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ne peut sous aucune face être envisagé comme un mal.
Ce que l'historien sacré dit de la tentation d'Eve et de ses suites a fourni aux incrédules de quoi exercer leur malignité. Cette narration leur parait renfermer plusieurs absurdités : que le serpent soit le plus rusé de tous les animaux, qu'il ait eu une conversation suivie avec la femme et qu'elle se soit laissé tromper; qu'il soit plus maudit que les autres animaux, pendant qu'il y a des peuples qui lui rendent un culte ; qu'il n'ait rampé sur son ventre que depuis ce temps-là ; qu'il mange de la terre, etc.
Par ces réflexions mômes, les censeurs de l'histoire sainte prouvent, ou que Moïse était un insensé, ou qu'il y a un sens caché sous l'écorce de cette histoire. C'est ce que nous soutenons, et un célèbre incrédule l'a reconnu. « De la manière, dit-il, dont l'historien raconte ce funeste événement, il paraît bien que son intention n'a pas été que nous sussions comment la chose s'était passée, et cela seul doit persuader » a toute personne raisonnable que la » plume de Moïse a été sous la direc- * tion particulière du Saint-Esprit.
» En effet, si Moïse eût été le maître » de ses expressions et de ses pen- » sées, il n'aurait jamais enveloppé » d'une façon si étonnante le récit » d'une telle action ; il en aurait » parléd'unstyleunpeuplushumain, » plus propre à instruire la postérité; » mais une force majeure, une sa- » gesse infinie le dirigeait de telle » sorte qu'il n'écrivait pas selon ses » vues, mais selon les desseins cachés » de la Providence. » Bayle, Nouv. Juin 1686, art. 2, p. 592.
Est-il vrai d'ailleurs que son récit renferme des absurdités ? 1» Nous ne connaissons pas assez les différentes espèces de serpents, pour .savoir jusqu'à quel point ces ani- |maux sont rusés et industrieux ; ceux qui entendent parler des castors pour la première fois, sont tentés de prendre pour des fables ce que l'on en raconte. 2° Il est constant que ce fut le démon qui emprunta l'organe du serpent pour converser avec Eve,
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et cette femme n'avait pas encore assez d'expérience pour savoir si un animal était capable ou incapable de parler. 3° 11 n'est pas moins vrai qu'en général nous avons horreur des serpents, et qu'il n'y a qu'une longue habitude qui puisse accoutumer des peuples à demi sauvages à se familiariser avec quelques espèces de ces animaux. 4° Si l'on en croit les voyageurs et les naturalistes, il y a des serpents ailés qui s'élèvent dans les airs ; il n'est donc pas certain que toutes les espèces aient toujours rampé sur leur veutre. On dit encore qu'il y en a qui sont d'une beauté singulière, et l'on en a vu detrès-apprivoisés. Enfin, si les serpents ne mangent pas la terre, ils semblent du moins avaler la poussière et les ordures en cherchant les insectes dont ils se nourrissent. Il n'y a donc rien d'absurde ni de ridicule dans la narration de Moïse.
Une question plus importante est de savoir si Dieu a puni trop rigoureusement le péché d'Adam, comme le supposent les incrédules. La faute, disent-ils, fut légère, et le châtiment est terrible : être condammé, pour toute cette vie, au travail et aux souffrances ; éprouver sans cesse la révolte de la chair contre l'esprit , et des passions contre la raison ; avoir continuellement sous les yeux la mort qu'il faut subir, et un supplice éternel dont nous sommes menacés, et cela pour un prétendu crime, qui n'est, dans le fond, qu'une légère désobéissance ; y a-t-il de la proportion entre le péché et la peine?
Nous répondons, en premier lieu, qu'il est absurde de vouloir juger de la grièveté de la faute d'Adam autrement que par le châtiment que Dieu en a tiré ; avons-nous assisté au conseil de Dieu, ou avons-nous vu ce qui s'est passé dans l'âme à'Adum, pour savoir jusqu'à quel point il a été criminel ou excusable ? La facilité de l'obéissance, dit saint Augustin, est précisément ce qui, dans ces circonstances, aggrave la faute d'Adam.
En second lieu, les misères de cette vie, la concupiscence même, sont une suite de notre nature : l'exemption
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de lamort,la soumission entière de la chair à l'esprit, était une grâce que Dieu ne devait point à nos premiers parents, ainsi que nous le prouverons à l'article Nature pure; il a donc pu, sans injustice, en priver l'homme coupahle et ses descendants. En troisième lieu, l'on n'est pas obligé de croire, puisque l'Eglise ne l'a pas décidé, que les entants souillés du péché originel sont tourmentés par des supplices. Ils n'entreront pas dans le royaume du ciel : mais il n'est pas dit que le lieu où ils seront sera pour eux un lieu de tourment-;.
Nous discuterons cette question au mol Baptême.
Les péchés actuels, qui font perdre la grâce, seront punis, il est vrai, par des supplices éternels ; mais ces péchés ne sont pas des châtiments de la faute d'Adam, ce sont des maux que nous nous faisons volontairement à nous-mêmes par des vices et des habitudes que nous avons contractées trèslibrement, et dont il ne tiendrait qu'à nous de nous préserver. Enfin, quand on parle de la faute d'Adam et de la punition, il faudrait ne pas oublier la manière dontJésus-Christ l'a réparée par la grâce de la rédemption.
C'est en démontrant, par l'Écriture sainte, l'excellence, la plénitude, l'universalité de cette grâce, que les Pères de l'Eglise ont répondu aux objections des marcionites et des manichéens, qu'ils ont prouvé aux ariens la divinité de Jésus-Christ, qu'ils ont refuté les pélagiens, qui, dans leur système, réduisaient à rien la rédemption, comme fontencore aujourd'hui les sociniens.
Ils nousfont remarquer d'abord que la promesse de la rédemption est aussi ancienne que le péché. Avant de condamner Adam aux souffrances et à la mort, Dieu avait déjà lancé la malédiction contre le serpent, et lui avait dit : La race de la femme t'écrasera la tête. C'est, disent les Pères, en vertu de cette promesse et des mérites du Rédempteur, que Dieu n'a condamné Adam etsapostérité qu'à une peine temporelle ; ainsi la rédemption future a commencé d'opérer son effet, au moment même qu'elle a été promise Vbj/C2PR0T-ÉVANGILE,RÉBElrPTI0N.
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2° Ils nous représentent que les souffrances et la mort sont l'expiation du péché et un sujet de mérite en vertu de la passion du Sauveur ; d'où ils concluent que la condamnation de l'homme a été sous ce rapport un acte de miséricorde de la part de Dieu.
Jésus-Christ, dit saint Paul, a ôté les amertumes de la mort, en nous assurant une résurrection semblable à la sienne. I Cor., c. 13, f 53. Voyez Mort, Souffrante.
3° Ils observent que la grâce, répandue avec abondance par Jésus-Christ, nous rend victorieux de la concupiscence ; que par ce combat la vertu devient plus méritoire et digne d'une récompense aussi grande que celle qui étai destinée à notre premier père.
Par ces différentes considérations, nos saints docteurs font comprendre la dignité à laquelle notre nature à été élevée par son union avec le Verbe divin; ils montrent la grandeur du mal par la puissance du remède.
Selon l'histoire sainte, la pénitence d'Adam a été fort longue : il a vécu neuf cent trente ans. Gen., c. S, ^5.
Dieu lui accorda cette longue vie, afin de perpétuer parmi ses descendants la certitude des grandes vérités dont il avait été témoin, ou qu'il avait reçues de la propre bouche de Dieu même :
les hommes pouvaient-ils avoir un maître plus respectable et plus digne de foi ? Mais, sans la promesse qui lui avait été faite d'un réparateur, il aurait été souvent tenté de se livrer au désespoir, en voyant le déluge de maux de tonte espèce que sa faute avait fait tomber sur la terre.
Aucun des pères de l'Eglise n'a douté du salut d'Adam; tous ont été persuadés qu'il a été sauvé par Jésus- Christ. Saint Augustin dit que c'est la croyance de l'Eglise, etl'on a taxé d'erreur Tatien et les encratites, qui ne voulaient pas admettre cette vérité.
On a même cru, dans les premiers siècles, qu'Adam avait été enterré sur le Calvaire, et que Jésus-Christ avait été crucifié sur sa sépulture, afin que le sang versé pour le salut du monde purifiât les restes du premier pécheur.
Quoique cette tradition ne paraisse fondée que sur un passage de l'Ecriture mal entendu, elle atteste tou-
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jours la haute idée qu'avaient nos anciens maîtres de l'étendue et de l'efficacité de la rédemption.
Il parait que certains théologiens l'avaient profondément oubliée, lorsqu'ils ont dit que le péché originel ou la chute d'Adam est la clé de tout le système du christianisme, le premier anneau auquel tient toute la chaîne de la révélation; il aurait fallu dire au moins : Le péché originel effacé et 'pleinement réparé par Jésus-Christ .
Sans le dogme fondamental de la rédemption, celui du péché originel pourrait nous iuspirer de la crainle, des regrets, de la douleur, peut-être le désespoir; il n'exciterait en nous ni reconnaissance , ni confiance , ni amour de Dieu, sentiments dans lesquels consiste la religion. Au mot Péché originel, nous ferons voir que la croyance de l'un de ces dogmes ne peut pas subsister sans celle de l'autre.
Quelques auteurs ont pensé que Platon avait eu connaissance de la chute d'Adam et qu'il l'avait apprise par la lecture des livres de .Moïse.
Eusèbe, dans sa Préparation éoangéliqtie, livre 12, cil, cite une fable tirée des Symposiaques de Platon, dans laquelle cette histoire semble être rapportée d'une manière allégorique; mais cette allusion n'est ni fort sensible, ni absolument certaine.
Au temps de Platon, les livres de Moïse n'étaient pas encore traduiis en grec, et ce philosophe n'avait point de connaissance de l'hébreu. On sait d'ailleurs que les Juifs ne montraient pas aisément leurs livres aux païens.
Il faut juger de môme de la fable de Pandore, que quelques-uns ont prise pour une altération de l'histoire de la chute d'Adam (1 ). Bebgieb. •
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ADAMIQUE ET PRÉADAMIQUR (Races.) (Tkéol.mixt.scien. anthropol.) — ■ Nous verrons Bcrgier expliquer au mot.PRÉADAMiTES, comment un théologien du commencement duxvu" siècle, ïsaac de la Perreyre, eut l'idée étrange de soutenir que les Juifs seuls constituaient la race adamique, avaient été victimes du déluge, et étaient tombés dans l'état de déchéance, tandis que les gentils, d'après le même théologien, étaieut eu dehors de toutes ces choses, parce qu'ils étaient les descendants d'une autre race antérieure qu'il nommait race prcadamiijite. Nousverrons, dans le même article, comment Bergier justilie saint Clément d'Alexandrie d'avoir enseigné les mêmes bizarreries dans un de ses ouvrages , ainsi que plusieurs l'en avaient accusé, et qu'on le faisait encore dans un article de la grande encyclopédie méthodique dont son dictionnaire faisait partie.
Ce qui nous importe en ce moment, c'est de faire observer que l'idée de la Perreyre, en étendant les conséquences de son bizarre système aux gentils de nos temps historiques, et en les déchargeant de la déchéance adamique, devenait une véritable hérésie, et n'avait rien de commun avec celle que nous allons exposer à titre seulement de simple hypothèse, qui n'a nullement nos adhésions, mais qui se trouverait, d'autre part, étrangère à toute hérésie.
M. Agassiz a cru remarquer, ainsi que nousle dirons au mot agespaléon:-
T0L0GIQUES DE L'ESPÈCE HUMAINE, dans
quelques ossements d'hommes, dontil croit pouvoir faire remonter l'existence à des époques géologiques excessivement anciennes, se mesurant, par des chiffres approchant de cent
(! ) Les matérialistes prétendent que l'homme est une production de la nature ; ce qui, dans le sens qu'ils attachent à ce mot, veut dire qu'il a élé formé sans dessein par les différentes combinaisons de la matière en mouvement.
a Lanature, dénuée do sentiment et d'intelligence, a donc produit cet être merveilleux dont la constitution étonne également l'anatomîste et le philosophe ! La terre a donc fait l'homme comme le bourgeois-gentilhomme fait de la prose, c'est-à-dire sans le savoir I ces millions de parties qui forment le corps humain ont donc été dispersées jadis sur le globe, se sont rencontrées on ne sait quand ni comment, se sont entre-heurtées, attirées, re-
poussées ; puis, après bien des essais, se sont rangées tout juste daus le bel ordre où nous les voyons ; ordre qui surpasse tout ce que l'art a pu produira et tout ce que l'esprit peut concevoir 1 Mais ce n'est pas là le plus étonnant. Ces mômes atomes de brutv et de morts qu'ils étaient, ont pi odnit,par leurs combinaisons fortuites, la vie, le sentiment et la faculté de raisonner. Pour s'épargner la peine de former & si grand» frais chaque individu, ils se Boot arrangés en mâle et femelle, de manière à pouvoir désormais étendre leur espèce par la voie de la génération. C'est enfin à leurs impulsions réciproques, & leur gravitation mutuelle, que l'on doit l'invention delà parole, des sciences et des arts. Si ce système
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mille ans, certains caractères qui annonceraient une différence spécifique avec ceux des hommes d'aujourd'hui, et ceux de tous nos âges historiques.
Supposons que cela fût démontré, que s'en suivrait-il?
Il s'en suivrait seulement qu'avant la race adamic/ue, qui est, depuis les temps antédiluviens, la seule race humaine existante, et la seule à laquelle s'applique l'histoire de la Genèse, et tout ce qui en découle, principalement la rédemption par le Christ, Dieu aurait fait apparaître et laissé se développer sur la t^rre, avec les autres animaux, un animal hipède ethimane, qui eût été une dernière transition de ses créations des « âmes vivantes, » pour arriver à celle de l'homme véritable, du véritable Adam.
Or, une telle lrypothèse, étant complètement en dehors de notre humanité, quel que tût, d'ailleurs, l'état psychologique de ces races ou de cette race préadamique^ n'aurait rien d'alarmant pour l'orthodoxie chrétienne, et pourrait même servir à le-
ver cerhiiîr's tffii-cuRès relatives not} pas aux faits fondamentaux du récit mosaïque, car nous verrons que ces faits sont de tout point confirmés par les sciences modernes, mais seulement à une antiquité chronologique d'une race de bipèdes qui surpaierait de beaucoup celle qui résulte des récits dont nous parlons. On pourrait dire que tous ces fossiles humains, de beaucoup antérieurs au déluge, que l'on trouve ou plutôt qu'il parait que l'on trouve et que l'on trouvera probablement jusque dans le : pliocène, qui estle dernier des terrains tertiaires, mais n'apparlientpas encore aux terrains qnaternaires, ne sont point des fossiles de la race adamigue existante aujourd'hui et depuis quelques milliers d'années sur le globe, mais seulement des fossiles d'une ou de plusieurs races prêaâamîques complètement étrangères à notre genre humain qui a subi la révolution diluvienne et qui a été l'objet de la restauration par Jésus-Christ.
Nous ne signalons cette idée que
parait monstrueux à la raison, il faut avouer qu'il plaît moins à l'imagination que les brillants illusions de la mythologie... »
« Si la nature ou la matière a produit tous ces corps organisés, plantes, animaux et hommes, d'où, vient que, depuis qu'un l'obterve, elle ne produit plus rien de pareil ? la pâture a-t-elle donc changé ? pourquoi cette uiêiiïe rencontre d'atomes, qui fit jadis tant de mervedles, n'a-t-elle plus lieu, et
fiourquoi s'obstioe-t-elle à laisser anx êtres organisés e soin de se reproduire eux-mêmes ? n
a Les anciens qui étaient aussi ignorants en histoire naturelle qu'eu physique, pouvaient emire qu'un animal se formait comme le sel, par la juxtaposHion de différentes molécules réunies en vertu de certaines forces de r"]>pnrt. Il leur était permis de OQJijïcJmrer qu'une masse de boue, imprégnée et êtdiuuU'ée par les rayons du soleil, peut s'aniuiaiisir, tuut comme lisse persuadaient que les insectes, tes grenouilles, les crapauds et les lézards qu'ils trouvaient dans la famre dn Nil, étaient de la boue animée par la chaleur. Maïs il est inconcevable que, Jane le dixhuitiêuie siècle fl après tontes les découvertes des modernes on n'ait pas honte de parler encore • otnme les anciens 8* d'étayer un système de philosophie sur des erreurs dont le peuple même commence à se moquer. Un animal ne naît que de son semblable, c'est la loi uniforme et invariable de la nature. Rien de ce qui est organisé ne se forme par opposition, pas même le champignon ni la mousse, La raison s'unit à l'expérience pour rejeter les générations équivoques. F.lle nous dit qu'un corps organisé est un tout qui n'a pu se former succe.-.si veinent, puisque chaque partie suppose l'existence des antres. C'est un système d'un nombre infini de machines qui correspondent directement, qui ont entre *ues des rapports intimes, qui sont faites les unes pour les autres, et dont les forces concourent à un
but général. Ce tout se développe et augmente de volume: mais, entant que machine, il est toujours eu petit ce qu'il sera en gra d, de sorte que toutes les matières alimentaires ne saliraient y ajouter une libre. »
« Imaginons pour un moment que l'aveugle concours des molécules de la matière i nu minée ait réussi à produire un homme, à l'aide des lois de l'impulsion et de l'attraction. Supposons, contre toute vraisemblance, que dis-je ? contre toute certitude, que la nature ne sait plus faite aujourd'hui ce qu'elle a su faire en des temps lus reculés. Dévoronseiifmloutes les absurdités qui entourent et aecivblenile système de l'athée ; soumettons le bon sens au préjugé et l'évidence à l'erreur ; qui est-ce qui animera csat andnude, cette matière organiquement disposée par les mains du hasard ? qui est-ce qui lui donnera la faculté de sentir, de penser, de juger et de faire des abstractions? comment est-ce que la nature donnera l'intelligence et le sentiment, n'ayant ni sentiment ni intelligence ? Hélas 1 elle n'est qu'impulsion et gravitation ; et il lui est aussi impossible Cle produire par la une seule pensée, qu'il l'est au néant de créer un seul atome. ■
h Les matérialistes croient, en toute simplicité de cœur, que le sol delà Laponiea produit le renne, parce que cet. animal est indigène à ea paya et qu'il ne peut vivre dans un climat pldlfi doux. Qiie ditesvous de l'argument ? Voyez-vous ces vers qui fourmillent clans les cavités d'un vieux fromage. Us y trouvent une nourriture et une chaleur qui leur eonvient ; donc c'est ce fromage qui les a produits. Une telle conclusion est fort lionne pour l'enfant qui a mangé le fromage sans se soucier du ver; maïs elle étonne dans un philosophe qui se donne pour capable de creuser les idées, et d'interpréter In nature : -» Holland, Réflexions philosophiques sur le Système de la nature^. 6. Gousekt.
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comme une ressource que pourraient ne pas dédaigner certains esprits qui se trouveraient embarrassés devant des découvertes paléontologiques et les récits de la Genèse considérés dans leurs tableaux chronologiques, bien que ces tableaux ne s'accordent pas, dans les éditions, sur les chiffres, et qu'à nos yeux une pure affaire de chiffres n'intéresse, comme le dit fort bien Burgier quelque part, ni « la foi » ni « les mœurs. » Le Noir.
ADAMITES ou ADAMIENS , secte d'anciens hérétiques, qu'on croit avoir été un rejeton des basilidiens et des carpocratiens, sur la tin du second siècle.
Selon saint Epiphane, ils prirent le nom d'adiimitcs, parce qu'ils prétendaient avoir été rétablis dans l'état dénature innocente, être tels qu'Adam au moment de sa création, et par conséquent devoir imiter sa nudité.
Ils détestaient le mariage, soutenant que l'union conjugale n'aurait jamais en lieu sur la terre sans le péché, et regardaient la jouissance des femmes en commun comme un privilège de leur prétendu rétablissement dans la justice originelle. Quelque incompatibles que fussent ces dogmes infâmes avec une vie chaste, quelquesuns d'eux ne laissaient pas de se vanter d'être continents, et assuraient que si quelqu'un des leurs tombait dans le pécbé de la chair, ils le chassaient de leur assemblée, comme Adam et Eve avaient été chassés du paradis terrestre pour avoir mangé du fruit défendu ; qu'ils se regardaient comme Adam et Eve, et leur temple comme le paradis. Ce temple, après tout, n'était qu'un souterrain, une caverne obscure , ou un poêle dans lequel ils entraient tout nus, hommes et femmes, et là, tout leur était permis, jusqu'à l'adultère et à l'inceste, dès que l'ancien ou le chef de leur société avait prononcé ces paroles de la Genèse, c. 1 , y 22, Crescite et multiplieamini. Théodoret ajoute que , pour commettre de pareilles actions, ils n'avaient pas môme d'égard à l'honnêteté publique, et imitaient l'impudence des cyniques du paganisme. Tcrtullien assure qu'ils niaient,
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avec Valentin, l'unité de Dieu, la nécessité de la prière, et traitaient le martyre de folie et d'extravagance.
Saint Clément d'Alexandrie dit qu'ils se vantaient d'avoir des livres secrets de Zoroastre ; ce qui a fait conjecturer à M. de Tillemont qu'ils étaient livrés à la magie. Tom. 2. pag. 280.
Cette secte infâme fut renouvelée dans le xn e siècle par un certain Tendème, connu encore sous le nom de Tanchelin, qui sema ses erreurs à Anvers, sous le règne de l'empereur Henri V. Les principales étaient, qu'il n'y avait point de distinctions entre les prêtres et les laïques, et que la fornication et l'adultère étaient des actions saintes et méritoires. Accompagné de trois mille scélérats armés, il accrédita cette doctrine par son éloquence et par ses exemples; sa secte lui survécut peu, et fut éteinte par le zèle de saint Norbert.
D'autres adamites reparurent encore dans le quatorzième siècle, sous le nom de turlupins et de pauvres frères, dans le Dauphiné et la Savoie.
Ils soutenaient que l'homme, arrivé à un certain état de perfection, était affranchi de la loi des passions, et que, bien loin que la liberté de l'homme sage consistât à n'être pas soumis à leur empire, elle consistait au contraire à secouer le joug des lois divines. Ils allaient tout nus, et commettaient en plein jour les actions les plus brutales. Le roi Charles V en Qt périr plusieurs par les flammes : on brûla aussi quelques-uns de leurs livres à Paris, dans la place du marché aux Pourceaux, hors de la rue Saint- Honoré.
Un fanatique, nommé Picard, natif de Flandre, ayant pénétré en Allemagne et en Bohême au commencement du quinzième siècle, renouvela ces erreurs, et les répandit surtout dans l'armée du fameux Zisca. Malgré la sévérité de ce général, Picard trompait les peuples par ses prestiges, et et se qualifiait (Us de Dieu. Il prétendait que, comme un nouvel Adam, il avait été envoyé dans le monde pour y rétablir la loi de nature, qu'il faisait surtout consister dans la nudité de toutes les parties du corps et dans la communauté des femmes. Il
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ordonnait à ses disciples d'aller nus par les rues et les places publiques ; moins réservé à cet égard que les anciens adamites qui ne se permettaient cette licence que dans leurs assemblées. Quelques anabaptistes tentèrent en Hollande d'augmenter ie nombre des sectateurs de Picard; mais la sévérité du gouvernement les eut bientôt dissipés. Cette secte a aussi trouvé des partisans en Pologne et en Angleterre; ils s'assemblaient la nuit, et l'on prétend qu'une des maximes fondamentales de leur société était contenue dans ce vers :
Jura, perjura, secretum proderenoli.
Mosheim, qui a examiné de près l'histoire de ces fanatiques, pense que le nom de Picards ne leur venait pas d'un cbef ainsiappelé, mais quec'était une corruption du nom de legghards ou bigyhards. Voyez ce mot. Leur maxime capitale était que, quiconque use d'habits pour couvrir sa nudité, et n'est pas capable de voir sans émotion le corps nu d'une personne d'un sexe différent du sien, n'est pas encore libre, c'est-à-dire, suflisamment dégagé des affections corporelles. Il était impossible qu'avec un pareil principe, suivi dans la pratique, il ne se passât rien de criminel dans leurs a-semblées. Aussi Mosheim n'est point de l'avis de Basnage, qui a voulu justifier les Picards ou adamites de Bohème, et qui les a confondus avec les Vaudois. Trad. de l'Histoire ecclcsias.
de Mosheim, t. 3, page 472.
Quelques savants sont dans l'opinion que l'origine des adamites remonte beaucoup plus haut que l'établissement du christianisme : ils se fondent sur ce que Maacha, mère d'Asa, roi de Juda, était grande prêtresse de Priape, et que, dans les sacrifices nocturnes que les femmes faisaient à cette idole obscène, elles paraissaient toutes nues. Le motif des adamites n'était pas le même que celui des adorateurs de Priape ; et l'on a vu, par leur théologie, qu'ils n'avaient pris du paganisme que l'esprit de débauche, et non le culte de Priape.
Beugieh.