‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 4 (volume 4)Chapitre 23 sur 96 · DOCTEUR · texte numérisé non relu

DOCTEUR

Père.

DE L'EGLISE. Voye

DOCTEURS DE L'ÉGLISE. (Théol.

hist. di'gnit. ecclcs.) — La notion de docteur de l'Église, est, dit M. Reusch, sous un rapport, plus large que celle de Père de l'Eglise , en ce qu'elle n'exige pas le caractère de l'antiquité et que de saints personnages de tous les temps, qui ont rendu des services notables à la science ecclésiastique par leur activité littéraire, peuvent acquérir ce titre; sous un autre rapport, elle

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est plus restreinte, en ce que ceux-là seuls sont comptés parmi les docteurs qui ont rempli la dernière condition, c'est-à-dire qui ont rendu à la science ecclésiastique des services éminents et hors ligne.

« On n'est pas tout à fait d'accord sur le nombre des docteurs da l'Eglise grecs; on compte généralement parmi eux S. Athanase, S. Basile, S. Grégoire de Nazianze et S. Chrysostome. On appelle S. Ambroise, S. Augustin, S.

Jérôme et S. Grégoire le Grand les quatre grands docteurs de l'Eglise latine. Leur nombre se trouve iixé par suite de cette circonstance que de lionne heure on les compara aux quatre évangélistes, dont l'art chrétien leur appliqua les attributs (l'homme, le lion, le taureau et l'aigle). Plus tard on leur ajouta Léon le Grand, S. Thomas d'Aquin (par Pie V.), S.

lionaventure (par Sixte V) et S. Bernard (par Pie VIII, 1830, par conséquent trois docteurs qui ne sont pas en même temps Pères de l'Eglise. Le décret de Pie YI1I sur S. Bernard (I) explique ainsi la valeur de ce titre :

A.c prseterea hujus doctoris libros

operu diuii/ue omnia, ut aliorum Ecclesim doGtorum, non modo privatim, sed publiée ingymnasiis...omnibusque aliis ecclesiasticisstudiisChristianisqueeœercitationibus citari, proferri, atgue , cum res postulaverit, adhiberi, volumus et deeernitnus. Ainsi un docteur doit être reconnu comme un témoin et un interprète valable, authentique et officiel de la doctrine de l'Eglise.,

« Le nombre des docteurs de l'Église est plus grand, suivant le langage habituel de la liturgie, que celui des docteurs nommés tels dans l'histoire de la littérature ecclésiastique. En effet les docteurs, doc tores, forment dans le Bréviaire et le Missel une catégorie de confesseurs, confessores , qui, comme le dit le Martyrologe romain, ont été remarquables non-seulement par leur sainteté, mais par leur science (sanctitate et doctrina rlnei), et qui, dans l'office, ont une antienne propre, à Magnificat: ODoctoroptime, Ecclesiœ sanct se lumen, etc., comme, à la messe, on dit le Credo,

(1) Dans Tôt

Opéra Uturgica, t. V,p. 596.

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en mémoire des services qu'ils ont rendus à la foi. Le Missel a une messe propre, fort belle, de Commuai Doctorum: In medio Écclesis. Le Rituel romain ajoute aux docteurs nommés plus haut : S. Isidore de Séville (4 avril), S. Anselme de Cantorbéry (2) avril) , S. Pierre Chrysologue (4 décembre) S. Pierre Damien (23 février) (1).

« D'après le décret de Léon XII de 1828, qui a promu ce dernier au rang des docteurs (2), ce rang est accordé à ceux qui non vivse tautum vocis officia cseterorum pastorum instar sibi commissum pleàem, sedeunctos Christi fidèles omniumque sseculorum posteritatem , conscriptis libris sapientia et doctrina refertis, etiam exstincti crudire non cessant. Du reste ce décret ne renferme aucune définition, comme celui de Pie VIII au sujet de S. Bernard; il ne contient que des prescriptions liturgiques. On dit bien pour S. flilaire de Poitiers la messe de Communi Doctorum, mais non le Credo, ni l'antienne G Doctor, et il n'est désigné que comme confessor ponUfex. Bèdc le Vénérable n'est pas dans le Missel romain. Sa mémoire est fêtée en Angleterre et fixée au 29 octobre ; mais on dit la messe de Communi Abbatum , Os justi , sans Creil», et ce n'est que dans l'oraison qu'il est nommé confessor atque doctor. II en est de même de S. Éloi pour quelques diocèses belges. »

En ce qui concerne S. Alphonse de Ligori, la messe qui lui est attribuée par le décret de Pie IX est la véritable messe du commun des docteurs.

Le Nom.

DOCTEUR EN THÉOLOGIE, litre qu'on donne à un ecclésiastique qui a piis le degré de docteur dans une facuKé de théologie, et dans quelque université. Voyez Degriï.

Dans la faculté de théologie de Paris, le temps d'études nécessaire est de sept années : deux de philosophie, après lesquelles on reçoit communément le bonnet de maitre-ès-

(1) Il font Bjnnlor, il puis 1871, saint Alplions de Linnr-i, mis an rang des docteurs par Re IX. '2) Dans Bomsée, I, c, p. 293.

arts; trois de théologie, qui conduisent au degré de bachelier en théologie ; et deux de licence, pendant lesquelles les bacheliers sont dans un exercice continuel de thèses et d'argumentations sur l'Ecriture sainte, la théologie scolastique, et l'histoire ecclésiastique.

Lorsque les bacheliers ont reçu du chancelier de l'université la bénédiction de licence, ceux d'entre eux qui veulent prendre le bonnet de docteur, vont demander jour au chancelier, qui le leur assigne. Il faut être prêtre pour prendre le bonnet. Le licencié pour lors a deux actes à faire, l'un le jour même de la prise du bonnet, l'autre la veille. Dans celui-ci il y a deux thèses : la première, soutenue par un jeune candidat que l'on appelle auiicaire. Voyez Aulique.

Deux bacheliers du second ordre disputent contre lui; le licencié est auprès de lui, et le grand maître d'études, qui a ouvert l'acte en disputant contre le candidat, préside à cette thèse qu'on nomme expectative, et qui dure environ deux heures. Le second acte, qui suit immédiatement, se nomme vespérie, actus vesperiarum, parce qu'il se fait toujours le soir.

Deux docteurs, qu'on appelle l'un, magister regens, et l'autre, magister terminorum interpres, y disputent contre le licencié, chacun pendant une demi-heure, sur un point de l'Ecriture sainte ou de la morale. L'acte est terminé par un discours que fait le grand maitre d'études, et qui roule ordinairement sur l'éloge du savoir et des vertus du licencié.

Le lendemain matin sur les dix heures, le licencié, revêtu de la fourrure de docteur, précédé tics massiers de l'université ( et dans les maisons de. Sorbonne et de Navarre, du cortège des bacheliers en licence, revêtus de leurs fourrures), et accompagné de son grand maitre d'études, se rend à la salle de l'archevêché; il se place dans un fauteuil, le chancelier ou le sous-chancelier à sa droite, et le grand maitre d'études à sa gauche.

La cérémonie commence par un discours que prononce ou lit le chancelier ou le sous- chancelier. Le récipiendaire y répond par un autre dis-

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cours, après lequel le chancelier lui fait prêter les serments accoutumés, et lui met son bonnet sur la tète. Il le reçoit à genoux, se relève, reprend sa place, et préside aune thèse qu'on nomme aulique, parce qu'on la soutient dans la salle ( dite aida ) de l'archevêché. Le nouveau docteur y dispute pendant environ une heure contre son aulicaire ; ensuite il va dans l'Eglise de Notre-Dame, à l'autel des martyrs, jurer sur les saints Evangiles qu'il répandra son sang, s'il est nécessaire, pour la défense de la religion. Entra, sou cortège le reconduit à sa maison.

Au frima menus suivant, c'est-àdire, à la plus prochaine assemblée de la faculté, il parait, prête les serments accoutumés, et dès lors il est inscrit au nombre des docteurs. Mais il ne jouit pas encore pour cela de tous les privilèges, droits, émoluments, etc., attachés au doctorat; il ne peut assister aux assemblées, ni présider aux thèses, ni exercer les fonctions d'examinateur, censeur, etc., qu'au bout de six ans. Alors il soutient une dernière thèse, qu'on nomme résurnpte, et il entre en pleine jouissance de tous les droits du doctorat. Voyez. Rksumi'te.

Les fonctions des docteurs en théologie, dans l'intérieur de la faculté, sont d'examiner les candidats, d'y présider aux thèses, d'y assister avec droit de suffrage en qualité de censeurs, qu'on nomme par semaine et en certain nombre, de diriger les études des jeunes théologiens, de veiller sur les mœurs des bacheliers en licence, d'assister aux assemblées ordinaires et extraordinaires de la faculté, d'y opiner, suivant leurs lumières et leur conscience, sur la censure des livres, et les autres atfaires qu'on y agite, etc.

Leurs fonctions, par rapport à la religion et à la société, sont de travailler dans le saint ministère à instruire les peuples, d'aider les évoques dans le gouvernement de leurs diocèses, d'enseigner la théologie, de consacrer leurs veilles à l'étude de l'Ecriture, des Pères et du droit canon ; de décider des cas de conscience, de défendre la foi contre les héréti-

ques, et d'être par leurs mœurs l'exemple des fidèles, comme par leurs lumières ils en sont les guides dans les voies du salut.

Les frais de la prise de bonnet de docteur montent à environ cent écus pour les réguliers, au double pour les séculiers-ubiquistes, età près de cent pistoles pour les docteurs des maisons de Sorbonne et de Navarre.

Si l'on se persuadait que les docteurs, sortis des écoles catholiques, sont moins instruits et moins habiles que ceux qui ont été formés dans les écoles protestantes, on pourrait se détromper par un fait public. Il y a en Allemagne des universités mi-parties, où les luthériens occupent des chaires de théologie aussi bien que les catholiques ; il en est ainsi à Strasbourg.

Toutes les fois que les catholiques soutiennent des thèses publiques, ils ne manquent jamais d'y inviter les docteurs luthériens, et de les y laisser argumenter tant qu'il leur plaît ; les luthériens, au contraire, soutiennent leurs thèses a huis clos, et si un catholique s'avise d'y paraître, on le met dehors.

Nous examinerons ailleurs les reproches que l'on fait aux docteurs scolastiques. Bkrgier.

DOCTRINAIRES, prêtres de la doctrine chrétienne, congrégation d'ecclésiastiques, fondée par le B. César de Bus, natif de la ville de Cavaillon en Provence, dans le comtatVenaissin.

La fin de cet institut est de catéchiser le peuple, et d'imiter les apôtres en enseignant aux ignorants les mystères de notre foi.

Le pape Clément VIII approuva cette congrégation par un bref solennel; Paul V, par un autre, en date du 9 avril 1616, permit aux doctrinaires de faire des vœux, et unit leur congrégation à celle des somasques, pour former avec eux un corps régulier sous un même général. Depuis, par un troisième bref du pape Innocent X, donné le 30 juillet 1647, les prêtres de la doctrine chrétienne furent désunis d'avec les somasques, et formèrent une congrégation séparée • sous un général particulier et français. Cette grâce leur fut accordée à

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la sollicitation de Sa Majesté tirschrétienne.

Il parait que cet institut avait été en quelque manière jugé nécessaire, même avant sa naissance ; car le pape Pie V, par une bulle du 6 octobre 1571, avait ordonné que, dans tous les diocèses, les curés de chaque paroisse feraient des congrégations de la doctrine chrétienne, pour l'instrnction|designorants,ce quiavait été réglé ou insinué au concile de Trente, sess.

2ï, ch.4. On trouvera, dans le Dictionnaire de Jurisprudence, l'extrait des lettres patentes données pour l'établissement de celle-ci.

Les vœux,' même simples, des doctrinaires, ont été supprimés depuis dix ou douze ans.

De toutes les sociétés chrétiennes, il n'en est aucune dans laquelle on ait t'ait autaût d'établissements et d'institutions que dans l'Eglise catholique, pool l'instruction des ignorants : il n'en est par conséquent aucune dans laquelle l'ordre qu'a donné Jésus- Christ, de faire connaître l'Evangile à Imite créature, soit mieux exécuté.

L'expérience ne prouve que trop que le vice et la corruption ne tardent pas de marcher à la suite de l'ignorance ; la religion n'aurait plus d'ennemis, si elle était mieux connue. L'esprit apostolique, auquel les incrédules donnent le nom de prosélytisme, et dont ils font un crime au clergé, est dans le fond le vrai caractère d'un disciple de Jésus-Christ. Crise dans Origène, le païen Cécilius dans Minutius- Félix, le reprochaient déjà aux chrétiens de leur temps ; le clergé catholique doit se féliciter d'encourir encore, par cette raison, la haine des incrédules. Bergieh.

DOCTRINE. (Tkéol. mixt. philos, social.) — L'homme a besoin de se faire une doctrine pour justifier sa conduite jusque dans le mal. Delà résultent deux logiques, qui sont une seule et même logique à titre de logique, tirant toujours légitimement les conséquences des principes posés, mais qui cependant forment deux logiques bien distinctes, deux voies bien différentes, parce que l'une, partant de principes vrais, va droit au

vrai et au bien, tandis que l'autre, partant de principes faux, va droit à l'erreur et au mal.

Frédéric Barberousse, dans ses luttes contre la papauté s'était fait une doctrine dont tous ses actes ne furent que des déductions. Cette doctrine consistait dans les principes suivants :

souveraineté absolue de l'empereur ; l'empereur est l'unique propriétaire et l'unique loi du monde. Il s'était mis dans la tète cette absurde théorie, et sa vie tout entière ne fut qu'une série très-logique d'actions et de prétentions tyranmques qui n'exceptaient de sa domination ni hommes ni choses, ni choses ni idées. Tout écart, toute exception devenait pour sa doctrine un crime véritable et chez lui et chez les autres. Et il en fut ainsi de tous les souverains absolus dans tous les temps; ce n'est que dans les états démocratiques, dont la tendance esta la division du pouvoir entre tous, que prévaut la logique opposée. Dès là que vous avez admis le souverain personnel, en partant d'en haut, vous êtes conduit à l'obéissance absolue par en bas, et il s'ensuit logiquement une absorption par lui de tous les droits, contre laquelle toute revendication fondée sur la justice naturelle ou sur la justice religieuse devient un désordre à poursuivre et à punir. Mais dans l'état qui constitue l'extrême opposé , où il n'y a point absorption des droits, où les droits particuliers sont, au contraire, la base doctrinale même et priorique, ce ne sont plus les insurrections contre le droit prétendu d'un seul absorbant tout, qui sont des crimes, ce sont les ruptures d'harmonie par usurpation des uns sur les droits des autres qui deviennent les choses à poursuivre et à punir. C'est l'ordre naturel et c'est aussi l'ordre religieux; chacun garde son droit, et ne doit pas l'outrepasser.

La question doctrinale se dissémine dans une étude perpétuelle, fort compliquée, il est vrai, des limites relatives des droits; c'est beaucoup plus simple dans l'autre système : la volonté de Frédéric Barberousse, voilà la loi du monde, quoi de plus simple?

Louis XIV dit : l'Etat, c'est moi; quoi de plus simple? Napoléon I ayant

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besoin aussi de se faire une doctrine, tout parvenu qu'il fût, disait : Je suis le successeur de Charlemagne; Charlemagne a donné à la papauté le patrimoine de saint Pierre, donc j'ai droit de le lui reprendre ; quoi de plus simple encore? Mais, dans la théorie de la nature, tout se complique : il s'agit de savoir, sur chaque point, quel est le droit véritable de chacun, et de lui faire sa juste part; étude permanente, laborieuse, à discussions constantes dans Lesquelles s'éveillent les talents des tribunes et des parlements. C'est plus difficile pour l'humanité ; mais l'humanité est-elle un bloc déterre plastique dans la main d'un potier? est-elle jetée par Dieu dans l'accomplissement de ses destinées pour ne faire que dormir ? N'est-ce pas le travail qui est son lot? travail de la pensée, travail de la main, travail de la parole, travail de l'écriture, tous les travaux constituent sa mission même et sa seule gloire. Non, tout n'est pas liai pour elle par l'aphorisme doctrinal d'un maître fort qui lui dit: Je me charge de tout. Ce n'est pas pour cette fin que Dieu l'a faite, eu lui disant : Mange ton pain à la sueur de ton front.

Travaille, humanité ! creuse les devoirs et les droits comme tu creuses les mines ; dis arriére aux repos du corps et de l'âme, aux délices de Capoue que te proposent, pour un jour qui aura son terrible lendemain, tes «bienfaiteurs! » arrive, à force de controverses, de révolutions et de luttes, à élucider la vraie doctrine infiniment compliquée, qui, en repoussant la propriété des êtres humains par l'un d'entre eux, reconnaît en tous autant de souverains relatifs ayant chacun leurs droits et leurs devoirs. C'est ainsi que tu seras toi, comme le ciel avec ses sphères de toute grandeur, comme la terre avec ses règnes de tout degré, sont le ciel et la terre, c'est-à-dire l'œuvre infiniment harmonique de l'éternelle sagesse.

Le Noir.

DOCTRINE. La doctrine d' une religion quelconque est ce qu'elle enseigne, tant sur le dogme que sur la

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morale. Les déistes, qui rejettent toutes les preuves historiques de la révélation, soutiennent que c'est par l'examen de la doctrine que l'on doit juger si une religion vient de Dieu ou des hommes, si elle est véritablement révélée ou forgée par des imposteurs. Ils en prennent droit de conclure que toute doctrine incompréhensible, et qui semble renfermer contradiction, ne vient point de Dieu.

Nous prétendons que cette méthode est fausse, vicieuse, impraticable pour la plupart des hommes, et nous le démontrons :

1° La religion est faite non-seulement pour les savants, mais pour les ignorants. Donc ses preuves doivent être à portée des uns et des autres.

Or, l'examen de la doctrine est certainement impraticable aux ignorants; ce n'est donc pas par ce moyen qu'ils peuvent s'assurer de la vérité ou de la fausseté d'une religion qui leur est annoncée. Les preuves de faits, au contraire, sont à la portée des hommes les plus grossiers; il ne faut avoir que des sens pour les constater, et le moindre degré de raison suffit pour voir s'ils sont suftisamment prouvés.

2" Toute religion doit nous donner une idée de la Divinité et de sa conduite ; puisque Dieu est un être infini, il est impossible que ce qu'il daigne nous révéler soit assez clair, assez, analogue à nos idées naturelles, pour que nous puissions juger s'il a pu et dû faire ou permettre telle chose, ou s'il ne l'a pas [m. C'est en raisonnant à perte de vue, que les hérétiques de toutes les sectes ont conclu que Dieu n'a pas pu révéler telle ou telle doctrine; les déistes, qu'il n'a pu rien révéler du tout ; les athées, qu'il n'a pas pu permettre le mal, ni créer le monde tel qu'il est.

Cette méthode est dans le fond la source de toutes les erreurs en fait de religion.

3° En raisonnant de même, les philosophes païens ont rejeté le christianisme, parce qu'il n'admet qu'un seul Dieu ; en comparant cette doctrine avec celle du paganisme, ils ont préféré la dernière; ils ont donc réprouvé notre religion, précisément à cause du dogme le plus évident, et

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qui aurait du les persuaderle plus efficacement : tel a été le résultat de l'examen qu'ils ont fait de la.doctrine.

4° Depuis la création jusqu'à nous, Dieu a voulu éclairer les hommes, non par l'examen de la doctrine qu'il a daigné révéler, mais par les caractères dont il a revêtu l'autorité qu'il lui a plu d'établir; il lésa enseignés, non par des raisonnements, mais par des faits. Ainsi, sous les patriarches, la religion primitive s'est conservée par la tradition domestique des faits importants de la création, de la chute de l'homme, du déluge universel, des leçons que Dieu avait données à iSoé, etc. : sous la loi juive, par la tradition nationale des miracles de Moïse, preuves éclatantes de sa mission :

sous l'Evangile, par la tradition universelle des miracles opérés par Jésus- Christ et par les apôtres, et des dogmes qu'ils ont enseignés, l'ne religion révélée ne peut se transmettre ni se perpétuer autrement.

5° Il serait absurde de vouloir enseigner au commun des hommes la religion d'une autre manière que les devoirs et les usages de la société ; jls n'apprennent point ceux-ci par des raisonnements spéculatifs sur ce qu'ils ont de bon ou de mauvais, mais par l'éducation et par l'imitation. Tel est l'enseignement général du genre humain, le seul qui convienne à des êtres sociables. Si l'onfaisait plusd'attention à la manière de discourir du peuple, on verrait qu'il ne se fonde presque jamais sur des raisonnements, mais sur des faits, sur des témoignages. Il répète ce qu'il a ouï dire à ses pères, aux vieillards, aux hommes pour lesquels il a conçu de l'estime et du respect; et, n'en déplaise aux philosophes de nos jours, cette conduite est plus sensée que la leur.

Voyez Fait.

A la vérité, la comparaison que nous faisons entre la doctrine révélée dans nos livres saints, et celle des fausses religions, est une preuve trèsforte de la divinité de la première, et de l'imposture de toutes les autres; mais cette preuve ne peut avoir lieu qu'à l'égard de ceux qui sont déjà convaincus de la révélation par les preuves de fait, et qui sont d'ailleurs

très-instruits. La vraie manière d'y procéder n'est pas d'examiner d'abord spéculativement la vérité ou la fausseté de la doctrine en elle-même, mais de considérer l'inlluence qu'elle a sur les mœurs. C'est ainsi que nos anciens apologistes et les Pères de l'Eglise en ont agi, en disputant contre, les philosophes païens; ils leur ont soutenu qu'une doctrine aussi sainte que celle du Christianisme, aussi capable de rendre l'homme vertueux, ne pouvait pas être fausse, et jamais leurs adversaires n'ont purien répliquer de solide. Y. Examen.

Bergier.

DOCTRINE CHRÉTIENNE, doctrine

enseignée par Jésus-Christ et par ses apôtres. Que Jésus-Christ et ses apôtres aient enseigné tel ou tel point de doctrine, c'est un fait qui est susceptible des mêmes preuves et de la même certitude que tout autre fait quelconque.

1° C'est un fait sensible et public.

La doctrine chrétienne n'a jamais été l'enfermée dans le secret d'une école, confiée à un petit nombre de disciples, ni bornée à un seul lieu ; elle a toujours été prèchée publiquement dans les assemblées des lidèles depuis les apôtres jusqu'à nous. Pour peu qu'un chrétien ait d'intelligence, il voit si on lui enseigne, dans l'âge mûr, les mêmes dogmes qui lui ont été inculqués dès l'enfance. Change-t-il de séjour? il aperçoit d'abord si l'on prêche, dans le lieu où il arrive, la même doctrine que dans sa patrie.

Plus les communications sont devenues fréquentes entre les divers peuples du monde, plus il a été aisé de se convaincre de la diversité ou de la conformité de doctrine entre les différentes Eglises de l'univers.

2° C'est un fait susceptible de la même certitude que tous les autres faits Dans lestribunaux l'oninterroge les témoins, non-seulement sur ce qu'ils ont vu, mais encore sur ce qu'ils ont entendu, et on leur accorde la même croyance sur l'un et l'autre chef. Ils sont encore plus dignes de foi, lorsque ce sont des personnes publiques révêtues de caractère et de commission spéciale pour attester

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une chose. Tels sont les pasteurs de l'Eglise; ils ont caractère et mission pour enseigner aux autres ce qu'ils ont appris eux-mêmes, sans qu'il leur suit permis d'y ajouter ni d'en rien retrancher.

3° La chaîne de ces témoins n'a jamais été interrompue, leur succession a été constante depuis les apôtres. Leur enseignement public est surveillé par les fidèles mêmes qu'ils sont chargés d'instruire, et qui savent qu'il n'est pas permis d'innover. Ils ont à répondre de leur doctrine au corps (I mt ils sont les membres, tous se servent mutuellement d'inspecteurs et de garants. Il n'est jamais arrivé à un seul de se départir de la croyance commune, sansquecet écart ait l'ait du bruit et causé du scandale.

4° La doctrine chrétienne est consignée dans des monuments aussi anciens que le Christianisme, dans les évangiles, dans leslettres des apôtres, dans les écrits de leurs successeurs, dans les professions de foi, dans les décrets des conciles. C'esl sur la conformité de ces monuments entre eux, cl avec l'enseignement vivant des pasteurs, que l'Eglise se repose, affirme el enseigne que sa doctrim esl perpétuelle et inviolable.

5° Cette doctrine est intimement liée aux cérémonies de l'Eglise, aux pratiques du culte public; ces cérémonies sont dans le fond une profession de foi. 11 est donc impossible que la doctrine change, sans que le culte extérieur s'en ressente, el celui-ci ne peut changer sans que l'on s'en aperçoive. Peut-on citer dans l'univers deux Eglises qui aient une foi différente, et qui aient cependant conservé |e même culte extérieur; ou qui, réunies par la même croyance, aieul cependant un culte extérieur tout différent? On n'a qu'a voiries retranchements énormes que les protestants «mt été obligés de faire dans l'extérieur du culte, lorsqu'ils ont voulu établir une doctrine différente de celle de l'Eglise catholique.

Voila donc trois régies dont le concert parfait donne à toute église particulière et à tout fidèle une certitude invincible de l'antiquité et de l'immutabilité de sa foi, les monuments

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écrits, le culte extérieur, l'enseignement public et uniforme des pasteurs.

S'il y a. en matière de faits, une certitude morale poussée au plus haut degré, c'est, assurément celle-là : elle est la même pour les faits évangéliques, pour le dogme, pour la morale.

Que l'on compare cette méthode d'enseignement de l'Eglise catholique, avec celle que suivent les protestants et les autres sectes hérétiques, on pourra juger par là laquelle de ces différentes sociétés remplit le mieux les devoirs de mère à l'égard de ses entants, laquelle mérite le mieux d'eire regardée comme la véritable Eglise de Jésus-Christ.

Les variations de ces sociétés dans la doctrine ont été mises dans le plus grand jour par Bossuet; et lorsqu'elles ont voulu {reprocher à l'Eglise catholique qu'elle avait changé la doctrine reçue des apôtres, on leur a prouvé non-seulement que cela n'est point, mais que cela ne peut pas être.

De la même il s'ensuit que la doctrine chrétienne est nécessairement catholique ou universelle, etque toute doctrine qui n'a pas ce dernier caractère, quand même elle serait vraie d'ailleurs, n'appartient point à la foi chrétienne. Voyez Catholique.

Par la même raison, cette doctrine est nécessairement apostolique, ou venue îles apôtres ; jamais l'Eglise n'a cru qu'il lui fût permis de changer ce que les apôtres ont enseigné. « Il » ne nous est pas permis, dit Tertul- » lien, de rien enseigner de notre » propre choix, ni de recevoir ce » qu'un autre a forgé de lui-même.

» .Nous avons pour auteurs les apô- » très du Seigneur; eux-mêmes n'ont » rien imaginé, ni rien tiré de leur » propre fonds, mais ils ont fidèlement » transmis aux nations la doctrine » qu'ilsavaieâtreçuedeJésusrChrist.»

De prsescript., c. G. « Dans chaque » ville, ils ont fondé des Eglises, d'où » les autres ont reçu, par tradition, » leur ero\ ance et leur foi ; c'est ainsi » qu'elles la reçoivent encore pour » être de véritables Eglises; par là » elles sont apostoliques, puisqu'elles » sont les filles des Eglises fondées » parles apôtres, e. 20. En un mot, » la vérité est la doctrine primitive,

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» celle-ci eai ce que les apôtres ont » enseigné; nous devons donc rece- » voir comme venant des apôtres ce » qui est sacré dans leurs Églises. »

Adv. Marcion., 1. 4, c. 4.

Au cinquième siècle, Vincent de Lèrins donnait la même règle ; il cite les paroles de saint Ambroise, qui regardait comme un sacrilège de changer quelque chose a la foi consacrée par le sang des martyrs, et celles du pape saint Etienne, qui répondait aux rebaptisants d'Afrique :

N'innovons rien, tenons-nous-vn à la tradition, v L'usage de l'Eglise a tou- » jours été, dit-il, que plus un homme » était religieux, plus il avait horreur » de toute nouveauté. » Commonit..

c. 5 et 6. (1).

De là nous concluons que la doctrine chrétienne est immuable, et que toute doctrine nouvelle est une erreur; nous ne concevons pas comment les pasteurs de L'Eglise, en protestant toujours qu'il ne leur est pas permis de rien changer à la doctritu qu'ils ont reçue, pourraient cependant l'altérer, ou par surprise et sans s'en apercevoir, ou par nn dessein prémédité.

Avant les contestations des héréti .

ques, et avant la décision de l'Eglise, cette f/<. ■/;/,/. peut n'être pas enseignée aussi clairement, et d'une manière aussi propre a prévenir les erreurs, qu'elle l'est après; mais il ne s'ensuit pat qu'elle n'elait m crue ni connue auparavant (2), C'est le sophisme que font continuellement les protestants.

Bergier,

DOD WEL (Henry) Théol. Mst. biog.

et bibliog.) — Ce docteur anglican,».

que des scrupules de conscience em-

(I) Votez l'article Apostolique. Gousset.

mot! de Bergier nous paraissent avoir n d'explicatinn. Le sens catholique de l'iinmobiiité Je U .1 ictrine ne nous parait exiger, an fond e' en définitive, que l'absence de toute COD- Tiiiou'lion évidente et certaine entre le développement qu'amènent les années et la profession de foi du passé Ne peut-il pas arriver, en effet, que l'autorité, dont te concile du Vatican a dit qu'elle

jouit de l'infaillibilité catholique •promise à Pierre lorsqu'elle définit une doctrine de jide vel moribus, définisse et propose a la foi des fidèles une doctrine qui, quoique étant une déduction de la foi du passé, n'ait pas encore été crue ni connue explicitement jusque-lu, parce qu'on n'avait jamais \ ensé à cette déduction ? Nous no voyons pas qu'on puisse

non

péchèrent d'embrasser l'état ecclésiastique et qui s'est acquis une place distinguée parmi les ehronologistes et les historiens chrétiens, naquit à Dublin en tliil. Voici comment M.

Hœuslé fait tout à la fois sa biographie et sa bibliographie.

« Après avuir publié plusieurs écrits à Dublin, par exemple une préface pour l'Introduction à la Vie dévote de S. François de Sales, deux lettres sur les Ordres et sur la méthode de l'étude de la théologie (2 e édition de 1684, augmentée d'une dissertation surSanchoniathon),il partitpour l'Angleterre en 1674. 11 s'occupa des questions alors à l'ordre du jour, par exemple du changement de religion dans la famille royale, du schisme des Catholiques et des non-corformistes séparés de l'Église épiscopale d'Angleterre, dont, [tendant toute sa vie, il prit ardemment la défense par ses écrits, ses discours et ses actes.

Parmi les ouvrages qu'il composa entre 11)74 et 1688, dans son enthousiasme pour cette Église et comme fruits de ses études historiques, on doit citer :

« 1° Dissertationcs Cyprianicœ (Lond., 1684, in-8°), qui se trouvent aussi dans l'édition des œuvres de S. Cyprien, Oxford, 1682, et dans celle de Brème, 1690. Dodwell, dans ces treize dissertations, qu'il fonde sur quelques passages de S. Cyprien, traite de différentes matières historiques et théoriques de l'antiquité chrétienne, qu'il étudie avec beaucoup de sagacité, mais en même temps d'unemanière très-paradoxale.

Ea onzième dissertation, dePaiVcitate Mnrti/niiit, fut surtout attaquée par le célèbre éditeur des Actes des Martyrs, I). huinard (I ), et dans les temps les plus récents par Wiseman (2).

limiter l'autorité doctrinale au point d'exiger que ce qu'elle définira ne soit jamais qu'une répétition de ce qui était déjà connn et cru formellement, ce qui semblerait suivre de l'explication de Bergier et ce qui suivait, en effet, de la théorie des gallicans. Nous pouvons renvoyer, sur ce point, le lecteur à notre dissertation préliminaire, p. xsxvn p et mois le renvoyons surtout à un article qui viendra plus tard sous ce titre : Progrés dans l£!gli$e.

Lu Noir.

fl) Prœf. gênerai, in Acta Martyr. S 2, 3.

[%) Résultats des Recherches scientifiques com parés avec la religion recelée, trad. en allem. par Hanoherg, Ratisboune, 1849, p. 387.

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« 2° Dissertatio de jure lakorum sacerdotali, ex sententia Tertulliani aliorumqueveterum, avec une dissertation de Hugo Grotius de Cœnse administratio7ic, ubi pastores non sunt; item : an semper comrnunicandum per symbola?

non notis, Lond., I(i8.'i, iu-8". On comprend que l'auteur revendique exclusivement pour les ministres de l'Église l'administration du sacrement.

;i u Joannis Pearsonii, S. T. P. Cestriensis nuper episcopi, opéra post~ huma; edenda curavitet dissertationes noois additionibus mi. rit II. Dodwellus, cujus etiam accessit de Successioneprimorum Bornas episcoporum usque ad annales Cl. Cestrienses Cyprianicos dissertatio singularis, Oxonh, 1087, in-4°.

« En 1688 Dodwell obtint la chaire d'histoire de la littérature que le célèhre historiographe de l.i reine Elisabeth, Guillaume Çambden •;• K>23), avait fondée à Oxford; immédiatement après parurent ses Dissertationes in Iremeum (Oxon., 1689, in-8").

« Dans la première il expose ses opinions particulières sur la loi duc aux Évangélistes, qu'il considère comme des témoins auriculaires et oculaires purement naturels, aussi peu infaillibles que S. [renée, S. Clément et les autres l'ères du second siècle. C'est S. trénée qui, le premier, dit-il, mentionne les quatre Évangélistes ; aucun Père avant lui n'en parle; lesPères, avant S. Ignace, ,i iraient la même estime pour les Evangiles apocryphes que pour les Évangiles authentiques, etc. (1).

(( Dans la seconde il associe, d'une manière tout aussi paradoxale, ses opinions sur les dons extraordinaires des premiers Chrétiens à ta manière dont les rationalistes postérieurs ont compris les possédés de la Bible, qu'il déclare tout simplement des épileptiques (2 .

« Du reste ces opinions paradoxales, ainsi que celles qu'il soutient sur la mortalité de l'âme humaine, sont parfaitement d'accord avec le système épiscopal si énergiquement défendu par Dodwell.

(I) Coat BuJdœi Isagoge hiat. theol., Lips., 1710, p. l-v

(î) Sehrœckh, But. de l'Éijl., î«'éd., p. 382-

« ("est aussi de cette époque que datent ses l'rxh vînmes academicae in scholis historicis Cambdenianis, Oxon., 1692, in-8°, sur les auteurs de l'histoire d'Auguste.

« En 1691 il fut obligé de renoncer à sa chaire, parce qu'en sa qualité de jacobite il refusait de prêter serment au roi Guillaume III... :

S'étantrendu àCookbam, bourg situé entre Londres et Oxford, et plus tard, sui l'invitation d'un gentilhomme de ses amis, à Shottesbrooke, quoique âgé de cinquante-deux ans, il se maria avec la tille, jeune encore, de son hôte de Cookham. Il devint père de dix entants, dont, au moment de sa mort, le 7 juin 1711, survivaient quatre tilles et ileux fils : Henri, auteur d'un ouvrage sceptique, publié en 1742 sous le titre de Chris tianity not founded upon argument, et William, auteur de plusieurs dissertations théologiques.

« Dodwell s'était principalement occupé, dans sa retraite, de l'histoire de la littérature classique et de la chronologie, et avait fait successivement paraître :

« 1° Annales Vellejani, Quintilianei, stnlinni'i, Thucydidei et Xenophontei, justement estimées, dans lesquelles il donnait la biographie de ces historiens romains et grecs;

<> 2° Les éditions critiques des œuvres de Xénophon, des Antiquités romaines de Denys d'Halicarnasse ;

« 3° Plusieurs dissertations chronologiques, par exemple sur le cycle des Domains et des Grecs;

« 4" Plusieurs dissertations géographiques et archéologiques, parmi lesquelles ses Exercitationes duse de xtate Phaïaridis et Vythagorse, Lond., 1704, in-8", méritent d'être remarquées, à cause de la discussion qui s'éleva à ce sujetentre Dodwell et Richard Bentley;

* 5° Une apologie des œuvres philosophiques de Gicéron, ajoutée à 1-édition du traité deFinibus, donnée par Samuel Parker.

« 0° En 11)08 il publia une dissertation sur l'usage des instruments de musique dans l'Eglise ;

« 7° En 1701, une Lettre contre les opinions de Toland sur le canon du .Nouveau Testament;

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« 8° En 1702, un Traité sur les mariages mixtes.

« 9° En 17 1 1 , une Lettre contre l'usage de l'encens, datant, d'après lui, du moyen âge.

« 10° Mais ce qui excita la plus vive attention, ce fut son opinion paradoxale sur la mortalité de l'âme humaine.

« Déjà il avait autrefois écrit contre Henri Layton une Lettre sur l'immortalité de l'âme, et soutenu, dans sa dissertation sur les mariages mixtes, que l'âme humaine est naturellement mortelle, et qu'elle n'obtient l'immortalité que par son union avec le Saint- Esprit dans le Baptême, suivant qu'il plait à Dieu de la récompenser ou de la punir. Ayant été attaqué à ce sujet de divers côtés, il soutint son assertion dans un discours assez long sous forme de Lettre (An epistolary discours?, etc., London, 1706, in-fol.j, et prétendit établir, par des preuves tirées des Écritures et des Pères, la nécessité pour les non-conformistes, les schismatiques, parmi lesquels il comptait les Catholiques romains, de revenir à l'Église épiscopale, parce que, après les Apôtres, les évèques seuls et les prêtres ordonnés par eux pouvaient communiquer l' Esprit-Saint, sans lequel nul n'est immortel. L'Ancien Testament ignorait l'immortalité de l'âme, la vie éternelle et l'enfer, et si, malgré ce silence, quelques personnages antérieur au Christianisme sont nommés bienheureux dans l'Écriture sainte, cela s'explique par cela que leurs âmes, baptisées dans le Hadès, apprirent à connaître l'Évangile par le Christ, les Apôtres et les évoques. Ce n'est que vers la fin du quatrième siècle de l'ère chrétienne, dit-il, que la doctrine de l'immortalité de l'âme fut enseignée. L'opinion de Dodwell, étayée de son immense érudition, provoqua de nombreuses réfutations, au point de vue de l'histoire et de la philosophie, et Dodwell se crut obligé de leur répondre. Cundling, dans son Histoire de la Science (I), ne cite pas moins de vingt-cinq ouvra-

(l)Franef. et Leipi.. 1735, 31 part., p. 40iS-

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