‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 1 (volume 3)Chapitre 78 sur 166 · AGO · texte numérisé non relu

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dard de la crois, et que le pape bénit solennellement le dimanche 61 albis, après sa consécration, et ensuite de ept ans en sept ans, pour être distribués au peuple.

L'origine de cette cérémonie vient d'une coutume ancienne dans l'Eglise de Rome. On prenait autrefois, le dimanche in albis, le reste du cierge pascal béni le jour du samedi saint, et on le distribuait au peuple par morceaux. Chacun les brûlait dans sa maison, dans les champs, les vignes, etc., comme un préservatifeontre les prestiges du démon, et contre les tempêtes et les orages. Cela se pratiquait ainsi hors de Rome ; mais dans la ville, l'archidiacre, au lieu du cierge pascal, prenait d'autre cire, sur laquelle il .versait de l'huile, en faisait divers morceaux de ligure d'agneaux, les bénissait et les distribuait au peuple. Telle est l'origine des Agnus Dci, que les papes ont depuis bénis avec plus de cérémonies. Le sacristain les prépare longtemps avant la bénédiction. Le pape, revêtu de ses habits pontificaux, les trempe dansl'eau bénite, et les bénit après qu'on les en a retirés. On 1rs met dans une boite qu'un sous-diacre apporte au pape à la messe, après l'Âgruis Dci, et les lui présente en répétant trois fois ces paroles: Ce sont ici de jeunes agneaux qui vous ont annoncé J'alleluia; voilà qu'ils viennent à ta fontaine, pleins de charité, alléluia. Ensuite le pape les distribue aux cardinaux, é\èques, prélats, etc.

On croit qu'il n'y a que ceux qui sont dans les ordres sacrés qui puissent les toucher; c'est pourquoi on les couvre de morceaux d'étoffe proprement travaillés, pourlesdonneraux laïques.

Quelques écrivains en rendent plusieurs raisons mystiques, et leur attribuent plusieurs effets. Voyez l'Ordre romain, Amalarius, Valaiïid Strabon, Sirmond dans ses Notes sur Ennodius, Théophile Raynaud, etc.

| Agnus Dei, partie de la liturgie de l'Eglise romaine, ou prière de la messe entre le Pater et la communion.

C'estl'endroitde lamesso où le prêtre, se frappant trois fois la poitrine, répète autant de fois à voix intelligible :

Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du

monde, pardonnez-nous. C'est une profession de foi de l'universalité de la rédemption, qui est tirée de lEvangile. Joan., c. 1, y 29.

Isjiïe avait déjà dit dausle même sens, c. 33, ^ G : « Nous nous sommes » tous égarés comme des brebis..., et » Dieu a mis sur lui l'iniquité de nous » tous. » Lebrun, Explic. des Céfém., tom. 2, pag. 577. Bercier.

AGOBARD, archevêque de Lyon dans le neuvième siècle, est au nombre des écrivains ecclésiastiques. II prouva, contre Félix d'Urgel, que Jésus-Christ n'est pas seulement Fils de Dieu par adoption, mais par nature ; il écrivit contre les duels, les épreuves superstitieuses (lu feu et de l'eau, l'abus des biens ecclésiastiques, et contre plusieurs erreurs populaires. 11 mourut en 8i(J. La meilleure édition de ses ouvrages est celle de Baluze, faite en 1G60, en 2 vol. in-4°.

Les protestants ont voulu mettre cet archevêque au nombre de ceux qu'ils nomment les témoins de la vérité, parce qu'il attaqua les superstitions de sun siècle : preuve frivole et qui ne mérite aucune attention. Basnage a voulu aussi faire douter de la foi d'Agobard touchant l'Eucharistie; mais il est constant que cet écrivain a professé formellemenl la croyance de l'Eglise sur ce point dans plusieurs endroits de ses ouvrages.

Bergier.

AGONIE, AGONISANT. Ce terme vient du grec iyav, combat. Les censeurs de la religion chrétienne ont poussé la prévention jusqu'à faire un crime à l'Eglise catholique de lâchante qu'elle témoigne aux fidèles prêts à sortir de ce monde, et des secours spirituels qu'elle s'efforce de leur procurer : ils ont dit que c'est une cruauté de faire envisager à un mourant sa fin prochaine, et de mettre déjà sous ses veux une partie do l'appareil de sa pompe funèbre. Celle réflexion de leur part démontre sans doute que ce dernier moment est terrible pour eux ; mais il ne l'est point pour un chrétien qui croit en Dieu, qui espère en Jésus-Christ, qui attend avec confiance une vie éternelle. Les confréries

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