‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 1 (volume 3)Chapitre 99 sur 166 · A MO · texte numérisé non relu

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en 1677, t. II, etIII.YoirlaPatrologie de l'abbé Mignc. Le Noie.

AMORRHÉENS, peuple. Lorsque Dieu promet à Abrabam de donner à sa postérité le pays des Cbananéens, il lui dit que cette promesse ne s'accomplira que dans quatre cents ans, parte que les iniquités des Amorrhéens ne sont pas encore parvenues au comble. Gai., c. 15, y 16. Dieu accordait donc quatre siècles de délai à ce peuple pervers pour rentrer en lui-même et désarmer Injustice divine.

Bel exemple de la patience de Dieu à l'égard des pécheurs ! On peut voir les observations de M. de Gébelin sur les Ammonites, les Moabites et les Amorrhéens, Monde primit., t. VI, p. 21.

Bergieh.

AMORT (Eusèbe), (thèol. hist. biog.

et bibliog.) — Ce tbéologien allemand fleuiit vers le milieu du xviu siècle, en Bavière, et fut un des plus célèbres théologiens de cette contrée. Il était né à Ifibcruiûhle, près de Tolz, avait étudié à Munich, était entré parmi les chanoines de S. Augustin de Polling, s'était fait prêtre en 1717, et avait professé, dans son couvent, la philosophie, la théologie et le droit canon. Le cardinal Cercari l'emmena à Rome comme théologien, et Clément XII l'eut en grande faveur. En 1740, de retour en son couvent, il en fut nommé le doyen et mourut en 1775.

Il fut l'écrivain bavarois le plus fécond de sou temps, se montra toujours le défenseur de l'église et du Saint-Siège, et fonda une société savante qu'il intitula Parnassus boicus.

Le Noir.

AMOS, l'un des douze petits prophètes, était un pasteur de la ville de Thécué : il prophétisait à Béthel, où Jéroboam adorait des veaux d'or; il prédit que la maison de ce prince serait menée en captivité, s'il persistait dans son idolâtrie. Amasias, prêtre des veaux d'or, choqué de la liberté d'Ames, l'accusa devant Jéroboam, le traitant de visionnaire et d'homme dangereux, propre à soulever le peuple contre son roi ; ce qui obligea le prophète à sortir de béthel,

après avoir prédit à Amasias que sa femme serait prostituée au milieu de Samaric, et que ses iils et ses filles périraient par l'épée. Du reste, on ignore le temps et le genre de sa mort.

Le principal objet de ce prophète est de reprocher aux Juifs des. deux royaumes d'Israël et de Juda leurs intidélités et leur idolâtrie, de leur annoncer les châtiments qui tomberont sur eux et sur les peuples voisins; mais il finit par prédire que les Juifs seront rétablis dans leur terre natale, et que le trône de David sera relevé, c. 9, y 11. Les Juifs modernes abusent de cette prophétie, en se flattant qu'un jour Dieu les rétablira dans la Palestine, et y renouvellera le règne de David. Il suffit de lire attentivement le texte, pourvoir que le prophète a seulement prédit le rétablissement des Juifs après la captivité de Babylone, et que ce qu'il a dit s'est accompli pour lors.

La Bible fait mention d'un autre Xmos, père du prophète Isaïe : on en trouve un troisième dans la généalogie de notre Sauveur, rapportée dans l'évangile selon saint Luc.

Bergieh.

AMOUR DE DIEU. Moïse dit aux Juifs : a Vous aimerez le Seignenr » votre Dieu de toute votre âme et de » toutes vos forces. » Dcut., c. 6, f 4. « Dieu fait miséricorde à ceux qui » l'aiment et qui gardent ses lois; » il punit ceux qui le haïssent ou » qui violent ses commandements. »

Exod., c. 20, y 5. Cependant il y a eu des philosophes assez mal instruits pour affirmer qu'il n'y avait, dans les tables de l'ancienne loi, aucun commandement d'aimer Dieu. Nous convenons qu'en général les Juifs accomplissaient assez mal ce précepte, que le motif de leur obéissance à la loi était plutôt l'espérance des biens temporels qu'un attachement sincère à Dieu. Ce défaut fu t encore plus sensible, lorsque le saducôisme eut infecté une grande partie de la nation.

Jésus-Christ a renfermé toute sa morale dans le commandement d'aimer Dieu sur toutes choses, et le prochain comme soi-même : Dans ces

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deux commandements, dit-il , sont contenus toute la loi et les prophètes.

Matth,, c. 22, f 37; Marc, c. 12; Luc, c. 10. Il ne nous laisse pas ignorer en quoi consiste l'amour de Dieu : « Celui » qui retient mes commandements et » les observe, m'aime véritablement; » ,... celui qui ne m'aime point, ne les observe point. » Joan., cap. 14, y 21, 24.11 n'est donc point ici question de sentiments affectueux, souvent sujets à l'illusion, mais d'obéissance et de fidélité à remplir tous nos devoirs.

Les motifs qui nous portent à aimer Dieu sont sa bonté infinie, les bienfaits dont il nous a comblés dans l'ordre de la nature et dans l'ordre de la grâce, les promesses qu'il nous fait, le bonheur éternel qu'il nous prépare, ['amour qu'il a pour nous. Voyez Recon.naissance. Il n'est pas vrai que Jésus- Christ nous ait défendu de rien aimer que Dieu ; cela serait contradictoire au précopte d'aimer le prochain comme nous-mêmes ; mais il nous défend de rien aimer plus que lui. Matth., c. 10, f 37. Il veut que nous soyons prêts à tout quitter, lorsque cela est nécessaire pour le service deDieuet pour le salut du prochain; c'est le sens de ces paroles : a Si quel- » qu'un vient à moi, et ne hait pas » son père, sa mère, son épouse, ses » enfants, ses frères et sœurs, et même » sa propre vie, il ne peut être mon » disciple. » Lue., c. 14, f 26. Ce courage était nécessaire aux apôtres, il l'est encore aux hommes apostoliques ; ont-ils cessé pour cela d'aimer leur famille? En se confiant à Jésus- Christ, ils assuraient à leurs proches la protection du meilleur et du plus puissant de tous les maîtres. Aucune morale ne tend pins directement à resserrer les liens de la nature et de la société que la morale de l'Evangile.

Nous ne nous arrêterons point ici à discuter s'il peut y avoir un amour de Dieu par et désintéressé, sans aucun rapport à nous-mêmes; il nous suffit de savoir que notre plus grand intérêt pour ce monde et pour l'autre est d'aimer Dieu, et qu'un cœur assez ingrat pour ne pas aimer Dieu, n'est pas fort disposé à aimer les hommes.

Voyez. Chaiuïé. Bergier.

AMOUR DU PROCHAIN. Lorsque Jésus-Christ nous commande dans l'Evangile d'aimer notre prochain comme nous-mêmes, il explique trèsclairement en quoi doit consister cet amour. « Faites aux autres, dit-il, ce que » vous voulez qu'ils vous fassent. »

Matth., c. 7, jM2; iMC -> c - 6 > > 32 - Il ne nous ordonne point d'avoir pour tous les hommes les sentiments tendres et affectueux que nous avons pour nos amis, mais de leur témoigner de la bienveillance par des effets La douceur, la complaisance, l'indulgence, la commisération, les secours, les conseils, les services : voilà ce que nous exigeons de nos semblables, et ce que nous leur devons.

Comme les Juifs entendaient assez mal ce commandement de la loi, et ne comprenaient, sous le nom deprochain, que les hommes de leur nation, Jésus-Christ les détrompe par la parabole du Samaritain qui soulage un Juif blessé, dépouillé, abandonné; il leur apprenait par cet exemple qu'ils devaient regarder comme prochain les hommes même qu'ils détestaient davantage, les Samaritains. Luc, c.

Le commandement qu'ajoute Jésus-Christ d'aimer nos ennemis, dans ce sens, n'a donc rien d'injuste ni d'impossible. Ce sont des hommes, ils ont droit à tous les devoirs d'humanité. Les anciens philosophes regardaient la vengeance comme un droit naturel: notre divin Maitre la réprime, en nous assurant que Dieu ne nous pardonnera point nos fautes, si nous ne les pardonnons nous-mèmej à ceux qui nous offensent, ilatlh., c.

6, f 14 et 15. Si cette leçon n'était pas assez claire, que pouvons-nous opposer à l'exemple de Jésus-Christ mourant, qui demande pardon à son Père pour ceux qui l'ont crucifié?

Bergier.

AMOUR-PROPRE, amour de nousmêmes. Un peu de réllexion suffit pour nous faire comprendre le vrai sens des maximes de l'Evangile, quil condamnent l'amour-propre, qui nous* ordonnent de renoncer à nous-mêmes et de nous haïr nous-mêmes. Quoi qu'en disent les incrédules, ces maxi-

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ximes ne sont ni absurdes, ni impossibles à suivre. L' amour-propre, pour peu qu'on le flatte, est nécessairement aveugle et injuste, et il trouve tôt ou tard sa punition en lui-même.

Un nomme qui s'aime à l'excès, qui rapporte tout à son propre intérêt, qui veut une préférence exclusive, qui ne sait rendre justice à personne, devient l'ennemi de tous; plus il est sensible et chatouilleux, plus il est aisé de le mortifier et de le chagriner. Combien d'hommes célèbres se sont rendus malheureux parla! Us avaient beau s'enivrer d'encens et d'éloges, la moindre censure, le plus léger trait de satire suffisait pour les mettre en fureur, pour troubler leur repos, pour empoisonner leur vie.

S'ils avaient su réprimer et modérer l'amour-yropre, ils auraient été heureux.

Il n'y a rien d'outré dans le tableau que saint Paul a tracé de cet odieux caractère : « Il viendra, dit-il, des » hommes amoureux d'eux-mêmes, » ambitieux, hautains, superbes, vio- » lents, ennemis de leur propre fa- » mille , ingrats et méchants, sans ï affection, incapables d'amitié, ca- »lomniateurs,débauchés,querelleurs, » durs envers tout le monde, perfides, • insolents, orgueilleux, ennemis de Oieu et de » leurs semblables. » II Tim., c. 3, y 2. L'on pourrait peutêtre en citer un plus grand nombre d'exemples dans notre siècle que dans aucun autre. V. Abnégation, Halne.

Beegier.

AMPÈRE (André-ftIarieJ,(M<?oZ. hist.

biog. et bibliogr.) — Nous avions d'abord conçu le projet de donner des monographies, surtout bibliographiques, de tou s les savants illustres ; cette , partie de notre théologie historique au- : rait servi, au point de vue del'histoire, de pendant à notre théologie mixte; j ces savants auraient formé deux classes : celle de ceux qui, résistant aux courants matérialistes de leur siècle, auraientprésenté une vie etdes œuvres plus ou moins aooentuées dans le sens religieux, et oellede ceux qui auraient exercé par leur exemple et par leurs écrits une influence contraire.

Nous aurions signalé les premiers

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commedesamis, les autres comme de»

ennemis et aurionsdonnèlesmonoffra- H e J^ comme on ^ûne, dans 1 ordre théologique proprement dit lesmonographies des théologiens célèbres d une part et celles des hérétiques célèbres d'autre part. Mais, le cadre dans lequel nous nous somme»

trouve circonscrit nous ayant forcé de renoncer à ce plan, — h nous aurait fallu pour l'exécuter, quelques volumes de plus ûous avons pris le parti de donner seulement quelques notices biographiques et bibliographiques très-abrégées sur les plus grandes célébrités de l'histoire des sciences, surtout de notre pays et de notre siècle en particulier.

Nous croyons devoir accordera celui qui a découvert les courants électrodynamiques, une place d'honneur en considération des sentiments religieux qui! a professés toute sa vie et auxquels il n acessé de conformer sa pratique Ne en 1773 à Polemieux, près de Lyon, il fut successivement professeur de mathématiques et de physique à. Bourg et à Lyon, répétiteur d'analyse à l'école polytechnique, professeur de physique au collège de France, enfin inspecteur général de l'Université. Depuis 1814, il faisait partie de 1 Institut. Il est mort en 1830.

M. Ampère assistait à la messe chaque matin, et se faisait un honneur de la servir, ce qui lui arrivait très-souvent. M. Ampère peut d'ailleurs être considéré comme l'inventeur principal de la télégraphie électrique, puisque ses courants le long de fils métalliques électrisés ont été le moyen pratique de la réaliser. Le Noia.

AMPHILOQUE (S.), (théol. hist.

biog. et hibliog.) — Né en Cappadoce, il devint évèque dlconiimi par l'élection populaire et métropolitain de Lycaonie. Il brilla au u e concile de Constantinople, poussa Constantin contre l'arianisnie et fut l'ami de saint Basile le grand et de saint Grégoire de Naziauze. Quand saint Jérôme fit son Catalogue des écrivains ecclésiastiques, en 383, Amphiloque vivait encore. Les anciens Pères et même des conciles en grand nombre citent des fragments de ses ouvrages. Le P. Combefis pu-

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blia, en <6t4 à Paris, ces extraits avec ses autres ouvrages conservés. M. Héfélé en parle comme il suit :

« Huit sermons, un Poème à Sélemus sur les livres sacrés, et une Biographie de saint Basile ; mais l'authenticité de tous ces ouvrages est douteuse , et Oudin les attribue à Amphiloque, métropolitain de Cyzique, contemporain de Photius (I). D'autres, Dupin, par exemple, considèrent le Poème sur les livres sacrés comme une œuvre de saint Grégoire de Nazianze, et la Vie de saint Basile, d'ailleurs remplie de fables, comme le pastiche d'un Grec très-postérieur. Parmi les Sermons, les quatrième et huitième surtout sont taux. Mais la Lettre synodale qu'écrivit S. Amphiloque pour défendre la Doctrine orthodoxe de la Trinité, et que Gotelier a réimprimée dans le deuxième volume de ses Monumenta Ecclesix Grxcx, p. 98, est très-authentique. Toutes les œuvres de saint Amphiloque se trouvent dans le sixième volume de la Bibliotheca Gallandi.

Les trois Lettres canoniques de saint Basile à Amphiloque sont célèbres ; Molkenbuhr et Binterim en ont, sans motif suffisant, rejeté l'authenticité. »

Le Nom.

AMSCHASPANDS ET DARVANDS, (théol. mixt. scien. hist. parsism . ) C'est ainsi que sont nommés dans la religion des Parsis, les bons et les mauvais anges. Le Zend-Avesta parle beaucoup de ces êtres qui ne sont ni hommes ni dieux, mais de véritables anges et de vrais démons tels à peu près que nous les concevons dans le Christianisme. La notion des anges existe dans tous les cultes; mais elle y est souvent altérée en ce sens que les anges sont presque toujours confondus avec la divinité. Dans la théologie des mages cette confusion n'existe à aucun degré. On y distingue beaucoup de catégories d'anges, par exemple les bons et les mauvais qui viennent d'être nommés, les izeds, les férouers etc., mais jamais ils ne sont assez agrandis pour ressembler & Ormouzd, ni assez rapetisses pour devenir des hommes. Comment ex-

(0 Comment. de$cHptor. eeclet., t. H, p. Î16.

pliquer l'accord de tous les peuples sur cette notion plus ou moins pure des anges sans une tradition primitive partout la même, et comment expliquer une telle tradition sans l'unité originelle de l'espèce humaine.

Le Nom.

AMSDORF {Nicolas d'), {théol. hist.

biog. et bibliog.) — Il fut un des partisans les plus chauds de Luther, qui n'était son aine que de quelques mois, et son intime ami, à tel point qu'on le disait « plus luthérien que Luther.»

On le trouve avec Luther à la discussion de Leipsig en 1519, à la diète de Worms en, 1521, et à sa suite pour la Wartbourg. Il prit part aux conférences de Ratisbonne, et devint évèque de Nuremberg, ordonné par Luther, qui se réjouit à cette occasion « d'avoir consacré un évêque sans saint chrême, mais aussi sans beurre , graisse, lard, encens, goudron, ni charbon » (1).

Il dut pourtant se retirer après que Charles-Quint eut vaincu les ligueurs, un an après la mort de Luther, mais il garda son titre d'évêque toute sa vie, et ne cessa d'être le luthérien le piuszélé,luttantcontre les théologiens protestants, dits adiaphoristes, qui faisaient des concessions. Il mourut à Eisenach en 1565, âgé de 82 ans.

« Quoique adversaire passionné des bonnes œuvres, dit M. Héfélé, Amsdorf était plus que tous les autres réformateurs enclin à l'ascétisme ; il resta célibataire et conserva toujours dans sa chambre à coucher un cercueil qui devait lui rappeler la mort. »

Amsdorf avait aidé son ami dans la traduction de la Bible. Le Nom.

AMSDORFIENS. Secte de protestants du seizième siècle, ainsi nommés de leur chef Nicolas Amsdorf, disciple de Luther, qui le fit d'abord ministre de Magdebourg, et, de sa propre autorité, évêque de Nuremberg. Ses sectateurs étaient des confessionistes rigides, qui soutenaient que non-seulement lesbonnes œuvres étaient inutiles, mais même perm-

it) Œuvr. de Luther, édit. do Walch, t. ITH p. 423.

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cieuses an salut : doctrine aussi contraire au bon sens qu'à l'Écriture, et qui fut improuvée par les autres sectateurs de Luther. Voy. Lptijértens.

Bergier.

AMULETTE, préservatif. On appelle ainsi certains remèdes superstitieux que l'on porte sur soi, ou que l'on s'attache au cou, pour se préscrverde quelque maladie ou de quelque danger.

Pour remonter à l'origine de cet usage, il faut se souvenir que, selon la croyance des païens, les enchanteurs, les magiciens, les sorciers, par de certains charmes, par des paroles ou par des caractères, pouvaient envoyer des maladies ou d'autres malheurs aux personnes auxquelles ils voulaient nuire; que, par d'autres paroles ou par d'autres ligures, on pouvait arrêter leur pouvoir et rendre leur malice inutile; qu'ainsi des médailles, des morceaux de vélin ou de parchemin empreints de certains caractères, étaient un remède ou un préservatif assuré contre toute espèce de maladie et d'accidents.

Lucien, dans son Philopseudês, a fait de sanglantes railleries de cette absurdité. Voy. Charme. Les Grecs les nommaient phylactères, préservatifs; les Latins, amolimentum, ou amoletum, du verbe amoliri, détourner:

d'où nous avons fait amulette, qui a le même sens. Les Orientaux les appellent talisman, et selon l'opinion commune des Arabes, un magicien, par sonlalisman, peut opérer des prodiges.

C'est quelquefois une pierre précieuse, une pierre tirée du corps de quelque animal, ses os réduits en poudre, le signe d'une planète ou d'une constellation, une langue de parchemin, de plomb ou d'étain sur laquelle sontécrites certaines paroles, une figure obscène, etc. Sur ce point, les hommes, dans tous les temps et dans tous les lieux, ont poussé la faiblesse et la crédulité à un excès incroyable. Les anciens avaient surtout grand soin de pendre une amulette au cou des enfants, pour leur servir de préservatif contre les regards des envieux; l'on supposait qu'à cet âge ils

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étaient plus sujets aux maléfices et aux enchantements que les adultes; que le simple regard d'un ennemi jaloux, ou d'une vieille, pouvait les fasciner.

Comme cette erreur vient d'un attachement excessif à la vie, et d'une crainte puérile de tout ce qui peut nous nuire, le christianisme n'est pas ' venu à bout de la détruire universellement. Des les premiers siècles, les ' conciles et les Pères de l'Eglise défendirent aux fidèles ces pratiques du paganisme, sous peine d'anathème. Ils représentèrent que l'usage des amulettes était un reste d'idolâtrie, ou de la confiance que l'on avait aux prétendus génies gouverneurs du monde, une espèce d'apostasie de la foi chrétienne, un défaut de confiance en Dieu, un préjugé aussi ridicule que celui des païens, qui attend: ient du secours d'une statue muette et insensible. Thiers, dans son Traité des Superstitions, l re part., liv. S, c. 1, a rapporté un grand nombre de passages des Pères à ce sujet, et les canons de plusieurs conciles.

C'est aux médecins de décider si des poudres, des plantes, des préparations chimiques, renfermées dans" des sachets et portés sur la chair, peuvent ou ne peuvent pas être des préservatifs contre certaines maladies. Une vaine confiance à ces sortes de remèdes ne tire à aucune conséquence contre la religion ; il n'y a point de superstition, lorsqu'on ne leur attribue qu'une vertu naturelle, vraie ou fausse. Il n'en est pas de même lorsqu'on porte sur soi des choses qui par leur nature ne peuvent avoir aucune vertu, et que l'on se persuade cependant qu'elles procurent du bonheur ou détournent quelque danger; c'est le cas de ceux qui espèrent de gagner au jeu, lorsqu'ils ont sur eux de la corde d'un pendu, etc. Cette confiance est non-seulement une absurdité, mais une impiété, puisqu'elle suppose qu'il y a sur la terre un autre pouvoir surnaturel que celui de Dieu, qui peut nous faire du bien ou du mal. On pourrait excuser celte erreur par la faiblesse d'esprit de ceux qui y tombent, si elle n'était pas ordinairement accompagnée d'opiniâtreté.

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Une autre question est de savoir si c'est une superstition de porter sur soi des reliques des saints, une croix, une image, une chose bénite par les prières de l'Eglise, comme ï'Agnus Dei, etc., et si l'on doit mettre ces choses au rang des amulettes, comme le prétendent les protestants. Nous convenons que si l'on attribue à ces choses une vertu surnaturelle de nous préserver d'accident, de mort subite, de mort dans l'état du péché, etc., c'est une superstition. Elle n'est pas du même genre que celle des amulettes, dont le prétendu pouvoir ne peut pas se rapporter à Dieu ; mais c'est ce que les théologiens appellent vaine observance, parce que l'on attribue à des choses saintes et respectables un pouvoir que Dieu n'y a point attaché.

Un chrétien bien instruit ne les envisage point ainsi; il sait que les saints ne peuvent nous secourir que par leurs prières et par leur intercession auprès de Dieu ; c'est pour cela que l'Eglise a décidé qu'il est utile et louable de les honorer et de les invoquer. Or, c'est un signe d'invocation et de respect à leur égard, de porter sur soi leur image ou de leurs reliques ; de même que c'est une marque d'affection et de respect pour une personne que de garder son portrait ou quelque chose qui lui ait appartenu. Ce n'est donc ni une vaine observance, ni une folle confiance d'espérer qu'en considération du respect et de l'affection que nous témoignons à un saiut, il intercédera et priera pour nous.

De mêrneunecroixn'apar elle-même aucune vertu, mais c'est le signe du christianisme et de notre rédemption par Jésus-Christ; porter ce signe sur nous, est un témoignage de notre foi et de notre couliance aux mérites du Sauveur; ne sommes-nous pas fondés à espérer qu'en récompense de ces sentiments il nous accordera des grâces ? C'est une prière muette dont l'Eglise nous donne l'ex»tnple; par ce signe, les premiers chrétiens se distinguaient despaïens ; aujourd'hui il nous distingue des hérétiques et des incrédules.

En portant sur nous un Agnus Dei, ou une autre chose bénite par les

prières de l'Eglise, nous attestons notre confiance à ces mêmes prières; qu'y a-t-il là de superstitieux ? L'Agnus Dei est le symbole de Jésus-Christ rédempteur du monde ; il est donc louable de le respecter et de l'aimer.

Par vanité l'on étale des bijoux et des pierres précieuses ; il nous paraît mieux de montrer des signes de religion et de piété : plus l'incrédulité aifecte de mépris pour ces signes extérieurs, plus nous devons braver ses folles erreurs et ses railleries absurdes.

On nous objectera qu'il est bien difficile de faire comprendre au peuple le véritable esprit de ces usages, le degré de vertu qu'il doit leur attribuer, et de confiance qu'il doit y donner, qu'il s'y trompe aisément, qu'il ne manque presque jamais de tomber dans l'excès et dans quelques abus.

Soit. Nous répliquerons toujours que, s'il fallait retrancher tout ce dont on peut abuser, il faudrait renoncer à toute religion et a, toute pratique de piété. Quand même les erreurs du peuple seraient inévitables, il vaudrait encore mieux qu'il excédât dans des choses respectables que dans des choses absurdes et détestables; il vaut mieux qu'il donne sa couliance à la croix qu'aune figure obscène, à l'image d'un saint qu'au signe d'une constellation, à une relique qu'au membre d'un animal, au pouvoir des saints qu'à la puissance des démous.

Ceux qui déclament le plus haut contre les superstitions, en sont-ils exempts? Tel qui se joue du pouvoir des saints, admet les influences de la fortune , tel qui dédaignerait d'avoir sur soi une relique, porte de la corde de pendu ; de graves philosophes qui ne croyaient pas en Dieu, ont cru à la magie. Voyez Magie.

Bergier.

aml'lo, ou amolo, amulus iiamalus (théol. hist. biog. et bibliog.) — ïhéologienfranc sous les Carlovingiens, et evêque, Arnolo avait été élevé à l'école d'Agobard, auquel il succéda à l'archevêché de Lyon, vers 8i0. Il se distingua dans la controverse contre Gotescalc, dans le sens orthodoxe; on a de lui Epistola ad Gotescakum; un livre

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De la grâce de la prescience de Bien.

LuResponsio ad interrogatimem cujusaam deprœscientia velprœdastinatione dwtna, lui a été attribuée, mais aussi au diacre Florus; quelques autres ouvrages sont probablement de lui.

Il mourut en 852. Le Noir

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ANABAPTISTES. Secte d'hérétiques qui soutiennent qu'il ne faut pas baptiser les enfants avant l'âge de discrétion, ou qu'à cet âge on doit leur réitérer le baptême, parce que, selon eux, ces enfants doivent être en état de rendre raison de leur foi pour recevoir validement ce sacrement.

Cemotestcomposé d'àvi, derechef, et de paitriju, ou pamu, baptiser, laver, parce que l'usage des anabaptistes est de rebaptiser ceux qui ont été baptisés dans leur enfance. Dans les commencements, ils rebaptisaient aussi tous ceux qui embrassaientleursecte, et qui avaient reçu le baptême ailleurs.

Les novatiens, les cataphriges et les donatistes, dans les premiers siècles, ont été les prédécesseurs des nouveaux anabaptistes, avec lesquels cependant il ne faut pas confondre les évèques catholiques d'Asie et d Afrique, qui, dans le m e siècle, soutinrent que le baptême des hérétiques n était pas valide, et qu'il fallait rebaptiser ceux des hérétiques qui rentraient dans le sein de l'Eglise. Voyez Rebaptisants.

Les vaudois, les albigeois, les pétrobrusiens, et la plupart des sectes qui s élevèrent au xnr 3 siècle, passent pour avoir adopté la même erreur; mais on ne leur a pas donné le nom d anabaptistes, et il paraît d'ailleurs qu ils ne croyaient pas le baptême fort nécessaire.

Les anabaptistes, proprement dits, sont une secte de protestants qui parut d'abord vers l'an 1325 en quelques contrées d'Allemagne, et particulièrement en Westphalie , où ils commirent d'horribles excès, surtout dans la ville de Munster, d'où ils furent nommés Monastériens et Munstériens.

Ils enseignaient que le baptême donné aux enfants était nul et invalide; que c'était un crime que de prêter serment etdeportcr les armes; qu'un

véritable chrétien ne saurait être magistrat : ils inspiraient de la haine pour les puissances et pour la noblesse; voulaient que tous les hommes fussent libres et indépendants et promettaient un sort heureux à ceux qui s'attacheraient à eux pour exterminer les impies, c'est-à-dire, ceux qui s'opposaient à leurs sentiments.

On ne sait pas au jnste quel fut le premier auteur de cette secte : les uns en attribuent l'origine à Carlostad, d'autres à Zuingle, etc. ; mais l'opinion la plus commune est qu'elle doit son origine ti Thomas Muneer, de Zwickau, ville de Misnie, et à Nicolas Storchon Pélargue, deStalberg, en Saxe, qui avaient été tous deux disciples de Luther dont ils se séparèrent ensuite, sous prétexte que sa doctrine n'était pas assez parfaite; qu'il n'avait que préparé les voies à la réformation, et que, pour parvenir à établir la véritable religion de Jésus-Christ, il fallait que la révélalation vînt à l'appui de la lettre morte de l'Ecriture : conséquemment ces enthousiastes se prétendirent inspirés, et communiquèrent le mêmft fanatisme à leurs prosélytes.

Sleidan observe que Luther avait prêché avec tant de force pour ce qu'il appelait la liberté évangélique, que les paysans de Souabe se liguèrent ensemble, sous prétexte de défendre la doctrine évangélique et de secouer le joug de la servitude. Ils commirent de grands désordres : la noblesse, qu'ils se proposaient d'exterminer, prit les armes contre eux, et cette guerre fut sanglante. Luther leur écrivit plusieurs fois pour les engager à quitter les armes, mais inutilement : ils rétorquèrent contre lui sa propre doctrine, soutenant que, puisqu'ils avaient été rendus libres par le sang de Jésus-Christ, c'était déjà trop d'outrages au nom chrétien, qu'ils eussent été réputés esclaves par là noblesse, et que, s'ils prenaient les armes, c'était par ordre de Dieu. Telles étaient les suites du fanatisme où Luther lui-même avait plongé l'Allemagne. Il crut y remédier en publiant un livre dans lequel il invitait les princes à prendre les

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armes contre ces séditieux. Le comte Mansfeld, soutenu par les princes et la noblesse d'Allemagne, délit et prit Muncer et Pfiffer, qui furent exécutés à Mulhauseu l'an 15'2o; mais la secte ne fut que dissipée et non détruite. Luther, suivant son caractère inconstant, désavoua en quelque sorte son premier livre par un second, à la sollicitation des gens de son parti, qui trouvaient sa première démarche dure et même un peu cruelle.

Cependant les anabaptistes se multiplièrent et se trouvèrent assez puissants pour s'emparer de Munster, en 1534, et y soutenir un siège sous la conduite de Jean de Leyde, tailleur d'habits, etqui se fit déclarer leur roi.

La ville fut reprise sur eux par l'évêque de Munster, le 24 juin 1S33. Le prétendu roi et son confident Knisperdollin y périrent par les supplices ; et depuis "cet échec la secte des anabaptistes n'a plus osé se montrer ouvertement en Allemagne.

Vers le même, temps, Calvin écrivit contre eux un traité. Comme ils fondaient surtout leur doctrine sur cette parole de Jésus-Christ, Marc . , c. 10, y 16 : « Quiconque croira et sera baptisé, sera sauvé, » et qu'il n'y a que les adultes qui soient capables d'avoir la foi actuelle, ils en inféraient qu'il n'y a qu'eux non plus qui doivent recevoir le baptême, qu'il n'y a aucun passage dans le Nouveau Testament où le baptême des enfants soit expressément ordonné ; d'où ilstiraicut cette conséquence, qu'on devait le réitérer à ceux qui l'avaient reçu avant l'âge de raison. Calvin et d'autres auteurs, fort embarrassés de ce sophisme, eurent recours à la tradition et à la pratique de la primitive Eglise. Us opposèrent aux anabaptistes Origène, qui fait mention du baptême des enfants ; l'auteur des questions attribuées à saint Justin ; un concile tenu en Afrique, qui, au rapport de saint Cypiien, ordonnait qu'on baptisât les enfants aussitôt qu'ils seraient nés ; la pratique du même saint docteur à ce sujet; les conciles d'Autun, de Mâcon, de Gironne, de Londres, de Vienne, etc.; une foule de témoignages des Pères, tels que saint Irénée, saint

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Jérôme, saint Ambroise, saint Augustin, etc.

Ainsi Calvin et ses sectateurs, après avoir décrié la tradition, furent forcés d'y revenir ; mais ils avaient appris à leurs adversaires à la mépriser. D'ailleurs Calvin, en soutenant la validité et l'utilité du baptême des enfants, contredisait son propre système, puisque, selon lui toute la vertu des sacrements consiste à exciter la foi.

On oppose aux anabaptistes que les enfants sont jugés capables d'entrer dans le royaume des cieux. Marc . , c. 9, f 14; Luc, c. 18, f 10. Le Sauveur lui-même en fit approcher quelques-uns de lui et les bénit. Or, ailleurs, c. 3, ^ S, saint Jean assure que quiconque n'est pas baptisé ne peut entrer dans le royaume de Dieu ; d'où il s'ensuit qu'on doit donner le baptême aux enfants.

Ce que répondent les anabaptistes, que les enfants dont parle Jésus-Christ étaient déjà grands, est faux ; dans saint Mathieu et dans saint Marc ils sont appelés de jeunes enfants -icjcLoTa; dans saint Luc, Ppicpn; de petits en fants ; le même évangéliste dit expressément qu'ils furent amenés à Jésus- Christ ; ils n'étaient donc pas en état d'y aller tout seuls.

Une autre preuve se tire de ces paroles de saint Paul aux Romains, c.5, f 47 : « Si, à cause dupéché d'un seul, » la mort a régné par ce seul homme, » à plus forte raison ceux qui reçoi- » vent l'abondance de la grâce et du » don de la justice régneront-ils dans » la vie par un seul homme qui est » Jésus-Christ. •>

Or-, si tous sont devenus criminels par un seul, les enfants sont donc criminels ; et de même si tous sont justifiés par un seul, lesenfants sont donc aussi justifiés par lui : on ne saurait être justifié sans la foi,- les enfants ont donc la foi nécessaire pour recevoir le baptême, non pas une foi actuelle, telle qu'on l'exige dans les adultes, mais une foi suppléée par celle de l'Cglise, de leurs pères et mères, de leurs parrains et marraines. C'est la doctrine de saint Augustin, serm. 176, De verb. Apost., lib. 3; De lib. arb., c. 23, n° 67.

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A cette erreur capitale les anabaptistes en ont ajouté plusieurs autres des gnostiques et des anciens hérétiques : quelques-uns ont aie la divinité de Jésus-Christ et sa descente aux enfers ; d'autres ont soutenu que les âmes des morts dormaient jusjusqu'au jour du jugement, et que les peines de l'enfer n'étaient pas éternelles. Leurs enthousiastes prophétisaient que le jugement dernier approchait, et en axaient même le terme.

Le sommaire de leur doctrine était « que le baptême des enfants est une » invention du démon, que l'Eglise » de Jésus-Christ doit être exempte » de tout péché ; que toutes choses » doivent être communes entre tous » les fidèles; qu'il fautaholir entière- » ment l'usure, la. dilue, et toute es- » pèce de tribut ; que tout chrétien est » en droit de prêcher l'Evangile ; que » par conséquent l'Eglise n'a pasbe- » soin de pasteurs; que les magistrats • civils sont absolument inutiles dans » Je royaume de Jesus-Christ : que » Dieu continue de révéler sa volonté » à des personnes choisies, par des » songes, des visions, des inspira- » tions, etc.» Mais il ne pouvait y avoir une croyance uniforme parmi une troupe de fanatiques ignorants, dont chaque membre était en droit de se prétendre inspiré.

Aussi à mesure que le nombre des anabaptistes augmenta, les sectes se multiplièrent parmi eux, et on leur donna ditféreuts noms, tirés ou de leurs chefs, ou de leurs demeures, ou de leurs opinions particulières, ou de leur conduite. Outre les noms de monastériens, munstériens et muncériens, ils ontélé appelés enthousiastes, catharistes, silencieux, adamistes, géorgiens ou davidiques, butites, indépendants, mclchioristes, nudipédaliens, mennonites, bockholdiens, augustiniens, libertins, dérélictiens, polygamites, simpérorants, ambrosieus, clanculaires, manifestaires, pacificateurs, pastoricides, sanguinaires, waterlandiens, etc. Les partisans de l'une de ces sectes prétendirent que, pour être sauvé, il ne faut savoir ni lire ni écrire, pas même connaître les premières lettres de l'alphabet, ce qui

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