‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 1 (volume 3)Chapitre 84 sur 166 · ALA · texte numérisé non relu

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Kochba (tCB'Q », fils de l'Étoile), nommé plus lard Bar-Chosba ((ovin "n, lils du Mensonge), qui so donnait pour le Messie, et qui excita les Juifs, sous l'empereur Adrien, à secouer le joug des Romains, Akiba devint même l'écuyer de Rar-Kochba et aogmentapar la considération personnelle dont il jouissait l'aveuglemeat des Juifs. Bar-Kochba ftd d'abord trèsbeuneus contre les armes romaiaesjil s'empira non-seulement de Jérusalem, jnais«ncorede beaucoup d"aHtres places lui 1rs delà Palestine, an point qu'Adrien dut envoyer contre lui Jules Sévère, us de sesgéaeraux.-occupé en Bretagne. Celui-ci reprit les villes et les places les unes après. les autres, et enlin, après un affreux carn s'empara de la forteresse de Béthar, où sétaient réfugiés Bar-Kochba el Akiba. Bar-Kochba tut tué pendant l'assaut, Akiba fut pria et jeté dans un cachot. Là il employait le peu d'eau qu'on lui donnait pour boire à faire des ablutions, de peur de oaanquer aux prcsi i iptionsde laloi. 11 fut réservé à on affreux supplice ; on lui enleva lapeaudu corps avec des cardes de fer. Il supporta celle torture avre e, et comme pi nàant le

suppliée, arriva l'heure de la prière du Schéma, c'est-à-dire : « Écoute, Israël, le Seigneur nuire Dieu esl unique, » il se mit à la réciter et mourut en prononçant le mot « unique »

(vers 13S apr. J.-C). Ses coreligionnaires furent accablés de traitements durs et avilissants. Le Nom.

ALAIN DES ILES, (Alanus arunsulus) fthéoL hist biog. et bibhog.) —

Ce théologien, un des plue grands des premiers temps de la scolaslique, tenait son surnom de sa ville natale, aujourd'hui Lille, en Flandre, alors Ryssel, (insulsc. Il naquit en 1114, entra dai^ l'ordre de' Liteaux, fntélève de S. Bernard, devint recteur de l'Université de Paris en tl.'il, puis ôvêque d'Auxerre, évéehé qu'il résigna pour rentrer dans son couvent. Il mourut en 1202 ou 1203. Il fut surnommé le docteur universel, he but principal de ses travaux fut la recherche d'une méthode rigoureusement

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mathématique de démousiration en théologie. L'ouvrage où il expose cette méthode est intitulé : De apte sancta. urticulis aatholiete fuhi, iib. S.

Le Noih. ALBANAIS, hérétiques qui troublèrent dans le Mie siècle la paix de l'Eglise, et qui parurent principalement dans l'Albanie, ou dans la partie orientale de la Géorgie. Ils renou- Yeli\:-nt la plupart des erreurs des mankhéens el des autres hârétigoée qui avaient vécu depuis plus de Irois cents ans. Li ur premiè, ■,■ ,, u .

sislait à établir deux principes: l'un bon. pêne de Jésus-Christ, auteur du bien et du Nouveau Testament; et

l'autre mauvais, auteur de l'Ancien

Testament, qu'ils rejetaient en s'insenvant en taux contre tout ce qu'Abraham et Me, .Ils ajoutaient que le monde est de toute éternité; que le Elis de iiien avait appelle un corps du ciel; que les sacivineiiis. à la réserve du baptême, sont des superstitions inutiles; que l'Eglise n'a point le pouvoir d'ex-

enmmunier, et que l'enfer est un

conte faitA plaisir. Pmtéoli . Gautier, dans sa Citron. Beogieb.

ALBERTINI (François), (Uuvl. hist.

i>"«j. et biUiuij.) — Savant Jésuite, d'une grande modestie; il fut place par la société sur la chaire de philosophie de Naples, puis sur celle de ' ! i ! " ' • Philosophe avant tout, Alberlini travaillait pour la science et non pour L'école. Le but des éludes de toute sa vie fut d'établir les harmonie:, ie la philosophie et de la théologie, et ce fut dans son ouvrage intitulé : CeroUariorum theoiogicomm exgrincipiitpkilosophicis deduatomm, qu'il consigna les résultats de ses élui ce point de vue. Cet ouvrage parut ii Naples en 1006, et à Lyon, en 1610-1616. On a encore d'Albertini divers travaux, par exemple' : Appuratm angeMeus; Wractatus plus de sancto angelo custode; Panégyriques de P. A. Spinelli, de Fr. de Paule, etc. Il mourut eu 101 0, à Naples.

Le Noir.

ALBERT LE GRAND, {théoi. hist.

biuijr. et biblioiji:) — Ce grand Domi-

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nicain du monastère de Cologne, archevêque de Ratisbonne pendant deux ans, professeur de cours publics pendant toute sa vie et auteur de 21 vol. in-folio, fut peut-être le plus illustre professeur de tous les temps.

Rejeton d'une des plus célèbres familles de l'Allemagne, les seigneurs de Bollstadt,il étudia d'abord, à Pavie, la philosophie, la médecine, les mathématiques, puis fut envoyé à Cologne pouryfaire des cours. C'est alors qu'il conçut un vaste plan, celui de mettre en harmonie la théologie chrétienne avec toutes les sciences ; de « faire contempler, disait-il, Dieu dans l'univers ; » et il poursuivit l'exécution de son plan durant soixante ans, par sa parole et par ses écrits. Il fut, à la fois, un théologien, un philosophe et un savant. Cbargé d'aller fonder des conférences à Fribourg, à Ratisbonne, â Ilildesheim, ses missions furent partout une suite de triomphes. De retour à Cologne, il attira à ses leçons une multitude de jeunes gens de tous les pays. L'université de Paris était devenue une desplus célèbres dumonde ; on l'appelait « la cité des philosophes; » Albert y fut envoyé, y prit le titre de « magister » et y ouvrit des cours; l'aftluence des étudiants fut si grande qu'il n'y eut point de local assez vaste pour la contenir ; le professeur établit sa chaire en plein air, sur la place la plus voisine de son couvent ; cette place a conservé son nom, c'est aujourd'hui la place « Maubert » par contraction de « place du maître Albert. » Un jeune moine portant la même robe, le suivait et se faisait remarquer à ses cours, près d'un autre moine, Pèrecordelier, portant le cordon de saint François ; le premier était Thomas d'Aquin, dès lors son disciple et son ami ; le second était ce Roger Bacon qui devait devenir, quatre siècles après sa mort, aussi célèbre par son génie que par ses malheurs. Beaucoup d'autres jeunes gens appelés à une grande renommée, s'y trouvaient : Vincent de Beauvais, Arnaud de Villeneuve, Michel Scot, etc. Nommé régent des dominicains, Albert retourna à Cologne, où les étudiants le suivirent.

Elevé à la diguilé de provincial de son

ordre, il visita à pied toutes les pio vinces de sajuridictiou. Appelé àRomc par Alexandre IV, il fit encore dan?

cette ville, des conférences où seretrouva Thomas d'Aquin. Bientôt il résigna sa charge de provincial, et, l'année suivante, il fut nommé à l'épiscopal de Ratisbonne ; mais les honneurs lui pesaient, et, deux années après, ij abdiquait et redevenait le simple professeur. En 1274. il fut appelé au concile de Lyon, où il comptait retrouver son ami ; mais Thumas mourait en chemin, aux environs de Terracine.

Après le concile, Albert-le-Grand reprit son professorat public à Cologne. Mais enfin, frappé d'apoplexie dans une de ses leçons, il tomba dans un état voisin de celui d'enfance, dit encore adieu à ses élèves, et mourut à l'âge de quatre vingt-troisans. Durant les trois dernières années de sa vie, il ne quittait plus sa cellule que pour aller, chaque jour, visiter sa fosse.

Il n'est pas une science qui ne soit traitée à fond dans les écrits d'Albertle-Grand. Ses grands types furent Aristote et Avicenne. « C'est par Albert surtout, dit M. Héfélé, que la philosophie d' Aristote devint prédominante dans le moyen âge, comme c'est par lui aussi que les ouvrages de science naturelle du Stagirite se répandirent et devinrent d'un commun usage, quoiqu'il ne comprit pas le grec, et qu'il ne connût Aristote que par les traductions latines (1). Ces traductions le familiarisèrent avec les ouvrages des Arabes et des Rabbins.

Quant à la théologie, il s'en tint à Pierre Lombart dont il commenta longuement les sentences. Cependant il chercha à construire un système théologique, qui lui fut propre sous le titre de Summa théologies. Outre de nombreux ouvrages de philosophie et de théologie, il composa plusieurs traités d'histoire naturelle, et il fut tellement supérieur à ses contempo-

(i) A!bert-le-Grand eut cela de commun avec saiot Augustin, que son génie devinait Aristote sur des morceaux de ce philosophe traduit dans une langue étrangère, comme celui d'Augustin, égalelement peu versé dans les lettres grecques, devina tout Platon sur des pnssnevs plus ou moins imparfaitement traduits dans up latin de la décadence. Le No b.

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rains par ses connaissances physiques et expérimentales qu'ils le regardèrent comme un homme merveilleux et un véritable magicien. »

Tous les grands esprits du moyen Age furent surtout des esprits encyclopédistes: les spécialistes sont plutôt modernes, et il faut reconnaître que la vraie philosophie, quand on la possède, conduit toujours au premier genre qui est le genre des véritables grands hommes. C'est cette qualité qui rendit si puissant et si fécond legénicdesaintThomasd'Aquin, si pénétrant celui de Roger Bacon.

Leur maître Albert les avait conduits dans celte voie. Disons un mot de ses travaux scientifiques; ce mot ne sera pas hors de propos dans ce dictionnaire dont une des principales parties est la théologie mixte. Nous aimons, d'ailleurs, à relever, quand l'occasion s'en présente, devant notre siècle orgueilleux, quelquefois à tort, les grands hommes du passé.

M. Pouchet de Rouen a présenté, dans une étude spéciale qu'il a faite d'Albert le Grand, ce génie du xiu»

siècle, comme le créateur des sciences au moyen âge. M. de Humblot a dit que son traité de la nature des lieux,

fwurrait servir de base à une excelente description physique de la terre.

Alberta laissé huit livres dans lesquels il traite des forces terrestres et du mécanisme des cieux. 11 connaît et décrit les aimants, ainsi que la boussole qu'il croit avoir été connue au temps d'Aristote et avoir été en usage cuez les phéniciens. Il avait des idées justes sur la zone torride dont on disait des choses fabuleuses, sur les climats, sur les antipodes, sur beaucoup de points capitaux concernant la surface du globe. « Toute la zone torride est habitable, dit-il, et c'est d'une ignorance populaire de croire que ceux dont les pieds sont dirigés vers nous doivent nécessairement tomber. Les mêmes climats se répètent dans l'hémisphère inférieur, de l'autre côté de l'équateur. » etc. Son chapitre sur les aérolithes est fort curieux pour le temps où il écrivait.

Dansl'explicationqu'il donne deseaux thermales, il est à peu près au niveau des modernes. Son traité des miué-

raux, sous forme de dictionnaire alphabétique, ne renferme que de simples descriptions des pierres, des métaux, des sels et des autres corps qui lui sont connus, et il ne s'y aventure jamais dans les transformations tentées par les alchimistes. Son traité des animaux, en partie tiré d'Aristote est un tableau complet delazoologie au xm' siècle. Dans la partie générale de ce traité consacrée à l'anatomie, il y a des descriptions qui ne laissent rien à désirer, par exemple celle de la colonne vertébrale, celle des muscles de la tèle, qu'il appelle les membres de cette partie du corps, celle du syslème nerveux, sortant du cerveau puis delà moelle épinière et se distribuant partout, «elle du système sanguin, etc. Ses six livres de Idphy.

sionomie sont du plus haut intérêt; la phrénologie et la craniologie modernes s'y montrent pour la première fois; l'auteur y détermine les facultés de l'aine par l'inspection des bosses du crâne et des (raits du visage. Lavater et Gall ne sont, en lin de compte, que les disciples d'Albert le Grand.

Le 20" livre de son traité des animaux a pour objet l'organisme dans la série animale décroissante, à partir de l'homme; l'auteur montre comment de l'animal le plus parfait les organes vont se simplifiant indéfiniment jusqu'au plus imparfait. Dans le 22" il ajoute aux études des anciens de nouvelles études sur les animaux des contrées boréales. Les procédés qu'il décrit sur lâchasse à la baleine sont à peu près les mêmes que ceux qui sont encoreemployés. Il passe en revue les animaux domestiques, leurs mœurs, leurs utilités, leurs maladies.

Le 23= livre est une histoire naturelle des oiseaux; il s'étend en particulier sur la fauconnerie. Le 24" traite des animaux aquatiques; le 2j« des reptiles, parmi lesquels il ne manque pas de classer les tortues, particularité remarquable, et le 26«, qui est le dernier, parle des insectes, arachnides, annélides, etc., petits animaux qu'il donne à tort comme étant privés de sang.

Albert le Grand a fait aussi un traita des plantes, dans lequel il éveille les plus délicates questions sur l'anato-

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