‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 1 (volume 3)Chapitre 96 sur 166 · VI. Ceux qui attribuent à la matière la faculté de · texte numérisé non relu

VI. Ceux qui attribuent à la matière la faculté de

Fenser, confondent la pensée avec le mouvement : on n'a jamais imaginé que la pensée et le repos fussent la mémo cliose; mais on distingue aussi clairement la pensée d'avec le mouvement que d'avec le repos. Le mouvement est le passage du corps d'un point de l'espace à un autre point : concevonsnous la pensée par cette définition ? la pensée estelle nn mouvement plus ou moins vite, en ligne droite, en ligne courbe, la rotation d'un atome sur bai-même, nn choc, une secousse on uoe combinaison de mouvements divers ? Quand on prouverait qoe la pensée ne peut naître sans un mouvement des libres du cerveau, celui-ci n'est ni la cause, ni l'instrument, ni le sujet, ni la pensée même ; il n'y a aucun rapport, aucune analog.e entre l'une et l'antre. Taot quî vous no supposerez point un principe pensant, dislingné de la matière, capable d'en apercevoir les changements ou les mouvements, tous n'aurez ni la pensée, ni rien qui en approche- Le mouvement est divisible comme la matièreil peut se mesurer, il est susceptible de plus et dé moins, nous en calculons les instants, les degrés de force et de vitesse ; il peut être accéléré ou retardé, recevoir telle ou telle direction et en changer; plusieurs forces distinctes peuvent y concourir, une seule force peut l'imprimer à deux corps par ht

et d'Aaron avaient été enterrés ea Egypte; ces deux frères, morts dans le désert , ne pouvaient donc pas être réunis, par la sépulture, à leur famille. Ces expressions nous indiquent évidemment un séjour des morts différent du tombeau.

5° David, étonné de la prospérité des pécheurs, de leur insolence et de leur impiété, avait été tenté de désespérer des récompenses de la vertu, et de regarder les justes comme des insensés. « J'ai voulu, dit-il, com- » prendre ce mystère ; j'y ai eu de la » peine, jusqu'à ce que je sois entré » dans le secret de Dieu, et que j'aie » considéré leur dernière fin. » Ps.

72, f 16. Ce scandale ne serait pas dissipé, si les uns et les autres avaient la mort pour dernière fin .

6° Salomon son fils fait la même chose dans l'Ecclésiaste ; il tient d'abord le langage d'un épicurien, qui juge que toutse termine au tombeau, que les bons et les méchants ont la même destinée. « Qui sait, dit-il,, si » l'esprit des enfants d'Adam monte

même action. Le mouvement se communique et se divise; le corps qui l'imprime e i perd à proportion de ce qu'il en donne. Rien de tout cela ne convient à la pensée : elle n'a ni instant ni degrés, elle ne peut être soumise au calcul, elle ne se communique point ; ma pensée ne peut être celle d'un outre, elle ne peut passer do mm cerveau dans le sien, elle est individuelle et identiGée avec moi. Deux esprits ne peuvent ci* mourir à la même pensée, ils ne peuvent la part iger entre eux. Il en est de même du sentiment, du jugement, du raisonnement, du. vouloir, du choix et de toutes les opérations de l'ame.

Un matérialiste s'entend-il lui-même lorsqu'il dit que le mouvement n'est point matériel, non plus que le sentimont et la pensée, mais que ce sont des accidents d'être matériels? Un accident divisible est certainement matériel, à moius que la divisibilité ne soit une propriété de l'esprit.

Vfl. Toutes les propriétés, les attributs, les accidents, les qualités de la matière sans exception, sont divisibles comme le mouvement, sont susceptibles de plus ou de moins ; l'étendue, la solidité, la figure, la gravité, l'a' traction, la prétendue força di'uertie, et telle autre qualité que l'on voudra, peuvent être divisées, se divisent en effet ; lorsqu'on sépare les parties de la masse, toutes les propriétés de la masse se retrouvent à un moindre degré dans chaenne des parties : il n'est si petit atome do matière qui n'eu soit doué. En est-il de uiê.ue de la pensée? Si le cerveau pense, il faudra dire que chacune d >s parties du cerveau pense aussi dans nn moindre degré, a une pensée moindre que le cervean entier. II y aura donc autant de pensées distinctes qu'il y a d'atomes dans le cerveau? de deux atomes pensants, l'un ne peut paB savoir si son voif Btn pense ou ne pense pas.

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» en haut, et si celui des animaux des- » cenddans la terre?.... Tous meurent » de même; les morts ne sentent ni » ne connaissant plus rien; il n'y a » plus de récompense pour eux, et » leur mémoire tombe également » dans l'oubli : bornons-nous donc à » jouir du présent, etc. » Mais bientôt il réfute ce langage impie. « Ne dites » point: Il n'y a point de Providence, » de peur que Dieu, irrité de ce dis- » cours, ne confonde tous vos projets...

» Craignez Dieu, c. 5, y 5. Il vaut » mieux aller dans une maison où » règne le deuil, que dans celle où » l'on prépare un festin : dans la pre- » mière, l'homme est averti de salin » dernière, et quoique pleindevie.il » pense à ce qui doit lui arriver, c. » 7, y 3. Parce que les méchants ne » sont pas punis d'abord, les enfants » des hommes font le mal sans crainte; » cependant, puisque l'impie a péché » cent fois impunément, je suis cer- » tain que ceux qui craignent Dieu » prospéreront à leurtour.c. 8, y H.

» Réjouissez-vous pendant votre jeu-

» nesse, à la bonne heure ; mais sa- » chez que Dieu sera votre juge sur » tout cela.c. il, f 9. Souvenez-vous » de votre Créateur dans ce temps-là » même, avant que n'arrive le mo- » ment auquel la poussière retombera » dans la terre d'où elle a été tirée et » auquel l'esprit retournera à Dieu qui » la donné, c. lï, y l et 7. Craignez » Dieu et observez ses commande- » mérita : c'est l'essentiel pour » 1 homme ; Dieu entrera en juge- » ment avec lui pour tout le bien et »Ie mal qu'il aura fait, c. 13.»

Comment les épicuriens de nos jours ont-ils osé afflrmerque Salomon pensait comme eux?

7» Elie voulant ressusciter un enfant dit à Dieu : «Seigneur, faites que » 1 Ame de cet enfant revienne dans son corps. » L'historien ajoute que 1 âme de cet enfant revint en lui et qu'Hressuscita. UIRcg.,c. 17, y 20.

Ce n'est pas le seul prodige de cette espèce rapporté dans les livres saints.

Les matérialistes ont-ils jamais cru aux résurrections ?

Nom ne connaissons pas, disent nos adversaires tonte» les propriétés de la mal. ère, il peut r avoir en elle une quai té incoonue, dout la pensée soit le résultat.

Va.o subterfuge. Il est contre la raison de supposer dans la rnalière aucune quai té connue ou inconnue qui soit ncnmpatible avec sa nature. Seloo les matérialistes mêmes, la maière, p.ir sa nature, est étendue et divisible ; il est donc impossible qu'il y ait en elle aucune quai té inélendiie et indivisible • il est impossible quaucine quai té divisible soit lé fondement ou la cause de la censée, ait aucune analogie, aui'iin rapport avec elle. La divisibilité de la substance exclu, néces airement toute qualité, tout accident, toute modification indivisible. Les possibilités, les peut être, auxquels les matérialistes ont recours pour éluder un aiguemeut qui les écrase,

•ont autant d'ab-urdités.

A quoi peo-ait donc le fameni Locke lorsqu'il a dit : Il nous est impossible de découvrir, par la contemplation de nos propre» idées, si la toutepuissa.ice de Dieu n'a poi.it donné à quelque compote de matière bien ilùposé la faculté d'aperce- Toir et de penser. Ce doute, recueilli avec tant d'empressement par nos philosophes, no leur sera

fsi d'un grand secours. Quelque disposition que on suppose dans un composé de matière, il est divisible puisq 'il est composé. Or, il y a contradiction qu'un composé divisib e soit le principe et le sujet d'une m.idilieation mdiviuble, telle qu'une pensée ou une perception. Ce n'est point borner la puissance divine d'assurer que Dieu ne peut pas faire ce qui est contradictoire ; douter s'il le peut •st une absurdité. Locke, avant de proposer son doute, devait détruire les démonstrations que noua Tenons d'alléguer.

Admettrons- nous qu'un atome simple et indivisi-

ble de matière pent penser r Nouvelles contradiction» a dévorer. Ou cet atome pense par lui-même, et •lors la faculté de penser lui est essentielle il est par lui-même indestructible et immortel : à moins que Dieu 1 anéantisse, il pensera pendant toute l'éternité : nous retrouverons dans cetntome prétendu 1 esprit dont les matérialistes ont peur. Si la pensé* lui est accidentelle, il la reçoit doned'un antre comme il eo reçoit le mouvement; il y «uracommuoieation (le pen ées comme de mouvement, mai-la pensé.) est incommunicable ; un atome pensant ne peut transmettre sa pensée 4 un autre ; un atome non pensant le peut encore moins.

Mais aucun matérialiste n'attribue la pensée à un atome particulier; tous disent qu'elle est un résultat de 1 organisation : or, l'organisat.on suppose un composé de plusieurs parties de matière.

VIII. Le pouvoir de réfléchir répugne a la nature de la matière. Non-seulement l'homme pense, ma.sil réfléchit sur ses pensées; il les compare pour former ses jngemeots, il raisonne en tirant la conséquence d* deii» jugements comparés. La pensée réfléchie est donc essentiellement accompagnée de la conscience ou du senti. nent.de la pensée même ■ c'est un acte évidemment spontané. Je suis actif et non passif quand je juge, je comparée! je raisonne Or, la matière est incapable d'un acte spontané; les matérialistes en conviennent. D'ailleurs nn mouvement ne peut se replier sur lui-même, être la con»ciencede soi-même; le mouv ment direct et le mouvement rétrograde sont deux mouvements différents la pensée directe et réfléchie est une seule et unique pensée simple et indivisible : penser et sentir que 1 on pense ne sont point deux aces différents ; il est impossible, dit Locke, d'apercevoir tans se sentit apercevant.

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