L.de Grat. et Lib. arb., c. 2, n
Que l'on dise, Dieu me manque, ou Dieu me laisse manquer de grâce, c'est la même chose: or, selon l'auteur sacré et selon saint Augustin, c'est un blasphème. 3° Ce saint docteur a répété vingt fois qu'il ne faut désespérer d'aucun homme vivant, Enarr.
2, in Ps. 36, n. 11, etc., pas même des impies, in Ps. 50, n. 18 ; que le démon est la seule créature de la conversion de laquelle il faut désespérer, in Ps. 54, n. 4. Il dit, Confess. Lib. 8, c. H, n. 27 : «Jette-toi » entre les bras de ton Dieu; ne » crains rien; il ne se retirera pas » afin que tu tombes, etc. » Que signifie tout cela, si Dieu peut abandonner absolument non-seulement les grands pécheurs, mais encore les justes, afin de les humilier?
Cherchons donc un moyen de décharger saint Augustin de toutes les absurdités qu'on lui impute ; cela n'est i>as fort difficile.
Serm. I, in Ps. 58, n. 2, il dit qu'Adam api'ès son péché fut privé de la joie et de la consolation qu'il goûtait auparavant à voir Dieu fct à converser avec lui, puisqu'il se cacha; c'est ainsi que Dieu se retira de lui et le délaissa. L'Ecriture nous l'apprend, et il ne s'ensuit rien,