‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 4 (volume 4)Chapitre 16 sur 96 · BIO · texte numérisé non relu

BIO

DIO

nul ne connaissait véritablement Dieu, pas plus les philosophes et les savants que le peuple. Par le Christ Dieu s'est révélé lui-même et a donné au monde la pràce et la lumière.

<i L'auteur passe, dans le chapitre 9, à la troisième question : « Pourquoi le Christianisme a-t-il paru si tard dans le inonde ? »

« Dieu, dit-il, a laissé te monde, avant la venue du Christ, à lui-même et b 9es liassions, afin que le monde reconnût qu'il ne pouvait s'aider luimême Cette conscience une fois acquise, le Christ pouvait venir, et il vint en effet payer la solde des pèches de l'homme. »

« Après avoir satisfait aux questions de Diognète, son ami l'invite (I) instamment à adopter la foi chrétienne, et lui montre les grands avantages qu'il en retirera, puisqu'il acquerra la vraie connaissance de Dieu ; qu il deviendra, par l'amour, un imitateur de Dieu ; qu'il méprisera le monde, qui ne peut rien lui donner de plus précieux que ce mépris même ; qu'il admirera les martyrs, se sentira prêt à les suivre, ne craignant plus qu'une chose, la vraie moi i. celle eh- l'âme.

« Ainsi le thème de l'auteur est épuise, et il ne manque plus que la conclusion. Mais, au lieu de cette conclusion naturelle et attendue , viennent encore deux chapitres (Il et 12) qui rentrent en quelque sorte en matière. Le chapitre II «lit que l'auteur est disciple des Apôtres et docteur des seul ils; qu'il enseigne, non une doctrine étrangère, mais la doctrine même des Apôtres, que toute intelligence cultivée recherche, Bavoir : celle que Dieu même a révélée à ses disciples par sa Parole, son Fils, le Logos éternel, apparu dans le temps, Parole qui répand la grâce et la vérité sur les Chrétiens fidèles à la foi, aux traditions et à l'Église (c'està-dire qui ne s'attachent pas aux>hérétiques). L'auteur continue, dans le chapitre 12 : » Si vous avez bien compris ce que j'ai dit, vous parviendrez au paradis, et l'arbre de la science, comme l'arbre de la vie (la

(î) Oli. (0.

vertuj, sera implanté dans votre âme.

La science et la vie (c'est-à-dire la vertu) sont inséparables. Si la sagesse a pénétré dans votre cœur, si la science est devenue vivante en vous, alors vous serez sans péché ; tout sera bien. Amen ! »

« L'authenticité de ces deux chapitres est déjà suspecte par cela qu'ils n'appartiennent plus au vrai thème île la lettre, qu'ils ne s'adaptent pas à ce qui précède. Lu outre ces chapitres s'adressent, presque toujours à plusieurs, tandis que dans le reste de la lettre c'est à Diognète seul que parle l'auteur. De plus, celui-ci prétend, au chapitre 11, qu'il parle d'après les ordre- du Logos, tandis que partout ailleurs il répond simplement aux questions d'un ami. Mais ce qui est bien plus frappant, c'est la différence de style et, de manière. I, es dix

premiers chapitres sont infiniment

plus logiques, plus clairs, plus précis dans leur expression ; les deux derniers sont beaucoup plus difficiles à comprendre, beaucoup plus verbeux et plus emphatiques. Ils se plaisent aussi à l'allégorie mystique (le paradis, les deux arbres), tandis que l'argumentation sobre et nue des précédents chapitres n'a rien de semblable. Enfin les chapitres 11 et 12 parlent en laveur de la science, yvik;;, d'une manière qui semble en contradiction avec ce qui est dit au chapitre S à la louange de la foi, -îaT'.ç. Il est par conséquenl très-douteux que les deux derniers chapitres soient authentiques. Semisch et Otto se sont nettement prononcés contre cette authenticité (1 ).

« Cette lettre offre la transition du premier degré de la littérature chrétienne au second. Ce n'est, quant à la forme, il est vrai, qu'une lettre; mais, quant au fond, c'est déjà une véritable dissertation théologique bien divisée et parfaitement combinée. La forme épistolaire va s'évanouir; elle parait à peine au commencement de la lettre, tandis que dans le reste la forme du traité théologique prévaut constamment. De plus,

(1) Conf. Héfélé, Proleg très apo^tol.

de la 3e édit. des Pa-

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DIP

cet écrit n'est plus purement parénétique ; il s'élève et arrive à traiter scientifiquement les questions les plus importantes de la théologie. Ainsi on louche ;'i l'époquedes apologies et aux œuvres scientifiques des deuxième et troisième siècle . » Le Nom.

DIOÏQUES ( Théel. mixt.scien. bolaii . ) — On nomme ainsi les plantes à Heurs unisexuées, c'est-à-dire dont les individus sont OU mâles ou femelles, ne portant sur le même pied que des Heurs à étamines (ou mâles ) ou des Qeurs à pistils (ou fem elles), tels sont le chanvre, le houblon, les ignames, etc. on sait, en effet, qu'il 3 a trois sortes de phanérogames; les hermaphrodites, dont les Heurs renferment dans la même corolle l'organe mâle et l'organe femelle, c me le pommier, le poirier

etc. ; celles qui ont sur le même pied des Qeurs des deux genres, mais séparées, comme les citrouilles ; on les nomme monoïques ; et celles qui sont dioiques, ainsi que nous venons de l'expliquer.

Si l'on ajoute les cryptogames, qui se reproduisent par sporules Y. ce mot), on enveloppe toutes 1rs plaides, d'après les parle-ans de l'homogénie qui n'admettent point que l'auteur de la nature ait employé d'autre moyen pour la produi tion de ce qui a vie. que la génération paternelle ; mais le- partisans de l'hétérogénieou îles générations spontanées pensent que, dans les petits êtres surtout, soit végétaux soii animaux, qui se révèlent a nous en si prodigieuse quantité à l'aide du microscope, Dien a aussi mis en œuvre des modes de production sans geime antécédent, sans nul provenant d'un ancêtre. Il se formerait, d'après ces derniers, dont l'ait partie M. Pouchet de Rouen, dans certains milieux, des formations primitives ,1e germes ou d'êtres vivants ipn serment ensuite capables de reproduire leurs semblables et qui loi nieraient, pur conséquent, des espèces nomelfes. Lagrande idée que nous avons de Dieu nous a toujours l'ait croire aux générations spontanées aussi bien qu'aux générations sexuelles; pourquoi Dieu n'emploierait-

îl pas les deux inodes? Et d'ailleurs, comment expliquera-t-on les origines primordiales des espèces géologiipies lorsqu'on les voit apparaître pour la première fois, après des régnes antécédents d'autres espères qui disparaissent, si ce n'est par des sortes de généiations spontanées dont Dieu sera toujours la cause, suit par un acte immédiat de sa puissance, soit par des lois qu'il aurait préalablement établies. Mais, quoiqu'il en soit de cette question, dont on s'est beaucoup occupé dans ces dernières années sans qu'il en soit résulté grande lumière, tuons, en attendant les recherches de l'avenir, une conclusion sur la similitude, en fait de génération, du règne végétal et du règne animal.

Est-ce par hasard que la nature suit ce plan général de la reproduction par les sexes ? Il y a là une pensée de généralisation qui assimile entre eux non-seule ment, les individus d'un règne, mais encore les individus des deux règnes ; les catégories qui se distinguent si bien par d'autres caractères, se fondent toutes ici dans une règle commune ; ce n'est pas notre imagination qui a créé cette généralité ; elle existe bien dans sa réalité objective — il est bien entendu quenous ne discutons pas avec K'ant sur la réalité ontologique de l'en soi des choses en dehors de nous — or, une telle généralisation réelle peut-elle s'expliquer sans une pensée univer.-elle qui a vu l'ensemble et qui en a soumis tous les détails à la même loi ? C'est un plan :

y a-t-il jdan sans concept ? V a-t-il concept sans être quia conçu?.... Vous dites que c'est l'imagination de l'homme qui a née liiru ! Dites donc aussi que c'est l'imagination de l'homme qui a créé les plans de la nature...

Le .Nom.

DIPPEL (Jean-Conrad) (Théol. hist, biog. et bibliog.) — Dippel naquit en 1(3*2 dans le duché de Darmstadt et mourut subitement près de Ilildesheim en 1734. Il s'adonna à l'alchimie et découvrit le bleu de Prvsse.

Comme théologien il combattit etdéfendittourà tour les piétistes. « Sa

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