‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 1 (volume 3)Chapitre 61 sur 166 · AD · texte numérisé non relu

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l'étaient véritablement. Ces disputeurs, qui appellaient ennemis de la vérité tons ceux <|uine pensaient pas comme' eux, n'avaient garde d'avouer que les opinions ou les rite* auxquels ils étaient attachés, étaient indifférents au tond de la religion. Voyez Méla.ncutoniëns. Behgieh.

ADI-BOL'DDHA. {Thvol. ntktt. scien.

hist.) — A'h -Houddlin est le nom du premier être dans la théologie bouddhiste, espèce d'hérésie du bralmiani-rne qui consista principalement a abolir les castes, sur lesquelles était foinlé tout l'organisme social de ce culte antique des contrées qu'arrose le Stage. Adi-Bouddha s'incaiiie, pnur se manifester, dans les boudespèees d'homines-dieux qui apparais-ent -uns la tonne humaine ci qui opèrent les réformes dont l'humanité a besoin. Le motmi (moine; Çakta fut une de ces manifestations, les plus êminentes, et il revient perpétuellement sur la terre, au moins d'après la croyance des lamas du

Tlnhet, dans les houddhas vivants du

palais de Lhassa. Unique fois que ce souverain spirituel, qui est le grand lama, meurl. en jette le sort sur tous les villages de lacontlée. puis, dans le i[iie le sort a désigné, sortons les enfants. L'enfanl sur lequel le sort tombe, est alors emporté dans le palais de la capitale, et il n'en sortira plus jusqu'à ce qu'il meure : c'est le Bouddha vivant, l'Adi-bouddha incarné , la résurrection de Çakiamouni, que nul ne voit plus autrement qu'en quelques rares apparitions dans une niche qui s'ouvre devant te public à certains jours de fête.

Ne faut-il pas qu'il y ait dans l'humanité une idée bien enracinée du principe fondamental sur lequel repose le Christianisme, pour que l'on en trouve de pareils symboles dans les cultes qui lui sont le plus étrangers.

Et ce n'est pas seulement Àdi-mmddlui, le premier être des bouddhistes, qui s'incarne de la sorte pour sau\ elle genre humain ; c'est aussi Brahma, l'être unique, la cause et l'essence ,1,. tontes choses, des brabmani-l«'s :.-, sectateurs de l'orthodoxie

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primitive, qui a ses incarnations, ses avalars. La première manifestation de Brahma est brahmâ (par a long), qui fut le créateur des mondes, et enmèmetemps, la première personne de la triuité ; Brahma fut brahmâ pour créer, puis il s'incarna à diverses reprises pour sauver les hommes, sous des noms et des formes diverses qui ne furent autre chose que des dieux-hommes, kriclma fut un de ces avatars.

Telle est l'idée fondamentale de toute la mythologie hindoue; on la retrouve partout dans les poèmes, dans les offices religieux, dans les emblèmes, dans les hymnes sacrées, dans le- m; ulp turcs et dansles tableaux.

Expliquer donc un tel phénomène, qui k'esl pas non plus sans avoir ses variantes, plus ou moins surchargées, dans les autres cultes de l'antique Orient, tous bien antérieurs au Christianisme, saus avoir recours à l'existence d'une idée, quelle qu'en soit l'origine, d'une intervention surhumaine dans les choses de la terre, poussée jusqu'à son plus fort paroxisme, qui est l'homuie-dieu. Le Nom.

ADJURATION. Commande meut qia l'on lait au démon, delà part de Dieu, de sortir du corps d'un possédé, ou de déclarer quelque chose.

Ce motestdérivé du latin adjurare.

conjurer, solliciter avec instance; et l'on a ainsi nommé les formules d'exorcisme, parce qu'elles sont presque toutes conçues en ces termes :

Adjura te, spiritus immunde, per Lit tait vivum, ut. etc.

Dans le DirUniiuuire de Jurisprud ni . , l'on a blâmé les curés qui fout des adjunitioïis vu d^* exorcismes contre les orages et contre les animaux nui-ibles; nous en parlerons au mot ExoncisME. Beugier.

ADOXAI, est parmi les Hébreux un des noms de Dieu; il signitie mmi Srôpww. Les massorètes ont mis sous le nom que l'on lit aujourd'hui, Jcluiiiik, les points qui conviennent aSix consonnes du mot Adonai, parce qu'il était défendu, cher les Juite, de prononcer le nom propre de Dieu, et qu'il n'y avait que le grand prêtre qui

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eût ce privilège, lorsqu'il entrait dans le sanctuaire. Les Grecs ont aussi mis le nom Adonai à tous les endroits où se trouve le nom de Dieu. Le mot Adonaï est tiré de la racine don, qui, dans toutes les langues, signifie élévation, grandeur, au propre et au ligure. Les G rocs l'ont tiaduitparKûpto; et les Latins par Dominas. 11 s'est dit aussi quelquefois dos hommes, comme dans ce verset du ps. 104, Cunslituit mm l)umiiuiin dohiiis auœ, en parlant des honneurs auxquels Pharaon éleva Joseph. Voy. Génébrard , Le Cler , Cappel, De nomiue Dei tetruçirnin.

Beruier.

ADOPTIENS, hérétiques du huitième siècle, qui prétendaient que Jésus-Christ, en tant qu'homme, n'était pas iils propre ou lils naturel de Dieu, mais seulement son lils adoptif. C'était renouveler l'erreur de Nestorius.

Cette secte s'éleva sous l'empire de Charlemagne, vers l'an. 778, à cette occasion : Elipand, archevêque de Tolède, ayant consul lé Félix, évèque d'Urgel, surlatiliation deJésus-Chnst, cet évêque répondit qoeJésus-Qiïist, en tant que Dieu, est véritablement et proprement tils de llieu, engendré naturellement par le Père; mais que Jésus-Christ, en tant qu'homme ou lils de Marie, n'est que tils adoplifde Dieu ; décision à laquelle Elipand souscrivit. Le pape Adrien, averti de cette erreur, la condamna dans une lettre dogmatique adressée aux évèques d'Espagne.

On tint, en 791, un coneile à Narbonne, où la cause des deux évèques espagnols fut discutée, mais non décidée. Félix se rétracta, puis revint à ses erreurs; et Elipand, de son côté, ayant envoyé à Cliarleinagne une profession de foi qui n'était pas orthodoxe, ce prince lit assembler un concile nombreux à Francfort, en 794, où la doctrine de Félix et d'Elipand fut condamnée, de même que dans oe lui deForli, de l'an 795, et peu de temps après dans le concile tenu à Rome sous le pape Léon 111.

Félix d'frgel passasa vie dans une alternative continuelle d'abjurations et de rechutes, et la termina dans l'hé-

résie ; il en fut de môme d'Elipand.

Geoffroy de Clairvaux impute la même erreur a (■illierl de la Poirée; Scot et Durand semblent no s'être pas assez éloignés de cette opinion, qui parait retomber dans celle de Nestorius.

L'erreur dont nous parlons fut réfulée avec succès par saint Paulin, patriarche d'Acruilùc-, et par Alcuin.

Dans la vie que Madrissi a donnée du premier, il a discuté plusieurs ïaiis concernant Elipand et Félix d'Irgcl, qui n'avaient pas encore été suffisamment éclaircis. Histoire de l'Eglise ytdtic, t. 5, an. 797, 799.

ADOPTION, dans le sens théologique, est la grâce que Dieu nous u faite par le baptême ; ce sacrement nous imprime le caractère d'enfants adoptifs de Dieu, de frères de Jésus- Christ, d'héritiers du bonheur éternel : droit précieux duquel sont privés ceux qui ne sont pas baptisés.

« Voyez, dit aux fidèles l'apôtre saint » Jean, quelle bonté Dieu le Père » a eue pour nous, de nous accorder » Le non» et les droits d'enfants de Dieu.

» I Jottn., c. 3, f i. Or, continue » saint Paul, si nous sommes enfants, » nous sommes aussi héritiers de » Dieu, cohéritiers de Jésus-Christ. »

Iiuia., e. 8, f 17. Dieu est le père de tous les hommes, puisqu'il e.4 le créateur et lo bienfaiteur de tous, nonseulement dans l'ordre de la nature, mais dans celui de la grâce ; il ne refuse à aucun les secours nécessaires et suturants dont il a besoin pour parvenir au salut. Dieu est néanmoins plus particulièrement le Père des chrétiens, puisqu'il leur donne, par le baptême, une nouvelle naissance, et qu'il leur accorde des grâces de salut plus puissantes et plus abondantes qu'an reste des hommes. Voyez Enfant de Dieu. Bergier.

ADORATION, ADORER. Ce terme,

pris dans sa signification littérale, signifie porter la main à. la bouche, baiser sa main par un sentiment de vénération. Dans tout l'Orient ce geste estime des plus grandes marques de respect et de soumission: -il a été

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en usage à l'égard de Dieu et à l'égard des lioiunies. Il est dit dans le livre de Job, c. 31, f 17 : « Si j'ai » regardé le soleil dans son éclat, et » la lune dans sa claité ; si j'ai bai- » sema main avec une joie secrète, » ce qui est un très-grand péché, et » une manière de renier le Dieutrès- » haut. » Dans le troisième livre des Rois, c. 19, f 18 : « Je nie réserverai » sept mille hommes qui n'ont pas » fléchi le genou devant Baal, et » toutes les bouches qui n'ont pas

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» baisé leurs mains pour l'adorer.

Minulius Félix dit que Cécilius passant devant la statue de Sérapis, baisa sa main, comme c'est la coutume du peuple superstitieux. Ceux qui adorent, dit saiut Jérôme, ont coutume de baiser la main et de baiser la terre ; les Hébreux, selon le génie de leur langue, mettent le baiser pour l'adoration: il est dit, Ps. 2, f 12, « Baisez le fils, de peur qu'il ne s'ir- » rite », c'est-à-dire, adorez-le, etsoumctlez-vous à son empire.

Pharaon parlant à Joseph, lui dit :

« Tout mon peuple baisera la main » à votre commandement. 11 recevra » vos ordres comme ceux du roi. »

Abraham adore le peuple d'Hébron, Ben., c. 23, ^ 7 et 12. La Sunamite adore Elisée qui avait ressuscité son lils, IV Reg., c. 4, f 37, etc. Dans ces divers passages, le terme adorer ne signilie certainement pas la même chose ni la même espèce de culte.

Lorsqu'il est employé à l'égard de Dieu, il signifie le culte suprême qui n'est dû qu'à Dieu seul ; lorsqu'il est mis en usage à l'égard des idoles, c'est un acte d'idolâtrie ; si l'on s'en sert à l'égard des hommes, ce mot n'exprime qu'un culte purement civil. La mèiiie équivoque a lieu dans l'hébreu comme dans les autres langues.

Baiser la main, fléchir les genoux, se prosterner, sont des signes extérieurs, dont le sens varie selon l'intention de ceux qui les emploient.

C'est donc mal à propos que les protestants se sont élevés contre notre croyance, parce que nous disons adorer la croix, et que nous donnons des marques de respect à la vue de ce signe de notre rédemption. Il est évi-

dent que nous ne prenons pas alors le terme d'adoration dans le même sens que par rapport à Dieu, que ce culte se rapporte à iéius-Christ Homme-Dieu ; qu'il ne se borne ni à la matière, ui à la ligure de la croix.

Voyez l'Exposition de la Foi catholique par Bossuet.

Vainement ils disent que Dieu seul doit être adoré ; si par là ils entendent honoré comme Etre suprême, cela est vrai ; s'ils entendent honoré comme être respectable, c'est une fausseté.

Le culte, l'honneur, le respect, doivent èlre proportionnés à la dignité des personnages auxquels ils sont adressés, et il serait absurde de soutenir que le respect n'est dû qu'à Dieu. Voyez Culte.

Ils disent et répètent sans cesse que nous adorons les saints, leurs images, leurs reliques. C'est toujours la même équivoque. Nous honorons les saints, et nous leur témoignons du respect, mais non le même respect qu'à Dieu ; nous respectons leurs images, à cause de ce qu'elles représentent, et leurs reliques, parce qu'elles leur ont appartenu ; mais nous ne les adorons pas, si par adorer l'on entend le culte suprême. Quand quelques auteurs catholiques, peu exacts dans leurs expressions, auraient mal appliqué le terme d'adoration, cela ne prouverait encore rien ; puisque notre croyance est clairement exposée dans tous nos catéchismes.

VOIJVZ PAGANISME, § XI.

Une autre grande question entre les protestants et nous, est de savoir si l'on doit adorer l'Eucharistie ; cela dépend de savoir si Jésus-Christ y est véritablement, ou s'il n'y est pas.

Voyez Eucharistie, § IV.

Un nomme encore adoration l'hommage que les cardinaux rendent au pape après son élection, et une manière extraordinaire d'élection, qui se fait lorsque la foule des cardinaux va subitement se prosterner devant l'un d'entre eux et le proclame pape.

Ces termes équivoques ne peuvent induire en erreur que ceux qui ne font pas attention aux bizarreries du langage, ou qui veulent se tromper eux-mêmes par l'abus des termes.

Au mot Paganisme, § XI, nous

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réfuterons la notion que quelques protestants ont voulu donner de l'adoration, afin de persuader que les catholiques adorent les saints et les images. Bergier.

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