autrefois ce sacrement était donné par immersion et non par aspersion, il l'est aujourd'hui par infusion, c'est ce que signifie ondoyer.

Les préparations, dont il était précédé, ont fait naître les noms de catéchèse, catéchisme ou instruction, catéchiste , catéchumène , catéchumênat , scrutin, prosélytes. Les termes de parathése, exorcisme, vœux du baptême, chrémeau, lamprophores, pâque annotine, parrain, maraine, filleul, filleule, etc., se rapportent aux cérémonies.

L'Eglise n'a jamais approuvé la conduite des cliniques on grabataires, qui différaient leur baptême jusqu'à la mort.

89. La confirmation nous communique les dons du St. -Esprit, le courage de confesser notre foi, le zélé pour notre religion ; les incrédules en appelant ce zèle fanatisme, enthousiasme, intolérance, en font sentir la nécessité. La matière de ce sacrement est la chirotonie ou l'imposition des mains, et l'onction du S. Chrême qui est le myron des Grecs.

90. Sous les espèces ou accidents du pain et du vin, l'eucharistie contient le corps et le sang de Jésus-Christ; telle a été dès l'origine la foi de l'Eglise. Conséquemmcnt elle a condamné : 1° tous ceux qui ont attaqué la présence réelle, les bérengariens, les pètrobrusiens, les calvinistes nommés antiluthériens, arrhèbonaires, énergiques ou énergistes, figuristes, sacramentaires , significatifs, zwinglicns , capuciati, et qui ont disputé mal à propos sur le mot antitype.

2° Ceux qui nient la transsubstantiation, les hussites, ou frères de Bohême, les luthériens appelés impanateurs, consubstantiateurs, ubiquistes, adessénaires, les uns adiaphoristes ou indifférents, les autres anti-adiaphoristes, les pdteliers, etc., qui admet-

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tent tous dans l'eucharistie la consubstantiation.

3° Ceux qui blâment l'adoration du S. Sacrement, rejettent le sacrifice de la messe et V élévation de Y hostie, soutiennent qu'il n'y a point là.

à' immolation ; l'Eglise enseigne la croyance contraire, atteste sa foi par la Fête-Dieu, par les dévotions de l'adoration perpétuelle des quarante heures, des bénédictions ou saluts, par le viatique porté aux malades et les fonctions de porte-Dieu.

4° Ceux qui ont changé la matière du sacrement, les artotyrites, les barsaniens ou sémidulites, les hydroparastes ou aquariens. C'est avec raison que l'Eglise latine se sert de pain azyme, ou pain à chanter, malgré les clameurs des Grecs que nous nommons fermentaires, comme ils nous appellent azy mites.

5° Ceux qui soutiennent la nécessité de la communion sous les deux espèces, de la coupe ou du calice, et qui ont été nommés calixtins ; il serait injuste que les abstémes fussent privés de la participation à la table du Seigneur.

6° Les stercoranistes dont les incrédules attribuent mal à propos l'erreur aux catholiques.

L'Eglise n'approuve ancun des excès dans lesquels on est tombé pour ou contre la communion fréquente ; souvent elle a puni des clercs coupables en les réduisant à la communion laïque ou à la communion étrangère.

91. 11 importe peu que la pénitence soit nommée métanoca, réconciliation, repentance, etc. , pourvu que l'on convienne que c'est un sacrement qui remet les péchés et les efface. Il exige les actes du pénitent, qui sont la contrition ou au moins Yattrition, jui nait de la crainte filiale, la confession auriculaire, ou cœliomologêse, et la satisfaction. Ces actes supposent Yexamcn de conscience, et la contrition ou componction renferme le ferme propos ou la résolution de ne plus pécher. Le sacrement opère son effet par Yabsolution, conçue en forme judiciaire ou en forme déprécative.

Pour absoudre validement, le prêtre a besoin de pouvoirs ou cYapprobation, et ces pouvoirs peuvent être li-

mités par les cas réservés, ou ôtés en certains cas par l'interdit ou Y interdiction. La satisfaction exige toujours la restitution et la réparation du dommage causé au prochain.

92. Dans la pratique de la pénitence, l'Eglise n'admet ni le relâchement, ni la rigueur des novatiens, des montanistes, des lucifériens, des hofmanistes, ni la prétendue consolation des albigeois. Quoiqu'elle approuve les anciens canons pênitentiaux, ou règles du pénitenticl, la pénitence publique usitée autrefois, elle soutient que cela n'est pas absolument nécessaire ; conséquent ment elle admet les pardons ou indulgences plénières ou limitées, les bulles et brefs de la pênitenecrie qui les accordent, le jubilé et les stations; elle ne condamne point l'indulgence de portioncule. Elle ordonne un secret inviolable, et recommande la prudence aux confesseurs, aux directeurs de conscience, aux pénitenciers ; elle déplore le malheur des pécheurs qui meurent dans Yimpcnitence.

93. h' extrême-onction est destinée à effacer les restes du péché, à fortifier les malades, à leur adoucir les angoisses de Y agonie et de la mort ; c'est dans le même dessein que l'on a établi les prières et les confréries des agonisants.

94. Par le sacrement de Yordre, par la chirotonie ou l'imposition des mains que l'on nomme Y ordination, l'Eglise consacre à Dieu des ministres du culte divin, des évoques, des prêtres, des diacres , des sous-diacres; c'est ce qu'on nomme les ordres majeurs, les trois premiers forment la hiérarchie .

Il est constant, parmi les théologiens catholiques, que Yépiscopat est un sacrement et un ordre dilférent du simple sacerdoce, il en est de même du sous-diaconat ; mais que l'état des diaconesses n'était ni un ordre ni un sacrement.

Les ordres mineurs cYacohjthe, de lecteur, à' exorciste, de portier, sont destinés à maintenir la décence du culte divin ; quoique les énergumênes, les possédés et les obsédés ne soient pas aussi communs aujourd'hui qu'autrefois, il ne s'ensuit pas que les possessions ou obsessions aient été desma-

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ladies naturelles, et que les exorcismes soient des abus.

9b. Par les ordres l'Eglise donne la mission à ses ministres et établit leur succession ; pour tous elle exige la vocation, y prépare les simples clercs par la tonsure et par les exercices des séminaires.

■ On a disputé sur la validité des ordinations anglicanes et du rit de l'ordinal des Anglais, l'Eglise a suffisamment décidé la question en obligeant les anglicans' qui rentrent dans son sein à une réordination.

96. Le sacrement de mariage est nécessaire pour perpétuer la société des fidèles, la bénédiction nuptiale pour sanctifier les engagements des époux, pour rendre les devoirs des pères, des mères, des enfants, plus sacrés ; les fiançailles pour y préparer. On doit donc proscrire la polygamie et le divorce, mais les secondes noces n'ont rien d'illégitime. Aussi l'Eglise a également condamné d'un côté la licence des barallots, des communicants, des polygamistes, etc. ; de l'autre la témérité de ceux qui condamnaient le mariage des abstinents nommés abélites, agynniens, apostoliques, apotactiques, des tatianistes, encratistes ou cathares, dosithéens, hiéracitcs, lucianistes, des priscillianistes, des eusthathiens , qu'il ne faut pas confondre aveclespartisansd'Ewsfatte patriarcbed'Antioche. Elle n'approuve plus les mariages contractés avant l'âge de puberté, elle veut que les femmes ne soient pas censées des esclaves.

Morale chrétienne.

97. C'est principalement par la sainteté et parla sublimité de la morale que l'on démontre la divinité du Christianisme. Cette morale enseignée dans l'Evangile prescrit toutes les vertus, et proscrit tous les vices, établit clairement tous les devoirs de l'homme envers Dieu, envers^le prochain, envers lui-même, réprime toutes les passions en défendant nonseulement les actions criminelles, mais les pensées et les désirs qui tendent au crime, même les péchés d'omission, surtout le scandale ou les mauvais

exemples. Elle réduit tous nos devoirs à deux grands préceptes, savoir celui de l'amour de Dieu, et celui de l'amour du prochain ; elle ne se contente pas des sentiments habituels des différentes vertus, elle veut que nous en fassions des actes et que nous prouvions nos sentiments par nos bonnes œuvres. Elle développe ainsi et perfectionne la morale naturelle qui n'a jamais été bien connue avant la publication de l'Evangile.

98. Entre les vertus, cclios que l'on nomme théologales tiennent le premier rang : ce sont la foi, l'espérance et la charité. La foi est un hommage que nous devons à la véracité souveraine de Dieu, lorsqu'il daigne nous instruire ; elle exclut non-seulement l'incrédulité, l'infidélité, l'apostasie et l'hérésie, mais le doute ou le scepticisme volontaire, l'indifférence entre la vérité et l'erreur, la profession des religions particulières fausses.

L'espérance chrétienne est fondée sur les promesses de Dieu, 'sur sa vérité ou fidélité à les accomplir, sur les mérites de Jésus-Christ ; cette confiance tient le milieu entre laprésomption et le. désespoir, entre la témérité de tenter Dieu et la défiance de sa bonté ; elle bannit la crainte excessive, les scrupules mal fondés, la mélancolie religieuse ; procure la paix intérieure et la joie du S. Esprit.

On entend par la charité non-seulement l'amour de Dieu, mais encore l'amour du prochain. Sous le premier aspect cette vertu renferme la reconnaissance envers Dieu, la soumission et l'obéissance à ses ordres, la résignation à ses décrets. Sous le second elle s'étend plus loin que la justice, puisqu'elle renferme l'humanité et la pitié ; elle ne commande pas seulolemcnt l'aumône, mais toute espèce de bienfaisance, bannit la haine, la malignité, la jalousie.

99. Ce n'est pas sans raison que l'on place immédiatement après les vertus théologales la religion; celle-ci renferme la piété ou la dévotion ; d'un côté elle condamne toute espèce d'impiété, comme le blasphème, les jurements, les livres écrits contre la religion, l'irréligion, l'irrévérence à l'égard des choses saintes, leur profanation,

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le parjure, le sacrilège, la simonie ■ de l'autre elle réprouve l'hypocrisie, la superstition et toutes ses pratiques, comme les ordalies ou épreuves superstitieuses, le pain conjuré, les prétendues sciences secrètes, l'art des esprits, les arts de S. Paul, les sorts des saints, la sorcellerie et la magie, la divination, l'idolâtrie, l'usage des icblttthytes ou viandes immolées, etc.

Mais la religion ne défend point toute espèce de serment.

100. De tout temps les moralistes ont distingué quatre vertus principales ou cardinales : la prudence, la justice, la force et la tempérance ;mais ils n'en ont pas développé les devoirs aussi parfaitement que l'Evangile. Par la prudence, ils entendaient principalement la sagacité à démêler nos véritables intérêts pour ce monde; par cette vertu, au contraire, l'Evangile entend la précaution à éviter ce qui peut mettre en danger notre salut ou celui des autres, sans exclure la simplicité chrétienne.

La justice évangélique proscrit tout ce qui peut blesser le prochain et lui porter du préjudice, soit dans sa personne, comme le meurtre ou. Vltemicide, sons lequel sont compris le parricide, l'infanticide, et toute espèce de violence; soit dans ses biens, comme le vol, la fraude, les ravages, l'usure ; soit dans son honneur, comme la calomnie, la médisance, les outrages, le mépris ; soit dans son amour pour la vérité, qui lui fait détester l'imposture, le mensonge, même les fraudes pieuses et la flatterie, mais qui exige la candeur et la sincérité ; soit dans ses vertus, par le scandale : par conséquent la justice exige les restitutions ou les réparaiiùii-., lorsque le droit d'autrui a été blessé.

Sous le nom de force, l'Evangile commande non-seulement la patience dans les peines et la persévérance dans le bien, mais l'amour des souffrances; il n'est pas vrai qu'il nous ordonne V apathie des stoïciens, ni qu'il nous interdise la défense de nous-mêmes ; mais il condamne le suicide.

La tempérance chrétienne ne se borne point à condamner la gourmandise, à prescrire la sobriété, elle va usqu'à recommander l'abstinence, et

le jeûne ; non-seulement elle interdit les crimes opposés à la chasteté, tels que la fornication, l'adultère, l'inceste, la sodomie, la pédérastie, la bestialité ; mais l'Evangile a mis en honneur la continence, les vierges et la virginité; il nous fait sentir les dangers du luxe, des spectacles, delà lecture daaromans et des livres obscènes ; sans nous ordonner le sac ou le cilice, les flagellations ni le? excès des. flagellants :

101. De même qu'il y a des vertus principales desquelles les autres sont des conséquences, il y a aussi des vices ou péchés que l'on nomme capitaux; l'Evangile n'en souffre et n'en excuse aucun. Il réprime 1° l'orgueil, la vaine gloire, l'amour-propre excessif, l'ambition des honneurs ; il nous ordonne la modestie, l'humilité, même l'amour des humiliations.

2° L'avarice ou attachement aux richesses : il commande le désintéressement et l'aumône, sans approuver la prodigalité. 3° La luxure ou la volupté, et ses suites dont nous avons parlé.

4° La gourmandise, et tout ce qui est opposé à la tempérance, sans nous ordonner des austérités ou mortifications excessives. 5° L'envie et la jalousie, passion très-différente de l'émulation. 6° La colère, la vengeance, les disputes et les procès ; il nous commande la douceur et même l'obéissance envers les maîtres dyscoles.

7° La paresse et l'oisiveté, ennousprescrivant le travail, et en nous apprenant à le sanctitier.

102. A ces lois sages l'Evangile ajoute les conseils de perfection que l'on nomme les huit béatitudes, et nous exhorte aux bonnes œuvres de subrogation.

103. Aussi l'Eglise a condamnéavec autant de sévérité les corrupteurs de la morale, que ceux qui altéraient le dogme. Elle a proscrit d'un côté les faux rigoristes, comme les novatiens, les montanistes nommés phrygiens; cataphryges, pepusiens, quintiliens, passaloryncliites, les familistes, les majorités, les massaliens, les saccophores, les eunuejues ou valésiens qui se mutilaient, etc. De l'autre les enthousiastes et les faux spirituels, comme les quakers ou prophètes, les quiélistes, bourignonistes, bohmistes, euchites, hernhutes,

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frères blancs, joaehimistes, labadistes, méthodistes, piétistes, les hésychastes et les fauteurs de l'inaction; elle n'approuve point indifféremment les illaps ou extases, les prétendues transformations, les ligatures, etc. Elle a exclu de son sein les sectes licencieuses, ceux que l'on a nommés ] adamites, amsdorfiens, antinomiens, beggards et béguins, borborites, carpocratiens ou harpocratiens. condormans, davidiques, doeètes, dulcinistes, ethicoproscoptes, floriniens,gnostiques, hélicites, hommes d'intelligence, hutites, illuminés, incestueux, latitudinaires, libres, libertins r mamUlaires. marcites, molinosistes, nicolaîtes, oingts, opinionistes, paterniens,rhétoi-iens, segaréliens, sinistres, turlupins. Elle a réprimé les opinions des probabilistes et des casuites relâchés.

104. C'est donc injustement que les ennemis du christianisme l'accusent de nourrir le fanatisme, de relâcher les liens de la société, de ne point commander l'amitié, de défendre la profession des armes, les fonctions civiles, le commerce ; de déprimer les sciences et les arts, comme des occupations mondaines ; d'avoir nui au progrès des lettres. Aucune autre religion n'inspire autant de zèle pour établir des écoles et surtout des écoles de charité. D'autres, avec aussi peu de raison, lui reprochent d'autoriser l'abus de la puissance politique, d'approuver la guerre, etc., et aux prédicateurs d'avoir banni de la chaire la morale naturelle, humaine et sociale.

Culte religieux du christianisme.

105. Le cidte religieux consiste principalement dans les sentiments intérieurs d'adoration, d'amour, de reconnaissance envers Dieu ; on les entretientpar la méditation nommée oraison mentale ou contemplation, par les oraisons jaculatoires; l'habitude de s'y exercer est appelée vie intérieure, et l'on a quelquefois appelé phroniistes ou méditatifs ceux qui ont cette habitude, et bigots parmi mépris injuste. Mais le culte intérieur a besoin d'être excité par le culte extérieur, par les rites ou cérémonies, et la pompe de ce culte n'est pas blâmable.

100. Selonles diversobjets auxquels le culte est adressé, l'on distingue le culte àelatrie, ou culte suprême rendu à Dieu seul et à Jésus-Christ Dieu ; le culte de dulie rendu aux saints, et rii'/perdulie, ou culte plus profond rendu à la vierge Marie, mère de Dieu.

107.Unpointdecroyancedel'Eglise catholique est qu'il est permis et louable d'hunorer les saints, de les invoquer, de compter sur leur intercession, d'honorer même leurs images et leurs reliques, tirées des catacombes ou d'ailleurs, leurs corps incorrupts, etc. Elle a condamné autrefois les iconoclastes et les iconomaques, qui nommaient les catholiques kuuoUitres ; elle a loué le zèle des abrahamites, moines mis à mort en haine de ce culte, contre lequel on ne peut tirer aucune conséquence des livres carolins. Les actes des saints ont été recueillis par les bollandistcs, avec plus de sagesse que n'en avaient eu les anciens légendaires ; mais nous ne sommes pas obligés de croire tout ce qui est rapporté dans les légendes, ce qui est dit des prêtres d'Achaie dans les actes de St.-André, la Véronique, etc. Les bulles de béatification et de canonisation des saints ne sont point répréhensibles.

108. A plus forte raison devonsnous honorer la sainte Vierge, parrespect pour Jésus-Christ même ; en la nommant Notre-Dame, nous ne prétendons point l'égaler à Notre Seigneur.

L'Eglise a justement condamné les antidicomarianites ou helvidiens, ennemis de ce culte ; les nestoriens, qui refusaient à Marie le titre de mère de bon; les disciples de Jovinien, qui contestaient sa virginité perpétuelle ; mais elle n'a point approuvé la superstition des colhjridicns. Conséquemrnent elle célèbre la conception immaculée de Marie, comme les Grecs qui h nomment panachrante, sa nativité, sa présentation, sa Visitation, sa compassion, son assomplion, malgré ce qui est dit de son sépulcre, et la fête de son saint nom; elle applaudit à la dévotion des fidèles qui récitent la salutation angélique ou l'ave, Maria, lu chapelet, le rosuirc, le salve, etc.

109. On ne doit donc pas blâmer les confréries ou congrégations érigées

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à l'honneur de la sainte Vierge ou des saints, comme celle du consort, de Milan, celle du scapulaire, celle du cordon de St. -François, la fête de ses stigmates, les neuvaines, les pèlerinages.

Quant au culte de la croix et du crucifix, aux fêles de l'invention et de l'exaltation de la Ste Croix, il est évident que tout cela se rapporte à Jésus- Christ même, et n'a rien de commun avec l'entêtement des staurolâtres ou chazinzariens.

110. Le culte extérieur renferme la prière, soitparticulière, soit publique; celle-ci se nomme liturgie, service ou office divin. Dans les différentes parties de l'Eglise il se célèbre selon différents rites; ainsi l'on a distingué le rit grec, le rit latin, le romain et le gallican, le rit mozarabique, cophte ou cophtique, arménien, malabar e. On y a toujours mêlé le chant, soit ambroisien, soit grégorien, mais il n'a jamais été nécessaire de le célébrer en langue vulgaire ; on appelle rubrique les rites qu'il y faut observer.

Ht. Dans l'Eglise catholique, la partie principale du service divin est le saint sacrilice de la messe, nommé autrefois synaxe. On y distingue l'introït, les Kyrie, le cantique des anges ou gloria, les collectes, l'épitre, le graduel, Y alléluia, le trait, laprose, l'évangile, le symbole de ISicée, l'offertoire, les secrètes, la préface, quelquefois nommée illation, le trisagion, le canon, la consécration, les mémento, l'oraison dominicale, l'agnus Dei, la communion et la post-communion, la bénédiction du prêtre, le mot amen quel'on répond à la fin des prières.

112. Le reste de l'office divin, soit du jour, soit de la nuit, est partagé en sept heures canoniales, qui sont matines et laudes, prime, tierce, sexte none, vêpres et compiles que les Grecs nomment apodipne. Les laudes sont censées faire partie de matines ou ténèbres ; et celles-ci sont ordinairement partagées en trois nocturnes. On y distingue l'invitatoire, les hymnes, les antiennes, les psaumes, la doxologie, les versets, les bénédictions, les leçons, les répons, les réclames, le te Beum, les capitules, les cantiques, les oraisons, les commémorations, les suffrages, les litanies.

113. Dans ces divers offices, les personnes qui contribuent à la cérémonie ont différents noms ; ily aie célébrant ou officiant, l'assistant, le diacre, le sous-diacre, les induts, les acolytes, cérofôraires ou porte-ejer^es, le thuriféraire, les choristes, le porte-croix, les enfants de chœur. Chez les Grecs, on connaît un frotapostolaire, un lampadaire, les hydromites, un paraphroniste, etc. Ils ont aussi des noms particuliers pour désigner plusieurs parties de l'office, comme apolitique , hymne chérubique, hirme, idioméle, macarisme, menées, triodion, têtraodion, tropain ou tropaire, etc., triadique, etc.

114. Les prières, les offices, léchant, les rubriques, sont renfermés dans différents livres que l'on nomme antiphonaire, bref, directoire ou ordo, bréviaire, cérémonial, diurnal, euchologe ou heures, épistolier, évangile ou texte, graduel, missel, pontifical, processional, rational, rituel, sacramentaire. Les Grecs en ont d'autres qu'ils appellent anthologe, horologion, mènologe, paraclétique, synaxarion typique.

115. Il y a différentes cérémonies dont les unes sont plus communes, les autres plus rares : les bénédictions de l'eau, du feu, dupambénit, du cierge pascal, desagnus Dei, des femmes après leurs couches, desdrapeaux militaires, des cloches, des aliments ou eulogies; les oblations, oblata ou offrandes, les colybes des Grecs ; les génuflexions, les prosternations, lesprocessions, lesexorcismes, adjurations ou conjurations, la cène ou le lavement des pieds, la consécration des églises et des autels, l'alphabet, le sacre des rois et des évèques, la cérémonie des particules chez les Grecs, etc.

116. Les lieux consacrés au culte divin sont les temples, églises ou basiliques, dont les unes sont cathédrales ou métropolitaines, les autres collégiales, paroissiales, succursales ou annexes; les chapelles, les proseuches ou oratoires, les cimetières; on nommait autrefois titres les églises paroissiales.

117. Dans les églises on distingue le sanctuaire, les autels, la chaire ou la prothèse des Grecs, le trône de l'évêque, l'apsis, lanef, l'ambon ou jubé,

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,, la chaire du prédicateur, le baptistère ' ou les fonts baptismaux, les confessio-

nawa;,les niches, le vestiaire, revestiaire

ou sacristie.

118. Parmi les vases, instruments ou meubles qui servent auculte divin, il y a des vases sacrés, comme calice, disque ou patène, ciboire, pixide ; d'autres qui ne le sont point, comme les soleils et les burettes ; des linges sacrés, nommés corporaux, purificatoires, des nappes d'autels appelées antimenses et aplomes, des pales ; la nappe de communion est aussi appelée dominicale. Les tabernacles, les chandeliers, les herses, le lutrin, les dais ou poêles, les gonfalons, ou gonfanons, bannières ouportiforia, les châsses ou fiertés, le brandeum, les encolpes ou reliquaires, les chapelets ou patenôtres, les cloches auxquelles les Grecs ont suppléé par Vhagiosidêre et le simadiri.

119. On distingue les jours particulièrement consacrés au service de Dieu, qui sont les dimanches et les fêtes, d'avec les fériés ; parmi les fêtes, les unes sont mobiles, les autres fixes et non mobiles ; toutes sont marquées dans le calendrier. Relativement au degré de solennité, on appelle les unes annuelles, les autres solennelles ; on distingue les offices doubles, semidoubles, simples, les veilles ou vigiles, les octaves ; on remarque leur concurrence ou leur occurrence.

120. Outre les fêtes des mystères dont nous avons déjà parlé, les plus solennelles sont Pâques, Y Ascension, la Pentecôte, la Fête-Dieu, les encénies ou la dédicace des Eglises, la fête de leur patron, la Toussaint. Les dimanches de l'avent, de la septuagésime nommée par les Grecs apocrêas et azote, de la sexagésime, de la quinquagésime, ceux du carême ou quadragèsime, delà passion, des rameaux, de quasimodo, sont marqués spécialement, de même que le mercredi des cendres, la semaine-sainte, le jeudi saint ou absolu, parce qu'on y fait l'absoute, les quatre-temps, les rogations. Autrefois pendant le temps quadragésimal on observait la xérophagie. L'Eglise a sagement supprimé les indécences de la fête des fous, de l'âne, etc.

Discipline du christianisme.

121. Pour conserver le dogme, la morale, le culte du Christianisme sans altération, il a fallu des lois de discipline ; le recueil de ces lois est le droit ecclésiastique ou canonique, mais en plusieurs choses il tient à la théologie. C'est aux théologiens de prouver que l'Eglise a reçu de Jésus-Christ le pouvoir de faire des commandements, qu'ils obligent les fidèles en conscience, sans avoir la force coactive ; que l'Eglise a le droit d'infliger des peines spirituelles, des censures, l'excommunication, la suspense, l'interdit, de déclarer certaines personnes irrégulières, que la hiérarchie, la distinction entre les ecclésiastiques ouïe clergé, etles laïques, est de droit divin, etc. Il n'est pas nécessaire pour cela de croire ce que les Grecs publient de leurs broucolacas, ntoupi, ou excommuniés.

L'irruption des Barbares dans l'Occident et d'autres événements ont introduit des changements dans la discipline, ont donné lieu à des abus, comme au l'achat des autels, etc.

122. Mais de tout temps l'Eglise a condamné les indépendants, ceux qui se révoltaient contre ses lois, comme les lévitiques, branche des nicolaïtes, les aériens, les agonyclites,lesnyctages, les érasticns, les consobabdites, et autres nommés pétrobusiens, henriciens, cornaristes, vaudois, picards, ensabatés, runcaires, patarins, wicléfites, hussites, taborites, et orébites, frères bohémiens, pastoriddes , protestants, caméroniens, brownistes, anglicans, presbytériens, puritains, laicocéphales, etc. La discipline qu'ils ont établie parmi eux, leurs synodes, leurs proposants-ministres, surintendants, etc., n'intéressent pas beaucoup ua théologien catholique.

123. Jésus-Christ lui-même a étabto des pasteurs pour gouverner son Eglise. A leur tête est placé le pape ou souverain pontife, vicaire de Jésus- Christ sur la terre, qui a de droit divin non-seulement la primauté, figurée par les clefs du royaume des cieux, mais une autorité de juridiction sur tout le corps de l'Eglise et sur ses

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membres, autorité réglée par les canons, et qui ne s'éteud point sur le temporel des rois. Le siège de St.- Pierre, qu'il occupe, est justement nommé le S. Siège, le Siège apostolique, et sa succession n'est pas douteuse .La tiare dontquelques auteurs lui ont fait un crime est un symbole trèsinditïérent ; ses reserits ou décrets sont appelés bulks, brefs apostoliques, constitutions ; il a établi des congrégations et des consulteurs pour s'aider de leurs lumières.

Plusieurs papes ont été faussement accusés, Libère d'avoir signé l'arianisme,S<. Grégoire d'avoir fait brûler les livres, Zacharie d'avoir condamné ceux qui soutenaient l'existence des antipodes. Les protestants ont publié des fables sur une prétendue papesse Jeanne et sur l&chaise percée ; personne n'y croit plus. Il y a eu plusieurs antipapes.

124. Vépiscopat et les évoques sont d'institution divine, leur juridiction ne s'étend point au delà de leurs diocèses, mais leurs mandements obligent leurs diocésains. Les privilèges et la préôminonce de certains sièges, la distinction àespatriarches^ des primats, des archevêques, ou métropolitains, des prototlirones, des autocephales, des corévêques ou co-évéques,. des évêques in pariibus, des intercesseurs, des métrocomies, etc., sont de pure discipline, appartiennent au droit canonique plus qu'à la tbéologie. Il en est de même des prôlatures, des prélats régionaires, des périodeules, des syncelles et protosijncelles, des défenseurs, des archi-prêlres, etc.

125. Outre les ôvèques il a fallu des pasteurs du second ordre, qui furent d'abord nommés anciens, et ensuite papas par les Grecs ; des curés ou recteurs de paroisse, et des vicaires, des sous-vicaires , des porte-Dieu, des clercs pour les aider dans leur fonctions.

126. Mais le désir d'augmenter la pompe du culte divina fait multiplier le nombre des prêtres, a fait établir des chapitres et des chanoines dans les cathédrales et les collégiales ; pour y maintenir l'ordre, on y a distingué des dignitaires sous les noms de doyen, prévôt; ahefeier, capiscol,

chantre, précenteur ou préchantre,.

sous-chantre, archidiacre, chancelier, scolastique ouécolàtre, trésorier, etc., et divers officiers, comme procureur ou chambrier, ecclésiarque, corbellier, menskmnaire, portionnaire, pointeur, normateur, terminateur, sacristain, chez les Grecs, sceceophy lacté, staurophylase, laosynacte, hérénaque, etc.

Relativement au service divin, il y a un hebdomadicr, un diacre stationnaire.

Dans toutes les églises, il a fallu des hommes attachés particulièrement à certaines fonctions, comme machicotjecticaire, copiate, fossaire,pa> rabolan, sonneur, etc. ; mais cesusages ne tiennent que de fort loin à la théologie.

127. Il convient que, dans les fonctions du culte divin, les ministres de l'Eglise aient des vêtements ou habits sacrés de différentes formes et de différentes couleurs, tels que sont pour les prêtres les habits sacerdotaux, soutane, surplis, amict, aube, manipule, orarium ou étAe, chasuble, pulchral ou chape, toque ou bonnet; pour les diacres la tunique ou dalmatique ; pour les chanoines, le camail et Vaumusse.

Les ornements pontificaux des évêques sont le rochet, le camail, la croix, la mitre, le pallium, la crosse ou férule.

Il y a eu de bonnes raisons pour ordonner aux ecclésiastiques de porter Yhabil long, la soutane ou la soutanelle.

128. Il est encore plus convenable qu'ils soient obligés au célibat, à la continence et à la résidence, qu'il n'y ait chez eux aucune personne sousintroduite ; mais il est juste qu'ils subsistent par les bénéfices ou biens ecclésiastiques, qu'ils aient un temporel fixe ou des droits casuels, des honoraires, en observant les canons qui défendent la pluralité des bénéfices.

129. Un théologien est obligé aujourd'hui de justifier les lois ecclésiastiques qui regardent le monachisme on l'état monastique, les vœux de religion et la jwofession religieuse, les moines mendiants ou rentes, les monastères, phrontistères ou couvents, les cloitres et la clôture, les règles, les observances, les usages des régidiers, des communautés de l'un et de l'autre sexe. Il

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est bien fondé à soutenir contre les lampétiens et leurs copistes que tes ordres religieux sont utiles, que leurs instituteurs et leurs fondateurs ont eu des vues louables; sans approuver les fraticelles, les girovagues, rhémobotes ou scvrabaites.

130. Les uns, dans les mœurs, ont voulu servir Dieu en paix et en sûreté, comme les anachorètes, hermites, stylites, ascètes, acœmètes, etlescénobiies, les moines de St.-Basile nommés caloyers. Tels sont encore parmi nous les bénèdictains de Cluny et autres, et leurs réformes du Val-des-Choux et de Vallombreuse,lesbernadins de Citeaux, les feuillants et ceux de la Trappe ; les franciscains distingués en capucins, cordeliers on frères mineurs conventuels et observantins, clavénins, récollets, colètants, tiercelins ou tiers-ordre de pénitents de Picpus, différents du tiers-ordre de laïques nommés tierciaires; les augustins, colorites, clémentins, ceux de Fasoli, et les hermites de saint Augustin ou petits-pères, les pauvres catholiques, pauvres volontaires.

Les chartreux, les camalduks, les minimes ou bons-hommes, les carmes ou barrés, cbaussés ou déchaux, les cèlestins, les grand-montains, les guillelmites, ont été fondés par le même motif.

On connaît mieux ailleurs qu'en France les servîtes, différents des blancs-manteaux, les iéronimites, les humiliés, les soccolants, les olixètains, les religieux du corps de Christ, les croisiers ou porte-croix, les gilbertins d'Angleterre.

131. C'est le même motif qui a fait naître différentes congrégations de chanoines réguliers, les victorains , les génovèfains, ceux du Val-des-écoUers, de St. -Jean de Latran, du mont Corbulo, de St. -Colomb, de Saint Georges d'Alga, de Saint Sauveur, les prémontrés, les bourgachards, etc.

132. Les autres se sont consacrés à des œuvres de charité, comme les religieux pontifes, les trinitaires ou mathurins, les religieux de la rédemption des captifs ; ou ce sont des hospitaliers ; comme les frères de la charité, les cellites, les pauvres de la mère de Dieu, les clercs régidiers ministres

des infirmes , les chanoines régur liers de §ï.- Antoine de Viennois,, les bethléémites.

133. Plusieurs, pour aider le clergé séculier, se sont dévoués à l'instruction des peuples ou des enfants, comme les apostolins, les barnabites, les berthélémites, les clercs mineitrs, les doctrinaires, les dominicains, frères prêcheurs ou jacobins, les eudistes, la congrégation de St.-Jean, les jésicates, les jésuites, les chanoines deSt.- Mare, ceux de notre Sauveur, les oratoriens, les silvestreri, les somasques', les Matins, les missionnaires nommés lazaristes, les clers réguliers des écoles pies, les ignorantins frères des écoles chrétiennes» ou frères de St- Yon, qui ne sont pas religieux, mais laïques.

134. Le gouvernement de ces ordres ou congrégations a donné lieu aux noms archimandrites, hégumène, abbé, abbaye, général, assistant, provincial, gardien, sempeste, frère lai ou convers,' novice, particulaire, pérégrinaire, discret, discrétoire, prieur, sous-prieur, célérier, mandre, laurc, celkde, malgouverne, in pace, panagie, probation, véture, noviciat, profession.

On distingue dans les habits religieux le capuchon, la coule, le scapulaire, le froc, la melote, maforte ou manteau, la mutande. On a sagement supprimé les oblations.

133. De même, parmi les religieuses ou nonnes, les unes se sont consacrées à la prière, au travail et à la mortification, comme les annonciades, les bénédictines, les bernardines, lesbrigittines ou filles de St. Sauveur» celles du Calvaire» de Ste. Claire,, ou de l'Aue, Maria, des clairets ; les carmélites, les chartreuses, les cordelières, les dominicaines, les feuillantines, les religieuses de Fontevrault, les gentil-donnes, les haudriettes, les oblates, tes sachettes pénitentes, les solitaires, les tiercelines, lesvisitandines.

13b. Les autres se sont dévouées à des œuvres de charité, comme à l'instruction des filles religieuses de la congrégation, les filles de la croix, de V enfance, de la présentation, de l'union chrétienne, les nouvelles catholiques, les jésuitesses, les théatines, les ursulines; à la correction et à la conversion des personnes débauchées, comme

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les religieuses delà Magdeleine, celles de N. D.de charité, celles du refuge; au soin des malades, et ce sont les lospitaliércs de toute espèce, les sœurs le la charité, ou sœurs grises, celles iela faille, lésa é'énistes, les dimesses, les tilles de St. -Thomas de Villeneuve, les miramiones, etc. ; à élever les enfants trouvés et les orphelins, comme les religieuses du St. Esprit, et d'autres que l'on a nommées orphelines, etc.

137. Il leur a fallu, comme aux religieux, des supérieures, des abbesses, des prieures, etc.; des épreuves et un noviciat, des habits particuliers, le voile, le bandeau, la guimpe, la hugue ou manteau des sœurs noires, etc.

Les filles et femmes que l'on nomme béguines, tt leur demeure béguinage, ne sont pas des religieuses.

138. La sainteté du Christianisme dansses dogmes, dans sa morale, dans son culte, dans sa discipline, a été démontrée parle changement qu'il a produit dans tous les climats, au nord et au midi, dans les mœurs desasiatiques, des Africains, des Anglais, qu'il produit encore dans celles des Abyssins, par la différence qu'il y met entre ies nations chrétiennes et les infidèles infectées du paganisme, du mahométisme et des rêveries de l'Alcoran, par la multitude des établissements de charité qu'il y a parmi nous, tels que les hôpitaux, ou hôtels- Dieu, les monts-de-piété, les écoles-pies ouécoles de charité, l'hospitalité, etc.

Trop accoutumés aux bienfaits de notre religion, nous n'y faisons plus attention. Dans les siècles même les plus barbares on a connu les paciaires, la paix ou la trêve de Lieu.

139. C'est donc injustement que les incrédules de nos jours ont déclamé avec tant d'amertume contre les abus en fait de religion, contre les croisades, le droit à' asile, les disputes, Vintolérance, le fanatisme, lapunitiondes sacrilèges, la révocation de l'édit de Nantes, les prétendues guerres de religion, le massacre de la St. Barthélémy, qu'ils ont prétendu à la liberté de penser, ou plutôt d'écrire et de calomnier.

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