SCIENTIFIQUE
Avant de décrire les terrains géologiques, quelques notions générales sont nécessaires pour servir d'introduction à l'esprit du lecteur.
1° Les couches concentriques de matières dont se compose l'écorce terrestre augmentent, en moyenne, de densité en approchant du centre ; on le constate déjà en les étudiant aux profondeurs que l'on a pu atteindre jusqu'à présent, et qui sont de 400 mètres environ-, on le constate bien mieux en étudiant les montagnes dont les sommets sont composés de matières correspondantes à celles qui sont placées à 15 ou 20 lieues sous le sol, et dont les flancs présentent les coupes, en épaisseur, des couches superposées à ces matières, s'échelonnant les unes au-dessusdes autres.
Qu'elles se soient formées par soulèvements ou par abaissements environnants, le phénomène s'explique également par le dénudement progressif de leurs sommets. D'ailleurs, il résulte de calculs basés sur certaines lois astronomiques que ce n'est pas le lieu d'exposer ici, et sur les différences d'oscillation du pendule de
1 éqiiateur au pôle, calculs qui donnent la densité générale du globe, que le globe est occupé, au centre, par des matières beaucoup plus pesantes et beaucoup plus compactes, que les plus compactes et les plus pesantes de la surface.
2° 11 est prouvé aussi que la chaleur des couches augmente à mesure qu'elles s'enfoncent davantage. A une profondeur de 30 à 40 mètres, la température cesse de varier selon les saisons et les latitudes, puis elle va s'élevant indéfiniment selon une progression proportionnelle à la profondeur. Cette augmentation, d'après les calculs de M. Cordier, est de 23 degrés centigrades, en moyenne, par chaque 25 mètres. Les phénomènes qui s'observent dans les mines trèsprofondes, les eaux chaudes que donnent les puits artésiens et les sources thermales, enfin les volcans viennent appuyer ces observations. En supposant que la loi de M. Cordier continue d'être fixe, on trouve à 2,300 mètres la température de l'eau bouillante, et au centre une chaleur énorme qui a fait supposer que tout y est en fusion.
Le fait de l'état de fusion est, en ce moment même, contesté par quelques savants, mais celui de la grande chaleur ne l'est pas. On s'accorde assez, du reste, pour croire qu'à une certaine profondeur, il se fait un équilibre général donnant une température uniforme de quelques mille degrés.
3° On conclut de ces faits, que la masse entière aura été primitivement dans un état complet d'incandescence, que la croûte se sera peu à peu refroidie de haut en bas, et qu'elle continue de le faire. Les volcans, selon le système le plus accrédité, ne sont que des cheminées par lesquelles la fusion centrale se manifeste à l'extérieur. Cependant, le refroidissement ne se fait plus dans la touche la plus externe, d'une manière sensible, le soleil fournissant une addition de chaleur qui fait compensation. Arago a prouvé que, depuis les temps historiques, la température du globe n'a pas changé sensiblement ; il faudrait plus de trente mille ans pour que l'intlueuce, presque nulle déjà, qu'exerce
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la chaleur centrale sur celle de la surface, diminuât de moitié; les couches de cette surface, composées de matières très-peu conductrices du calorique, depuis qu'elles se sont ou refroidies ou formées par sédimentation souples eaux, et ensuite asséchées, ne laissent presque pas échapper cette chaleur interne.
4. Quand le refroidissement primitif eut alteiut le dfgré suffisant, des vapeurs se dégagèrent sans doute, puis se condensèrent autour de la surface et retombèrent en eau.ee qui donna lieu à un nouvel ordre pendant lequel l'eau joua le principal rôle, le feu central continuant néanmoins de jouer le sien par les volcans. Il en résulta deux séries de phénomènes qui durent encore: les phénomènes erupttfs ou volcaniques auxquels se rattachent les soulèvements, et \ es phénomènes sédimenteux que représentent aujourd'hui les alluvions de la mer et dés fleuves. On a nommé aussi ces derniers phénomènes, phénomènes neptwniens par opposition aux premiers que l'on a nommés fMoiùens. Les couches nouvelles qui en ont résullé forment, autour du globe, nue série de superpositions en sens inverse des terrains primitifs ignés, c'est-à-dire de bas en haut et . sont l'objet d'observations beaucoup plus faciles ; ce sont les vraies couches géologiques, car les autres pourraient être appelées cosmologiques, et ce sont elles surtout dont nous allons nous occuper.
Au reste, comme il y a toujours eu des phénomènes éruptifs et des révolutions considérables par boursouflures et brisements de la croûte, on trouve beaucoup de mélanges de matières ignées, ou massives, a\cc les matières sédimenteuses , ou stratifiées.
Quant à l'épaisseur de ces dernières, elle est beaucoup moins considérable que celle des premières; si les unes n'ont pas moins de 20 à 25 lieues de profondeur, les autres présentent environ, dans leur ensemble, 4, à 5,000 mètres, ou une Lieue d'épaisseur autour du globe.
b° Les fossiles de végétaux et d'animaux ne se trouvent que dans les terrains sédiinenteux, ou dans des
débris de roches volcaniques, laves refroidies qui enveloppèrent ces êtres au moment où elles se répandirent sur des sédiments qui existaient déjà.
6° Les terrains de sédiment sont schisteux ou par strates, d'où leur est venu le nom de stratifiés, et ils sont partout dans le même ordre de superposition. Les deux dernières expo»
sitions universelles de l'industrie l'ont de nouveau prouvé pour tous les lieux du monde. La couche de gypse, par exemple, qui est à Paris supérieure à celle du calcaire grossier, lui est supérieure en tous les lieux. Des couches existant dans un pays peuvent manquer dans un autre ; deux couches qui se superposent immédiatement dans une localité peuvent, dans une autre localité, admettre entre elles une couche de nature particulière, mais une couche qui, dans un lieu sera inférieure à telle autre, lui sera inférieure partout.
7° On arrive à calculer l'âge géologique des montagnes parles couches qui les revêtent et desquelles sort leur sommet comme une tète sortirait d'un trou pratiqué à travcrsplusieurs manteaux superposés. Le bord des couches, sur lequel on marche pour gravir la montagne, peut être ou redressé presque verticalement ou coupé en biais etallers'amincissant à mesure qu'on avance, oucontorsionné ; il peut avoir pris toutes sortes déformes par suite de bouleversements qu'il a subis, et ce sont autant de signes dont l'ensemble donne des indications qui paraissent bien fondées.
8° Il existe des formations de terres nouvelles dans les eaux et des formations de montagnes dans les continents par soulèvements et abaisse- , ments qui ne remontent pas au delà j des temps historiques ; il y en a même I qui sont très-récentes, par exemple les îles d'Iliera, et de Neo-Kaymiueni dans le golfe de Santorin ; la dernière ne remonte qu'au 23 mai 1707; elle exhale encore une odeur sulfureuse et le fond du golfe continue de s'élever.
Il y a aussi, dans les continents, des formations de volcans nouveaux, par exemple le Vésuve qui lit sa première éruption en l'an 79, au temps de
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Pline, après n'avoir été auparavant qu'une délicieuse colline ordinaire, qui s'appelait lu Summa; le Monte Nuovo, près de Pouzolles, avec sa baie nouvelle, résultat d'une fente du rivage, lequel se forma tout à coup en 1538, est un autre exemple de montagne nouvelle.
9° On appelle formations les ensembles de terrains qui se sont formés par sédimentation sous les eaux dans l'intervalle de deux grandes révolutions, etqui conservent des débris fossiles des flores et des faunes qui s'y développèrent. Les géologues admettaient, comme fait acquis à la science, qu'il y avait eu des lamines, c'est-à-dire des espaces de temps pendant lesquels, à la suite de révolutions qui avaient tout détruit, la vie s'était éteinte. Mais une découverte faite il y a peu d'années par les savants anglais, à l'occasion des sondages de l'Océan pour la pose des télégraphes sous-marins, les a mis en émoi et a bouleversé leurs idées sur ce point.
On a trouvé, contrairement à leur croyance, dans las parties de l'Océan les plus profondes où ils pensaient qu'il n'y avait pas de vie organique, des multitudes de petits animaux et de coquillages absolument semblables à. ceux qui se rapportent aux époques les plus anciennes des développements géologiques, et dont les espèces, correspondant à celles dont les fossiles marquent ces époques, ne se sont point modifiées et vivent ou végètent encore aujourd'hui. Celte découverte a fait renoncer beaucoup de savants a la croyance aux lacunes, et en a rallié beaucoup à l'opinion de ceux qui soutenaient déjà le développement continu extrêmement lent et l'absence de révolutions universelles destructives de tous les êtres vivants antérieurs, suivies, longtemps après, de nouvelles créations et exubérances de vie.
10° Il existe des traces nombreuses de déluges plus ou moins modernes.
On appelle diluvium le torrenténorme le plus récent qui a laissé ces traces, ainsi que l'ensemble de ces traces elles-mêmes. Les blocs erratiques , morceaux de roches transportés d'un pays dans un autre, les brèches osseu-
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ses, fissures de roches renfermant de»
stratili cations mêlées d'ossements plus ou moins pélriliés et faisant corps avec la masse, les cavernes osseuses, trous caverneux pleins de débrisd'animatix, et même d'hommes, roulés et accumulés par les eaux avec des terres d'alluvion, sont autant de phénomènes qui appartiennent au diluvium.
\ 1° Entin, il y a deux points, dans la géologie, qui sont plus embrouillés et ont été moins étudiés que tous les autres : c'est, d'abord ce diluvium luimême dont noU5 venons de parler, c'est-à-dire la tin des grandes révolutions géologiques. M. Elie de Beaumont l'attribue au soulèvement de la cordillière des Andes, qui, en repoussant les eaux océaniques à droite et à gauche, les aurait forcées d'inonder tout l'ancien monde. Nous verrons, au reste, que les difficultés qu'onavait élevées sur \'dge et la cause de la révolution neptunienno qui a laissé ces traces, tendent aujourd'hui à s'élucider, et qu'il devient de plus en plus certain, par suite surtout de la multitude d'ossements d'animaux et d'hommes, ainsi que de restes d'une industrie humaine primitive, que l'on découvre dans ce diluvium, qu'il n'est autre chose qu'un grand monument disséminé sur toute la surface du globe, du déluge même de Moïse et des traditions antiques.
L'autre point concerne le commencement des révolutions géologiques ; il porte sur ce que quelques-unes ont nommé les terrains de transition, et quelques autres le système cumbrien.
Ces terrains ne renferment aucuns débris organiques bien qu'ils ne soient pas absolument massifs comme le granité, le porphyre, etc., mais, qu'ils soient, au contraire, lamellcux, schisteux, en un motdi-posés par strates; c'est le gneiss qui en forme la plus grande niasse ; cette masse est superposée à celle du granité, et a bien de 15 à 20 lieues d'épaisseur tout autour du globe, entre les couches sédimenteuses proprement dites et les terrains incontestablement ignés. C'est cette grande couche qui adonné naissance aux deux opinions célèbres du méteirmorphisme et de l'antimctamorphism.e.
D'après les métamorphistes, le gueiss
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et ses congénères auraient été primitivement des terrains sédimenteux, purement neptuniens, d'où leur texture stratitiée ; puis, ayant été soumis à une forte chaleur, auraient pris le caractère de cristallisation qu'ils joignent à celui de stratification. D'après les antimétamorphistes, ils seraient purement ignés d'origine , auraient été la première couche refroidie, auraient, par conséquent, fourni les matières aux premiers sédiments, et la couche granitique qui les supporte auj ourd'hui ne se serait refroidie qu'ensuite de haut en bas ainsi qu'elle continue de le faire. Leur texture par strates est la seule difliculté qu'on puisse opposer à ce second système, plus raisonnable à nos yeux que le premier, mais il nous semble qu'elle peut s'expliquer par les mouvements de marées et de tempêtes auxquels fut soumis le globe quand il passait de l'état de fusion à l'état solide : au reste cette idée nous est personnelle, et il ne. faut lui attribuer aucune autorité scientifique.
Nous pouvons maintenant faire notre résumé. Nous passerons sous silence une foule de détails, ainsi que les classitications compliquées des géologues, qui dili'èrent beaucoup les unes des autres et continueront de différer jusqu'à ce que cette science soit complètement formée ; nous ne signalerons que les grands traits sur lesquels on est d'accord.
Nous remonterons de bas en haut.
I. Terrains primitifs, ignés, massifs, etc., qui occupent la partie la plus rapprochée du centre, qui se montrent en général aux sommets des montagnes, et dont certains fragments sont parfois rejetés par les volcans les plus modernes, lesquels sont les plus profonds. C'est 1 e granité et sescongénères.
Au-dessus de cette série de roches se place la grande couche de gneiss et de ses congénères dont nous avons parlé; elle présente un caractère douteux, paraissant tenir à la fois à deux ordres différents, au règne du feu et au règne de l'eau, à la formation cosmologique primitive et à la formation vraiment géologique qui a succédé et qui s'est faite principa-
lement par sédimentation. On ne trouve dans cette grande série intermédiaire aucuns débri s organiques.
Cette absence appuie fortement, à notre avis, l'opinion de ceux qui pensent qu'elle résulta du premier refroidissement et que l'eau ne fut pour rien dans sa formation. Les métamorphistes répondent : « qu'il serait possible que l'absence de fossiles dans ces terrains dépende de quelque cause, telle que la destruction par la chaleur résultant d'énormes masses de roches ignées épanchées auprès et même audessusde ces couches non fossilifères »
(Milne Edwards et Achille Comte.). Ils disent aussi qu'il peut y avoir absence de toute flore et de toute faune durant cette première période, qui dut être très-longue et qui fut, selon eux, une période de sédimentation sous les eaux. Mais ni l'une ni l'autre de ces réponses ne sont naturelles. Comment la vie organique nese serait-elle pas développée pendant un si long temps durant lequel ses conditions de développement auraient été les mêmes qu'elles vont l'être dans la période suivante? et si elle se développa, comment n'en resterait-il aucune trace?
Il est vrai que, dans ces derniers temps, on a cru reconnaître quelques indices de ce qu'on a nommé les animaux aurore dans des roches qu'on peut rattacher aux étages supérieurs de cette couche; maisrien n'est moins certavn que ce qui concerne ces animaux aurore et il est encore plus douteux que les roches où ils se trouvent appartiennent aux congénères du gneiss ; ils peuvent, si facilement, être classés dans des terrains plus modernes.
II. Terrains sédimenteux organifères. — La division la plus naturelle qu'on en puisse donner jusqu'à présent est celle-ci: terrains primaires; terrains secondaires; terrains tertiaires ; et terrains quaternaires.
1° Terrains primaires, correspondant à la première période organique.
Ce sont les chistes-ardoises, les calcaires de transition, etc. lisse présentent avec le caractère de sables, vases et d'autres matières déposées dans les eaux. Ils annoncent aussi
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uns origine marine, et leur époque paraît être marquée parun long séjour d'eaux salées sur toute ou presque toute la surface du globe. Ils sont par couches horizontales non parallèles à celles des terrains précédents, ce qui indique que ceux-ci furent bouleversés par d'immenses soulèvements avant qu'ils se formassent. Leurs couches les plus inférieures ne renferment que très-peu de fossiles. D'autres en sont très-riches et présentent, dans toutes les parties des deux continents, d'immenses dépôts de végétaux et surtout d'animaux marins. Les végétaux sont des fucus; les animaux appartiennent tous aux classes inférieures et sont très-différents de ceux d'aujourd'hui: éponges, polypes, quelques mollusques, encrines, trilobites, etc., que l'on croyait n'avoir plus maintenant d'analogues avant les derniers sondements dont nous avonsparlé, lesquels en ontrévélé un nombre incalculable dans les fonds les plus bas de nos océans actuels. Aux dernières expositions, la collection des fossiles du Canada etde l'Australie montrait dans le terrain paléozoïque qui appartient à cette première série, de superbes trilobites, desmollusques, ( cumularia, productifs ,pentameiius,J et des végétaux (sigilluria, lepidodendron,) qui prouvaient l'analogie parfaite de formation des deux mondes à la même époque.
Dans ces terrains primaires, point de reptiles ni d'ammonites ; aucun des animaux qui vont apparaître dans la période suivante. Cependant, nous devons dire qu'à l'étonuement des géologues, il a été découvert, dans ces dernières années, quelques débris de vertébrés, appartenant à une famille de poissons de mer complètement éteinte, dans des roches qu'il parait très-difficile de ne pas rattacher à cette antique formation.
2° Terrains secondaires. — Les sédiments qui forment ces terrains sont antérieurs au soulèvement des Pyrénées. Ils commencent avec la houille (I) et finissent avec la craie. On les
(i) Le terrain houiller, selon la dénomination de Beudant et d'Onu lins d'Halloy, système, ou groupe carbonifère d'à Tes eell de Mnpuhiaon, de la Bêche et Cordier, cukuire carbonifère et g rès
subdivise de diverses manières. La meilleure division générale nous paraît être celle-ci : terrain secondaire inférieur, terrain secondaire moyen, et terrain secondaire supérieur.
Le terrain secondaire inférieur, qui est principalement carbonifère, semble bien venir après une révolution qui détruisit les trilobites. Les assises de vieux grés rouge sont les plus basses. Celles du calcaire houiller y occupent la partie moyenne, et celles des grés, des argiles schisteuses et de la houille pure, la partie supérieure.
Les assises de houille ont souvent éprouvé des ruptures d'horizontalité, et présentent des failles qui trompent les mineurs. Le vieux grés rouge contient peu de fossiles et ces fossiles appartiennent presque tous à des espèces marines. On y trouve le cephalaspis poisson bizarre dont la tête ressemble à un bouclier. Le calcaire carbonifère possède des polypiers, des mollusques ammonites à coquille en spirale, des spirifères à coquille en éventail, des encrines ayant eu la propriété d'ouvrir et de fermer leur tentacules, quelques trilobites encore, enfin des poissons, et beaucoup de métaux. La houille n'est elle-même, tout entière, que des amas de végétaux et de graisses animales qui , sous l'influence des actions chimiques se sont transformés en la matière que nous brûlons aujourd'hui. La mer, alors très-peu profonde, mais partout répandue , était parsemée d'iles couvertes de végétations gigantesques. Ces végétations, dont la paléontologie a classé déjà des centaines d'espèces, appartenaient en grande partie àdeuï classes, la classe des cryptogames vasculaires et la classe des phanérogames
houiller selon MM. Dufrenoy et Élie de Beanmont, est classé même par beaucoup de géologues dans la série primaire comme la terminant on haut. Ou verra par la suite que cette classification est encore
fdns conlorme que la nôtre a la division de la géoogie mosaïque en trois âges dont le premier correspondrait aux terrains primaires ; le second, aux terrains secondaires ; et le troi ième, aux terrains tertiaires. Puis, viendrait la trilogie des âges anthropologiques correspondants aux terrains quaternaires. Si nous ne suivons pas tout-à-fuit cette classification , c'est que celle que nous donnons, blets qu'elle n'eu diffère pas au fond, nous parait, dans sa forme, uu peu mieux correspondre à la science.
Lii Nota.
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dicotylédones. Il y avait des fougères arborescentes qui s'élevaient à 50pieds de hauteur, tandisqu'aujourd'hui elles nes'élèvent, même dans les zones torrides, qu'à 8 ou 10 pieds. D'autres plantes, qui n« sont plus que des herbes, atteignaient 70 pieds. On y trouve jusqu'à, des branches et des troncs d'arbres, et beaucoup d'espèces de conifères perdues. Des poissons singuliers, dont le corps est couvert de grosses plaques solides ressemblant à la carapace des tortues et qui ont des caractères de reptiles, s'y rencontrent aussi avec des mollusques d'eau douce, des insectes, des scorpions, etc.
Toutes ces espèces diffèrent de celles de nos jours.
C'est à cette époque du développement géogéniqne que se révèle la plus grande exubérance de végétation; c'est l'apogée de la flore antique. Et l'on peut juger de la vigueur avec laquelle la terre a produit cette flore à sa surface, lorsque, d'une part, on sait que l'épaisseur des couches du terrain houiller, très-variable an reste selon les lieux, atteint en Angleterre et au Canada jusqu'à 3,000 et 3,200 mètres, et qu'en Espagne, selon M. de Verneuil, cette épaisseur approche de 4,000 mètres, et lorsque, d'autre part on est obligé de se représenter ces couches comme exclusivement formées d'accumulations de végétaux dont les assises se réduisaient, pour devenir ce qu'elles sont aujourd'hui, d'une manière énorme.
Cet apogée du règne végétal aura pour pendants deux apogées semblables du règne animal dans deux dos époques suivantes. Nous aurons soin d'en faire l'observation.
Le terrain secondaire moyen se compose de grés bigarrés, de calcaires conchy liens, de marnes irisé* s. — Trois roches qui portent le nom commun de trias — de magnésies, de gyt>ses ou pierres à 'plâtre, de dépôts considérables de sel gemme, qui ont fait donner à tout l'étage le nom de satifére.
Il garde des traces de torrents immenses et d'épanchements volcaniques. Le nouveau grés rouge et ses accessoires y forment des couches de 200 mètres d'épaisseur. Les montagnes des Vosges et de la Forêt Noire paraissent
contemporaines de cette formation.
Les horizontalités sontpourtantmoins tourmenlées que dans les terrains antérieurs, mais elles sont aussi quelquefois soulevées. Le nouveau grés rouge possède peu de fossiles; il venait après une destruction. Le calcaire magnésien a des fucus, des zoophytes, des mollusques et des poissous. Les premiers reptiles et les premiers oiseaux paraissent remonter à cette époque ; on a trouvé dans le grés rouge d'Ecosse des empreintes de pas de tortues, dans d'autres roches triasiques des débris de crocodiles et de quelques autres sauriens, et dans un grés rouge d'Amérique des empreintes de pattes d'oiseaux.
Nous ne sommes pourtant pas encore arrivés à la découverte de l'oiseau complet dont le type étrange , pétrifié dans une roche jurassique, recevra le nom d'archéoptéryx ; mais quelle différence entre les chances de conservation des cadavres d'animaux aquatiques et celles de conservation des cadavres d'oiseaux; ces derniers restent exposés à l'air où ils se dissolvent. Le grés bigarré fournit les indices d'une reprise de végétation; les espèces qu'on y trouve sont pour la plupart différentes de celles du terrain houiller, et terrestres. Le calcaire conchylien tire son nom de ce qu'il se compose, pour aiusi dire, de coquilles; il contient des ammonites, des bélemnites, des térébratules, des huîtres, des étoiles de mer, des encrines, des langoustes, des poissons et des ossements de reptiles. Les marnes irisées n'ont presque pas de fossiles.
Le terrain secondaire supérieur parait être postérieur aux soulèvements duMorvan. Une nouvelle faune se révèle, faune de reptiles aquatiques gigantesques à formes bizarres.
Les couches qui le composent sont le calcaire à gryphites, (coquilles voisines des huîtres,) le grès du lias et le lias, la terre à foulon et l'oolithe. Ces terrains garnissent, en particulier, les flancs du Jura, et ont reçu, pour cette raison, la dénomination générale de terrains jurassiques. Ils renferment peu de végétaux, qui sont pour la plupart des conifères, mais beaucoup d'animaux, innombrable
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population d'ammonites, de bélemnites et autres mollusques, de crustacés, voisins de nos homards et de nos écrevisses, d'oursins, de gripbées et autres zoophytes ; débris d'insectes et ossements d'oiseaux, qui présentent pour type l'archœoplérix.
Ce qui frappe davantage, ce sont les grands sauriens, le mégatosaure, espèce de lézard grand comme notre baleine, l'ichthyosaure, de la même taille, armé de rames au lieu de pattes, le plésiosaure, à la petite tèle de serpent au bout d'un cou d'une longueur énorme, le ptérodactyle., lézard de la grosseur d'un cormoran, armé d'ailes comme nos chauves-souris ; enlin crocodiles monstrueux, et monstrueuses tortues. Un fragment de mâchoire inférieure semble indiquer un premier mammifère, quoique le règne des mammifères ne commence que dans les terrains tertiaires.
C'est là ce premier apogée du.
règne animal que nous avons annoncé ; et celui-là consiste dans un développement sans mesure des grands animaux aquatiques, sauriens et volatiles. Ce sont ces être* monstrueux qui se partagèrent, durant cette période, l'empire du globe terrestre.
Entre les terrains secondaires que nous venons d'analyser et les tertiaires que nous allons aborder tout à l'heure, se place une série douteuse tenant à la fois des uns et des autres, la série crétacée. Elle parait être subséquente à une grande révolution qui aurait détruit les grands sauriens, et eu pour cause des soulèvements dont le mont d'Or, le mont Pilas, les Cévennes, l'Erzebirge en Saxe, feraient partie; les Pyrénées ne se forment pas encore. Ces terrains crétacés comprennent le tuffeau de Rouen, le grès vert, la craie blanche de Champagne, etc ; il y a des assises qui sont marines, et d'autres qui sont lacustres et tluvialilcs. La mer et l'eau douce se partagèrent, à cette époque, une grande partie de la surface du globe. Toujours beaucoup de mollusques; des poissons d'espèces différentes de celle des terrains précédents; fossiles -'égétaux assez nombreux de monocotylédons et de conilèies; tortues nouvelles et nouveaux sauriens,
presque aussi grands que leurs prédécesseurs, dont le crocodile de Meudon est un type ; le mosasaure, sorte de monitor à palettes natatoires, de vingt-cinq pieds de long, en est une autre ; on trouve aussi des reptiles terrestres, l'Iiylœosaure, sorte de lézard de même longueur que le précédent à dos hérissé de dents le long de l'arête, l'iguanodon, sorte d'iguane herbivore, long de 60 pieds et vingt fois gros comme les iguanes d'aujourd'hui. Ossements d'oiseaux aquatiques de l'ordre des éebassiers.
Le soulèvement des Pyrénées et d'autres montagnes n'eut lieu que de longs siècles après le règne dont lessédiments crétacés nous ont conservé les médailles; car il fallut à ces sédiments le temps de se former en englobant tous ces débris fossiles; on peut d'ailleurs observer, sur les lianes de ces monts, des couches de ce terrain, crétacé qui sont redressées par leur soulèvement, ainsi que celles des terrains précédents qui sont au-dessous,, tandis que les assises de formation, postérieure à ces montagnes sont au.
pied étendues horizontalement sans avoir été dérangées.
3° Terrains tertiaires. — Cesterrains sont postérieurs au soulèvement des Pyrénées et antérieurs à l'apparition de l'homme, ainsi qu'aux plus anciennes alluvions diluviennes proprement dites. Les mers occupent moins d'espace. Les mammifères deviennent abondants, et tous les êtres organiques, quoique différant encore.
d'espèce avec ceux de notre âge, présentent, cependant, le mode d'organisme aujourd'hui en usage. Ce sont les mêmes genres.
On les divise encore en trois séries:
la série inférieure qui, dans ces der-.
niers temps, a pris le nom d'eocéne; la série moyenne, qui a pris le nom de miocène, et la série supérieure, la.
plus voisine du diluhium, qui a pris, le nom de pliocène.
Le terrain tertiaire inférieur, ou l'éocène, se compose de l'argile blanche de Londres, de l'argile plastique et du calcaire siliceux des environs de Paris, du calcaire grossier de Paris, du gypse ou pierre à plâtre de Montmartre, etc. Le calcaire gros-
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sier révèle une formation dans des eaux peu salées; les coquilles qu'il contient sontfluviatiles ou terrestres ; le gypse est surmonté de sables marins mêlés de coquilles d'imitres et de débris de poissons. Les chaînes de la Loire et de l'Allier et celles de la Corse et de la Sardaigne paraissent postérieures à ces terrains. Citons, parmi les fossiles de cet âge, le palcotherium, et l'anoplotherium, espèces de pachydermes trouvés à Montmartre et reconstruits par Cuvier, et de très-grands rongeurs, qui vivaient sur les bords du golfe qui couvrait l'emplacement de Paris, tandis que ce golfe était habile par de grands cétacés, des multitudes de polypes, de mollusques et des poissons. Les fleuves qui se jetaient dans ce golfe en diminuaient beaucoup la salure.
Les débris d'oiseaux et de reptiles terrestres et aquatiques ne manquent pas non plus.
Le terrain tertiaire moyen, ou le miocène, se compose des grès de Fontainebleau, des molosses de la Suisse, des terrains tertiaires de Bordeaux, des talus de la Touraine, etc.
Il parait être postérieur aux montagnes de Corse et à un premier soulèvement des Alpes dont fait partie le mont Viso, et antérieur à un second soulèvement des Alpes qui comprend tous les pics grandioses de la chaîne occidentale et la chaîne du Valais vers l'Autriche. Les animaux terrestres et aquatiques sont très-nombreux et se rapprochent de plus en plus de ceux de nos jours : beaucoup des mêmes mollusques peuplent encore nos mers. Apparaissent les proboscidiens, les mastodontes, les pakotheriums, les authracotheriums, les lophidions et autres mammifères perdus, les rhinocéros, les hippopotames, les hyènes, des singes d'espèces particulières, (1) etc.
Ledinotherium, le plus grand des animaux terrestres qui ait existé appartient au miocène ; il est à peu près certain qu'il portait une trompe
(1) On commença d'en découvrir vers 1837. Vingt ans «près, M. Lartet en trouva un Je très-graDtTe taille et de Tonne élancée, qu'il rattacha aux simiens dont lo cb ni| anzé, l'orang ontanff, le gibbon et le gorille sont des espèces. Denui- 1857, les découvertes eu ce geure se soot multipliées.
comme l'éléphant; mais ses défenses énormes étaient recourbées vers la terre et, chose bizarre, placées sur la mâchoire inférieure. C'est encore dans le miocène qu'apparaît l'Hipparion que l'on a considéré comme le père de nos chevaux, lesquels vont apparaître dans le pliocène et surtout dans le dihnium; il a trois doigts développés tandis que nos chevaux ont le métatarse composé d'un seul os apparent; mais il faut ajouter que, dans le fœtus du cheval, les doigts sont distincts, ils se soudent durant le développement, laissant plus tard quelques traces de leur existence primitive dans les filets. Le ruminant de cette époque, que M. Baudry a nommé tout dernièrement, le paloeoreas, présente un phénomène analogue dans le pied de devant surtout; il semble que cet organe, chez ces animaux, va en se simplitiant à mesure qu'ils approchent de notre âge; pour les cornes, c'est l'inverse, les ruminants sont d'abord sans cornes, puis les cornes prennent un grand développement qui se continue dans notre époque. Dans le miocène les oiseaux deviennent très-abondants, ainsi que le constate en ce moment M. Alphonse Milne Edwards, qui se livre depuis douze ans à des études spéciales sur l'ornithologie paléontologique.
Le terrain tertiaire supérieur, ou le pliocène, est postérieurau plus grand soulèvement des Alpes, et sa formation se termine par le soulèvement des Andes, si la science aboutit à justifier l'hypothèse de M. Elie de Beaumont, consistant à donner pour cause au dituvium ce soulèvement, qui aurait fait le nouveau monde en tout ou en partie. On y remarque surtout des sédiments lacustres, tels que les sables de la Bresse, le dépôt d'OEningen, célèbre par sa richesse en fossiles de végétaux et d'animaux, ceux de la plaine de Buenos-Ayres, celui d'Efelsheim en Bavière,etc.Onyremarque aussi des alluvions anciennes, qu'on nomme terrains clysmiens et qu'il est parfois difficile de distinguer des terrains quaternaires et du dernier diluvium. L'Europe change d'aspect, elle devient un continent sur lequel
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ne se forment plus de sédimentations marines, excepté surles côtes. Mais il y a de vastes sédiments lacustres; c'est dans celui d'QEningen appartenant au bassin de Constance, que fut découvert par Scheuchzer le fossile de la fameuse salamandre homo diluviitestis, surdaquellenous reviendrons un peu plus loin, à propos de l'apparition de l'homme. On a trouvé de nombreux amas de bois fossile, provenant d'arbres presque semblables à ceux de nos contrées, beaucoup de coquilles d'eau douce. On peut à la fois rapporter à cette série, ou rattacher au diluvium, les brèches et les cavernes osseuses où abondent les restes d'hyènes, d'ours, d'éléphants velus, de mastodontes, de rhinocéros, d'hyppopotames, de bœufs, d'antilopes, dont les genres existent encore, mais dont les espèces sont perdues.
Plusieurs de ces genres vivaient alors dans les coatrées boréales et tempérées, tandis qu'on ne les trouve plus aujourd'hui que dans les pays chauds.
Le sol du bois de Boulogne, près Paris, est rempli de restes d'éléphants qui s'y développaient et qui n'ont jamais été vus dans ces lieux depuis les temps historiques. On remarque dans certaines cavernes et fentes de rochers, telles que celle de Kirkdale en Angleterre, des restes de grands carnassiers entourés d'ossements d'animaux plus petits dont ils faisaient leur proie, et sur lesquels leur dent a parfois laissé son empreinte. Un mamnii'ère gigantesque de l'ordre des édentés nommé le megaiherium a été trouvé dans les sédiments de Buenos- Ayres ainsi que le crâne d'un rongeur, le toxodon, qui ne ressemblait guère à nos lapins, puisqu'il était gros comme un éléphant. On fait chaque jour dans ces terrains de nouvelles découvertes; c'est ainsi qu'on trouvait, il y a quelques années, un oiseau gigantesque dans le terrain deParis.
Ce fut pendant la formation des terrains tertiaires que se développa cette seconde faune géologique si puissante, que nous avons encore annoncée; mais elle diffère de la première en ce qu'elle est terrestre au heu d'être aquatique. Elle fut tellement exubérante, à en juger par les
traces qu'elle a laissées dans les couches qui se sont formées pendant son règne, qu'on s'est demandé comment, étant principalement herbivore etfrugivore, la végétation contemporaine put lui fournir la quantité de nourriture suffisante. On a répondu que, les espèces étant très-nombreuses, et ayant des régimes et des goûts différents, l'un vivant de fruits, un autre de feuilles, un autre d'écorces, un autre de racines, il n'y avait rien de perdu et il y avait assez pour tous.
4°. Terrains quaternaires ou terrains modernes. Comme nous l'avons dit, il y a encore de grandes confusions entre beaucoup de ces terrains et ceux qui appartiennent au pliocène. Ils sont postérieurs à une révolution qui aura mis à sec les grands lacs et contribué à former les terrains clysmiens, les terrains de transport anciens, les grandes vallées de dénudation auxquelles ont été enlevés des blocs erratiques énormes que l'on retrouve quelquefois à 3,000 pieds d'élévation ; et ils nous sont, d'ailleurs, contemporains en ce sens que silesuns paraissent avoir immédiatement précédé l'apparition de l'homme, les autres ont continué de se former depuis cette apparition.
Nou* ne pouvons donner une classification définitive de ces terrains quaternaires — ils seraient mieux nommés plioceno- quaternaires — parce qu'une telle classification n'existe pas encore. Tout ce que l'on peut dire, dans l'état présent de la science , c'est que tous les phénomènes étudiés indiquent l'action d'un torrent énorme, appelé le diluvium, ayant laissé de grandes traces d'une direction à peu près uniforme du nord au sud, etayantprobablement détruit ces multitudes d'animaux dont nous retrouvons les restes dans les cavernes osseuses. Le diluvium nous a longtemps paru trop ancien pour être le résultat du déluge historique et traditionnel ; mais nous sommes aujourd'hui à peu près forcé de reconnaître, ainsi qu'on le verra dans le troisième de ces articles consécutifs, qu'il n'est autre chose que l'effet de ce déluge lui-même, qui, d'une part, a laissé sur
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toute la face du globe des traces qui prouvent avec éloquence la véracité du récit mosaïque, mais qui, d'autre part, parait devoir être reporté plus haut que ne le taisaient les traditions humaines consignées dans les anciens livres. Cette question sera traitée dans ce troisième article dont nous venons de parler.
ISousconsidéierons donc tous les terrains antérieurs au diluvium comme antédiluviens, c'est-à-dire antérieurs au déluge traditionnel, le diluvium comme formant lui-même les terrains diluviens proprement dits, et nous appellerons postdiluviens les véritables terrains quaternaires modernes qui sont, depuis le déluge, en voie de formation.
Ces terrains sont les deltas et autres alluviuns des lleuves, tels que le delta du Nil, relui du Rhône, celui du Pô, celui du Biississipi, etc. ; les îlots des Sauves, comme lesiles de la Seine ; les dunes de sables, ou alluvions de la mer dont les lits fournissent des données suffisantes pour calculer les siècles el les années qu'elles ont mis à se foi nier; les alluvions lacustres qui Uniront par remplir les lacs dans lesquels elles se forment ; les dénudaliuns et érosions des montagnes avec les atterrissements qui se font à leurs bases; les dépressions progressives que subissent les buttes de sel gemme, telles que celle de Cardona en Espagne et celles des bords de la Mer-Morte qui salent de plus en plus ses eaux ; lesmweanes, ou accumulations de détritus que déposent les glaciers aux pieds des montagnes où ils se fondent, accumulations trèsrégulières ; les tourbières, qui prennent d'autant plus de ressemblance avec la bouille qu'elles deviennent plus anciennes; il y en a qui forment des îlots flottant augré du vent ; les îles madréporiques, telles que les îles de corail de la mer du sud; il y en a qui peuvent remonter aux plus anciens temps géologiques, et il continue de s'en former sans cesse ; les concrétions, telles que les stalactites et les stalagmites et le travertin de Rome formé de matières calcaires qui s'aggrègem avec des sables et des débris organiques; enfin, Y humus
ou la terre végétale, qui va toujours en augmentant par l'accumulation des détritus organiques et des débri des roches, dont la surface est sou mise à l'action des éléments physiques, mécaniques et chimiques
Ces terrains quaternaires proprement dits et pour la plupart postdiluviens, portent des traces de l'existence de l'homme et do tous les animaux actuellement existants , soit comme déhris organiques, soiteomme reliques de travaux ou d'industrie; mais les terrains diluviens , ou le diluvium, et même peut-être quelques autres plus anciens encore, et antédiluviens, parmi ceux que nous avons qualifiés de plioccno-quaternaires, en contiennent aussi.
Or, nous arrivons, avec tous les terrains à fossiles d'hommes, à une autre sériede dé\eloppementsetd'àges, qui paît de l'apparition de l'homme sur la terre, et par conséquent du 6 e des jours de Moïse , inclusivement pris, ainsi que nous allons le voir : c'est la série des âgrs anthropologiques, laquelle fera l'objet de l'article qui suivra celui-ci.
HARMONIE DE LA GÉOGÉNIE DE MOÏSE ET DE SES TROIS AGES AVEC LA GÉOGÉMB SCIENTIFIQUE.
Nous avons vu dans le cosmologie mosaïque un verset, se rapportant au troisième jour, et à ce qui fut fait dans cette période antérieure à celle de l'apparition des astres qui ne vient qu'au quatrième rang d'ancienneté ; et nous avons dû qualifier, à la fois, ce passage de cosmogénique et de géogénique. Nous avons vu de même les séries de terrains commencer, à partir d'en bas, c'est-a-dire, à partir de ce qui fut le premier élat de la surface du globe, par ces couches massives innées, primitives, que nous avons du qualifier, tout à la fois, de géologiques et de cosmologiques. C'est un premier point de ressemblance qui est sans importance, mais qui résulte cependant d'une correspondance parallèle des deux exposés, l'exposé biblique et l'exposé scientifique, avec la réalité qui rend elle-même impossible l'établissement d'une déinar-
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cation positive. C'est à partir de ce verset, plus amphibie encore que les autres, qui; noua allons reprendre le tableau de la (ienèse.
Nous avons vu aussi la difficulté qu'il y aurait, en ne prenant même que le texte, à entendre par les jours de la création des jours pareils aux nôtres, des jours de 24 heures, puisque les trois premiers n'ont ni le soleil ni la lune pour les déterminer. Renonçons doue à donner ce sens au mot jour, entendons par ce mot des périodes indéterminées ; par ceux-ci, le soir et le matin, la lin d'une période antécédente et le commencement d'une période suivante; et nous allons voir l'haï monte se faire d'ellemême avec une facilité merveilleuse.
Suivons notre méthode adoptée, et mettons d'abord sous nos yi ux la traduction littérale du passage tout entier.
a Or, Dieudit : Que s'amassent en un lieu les eaux qui sont sous le ciel ; et qu'app, iroisse l'aride. Et il sefitainsi, Et Dieu appela l'aride terre, et les amas des eaux, il les appela mers.
Et Dieu vit que c'était bon. Et il dit:
Que la terre germe de l'herbe verte et faisant semence et du bois pomifère faisant fruit selon son genre, dont la semence soit en lui-même sur la terre ; et il se lit ainsi. Et la terre produisit de l'herbe verte et faisant semence selon son genre et du bois faisant fruit et ayant toute semence selon l'espèce. Et Dieu vit que c'était bon. Et du soir et du matin se lit un
troisième jour
ÉNouspas&ensl'œawedu quatrième jour qui n'est que cosmogénique.)
« Or, Dieu dit aussi : Que les eaux produisent le reptile à âme vivante et le volatile sur la terre sous le firmament du ciel. Et Dieu créa les grands poissons, (cete grandia) et toute âme vivante et active qu'avaient produite les eaux dans ses espèces, et tout volatile selon son genre. Et Dieu vit que c'était bon. Et il les bénit disant : Croissez et multipliez,. et remplissez les eaux de la mer. Et que les oiseaux multiplient sur la terre. Et du soir et du matin se fit un cinquième jour.
«Dieu dit aussi : Que la terre pro-
duise les animaux vivants dans leur genre, les juments, elles reptiles, et les bêtes de terre selon leurs espèces.
Et il se fit ainsi. Dieu lit les hôtes de terre selon leurs espèces, et les juments, ettout reptile de terre dans son genre. Et Dieu vit que c'était bon.
« Et il dit : Faisons l'homme à notre image et similitude ; et qu'il préside aux poissons de la mer, et aux volatiles du ciel, et aux bêtes, et à toute la terre. » (vers. 9 à 13 et 20 à 26.) Reprenons.
« Dieu dit : Que s'amassent en un.
lieu les eaux qui sont sous le ciel. »
Voilà le début du premier des trois âges géogéniques, lequel s'enlace dans les deux derniers de la cosmogénie.
Nous avons, dans le précédent article, expliqué ces paroles : Les eaux qui sont sous le ciel ; les eaux en vapeur se sont condensées et sont retombées peu à peu sur la surface terrestre refroidie, dont la croûte est celle couche de gneiss et de ses congénères, qui sont les matières les plus légères dont se composait le globe, les autres étant allées vers le centre selon leur ordre de densité. Pendant ce temps, les couches immédiatement inférieures au gneiss (granits, porphyres, etc.) ont commencé de se l'uriner par le refroidissement continu fie haut en bas ; et sesontaccumulées dans l'intérieur les grandes mines cosmiques, éléments des grands volcans qui vont faire apparaître les premières montagnes.
C'est à ce point que Moïse prend l'œuvre de Dieu. On pourrait entendre même à la rigueur que ce premier lieu où s'amassent les eaux du ciel est unique, et que c'est toute la surface du globe.
« El qu'apparaisse l'aride, » (v. 9.) Cette parole correspond aux premiers soulèvements établissements, aux premières contorsions que subit la croûte de gneiss sous l'action des charges volcaniques intérieures. L'aride se montre ça etlà, il sort du sein des eaux, et les eaux, qui étaient répandues tout à l'entour, s'accumulent dans tous les lieux bas. Mais il y a eu, par suite du mouvement des eaux, des agitations de l'air, des actions physiques et chimiques, des ravine-
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mentsde la surface, et des réductions du gneiss. — L'analyse de cette roche nous montre qu'elle renfermait les matières suffisantes pour la composition dessédinicnts — en terrains de diverses natures ; ces terrains se sont formés sous les eaux, et nous obtenons ainsi les premières assises sédimenteuses dans lesquelles se développera la vie.
« Et il se fit ainsi. Et Dieu appela l'aride terre, et les amas des eaux, il les appela mers. Et Dieu vit que c'était bon. » (v. 10.)
C'est la matinée du même jour :
Dieu en a fait l'œuvre par ses volcans ; il a par eux séparé l'eau d'avec la terre sèche, et dès lors les amas d'eau et les lieux élevés prennent leurs noms : mers et terres. Et l'œuvre est trouvée bonne. Elle renferme, en effet, les éléments de tous les épanouissements qui vont se succéder dans la longue série des ûçjrs géologiques. Remarquons, avant d'aller plus loin, la magnitique progression de l'écrivain sacré. Premier jour cosmologique : séparation de la lumière d'avec les ténèbres, c'est-à-dire selon notre interprétation, séparation des fluides impondérables, forces cosmiques, d'avec les matières brutes. Second jour cosmologique : séparation des eaux inférieures d'avec les eaux supérieures par l'étendue entre elles du lirinament éthéré, et selon notre interprétation, séparation de la masse liquide de la terre d'avec les autres masses liquides et lluides du soleil et des planètes antérieurement confondues, par le moyen du vaste espace, ou éther libre, qui est le firmament.
Matin du premier jour géologique qui est compris dans le troisième de la série générale : séparation des terres et des mers, c'est-à-dire selon notre interprétation conforme à la science géologique, apparition des terres arides au sein des mers par les premiers soulèvements volcaniques, et, par là même, accumulation des mers dans les lieux les plus déprimés.
Tout lecteur avouera que la progression, en se rapprochant ainsi de la terre pour, à la fin, se fermer sur l'homme, est vraiment admirable ; elle choisit bien les grands traits qu'il convient de faire ressortir.
Arrivons au soir de ce. troisième jour, qui est le premier de la géogénie :
« Et Dieu dit : Que la terre germ»
de l'herbe verte et faisant semence, et du bois faisant fruit, etc. » (v. 1 1.)
Le lecteur n'a pas oublié celte végétation gigantesque de fougères arborescentes de 00 pieds de hauteur, et d'autres plantes et arbres en proportion, qui couvre les iles et dont les détritus ont produit nos houillères, premiers terrains secondaires, nousrévélant danstoutesleszunes actuelles une végétation très-supérieure à celle de nos tropiques. C'est bien encore un trait frappant à décrire, c'est bien là cette « herbe verte » (la végétation grandiose des fougères-monstres, descryptogames énormes aux palmes verdoyantes), et ce « bois pomilère » faisantfruit (lavégétalion plus grandiose encore des phanérogames, dont les descendants de notre ûge, nos conifères d'aujourd'hui, portent ces fruits que nous appelons pommes de pin), vigoureuse émergescence du règne végétal qui suppose, pour se produire, des conditions autres que celles de nos jours. Moise donne implicitement la raison de ces conditions différentes en plaçant cette création avantl'apparition du soleil à la terre. On comprend un aussi fastueux étalage de vitalité arborescente dans l'immense bâche des îles abreuvées par les eaux et vivifiées par une atmosphère de lumière, de chaleur et d'électricité : chaleur partout , point de régions glacées ; aussi trouve-t-on les grands cryptogames jusque dans les contréespolaires. Chose curieuse I les houilles, qui nous fournissent aujourd'hui le gaz qui nous éclaire, sont, d'après Moïse, plus vieilles que le soleil.
On dira: Mais n'avons-nous pasvu apparaître déjà des végétaux et des animaux? les terrains primaires nous ont présenté des fucus, des polypes, des éponges, des mollusques, on parle même d'un poisson ; il est vrai que ce sont des végétaux et des animaux marins, ce qui suppose que les eaux salées couvraient toute la surface, et que, conformément au récit mosaïque, il n'y avait pas encore eu formation des îles; mais ce n'en était pas moins une première flore et
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ine première faune sous les eaux salées, antérieure à celte création de la grande végétation terrestre de l'his- ^torien sacré.
I Nous répondons que Moïse, s'il ne fparle [ oint de ce premier développement organique, ne le nie pas; il ne fait que le passer sous silence, fidèle à sa méthode de négliger les détails et de ne s'arrêter qu'aux grands traits. D'autre part, puisque nous abandonnons le sens des créations subites et instantanées pour admettre celui des créations par longs développements successifs, on peut comprendre que la parole qui résume l'ensemble embrasse à la fois le commencement, le milieu et la lin de la production végétale. Cette parole ne parle pas d'animaux; mais il n'y a pas dans la nature de grande végétation sans qu'elle soit accompagnée de productions animales, de même qu'il n'y a point de productions animales sans végétation ; l'un est le complément de l'autre, et, selon les lois de notre terre, l'un ne va jamais sans l'autre, avec cette différence pourtant que le végétal est plus nécessaire à l'animal que l'animal ne l'est au végétal ; aussi Moïse résume-t-il la création du végétal avant celle de l'animal. Quand il va nous résumer, de même, la création de l'animal, il ne parlera point de végétaux et cependant il y en aura.
Enfin, s'il ne parle point des fucus et des coquilles de mer qui ont précédé, c'est que ce détail ne devait point être signalé dans un sommaire comme le sien, lequel doit célébrer seulement les points frappants. Ces fucus et ces coquilles, bien qu'en nombre immense, se développent humblement cachés sous les eaux ; il ne signalera que le développement grandiose de la végétation terrestre après l'apparition des iles.
Nous avons vu, dans l'article précédent, ce que c'est que le quatrième jour dans le récit de la Genèse. C'est un regard jeté dans les cieux pour en résumer le troisième âge; les luminaires paraissent, et viennent changer sur la terre les conditions de la vie; désormais il y aura le jour et la nuit régulièrement marqués par les
astres ; c'est bien encore un trait capital qui ne devait point être omis dans le tableau sommaire, et qui valait bien la détermination d'un jour.
Arrivons au cinquième, qui sera le second âge géologique.
« Dieu dit : Que les eaux produisent le reptile à âme vivante et le volatile sur la terre sous le firmament du ciel. Et Dieu créa les grands poissons (cote grandia) et toute âme vivante et active, qu'avaient produite les eaux, dans ses espèces, et tout volatile selon son genre. Et Dieu vit que c'était bien. » (v. 20, 22.)
Voilà le début de la seconde période de la géogénie. Le tableau est magnifique. On croit assister à la seconde exubérance de vie de la nature, à cette expansion excessive de la vie animale correspondante à celle de la vie végétale qui a eu son temps.
C'est le règne animal dans sa jeunesse. Mais c'est un règne animal aquatique; ce sont les eaux qui le produisent ou plutôt qui depuis longtemps sont en voie de le produire, puisque Moïse dit : qu'avaient produite les eaux. Ce sont ces reptiles d'eau, ces grands cétacés, cete grandia, et ces volatiles qu'il n'est pas nécessaire de prendre pour des oiseaux proprement dits. N'avons-nous pas trouvé, vers la fin des terrains secondaires, avec les déhrisdes grands sauriens, le ptérodactyle, par exemple, qu'on avait d'abord pris pour un oiseau et qui, tout lézard qu'il fût, étendait de grandes ailes et volait comme une chauve -souris monstrueuse? Il était un de ces volatiles qu'ontproduits les eaux, et ne découvrit-on que ce type, c'en serait asseï pour nous faire supposer une nombreuse population amphibie et aquatico-aérienne telle, dans ses espèces, que celles de nos jours n'en puissent donner l'idée ?
Moïse ajoute, pour marquer mieux encore l'exubérance du développement :
« Et il les bénit, disant : Croissez et multipliez, et remplissez les eaux de la mer. Et du soir et du matin se lit le cinquième jour. » (v. 23.)
Ne semble-t-il pas, à l'entendre faire parler Dieu de la sorte à ces « reptiles
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à âme vivante », à ces « cete grandia »
à ces « âmes vivantes et actives, animant vioeiUem atqae motabilem, qu'ont produites les eaux » à ces « volatiles sous le firmament », que nous assistions à un envahissement de la nature par ces monstres, et aux combats grandioses de ces énormes sauriens, de ces grands reptiles aquatiques, de ces reptiles vol. uns, de ces mègalosaures, de ces plésiosaures, de ces crocodiles géants, de ces ptérodactiles des terrains jurassiques dont Caviar nous a reconstruit les squelettes? La terre s'est reposée depuis la grande végétation; des révolutions l'ont renouvelée; et voilà que les eaux, engraissées par les détritus d'un long règne , produisent cette population titanesque des amphibies avec laquelle l'homme et les animaux d'aujourd'hui ne pourraient vivre. S'il apparaît quelques mammifères, vers la tin de cette époque, ils passent inaperçus; le règne de ces derniers aura son avènement plus lard. Mais, il y aura aussi dc-i oiseaux, du moins des oiseaux aquatiques ; Moïse le dit en finissant :
« Et que les oiseaux multiplient sur la terre. » [ty 22.) Nuusen avonstrouvé quelques ossements avec des débris d'insectes, dans les mêmes assises, ainsi que des empreintes de leurs pas marqués sur le grès. Ils signalent latin dece cinquième jourde Moïse, second dge de la géologie, auquel correspondent les terrains secondaires, salilères, jurassiques, crétacés, puisque dans leurs antiques reliquaires, ils nous • conservent les restes pétrifiés de toute la production organique de cet âge, en reptiles, cétacés, poissons, volatiles amphibies, et oiseaux, production plus étonnante encore que la flore monstrueuse du jour précédent.
Passons au sixième, qui est le troisième dge de la géologie, et commençons par le matin de ce jour.
« Dieu dit : Que la terre produise les animaux vivants dans leur genre :
les juments, les reptiles et les bêtes de terre selon leurs espèces; et il se fit ainsi. Dieu fit les bètes de terre selon leurs espèces, et les juments et tout reptile de terre dans sonsenre. Et Dieu vit que c'était bien. » (^ 24, 23.)
Dieu ne dit plus : que tes eaux produisent; il dit que la terre produise; c'est qu'en elfet, nous avons vu, dans l'époque primitive de la géologie, correspondante à la fin du second jour du cosmos, la géographie naturelle du globe changer sa manière d'être ; sa surface ne consiste plus en un vaste océan parsemé d'Iles ; les continents se sont dessinés; et ce sont maintenant les sédiments mis à sec qui vont produire les principales flores et les principales faunes. La triple série des terrains tertiaires, l'éocène, le miocène et le pliocène, nous montre dans ses assises une nouvelle production, très-abondante encore, de végétaux et d'animaux, mais surtout d'animaux herbivores ne ressemblant plus à celle que nous ont révélée les assises supérieures des terrains secondaires. Ces nouveaux animaux appartiennent aux classes et aux genres qui régnent aujourd'hui ; ils n'en dilfèrent que par des caractères spéciliques et ceux de nos jours pourraient n'en être que des variétés qui, à la longue, se seraient constituées en nouvelles espèces , comme le soutiennent les naturalistes qui croient aux modifications spécifiques des types. Quoi qu'il en soit, nous avons vu apparaître dans les terrains tertiaires une grande abondance de mammifères et les reptile3 de terre, reptilia terrse, s'y sont trouvés aussi. Pachydermes, grands rongeurs, éléphants, rhinoréros, hippopotames, hyènes , antilopes, ours , premiers types du cheval, bœufs, etc. Nous y avons vu les vraies bètes de terre, bestias terrx, dont nous avons fait, depuis, des jummita. La production en a été si grande que les naturalistes se sont demandé si la végétation était même suffisante pour la nourriture de tous ces êtres. C'est donc encore une phase caractéristique et saisissante dans la série des développements, et Moïse, selon le plan de son tableau, ne pouvait l'oublier.
Voici enfin le soir du sixième jour, qui sera la clôture du troisième dge géologique.
« Dieu dit: Faisons l'homme à notre image et similitude; et qu'il préside aux poissons de la mer et aux vola-
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tii
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tilcs du ciol, et aux bêtes, et à toute la terre. » {} 2G —31.)
C'est te résumé : habitants des eaux, reptile aqu.se, première création animale; les mollusques et les zoophites peuvent être compris dans cette création, ils pourraient même aussi être qualiliés, par extension, de reptiles aeau. Habitants de l'air, tant amphibies volants qu'oiseaux, et tout ce qui vole, volatile sub firmumento cœli, seconde création animale. Habita ntsde la terre, bestiœ terrx, reptile terrx, troisième création animale. La création végétale ne sera pas non plus, oubliée dans la reprise, (voyez \cf 20.) Quant à l'I i nui me il e-l 1" bTiii'r,oii dnmoinsle contemporain des derniers, et à cause de 1 uiii.uiu.il> e Ju rôle qu'il jouera, il est mis à part ; son règne commence et il va présider. Puis Dieu se repose, se retire en quelque sorte comme s'il abdiquait en faveur de son image, et comme s'il voulait lui dire par son silence, plus énergiquement encore que par sa parole : « Toi, tu as l'intelligence, tu as la liberté; règne maintenant sur mes créations, mais non point sur ton semblable; respecte mon image! »
Or, n'avons-nous pas vu les fossiles humains se montrer les derniers. Ils n'apparaissent que dans la série des terrains quaternaires, ou, tout au plus avec le mammouth, dans ces terrains tertiaires voisins i les quaternaires, que nous avons qualiliés de plioceno-quaternaires, et dont l'étude est encore imparfaite.
11 y a donc vraiment une harmonie admirable entre lagéologie biblique et tes révélations de la géologie scientifique; et loin que Prou dhon ait eu raison de dire de la religion chrétienne, que la géologie bouleverse sa genèse, il aurait dû reconnaître que la géologie ne fait que développer cette genèse même, la mettreenév i lenceetfoumir les bases à sa véritable interprétation.
Cet accord est, d'ailleurs, avoué par la science impartiale ; nous en citerons un exemple entre mille : « c'est à tort, dit M. Milne Edwards, que quelques auteurs onteru trouver dans ces faits constatés par la géologie, des arguments contre lerécit de la création que Moïse nous a transmis dans les saintes écri-
tures. Un des géologues les pins savants de l'époque actuelle, le docteur Buckland a fait voir qu'il n'existait dans ce récit rien qui ne s'accordât parfaitement avec les découvertes de la science, et que les difficultés que quelques personnes ont cru y rencontrer dépendent de ce qu'on avait mal interprété le texte biblique. »
L'ouvrage de Buckland, dont parle Milne Edwards, porte pour titre : Delà géologie et de la minéralogie dans leurs rapports avec la tftêologie naturelle.
Il a été traduit de l'anglais par M.
Doyère.
Si nous cherchions dans les autres livres sacrés, nous ne manquerions pas d'expressions qu'on pourrait prendre, sans peine, pour dos allusions aux merveilles de Dieu dont nous venons d'esquisser si rapidement un tableau scientitique. Citons-en quelques exemples :
Lorsque Moïse lui-même s'écrie, dans le deutéronome, en faisant parler Dieu : « Le feu a été allumé dans ma fureur; il bridera jusqu'au plus profond de l'enfer ; il dévorera la terre avec son germe ; il consumera les fondements des montagnes, (xxm, 22;) n'est-il pas permis de voir dans ces paroles une allusion aux mouvements volcaniques et au feu central dont nous avons parlé?
Il en est de même de ces paroles du prophète Nahum : « Par lui les montagnes ont été commotionucrs, les collines ont été désolées, la terre a frémi, et tout l'orbe, et tout ce qui l'habitait; »
c'est ce qui est arrivé bien souvent durant les trois âges géologiques.
Voici qui est encore plus formel :
c'est le Psalmistequi parle : Les eaux
siégeront sur les montagnes les
monts s'élèvent et les vallées s'abaissent.... tu places les monts comme une limite que les eaux ne franchiront point. Elles ne retourneront point sur leurspaspour couvrir la terre, (ps. cm, 8.) Si les eaux ne doivent pas retourner sur leurs pas pour couvrir la terre, c'est donc qu'elles l'ont déjà couverte. Avant que les montagnes ne fussent formées, dit encore le Psalmiste, ou marne la terre et l'orbe tout entier, tu es, à Dieu ! (ps. lxxxix, 2,) C'est