‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 4 (volume 4)Chapitre 20 sur 96 · DIT · texte numérisé non relu

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l'homme les transporte lui-même et les acclimate dans des patries nouvelles.

Quel esprit n'y a-t-il pas dans toutes ces choses!... Il y a l'esprit de Dieu. Le Noir.

DISSENTANTS ou OPPOSANTS, nom général qu'on donne en Angleterre à différentes sectes qui, en matière de religion, de discipline et de cérémonies ecclésiastiques, sont d'un sentiment contraire à celui de l'Eglise anglicane, et qui néanmoins sont tolérées dans le royaume par les lois civiles. Tels sont en particulier les presbytériens, les indépendants, les anabaptistes, les quakers outremhleurs. On les nomme aussi non conformistes. Voy. Anglicans.

Cette tolérance, dont on veut faire un mérite à l'Eglise anglicane, ne nous paraît pas digne de si grands éloges. De quel droit cette Eglise refuserait-elle aux autres sectes le privilège «le se séparer d'elle, comme elle s'est séparée elle-même de l'Eglise romaine? Le principe fondamental de la réforme a été que tout chrétien doit suivre la doctrine qui lui parait clairement enseignée dans l'Ecriture sainte, et ne recevoir la loi d'aucune puissance humaine : or, toutes les sectes protestent qu'elles s'en tiennent fidèlement à ce principe. Quand même, dans une nation entière, il ne se trouverait pas deux hommes qui entendissent, de même l'Ecriture sainte, il ne serait pas permis de gêner, par des lois, la croyance d'aucun; tout lidèle est seul juge de sa foi; la même raison qui l'autorise à ne recevoir la loi de personne, lui défend aussi de l'imposer aux autres. A moins que le gouvernement anglais ne veuille contredire ouvertement la croyance dont il fait profession, il est forcé à une tolérance générale et absolue (I). Bergier.

DISSIDENTS. L'on nomme ainsi en Pologne ceux qui font profession des religions luthérienne, calviniste et grecque : ils doivent jouir dans ce

royaume du libre exercice de leur religion, qui, suivant les constitu • tions, ne les exclut point des emplois.

Le roi de Pologne promet, par les pacta conventa, de les tolérer et de maintenir la paix et l'union entre eux ; mais les dissidents ont eu quelquefois à se plaindre de l'inexécution de ces promesses. Les ariens et les sociniens ont aussi voulu être mis au nombre des dissidents, mais ils en ont toujours été exclus. Bergier.

DITHÉISME. Voyez Manichéisme.

DITHMAR, DITMARouTHIETMAR (Tlmd. iiti.rt. biog. et bibliog.) — Né en 970, Dithmar s'est rendu célèbre parmi les évoques du moyen âge par ses vertus et par sa fameuse chronique intitulée: Libri chronieorum ou Gesta

S-I.l nlllim.

« Celle chronique,, dit M. Welte, raconte les temps de Henri l ,r , des trois Otton et de Henri II, et va jusqu'à l'année de la mort de Dithmar.

II la commença en 1012 et rédigea cette année-là les cinq premiers livres et la majeure partie du sixième; il termina ce sixième livre en 1014, le septième en 1017, et le huitième en 1018, année de sa mort, dette chronique, d'une rare importance pour l'histoire d'Allemagne du moyen âge, est l'unique source certaine pour l'histoire de la Misnie, et la principale, après Raumer (1), pour celle des empereurs saxons Otton II, Otton

III et Henri II ; elle est exacte, vraie etiudicieuse. Elle est aussi d'un grand prix pour l'histoire slave, bohème et polonaise, et répand également des lumières sur la situation de la Hongrie, de la Russie et du Danemark à cette époque. Ees fonctions élevées AeIKthmar, son éducation, son savoir et ses rapports d'amitié avec Henri II lui facilitèrent l'accès et l'acquisition des documents certains sur ce qu'il voulait raconter des siècles antérieurs, et quant aux faits qu'il rapporte de son temps il en avait été presque toujours non-seulement témoin, mais acteur, et dans une position assez in-

f 1) VoYBZ 1 tis articles Calvimsiii:, Protestantisme

Gousset.

(1) Collection des passages les plw* remarquables des historiens latins du moyen dije, p. 96.

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dépendante pour que sa parole présente toutes les garanties possibles d'impartialité. Aussi sa chronique jouit-elle avec raison d'une incontestable autorité, malgré l'accusation de superstition que Un adresse Melanchtbon.

« On n'enconnait jusqu'à nos jours que deux manuscrits; celui de Dresde e i le plus ancien et le meilleur, mais il a des lacunes ; celui de Bruxelles est complet, mais plus récent et défiguré par des fautes et des interpolations. La première édition imprimée esl celle de ReinerReineccius, d'après le manuscrit de Dresde, Francf'.-s.le-M. 1580; la seconde, de Joachim Mader, n'est qu'une réimpression fautive de la précédente, Helmstadt, 1667 ; la troisième, comprise dans les Siriptores rerum Brunsvicensium,t. X.

p. :j-j:î sq., s'est servie aussi du manuscrit de Bruxelles; mais celle de Wagner, publiée sous le litre de Dithmari, episcopi Mersebunji mis, chronicon, Norimb., 1807, estde beaucoup préférable. Enfin la meilleure esl celle de Lappenberg, dans les Monumenta Germanise historica, de Pertz, t. V, p. 723 seq., avec des éclaircissements et une bonne biographie de Dithmar.

« Ou a prétendu, ce qui a été nié dans ces derniers temps, que Dithmar avait aussi rédigé un martyrologe, qui s'est perdu, et qu'il est l'auteur du Calendarium Magdeburgense, qui existe encore. »

Le Nom.

D1URNAL, livre ecclésiastique qui contient l'office du jour; il est différent du bréviaire en ce que celui-ci renfei me aussi l'office de la nuit.

DIVIN, qui appartient à Dieu, qui provient de Dieu, etc. ; ainsi l'on dit la science divine, la divine Providence, la grâce divine, etc. Une doctrine divine est une doctrine révélée de Dieu; un livre divin est un livre qui a été écrit par inspiration do Dieu; une mission divine est celle qui est prouvée par des signes surnaturels qui ne peuvent venir que de Dieu.

L'on a nommé hommes divins

ceux qui ont été inspirés de Dieu, ou éclairés par une lumière surnaturelle ; en citant les apôtres, les théologiens disent (Unis Paulus, etc.; de même en citant les Pères de l'Eglise, divui Augustinus, etc. Ceux qui ont conclu de là que nousrendons à des hommes les honneurs divins, ou que nous en faisons des espèces de divinités, auraient pu s'épargner ce trait de ridicule.

Les incrédules ont accusé Moïse de vanité, parce qu'il se nomme un homme divin, ou plutôt ['homme de Dieu.Deut.,c.ZZ, f I. Cela ne signifie rien autre choseque ['envoyé de Dieu.

Moïse l'était véritablement, et il était obligé de rendre témoignage de sa mission. Saint Paul nomme son disciple Timothée homme de Dieu. II Tint., c. (i, j> H. il n'avait certainement aucun dessein de lui inspirer de la vanité.

Bergier.

DIVINATION. Voyez Devin.

DIVINITÉ, nature ou essence de Dieu. Les théologiens la fonl consister dans la notion d'Etre nécessaire ou existant de soi-même. Voyez Dieu.

La divinité n'est ni multipliée ni séparée dans les trois Personnes de la sainte Trinité, elle est une et indivise danstoutes les trois. Voyez Trinité. La divinité et l'humanité sont réunies dans la Personne de Jésus- Christ.

Quand on dit la divinité, sans addition, l'on entend l'intelligence et la volonté suprême qui régit l'univers, sans examiner si elle est unique, ou partagée entre plusieurs êtres; c'est ce que les Latins exprimaient par Numen, et les Crées par 6êïov.

Bergier.

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