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sistanec qu'elle a souvent éprouvée de la part de ceux qui étaient intéressés a perpétuer les abus, la jalousie et les alarmes que produit presque toujours l'usage de son autorité, la retiennent et l'empêchent de sévip. Ceux qui la blâment seraient peut-être les premiers à maintenir les abus qu'elle voudrait corriger, et ils abusent cu*mémes .le la simplicité îles nommes.
souvent dupes de ce zèle hypocrite.
Bekoieii.
ABYSSINIE (Église d') [théol. hist., églis.). Voyez Etuiopie.ns.
ABYSSINS. Voyez Ethiopien .
ACACIENS. Acace, surnommé le borgne, fut disciple et successeur d'Eusèbe dans le siège de Césarée, et eut comme lui une grande part aux troubles de l'arianisme. Il avait de l'érudition et de l'éloquence, mais beaucoup d'ambition; et ce vice lui lit faire un très-mauvais usage de ses talents. C'était un de ces hommes inquiets, intrigants et ardents, qui se mêlent de toutes les affaires, veulent avoir du crédit à quelque prix que ce soit, et qui n'ont de religion qu'autant qu'elle peut servir à leur intérêt. Acace fut arien déterminé sous l'empereur Constance; il redevint catholique sous Jovien, et rentra dans le parti des ariens suus Yalens.
On ne peut pas savoir quelle était la croyance de ceux qui m: laissaient conduire par lui et qui furent nommés Acaciens. Il lit déposer saint Cyrille de Jérusalem, qu'il avait ordonné lui-même; il eut part au bannissement du pape Libère et à l'intrusion de l'anti-pape Félix; il fut déposé à son tour par le coin ile de Séleucie en 3Si), et par celui de l.ani,.saque en 3Gj; et il mourut prob.ib:' ment sans savoir ce qu'il croyait <a ne croyait pas. FoyasTillemont, .lie../., t. 6. p. 30 i etsuiv.
Il y a eu plusieurs autres évê ; du même nom, qu'il ne faut pas confondre avec lui. Acace de Ilén ■, en 'Palestine, fût ami de saint Eptphane et se lit longtemps respecter par ses vertus ; mais il désbonura i vieillesse en se mettant à la tête d i
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persécuteurs de suint Jean Chrysostome. Acace , évèque d'Amide, se rendit célèbre par sa charité envers les pauvres. Acace de Constantinoplc fut un des partisans d'Eutyehès, etc.
BEHGIER.
ACCAPAREMENT (thèol. mixt. philos, mor. et social.). — ■ L'accaparement des denrées nécessaires à la vie et à l'entretien de tous, afin de les rendre rares, d'en faire par là même monter le prix et de les revendre plus cher, est un des crimes sociaux que la théologie condamne avec le plus de sévérité. C'est une ruse qui a pour but et pour moyen de rendre le prochain faible afin de profiter ensuite de sa faiblesse et d'exercer à son égard l'espèce de vol qu'on peut appeler l'usure. Rien n'est plus criminel, parce que rien n'est plus méchant et en même temps plus perfide. C'est une adresse dans le vol analogue à celle du riche patron qui veut s'enrichir encore aux dépens de son ouvrier, et qui fait en sorte, avant de contracter des engagements à son égard, de le réduire au besoin le plus pressant, et de l'affamer, pour obtenir de lui le consentement à un moindre salaire ou à un traité plus avantageux pour lui. C'est ce qui se pratique le plus ordinairement et avec le moins de scrupule; c'est ce qui mérite, devant la justice absolue, la plus sévère vengeance. Un gouvernement qui, sous prétexte de ne gêner eu rien la libre concurrence, ne s'occupe pas d'empêcher, autant que possible, ces abus, ne s'acquitte pas de sa mission, qui est de veiller de son mieux au bien-être de tous et au bien-être de chacun. Il mérite, quel qu'il soit, de ne pas faire longue vie; et c'est ce qui finit par lui arriver. La force est dans le grand nombre, le grand nombre se recrute peu à peu parmi les faillies, victimes des forts, et il went un jour où les abus de ceux-ci sont devenus tellement excessifs (pie le grand nombre, poussé àbont, se lève en armes, et reprend aux forts par la richesse ce qu'ils ont accumulé et accaparé sur les fruits de son tiavail qui, en toute justice, ne revenaient qu'à lui. Le i\ T 6:«.
ACCENT (Théol. mixt. scien. phi' loi.). — Les accents, s'ils sont figurés dans l'orthographe, sont de petites lignes qui s'ajoutent aux syllablcs pour exprimer des variantes de sens, deprononciation, d'intonation ou encore de liaison ou séparation des idées ou des jugements, ou de parties quelconques du discours. S'ils ne sont point heures, ils ne sont que ces variantes ellesmêmes.
Dans la langue hébraïque , dont nous devons nous occuper plus que de toute autre, parce qu'elle est la langue originale d'une grande partie de nos livres sacrés, on distingue deux catégories d'accents : les accents maîtres ou rois, qu'on appelle aussi accents disjonctifs, dénomination qui peint mieux leur rôle, et les accents serviteurs ou conjonctifs.
Les accents disjonctifs sont des accents toniques qui servent de signes de ponctuation. Ces accents maîtres se divisent en accents empereurs, accents rois, accents ducs et acecids comtes, selon qu'ils correspondent à peu près à nos divers signes de ponctuation plus ou moins disjonctifs ou séparatifs de nos phrases ou parties de phrase : le point, le point -virgule, la virgule etc.
Les accents conjonctifs sont encore d'autres accents toniques, qui sont dits serviteurs, et qui servent à lier les parties du discours, à en déterminer les rapports grammaticaux. Ils correspondent à nos pronoms relatifs, à nos conjonctions et à tous nos petits mots qui marquent des liaisons d'idées.
Toutes les grammaires, même celles des langues monosyllabiques, ont de ces accents, ne serait-ce que dans la manière de prononcer, parce que toutes sont des langues humaines et qu'il est de l'essence d'une langue humaine de correspondre aux opéralions de l'âme qui se lient ou se distinguent entre elles plus- ou moins fortement.
Ces rapports, plus ou moins exprimés dans la parole ou dans l'écriture, suffiraient pour démontrer l'énorme dillerence qui existe entre l'esprit et la matière, suffiraient
même pour démontrer PiMi ilf""*
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par exemple, a tiré une preuve de l'existence de Dieu, ou pour parler plus .juste, de l'existence en nous a priori de l'idre du tout absolu, d'où déroule ensuite la sécessité de la réalité Dieu, du raisonnement, appelé soritr, dans lequel chaque attribut redevient le sujet de la proposition suivante par exemple : Pierre est homme ; tout homme est etprk, tout esprit est immortel; 'lune Pierre est immortel, ou toute antre série ,|,cette espèce quelque longue qu'elle soit. Si, en effet, noire esprit voit la liaison nécessaire de la première proposition jusqu'à la dernière, c'est qu'il a l'idée du tout absolu, du parfait, du Complet, de ce qui ne saurait être conçu d'une perfection plus c-rande ; et s'il a cette idée, dont l'application le satisfait pleinement et, seule, le satisfait en toute chose, c'est qu'il a atteint ce qui est en réalité, l'être absolu, JHeu mène sans cesse présent à toutes nos opérations.
Les accents ne sont qu'une des expressions de cette candeur fondamentale de l'esprit humain, qui n'esl grandeur réelle que par l'être absolu qui le pénètre et l'aiguillonne jusque dans ses moindres actes.
Le Noir.
ACCEPTION DE PEBSGNNES. L'Ecriture nomme ainsi la faute d'un juge qui favorise un parti au préjudice de l'autre, qui a [dus (regard pour un homme poissant que pour un pauvre : Dieu le défend, Dcut., c.
1, y 17, et ailleurs : c'est un crime contraire à la loi naturelle : Job en témoigne de l'horreur, c. 24 et 31. Il est dit dans l'Ancien et le Nouveau Testament que Dieu ne fait point acception de prrsommes; que quand il est question de justice, de bonnes œuvres, de récompenses, il traite de même les Juifs et les païens. Il ne s'ensuit pas de là que Dieu ne puisse, sans blesser sa justice, accorder plus de bienfaits naturels ou surnaturels aune personne, à une famille, à une nation qu'à une autre. Quand il s'agit de grâces ou de dons purement gratuits, ce n'est plus une affaire de justice; ce que Dieu donne à un
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homme ne porte aucun préjudice à un autre. Il peut donc accorder à l'un la grâce de la foi, le baptême tel ou tel moyen de salut, et ne pas I accorder à l'autre. Il peut punir un pécheur en ce monde, différer le châtiment d'un autre jusqu'après la mort : dès qu'il ne rend au coupable que ce qu'il a mérité, la justice est observée ; personne n'a droit de se plaindre: |Hen ne demande compte a personne que de ce qu'il lui a donné. Voyez Justice de Dieu partialité. Begier.
ACCIDENTS EUCHARISTIQUES Selon la croyance catholique, après les paroles de la consécration, la substance du pain et du vin est détruite • elle est changée au corps et au sans de Jésus-Christ; mais les qualités s 'lisibles du pain et du vin, la grandeur, la couleur, le goût, etc., demeurent : ces qualités sensibles sont nommées par les théologiens, accidents, espèces, apparences. Comme la substance des corps abstraite ou séparée par notre esprit d'avec les qualités sensibles n'est point une idée claire, les accidents séparés de la substance ne nous présentent pas non plus une idée fort nette; il est donc inutile d'argumenter contre ce do°uie de foi surdes notions philosophiques Si le mystère de l'Eucharistie pouvait être clairement conçu, ce ne serait plus un mystère. Voyez Eitceu- HIST,R - Bergier.
ACCLIMATATION DES ESPÈCES [théol. mut., srim. rmt.et indust. — V. espèces (acclimatation des.)
™ffiF¥ SSE ^*ï DES PRO- PHETIES. Voyez Prophéties.
ACCORD DE LA RAISON ET DE LA FOI. Voyez Foi, Raison.
ACÉPHALES, sans chef. L'histoire ecclésiastique fait mention de plusieurs sectes nommées acéphales. De ce nombre sont, 1° ceux qui ne voulurent adhérer ni à Jean, patriarche d'Antioche, ni à saint Cyrille d'Alexandrie, au sujet de la condamnation de N-storius au concile d'É-
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phèse. 2° Certains hérétiques du cinquième siècle, qui suivirent d'abord les erreurs de Pierre Mongus, évèque d'Alexandrie, et l'abandonnèrent ensuite, parce qu'il avait feint de souscrire à la décision du concile de Chalcédoine; c'étaient des sectateurs d'Eutyehès. Voy. Eutychiens.
3° Les partisans de Sévère, évèque d'Antioclxe, et tous ceux qui refusaient d'admettre le concile de Chalcédoine; c'étaient encore des eutyciiiens.
On a aussi nommé acéphales les prêtres qui se soustraient à la juridiction de leur évèque, les évèques qui refusent de se soumettre à celle de leur métropolitain, les chapitres et les monastères qui se prétendent indépendants de la juridiction des ordinaires. Ce point de discipline regarde les canonistes ( 1 ) . Behgier.
ACI1IAS. Voyez Ahias.
ACHIMELECH. Voyez. Abiathah,
ACŒMÈTES, qui ne dorment point .
Nom de certains religieux fort célèbres dans les premiers siècles de l'Eglise, surtout dans l'Orient, appelés ainsi.non qu'ils eussent les yeux loujoursouverts sansdormir un seul moment, comme quelques auteurs l'ont écrit, mais parce qu'ils observaient dans leurs Eglises une psalmodie perpétuelle sans l'interrompre ni jour ni nuit. Ce mot est grec, composé d'à privatif, et de Kot;j.ioj, dormir.
Les acœmètes étaient partagés en trois bandes, dont chacune psalmodiait à son tour et relevait les autres ; de sorte que cet exercice demeurait sans interruption pendant toutes les heures du jour et de la nuit. Suivant
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(I) On a encore nommé, au temps des dis lissions entre les Utramontuius ut les Gallicans, acéphale, l'Eglise sans le souverain pontife qui en et a tête Itasomate, le souverain pontife sans l'Église. Il «lit de la définition du Concile du Vatican que ces deux cliosïo sont inséparables, ea ce sens que, des qne le souverain pontife parle ex cathedra- c'est 1 Eglise tout entière qui parle par sa tonche, et, avant que le reste de l'ii-lise émette son consentement. Sa parole est infaillible, a dit le concile, sur les matières touchant la foi ou les mœurs, de fide velmorilins, par elle-même, et non parle consentement de l'église, ex sese non autem ex consentit Jiccltsue. l e Nom.
ce partage chaque acœmête consacrait religieusement tous les jours huit heures entières au chant des psaumes à quoi ils joignaient la vie la plus exemplaire et la plus édifiante : aussi ont-ils illustré l'Eglise orientale par un grand nombre de saints, d'évèques et de patriarches.
Nicéphore donne pour fondateur aux acœmètes un nommé Marcellus, que quelques écrivains modernes appellent Marcellus d'Apamée; mais Bollandus nous apprend que ce fut Alexandre, moine de Syrie, antérieur de plusieurs années à Marcellus. Suivant Bollandus, celui-là mourut vers l'an 330. 11 fut remplacé dans le gouvernement des acœmètes par Jean Calybe, et celui-ci par Marcellus.
On lit dans saint Grégoire de Tours et plusieurs autres écrivains, que Sigismond, roi de Bourgogne, inconsolable d'avoir, à l'instigation d'une méchante princesse qu'il avaitépousée en secondes noces, et qui était tille de Théodoric, roi d'Italie, fait périr Géséric son fils, prince qu'il avait eu de sa première femme, se relira dans le monastère de Suint-Maurice, connu autrefois sous le nom d'Agaune, et y établit les acœmètes, pour laisser dans l'Eglise un monument durable de sa douleur et de sa pénitence.
Il n'en fallut pas davantage pour que le nom d'acœmète et la psalmodie perpétuelle fussent mis en usage dans l'Occident, et surtout en France. Plusieurs monastères, entre autres celui de Saint-Dcnys, suivirent l'exemple de Saint-Maurice. Quelques monastères de filles se conformèrent à la môme règle. Il parait par l'abrégé des actes de sainte Saleberge, recueillis dans un manuscrit de Compiègne cité par le Père Ménard, que cette sainte, après avoir fait bâtir un vaste monastère et y avoir rassemblé trois cents religieuses, les partagea en plusieure chœurs différents , de manière qu'elles pussent faire retentir nuit et jour leur église du chant des psaumes.
On pourrait encore donner aujourd'hui le nom d'acœmitcs à quelques maisons religieuses, où l'adoration perpétuelle du saint Sacrement fait
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partie de la règle; en sorte qu'il y a jour et nuit quelques personnes de la communauté occupées de ce pieux exercice. Voyez Psalmodie.
On a quelquefois appelé les stylites, acœmêtes, et les acœmétcs, studites. Voyez Stylite et Stcdite.
Bergier.
ACOLYTE , c'est-à-dire , suivant , celui qui accompagne. Dans les auteurs ecclésiastiques, ce nom est spécialement donné aux jeunes clercs qui aspiraient au saint ministère, et tenaient dans le clergé le premier rang après les sous-diacres. L'Eglise grecque n'avait point d'acolytes, au moins les plus anciens monuments n'en font aucune mention; mais l'Eglise latine en a eu dès le troisième siècle ; saint Cyprien et le pape Corneille en parlent dans leurs épîtres, et le quatrième concile de Carlliage prescrit la manière de les ordonner.
Les acolytes étaient de jeunes hommes entre 20 et 30 ans, destinés à suivre toujours l'évèque et à être sous sa main. Leurs principales fonctions, dans les premiers siècles de l'Eglise, étaient de porter aux évèques les lettres que les Eglises étaient en usage de s'écrire mutuellement, lorsqu'elles avaient quelque affaire importante à consulter; ce qui dans les temps de persécution, où les Gentils épiaient toutes les occasions de profaner nos mystères, exigeait un secret inviolable et une fidélité à toute épreuve. Ces qualités leur firent donner le nom d'acolytes, aussi bien que leur assiduité auprès de l'évèque, qu'ils étaient obligés d'accompagner et de servir. Ils faisaient ses messages, portaient les eulogies, c'est-à-dire, les pains bénits que l'on envoyait en signe de communion : ils portaient même l'eucharistie dans les premiers temps ; ils servaient à l'autel sous les diacres, et avant qu'il y eût des sousdiacres, ils en tenaient la place. Le martyrologe marque qu'ils tenaient autrefois à la messe la patène enveloppée, ce que font à présent les sousdiacres ; et il est dit dans d'autres endroits qu'ils tenaient aussi le chalumeau qui servait à la communion du calice. Enfin, ils servaient encore les
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évèques et les officiants en leur présentant les ornements sacerdotaux.
Leurs fonctions ont changé; le pontiûl cal ne leur en assigne pointd'autre que de porter les chandeliers, allumer les cierges, et préparer le vin et l'eau pour le sacrifice : ils servent aussi l'encens, et c'est l'ordre que les jeunes clercs exercent le plus souvent. To- 1 mass. Discipl. de l'Eglise. Fleury , Instit. au Droit ecclés., tom. I, part. I, chap. 6 ; Grandcolas, Ancien Sacrum.
l re part., p. 124.
Dans l'Eglise romaine, il y avait trois sortes d'acolytes : ceux qui servaient le pape dans son palais et qu'on nommait palatins; les stationnaires qui servaient dans les églises, et les régionnaires, qui aidaient les diacres dans les fonctions qu'ils exerçaient dans les divers quartiers de la ville.
Voy. Ordres mineurs. Bergier.
ACOSTA(Uriel). {théol. hist. biog.
et bibliog.) — Ce gentilhomme portugais, juif d'origine, né à Oporto vers la fin du xvio siècle, fut d'abord chrétien , puis matérialiste, puis athée, et enfin juif. La synagogue d'Amsterdam, qui l'avait reçu, l'excommunia ensuite pour sa liberté d'opinion. Il composa un ouvrage en faveur de l'ancienne sectedesSadduceens.il soutenait qu'il n'y avait rien dans la Bible sur les récompenses et les peines de l'autre vie, et niait l'immortalité de l'âme. Un médecin juif réfuta son système. Acosta répondit en publiant sonExamcntraditionumpharisaicarum ad legem scriptam. Les juifs lui répondirent en le lapidant et le mettant en prison. Il obtint la liberté sous caution, et quinze ans plus tard se réconcilia avec la synagogue, qui l'excommunia encore quelque temps après, ce qui le mit en butte, pendant sept ans, aux pei^écutions de sa famille et de ses coreligionnaires.
— Il se réconcilia encore en acceptant la pénitence la plus rigoureuse ; il fut fustigé par le ebantre de la synagogue et foulé aux pieds par toute la communauté. Enfin, en 1647, il tenta de tuer un de ses parents, son ennemi mortel, le manqua et se brûla la cervelle. On a de lui outre l'ouvrage cité plus haut, Exemplar
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, vitx humanse. « Cet homme, dit M.
I 1 Dûx, ressentit durant toute sa vie un insatiable besoin de foi religieuse, et ne comprit pas que ce sentiment est une irréfragable preuve qu'il existe un genre de vérités que les pures formules du raisonnement humain ne peuvent atteindre.» Ce n'est pas à l'occasion de cette imagination folle et malheureuse, que nous parlerions de raisonnement. Le Nom.
ACTE, ACTION. Les théologiens emploient ces deux termes à l'égard de Dieu et à l'égard de ''homme, mais dans un sens différent. Us disent que Dieu est un acte pur, c'est-à-dire, que l'on ne peut pas supposer en Dieu une puissance d'agir qui ait réellement existé avant l'action; il est éternel et parfait ; il ne peut lui survenir, comme à l'homme, une nouvelle modification, un nouvel attribut, ou une nouvelle action qui change son état, qui le rende autre qu'il n'était.
Cependant, comme nous ne pouvons concevoir ni exprimer les attributs et les actions de Dieu que par analogie aux nôtres, nous sommes forcés de distinguer en Dieu comme en nous :
1° deux facultés ou deux puissances actives, savoir l'entendement et la volonté, et les actes qui sont propres à l'un et à l'autre.
2° Des actes intérieurs ou ad intra, et des actes extérieurs ou ad extra, comme s'expriment les scolastiques.
Dieu se connaît et s'aime : ce sont là des actes purement intérieurs qui ne produisent rien au dehors. Dieu a voulu créer le monde : cet acte de volonté n'était qu'intérieur, avant que le monde existât; depuis que les créatures existent, cet acte est censé extérieur; il a produit un effet réellement distingué de Dieu ; Vacte ou le décret est éternel, mais son effet n'a commencé qu'avec le temps. De même, dans l'homme, une pensée, un désir, sont des actes intérieurs ; une parole, un mouvement, une prière, une aumône, sont des actes extérieurs et sensibles : les premiers sont nommés par les scolastiques, actus immanens ou elicitus ; les seconds , actus transiens ou imperatus.
3° L'on distingue les actes nécessaires d'avec les actes libres : Dieu se connxit et s'aime nécessairement , mais il a voulu librement créer le monde, il aurait pu ne pas vouloir et ne pas créer. Le sentiment intérieur nous convainc que nous sommes capables nous-mêmes de ces deux espèces d'actes, et qu'il y a une différence essentielle entre les uns et les autres. Voyez Liberté.
4° La nécessité d'exposer le mystère de la sainte Trinité a obligé les théologiens d'appeler en Dieu actes essentiels les opérations communes aux trois Personnes divines, telles que la création, et actes nationaux ou notions, les actions qui servent à caractériser ces Personnes et à les distinguer ; ainsi, la génération active est l'acte ' national du Père, la spiration active est propre au Père et au Fils, la procession, au seul Saint-Esprit, etc.
Voyez ces mots.
On demandera sans doute à quoi servent toutes ces distinctions subtiles : à donner au langage théologique la précision nécessaire pour éviter les erreurs et pour prévenir les équivoques frauduleuses des hérétiques.
5° Nous distinguons en nous les actes spontanés, c'est-à-dire , indélibérés et non réfléchis, comme ['action d'étendre les bras pour nous empêcher de tomber ; les actes volontaires et non libres, comme le désir de manger, lorsque nous sommes pressés par la faim, l'amour du bien en général, etc. ; les actes libres que nous faisons avec réflexion et de propos délibéré : ces derniers sont les seuls imputables, les seuls moralement bons ou mauvais, dignes de récompense ou de châtiment. Us sont nommés par les moralistes actes /u*mains, parce qu'ils sont propres à l'homme seul; les actes spontanés sont appelés actes de l'homme, parce que c'est lui qui les produit , quoique les animaux en paraissent capables.
Quant aux actes purement volontaires, nous les appelons mouvements, sentiments, plutôt qu'actions.
6° Les actes humains ou libres sont principalement considérés par les théologiens relativement à la loi de Dieu, qui les commande ou les dé-
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fend, qui les approuve ou les condamne; et c'est sous cet aspect qu'ils sont censés bons ou mauvais, péchés ou bonnes œuvres.
Mais on demande s'il peut y avoir des actions indifférentes, qui ne soient moralement ni bonnes ni mauvai-e^.
Il nous parait difficile d'en admettre de telles à l'égard d'un chrétien, parce qu'il n'est jamais indifférent au salut de perdre le mérite d'une wttkm quelconque : or, il n'en est aucune qui ne puisse être méritoire par le motif et par le secours de la grâce.
En second lieu, la loi de Dieu ne nous laisse la liberté de perdre le fruit d'aùTune action , puisqu'elle nous commande de tout faire pour la gloire de Dieu, I Qor., c. 10, f 81. En troisième lieu, la grâce est, pour ainsi dire, prodiguée au chrétien, et donnée avec tant d'abondance, qu'il n'est jamais innocent lorsqu'il n'agit pas par son secours. Il ne peut donc y avoir pour lui d'actions inùiffèremtee, sinon par le défaut d'attention et de réflexion.
7° Parmi les actions bonnes et louables, les unes sont naturelles, les autres surnaturelles. Un païen qui fait l'aumône à un pauvre, par compassion, fait une bonne œuvre naturellement; il n'est pas besoin de la révélation, ni d'une lumière surnaturelle de la grâce, pour sentir qu'il est bon et louable de secourir nos semblables quand ils souffrent; la nature seule nous inspire de la pitié pour eux. Un chrétien, qui fait l'aumône parce que le pauvre tient à son égard la place de Jésus-Christ, parce que Dieu a promis à cette bonne œuvre la rémission des péchés et une récompense éternelle, agit surnaturellement; la raison seule n'a pas pu lui suggérer ces motifs, et il ne peut agir ainsi crue par le secours d'une grâce intérieure et prévenante. Ces sortes de bonnes œuvres sont les seules méritoires et les seules utiles au salut éternel. Quant à celles que font naturellement les païens, nous prouverons, au mot Infidèle, que ce ne sont pas des péchés et que Dieu les a souvent récompensées (1).
(!) Nous pensons qu'on pourrait dire un peu plus
Mais un chrétien pèche-t-il, lorsqu'il fait une bonne œuvre par un motif purement naturel? Nous ne le pensons pas, et nous ne voyons pas par quelle raison l'on pourrait le prouver; il nous parait même à peu près impossible qu'un cfa rétien fasse une bonne œuvre, sans que les motifs qui lui sont suggérés par la foi y entrent pour quelque chose.
8° Entre les actions surnaturelleson distingue les actes des différentes vertus. Un acte de foi est une protestation que nous faisons à Dieu de croire à sa parole; par un acte d'espérance, nous lui témoignons la confiance que nous avons à ses promesses ; un acte de charité est un témoignage de notre amour pour lui.
Nous Miuine-, obligés sans doute de produire de temps en temps ces sortes d'actes; mais, pour prévenir les scrupules et les inquiétudes des âmes simples, il est bon de les avertir que la récitation du symbole est un acte de foi ; que quand elles disent : Je crois la vie éternelle, c'est un téffl&ignagt d'espérance; qu'en disant à Dieu, dans l'oraison dominicale : Que votre nom soit sanctifié, que votre volonté soit faite, etc., elles fuit un acte d'amour de Dieu. La prière, en général, est un acte de religion, de confiance en Dieu, de soumission à sa providence, etc. Bekgieb.
ACTES DES APOTRES. Livre sacré du Nouveau Testament, qui contient l'histoire de l'Eglise naissante pendant l'espace de 29 ou 30 ans, depuis l'ascension de Notre Seigneur Jésus- Christ jusqu'à l'année 63 de l'ère chrétienne. Saint Luc est l'auteur de cet ouvrage, au commencement duquel il se désigne, et il l'adresse à Théophile, auquel il avaitdéjà adressé son Evangile. 11 y rapporte les actions desapotres, et presque toujours comme témoin oculaire : de là vient que, dans le texte grec, ce livre est intitulé Actes . On y voit l'accomplissement de plusieurs promesses de Jésus-Christ,
formellement que Dieu donne tenjmirs à ces actions la récompense naturelle qui leur correspond. Il y aurait peut-être une nuance de jansénisme à mettra de la réserve à une telle affirmation Le ïfom.
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son ascension, la descente du Saint- Esprit, les premières prédications des apôtres et les prodiges par lesquels elles furent confirmées ; un tableau admirable des mœurs des premiers chrétiens : enfin tout ce qui se passa dans l'Eglise jusqu'à la dispersion des apôtres qui se partagèrent pour porter l'Evangile dans tout le monde. Depuis le point de cette séparation, saint Luc abandonna l'histoire des autres apôtres dont il était trop éloigné, pour s'attaeber particulièrement à celle de saint Paul, qui l'avait choisi pour son disciple et pour compagnon de ses travaux. Il suit cet apôtre dans toutes ses missions, et jusqu'à Rome même, où il parait que les Actes ont été publiés la seconde année du séjour qu'y lit saint Paul, c'est-à-dire, la soixante-troisième année de l'ère chrét.enne, et les neuvième et dixième de l'empire de Néron. Au reste le style de cet ouvrage qui a été composé en grec, est plus pur que celui des autres écrivains canoniques; et l'on remarque que saint Luc, qui possédait beaucoup mieux la langue grecque que l'hébraïque, s'y sert toujours de la version des Septante dans les citations de l'Ecriture. Ce livre est cité dans l'épitre de saint Polycarpe aux Philippiens, n. 1. Eusèbe le met au rang des écrits du Nouveau Testament, de l'authenticité desquels on n'a jamais douté ; il est placé comme tel dans le canon dressé par le concile de Laodicée, et il n'y a jamais eu làdessus de contestation. Saint Epiphanc, ILer. 30, c. 3 et G, dit (pie ces Actes ont été traduits eu hébreu ou dans la langue syro-hôbraïque des Eglises de la Palestine ; ils ont donc été très-connus dès le moment de leur publication.
On ne peut pas non plus révoquer eo doute la vérité de l'histoire qu'ils renferment. 1° L'ascension de Jésus- Christ, la descente du Saint-Esprit, la prédication de saint Pierre, ses miracles, la formation d'une Eglise à Jérusalem, la persécution des premiers fidèles, la conversion do saint Paul, ses voyages, ses travaux, etc., sont des faits qui se tiennent ; l'un ne peut pas être faux sans que tout le reste ne soit renversé. Ces faits sont
trop publics et en trop grand nombre, la scène est en trop de lieux différents, pour que toute cette narration soit fabuleuse. Les fidèles de la Judée, ceux d'Antioche etd'Alexandric, n'ont pas pu ignorer ce qui s'était passé à Jérusalem depuis la mort de Jésus- Cbrist ; leur conversion même prouve la vérité de ce qui est rapporté par snint Luc; s'il l'avait altérée en quelque chose, les fidèles de Jérusalem se seraient inscrits en faux contre son histoire; ceux d'Antiocbe, d'Epbôse, de Corinthe, etc., auraient fait de même, si ce qui s'était passé chez eux n'avait pas été lidèleinent rapporté.
2° Les lettres de saint Paul confirment la plupart de ces faits, et les supposent. 3° Le sebisme arrivé à Jérusalem entre les disciples des apôtres et les ébionites ou judaisanls, démontre qu'il n'a pas été possible d'en imposer à personne sur des faits qui intéressaient les deur partis. Dans la suite, les ébionites cherchèrent à décrier la doctrine et la conduite rie saint Paul; ils forgèrent de faux art g pour le rendre odieux ; mais ils n'ont pas osé s'inscrire en faux contre les actes écrits par saint Luc : d'ailleurs leur témoignage est venu trop lard pour affaiblir celui d'un témoin oculaire. 4° Le Jirif que Celse fait parler, avoue ou suppose la naissance d'une Eglise à Jérusalem, telle que saint Luc la raconte. L'apôtre saint Jean a vécu jusqu'au commencement du second siècle : tant qu'il a subsisté, a-t-il été possible de forger une fausse histoire des travaux des apôtres et de l'établissement de l'Eglise? 5° Ce que l'on a nommé faux Actes des apôtres, composés par les hérétiques, ne sont pas des histoires qui contredisent celle de saint Luc, mais de prétendues relations de ce qu'ont fait les apôtres, desquels saint Luc n'a pas parlé : tels sont les Actes de saint Thomas, de saint Philippe, de saint André, etc. ; pièces apocryphes, inconnues aux anciens Pères, qui n'ont paru que fort tard, dont on ne peut fixer la date ni nommer les auteurs.
Le premier livre de cette nature qu'où vit paraître, et qui fut intitulé Actes de Paul et de Thècle, avait pour auteur un prêtre, disciple de saint
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Paul. Son imposture fut découverte par saint Jean, et quoique ce prêtre ne se fût porté à composer cet ouvrage que par un faux zèle pour son maître, il ne laissa pas d'être dégradé du sacerdoce. Ces Actes ont été rejetés comme apocryphes par le pape Célase. Depuis, les manirhéens supposèrent des Aetes de saint Pierre c! saint Paul, où ils semèrent leurs erreurs.
On vit ensuite les Actes de saint André, de saint Jean et des apôtres en général, supposés par les mêmes hérétiques, selon saint Epiphane, saint Augustin et Philastre; les Actes des apôtres faits par les ébionites ; le Voyage de saint Pierre, faussement attribué à saint Clément; Y Enlèvement et k ravissement de saint Paul, dont les gnostiques se servaient ; les Actes de saint Philippe et de saint Thomas, forgés par les encratiles et les apostoliques; la Mémoire des apôtres, composée par les priscillianistes; l'Itinéraire 'lis apôtres, qui fut rejeté dans le concile de Nicée ; et diverJ autres dont nous ferons mention sous le nom des sectes qui les ont fabriqués.
Voyez Hieronym., De Viris illust., c.
7 ; Clirys., In Act. ; Dupin, Dissert.
prélim. sur le Nouveau Testam.; Tertull., De Baptism. Epiphan. Uxres. 8, n° 47 et 61 ; S. Aug., De Fide contra Manich., et Tract, in Joan. ; Philast.
Hseres. 48; Dupin. Biblioth. des Auteurs ecclésiastiques des trois premiers siècles. Bergiek.
ACTES DES SAINTS, — acta sanctorum, (Théol. hist. bibliogr.)ÎA. Héfélê raconte comme il suit l'histoire de cette publication colossale, plusieurs fois interrompue et reprise, et dont M. Palmé édit. à Paris, fait paraître, au moment où nous écrivons, une édition magnifique in-folio :
« Pendant le dix-septième et le dixhuitième siècle, les Jésuites travaillèrent à Une légende gigantesque intitulée Acta Sanctorum. Le premier plan, d'après lequel l'ouvrage ne devait compter que dix-huit volumes, fut conçu parle Jésuite d'Anvers Héribert Rosweyd, qui mourut en 1629 sans avoir pu réaliser son projet. Le Jésuite Jean Bolland (né àTirlemont, dans les Pays-Bas, 1596, f 1663), âgé
alors de trente-quatre ans, dut, d'après les ordres de la compagnie, entreprendre l'élaboration des matériaux recueillis etlaissôsparRosweyd, et se rendre de Malines à Anvers, qu'on jugea le lieu le plus favorable à la publication de cette grande œuvre. Bolland entra aussitôt en correspondance avec toute l'Europe, pour obtenir de toutes les bibliothèques et de toutes les archives les Actes [Acta) et les vies des martyrs et des autres saints. Il parvint à réunir une telle masse de documents el de manuscrits que le plan primitif fut élargi, etqu'ii fallut donner, en 1 i35, à Eolland un auxiliaire, devenu indispensable, dans la personne d'un confrère de la Compagnie, plus jeune, parfaitement propre à ce travail, nommé Godefroi Iienschen (né à Venrad, dans les Gueldres, 1600, f 1681). Après d'ardents travaux préparatoires, les deux Jésuites tirent paraître, en 1643, deux forls volumes in-folio, qui ne renfermaient que l'histoire des saints dont nous honorons la mémoire dans le mois de janvier. En 1658 parurent trois autres in-folio, comprenant les saints de février. Deux ans après les deux savants obtinrent un nouveau collaborateur dans la personne du P. Daniel Papebrœk (né à Anvers en 1628, f 1714). Conformément au désir du Pape Alexandre VII, Henschen et Papebrœk parcoururent l'Allemagne, l'Italie el la France, pour y ramasser de nombreux manuscrits.
Bientôt après Bolland mourut; mais l'œuvre continua sans interruption, et ne fut pas troublée par la mort de Henschen et de Papebrœk, chaque collaborateur décédé étant immédiatement remplacé par un nouvel ouvrier, qui avait travaillé sous la direction de ses anciens collègues et sur le même plan.
« Tous ces savants réunis furent nommés Bollandistes, et leur œuvre, dont une édition peu correcte parut à Venise, fut appelée l'Œuvre des Bollandistes. Ellefut continuée, grâce à l'appui de l'impératrice Marie- Thérèse, même après l'abolition de l'ordre, jusqu'à ce que l'invasion des Français dans les Pays-Bas, en 1794, vint suspendre l'entreprise. Elle était
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parvenue au cinquante-troisième volume in-folio, et ce dernier, publié en 1794 à Tangeiloo, et comprenant les saints du 12 au 1 S octobre inclusivement, est devenu très-rare. C'est à tort que plusieurs auteurs disent que l'œuvre ne va que jusqu'au 6 ou \ 1 octobre. Outre la biographie de chaque saint, recomposée à nouveau par les Bollandistes, cet ouvrage a publié tout ce qui a pu être découvert des vieilles traditions, des anciennes histoires des saints, et ces documents sont éclaircispar des dissertations et des notes savantes ; le tout dans le ton et le style non des légendes, mais d'une œuvre véritament scientilique. Ce travail est devenu une source des plus importantes de l'histoire de l'Église, par les nombreux et anciens documents qui ont été réimprimés, comme pièces à l'appui.
« Les événements de la guerre dont il a été fait mention plus haut dispersèrent les collections, et beaucoup de matériaux furent complètement égarés ; d'autres, et en grand nombre, se trouvent encore dans la bibliothèque royale de la Haye et dans la bibliothèque dite de Bourgogne, à Bruxelles. Napoléon désira en vain qu'on reprit l'œuvre interrompue ; on croyait alors que tous les documents étaient perdus. Entin, en 1837, le gouvernement de Belgique confia la continuation de l'entreprise à la société des Jésuites, et les Pères Jean- Baptiste Boone, Jean Vandermooren, Prosper Coppens et Joseph de Heike furent choisis pour la diriger. » C'est ce travail que reproduit aujourd'hui l'éditeur Palmé. Le Noir.
ACTES DES CONCILES. Voyez Conciles.
ACTES DES MARTYRS. Voyez. Martyre et Martyrologe.
ACTES DE PILATE. Voyez Pilate.
ACTUEL. Les théologiens distinguent la grâce actuelle et la grâce habituelle, le péché actuel et le péché originel.
La grâce actuelle est celle qui nous
est accordée par manière d'acte ou de motion passagère. On pourrait la définir plus clairement, celle que Dieu nous donne pour nous mettre en état de pouvoir agir ou de faire quelque action. C'est de cette grâce que parle saint Paul quand il dit aux Philippiens, ch. 1 : « Il vous a été donné » non-seulement de croire en Jésus- » Christ, mais encore de souffrir pour lui. » Saint Augustin a démontré, contre les pélagiens, que la grâce actuelle est absolument nécessaire pour toute action méritoire dans l'ordre du salut.
La grâce habituelle est celle qui nous est donnée par manière d'habitude, de qualité fixe et permanente, inhérente à l'âme , qui nous rend agréables à Dieu et dignes des récompenses éternelles. Telle est la grâce du baptême dans les enfants. Voyez Grâce.
Le péché actuel est celui que commet, par sa propre volonté et avec pleine connaissance , une personne qui est parvenue à l'âge de discrétion.
Le péché originel est celui que nous contractons en venant au monde , parce que nous sommes enfants d'Adam. Voyez Péché. Le péché actuel se subdivise en péché mortel et péché véniel. Voyez Mortel et Véniel.
uergier.
ACTIVITÉ. (Théol. mixt. philos, ontol.) — L'activité, dans un être quelconque, conduit à la démonstration de Dieu, comme l'être lui-même.
Présentez-moi une nature active, c'est-à-dire produisant des actes , je dirai : cette nature ne peut être active que de deux manières; ou par ellemême, en ce cens qu'elle ait en elle son principe d'activité, sans qu'elle l'ait reçu d'aucune autre puissance active ; ou par un autre, en ce sens que cet autre soit le premier moteur de son activité.
Si vous dites : par elle-même, selon le premier sens, je répondrai: cette nature est Dieu même, car il n'y a pas d'autre manière de comprendre Dieu que comme un être actif qui possède en soi et par soi le principe de son activité.
Si vous dites : par un autre, selon
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le second sens; je répondrai : cet autre est Dieu; car si vous mottu entre la nature supposée et là
■universelle, une génie d'êtres activés les uns par les antres, its ne formeront qu'un Ensemble d'ucl'ues qui aura besoin d'un moteur primordial ; lequel ue sera autre que ce que j'entendais tout à l'heure par le premier moteur de Vacticité de la nature en question.
Il y a cependant des natures actives.
Vous cl mm par exemple, nonsommes aotifs.
Donc Dieu est.
Or, est-ce vous qui êtes ce Dieu nécessaire? est-ce moi qui le suis'?...
— Répondez. — V. Athéisme.
Le Noir.
ADAM ET ÈVi;, état d'innocence,
DÉCUÉANCE ET KKsTAl'RATIO.N ; OU LES TROIS AGES BIBLIQUES DE L'UCMANITÉ DEVANT LA l'HILosol'lilF. ET l'iIISTOU; E
i'ROi «i:s. {Tiittil. mixt. philos. <t scien .)
Si nous interroimns l'ontologie,
que nous dit-elle? Elle nou-eilseï ;ue a ftwri la nécessilé d'une Ctttne éternelle qui ne peut être que le bien, et
i! produire que le liien. mais
qui, pouvant produire louic espèce de li le ii, peui produire, au nombre des biens, celui qui consistedans une puissance et une liberté desquelles peuvent sortir le de -01 ijre et le ml relal ifs àeelle produi Uon particulière. De là,
-ilé absolue que l'homme, une de ces productions, soit bon et heureux naturellement, à sou apparition sur le globe (pli lui servira de séjour, et possède en germe les éléments de Bon développement futur. Ne possédant, d'ailleurs, ces eleinenis qu'en germe et en puissance, puisipie c'est à son travail que sont Réservés tes épanouissements, son premier élut ne peut <■ I i equ'un état de simplicité radicale daud une innocence et un bien-être r.wlici.
C'est l'état d'innocence (jdftXJSCe qu'il a de naturel) du paradis terrestre que omis enseigne ainsi « j/riwi l'ontologie; bile nous l'euseigue connue aécessawe fnur toute créature vixanlc qu'il plail àDieii de l'aire, inuilis le don surnaturel, <: :i ne saurait être nécessaire. (V. «irf. a l.
Si nous interrogeons la psychologie
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de notre espèce, elle nous répond en nous faisant remarquer les faits complexes de bien et de mal, de bonheur et de souffrance, qui constituent le grand mystère de notre humanité historique et présente ; et elle nous dit :
comment concilier tout ce mystère aree le principe qui vient d'èlre posé par l'ontologie ?. .. Ce mystère estuu l'ait d'oli-ervation qu'on ue lient nier, puisqu'il csl île ttrâs les instants ; ce principe e-t une vérité éternelle dont -olue ; la conciliation est nécessaire elle-même, et le seul moyen de la faire, c'est de dire qu'il y a eu à la suite de l'état d'innocence, en îucine temps qu'une entrée en action de Tel re huma in prenant possession de sespuissa nces et réalisant ses premiers enjambements dans le progrès, une de. lieauce dans le mal, dans le désordre et dans la douleur qui est la conséquence du désordre et du mal.
Le peebe est venu d'une part, la science et l'industrie sont nées d'antre part, sous le souflle du génie de l'homme, et la carrière des maux et des biens, des grandeurs et des bassesses , des hontes et des gloires a commencé. Le bien primitif avec les forces que la liberté pourrait rendre fécondes en biens ou en maux :
voilà l'antre de l'éternelle cause; le mélange lui-même des maux et des biens durant le développement, voilà l'teuxre de la eréatm-e libre. Dieu a fait l'élal d'innocence ; l'homme a fait sa déchéance Je ce premier état dans une série mélangée de malheurs et de progrès laborieux; et voilà ce second état, que le poète-législateur des semiles nous décrit sous les traits rapides de l'arbre de vie, et de l'ange au glaive de feu qui garde l'entrée du paradis terrestre.
Voila ce que nous disent l'ontologie et la psychologie philosophiques, abstraction faite de toutes les eoégèsi que peut présenter la théologie pure ; et dites-moi, partisans du positivisme de nos jotfrs, si vous avez quelque chose de plus naturel à mettre à la place, après un retour sérieux sur vos idées et une inspection sérieuse de notre humanité présente. Seriezvous athées, et Dieu pour vous fùl-il le monde, vous ne pourriez soutenir
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que le mal soit l'éternelle loi ; c'est l'ordre et le bien qui seraient encore cette loi éternelle, et mon ontologie aurait encore raison. Quant à ce qu'a dit la psychologie, vous ne pouvez que parler comme elle, puisque .c'est le fait qui s'observe chaque jour; et quant à la conséquence qu'elle en a tirée, ce n'est qu'une déduction de la plus simple logique. Non, vous ne trouverez jamais rien d'aussi naturel à mettre à lu place de l'état d'innocence et de la déchéance.
Mais j'oubliais que ceux contre lesquels j'argumente n'admettent que les sciences qu'ils appellentpositivcs, et je me hâte de me rapprocher d'eux sur ce terrain, en m'adressant aux sciences historiques qui se présentent les premières : les autres sciences seront invoquées dans d'autres articles.
La compétence des sciences historiques, me direz-vous, n'est pas grande :
ces sciences se perdant dans une nuit si voisine de nous !.. C'est vrai si l'on ne considère que les sciences historiques qui s'expriment par des livres, oupar des iuseriptions, ou par des monuments quelconques; mais il y a, dans les livres, dans les inscriptions et dans les monuments les plus antiques, des indications suffisamment claires de traditions orales qui prétendaient remonter jusqu'aux origines, lorsqu'elles furent ainsi consignées; et si nous découvrons que ces traditions, tout en prenant les formes artistiques les plus diverses, selon les caractères des peuples qui les transfiguraient àleur image, s'accordaient pour le fond, malgré les distaucesalors infranchissables des lieux et malgré les différences des langues, n'auronsnous pas une sorte de preuve historique d'autant plus imposante, disons le mot, d'autant plus inéluctable, que l'entente aura étéplusiinpossible, que les transfigurations des mêmes faits auront été plus libres et plus désordonnées, et que ces faits remonteront plus haut dans l'existence du genre humain sur la terre?
Or, il en est ainsi.
Moïse, dans la Genèse, n'a fait luimême que résumer, en un tableau rapide la tradition des sémites. Sept
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faits anthropologiques principaux constituent les bases de son récit:
l'état d'innocence; la déchéance; l'unité et l'identité de l'espèce humaine ; la contemporanéité des animaux terrestres et de l'homme ; leur antériorité au déluge; le déluge; et l'unité primitive de langage. Or, toute l'a littérature gréco-romaine, dont Homère et Hésiode sont les plus anciens représentants, retentitd'une mythologie sans tin dont ces mêmes faits sont les points de départ. L'âge d'or auquel succède l'âge de fer est chanté par tous les poètes , peint par tous les artistes, appelé au secours de toulcsles éloquences. L'unité et l'identité de race dans un premier couple pour origine est partout supposée. La contemporanéilé des animaux et de l'homme l'est également. Le déluge n'est nulle part oublié, ainsi qu'une reprise de la souche par une seule famille échappée au désastre. L'unité de langage est indiquée par la même raison, puisque dans une famille il ne saurait y avoir diversité d'idiomes.
Et ce ne sont pas seulement la littérature et tous les monuments artistiques des gréco-romains , qui sont dominés par cette épopée générale du genre humain, ce sont toutes les littératures avec lnus les ails, de l'Orient comme de l'Occident, despotes comme des tropiques, du nouveau monde comme du monde ancien, des rives de l'Ho-Hango comme de celles du Gange, des îles de toutes les mis comme des continents. Nous en avens résumé les traits principaux dans notre Bicfiortnafre des harmonies de la raison et de In fui, nous ne rev tendrons pas ici sur une élude semblable des traditionscosmogoniques, mais, parmi les légendes sans nombre dont sont remplis tous les livres antiques, et qui nepourraieiitètre considérées que comme des altérations des récits de Moïse, s'il n'était à peu pré, prouvé suflisaniuient que les livres qui les contiennent sont d'une antiquité au moins égale, où même supérieure à ces récits, nous en citerons une que nous n'avons encore citée dans aucun de nos ouvrages.
Ici jusqu'aux noms sont les mêmes; c'est la légeude d'Adfma et d'Heva,
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Adima, en sanscrit, le premier homme, Heva, en sanscrit, ce qui complète la vie ; et cette légende est racontée longuement sur le ton poétique par Ramatsariar, dans ses commentaires sur les Vedas, commentaires moins anciens que les Vedas sans doute, mais pourtant d'une ancienneté suffisante pour obliger la critique à en reporter la date à un assez grand nombre de siècles avant notre ère.
Il a èlé dit dans plusieurs livres, dans les Vedas et dans Manon par exemple, que ce qui apparut d'abord, ce fut « la matière, » que ce qui apparut ensuite ce fut « Manas, la \ie, » que ce qui apparut en troisième ordre, ce fut « la conscience, abascara, » que ce qui apparut en quatrième ordre « ce fut la nature vivante, qui ne fut qu'un chant de reconnaissance et d'amour, » que ce qui apparut enfin ce fut « l'homme et la femme, tirés du plus pur de lui-même, » Brahma, et que ce que fit en dernier lieu Brahma ce fut « de se reposer et d'admirer son œuvre. »
Ramatsariar, partant de ce dernier point, raconte, fort au long, la légende dont voici la substance:
« Les éléphants se promenaient dans les forêts gigantesques.... suit une description magnifique et grandiose ; et Brahma «juge qu'ilest temps de créer l'homme. »
• Il tire de sa grande âme, de la pure essence, un germe de vie, dont il anime les deux corps, mâle et femelle, et leur donne l'ahancara, » la conscience et la parole , « qui les rendra supérieurs à tout, excepté aux dévas et à Dieu. »
Il leur donne pour séjour « l'antique Taprobane, » paradis sur terre ; c'est l'île de Ceylan, encore aujourd'hui la plus belle des contrées que baigne la mer des Indes.
Et Brahma leur dit: «Allez, unissezvous, produisez des êtres qui soient à votre image, je vous ai créés pour m'adorer, » etc., « et à la fin revenir à moi.»
Suit une description des plus voluptueuses et des plus brillantes des premières amours d'Adima et d'Heva au sein de la belle nature. C'est le bonheur parfait.
Mais l'ambition est suscitée, dans les deux jeunes amis, par le prince des Rackchasas: « Il est un heu plus beau. »
Or, Brahma avait défendu de quitter l'île avant qu'elle fût peuplée et sans qu'on lui en demandât la permission par des sacrifices. S'ils désobéissaient, ils se trouveraient errants sur une terre horrible.
Adima et Heva sont cependant partis à la recherche de la lerrenouvcile, « ils marchent, ils marchent toujours, » etc.
Arrivés au bras de mer, ils voient de l'autre côté « le continent, de beaux arbres, de beaux fruits, de beaux oiseaux, » etc. La description est encore assez splendide.
C'est le moment critique; sortiront-ils de File malgré la défense de Brahma ?
Heva ne le veut ni ne l'ose ; elle pleure.
Adima l'entreprend, et malgré les larmes de son épouse, il la prend et la porte, à. travers les rochers, sur l'autre bord, f nous reviendrons, »
lui dit-il.
Mais voici qu'à peine le bras de mer est traversé, tout disparait.... A la place du riant paysage, quelques pointes de roches nues. C'est ce qu'on nomme aujourd'hui le Palam Adima pont d'Adam, lieu désigné dans la géographie de la contrée, aussi bien que le pic d'Adam, qui est le point de l'île où Adima la quitta pour aborder la grande terre.
Tout avait disparu, car la belle végétation n'était qu'un mirage suscité par le prince des Rackchasas.
Adima tombe dans l'affreux désespoir; Heva lui dit: « Ne te désole point, prions, prions l'auteur de toutes choses! »
Une voix se fait entendre : o Femme, tun'as péché que par amour pourton mari, etc., mais nil'unnil'autrenerentrerez plus dans ce lieu de délices...»
Le travail maintenant, le travail pénible... « Mais, dit la voix de Brahma, « j'enverrai Vichnou qui s'incarnera dans le sein d'une femme et qui apportera à tous l'espoir de la récompense dans une autre vie, et le moyen, en me priant, d'adoucir leurs maux. »
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Nous avons réduit à sa plus simple expression cette légende, qui est longue. On y reconnaît avec étonnement un fond tout semblable à celui des récits mosaïques, avec cette différence pourtant, que c'est la femme qui aie bon rôle, au lieu de l'homme, et que c'est elle qui se laisse entraîner au lieu d'entraîner son mari. L'incarnation rédemptrice de Vichnou, qui est formellement promise, beaucoup plus formellement encore que dans la Genèse des Hébreux, atout ce qui peut exciter la surprise.
Le déluge est raconté 'de même dans d'autres légendes ; ce ne sont plus les mêmes noms ; Noé devient- « Vaisasvata. » Mais il construit également un grand vaisseau dans lequel il renferme un couple de chacune des espèces d'animaux et des graines des plantes. Il attache le vaisseau à la corne d'un poisson qui le traîne partout sans qu'aucun mal n'arrive. Or, le poisson est Vichnou lui-même, incarné pour sauver ainsi le monde.
Ce voyage étrange dure des années, et pour dénouement, le vaisseau s'arrête sur le mont Hymalaya.
Dans la partie du même poëme, de Ramatsariar, intitulée prophétie, onlitlcsparoles suivantes de Vichnou s'adressant sous la forme d'une colombe au vieillard Adgigarta dont l'histoire à beaucoup d'analogie avec celle d'Abraham : « Dieu est satisfait de ton obéissance, et ton fils, par son courage a trouvé grâce devant lui. Qu'il viv£ de longs jours, car c'est de lui que naîtra la Vierge qui doit concevoir un génie divin. »
Toutes ces corrélations dans les légendes antiques ne peuvent s'expliquer que par l'existence antérieure à tous les livres, de traditions universelles portant sur des faits pri mordiaux identiques, dont les divers peuples accommodaient les récits à leurs mœurs et à leurs climats, et que les historiens et les poètes racontèrent ensuite chacun en leur manière, mais en conservant toujours assez de la vérité fondamentale pour qu'il reste sur cette vérité un accord vraiment démonstratif, qui donne raison à Moïse.
Le Noir.
ADAM, nom du premier homme que Dieu a créé pour être la tige du genre humain. Adam est aussi en hébreu le nom appellatif de l'homme en général ; il paraît formé d'à augmentatif et de la racine dam, dom, élevé, supérieur ; il désigne le principal et le plus fort individu de l'espèce.
On peut voir dans les premiers chapitres de la Genèse toute l'histoire d'Adam, la loi que Dieu lui imposa, sa désobéissance, la peine à laquelle il fut condamné avec sa postérité.
Cette narration, qui est fort courte, a fourni une ample matière aux conjectures des commentateurs, aux disputes des théologiens, aux erreurs des hérétiques, et aux objections des incrédules.
Il est d'abord évident que le premier homme n'a pu exister que par création. Les anciens athées, qui disaient que les hommes étaient fortuitement sortis du sein de la terre, comme les champignons; les matérialistes modernes, qui pensent que la naissance de l'homme a été un effet nécessaire du débrouillement du chaos ; les savants physiciens, qui ont calculé et fixé les époques de la nature, sans nous apprendre comment les hommes, les animaux et les plantes, ont pu éclorc d'un globe de verre enflammé dans son origine, sont aussi peu sages les uns que les autres.
Leurs rêves sublimes disparaissent devant le récit simple et naturel de l'auteur sacré : « Au commencement » Dieu créa le ciel et la terre.... Il » dit: Que la lumière soit, et la lumière
» fut Il dit : Faisons l'homme à
» notre image et à notre ressemblance, » et l'homme fut fait à l'image de » Dieu. » Gcn., c. t. Par ce peu de paroles l'homme apprend ce qu'il est, ce qu'il doit à Dieu et à soi-même, ce qu'il a lieu d'attendre de la bonté de son Créateur.
Dieu est-il donc corporel aussi bien que l'homme? On a répondu aux marcionites, aux manichéens, aux philosophes du quatrième siècle, aux incrédules du dix-huitième, qui ont fait cette question, que la partie principale de l'homme n'est pas le corps, mais l'âme. Or, cette âme est douée
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d'intelligence, de réflexion, de volonté, de liberté, d'action; elle a le pouvoir de réprimer les appétits déréglés du corps, de penser au présent, au passé et à l'avenir, de communiquer aux autres par la parole ce qu'elle pense, de commander aux animaux, de faire servir à si m usage la plupart des ouvrages du Créateur, de le connaître, de l'adorer et de l'aimer; c'est par là que l'homme ressemble à Dieu. Préférerons-nous, comme certains philosophes, de ressembler aux animaux plutôt qu'à Dieu qui nous a faits?
La manière dont la formation de la femme est racontée dans l'histoire sainte a donné lieu à quelques railleries froides et à des imaginations bizarres qui ne valent pas la peine d'être réfutées; mais c'est une grande leçon donnée au genre humain. Dieu a voulu par là taire connaître à la femme la supériorité de l'homme de qui elle a été formée; à l'homme, combien sa compagne doit lui être chère, puisqu'elle est une partie de sa propre substance; à tous les deux, qu'ils don eut conserver entre eux l'union la plus étroite, de' Laquelle dépend leur bonheur et celui de leurs enfants.
Mais en quel état se trouvaient ces deux créatures au moment de leur naissance, quelle était leur fèlMié dans l'état A innocence, qu'elle aurait été leur destinée et telle de leurs enfants, si les uns ni les autres n'avaient pas péché? Questions intéressantes, mais sur lesquelles l'Ecriture sainte ne s'est expliquée qu'avec beaucoup de réserve.
Elle nous apprend que Dieu a crue l'homme droit, Eecli , c. 7, J T .10, et dans la justice, Ephes., c. 4, ^ 24; pareonséquent non-seulement exempt de vice, mais encore doué de la grâce sanctitiante qui le rendait agréable à Dieu. Elle nous dit qu'il a été créé immortel , dans ce sens qu'il pouvait s'exempter de la mort en ne péchant pas; la mort n'étant entrée dans le inoude que par la jalousie du démon, Sap., c. 2, f 23, et par le péché , Rom., c. 5, y 12. Nous voyons aussi, Eccli , c. 17, f 6, que Dieu détail plu à donner à nos premiers parents
toutes sortes de connaissances , en créant dans eux la teienœ de l'esprit, en
remplissant leur cœur Je sentiment, et h ur faisant voir les biens et les maux.
D'où il suit que l'état du premier homme avant son péché était un état très - heureux, quoique son bonheur ne fût pas complet, puisqu'il pouvait perdre par sa désobéissance la justice dans laquelle il avait été créé, cl. tous les dons qui y étaient attachés. Un bonheur plus parlait devait être le fruit de sa persévérance libre dans le bien. Nous ne savons pas combien il aurait fallu qu'elle durât pour qu'Adam fût confirmé dans la justice et ne pût désormais la perdre.
S'il eut persévéré, ses enfants anraient eu en naissant la justice originelle dans Laquelle il avait été Cfl mais chacun de ses descendants aurait éié peut-être i des lois, ex-
pose au danger de les violer, et de perdre, comme Adam, tous les privilèges de l'innocence : c'est le sentiment d'Estius d'après saint Augustin, 1. î,SentenL, Disk 20,15. On pourrait encore agiter bien d'autres questions; mais, puisque L'Ecriture se tait, n'imitons pas la curiosité téméraire de notre premier père : ii'approchon ; pas de l'arbre de la science pour y chercher un fruit qui nous est défendu.
Pourquoi, demandent les incrédules après les manichéens, pourquoi imposer à l'homme une loi, et lui faire une défense, lorsque Dieu savait bien qu'elle serait violée? Parce que l'homme créé libre était capable d'obéissance, et qu'il la de\ait à son Créateur. C'est par son libre arbitre, autant que par son intelligence, que l'homme est distingué des animaux ; il était juste que Dieu exigeât de lui un témoignage de soumission, en reconnaissance de la vie et des autres bienfaits qu'il lui avait accordés. Dans tous les états possibles, il est de l'ordre que le bonheur parfait ne soit pas un don de Dieu purement gratuit, mais une récompense réservée à l'obéissance de l'homme et à la vertu :
aucun argument des incrédules ne peut prouver le contraire; la prévoyance que Dieu avaitde ladêsobéissence future d'Adam, ae devait dé-
A!) A Se
roger en rien à cet ordre éternel, inhnirnent juste et sage.
En effet, dit saint Augustin, pourquoi Dieu ne devait-il p'as permettre qu'Adam lut tenté et succombât?
Il savait que la chute de l'homme et sa punition seraient pour ses descendants un exemple qui servirait à les rendre plus obéissants ; que de cette race même pécheresse naîtrait un peuple de saints qui, avec la grâce divine, remporteraient à leur tour sur le démon une victoire plus glorieuse. Si donc cet esprit malicieux a semblé prévaloir pour un temps par la chute de l'homme, il a été vaincu pour l'éternité par la réparation de l'homme. L. 1 Confia ackers. leg, et proph., n.21 et 23. DeCiv. Dei, 1. 14, c. 27. De Catcch. nulib., c. 18.
Lorsque les incrédules demandent encore pourquoi Dieu a interdit à notre premier père le fruit qui donnait la connaissance du bien et du mal, ils affectent de ne pas entendre de quelle connaissance il est question.
Adam connaissait déjà le bien et le mal moral; l'Ecriture nous apprend que Dieu la lui avait donnée. Ecdi., c. 17, y G ; autrement il aurait été aussi incapable de pocher que les enfants qui n'ont pas encore atteint l'âge de discrétion : mais il n'avait point encore la connaissance du mal physique, puisqu'il n'en avait éprouvé ancun ; il n'avait aucune idée de la honte et du remords que cause la conscience d'un crime. Il les sentit après son péché; il fut en état de conparer le bien-être et la douleur : telle est la connaissance expérimentale de la quelle Dieu voulait le préserver.
Il ne s'ensuit donc pas qu'il y ail eu un arbre dont le fruit avait la vertu de faire connaître le bien et le mal.
C'est une nouvelle témérité, de la part des incrédules, de soutenir qu'il y a eu de l'injustice à rendre Adam maître du sort de sa postérité.
C'est la conditionnaturelle de l'humanité ; et tel est l'ordre établi dans dans toutes les sociétés politiques.
Un père, par sa mauvaise conduite, peut réduire à la misère ses enfants nés et à naitre ; il peut les déshonorer d'avance par un crime ; il peut dans les pays où l'esclavage est
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établi, les réduire à cette condition en vendant sa liberté. Il est du bien de la société que cela soit ainsi, afin d'inspirer aux pères plus d'horreur des crimes qui peuvent avoir pour leurs enfants des suites si terribles, et plus de reconnaissance aux enfants envers un père qui, par la sagesse de ses mœurs, les a mis à couvert de ce malheur.
Dieu, continuent nos adversaires, pouvait prévenir le péché de l'homme par une grâce efficace, sans nuire à son libre arbitre ; s'il ne devait pas cette grâce à l'homme, du moins il la devait a lui-même et à sa bonté infinie. Ne donner à l'homme dans cette circonstance qu'un secours inefficace dont Dieu prévoyait l'inutilité, c'était plutôt lui faire du mal que du bien.
Ce raisonnement, s'il était solide, prouverait que Dieu, en vertu de sa bonté infinie, ne peut donner à aucun homme une grâce dont il prévoit l'inefficacité, et ne peut permettre aucun péché ; mais il porte sur trois ou quatre suppositions fausses. La première, qu'un moindre bienfait, comparé à un plus grand, n'est plus un bien, mais un mal. La deuxième, que de deux bienfaits inégaux, Dieu se doit à lui-même d'accorder toujours le plus grand, ce qui va droit à l'infini. La troisième, que plus Dieu prévoit de résistance de la part de l'homme, plus il est obligé d'augmenter la grâce ; comme, si la malice de l'homme était un titre qui lui donne droit aux grâces de Dieu.
La quatrième, qu'il faut raisonner de la bonté de Dieu jointe à une puissance infinie, comme de la bonté de l'homme, qui n'a qu'un pouvoir très-borné. Toutes ces absurdités n'opt pas besoin d'une plus longue réfutation.
Unegrâcc inefficace, ou de laquelle Dieu prévoit l'inefficacité, est sans doute un moindre bienfait qu'une grâce dontil prévoit l'efficacité ;mais il est faux que la première soit un mal, un don inutile ou pernicieux, un piège tendu à l'homme, etc. Un secours, qui donne à l'homme toute la force nécessaire pour le rendre maître de son choix et de son action,.
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