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ges publiés à ce sujet par Dodwell, puis par W. Co\vard,J. Brougton, Ed.
Chishull, Whitby, Turner, Collier, Milles, Pitts (pour Dodwell) : — John Narris, Smalbrock le D r Ashethon, Sam. Clarke (1) (contre lui). Il y en a encore plusieurs dont il est fait mention dans la Vie de Dodwell, par Francis Brokesby, Londres, 1715, 2 vol. iu-i°, et dans l'extrait de cette biographie qui se trouve aux Acta Eruditorum, Lips., 1796, p. 249.
Brokesby et après lui Niceron (2) donnent aussi un catalogue complet des ouvrages de Dodwell.
« Dodwell était petit de taille, d'une santé excellente, d'une nature recueillie et sérieuse, bienfaisant, pieux, sévère envers lui-même, jeûnant et faisant abstinence à la façon des anciens Chrétiens, infatigable au travail, voyageant toujours à pied, afin de pouvoir lire en route. La Bible hébraïque, le Nouveau Testament en grec, l'Imitation, les Méditations de S. Augustin et la liturgie anglicane étaient ses compagnons de route habituels. Son manteau servait de porte-manteau à des in-i°, lorsqu'il allait à Londres ou à Oxford pour continuer ses recherches dans les bibliothèques ou visiter ses amis.
« Malgré ses paradoxes et ses faux jugements surl'Église catholique romaine, auxquels l'entraîna son anglicanisme, Dodwell rappelle les personnages, nombreux parmi les premiers protestants, dont la foi, la piété, les croyances positives feraient honte à plus d'un Catholique de nosjours, et réveille puissamment le désir du jour où il n'y aura plus qu'un troupeau et un pasteur.
« L'Université d'Oxford lit ensevelir Dodwell à ses frais. »
Le Noir.
DOEDERLEIN (Jean -Christophe) (Théol. hist. biog. et bibliog.) — Ce célèbre théologien protestant du dixhuitième siècle, naquit en 1715 à Windsheim, en Franconic, et mourut professeur de théologie à léna, en
(t) Voy. Curée (Samuel).
(2) Mémoires pour servir à l'histoire t. I 13S-154.
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« 11 cultiva, dit son biographe du Dict. eneycl. de la théol. cath., presque toutes les branches de la théologie, surtout la dogmatique, au point de vue d'unrationalismo assez large, par lequel il cherchait à mettre d'accord les données de l'Écriture sainte et les exigences de son siècle;. 11 rendit un véritable service à la philologie sacrée par une édition plus correcte du texte hébreu de la Bible (Leipzig, 1793). Il publia depuis 1780 jusqu'à sa morl la Bibliothèque théologique, qui tut continuée parle Journal théologique (l'Iéna. 11 n'acheva pas son livre intitulé Enseignement delà 'Religion chrétienne, que Jung (f 181 i) termina. Son ouvrage le plus célèbre est sa Dogmatique, Institutio theologi Christiani, qui eut six éditions.
« Dmderlein clôt une période de la dogmatique luthérienne, à laquelle succéda L'èrede La méthode kantienne.
Il sép, irait faussement la dogmatique et li morale, parce qu'il définissait le dogme, non comme la doctrine même, doctl ina, niais comme l'opinion d'un docteur quelconque, sentenlia doctoris alicujus. Mais il se rapprochait des Catholiques en ne voulant pas admettre L'idée exclusive d'une Eglise invisible; son rationalisme positif l'amenait naturellement au réalisme. » Le Nom.
DOELLINGER (Jean-Joseph-Ignace) [Théol. hist. biog. et bibliog.) — Ce théologien catholique allemand, qui, depuis Le concile du Vatican, n'est plus catholique, puisqu'il est Le principal chef de l'école nouvelle qui fait schisme avec cecoheile œcuménique sous le nom de vieux catholiques, est né à Bamberg en 1799, et a par conséquent aujourd'hui (1873), soixante-quatorze ans. Son premier ouvrage de théologie fut : La Doctrine de l'eucharistie dans les trois premiers siècles, Mayence, 1826. Nommé, après cette publication, professeurd'bistoire ecclésiastique à Munich, il s'est rendu célèbre en Allemagne par ses cours et par d'autres ouvrages. Son cours a paru résumé sous le titre : Manuel de l'histoire de l'Eglise, 1828, et développé sons celui de : Traité de l'histoire de l'Eglise, 1813.
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En 1845, M. Dœllinger représenta l'université de Munich aux états de Bavière; et eu 18.Ï1, délégué aux états de Francfort, il vota la séparation absolue de l'Eglise et de l'Etat.
On a de lui : Origines du Christianisme, trad. en français par L. Bore, 2 vol. Paris, 1840, et 2= édit. 1830; la Religion de Mahomet, Itatisbonne, 1838; la Réforme, sjil développement intérieur et ses effets, 1846-1818; Esquisse sur Luther, t Soi ; etc.
Le Noir.
DOGMATIQUE, ce qui appartient au dogme, ce qui concerne le dogme.
On dit un jugement dogmatique, pour exprimer un jugement qui roule sur des dogmes ou sur des matières qui ont rapport au dogme; /'oit dogmatique, pour dire un fait qui tient au dogme, par exemple, pour savoir quel est le véritable sens de tel ou tel auteur. On a vivement disputé, dans ces derniers temps, à l'occasion du livre de Jansénius sur l'infaillibilité de l'Eglise, quant aux faits dogmatiques. Les défenseurs de ce livre ont prétendu que l'Eglise ne peut porter des jugements infaillibles sur celte matière, qu'elle ne peut condamner telle proposition dans le sens de l'auteur, et qu'en ce cas le silence respectueux est toute l'obéissance que l'on. doit à ces sortes de décisions.
Il est clair que, pour jeter de la poussière aux yeux des ignorants, ces théologiens ont joué sur une grossière équivoque. Lorsque l'Eglise condamne une proposition, dans le sens de Fauteur, elle ne prétend pas décider que l'auteur a véritablement eu tel sens dans l'esprit en écrivant; c'est là un l'ait purement personnel, qui n'intéresse en rien les lecteurs; mais elle entend que la proposition a naturellement et littéralement tel sens. Cela s'appelle te sens de l'auteur, parce que l'on doit présumer qu'un écrivain a eu dans l'esprit le sens que ses expressions présentent d'abord à tout lecteur non prévenu. (juand on dit : consultez tel auteur, cela signifie, consultez son livre; si l'on ajoute, vous entendez mal cet auteur, c'est comme si l'on disait, vous ne prenez pas le sens naturel et littéral de ses termes.
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Or, si l'Eglise pouvait se tromper sur le sens naturel et littéral d'une proposition ou d'un livre, elle pourrait proscrire, comme hérétique, un livre qui est véritablement orthodoxe ; elle pourrait mettre dans la main des fidèles un livre hérétique qu'elle aurait faussementjugé exempt d'erreur.
Autant valait dire sans détour que l'Eglise peut enseigner aux tidèles l'hérésie et l'erreur. C'est dommage que les défenseurs des livres d'Origène, de Pelage, de Nestorius, de Théodoret, etc., ne se soient pas avisés de cet expédient pour esquiver l'excommunication, il en serait résulté que toute censure des livres faite par l'Eglise peut être bravée impunément. ,.
On ne doit pas être surpris si les souverains Pontifes ont condamné ce subterfuge. (I I ; il n'est aucun théologien catholique qui ne croie que l'Eglise a uni' autorité infaillible pour approuver et condamner les livres, et que tout fidèle doit à ce jugement, non-seulement un silence respectueux, mais un acquiescement d'esprit et de coeur.
Il est évident qu'une partie essentieliede l'enseignement, estdedonner aux tidèles les livres propres à les instruire, et de leur ôter ceux qui sont capable^ de les tromper et de les pervertir. Si donc l'Eglise pouvait se tromper elle-même dans le jugement qu'elle porte d'un livre quelconque, il serait impossible aux fidèles de s'en rapporter à elle ponr savoir ce qu'ils doivent lire ou rejeter.
Ce n'est pas au dix-septième siècle que l'Eglise a commencé de censurer ou d'approuver les livres, elle l'a fait depuis sa naissance et dans tous les temps, et il y a plus que de la témérité à penser qu'en cela elle a passé les bornes de son autorité. C'est en vertu de son jugement que nous distinguons encore aujourd'hui les livres canoniques de l'Ecriture sainte d'avec ceux qui ne le sont pas. Si ce jugement était sujet à l'erreur, sur quoi serait fondée notre croyance? Il est étonnant que les théologiens qui ont contesté sou infaillibilité sur ce point
[1) àlkxajidrk VII, Clément XI. GtJDaSET.
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n'aient pas vu les conséquences énormes qui s'ensuivaient de leur opinion, et il n'est que trop prouvé d'ailleurs qu'à la faveur de ce subterfuge, ces mêmes théologiens ne se sont fait aucun scrupule d'enseigner la doctrine erronée que l'Eglise avait voulu condamner. Bergier.
DOGMATISER, enseigner; ce terme se prend aujourd'hui en mauvaise part et dans un sens odieux, pour exprimer l'action d'un homme qui sème des erreurs et des principes pernicieux. Ainsi l'on dit que Calvin et Socin commencèrent à dogmatiser en secret, et qu'enhardis par le nombre des personnes séduites, ils répandirent lours opinions plus ouvertement.
Lorsqu'un homme n'enseigne que ce qui est communément cru et professé dans l'Eglise, ou lorsqu'il propose ses opinions sans prétendre les faire adopter, prêt à les rétracter et ;ï les corriger, si l'Eglise les juge condamnables, on ne peut pas l'accuser de dogmatiser; il mériterait ce reproche, s'il avait l'ambition de faire des prosélytes, et s'il écrivait dans la résolution de ne point se soumettre à la censure de l'Eglise.
Bergieh.
DOGME, du grec ôoyixa, maxime, sentiment, proposition ou principe établi en matière de religion. Ainsi nous disons les dogmes de la foi, pour exprimer les vérités que Dieu a révélées, et que nous sommes obligés de croire ; tel dogme a été décidé par tel concile, etc. L'Eglise ne peut pas créer de nouveaux dogmes; mais elle nous fait connaître, avec une certitude infaillible, quels sont les dogmes que Dieu a révélés.
Ce qui est dogme dans une société chrétienne, est souvent regardé dans une autre comme une erreur; ainsi la consubstan ialité du Verbe et la présence réelle de Jésus-Christ dans l'eucharistie, qui sont deux dogmes pour les catholiques, sont rejetés comme deux erreurs par les sociiiiens et par les sacra mentaires.
Un reproche ordinaire des incrédules, est de dire que les dogmes spé-
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culatifs qui n'obligent les hommes à rien, et ne les gênent en aucune manière, leur paraissent quelquefois ])lus essentiels à la religion que les vertus qu'elle prescrit ; que souvent même ils se persuadent qu'il leur est permis de soutenir et de défendre les dogmes aux dépens de la probité et de la charité.
Mais ils devraient nous dire quels sont les dogmes qui n'obligent les hommes à rien et ne les gênent en rien ; nous ne connaissons aucun dogme enseigné par la vraie Religion, duquel il ne s'ensuive des conséquences morales, et qui ne soit un motif de vertu. S'il en est un qui puisse paraître purement spéculatif, c'est celui de la Sainte-Trinité ; mais sans ce mystère, celui de l'Incarnation et de la rédemption du monde par le Fils de Dieu, ne peuvent pas subsister. Soutiendra- t-on que le bienfait de la rédemption ne nous engage à rien, que ce n'est point un motif de reconnaissance envers Dieu, de zèle pour notre propre salut et pourcelui du prochain? L'expérience prouve que ceux qui ne font aucun cas du dogme, ne respectent pas davantage la morale ; que l'affectation de donner la préférence à celle-ci n'est qu'un masque sous lequel on cache nue indifférence égale pour l'un et pour l'autre. En l'ait de probité) nous ne voyons pas que les incrédules soient [dus scrupuleux que les croyants, sur le choix des moyens, pour défendre leurs opinions.
Quelques-uns disent que la meilleure religion sérail celle qui proposerait peu de dogmes ; d'autres prétendent qu'il n'en faut point du tout, parce que les dogmes sont par euxmêmes une source de disputes et de divisions parmi les hommes.
S'il n'y avait point do dogmes à croire, sur quoi porterait la morale?
On sait de quelle manière les athées ont réussi a forger une morale pour ceux qui ne croient pas en Dieu. Ce n'est point à nous, mais à Dieu, de lixer le nombre des dogmes nécessaires ; dés qu'il en a révélé, il est absurde de juger qu'ils sont superflus, et que nous pouvons nous dispenser de les croire.
On dispute sur la morale aussi bien que sur le dogme, et il n'y a pas moins d'erreurs sur l'un que sur l'autre de ces chefs dans les écrits des incrédules ; une vérité spéculative ou pratique n'est jamais un sujet de dispute par elle-même, mais par l'indocilité et l'opiniâtreté de ceux qui la contestent ; un incrédule même est convenu que si les hommes y avaient quelque intérêt, ils disputeraient sur les éléments d'Iùiclide.
De tout temps les philosophes ont eu l'ambition d'ériger en dogmes leurs opinions les plus fausses; comme ils n avoient enseigné aux hommes que des erreurs, il a fallu, pour réparer le mal qu'ils avaient fait, que Dieu révélât des dogmes vrais, et forçât les philosophes mêmes à plier sous le joug de la foi. Saint Paul nous le fait remarquer. Il dit : « Parce que le » monde, avec toute sa prétendue sa- » gesse, n'avait pas connu Dieu ni la » sagesse de sa conduite, il a plu à » Dieu de sauver les croyants par la n folie de la prédication, » c'est-àdire, par la foi à ces mêmes dogmes, que les incrédules regardent comme une folie. 1 l'or., c. I, ^ 21.
A quoi servent, disent les incrédules, les dogmes de la Trinité, de la création, de la chute de l'homme, de l'incarnation, de la satisfaction de Jésus-Christ, de sa présence dans l'eucharistie, de la nécessité de la grâce, elc. Ce sont des mystères, des propositions incompréhensibles et révoltantes, desquelles on a souvent tiré des conséquences pernicieuses, qui n'aboutissent qu'à diviser les chrétiens en une infinité de sectes, et à les rendre ennemis les uns des autres.
Nous répondons d'abord que, puisque Dieu a révélé ces vérités, il est absurde de demander à quoi elles servent; si elles étaient inutiles ou pernicieuses, Dieu ne les aurait pas enseignées aux hommes. Il faut bien qu'elles soient utiles, puisque la croyance de ces vérités a fait éclore des vertus dont la nature humaine ne paraissait pas capable, et des mœurs qui ne sr trouvent point ailleurs que chez les nations chrétiennes ; contre un fait aussi incontestable, il est ridicule d'alléguer de prétendus inconvé-
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nients. Voilà ce que nos anciens apologistes ent répondu aux philosophes ennemis du christianisme. Il faut que ces dogmes soient utiles, puisque, faute de les connaître, ces mêmes philosophes, si éclairés d'ailleurs, n'ont enseigné que des absurdités sur la nature divine, sur celle de l'homme et sur sa destinée, sur les règles des mœurs, etc. Ils sont non-seulement utiles, niais nécessaires, puisqu'en refusant de les croire, nos philosophes retombent dans le chaos des anciennes erreurs. Eniin, les dogmes mystérieux sont inévitables : Dieu, pour se faire connaître, ne peut se montrer que tel qu'il est, par conséquent comme incompréhensible. Voyez Mystère.
Parce que les anciens n'admettaient pas la création, ils n'ont pu démontrer l'unité, ni la spiritualité, ni la providence de Dieu ; ils ont approuvé le polythéisme, l'idolâtrie et les superstitions populaires. En niant la Sainte Trinité, les sociniens ont réduit le christianisme à un pur déisme, et le déisme a conduit nos raisonneurs à l'athéisme ; les protestants, en abjurant le mystère de l'eucharistie, ont ébranlé, la foi de tous les autres mystères, ont changé tout l'extérieur du christianisme, et ont frayé le chemin aux erreurs dont nous venons de parler. Ainsi, tous nos dogmes forment une chaîne indissoluble; si l'on veut en rompre un seul anneau, l'on meta leur place une chaîne d'erreurs, dans laquelle on ne sait plus où s'arrêter.
Dans ce système de religion, chefd'œuvre de la sagesse divine, il n'y a pas une seule vérité qui ne contribue à nous faire comprendre la dignité de notre nature, le prix de notre âme, la volonté sincère que Dieu a de nous sauver, et ce que nous devons faire pour y correspondre. Quand on nous demande à quoi tout cela sert, c'est comme si l'on demandait à un noble de quoi lui servent ses titres et les droits de sa naissance. Quiconque les perd de vue, est bientôt tenté de se confondre avec les plus vils animaux.
Mais ces dogmes sont un sujet de disputes, de divisions, de haines et
de préventions nationales; qui en doute? 11 en est de même de toute autre vérité. Les hommes ne disputent pas seulement sur les dogmes que Dieu a révélés, mais encore sur ceux que la raison nous enseigne, ils disputent sur leurs propres rêveries et sur tous les objets de leurs passions.
Si l'on voulait étouffer toutes les semences de disputes, il faudrait supprimer tous les droits, toutes les lois et les prétentions, toutes les institutions civiles et sociales ; il faudrait nous abrutir, et encore les brutes se disputent-elles leur proie.
C'est une question théologique de savoir commenl l'on peut distinguer nn dogme de foi, que personne ne peut nier sans tomber dans l'hérésie, d'avec une autre vérité quelconque.
Melchior Canus, de Locis ThcoL, lib.
12, cap. 0, réduit les dogmes à deux espèces; savoir, ceux que Dieu a révélés expressément, et ceux qui s'en déduisent par une conséquence évidente et immédiate ; parce que l'on ne peut pas nier cette conséquence sans donner atteinte au principe d'où elle s'ensuit. Or, Dieu nous a révélé des vérités qui nous sont connues, non-seulement par l'organe des auteurs sacrés qu'il a inspirés, mais encore par l'enseignement traditionnel de l'Eglise ; et cette tradition nous est transmise par le témoignage unanime ou presque unanime des saints Pères, par les décrets des conciles généraux et reconnus pour tels, par les décisions des souverains pontifes, reçues dans toute l'Eglise (1), par le sentiment commun et général des théologiens, par les pratiques et les usages religieux universellement adoptés.
Ainsi l'Eglise catholique soutient contre les protestants, que l'on doit regarder comme dogme de foi, nonseulement les vérités clairement et formellement révélées dans l'Ecriture sainte, mais encore celles que l'Eglise a toujours crues eteroit encore, quand même on n'en trouverait pas l'expression claire et formelle dans l'Ecri-
(1) Depuis le concile du Vatican, il n'est pas nécessaire que la décision du souverain pontife, à titra de souverain pontife, soit reçue de toute l'Eglise ; elle a sa valeur d'infaillibilité ex sese non autem ex consensu ecclesia:. Lu Nom.
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ture.Elle soutient même que, comme l'on dispute tous les jours sur le sens des passages de 1 Ecriture, ces passages ne peuvent faire règle de foi, qu'autant que le sens en est fixé et déterminé par la croyance commune et universelle de l'Eglise. Voy.
ECIUTL'UK SAINTE, TRADITION, FOI, S 2,
etc.
Pour prouver que cette méthode de l'Eglise romaine est fautive, les protestants lui ont. reproché d'avoir forgé de nouveaux dogmes de foi, qui n'étaient ni connus ni professés par l'Eglise des premiers siècles; ils ont dit que la présence réelle de Jésus- Christ dans l'eucharistie n'était devevenue un dogme qu'au huitième ou au neuvième siècle; que la transsubstantiation avait été inventée par le pape Innocent III, dans le concile de Latran au treizième, elc. Nous prouverons la fausseté de cette accusation en traitant de chacun des articles que les protestants ont rejetés comme nouveaux.
Nous ajoutons que, quand cela serait vrai, les protestants auraient encore tort d'objecter cet inconvénient puisqu'il est le même parmi eux. En effet, ils tiennent aujourd'hui des dogmes que les premiers réformateurs n'avaient pas vus dans l'Ecriture sainte, puisqu'ils avaient enseigné, le contraire ; vingt fois ils ont varié dans leurs professions de foi, et ils se sont réservé le pouvoir de varier encore toutes les fois qu'il leur semblera voir dans l'Ecriture sainte un sens qu'Us n'y voyaientpas auparavant (I). Nous voudrions savoir pourquoi il n'a pas été permis à l'Eglise romaine de faire de même dans tous les siècles. Nous avouons qu'elle a toujours renoncé à ce privilège, et qu'elle l'a laissé tout entier aux hérétiques; elle a été si peu tentée d'innover, que toutes les fois qu'elle a vu éclore dans son sein une doctrine nouvelle, elle n'a pas hésité de la condamner (2).
(1) Voyez Us Entretiens philosophiques sur In réunion des églises chrétiennes, par le baron de Star' k, ministre protestant. Gousset
(2) Il faut distinguer entra rme doctrine nouvelle qui est contradictoire à la dogmatique anciennement crue et définie, et une doctrine, nouvelle dans sa formule explicite, mais, qui, n'aymt rien
Dans tous les dogmes, dit le savant Bossuet, on marche toujours entre deux écueils, et on semble tomber dans l'un, lorsqu'on s'efforce d'éviter l'autre, jusqu'à ce que les disputes et les jugements de l'Eglise, intervenus sur les questions, fixent le langage, déterminent l'attention, et assurent la marche des théologiens. Mais l'on se trompe beaucoup, lorsqu'on imagine que la doctrine ainsi déterminée et plus clairement expliquée, est une doctrine nouvelle (3).
C'est principalement aux Pères de l'Eglise des premiers siècles que les protestants attribuent la témérité de forger de nouveaux dogmes: Cela est venu, disent-ils, de plusieurs causes.
1° Ces Pères n'entendaient pas l'hébreu; de làils ont traduit le mot schêoî, le tombeau, le séjour des morts, par le grec i£8tiî, l'enfer, et par le latin infernus, qui ont une signification toute différente. Ainsi, l'on a imaginé la descente. deJésus-Christaux enfers, dont on a fait un article du symbole.
2° Les Pères ont donné trop légèrement croyance à de fausses traditions apostoliques; ainsi l'on a prétendu que Jésus-Christ a vécu plus de quarante ans, qu'il reviendra régner sur la lerre pendant mille ans, qu'il ne faut pa< célébrer la pâque avec les Juifs. :.!° Par al lâchement à la philosophie de Platon, ils ont adapté à la trinilé platonicienne ce qui est dit dans l'Ecriture des trois Personnes divines (4). 4° Pour se rapprocher des
de négatif rie fette dogmatique ancienne, exprime un point de vue nouveau en ce sens qu'on n'y avait point pensé auparavant on :jn'il était resté à l'état île discussion. I) os le premier cas la logique catholique conduira toujours, i le besoin de décision se révèle, à condamner; mais. dans le second, elle conduira, an contraire, soit à une d. linition affirmative du po rit en question, s'il en est besoin, soit a la liberté de pensée laissée sur ce mémo point, si cela est juçé plus a propos. Le Noir.
(3) Elle est nouvelle par rapport a la connaissance que les lionim- son ont ; elle ne l'est p s comme vérité en s i. Il en est de même des découvertes srientiliqnes : la vérité naturelle que l'on découvre fut toujours une véiité; mais elle n en est pas moins nouvellement reconnue. Le Noir.
(i) Déjà no'is avons vn plusieurs fois Bergier, et tout d'ahnrd dans voit p'nndela théologi , qui est un chef-d'œuvre de scien e et de groupement, rejeter la Trinit' philosophique de Platon comme n'ayant aneiui rapport avec la Trinité chrétienne; c'est, .i notre avis, une grande erreur de notre théologien; la Trinité de Platnn est bien la Trinité
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opinions païennes, ils ont attaché au mot sacrement la même i 1 1 <'■ o que les païens avaient de leurs mystères, etc.
En examinant tons ces points de doctrine sous leur titre particulier, nous ferons voir que ceux qui sont des dogmes sont fondés sur l'Écriture sainte ; que les autres n'ont été que des opinions particulières et passagères, ou des usages indifférents; qu'ainsi la prétention desprotestantsestfausse à tous égards. Voyez Tradition
BERGIEn.
DOME. [Tkêol. mixt. art. archît.) — En Allemagne on se sert du mot dôme pour distinguer toute espèce de cathédrale; ce n'est point en re sens que nous le prenons ici, ni.iis dans notre sens français, qui est celai d'une œuvre d'architecture particulière tenant son rang à côté des nefs, des portiques, des flèches, des tours, etc.
Le mot dôme dans ce sens s pour synonyme celui de coupole, ou du moins exprime la grande coupole développée comme elle l'a été dans certains chefs-d'œuvre de l'architecture religieuse. Voici la définition qu'en donne M. l'abbé Bourrasse dans son Dictionnaire d'archéologie sacrée, (édit.
Migne.)
« Ce que nous appelons aujourd'hui coupole, et avec plusde précision dôme, est une construction circulaire, sphérique à son sommet (1), plus ou moins
chrétienne philosophiquement pi liqnéaj suint Augustin a dôvelopj é cette explication elle-même, d'une manière | lus parfaite sans doute parce qu il était éi'iniré far I évangile, mais cette manière est an fond identique à celle de Platon. V. nns articles sur la Trinité; on peut les consul rer comme des correctifs développés de ceux do Bergier sur la même matière, dans ce qu'ds ont de négatif des idées humaines purement lationnelles de la Trinité.
Lb N'ur.
(1) Du moins a l'intérieur, car il y a des fiâmes qui affectent la forme oetosone, à l'extérieur, jusqu'au sommet, et même a l'intérienr sauf la calotte jui est plutôt en coupole ; et ce ne sont point les moins beaux; tel est le dôme de la cathédrale de C.ontanccs, sorte de tour octogone intérieurement ouvert'', mus, en tons cas, vér tahle chef-d'œuvre qui semble port '. sans point d'appui, dans les airs; le f'moux Vaulian, pa ssnt par Cnutanees et regardant c tle merveille, du centre du transept, audessus duquel elle s'élève avec une légè été vraiment audacieuse, s'écria: «Quel est l'heureux fou qui a fait c la ?... » An reste , la cathédrale tout entière, œuvre des Tancrèdes, e*t d'une unité et d'une pureté de style dans le gothique simple, qui fait l'admiration de tout conn lisseur. Le N'oir.
élevée et plus ou moins large, reposant par sa hase sur des piliers ou massifs qui dessinent un plan carré ou polygone. Dans son tracé le plus ordinaire, un dôme nous offre donc trois parties principales : la coupole proprement dite, ou la calotte qui le termine, le tambour qui soutient la calotte; les pendentifs qui portent le tambour, et qui sont destinés à racheter les angles du polygone inférieur sur lequel repose toute la construction. »
Ce genre d'architecture , qui est une invention magnifique, porte presque toujours, comme dans Saint-Pierre do Rome, qui en est le type le plus grandiose, et dans Saint-Paul de Londres, dont la vue impressionne audelà de tonte expression, un certain cachet de modernité qui fait qu'on en attribue généralement l'honneur aus temps modernes. Cependant, il est juste de dire que le mérite des derniers siècles sur ce point consiste bien plutôt à avoir perfectionné ce genre qu'à l'avoir inventé. Nous venons déjà de citer, dans la noie précédente , l'exemple du dôme de la cathédrale de Coutances, qui est du treizième siècle, et qui, s'il n'est pas un (Mme à la moderne proprementdit, en est cependant un qui n'a pas moins de beauté; il n'a point la grande voûte cintrée, il est vrai; il se réduit à un tambour à colonnades verticales, lesquelles sont portées par des pendentifs et supportent une calotte qui n'est qu'une couverture; mais la première idée du vrai dôme apparaît dans la calotte, dans la colonnade octogone ouverte en dedans à la vue jusqu'à la calotte, et dans les pendentifs qui rachètent les angles au-dessus des piliers. Élargissez le tambour, agrandissez la coupole en le cintrantau-dessus, et vous pourrez dire avec Michel-Ange que vous avez «jeté le Panthéon dans les airs, » que vous avez fait le dôme moderne dans toute sa magnificence.
Voilà déjà que le moyen âge n'est pas étranger à l'invention du dôme. La question vaut donc la peine d'être étudiée au point de vue historique.
Dans la Grèce, on ne trouve ni le dôme ni la coupole appliqués à des
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constructions considérables, mais en remontant pi us haut et étudiant autant que possible les constructions hébraïques du temple de Salomon et à l'imitation de ce temple, on reconnaît assez bien la nécessité et l'usage de la coupole. Les restes récemment découverts sous l'emplacement de l'ancien temple à Jérusalem, joints à l'usage, qui dure encore dans celle ville plus que partout ailleurs même en Orient, de terminer les maisons en coupoles, indiquent assez bien que tel était, au temps des rois de Juda et d'Israël, le système d'architecture le plus pratique. La coupole remonte donc aux temps les plus antiques ; or la simple coupole est l'enfance du grand dôme.
Si les (irecs, d'ailleurs, ne nous offrent pas de constructions considérables en forme de voûte éle\ée sur plan circulaire ou à beaucoup de faces, il en est autrement des Hoinains, qui employèrent souvent un pareil système. Le panthéon de Home en est resté le modèle le plus parfait par ses proportions et le plus majestueux par sa grandeur. Cependant il n'est pas certain que l'idée «le passer du plan carré au plan circulaire à l'aide du pendentif fût appliquée dans cette construction superbe ; on l'a nié, et c'est ce qui a fait considérer Sainte- Sophie de Constantinople comme le premier monument où cette idée se fût révélée. Mais, il y lu ait, dans ce jugement, une inexatitude qui est aujourd'hui corrigée. Il y a à Home un antre édifice, beaucoup moins considérable, il esl vrai, — mais qu'importent les dimensions quand le système est appliqué, — ■ dans lequel une coupole hémisphérique est élevée sur un plan octogone, dont les angles sont effacés, pour le raccordement avec la coupole, par de vrais pendentifs; c'est l'édifice dont on voit les ruines hors de la Porte Majeure sous le nom de Torre di Schiari. Il y a aussi dans les thermes de Caracalla un temple à Hercule qui présente les restes de buit pendentifs destinés à porter une voûte en coupole sur un mur octogone.
Sainte-Sophie n'est donc pas le plus ancien monument dans lequel
on puisse remarquer des pendentifs.
Mais il n'en est pas moins vrai qu'ils se trouvent là dans tout leur développement et sur les plus grandes proportions. Cependant, est-ce le vrai dôme? Non; il lui manque encore le tambour, servant de transition entre les pendentifs et la coupole ; celle-ci porte immédiatement sur lespendenti'.s, c'est le contraire du dôme de la cathédrale de Coutances, dont nous avons parlé, dans lequel le tambour est tout, en conservant la forme octogone, tandis que dans les dômes parfaits, il devient tout à fait circulaire en restant vertical jusqu'à la naissance de la coupole.
Qu'y a-t-il donc à faire pour arriver au vrai dôme? prendre la coupole antique et bizanlinc comme on la voit à Sainte-Sophie de Constantinople; prendre, en le moditiant, le tambour des constructions gothiques ; et placer l'une sur l'autre, le tambour servant de transition à la coupole, comme les pendentifs servent euxmêmes de transition entre les piliers et le tambour.
C'esl ce que lit Michel-Ange en construisants. Pierre de Rome, après avoir vu à Florence le dôme de Brunelleschi, et connu la pensée qu'en avait eue Bramante ; et il lit une merveille dont tous les dômes modernes, y compris celui de Londres, le plus beau que nous ayons vu, ne sont que des imitations pins ou moins heureuses, plus ou moins grandioses relativement à l'inimitable modèle.
Voici ce qu'en dit M. Hourassé que nous avons cité pour commencer et que nous allous citer pour finir :
« La construction de cette célèbre coupole nous montre l'art arrivé à son dernier période de science, de hardiesse et de magnilicence. Elle porte sur un tambour d'une admirable proportion, lequel se trouve fièrement isolé des massifs inférieurs par de beaux pendentifs qui luiservent d'appui. Le diamètre de ce dôme est immense, son élévation l'est aussi ; sa forme est élégante, noble, majestueuse. Il est la gloire du temple célèbre qui le soutient et qu'il couronne :
objet d'étonnement pour le siècle qui l'a vu naître, il fera l'admiration de
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tous ceux qui seront les témoins de sa durée. » Le Noir.