BERGIER
DISQUE. Voyei Patèke.
DISSECTION. Théol. mixt. seien.
medic. unat.) — Pendant de longs
siècles, il lut défendu par les lois religieuses et par les lois civiles de disséquer les cadavres humains ; de telles lois si contraires aux progrès de la science et, par suite, aux intérêts de l'humanité, si déraisonnables et si Opposées aux devoirs de fraternité et de charité dans leurs conséquences, ne peuvent trouver leur excuse que dans l'horreur naturelle qu'inspirent les ravages de la maladie et de la mort,
ou dans le respect que les parents et les amis ont le droit de conserver pour les restes inanimés de ceux qui leur ont été chers ; mais la théologie censée et solide ne sa lirait les consacrer. Aussi
a-t-elle renoncé depuis longtemps à les soutenir et peut-être même ne les a-t-elle jamais soutenues.
Hippocrate ue disséqua que des corps d'animaux. On dit qu'Hérophile fut le premier qui attaqua avec le
scalpel des cada\ res humains, (iallien
ne put disséquer que des singes, et l'on
explique parla plusieurs erreurs d'anatoniie qu'on trouve dans ses œuvres, quoi qu'ileût fait faire à cette science de grands progrès relativement à son temps, (V. (I w.i.ikxj .
Morgagni et Ruisch surtout se sont rendus célèbres, quand on commença de disséquer librement dans les amphithéâtres, par des procédés d'injections, dans les artères, de liquides qu'il avaient inventés pour conserver
les corps, cl qu'on n'a pu retrouver.
Ruisch les empêchait, dit-on, de se
décolorer et de se flétrir ; on raconte
que Pierre le Grand, étant un jour
entré dans son cabinet, y aperçut un enfant mort, si bien conservé avec son sourire et sa fraîcheur qu'il l'embrassa comme il eût embrassé un enfant vivant. Il n'est pas douteux qu'on ne parvienne à retrouver ces procédés ou à en inventer de meilleurs encore peut-être. M. Chaussier à proposé des préparations mercurielles et arsenicales qui ont assez bien réussi, et MM. Suquet et Falconi, plus récemment encore, ont indiqué l'un le chlorure de zinc avec de l 'hydrosulfite de soude, l'autre un liquide dont la base, est le sulfate de zinc et qui porte son nom.
Au l'esté, les cadavres à disséquer sont tellement abondants aujourd'hui, dans les amphithéâtres des grandes villes, qu'on peut les renouveler autant iiu'il en est besoin. Toujours estil que la théologie intelligente et vraiment chrétienne quel que soit, d'ailleurs, le culte et la dogmatique qu'elle soutiendra, doit applaudir à tous les efforts de la science pratique qui doivent avoir pour résultat de rendre service au genre humain, el les encourager en prenant elle-même sous sa protection les thèses contraires aux anciens préjugés sur les matières de ce genre. Le Nom.
DISSÉMINATION. {Thêol mixt.
DIS
DIS
scien. nat. botan.) — Quand on étudie la nature, on trouve toujours que les choses ont un but, el que des moyens leur sont donnés pour atteindre ce but. N'est-ce pas la révélation la plus évidente d'un calcul intellectuel qui a précédé les choses elles-mêmes et los a réalisées pour une lin préconçue ? On en trouve un exemple frappant dans les graines des plantes. Le système admis par le préordinateur est celui de la reproduction par la semence : voilà le plan adopté ; il pounail être différent ; mais, une fois admis, la logique de ce plim commande l'addition de moyens variés el appropriés pour chaque espèce de graine, a l'aide desquels, cette graine ■-e sèmera, d'elle-même, sous l'in- Uuence des causes naturelles, dans les lieux convenables i sa germination et au développement de la piaule. Or relie logique est partout satisfaite.
On appelle dissémination en botanique la dispersion naturelle «les graines par ces moyens eux-mêmes.
Voici, par exemple, une graine qui
est dans des conditions telles qu'il lui
arrivera nécessairement d'être presque toujours perdue et de ne rien reproduire suit à cause de sa délicatesse mi rinsèque, soil pour toute autre raison, Il en est ainsi du pavot, du tabac, de l'orme, etc., etc Qu'a fait le Créateur? il a donné, en compensation a la mère de l'espèce, une fécondité -i pi odigieuse en product ion
de semence que,qnelleipie s, dt la perle,
il faudra toujours qu'il en échappe assez pour que l'espèce ne puisse pas
périr, liai a compté, sur un pied de pavot 32, ono graines, et sur un pied de tabac 360, 000. Dodart a constaté qu'un orme avait produit dans uni!
année 529,000 graines. Et il y a des plantes dont la fécondité est bien plus grande encore.
Voici des plaides dont tes graines ont une certaine lourdeur proportionnellement à leur volume; une lourdeur telle qu'elles tomberaient toutes au pied de la mère et périraient sous son ombre. Qu'a l'ait le Créateur? il a donné à ces graines un péricarpe élastique qui, en s'ouvrant, au moment de leur maturité, les lance plus ou moins loin selon l'uti-
lité ; c'est le phénomène que présente la balsamine, la fraxinelle et beaucoup d'autres végétaux. Le concombre sauvage, dont le nom scientifique est Vèchalium élastique [momordica elaterium de Linné; est doué, à un trèshaut point, de cette propriété; sa baie, hérissée de pointes, se sépare du pédoncule, quand la maturation est complète*; mais il résulte de la séparation une ouverture par laquelle elle lame, avec une détonation subite, un mucilage qui n'est autre qu'une suite de petite bombe remplie de graines.
Si la graine d'une plante est trèslégère par elle-même, il lui suffira de sa légèreté; les vents se chargeront de sa dissémination; mais si elle pèse relativement comme un petit plomb, et qu'il lai convienne d'être transportée au loin dans beaucoup de cas, et bien au delà de la portée d'un ressort, que fera le Créateur? il lui donnera des ailes, comme aux graines des érables et des ormes, ou bien des menbranes formant parachutes comme à celles desbigonia, ou bien des bouppe de poils comme aux apocynées.
Si une plante indigène d'une localité avail pour destinée de se développer sur d'autres continents, et au delà des mers, que fera le D èateur? 11 donnera à sa graine an petit navire ou bien un appareil de plongeur avec
lequel elle nagera soit à la surface, soit entre deux eaux, se laissera balloler par la vague et par la tempête, et finira par aborder aux rivages inconnus pour lesquels elle est destinée. Linné dit que La vergerette du Canada Erigeron Canadensis est venm' s'acclimater chez nous par ce moyeu.
D'autres plantes se sefvent des hommes et des animaux pour se faire transporter ailleurs qu'où elles sont nées; ainsi les gratterons et les aigremoines qui s'attachent aux vêtements et aux poils.
D'antres, plus ingénieuses et plus hardies encore, se laissent avaler par des oiseaux voyageurs qui les rendront intactes, après les avoir fait passer par leur estomac, dans d'autres parages.
Les un uns pressées attendent que
DIS