IX. L'àma est douée de la force motrice, pro
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8° Isaïe nous assure que les justes morts se reposent dans le lieu de leur sommeil, parce qu'ils ont marché droit, c. 57, ^ 1 et 2. Il suppose, c. 14, j^ 9, que les morts parlent au roi de Babylone lorsqu'il va les rejoindre, et lui reprochent son orgueil.
Tous ces écrivains sacrés que nous citons ont vécu avant la captivité de Babylone ; ils tiennent cependant le même langage que ceux qui sont venus après, comme Daniel, Esdras, les auteurs des livres de la Sagesse, de l'Ecclésiastique et des Machabées.
Cette uniformité d'expressions, de conduite, de lois, d'usages, nous parait plus capable de coustater le fait de la croyance constante des patriarches et des Juifs, qu'une dissertation philosophique sur la nature et la destinée de Yâme humaine, quandmème elle aurait été faite par l'un des enfants d'Adam.
priété incompatible arec l'inertie de la matière. Ceile-ci peut communiquer le mouvement qu'elle a reçu et non le commencer : se mettre en mouvement est un acte spoutaué contraire à la nature d'une substance passive.
Ici nous partons encore du sentiment intérieur : je sens que je remue mon bra*, ce muuvemeot lui est imprimé par un corps ou par un esprit, il n'y a pas de milieu. Un corfs ne peut se mouvoir s'il n'a reçu le mouvement d'un mitre, celui-ci d'un troisième, et ainsi à l'infini : or, ce progrès à l'iofini est absurde, nous l'avnns démontré ailleurs. Je sens d'autre part que c'est ici un mouvement commencé et non acquis ou communiqué : donc il ne vient pas d'un corps, mais d'un esprit.
Lorsqu'un corps donne le mouvement à un antre, il en perd amant qu'il e:i communique, loin de pouvoir eu augmenter la quantité; c est une loi générale et constante connue par expérience. Je sens au con'raire que la puissance qui remue mon bras ne perd rien de son activité, que je puis continuer ou finir, augmenter ou diminuer ce mouvement à mon gré ; donc le principe de ce mouvement n'est pas un corps.
Si un corps meut un antre corps, aucun des deux ne peut changer la direction qu'il a reçue ; autre loi générale du mouvement : or, je sens que je puis changer à volonté la direction du mouvement de mon bras, lui faire décrire une ligne droite ou une ligue courbe, le porter en haut, en bas, à droite, à gauche, dans tous les sens imaginable* ; donc ma force n'appartient pas à un corps, mais è un esprit.
Cette force est entièrement différente de toute force supposée daos les corps. Lorsque deux corps sont en équilibre, ils y restent constamment a moins qu'une i anse extérieure n'augmente ou ne diminue le poids de l'un des deux.
Cet équilibre consiste daus un point indivisible, le moindre excès de gravité d'un eoté le délrnit. Au contraire, quand je tien, par ma propre force un corps en équilibre, l'ellbrt que je fais est susceptible de plus et de moins; on pourrait augmenter de
Les Egyptiens, les Chananéens, les Chaldeens, les Perses, les Indiens, les Chinois, les Scythes, les Celtes les anciens Bretons, les Gaulois, les Grecs et les Romains, les Sauvages même ont cru de tout temps à l'immortalité de 1 âme. C'est sur cette tradition universelle que Platon, Cicéron et les autres philosophesfondaient l'opinion qu'ils en avaient, beaucoup plus que sur leurs démonstrations. Et des dissertateurs modernes avaient entrepris de nous persuader que, par une exception unique sous le ciel, les Juifs ignoraient profondément cette vérité, et qu'il n'en est pas fait mention dans leurs livres!
Nous convenons que chez les païens la croyance de l'immortalité de l'âme n'a jamais faitpartie delareligionpublique ; aucune loi ne re idait sacré ce dogme important ; on peuvait l'admettre ou le nier sans conséquence et sans courir aucun danger. C'est ce
qnelque chose le poids que je soutiens, et je l'emporterais encore. Je puis employer pli» .m moins de force à mon gré, quoique je ne puisse passer une certaine mesure. Eu employant toute ma force, je me fatigue, elle diminue; après une lonene résistance, le poids l'emporterait enfin sur moi. Rien de tout cela n'aurait lieu dans l'équilibre du corps: donc le principe de ma force n'est pas un • orps.
Un matérialiste qui , ose pour principe que 1 âme agit et se meut suivant des lois, comme toua les autres êtres de la nature, avance une fausset» palpable.
Quand un organiste emploie tout à la fois set doigts sur le clavier, ses pieds sur les pédales, tel yeux sur la note, sa voix pour accompagner, sa langue pour articuler îles mots, son orei le pour sentir si tout est d'accord ; est-ce une molécule de matière qui fait intérieurement la fonction de. maître de musique, qui bat la mesure, qui combine et marie ensemble les sensations, les idées, 1 1 furce motrice, qui fait, de ces différentes pièces disparate» un seul tout eu un seul concert ? Quelques matérialistes ont essayé d'expliquer, par 1 ■ mécai isme, une sensation simple ; nous verrons s'ils y ont réussi : je voudrais que, dans une dissertation savante, ils entreprissent d'expliquer, par les lois du mécanisme, l'opérât on compliquée d'un organiste ou d'un joueur de harpe ; qu'ils nous fissent sentir, nu doigt et a l'œil, qu'une portion de cerveau peut faire au mémo moment autant de fonctions différentes.
Ces preuves de la spiritualité de l'orne ne sont ni du sophisme, ni île simples probabilités, ni des réflexions nouvelles ; il est étonnant que las matérialistes n'aient pas encore pris la peine de les réfuter l'uoe après l'autre: plaignons- les de leur aveuglement, i L'homme, dit le Psalmiste, a mé- ■ connu sa propre gloire et la dignité de son être, • il s est comparé aux animaux stu ides, et s'est » rendu semblable à eux. • Psalm. 48, f 13.
Traité historique et doqmatique de ta craie Religion, tem. II, édit. de Besançon, 182U.
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qui démontre combien la religion païenne était incapable de contribuer à la pureté des mœurs, et combien les peuples avaient besoin d'une religion plus sage et plus sainte.
Lorsque Jésus-Christ parut sur la terre, la philosophie épicurienne, les fables des poètes sur les enfers, et la corruption des mœurs, avaient presque entièrement détruit chez les païens la croyance de l'immortalité de Yàmc. Malgré les arguments de Platon et de Cicèron, Juvènal nous apprend que, chez les Romains, personne, excepté les enfants, ue croyait plus à la fable des enfers. Par une vieille habitude, on honorait encore les mines ou les âmes des morts, et l'on faisait des apothéoses; mais personne ne savait ce qu'il fallaitpenscr de l'état de ces dmes. La foi à la vie à venir n'entrait pour rien dans la morale ; il ne restait à la vertu, pour se soutenir, que l'instinct de la nature et un faible pressentiment des peines et des récompenses futures. Cette même foi était ébranlée chez les Juifs par lessophismes dessaducéens ; l'on sentait le besoin d'un maître plus imposant que les docteurs de la loi et que les philosophes.
Le Fils de Dieu annonçala vie éternelle pour les justes, et le feu éternel pour les méchants; il fonda ce dogme, non sur des arguments philosophiques, mais sur sa parole, qui était celle de Dieu son Père; il le prouva non-seulement par les résurrections qu'il opéra, mais par sa propre résurrection ; il assura non-seulement la vie éternelle de l'dme, mais la résurrection future des corps. Il lit de ce dogme capital la base de toute sa morale ; par là il consola et encouragea la vertu, il ht trembler le crime, il forma des disciples capables de mourir comme lui en bénissant Dieu, et il imposa plus d'une fois silence aux frivolesobjections des saducéens.
Lorsqu'ils voulurent argumenter contre le dogme de la résurrection future, il leur dit : « N'avez-vous pas » lu ce que Dieu vous a dit: Je suis le » Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob?
» Il n'est pas le Dieu des morts, mais » des vivants. » Matth., c. 22, f 31.
En elfet, ces patriarches n'ont pas
été récompensés dans cette vie de leurs vertus et du culte qu'ils ont rendu constamment à Dieu ; il faut donc que Dieu les récompense dans une aulrevie; s'ils vivent, pourquoi ne ressusciteraient-ils pas ?
Jésus-Christ, dit saint Paul, a mis en lumière la vie et l'immortalité par l'Evangile. If Tim., c. 1, f 10. S'il n'a pas dit de la vie future tout ce que voudraient les philosophes, pour sitisfaire leur curiosité, il nous en a sullisamment appris pour confirmer la foi des justes et pour effrayer les pécheurs.
Celse et les autres philosophes ennemis du christianisme, ont tourné en ridicule le dogme de la résurrection des corps ; mais ils n'ont osé rien afiirmersurl'état desdwes après la mort : ils ont mieux aimé demeurer dans une ignorance qui favorisait leurs vices, que d'embrasserune doctrine qui les aurait excités à la vertu.
Il est trop tard, après dix-sept cents ans de lumière, de vouloir ramener les anciennes ténèbres touchant la nature et la destinée de Yàme humaine (1).
(1) I. Nom avons plusieurs preuves de l'immortalité de l'âme. La première est tirée de la croyance générale.
I. L'immortalité de l'ûme a toujours été une croyance universelle du genre humain, de l'aveu même des pins ardents ennemis du christianisme Voltaire et Bolingl.roke es conviennent expresse menu Selon ce dernier, « la doctrine de l'immorta-
• lité de l'Ame et d'un et *t futur de récompenses » et de châtiments parait se perdre daus les téne ■ bres de l'antiquité : elle précède tout ce que noua i avons de certain. Dès que nous commençons à
• débrouiller le chaos de l'histoire ancienne, ujua t trouvons cette croyance établie de la manière la i plus solide dans l'esprit des premières nations c que nous connaissions. »
L'idolâtrie elle-même est fondée en grande partie sur ce dogme. Co nTOTI aurait-on purtout rendu un culte à certains hommes, si l'on avait cru que l'homme tout entier périssait à la mort? La méteœpsychose, la nécromancie, et.mille autres superstitions pareilles, supposent également la croyance de l'immortalité de l'âme.
C'était la doctrine des Egyptiens, des Chaldéens, des Perses, des Inniens, des Chinois, des Japonais, des Grecs, des Romain», des habitants de la Ibrace, d'S Gétes, des Gaulois, des Germains, des Sarmates, des Scythes, des Bretons, des Ibères, des peuples de l'Amérique; en un mot, la doctrine de toutes les nations.
Elles ont cru également qu'après la mort l'âme subissait un jngemeut irrévocable, suivi de récompenses ou de châtiments éternels, et elles ont admis de plus l'existence d'un état iotermédiaiie, d'un
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III. De l'origine de l'âme. La croyance générale de l'Église chrétienne est que les âmes humaines sont l'ouvrage immédiat de la puissance divine, et que Dieu leur donne l'être par création. Ce sentiment est fondé tout à la l'ois sur l'Ecriture sainte, qui dit que Dieu a créé toutes choses sans exception, et sur la notion claire que nous avons de la nature des esprits.
Puisque ce sont des êtres simples, sans étendue et sans parties, un esprit ne peut être détaché de la substance d'un autre esprit; il ne peut donc en sortir par émanation, comme un corps sort d'un autre corps dans lequel il était renfermé. Ou il faut que les âmes soient éternelles et sans commencement comme Dieu, ou il faut qu'elles aient commencé d'être par création.
Cependant de savants critiques protestants prétendent que ce n'a point été là le sentiment des anciens Pères de l'Eglise ; que la plupart ont cru, comme le grand , nombre des philosophes, que les âmes sont une
partie de la substance divine , et qu'elles en sont sorties par émanation. Beausobre, en particulier, dans son Histoire du Manichéisme, 1. 6, c. 5, § 9, s'est attaché à prouver ce fait,' et il s'en est servi pour réfuter ou pour éluder les arguments par lesquels les Pères ont attaqué les manichéens. Comme cette erreur serait grossière et donnerait lieu à des conséquences très-fausses, il est bon de savoir si les Pères y sont réellement tombés.
1° Il est difficile de croire que les Pères, qui ont formellement enseigné que Dieu a créé les corps ou la matière, aient douté s'il a créé aussi les esprits ; l'un lui a-t-il été plus difficile que l'autre? Les anciens philosophes n'ont admis les émanations que parce qu'ils retenaient le dogme de la création ; dès que les Pères ont professé ce dogme, quelle raison auraient-ils pu avoir de croire l'émanation des esprits. 2° Beausobre, après avoir cité un passage de Manès, qui porte que la première âme émana du
véritable purgatoire, ainsi que Voltaire, Warburthon, le reconnaissent formellement.
Les Egyptiens mettaient dans la bouche dts mourants une prière pour demander d'être reçus dans le séjour des immortels. Il, priaient pour les morts, nomme l'a prouvé M. Mu-in par un passage de leur liturgie; ils appelaient l'enfer ameuthés. C'est Yadès des Grecs qui, à ce qu'il parait, empruntèrent d'eux jusqu'au nom du Tartare, mot qui, dans la langue égyptienne, sigoifle habitation éternelle.
« Plusieurs [ hilosoi hes, dit LelanJ, ont enseigné » l'immortalité de l'âme et un état futur de ré- > compenses et de peines. Mais il n'ont point t enseigné ce dogme rninuie une opinion qu'ils t eussent inventée, une production de leur raison, » une découverte de leur génii- philosophique, irais » comme une ancienne tradition qu'ils avaient h adoptée, et qu'ils appuyaient des meilleurs ar- » euments que leur fournissait la philosophie, i {Naiwelte démonstr. éiang., tome IV, page 129 et 130.) ' r °
Quelle était cette tradition ? que disait-elle ? Platon va nons l'appremire.
« Celui qui rigoe sur nous ayant vu que toutes » les actions humaines ont pour âme, suit la vertu
• aoit le vice, il nous a préparé différentes de- » meures selon la nature de nos actions, Iuissaut à
* notre volonté le choix entre ces demeures ui-
M verses Ainsi lésâmes portent en elles mêmeB
» la cause du changement qu elles doivent épr. uver » selon l'ordre et la loi du destin. Celles qui u'out » commis que des fautes légères descendent moins ■ bas que les âmes plus coupables; elles enent sur » la surface de la terre. Celles qui ont commis i plusde crimes, et des crimes plus grands, sont » précipitées dae s l'abîme qu'on appelle l'enfer ou
» d'un nom semblable, lieu redouté des vivants et » des morts, et dont la pensée trouble encore
• l'homme pendant son sommeil. Mais l'âme qui,
• par de continuels efforts de sa volonté, avança » dans la vertu et se corrige du vice, est trans- » portée dans un séjour d'autant plus heureux et j plus saint, qu'elle s'est plus rapprochée de la per- » fection divine; et le contraire arrive à l'âme qui, » au lieu do se corriger, s'est pervertie. Jeune î homme, tel est le jugement des dieux qui habitent » le ciel, des dieux que tu t'imagines no pas s'oc-
• cuper de toi. Les bons seront réunis aux ânies
> des bous, et les méchants aux âmes des mé-
• chants. Chacun rejoiinlia ceux qui lui ressemi blent, pour njr et souffrir selou ce qu'il est. Que
• ni lui, m aucun autre ne se [lutte d'éviter ce jui genieuldus dieux. Quuud tu pénétrerais dans les
> profondeurs de la terre, quand, prenant ton vol, s tu t'élèverais dans les hauteuis des cieux, le
> snppli o que tu as mérité l'atteindra, soit ici-bas, » soit dans les oufers, soit dans un lieu plus ter-
> rible encore, » (De leyib., lib. 10.)
Socrate enseignait : « Qu'il y a deux chemins » différents pour les âmes lorsqu'elles sortent du » corps. Colles qui, entraînées et aveuglées par les
> passion», se sont souillées de vices cachés, ou du » crimes publics, prennent un chemin détourné qui » les conduit loin do l'assemblée des dieux ; mais » celles qui, demeurant chastes et pures se sont » préservées de la cootagiou du vice, et qui ont eu » dans un corps mortel une vie toute divine, re- » tournent vers les dieux dont elles deviennent les
> compagnes. Tello est, ajoute Cicéron, la doctrine des ancnms » et des Grecs. » (Ttisculan., lib. i, c. 30.)
Qui n'admirerait l'immuable uniformité de cette doctrine et l'universalité de l'antique tradition, qui, instruisant également les peuples policés ou bar-
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Dieu de la lumière, dit qu'il ne faut pas presser ces mots, qu'ils peuvent signifier seulement que ïdme fut envoyôede lapartde Dieu ; maisdansles passages des Pères çu'i] cite, i] presse tous les mots, ou les prend dans le sens le plus rigoureux. 3" Il ne veut pas que 1 on mipule aux manichéens les conséquences qui suivaient de leur doctrine, parce que ces hérétiques les niaient; mais il a grand soin de relever toutes les conséquences des opm.ons fausses qu'il attribue aux Peies, quoique ceux-ci ne les aient ^ alS . ad , m,ses ;. Telle est sa méthode dans tout son livre. Mais voyons les passages qui lui servent de preuves-
«vT^'t , du,lo Sue de saint Justin avec Trrphon, 11. 4, ce Juif lui de-
J?1mm S1 «' -i'" 6 d - I '. b0mme cst divine et immortelle; si c'est une partie de
Jfcspnt souverain, regix mentis par-
vnit n S1 ' de même "l ue cet ESP'" voit Dieu, nous pouvons espérer de
voir en esprit la Divinité, cl d'être
ainsi heureux. Assurément, répond
saint Justin. Mais ce qui précède
1™! d ' n V ,0 ,'". '•? temps, dans ton. le, lieux, œet.a.t, * d„.|„„t »,èole» j e .tistence, | c , œé *•
et da,:. d ""n" .°"" 1 '-" 1 '"" P»ii«.p«. d'A.béne et dam celle .1 ,„i sauvage américain! PierrelUrtjrr, dan» ,n„ Sommeirf, rapport q ,',,„£"
. VI. I P .ardie.se; mai. souviens-toi q „ e
» CO p, . | UU0 ,„ oW „ r , el Wu41) .
à molT F "' e, " ,e " t J M 4 " e8 ' l8 ™» I"!»"
• molesté les autre, homme,. L'autre est claire
br.ll.ote, «destinée aux âmes de ceux qui „„J
ne. ,".", V*" ? ' e "P"' ' L « Jœtri?.. de
IMU et. t .1 accord av, c celle de ce vieux insulaire
h „.t; .T "!"' <, "° les b " n8 J " 1 "" 1 " d'"« vie
"ent toutes sorte» de tounuenls (Carb Lettres améric, t. |, p„ R . ,06.) > " • •"«"»
I.a même croyance ét.it répandue daos tout le Nouveau Monde. [Lettres auJi-., ,„„,. 1 p ,Î5 )
Plus.eur. MC f. phi Owphi ,„« . ïaie ,,,',I.e. vi çho, le. Grecs et eues le» Romain, ee dogme de Ur. n „. „,d ll i„„, que Bïnlre , ,,,„ «gJJ* d ébranler. Suivant Z.n,,,, , | le. stoïciens, il ex.ste de. ...1er. et des demeure, différeatea pour le» gens de luen et p .„• les «npies : le» premier, habitent «les région, dé.ic.eu.es et tranquilles, le» antres ex,.,cnt leur» cr.me. dans „„ , éj0lir , enébreilx „ t dan^bcmble. gouffres. (L.ctaut., DMn. Instit.,
Jlt'V '.""^•«P'enf'e», n'ose s'élever cootro cette doctrme. . Le. ehrétieus, dit-il. os.t raison de
. penser que ceux qui vivent saintement soron. ré- > compensés après la mort, el que le» méchants sus b.ront d s supplices éternels. Du reste, ce senti- • meut leur est commun avec tout la monde. • {Ortg. contra Celsum, lib. 8.) Kl c'est aussi ce <].. .roue Sejlus Empiricus. (Lib, g.)
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prouve clairement: 1» que par \'Esprfl [touwam qui voit Dieu, saint Justin entend le Saint-Esprit; 2° que
a seule question était de savoir si lame peut voir Dieu. Ainsi, la réponse affirmative de saint Justin tombe directement sur cette partie de la question, et non sur ce qui précède. Beausobre a tronqué le passage pour persuader le contraire. 3° Samt Jushn déclare, ibid., n. 4, qu'il ne croit point, comme Platon, que l'dme estincreee, iyéw n zoî, et indestructible par sa nature, non plus que le monde « Je ne pense pas néanmoins, dit-il » qu aucune âme périsse. » S'il avait avait pensé que l'âme est une portion de Dieu, aurait-il cru qu'elle peut être anéantie ? "
Dans le fragment d'un ouvrage sur la résurrection future, n° 8, saint Justin reprend ceux qui disaient que 1 ame est incorruptible , parce que c'est une partie et un souffle de Dieu ■ mais qu'il n'en est pas de même de là chair. « Serait-ce donc, dit ce Père, » une preuve de puissance ou de bon-
On » des preuves que c'était un dogme des Etrusque.; et les marbres, les bas-reliefs, les inscriptions des tombeaux, et beaucoup d'autres monuments, attestent qu'il ,,'y eut jamais de crovance plus universelle. (Extrait de V Essai tw L'indiffermee en matihe de Religion, tom. III, c. 37.)
Or, comme le dit Lelaud, . on ne voit point de conclusion plus légitime à tirer de la grande antiquité de cette doctrine que celle-ci; savoir, qo'elle fai-ait portie de la religion primitive communiquée par une révélation expres-e de Dieu aux premier. pères du genre humain, aQn qu'ils la transmissent a leur |.osté, Hé. C'est la pensée de Grotius, qui dit que la tradition de l'immortalité de l'âme passa de nos premiers pères aux natious les plus civilisées. Q»x antiquissima traditio a primis (unde enim. atwgui ?) parentibus ad populos montions pêne omnes manaoil, c. 21. Il e.t eu effet diflicile de concevoir que, dans ces premiers âges où les hommes grossiers et ignorants étaient iocapables , de I.É.re d -s raisonnements abstraits et subtils il. fussent parvenus eux-mêni s i se former des notions de la nature d'un ôlre immatériel qui devait survivre i la mort du corps, et continuer de penser .pré» la destruction des orgaoes corpore's. Comment purent-ils alois s'élever aux spéculations snhlimes et pénib es de la nature et des qualités de l'âme, qui ont embarrassé depuis les philosophes, les plus grands génies, da s le bel âg. de la science T Toutes les cooiiai-saocos des hommes se bornaient â ce qu'ils pouvaient apprendre par l'observation et l'expérience, ou par la voie de l'instruction. 11. voyaient leurs semblables mourir après avoir reçu un certain nombre d'années. Voilà à quoi se réduisait l'expérience sur la fin de l'homme; elle n'était guère propre à leur donner l'idée d'une vie futme où chacun serait puni ou récompensé selon qu'il aurait bieu ou mal vécu dans celle-ci. Ce ne
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» té de la part de Dieu, de sauver » ce qui doit être sauvé par sa pro- » pre nature, qui est une portion de » lui-même et son souffle ? Ce serait » se conserver soi-même. » Je croirais, dit Beausobre, que ce raisonnement de Justin est un argument ad hominem, s'il ne s'était, pas expliqué clairement dans sa dispute avec Tryphon. Or, nous venons de voir que cette explication est absolument contraire au sentiment de Beausobre; donc le seul but de saint Justin, dans le passage que nous examinons, est de prouver que ceux qui nient la résurrection de la chair raisonnent mal.
Tatien, son disciple, contra Grœcos, n. 7, dit : « Le Verbe divin a fait » l'homme image de l'immortalité ; » de manière que, comme Dieu est » immortel, ainsi l'homme, fait par- » ticipant d'une portion de Dieu, a » aussi l'immortalité ; mais avant de » créer l'homme, le Verbe a créé les » anges. » Il est constant que, par cette portion de Dieu, Tatien, comme
fut dooe ni par un raisonnement scientifique dont ils n'étaient pas capables, ni par l'expérience et l'observation, que les hommes parvinrent à la connaissance de l'immortalité de l'âme et d'un état futur. H ne reste plus qu'un moyen, celui de l'instruction divine ou de la révélation. C'est a la révélation qu'il faut rapporter l'origine de cette tradition universelle. Plusieurs autres païens déjà cités lui donnent une origine divine, et l'Ecriture sainte oe nous permet pas d'en douter. » Nouvelle démonstration évangelioue, page Ul,chap. 2.
II. Les biens de cetie vie sont communs aux bons •t aux méchants, indifféremment distribués aux uns et aux antres. On peut même dire qu'à cet égard les scélérats sont mieux traités que les honnêtes gens. La raison en est q ie, n'ayant en vue que ces sortes de biens, ils emploient, pour se les procurer, toutes sortes de moyens honnêtes ou malhonnêtes que les hommes vertueux ne se permettent pas. Je n'ai pas besoin de prouver cette vérité que fait voir évidemment et continuellement 1 expérience. Nos adversaires ne la contestent pas. Au contraire, ils se font de la prospérité des méchants un de leurs principaux arguments contre la Providence, argument qui véritablement Aurait de la force, si le dogme de la vie future n'eu donnait pas la solution.
D'après cette répartition des biens et des maux de la vie, égale entre les justeB et les malfa leurs, ai même elle n'est pas plus favorable à ceux-ci, nous faisons le raisonnement contraire à celui des incrédules, et bien mieux fondé que le leur. Nous disons que Dieu ne récompensant pas dans cette vie les vertus, et n'y punissant pas les vices, c'est une conséquence nécessaire qu il y ait, après la mort, un antre état où la récom euse sera accordée et le châtiment infligé; qu'il se doit à luimême cette sanction ; «t qu'il manquerait à sa sa-
saint Justin son maître, entend le Saint-Esprit; si cette portion était l'dme de l'homme, il serait absurde de dire que l'homme en a été fait participant. N° 12. « Nous connais- » sons, dit Tatien, deux espèces d'es- » prit : l'une est appelée l'dme; » l'autre, plus excellente, est l'image » et la ressemblance de Dieu. Les » premiers hommes avaient l'une et » l'autre, de manière qu'ils étaient » en partie matière et en partie su- » périeurs à la matière. » Beausobre.
liv. 7, c. 1, n. 1, conclut de ce passage que les Pères, aussi bien que les manichéens, admettaient deux âmes dans l'homme. Nouvelle fausseté ; jamais les Pères n'ont pensé que le Saint-Esprit fut une partie de l'âme humaine.
Saint Clément d'Alexandrie, Strom., liv. 6, pag. 663, et saint Irénée, liv. 5, c. 12, n. 2, se sont exprimés de même ; tous ont pensé que ïame est rendue immortelle par la vertu du Saint-Esprit, et non par sa nature, parce qu'elle a été créée : or, si
gesse, à sa bonté et à sa justice, s'il manquait à l'exercer.
1 . Il est contraire à la sages-e de vouloir une On, sons en vouloir les moyens. Dieu veut qu* l'homme fasse le bien et évite le mal, et il lu; en donne le précepte. II est donc de sa sagesse Je pourvoir & .'observât on de ce précepte, en donnant à l'homme un motif puissant, universel et toujours subsistant, d'isui.rela vertu et de s'éloigner du vice. Les motifs qui déterminent l'homme, sont le d -sir du bonheur et lu crainte du malheur : la sagesse divine exige donc qu'il soit pourvu à l'observation du précepte, en attachant le bonheur à la vertu et le malheur au vice. Mais dans la vie présente cette sanction n'est pas elfectuée ; il doit dono y avoir, après cette vie, un autre état où elle se réalise.
Dans l'hypothèse des inciédules, quel motif assex fort pourra déterminer l'homme aux saci iliees que souvent exige la pratique de la vertu ? S'il n'a d'autres biens à espérer que ceux delà vie actuelle, "son unique intérêt sera de se les procurer par toutes sortes de voies ; et comme le vice apporte souvent plus d'avantages présen'S que la vertu il aura, dans une multitude d'occasions, plus d'intérêt à commence le mal qu'a opérer le bien. Ainsi la sagesse infinie se contredirait elle-même; elle donnerait à la fois le précepte de l'ob-ervation et le motif de l'infracton ; elle mettrait le moyeu en opposition avec la fin.
2. S'il n'y a de bonheur que dans cetti vie, la bonté divine est évidemment o ■ défaut; l'existence qu'elle a donnée à l'homme n'est qu'un don funeste; les souffrances n'ont plus de dédommagement; les combats contre les passions, plus de palmes : les travaux, plus de notaires; les douleurs, plus deconsolations. Les incrédules qui relèvent, qui exaltent, qui quelquefois même exagèient les maux que «ouf-
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c'était une portion de la substance divine, elle serait immortelle par sa nature même, et serait incréée.
Saint Méthode, Sympos. Virg., pag.
74, dit que la semence humaine contient, pour ainsi dire, une partie divine de la puissance créatrice. Beausobre a supprimé ces mots, pour ainsi 'dire, qui font voir qu'il ne faut pas prendre à la lettre ce passage; il signifie seulement que l'homme a reçu de Dieu le pouvoir de procréer des enfants.
L'auteur des Fausses Clémentines, Homil. 15, u. 4 6, dit que Yame procédant de Dieu est de même substance que lui, quoique les amcs ne soient pas des dieux : c'est-à-dire, que Yame est esprit comme Dieu ; mais l'auteur ne dit pas qu'elle est une partie de sa substance.
Suivant Lactance , liv. 2, c. 13, « Dieu, ayant formé le coi-ps de » l'homme, lui souffla une ame de » source vivifiante de son esprit qui » est immortel... Vame par laquelle » nous vivons vient du ciel et de
» Dieu, au lieu que le corps vient de » de la terre. » Si cela prouve que Vame est une émanation de la nature divine, il faut attribuer cette erreur à Moïse : Lactance ne fait que répéter son expression.
Tertullien est plus obscur : selon sa coutume, en parlant de Yame il prodigue les métaphores; si l'on veut tout prendre à la lettre, il n'y pas d'erreur que l'on ne puisse lui imputer. Lib. de anima, c. 11, il dit que Yame n'est pas proprement l'esprit de Dieu, mais le souffle de cet esprit.
Il distingue l'esprit ou l'entendement d'avec Yame ; il l'appelle le siège naturel de Yame, ce qu'il y a en elle de principal et de divin, c, 12. « Cet » entendement, dit-il, peut être ob- » scurci, parce qu'il n'est pas Dieu ; » mais il ne peut être éteint, parce qu'il » vient de Dieu... Dieu l'a fait sortir » de lui par son propre souffle. »
Adv. Traxeam, c. 5. Il dit que l'animal raisonnable n'a pas seulement été fait par un ouvrier intelligent, mais qu'il a été animé de sa propre
frent les justes sur la terre, font sentir bien clairement la nécessité d'une vie différente sous l'empire d'un Dieu bienfaisant. Un maître bon doit faire le bonheur de ceux qui suivent ses ordres. Otez lavis future, quel est le bonheur que Dieu procure aux observateurs de ses cominaniements?
Est-il conforme à la bonté du Créateur, que sa créature, par l'acte le plus parfait d'obéissance et de vertu qu'elle puisse faire, détruise sod boobeur. Le comble de la perfection est de muirir pour la vertu. Si cet aote héroïque ne mène pas au bonheur, il anéantit tout celui que l'homme peut espérer.
3. Est-il juste à un supérieur qui a donné des ordres, de traiter égatement et indifféremment ceux qui les enfreignent et ceux qui les remplissent? C'est cependant ce qu'imputent à Dieu ceux qui prétendent qu'il a borné l'existence de l'homme à cette vie. Il faut même qu'ils aillent pins loin : comme le vice jouit plus souvent des agréments et des avantages de ce monde que la vertu, ils doivent, conséquemmeut à leur système, soutenir q:ie la justice divine a voulu et a établi un ordre de choses dans lequel c'est à l'infraction de ses commandements qu'elle a atlacbé le bonheur, et c'est à cause de l'observation qu'elle rend misérable. Voici le raisonnement qu'ils attribuent au dominateur essentiellement et infiniment juste : En créant un être libre, je lui ai donné des préceptes; je Ini ai ordonné de les observer, en n épargnant ni efforts ni travaux j je lui ai défendu de les violer, quelque satisfaction, quelque avantage qu'il pût y trouver; et celui qui m'aura obéi aura, pour tout prix de ses sacrifices, les peines qu'elles lui aurout causées; celui au contraire qui m'aura désobéi aura, pour unique punition, la jouissance des plaisirs qu'il se sera procurés. Malheur aux observateurs du commandement, bonheur aux iuixactaires; sa^a celui
qui se rend heureux aux dépens de ses semblables, insensé celui qui fait le bonheur public par ses privations. Voilà le système de justice divine de nos adversaires.
Concluons en trois mots. t le précepte divin de faire le bien et d'éviter le mal n'est muui d'aucun© sanction, ou il a sa sanction dans la vie présente, ou, co'iime nous le soutenons, sa sanction est réservée à une vie future. De ces trois choses la première répugne manifestement aux attributs divins; la seconde est formellement démentie par une expérience constante et évidente; reste donc la troisième.
J 'os rai donc le dire à la suite des docteurs de l'Eglise : S'il n'y a pas de sanction dans une autre vie, il n'y a pas de vertu sur la terre, il n'y a pas de Dieu dans le ciel. C'est bannir la vertu que de lui ùter ses motifs; d'est anéantir Dieu que de le priver de ses attributs. (M. Je la Luzerne, Dissertation sur la loi naturelle, chapitre 3.)
a Plus je rentre eu moi, dit Rousseau, plus je me consulte, et plus je lis ces mots grives dans mon ame ; Sois juste et tu seras heureux. Il n'en est rien pourtant à considérer l'état présent des choses. La méchaut prospère et le juste reste opprimé. Voyez aussi quelle indignation s'allume eu nous quand cette atteute est frustrée 1 La conscience s'élève et murmure contre son auteur; elle lui crie en géuiissant : Tu m'as trompé. Je t'ai trompé, téméraire, et qui te l'a dit? Ton ame est-elle anéantie? As-tu cessé d'exister? Brntusl 6 mon fila, ne souilla point ta noble vie en la finissant; ne laisse point 'on espoir et ta gloire aux champs de Philippes. Pourquoi dis-tu : la vertu n'est rien, quand tu vas jouir du prix de la tienne? Tu vas mourir, pensas-tu. Non, tu vas vivre; et c'est alors que je tiendrai tout ce que je t'ai promis.
> Si l'âme est immatérielle, elle peut survivre au
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substance. Rien n'est plus formel.
Mais il est de l'équité naturelle de juger des sentiments d'un auteur par ses raisonnements plutôt que par ses expressions. Or, Tertullien, dans son livre contre Ilermogène, qui soutenait la matière éternelle et incréée, prouve que Dieu est créateur, seul éternel, que tout ce qui existe a été créé de rien; c'est la conclusion de sou ouvrage. Ainsi, par le souffle de l'esprit de Dieu, il entend l'effet d'un souille créateur; autrement cette expression serait inintelligible. Dans son livre de anima, c. 1 , il dit qu'il a traité contre Hermogène de l'origine de l'ame, de Censu animse; qu'il a prouvé qu'elle n'est point tirée du sein de la matière, mais du souffle de Dieu: puisque ce souille est créateur, il faut que l'ame ait commencé d'être parrréation. C'est aussi ce que prouve Tertullien, c. 4. a Puisque nous sou- » tenons, dit-il, que l'urne vient du » souftle de Dieu, nous devons par » conséquent lui attribuer un com- » mencement; aussi enseignons-nous
» contre Platon qu'elle est née et a » été faite, parce qu'elle a commen- » ce.... Il est permis d'exprimer par » le même terme, être fait, être en- » gendre, recevoir l'être, puisque tout » ce qui a commencé d'être, reçoit » la naissance ; et l'on peut appeler » un ouvrier le père de ce qu'il a fait.
» Ainsi, selon notre foi, qui enseigne » que l'ame est née ou a été faite, » l'Ecriture prophétique a réfuté le » sentiment de Platon. » Or, Platon admettait les émanations des esprits, parce qu'il rejetait la création.
Ibid., c. 10 et mm. Loin de distinguer deux substances, ou deux parties dans Y âme, il réfute cette opinion comme une erreur des philosophes, » L'âme, dit-il, c. 14, estime et simple, » tout entière en soi, de suo tota est ; » elle ne peut pas plus être compo- » sée, que divisible et destructible, » etc. » Après une profession de foi aussi claire, nous ne concevons pas comment on peut accuser Tertullien d'avoir cru l'ame corporelle, et cependant émanée de la substance de
corps; et si elle lui survit, ta Providence est justifiée. Quand je n'aurais d'antres preuves de l'immortalité de l'Ame que le tri mphe du méchant et l'oppression dn jnsie on ce monde cela seulj ni' mpêcherait d'en douter 1 Une si choquante dissonance dans l'harmonie universelle me ferait chercher à la résoudre. Je me dirais : tout ne finit pas pour nous avec la vie : tout rentre dans l'ordre à la mort.
i Quand l'union du corps et de l'ame est rompue, je conçois que l'un peut se dissoudre et l'autre se conserver. Pourquoi la destruction de l'un entralnerait-elle la destruction de l'autre ? Au contraire, étant de nature si différente, ils et dent, par leur noion, dans un état violent; et quand cette union cesse, ils rentrent tons deux dans leur état naturel. La substance active regagne toute la force qu'elle employait à mouvoir la substance passive et morte. Hélas! je le sens trop par mes vi es: l'homme ne vit qu'à moitié durant sa vie; et la vie do l'ame ne se commence qu'à la mort du corps, d (Esprit et maximes de J. J. Ho>:sseav.)
TU. Les philosophes, ceux même qui ont osé attaquer le dogme de l'immortalité de l'âme, ont été forcés d'avouer qu'il est néce saire à la société. Epicure n'a jamais osé prétendre que sa doctrine pût ètir utile à la société, si elle devenait commune; il la donnait comme un mystère destiné seulement a fane la félicité d'un philosophe : comme si un philosophe n'était pins un homme I
Pline, qui ne cr >yait ni Dieu ni Providence, a cependant reconnu l'utilité de cette doctrine, t II est i avantageux, dit-il, que l'on croie que les dieux i font attention aux choses humaines ; que si les a malfaiteurs tardentsi souvent à être punis à cause i de la multitude des soins dont Dieu est occupé » ils n'échappent jamais an châtiment; que l'homme i n'a point été créé semblable à Dieu pour se rap-
» procher des brutes par ses inclinations. > (Hist. nal., 1. 2, c. 7.) v
Pompouace, qui ne s'en rendu que trop saspeet d'athéisme, dit qne, si tous les hommes étaient nés avec un excellent caractère, la beauté de la vertu et ses avantages suffiraient pour les engager tous à bien foire; mais que, comme lo très-grand nombre a de mauvaises inclinations, il a fallu, pour le bien commun, imaginer les peines et les récompenses de l'antre vie, parce que cette croyance peut être utile à tous les hommes. (De immortalitat» animas, y. 123. Voyez ire Dissertation tirée de Warburthon. p. 53, 57.)
Spinosa parle do môme, i Si tous les hommes, » dit-il, étaient d'un tempérament à ne rien souhaia ter que de raisonnable, il est certain qne, pour u vivre ensemble, ils n'auraient pas besoin dedois;
a il suffirait dolo- instruire d'une bonne morale
a Mais la nature humaine es- bien éloignée de cette d modéra ion: tous courent à leur intérêt,... et a vont aveuglément où leur appétit les entraîne... a De là vient que l'autorité et la violence sont le » maintien des sociétés, et qu'il y f iut absolument a des lois qui tiennent en bride la licence effrénée a des hommes et réprime leur insolence, u Après avoir remarqué que la crainte est un état violent et nn joug que les hommes sont toujours tentés de secouer, il ajoute: « Voilà la raison qui obligea Molso, a divinement inspiré, à introduire dans sa répua bliqne la religion, afin que le peuplo fit son devoir a plus par dévotion quo par crainte. » Eolin il dit qui' i.-liii qui n'a aucune idée -le Dieu, ni par l'histi.ii v île la révélation, ni parla lumière naturelle, s'il n'est impie et réfrartaire, est ym brutal qui n'a qui- Lo nom d'Iionnne, et qne Dieu n'a doué d'aucune bonne q taillé. (Trait, théol. polit., c. 5, traduction, pag. 134 137, Ui.)
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Dieu, et d'avoir distingué Vdme de 1 esprit ou de l'entendement. Il a seulement distingué dans l'âme les facultés et les opérations, comme la vie ou la respiration, la puissance de mouvoir ou de sentir, l'intelligence ou 1 entendement, et la volonté :
nous faisons encore de même.
Que prouve donc ce qu'il a dit en passant dans le livre contre Praxéas, où il s'agissait de tout autre chose que de la nature de ïàmel Rien du tout. On peut dire sans erreur que l'homme a été animé par le souille de Dieu, souffle créateur, émané de la propre substance de Dieu; mais ce souille a été la cause efficiente de l'dme, et non Vdme ellemême. Cent fois l'on a dit que l'dme est un souffle divin, parce qu'elle en est l'effet, et non parce que c'est une émanation de la substance de Dieu.
Nous lisons dans Job, c. 33, f 4 ; « Le souffle du Tout-Puissant m'a » donné la vie. » Les Pères n'ont rien dit de plus.
Enlin Beausobre a cité Synésius,
Bayle, qui > employé tonte» le* subtilités possibles iKHir prouver qo un- société d'athées pourrait subsister rend quelquefois homma.-e eux effets saintatres de la religion, et en avoue la nécessité, a On
• « reconnu de tout temps, dit-il, que la religion
• était un des liens de la société, et que les sujets t u étaient jamais mieux retenus dans l'obéissance
• que lorsqnon savait à propos fa re intervenir le
• """«ère de. dieux N'en déplaise à Car.lan
• Une soci.-té d'athées, incapable qu'elle serait dé > se »erv,r des motifs de la religion pour s,. ,l„ n „er
• du courag», serait bien plus facile à dissiper
• quune société de gens qui servent les dieux- et
• quoiqu'il ait quelque raison de dire que lacroyancé . de 1 immortalité de l'Ame a causé de grands dé- . «ordres dans le monde par les guerres do religion
• quelle a excitées de tout temps, il est faux . mémo à ne regarder les . hoscs que par d.-s vues' » de politique, qu'elle ait apporté plus de mal que » de bien, comme il vendait le faire accroire , {Pensres sur la comète, § 108 et 131 )
Bayle cite le traité dans lequel Plutarque a démontré aux épicuriens que la doctrine qui rejette I» providence de Dieu et l'immortalité do lame «te à I homme une infinité de consolations pendant ■a ne, et le réduit au désespoir quand il faut mourir ;et il avoue que Plutarque a prouvé ce point très-solidement. \Dict. oit., Epicnre. R.)
Il le confirme ailleurs par l'exemple de Brutus qui termina sa vie en injuriant la vertu et en se repentant de I avoir pratiquée. Ce R.wnain dit-il
• avait pas tout le tort que l'on s'imagine. . Si
• 1 on ne joignait pas à l'exercice de la vertu ces
• Mens * Tenir que 1 Ecriture froiuet aux fidèles
• on pourrait mettre la vertu et l'innocence au' » «ombre des ehoses sur lesquelles Salomon a pro- « aoncé sou arrêt définitif: Vanité des vanités et » tout est vanité. S'appuyer sur son innocence
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qui appelle Vdme de l'homme, Ut semence de Dieu; une étincelle de son esprit, la fille de Dieu, une partie de Vieu : mais c'est dans des poésies que isynésius s'exprime ainsi, et les métaphores chez les poètes ne sontpas des arguments de métaphysique. Il est absurde de les prendre à la rigueur, pendant que Beausobre ne veut pas aue l'on en agisse ainsi à l'égard des nerétiques.
Nous convenons que la question de 1 origine de l'dme est très-obscure, surtout lorsqu'on s'en tient aux notions philosophiques : il y a eu sur ce point trois ou quatre opinions différentes chez les anciens. Les uns ont cru la préexistence des dmes, comme Ongène, mais il supposait que Dieu les a tirées du néant toutes ensemble; les autres ont pensé que Dieu les a créées en détail, à mesure que les corps humains sont engendrés :
plusieurs ont imaginé que Vdme d'Adam fut tirée du néant, et que toutes les autres naissent de celle-là par voiedepropagation,ea; traduce. Quant
• serait s'appuyer sur le roseau cassé qui perce la ■ main de celui qui vent s'en servir, i [Met. crit Brutus Marc. Jun. C. D.)
En parlant des sadncéons, il observe qu'en rninant le dogme de l'immortalité de l'Sme on ôte » la religion toute sa force, par rapport à la pratique de la vertu- il le prouve par deux remarques: • L une, niln est presque pas possible de per- » stmder aux gens qu'ils prospéreront sur la terre » en vivant bien, et qu'ils seront accablés de la
■ mauvaise fortune en vivan mal; parce que » lexpé lence parait contraire : l'autre, que les or- » thodoxos peuvent se fiatter de cette espérance • tout comme les sado-éens, et qu'ayant dj plus la
■ ressource de l'éternité, ils seront plus en état de » faire influer le religion sur leur morale pra- » tique. ■ Dict. crit., Saducéens. B. Coniin. des pens. div., § 153.)
Botingbroke avoue que la doctrine des récompenses et des peines futures est propre à donner de la fon-e aux lo,s , iviles, et & réprimer les vices des particuliers. La raison, dit-il, qui ne peut pas l'admettre sut les principes de la théologie naturelle, ne doit pus la rejeter dans les p.incip.s de In boooë politique. {Œuvre-; t. V, pag • 322-489 ) . L'utilité » de maintenir la religion, et le danser de la né-
> gliger, ont été extrêmement visibles'dans toute la
s durée du gouvernement rnmain Quoique la
» religion établio par Numa fù> absurde, rependant » la crainte du pouvoir suprême, la croyance d'une » Providence qui reniait tontes choses, produisant i les mervei lem elfels que Polybe, Cicéron, Plu-
> tarque et Macliiavel leur attribuent L'oubli et
i le mépris de la religion furent la cause principale s des muux que Rome éprouva daus la suite : la s religion et l'état déchurent dans la même propors tlon. » (Tome IV, p. 328.)
Sehaft.bury, après avoir soutenu que, sans la
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au système de l'émanation des âmes hors de la substance de Dieu, c'a été celui des philosophes, et non des docteurs de l'Eglise, qui tous ont. admis ht création. Aussi saint Augustin qui, dans sa lettre i V<i à Marcel fin, et dans sa lettre ;'i Optât, compte quatre opinions louchant l'origine de Vâme, ne fuir aucune mention des émanations.
Au reste, il est faux que l'une de ces opinions soit plus commode que les autres pour résoudre les difficultés que l'on fait sur l'origine du mal moral. Les critiques protestants ne se sont obstinés à prêter aux Pères de l'Eglise le système des émanations, qui a été celui des philosophes et des anciens hérétiques, que jour avoir la satisfaction Je les déprimer, et on dirait qu'ils ont cherché à faire leur cour aux sociniens. Voyez Emanation.
Bergjer.
AME DU MONDE. Le système de
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Pyfhagora, des stoïciens et d'autres philosophes, était que le inonde est un grand tout dont Dieu est Vaine, et duquel les différents corps, comme les astres, la terre, la mer, etc., sont les membres; que Dieu est répandu dans toutes ces parties et les anime, comme noire aine vivifie et fait mouvoir toutes les parties de noire corps.
Cette opinion supposait, que la matière est éternelle; que Dieu ne Ta point, créée, mais seulement arrangée, et qu'il a ainsi formé son propre corps, qui est le monde. Quelques stoïciens poussaient l'absurdité jusqu'à dire que le monde a une âme, qui s'est faite elle-même et a fait le monde : Haltère meniem r/uœ et se et ipsum fahricata sit, Cic.,Âcad. Quœst., 1. 2, c. J7. On prétend que c'était aussi le sentiment des Egyptiens.
Dans cette hypothèse, Imites ies parties de la nature sont animées aussi bien que l'homme et que les brutes;
croyance d'un Dieu, l'himme peut sentir les avantages de la veitu et en avoir une limite idée, ajoute : e Iféamaoint il faut avouer que la pente » naturelle de l'athéi-me est trè—dilîi rente ; il
■ tend a retrancher (unie affection à co qnMy a de
■ plus aimable et «le pi is digne du l'homme. Peut-on » être porté a aimer ou ù a mirai- quelque clinse, » comme ayant rapport a l'ordre de l'univers, quand » ou regarde l'univers comme un chaos de désor- » dre? Rien n'est plus capah'e d'exciter a la
• vertu «( de di-t mrner «in vice que la présence » d'un K're suprême, témoin et juge de ce qui se h passe dans l'univers ; et c'est un grand défaut » dans l'athéisme de retrancher ce mo if... Croire
• que les mauvaise! actions, auxquelles nous » sommes entraînés par des pass ons violentas, » sont punies par la justice divine, e»t le meilleur » remède contre le vice e' le plus grand encourait pement à la vertu. » {liffctwrchcs sur le mérite de la vertu, 1. I, 3 Part., g 3.)
David Home -'est expliqué d'une manière encore » plus forte.- Ceux qui s'efforcent, dit-il, de désabu-
■ ser le genre liumain ae ces sortes de préjugés » (lie religion), sont peut-être de lions raisonneurs,
• mais je ne sunrais les reconnaître pour b ns < i- » toyjns ni po r bous polit qnes, puisqn ils affranchis - » aent les hommes d un des freins do leurs pas ions,
• et qu'ils rendent l'infraction des lois de l'équité » et de la société, et puis aisée, et plus -ûre à cet » égard.» [Essai, Œnures, tome III, png. 301 )
L'auteur de la Let re de Tara -ibule à Leuci/ipe soutient, dans un endroit, que Top nion de l'existence de Dieu ne sert de nen pour rendre les hommes meilleurs; omis dans la suite il se létracte et convient que les fictions de la vie à venir sont très-avantageuses au genre humain. « Le commun des hom- « mes, dit- il, e^ trop corrompu et trop insensé pour » O'avoir pas besoin d'être conduit a la pratique des i» actions vertueuses c'est-à-dire à la société, par
■ iespnirde ta récompense, et détourné des actions » criminelles par la crainte des châtiments. C'est lace > qui a donné naissauceaux lois; mais, comme ces
i lois ne punissent ni ne récompensent les actions i secrètes, et que dans les sociétés les mieux réglées » les coupable» puissants et accrédités trouvent le
■ secret de lus éluder, il a fallu imaginer un tribu- • nal plus redoutable que celui dn magistrat. On a » supposé q.i'à la mort uous entrions dans une nou- » velle vie, etc... Cette opinion, sans d .rite, est le
■ plus ferme fondement des sociétés ; c'est elle qui » porte les hommes ù la vertu et les détourne du
■ crime.» (Lvtt eue lhraih»l", p. Iu9 et2Ô2.)Toland, dans ses l.rvi rx 'philosophiques, dit la môme chose. ( Seconde lettre, S 13, p. 80.)
Dans les Nouoetlen libertés de penser (p. 150 et 151), un philosophe, après avoir attaqué l'existence de l'àme et I existence de Dion, soutient quo la morale n'est fondée que sur l'ainonr-propre, et finit par ces mots : a Ce n'es' pas que cette morale
■ ne fût dangereive en général; elle n'est bonne » à p ècher qu'aux bonuét**s gens, et le peuple > ne serait pas arrêté par ce sentiment délicat de » l'amour-propre ; mais est-ce la finie de la mo-
■ raie ?» Et quelle inorale plus r autive que celle qui ne convient pas au peuple et qui est dangorense en général?
L'auteur du Système de la Nature observe que, « dans une société nombreuse, fixée et civi- » lisée, les besoins venant a ;e multiplier et les n intérêts à se croiser, l'on est obligé de recourir
■ a dos goiiv« moments, à des lois, h des cultes pu-
■ blics, à des systèmes u îformes de religion, pour i maintenir la concorde ;... qu'ainsi peu à peu la » morale et la politique >e trouvent h. -es au sys-
■ tèrae religieux. » [Sy t. de la Aat.. t. II, ch. 13, pag. 377-379 )
On demandera peut-être comment, après de pa- . rails aveux, de préfen&js zélateurs des intérêts de l'humanité osent écrire contre la croyance d'une autre vie. Ce n'est point à nous rie répondre; c'est aux lecteurs judicieux de leur rendre la justice qui leur est due. Extrait du Traite de la religion* tom.I, p. 229, édition de Bonu^on, I8i0. 7. l'art, ÀTaâisMK. GoutsfcT.
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toutes les rîmes particulières sont des portions détachées de la grande âme qui meut le tout ; elles vont s'y réunir , lorsque le corps particulier qu'elles animent vient à se dissoudre.
Combien d'erreurs les anciens philosophes ont soutenues, faute d'admettre le dogme de ta création I
Les athées modernes et les matérialistes , afin de tourner notre croyance en ridicule, ont dit que, sous le nom de Dieu, nous n'entendons rien autre chose que Vame du monde, ou l'univers animé ; qu'ainsi nous retombons dans l'erreur des stoïciens ; que, comme eux, nous adorons la nature et rien de plus : c'est ce qu'ils appellent le panthéisme.
S'ils voulaient être de bonne foi, ils conviendraient au contraire que la révélation sape cette erreur par le fondement, en nous enseignant que Dieu a créé le monde : le panthéisme est absolument incompatible avec le dogme de la création.
1° Les pythagoriciens et les stoïciens supposent, les uns, l'éternité du monde; les autres, l'éternité de la matière : dans l'hypothèse de la création, rien n'estéternel que Dieu; tous les autres êtres ont commencé, et Dieu les a tirés du néant par son seul vouloir. lia dit, et tout a été fait. 2° Selon la doctrine des stoïciens, Dieu, identifié avec le monde, n'était pas libre d'en diriger les mouvements à son gré , il était soumis aux lois éternelles et immuables du destin : la providence n'était autre chose que la chaîne successive et nécessaire de ces mêmes lois. C'est par là que ces philosophes se flattaient d'absoudre la providence des maux de ce monde. Vainement des critiques anciens ou modernes ont cru adoucisla roideur du destin, en disant que Dieu a commandé une fois, qu'ensuite il obéit toujours : semper paret, semtl jussit. S'il a commandé librement une fois, il est responsable des conséquences de sa propre loi ; s'il l'a fait nécessairement, c'est plutôt une obéissance qu'un commandement. Suivant la doctrine de nos livres saints, Dieu gouverne le monde aussi librement qu'il l'a créé ; il suspend, quand il veut, l'effet des lois
qu'il a lui-même établies ; il pourrait anéantir le monde, sans rien perdre de son être; et avec un peu de réflexion, il est aisé de justifier sa providence.
3° Dans l'hypothèse de Yame du monde, Dieu n'est point un être simple ; non-seulement il est composé d'un corps et d'une amc, mais toutes les âmes des hommes, des animaux, des éléments, ne sont que des parties de la grande âme qui donne la vie au tout. De là il résulte que tous les êtres en mouvement sont autant de dieux particuliers, aussi dignes d'être adorés les uns que les autres.
C'est le fondement philosophique de l'idolâtrie. Aussi dans le Traité de Cicéron, de Nat. Bcor., 1. 2, le stoïcien Balbus s'efforce de prouver que chaque partie du monde est Dieu; qu'elle est animée, douée d'intelligence et de sagesse, adorable par conséquent.
4° De là il s'ensuit que Dieu est corporel, qu'il est le sujet de tous les changements qui surviennent dans la nature, que l'un des membres de Dieu périt lorsqu'un corps se dissout, etc. C'est l'objection que l'épicurien Velléius fait aux stoïciens, ibid., 1. ^, et qu'Origène répète contre Celse, 1. 1 , n. 20. Vainement Beausobre observe que Pythagore niait cette conséquence ; qu'il soutenait que la nature divine est une et indivisible :
l'opiniâtreté d'un philosophe à soutenir des contradictions ne l'excuse point. Aucun de ces inconvénients n'a lieu dans l'hypothèse de la création.
5° Dans celle de Pythagore et des stoïciens, on ne conçoit pas mieux la spiritualité des âmes que celle de Dieu ; toutes sont des parties de la grande âme, de laquelle elles ont été détachées, dont elles sont sorties par émanation, et à laquelle elles doivent se réunir et s'y confondre, comme une goutte d'eau qui retombe dans l'Océan. Les esprits ont-ils donc des parties, etc. ? Beausobre emploie inutilement toute son industrie pour sauver encore cette absurdité. Il peut avoir raison de soutenir que ce n'est point là le spiuosisme ; mais c'est du moins une erreur qui en approche beaucoup .
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6° Lésâmes réunies, après la mort du corps, à la grande âme de l'univers, n'ont plus d'existence individuelle et personnelle ; elles sont incapables de plaisir et de douleur, de récompense et de punition : supposé le destin, elles sontdans tous les temps privées de sa liberté ; ce système détruit donc toute morale raisonnée.
Le dogme de la création fait disparaître toutes ces absurdités. Dieu, pur esprit, est un èlre simple ; il a créé les âmes aussi bien que les corps, il les a douées de liberté, et leur a donné des lois ; il les punit ou les récompense éternellement, selon leurs mérites.
L'àme du monde est donc une rêverie philosopbique qui n'a rien de commun avec la doctrine révélée ; c'est une erreur inévitable, dès que l'on n'admet point la création. Mais le peuple n'a jamais eu connaissance de cette absurdité ; aucun peuple n'a élevé des autels à l'âme du monde. Les païens supposaient autant d'urnes particulières dans l'univers qu'il y a d'êtres qui paraissaient animés ; ils adoraient ces intelligences particulières, parce qu'ils les croyaient douées de connaissances et de forces supérieures à celles de l'homme, et ils nommaient ces esprits les immortels. Les patriarches et les Juifs .ont adoré le Créateur du monde, et l'ont adoré seul ; ils lui ont attribué une providence générale sur tous les êtres, et une providence particulière à l'égard de l'homme ; nous l'adorons comme eux, nous avons la môme foi que Dieu a daigné enseigner à notre premier père.
Quelques déistes ont voulu justifier l'opinion des stoïciens : dans ce système, disent-ils, il n'y a qu'un seul Dieu auquel se rapportait tout le culte que les païens rendaient aux différentes parties de la nature ; on a donc tort de les accuser de polythéisme. Fausse réflexion.
En premier lieu, il était absurde d'adresser un culte à un être assujetti aux lois suprêmes du destin : lois immuables, auxquelles les bonnes ni les mauvaises actions des hommes ne pouvaient rien changer. Les stoïciens disaient que les dieux d'Epioure étaient
absolument nuls ; qu'il était ridicule de les honorer, puisqu'ils ne se mêlaient point des choses d'ici-bas ; mais les épicuriens pouvaient leur rendre le change, en soutenant qu'il était ridicule d'adorer des dieux soumis à la fatalité puisqu'ils ne pouvaient faire de bien ni de mal aux hommes que ce qui était déterminé par un immuable destin. Si Dieu n'est pas libre dans les décrets de sa providence, toute religion est superflue.
En second lieu, il n'est pas vrai que le culte rendu aux différentes parties de la nature fût adressé à la grande âme de l'univers. Un païen qui adorait le soleil et qui le croyait animé, était persuadé que l'âme de cet astre voyait et connaissait le culte qu'il lui rendait, lui en savait gré, et pouvait lui faire du bien ou du mal. En général les dieux n'ont été adorés que parce qu'on les supposait intelligents et puissants, susceptibles d'amitié ou de colère. C'est donc à l'âme ou à l'esprit logé dans le soleil que le culte se terminait, sans remonter plus haut ni sans aller plus loin. On n'a jamais cru que le soleil ou tel autre dieu attendait les ordres de la grande âme de l'univers, pour faire du bien ou du mal aux hommes. Il y avait donc réellement autant de dieux indépendants les uns des autres, qu'il y avait d'être animés dans la nature. Si ce n'est pas là le polythéisme, comment doit-on nommer cette croyance.
En troisième lieu, l'amed'un homme n'était pas moins une porlion de la grande âme de l'univers, que l'âme du soleil, de la lune, d'un fleuve ou d'une fontaine ; on devait donc lui rendre un culte aussi bien qu'à tous les autres êtres : nous ne voyons pas pourquoi un héros, un homme puissant et bienfaisant ne méritait pas un culte religieux pendant sa vie, aussi bien qu'après sa mort. Ce même système ne tendait pas à moins qu'à justitier les honneurs divins que les Egyptiens rendaient aux animaux. Il serait inutile de pousser plus loin le détail des absurdités qui en résultaient. Ce n'est pas sans raison que l'Ecriture sainte condamne avec tant de rigueur le polythéisme et l'idolâtrie; de quelque côté qu'on les en-
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visage, ils sont inexcusables. Voyez ces deux mots. Nouv.Démonst. évang.
de J. Leland, tom. 2, pag. 230.
Behgier.
AME, FORME DU CORPS, forma corporis, (thcol. mixt. philos, psychol.) — Voici comment nous avons toujours compris cette expression des grands théologiens du moyen âge, consacrée par plusieurs conciles et encore reprise aujourd'hui par Pie IX dans plusieurs pièces officielles.
Le mot forma nous paraît, d'abord, avoir, dans celte locution, le sens actif, comme le motamor dans amor Dei lorsque timor Ihi signifie l'amour qui consiste à aimer Dieu, qui a Dieu pour objet, et non l'amour de Dieu pour les hommes ; forma corporis équivant donc à peu près à formons corpus ; l'âme est le formant du corps, c'est elle qui informe le corps. C'est ainsi que le même mot, forme, est employé par les cordonniers pour signifier ce qui donne la forme à une chaussure, ce qui l'informe, ce qui remplace le pied pour lui donner sa manièred'être; c'est ainsi encore qu'en imprimerie on dit les formes pour signilieiTcncadrementquiiixe les planches de caractères mobiles, et les maintient dans la forme qu'elles doivent conserver entre elles pour le tirage.
Cela posé, l'âme est la forme du corps, parce que c'est elle qui fait que le corps est une personne, parce que c'est elle qui communique lapersonnalité morale.
Mais ne pourrait-on pas aller jusqu'à dire, dans un sens qui se rapprocherait de la manière dont Leibnitz comprenait et expliquait les corps, que l'âme est, d'après cette définition ecclésiastique, la substance du corps, que c'est elle qui en est le vrai substratum ?
L'autorité qui a émis la proposition ne l'a point encore interprétée suffisamment, nous parait-il du moins, pour qu'il soit interdit à un catholique d admettre ou de rejeter un pareil sens. Il suffit que le premier so t raisonnable pour qu'on puisse s'y tenir sans affirmer ni nier le second.
Voyez Vienne (Concile universel de) et Vitalisme. Le Nom.
AME
AMES(immortalitédes),(/^o/.m!a;/ philos, psychol.) V. immortalité de*