‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 1 (volume 3)Chapitre 70 sur 166 · A.GE · texte numérisé non relu

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professer des formations naturelles de montagnes sur la terre, et même une formation naturelle de la terre ellemême; quant à ce qu'il entend par l'orbe entier, pourquoi ne serait-ce pas le système solaire? Lorsque David chante les fondements de la terre révélés et mis à découvert, (ps. xvm, 16,) ne peut-on pas entendre le rappel, par les volcans antiques, des terrains primitifs à la surface ?

Quand L'Ecclésiaste nous dit qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil, qu'une race passe, qu'une autre lui succède et que la terre demeure ; que ce qui a été autrefois est ce qui doit être à l'avenir; que ce qui s'est fait, c'est ce qui doit se faire encore; qu'on ne se souvient plus de ce qui aprécédé et que, de même, les choses qui viendront après nous seront oubliées, (1, 9 à 11 ;) nous ne pouvons nous empêcher de penser aux successions que nous révèle la géologie. Et lorsque Job fait dire à Dieu : Qui a enfermé la mer dans ses digues, lorsqu'elle se ruait de son propre sein ?.... Qui racontera les dispositions des deux, et qui fera dormir leur concert, quand la poussière s'épandait sur la terre et que ses glèbes se consolidaient ? cela nous rappelle involontairement le passage de Virgile que nous avons cité dans l'article précédent ; et il nous semble, à de pareilles lectures, voir, après les torrents des déluges géologiques, se former et se durcir les assises sédimenteuses par les dépôts successifs de la poussière des terrains ignés, sous les lois antiques du cosmos.

Il en est de même, au reste, si nous nous plaçons au point de vue des vieilles traditions, lorsque nous lisons, par exemple, dans Manou, qu'il y a des créations et des destructions de mondes sans nombre ; que l'être suprême accomplit ces choses avec autant de facilité que si c'était un jeu, répétant sans cesse les créations dans la vue de répandre le bonheur; lorsque nous nous rappelons les immenses périodes de toutes les cosmogonies orientales, celles des Dirmans dans lesquelles le feu et l'eau opèrent les destructions, celles des Egyptiens, toutes celles de l'Inde, qui donnent au monde terrestre, avant l'âge pré-

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sent, trois longs âges séparés par des cataclysmes universels; celles du mage Béroze, qu'il ne faut pas confondre avec l'historien du même nom, qui prophétisait un nouveau cataclysme accompagné à la fois, d'un embrasement et d'un déluge universels ; celles des Chaldéens qui parlaient d'une longue suite de siècles après le chaos, pendant laquelle la terre avait donné naissance à des monstres de toute forme, de ioute grandeur et de toute structure.

Il en est de même enfin, lorsque, feuilletant notre patrologie , nous trouvons des Pères de l'Eglise qui,avec saint Justin et saint Grégoire de Naziance, croyaient à la théorie géogénique des longues périodes.

Avant de passer au troisième article, qui doit traiter des trois âges de l'espèce humaine elle-même, résumons les deux qu'on vient de lire :

Le cosmos, d'après Moïse, nous a présenté trois grands âges qui se sont succédé sans solutions de continuité comme les âges d'un être organique.

Séparation, dans la masse primitive du chaos, des fluides étherés impondérables, lumineux, électriques, magnétiques, attractifs, calorifiques, forces cosmiques en un mot, qui sont la lumière, d'avec les matières brutes, opaques, pondérables, étendues, divisibles et mesurables, qui sont les ténèbres : premier âge cosmique, qui est l'enfance du cosmos.

Séparation des corps célestes, incandescents, fluides puis liquides, qui sont, à cette date de leur développement, les océans célestes, ou les eaux supérieures, d'avec la terre, fluide puis liquide elle-même, et enfin solide par sa croûte, mais d'abord incandescente, appelée à cette date de sa formation les eaux inférieures, au moyen du firmament immense, éthéré, étendu dans l'intervalle: second âge cosmique, qui est la jeunesse du cosmos.

Enfin, perfectionnement des corps célestes jusqu'à la propriété de rendre apparente par leurs photosphères, la lumière en divers foyers, en vibrant le lluide éthéré, ce qui en fait des luminairestels que nousles voyons

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aujourd'hui : troisième âge cosmique, qui est l'âge mùr du cosmos.

La science, dans son explication de la formation des mondes, la plus avancée jusqu'à nos jours, nous a présenté le même enseignement, avec cette seule différence, laquelle est toute entière à l'avantage de Moïse, que Moïse a introduit plus explicitement qu'elle ne l'a fait encore, la division en trois liges.

Le globe de la terre, d'après Moïse, nous a encore présenté trois grands dges qui se sont succédé comme ceux du cosmos, sans solution de continuité et en s'engendrant les uns les autres .

Formation des terrains primitifs ignés; formation des eaux sur toute la surface; formation des premiers sédiments ; séparation des mers et des terres par les soulèvements volcaniques ; enfin production la plus exubérante du règne végétal, dans la grande végétation dont les terrains sédimenteux carbonifères, qui sont les plus anciens des couches secondaires ou même les derniers des couches primaires, nous donnent aujourd'hui les restes emmagasinés à brûler durant nos hivers : Tel est le premier âge géogénique, l'enfance de la terre, que nous révèlent de concert Moïse et la science moderne avec celte différence, tout entière encore à l'avantage de Moïse, que la science n'ose pas faire remonter ces formations avant la visibilité primitive du soleil et que Moïse ne manque pas plusd'avoircette audace qu'il n'a manqué d'avoir celle de faire apparaître la lumière avant le soleil et les autres astres ; on dira peut-être que c'est une erreur, mais comme la science lui a déjà donné raison sur une de ces audaces , ainsi qu'à Descartes , en se

Î>rononçaut pour la tbéorie des onduations, il est au moins à présumer qu'elle le justifiera de même un jour sur l'autre

Formation de l'abondante faune des animaux d'eau, des grands sauriens, des grands volatiles aquatiques, des grands amphibies, et plus ou moins probablement des grands oiseaux les plus antiques ; en d'autres termes,

exubérance, portée à son maximum, du règne animal : Voilà le second âge géogénique, la jeunesse de la terre, dont les terrains secondaires, depuis l'éocène jusqu'au pliocène, en passant par le miocène, nous conservent aujourd'hui les médailles fossiles, et que la science moderne nous a révélé près de quatre mille ans après que Moïse l'avait décrit en quelques paroles, qui , pendant quatre mille ans, n'avaient pas été comprises."

Enfin, production des animaux terrestres et de l'homme: Voilà le troisième âge géogénique, l'ûge mùr de la terre, dont les derniers terrains du pliocène et les terrains quaternaires antédiluviens et diluviens nous gardent les débris.

Mais l'homme est apparu; il est apparu, et Dieu se repose ! il lui cède la place pour dominer son globe et tous ses habitants; l'homme, en effet, est créé dans un étatde simplicité, mais d'innocence et de grandeur en puissance ; comment pourrait-il en être autrement de ce roi futur du monde sortant des mains de Dieu? Il faut bien qu'il soit dans l'état d'innocence, et par conséquent dans le bonheur, dans le paradis terrestre. Dieu ne lui doit point, il est vrai, cette force élémentaire, ni ce bonheur sans peine; il aurait pu le créer autrement ; mais il veut le faire ainsi pour qu'il règne ; tous les hommes sont des rois.

Aussi, Moïse s'arrête-t-il à ce point capital des formations géogéniques; et allons-nous voir se développer une troisième série de nouveaux jours que l'homme lui-même va faire en réalisant ses développements anthropogéniques, mélangés de bien et de mal. Ce sera la série des trois dges de l'humanité, sur laquelle nous allons interroger seulement, dans un dernier article, la science paléontologique moderne, en indiquant toutefois les autres sources soit scientifiques, soit philosophiques, soit théologiques,' qui peuvent nous fournir des renseignements.

Le Nom. î

AGES (les trois) PALÉONTOLO- GIQUES de l'espèce humaine, on,

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l'anthropologie biblique devant l'anthropologie PALËO.NTOLOGIQUE MOUER-

nb. (Théal. mixt. scien. yéol. paléont.

et antkropol.)

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