ADORATION PERPÉTUELLE
(Théol. hist. confr.) — Nous empruntons au dict. Encycl. de théol. cath.
l'explication suivante de cette pieuse institution :
« Il y a dans beaucoup de diocèses une confrérie dont le but est d'adorer le Saint Sacrement, de telle sorte qu'il n'y ait pas une heure du jour ni de la nuit durant laquelle au moins une personne ne soit en prière devant le Saint Sacrement exposé. A cette fin on distribue les lieux et les personnes en un certain ordre ; on marque à chacune des personnes qui prennent part à la dévotion l'heure à laquelle elle se rendra dans l'église désignée pour y adorer en silence.
Cette pratique est fréquente aussidans les couvents. La pensée qui en est la base est à la fois extrêmement tendre et essentiellement catholique. C'est une imitation des saints anges, dont l'occupation est d'adorer sans interruption le Seigneur ; c'est une pieuse anticipation sur la béatitude future.
En France on nomme Sacramentaires les jeunes filles qui se sont associées en vue de l'adoration perpétuelle du Saint Sacrement de l'autel. »
Le Noir.
ADRAMÉLEC. Voy. Samaritains.
ADRLA.N1STES. Théodoret met les adrianistes au nombre des hérétiques qui sortirent de la secte de Simon le magicien ; mais aucun autre auteur n'en parle. Théodoret, livre I. des Fables hérétiques, c. 1.
Les sectateurs d'Adrien Hamstédius, l'un des novateurs du seizième siècle, furent appelés de ce nom. Il enseigna premièrement dans la Zélande, et ensuite en Angleterre : que l'on était libre de garder les enfants durant quelques années sans leur conférer le baptême ; que Jésus-Christ avait été formé de la semence de la femme, et qu'il n'avait fondé la religion chrétienne que pour certaines
circonstances. Outre ces erreurs et quelques autres pleines de blasphèmes, il souscrivait à toutes celles des anabaptistes. Pratéol. Svonde, Lindan. - Bergier.
ADRIEN. (Théol. hist.pap.) — L'histoire ecclésiastique nous présente six papes sous le nom d'Adrien.
ADRIEN I, né àRome, fut élu en 772, fut l'ami intime de Charlemagne et régna 24 ans. Assiégé dans Rome par le roi des Lombards, Didier, ilfutdélivré par le roi franc qu'il avait appelé àson secours, et fut dotépar lui en 774denouvellespossessions ajoutéesà celles qu'il tenait déjà de son père Pépin le Bref. Charlemagne visita une seconde fois l'Italie en 776 pour défendre Adrien contre les ducs de Naples et de Bénévent et beaucoup d'autres ennemis. Il y revint eucore en 781. Bientôt après, l'impératrice Irène invita Adrien à convoquer le 7' concile œcuménique, 2 e de Nicée, pour terminer la controverse des images-; Adrien accéda volontiers à cette demande, envoya au concile des légats et confirma ses décisions (787). Cette année même Charlemagne revint à Rome pourla quatrième fois; il protesta avec les Francs contre le concile, mais n'en resta pas moins l'ami da pape; celui-ci mourut en. 787, et le grand roi le pleura amèrement; ce fut lui qui composa en distiques latins l'épitiphe qu'on peut encore lire à Rome sur son tombeau. Adrien fut un des principaux pontifes du règne desquels prend date l'indépendance de Rome et la puissance de la papauté.
ADRIEN II, élu en 867, régna quatre ans. « Il avait déjà refusé deux fois, dit M. Héfélé, la dignité pontificale, à laquelle le désignaient ses vertus, sa pureté, sa bienfaisance, et il la refusait une troisième fois, malgré l'unanimité de l'élection, quand la ferme volonté du peuple le détermina à accepter. Il avait soixantequinze ans. Voigt dit, dans l'Encyclopédie d'Ersch et Grubert, qu'il y avait précisément alors à Rome des députés de Louis le Débonnaire. Chacun devine que c'est un anachronisme ; car Louis le Débonnaire mourut en 840.
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Au moment de l'élection d'Adrien, c'était Louis H, fils de Lothaire [•» et petit-fils de Louis le Débonnaire, qui régnait. Adrien II fut le successeur du grand pape Nicolas 1 er , quilui légua la guerre contre Lothidre II, duc de Lorraine, coupable d'avoir illégaleinent répudié sa femme. Trompé par Lothaire, qui lui avait promis par serment qu'il n'aurait plus de commerce avec Waldrade, sa femme illégitime, Adi'ien le releva de l'excommunication 1 1 lui donna de sa main la communion. Lothaire étant mort peu de temps après [869), sa fin prématurée fut considérée comme un châtiment de son mensonge, et laconsidéralion du Pape s'accrut par cette espèce de jugement de Dieu. Adi'ien agit en vrai Pape dans la lutte des Carlovingiens, au sujet de la Lorraine, lorsque la mort de Lothaire II en eut rendu la possession vacante; il éleva publiquement la voix eu laveur de l'héritier légitime, l'empereur Louis II, que ses oncles Charles le Chauve et Louis le Genuaniqueavaiint dépouillé de son héritage. Il défendit aussi vigoureusemeut contre Ilincmar, archevêque de Reims, la suprématie papale, et entre autres ce principe: « qu'un évèque ne peut être déposé que par le Pape, et non pu un synode provincial. » Il ne vit pas la fin de cette dispute, étant mort en 872. C'est sous son pontitic.it qu'eut lieu la grande lutto avec Photius de Constant inople. »
ADRIEN IlI,éluen8Si, ne régna que seize mois. La lutte avec Photius continua sous son pontilicat. Adrien avait formé le projet d'élever, à la mort de Charles le Gros, un grand d'Italie à la royauté de ce pays ; mais il mourut avant Charles, en se rendant à une diète d'Allemagne,
ADRIEN IV, petit mendiant anglais, fut admis comme domestique au couvent de Saint-Rufus, près d'Avignon; il ne tarda pas à devenir frère, il fut ensuite élu abbé du couvent. Ses religieux s'étant plaints au pape de sa sévérité, Eugène III, disciple de S. Bernard, éleva Adrien à la dignité de cardinal légat en Norvège. En 1154, élu Pape à l'unanimité, il eut à soutenir la -fameuse
lutte contre Frédéric Barberousse durant laquelle il mourut, le I er septembre U59. Il avait eu également a lutter contre Guillaume I" roi de Sicile, et l'avait obligé à reconnaître solennellement lasuzeraineté du Pape sur ce royaume, qui, dès l'origine de la puissance normande en Italie, avait été déclaré fief papal. A cette époque aussi le fameux Arnauld de Brescia avait, dans Rome même, attaqué la puissance temporelle des Papes et trouvé beaucoup d'adhérents parmi les Romains, mais Adrien, par l'interdit qu'il prononça contre la ville, obligea celle-ci à chasser le tribun démocrate, lequel tomba entre les mains de Barberousse. Adrien recouvra lapoEseesion temporelle de Rome.
ADRIEN V, de la famille des Fiesque, de Gènes, était le neveu du Pape Innocent IV; il monta malade sur le Saint-Siège (1276) et mourut trentehuit jours après.
ADRIEN VI était issu d'un artisan d'Utrecht; son savoir lui valut une chaire à l'université de Louvain, et l'honneur d'être choisi en 1507 par l'empereur d'Allemagne Maximilien 1er pour être le précepteur de son petit-fils Charles, depuis Charles- Quint. Adrien gagna tellement la faveur de son royal élève qu'en 1515, lorsque la mort de Ferdinand le Catholique devint imminente, Charles envoya Adrien en Castille, avec la mission d'observer de près les dispositions de l'Espagne et de prendre possession du royaume au nom de son maître, au moment où Ferdinand mourrait.
Celui-ci étant mort le 23 janvier 1516, et le cardinal Ximénès, archevêque de Tolède, désigné dans le testament de Ferdinand comme régent du royaume jusqu'à l'arrivée de Charles, ayant voulu s'emparer du gouvernement, Adrien parut avec un document signé de la main de Charles, qui le nommait, en cas de décès du roi, au nom du prince héréditaire, régent de Castille. Une lutte paraissait inévitable ; mais les juristes rendirent une décision favorable aux prétentions de Ximénès. Le cardinal proposa à son adversaire de s'en remettre à la décision de Charles
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lui-même pour le choix de celui qui serait régent en Espagne jusqu'à son arrivée et d'administrer ensemble jusqu'à ce moment. Charles décida que Ximénès remplirait les fonctions d'administrateur du royaume, et Adrien celles de son envoyé. La même année 1516, Adrien, sur la proposition de Ximénès, fut élu évèque de Tortose, en Espagne, et grand inquisiteur d'Aragon. Néanmoins les rapports des deux prélats n'étaient pas toujours bienveillants. Aussi, lorsqu'en 15 17, Adrien fut nommé cardinal, Ximénès s'efforça de l'éloigner des Castilles ,mais n'en vint pas à bout.
Et en 1522 Charles, devenu empereur d'Allemagne, après avoir nommé Adrien administrateur du royaume, le fit élire Pape. «Adrien, dit M. Héfélé, pensaitarrèter lesprogrès de la réforme en abolissant divers abus de l'Église et de la cour romaines ; car le vieux professeur de théologie pensait que la dogmatique luthérienne ne pouvait être prise au sérieux par personne, qu'elle n'avait qu'une valeur d'opposition, en ce qu'elle attaquait des abus réels dans l'Église, et que, ces abus détruits, les Luthériens en viendraient bientôt à abandonner leur doctrine de la grâce. Il se trompait, ne voyait en général la chose que par le dehors, et ne serait point parvenu à apaiser l'orage déchaîné, lors môme qu'il aurait pu réaliser des plans de réforme qui ne portaient que sur des détails. Adrien mourut après un an et demi de règne, le 14 septembre 1523. Ce pontife savant, pieux, vertueux, s'était montré, comme prince, inférieur aux circonstances. Il fui peu regretté. »
C'est ce pape qui avait fait un traité de théologie dans lequel il se prononçait formellement contre l'infaillibilité du pontife romain. Devenu pape, il fit rééditer ce même traité sans y rien modifier;son opinion n'avait pas changé. Mais il n'émit aucune décision ex cithedra dans le sens de sa manière de voir, et cela seul importe.
Le Nom.
ADSO. (Théol. hist. biogr. et bibliog. — Un des principaux écrivains ecclésiastiques du X° siècle, abbé,
de Monticr-en-der; il reçut l'instruction dans le couvent de Luxeuil, professa à Toul, dirigea le couvent de Montier depuis 900, et se distingua par son zèle pour l'Église , par la gravité de ses mœurs, par sa science et par ses écrits. Il lut aussi prédicateur. Il mourut en 992 dans un pèlerinage à Jérusalem.
Adso composa des hymnes, fit un arrangement métrique du II e livre des dialogues du pape Grégoire, écrivit plusieurs Vies de Saints, et une lettre à la reine Gerbcrge sur l'Antéchrist.
Le Noir.
ADULTÈRE, crime de ceux qui violent la fui conjugale. Les jurisconsultes ne donnent ordinairement ce nom qu'à l'infidélité d'une personne mariée ; mais les théologiens appellent aussi adultère le crime d'une personne libre qui pèche avec une personne mariée ; parce que l'une et l'autre coopèrent à la violation de la foi jurée ; si tous deux sont mariés, c'est alors un double adultère. Aussi la loi de Moïse, qui condamne à la mort les adultères de l'un et de l'autre sexe, Levit., c.
20, jfr 10 ; Deut., c. 22, f 22, n'exempte point de la peine le coupable non marié : la loi du décalogue, qui défend à tout homme de convoiter la femme de son prochain, n'excepte personne, non plus que la décision portée par Jésus-Christ, Math., c. 5, y 28 ; que celui qui regarde une femme pour s'exciter à de mauvais désirs, a déjà commis l'adultère dans son cœur. Saint Paul s'exprime d'une manière aussi générale, en di ant que si une femme, pendant la vie de son mari, habite avec un autre homme, elle sera coupable d'adultère.
Rom., c. 7, } 3.
La sévérité de ces lois et de cette morale est évidemment fondée sur l'intérêt de la société. S'il y a un crime capable de troubler l'ordre public et de faire commettre d'autres forfaits, c'est celui dont nous pai : ms.
Plus les devoirs qu'impose l'état lu mariage sont grands, plus il importa que cet engagement soit sacré et inviolable. Les droits des deux conjoints sont égaux ; quel que soit celui