‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 4 (volume 4)Chapitre 26 sur 96 · BON · texte numérisé non relu

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en vers. Il connaissait parfaitement l'antiquité. Ses œuvres sont :

Oratio in funere Marias Cesiseab Altaemps, Rome, 1610, in-4°;

Carminum libri fres, Rome, 1025, in- 10; Francfort, 1634,in-4°;

Suevia tragœdia, Rome, I629,in-16, réimprimée, avec d'autres pièces dramatiques de ses confrères, à Anvers, 1034 ;

De A rte poetica libri très, Rome,! 030;

Roma vêtus ac recens, utriusque xdifiriis ad eruditam cognitionem expositis, Home, 1633, 1639, in-'r; Amsterdam, 1664, in-K"; 1694, in-i"; incorporé dans le troisième volume du Thésaurus Antiquitatum Romanarum de Grsevius. L'édition d'Amsterdam de 1694 est la plus estimée. Cet ouvrage est plein d'érudition et d'une saine critique ;

Constantmus, limita: lib^rator, poema heroicum, Rome, 1643, in-8° , et Francfort, 1654. J. Vogt l'a oubliée dans son Historia litteraria Constantini Magni, 1770, in-8°.

On a aussi de Donati des Discours sur des sujets pieux, et une Vie de

Paul Y, qui se trouve, sans le mini île

l'auteur, dans Vitss Romanorum Pon- Uficum, d'Alph. Chaccon, Rome, 1630.

Le Noir.

DONATISTES, anciens schismati- <|ues d'Afrique, ' ainsi nommés de

Donat, I lu if île leur parti.

Ce schisme, qui affligea longtemps l'Eglise, commença l'an 311, à l'occasion de l'élection de Cécilien, pour succéder a Meiisurius dans la chaire épiscopalc de Cai'thage. Quelque légitime que fût celle élection, une brigue puissante, formée par une femme nommée Lucille, par Botrus et Célésius, qui avaient eux-mêmes prétendu à l'évèché de Carthage, la contesta, et lui en opposa une autre en faveur de Majorin, sous prétexte que l'ordination de Cécilien était nulle, ayant, disaient ses compétiteurs, été. faite par Félix, évèque d'Aptonge, qu'ils accusaient d'être traditeur, c'est-à-dire d'avoir livré aux païens les livres et les vases sacrés, pendant la persécution. Les évoques d'Afrique se partagèrent pour et contre ; ceux qui tenaient pour Majorin, ayant à leur tète un nommé

Donat, évèque de Cases-Noires, furent appelés donatistes.

Cependant la contestation ayant été portée devant l'empereur, il remit le jugement à trois évêques des Gaules; savoir, Maternus de Cologne, Rétitius d'Autun, et Marin d'Arles, conjointement avec le pape Miltiade. Ceuxci, dans un concile tenu à Rome, composé de quinze évèques d'Italie, et dans lequel comparurent Cécilien et Donat, chacun avec dix évèques de leur parti, décidèrent en faveur de Cécilien; ceci se passa en 313; mais la division ayant bientôt recommencé, Os donatistes furent de nouveau condamnés par le concile d'Arles, en 314, et enlin par un éilit de Constantin, du mois de novembre 310.

Les donatistes, qui avaient en Afrique jusqu'à trois cents chaires épiscopales, voyant (pie toutes les autres EglLses adhéraient à la communion de Cécilien, se précipitèrent ouvertement dans le schisme, et, pour le colorer, ils avancèrent des erreurs. Ils soutinrent I" quelavéritablp Eglise avait péri partout, excepté dans le parti qu'ils avaient en Afrique, regardant toutes les autres Lisses comme des prostituées qui étaient dans l'aveuglement; .'" que le baptême et les autres sacrements conférés hors de l'Eglise, c'està-dire hors île leursecte, étaient nuls; en conséquence, ils rebaptisaient tous ceux ipii, sortant de l'Eglise catholique, entraient dans leur parti. 11 n'y eut rien qu'ils n'employassent pour répandre leur secte : ruses, insinuations, écrits captieux, violences ouvertes, cruautés, persécutions contre les catholiques, tout fut mis en usage, et à la lin réprimé parla sévérité des édits de Constantin, de Constance, de Théodose et d'Honorius.

Ce schisme au reste était formidable à l'Eglise, par le grand nombre d'évêques qui le soutenaient; et peutêtre cùt-il subsisté plus longtemps, s'ils ne se fussent d'abord eux-mêmes divisés en plusieurs petites branches, connues sous les noms de claudianistes, rogatistes, urbanistes, et enlin par le grand schisme qui s'éleva entre eux, à l'occasion de la double élection de Priscien et de Maximien, pour leur é\ èque, vers l'an 392 ou 393 ; ce qui

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lit donner aux uns le nom de pn's-

ciunistes, et aux autres celui de maximianistes. Suint Augustin et Optât de Milève les combattirent avec avantage; cependant ils subsistèrent encore en Afrique, jusqu'à la conquête qu'en lirent les Vandales, et l'on en trouve aussi quelques restes dans l'Histoire ecclésiastique des sixième et septième siècles.

Ces sectaires ont été quelquefois nommés pétiliens, â cause d'un de leurs chefs ainsi appelé, qui était évèque de. Cirthe en Afrique.

C'est principalement dans ses écrits contre les donatistes, que saint Augustin a établi les vrais principes sur l'unité, l'étendue et la perpétuité de l'Eglise. Il y fait voir 1" qu'il est faux que les pécheurs no soient pas membres de l'Eglise. Jésus-Christ la compare a un filet jeté dan» la mer, qui rassemble des poissons dont les uns sont bons, les autre-, mauvais; à un champ dans lequel l'ivraie se trouve pai nu le bon grain; à une aire où la paille est mêlée avec le froment, et il dit que la séparation s'en fera à la consommation du siècle. Les sacrements qu'il a institués pour purifier les pécheurs, supposent que ceux-ci ne sont pas exclus de l'Eglise. 2° C'était une erreur du supposer que l'Eglise catholique ou universelle fût concentrée dans une poignée de donatistes et dans une partie de l'Afrique, pendant que le reste de l'univers avait péri. Saint Augustin leur demande qui a pu enlever à Jésus-Christ les brebis qu'il a rachetées par son sang. 3 U 11 n'était pas moins absurde de penser que les sacrements étaient nuls, parce qu'ils étaient administrés par des prêtres et des évèques prévaricateurs. La vertu du sacrement ne dépend point des dispositions intérieures de celui qui le donne. C'est Jésus-Christ lui-même qui baptise et qui absout par l'organe d'un ministre pécheur et vicieux. 4° Saint Augustin soutient que l'unité de l'Eglise consiste dans la profession d'une même foi, dans la participation aux mêmes sacrements, dans la soumission aux pasteurs légitimes, qu'il n'y a jamais une juste raison de rompre cette unité par un schisme.

Ces principes, posés par saint Augustin, sont les mêmes pour tous les siècles, et applicables à toutes les différentes sectes qui se sont séparées de l'Eglise.

Quelques auteurs ont accusé les donatistes d'avoir adopté les erreurs des ariens, parce que Donat, leur chef, y avait été attaché; mais saint Augustin, dans son épitre 18o au comte Boniface, les disculpe de cette accusation. Il convient cependant que quelques-uns d'entre eux, pour se concilier les bonnes grâces des Goths, qui étaient ariens, leur disaient qu'ils étaient dans les mêmes sentiments qu'eux sur la Trinité; mais en cela même ils étaient convaincus de dissimulation par l'autorité de leurs ancêtres. Les donatistes sont encore connus, dans ['Histoire ecclésiastique, sous les noms de circoneellions, montmsis, campitœ, rupitx, dont le premier leur fut donné â cause de leurs brigandages, et les trois autres, parce qu'ils tenaient â Home leurs assemblées dans une. caverne, sur des rochers, ou en pleine campagne. Voyez

ClRCONCELLIO.NS, etc.

A l'occasion des donatistes, on a reproché à saint Augustin d'avoir changé de principes et de conduite à l'égard des hérétiques. Il n'avait pas voulu que l'on usât de violence envers les manichéens; il avait même trouvé bon, dans les commencements, que l'on traitât les donatistes avec douceur; dans la suite, il fut de l'avis de ceux qui imploraient contre eux le secours du bras séculier.

Mais il est faux que saint Augustin ait changé de principes ; il a toujours enseigné qu'il ne fallait point employer la violence à l'égard des hérétiques , lorsqu'ils sont paisibles et ne troublent point l'ordre public ; mais lorsqu'ils prennent les armes, exercent le brigandage, commettent des meurtres et des crimes de toute espèce, comme faisaient les donatistes par leurs circoneellions, saint Augustin a pensé, comme tout le monde, qu'il faut les réprimer, les traiter comme des ennemis et des animaux féroces.

Bayle, Basnage, Le Clerc, Barbeyrac, Mosheim, et plusieurs autres

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protestants, ont fait tous leurs efforts pour rendre odieuses la conduite des évoques d'Afrique à regard des donatistcs et les Ion des empereurs qui les condamnaient à des peines afllictives. Le Clerc surtout dans ses Notes sur les ouvrages de saint Augustin, p. 402 et suiv., a prétendu réfuter les raisons par lesquelles ce l'ère a justifié 1rs unes et les autres; il nous parait important d'examiner s'il y a réussi; cela est d'autant plus nécessaire, que plusieurs de nos contro versistes onl comparé la manière dont les donatistes fuient traités en Afrique, avec la conduite que l'on a tenue en France à l'égard des protestants.

Sur la lettre 80 de saint Augustin, ad Festum, n° 2, Le Clerc soutient que les donatistes étaient puni'-, non comme malfaiteurs, mais comme hérétiques schismatiques; que l'on en voulait, non à leurs crimes, mais à leurs erreurs; il prétend le prouver par une loi de Théodose de l'an 392, qui condamnait tout hérétique quelconque à des amendes el à des confiscations, et les esclaves au fouel et à l'exil,

Mais il dissimule plusieurs faits incontestables. 1° Il n'y eut aucune loi pénale portée contre les donatistes, avanl qu'ils eussent commencé à user de violence contre les catholiques; cela leur était arrivé déjà sous Constantin, par conséquent avant l'an 337, près de soixante ans avant la loi de Théodose; ils avaient continué sous le règne de Constant et sous (iratien; l'on avait été obligé d'envoyer contre eux des soldats, l'an 348. 2° Leurs crimes -ont connus et avérés; ils avaient pillé, incendié, rasé des églises; ils avaient attaqué des évoques et des prêtres jusqu'à l'autel; ils les avaient chargés de coups, blessés, tués ou laissés pour morts ; ils avaient poussé la cruauté jusqu'à leur crever les yeux avec de la chaux vive et du vinaigre. Avant l'arrivée de saint Augustin à Uippone, leur évèque Faustin avait empêché les boulangers de cuire du pain pour les catholiques; Crispin, autre évèque donaliste, avait rebaptisé par force quatre-vingts personnes près d'Hippone, etc. Voilà

les faits que saint Augustin leur reproche dans ses lettres et dans ses livres, en particulier dans sa lettre 88 à Jnnuarius, primat donatiste de Numidie, et on les en lit souvenir dans les différentes conférences que l'on eut avec eux. Nous ne voyons point de réplique ni de dénégation de leur part. :t° Les plaintes portées aux empereurs par les évêques catholiques, ont toujours eu pour objet les violence, des donatistes et les fureurs de leurs circoncellions, et non leur schisme ni leurs erreurs; cela es1 prouvé par tes mêmes monuments; quelques évèques allèrent montrer a l'empereur Honorius les cicatrices des blessures qu'ils avaient reçues de ces furieux. Donc les lois pénales portées contre les donatistes avaient pour objet de punir leurs crimes et non leurs erreurs.

En second lieu, Le Clerc soutient que l'empressement des évêques d'Afrique à ramener les donatistes était moins l'effet d'un véritable zèle pour le salut de leurs âmes, que de l'ambition qu'avaient ces évêques d'augmenter leur propre troupeau, d'y dominer avec plus d'empire, d'avoir plu- (le richesses et de crédit.

Outre l'injustice qu'il y a de prêter des motifs vicieux a des évêques qui ont pu en avoir de louables, cette accusation maligne est encore réfutée par les faits. )° Ces évêques n'avaient uégligé ni les instructions, ni les prières, ni les conférences amiables, pour ramener les donatistes par la persuasion. En 307, saint Augustin en eut une avec Fortunius, évèque donatiste, mais pacifique, de Tubursic ; il en eut de même avec quelques autres, l'an 400. Comme ces conférences produisaient toujours des conversions, les donatistes entêtés ne voulaient plus s'y prêter; il fallut un ordre exprès d'Honorius, pour les faire venir à la conférence de Carthage, en il I, et ils y furent confondu--. 2° Avant cette conférence, les évèques catholiques consentirent à quitter leur place, si leurs adversaires venaient à bout de se justifier; ceux-ci ne firent pas de même : il est aisé de voir par là de quel côté il y avait le plus de désintéressement.

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3° Dans un concile d'Hippone, de l'an :to;); dans un autre de Cartilage, en 307; dans celui de toute l'Afrique, l'an 4o| ; dan? un quatrième, de l'an 407; dans la conférence de Cartilage, en 411; il fut constamment décidé ([ne les évoques donatistes, qui reviendraient à l'Eglise catholique, seraient conservés dans leur dignité, et continueraient de gouverner leur troupeau; cela fui exécuté : dans cette conférence de Cartilage, il se trouva plusieurs évèques qui avaient été donatistes, et des prêtres furent élevés à l'épiscopai, pour avoir ramené les peuples ii l'unité. Où sont doue les preuves d'ambition de la part des évèques catholiques? i° Plusieurs, et eu particulier saint Augustin, intercédèrent plus d'une fois anprés des empereurs et des magistrats, pour taire remettre aux donaMstes les amandes qu'ils avaient encourues, et pour empêcher qu'aucun ne fût puni de mort pour ses ci nues ; la charité la plus pure pouvait elle aller plus loin? .v' L'an 313 et 314, dès l'origine de leur schisme, lesdonatistes avaient

demandé pour juges des évèques

gaulois; Constantin les leur accorda, et ils furent condamnés par ces arbitres. Cet empereur voulut encore que leur cause fût examinée dans un concile de Home et dans un concile d'Arles; ils y furent également condamnés. Pouvaient-ils se plaindre d'un défaut de charité et de complaisance pour eux? Les évoques italiens et gaulois qui les condamnaient n'y avaient certainement aucun intérêt.

On conçoit que Le Clerc, en argumentant constamment sur deux suppositions fausses et calomnieuses, n'a opposé que des sophismes aux raisons de saint Augustin.

En effet, dans la lettre 95 à Vincent, êvêque dimatiste de la faction de Rogat, qui se plaignait de la rigueur que l'on exeiruit contre son "parti, saint Augustin lui représente qu'il est très-permis de réprimer un frénétique et de le garrotter; que le laisser faire, ie gérait lui rendre un trèsmauvais service. Le Clerc répond que cette comparaison ne vaut rien. Les frénétiques, dit-il, sont évidemment tels, et troublent la société; mais

dans une dispute de religion, lorsque deux partis également vertueux sont également soumis aux lois civiles, aucun des deux n'a droit de juger l'autre et de le regarder comme frénétique. Si saint Augustin avait vécu plus longtemps, il aurait vu les Vandales ariens traiter à leur tour les catholiques comme des frénétiques et leur reprocher leurs violences, comme il reprochait aux donatistes les fureurs de leurs circoncellions.

Rien n'est plus pitoyable qu'un argument duquel deux partis opposés peuvent également se servir lorsqu'ils sont les maîtres.

Nous répliquons, 1° que la frénésie des circoncellions était prouvée par leurs forfaits, et Le Clerc n'a pas usé en disconvenir; le gros des donatistes, loin de les désapprouver, les honorait connue martyrs, lorsqu'ils étaient tués ou suppliciés; tout ce parti était doue évidemment coupable. De quel front Le Clerc osc-t-il supposer que les deux partis étaient également vertueux, également soumis aux lois civiles ? '2° Les ariens ont-ils jamais pu reprocher aux catholiques les fureurs, le brigandage, les crimes avérés des circoncellions?

Ce sont les ariens eux-mêmes qui les imitèrent en partie, lorsqu'ils se sentirent appuyés par les empereurs Constance et Valens. 3° Dès qu'un séditieux, un malfaiteur frénétique, aura poussé l'impudence jusqu'à reprocher le même crime à ses accusateurs et à ses juges, il s'ensuivra du raisonnement de Le Clerc, que l'on a perdu le droit de le punir.

Dans le môme endroit, saint Augustin dit que plusieurs circoncellions, devenus catholiques, pleurent et détestent leur vie passée, et bénissent l'espèce de violence qu'on leur a faite pour les convertir. Qui croira, répond Le Clerc, que des malfaiteurs aient ainsi changé tout à coup de croyance, non par la force des raisons, auxquelles ils n'avaient jamais voulu prêter l'oreille, mais par la crainte des peines? Il est évident que leur langage n'était pas sincère, qu'ils l'affectaient uniquement pour plaire au parti le plus puissant. Mais les persécuteurs africains s'embarras-

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saient peu de convertir les donatistes, pourvu qu'ils passent les subjuguer.

Les ariens auraient pu se vanter de même d'avoir converti les catholiques, lorsque, par la crainte des supplices, ilseurent faitabjUrer à plusieurs la foi de Nicée. Dans ces sortes d'occasions, les hypocrites et les hommes les plus vils sont les mieux traités, pendant que les ànics honnêtes et courageuses portenttout Le poids de la persécution.

lit' 1 imita/'. Ainsi, au jugement de Le Clerc, tout hérétique ou schismatique converti est une âme vile ou un hypocrite; les seules Ames honnêtes et courageuses sont celles qui persistent dans l'entêtement et refusent toute instruction. Mais enfin, il est constant par l'histoire que les lettres, les livres, les conférences de saint Augustin, tirent revenir à l'Eglise, non-seulement une multitude de donaîistes, mais encore plusieurs de leurs évoques ; que toute la ville d'Hippone fut de ce nombre; qu'avant sa mort ce saint docteur eut la consolation de voir le plus grand nombre de ces schtsmatiques réunis aux catholiques. Tous ces gens-là étaient-ils des âmes viles et hypocrites? Ils n'avaient donc pas été convertis par la crainte des peines, mais par la force et l'évidence des raisons.

Ibid., n° 3. Si l'on se bornait à effrayer les donatistes sans les instruire, dit saint Augustin, ce serait une tyrannie injuste ; si on les instruisait sans leur faire peur, ils s'obstineraient dans leurs préjugés.

Mais, reprend Le Clerc, les motifs de crainte rendent la doctrine fort suspecte, cela fait croire que, si elle n'élait pas soutenue par la force, elle tomberait d'elle-même, et qu'elle ne pourrait persuader personne sans le secours des lois. Saint Augustin luimême aurait fait aux ariens cette observation, s'il avait été témoin de ce qu'ils tirent en Afrique après sa mort.

Réponse. Nous avons déjà remarqué que les ariens n'employèrent point l'instruction, mais la violence seule et les supplices, pour pervertir les catholiques ; ainsi la comparaison que fait la censeur de saint Augustin porte absolument à faux. Pour ra-

mener les donatistes, il était moins question de discuter la doctrine que déclaircir le fait qui avait donné, lieu au schisme. Ce fut le seul objet de la conférence de Cartilage, en 411, et dés que ce l'ait fut mis une fois en évidence, [es donatistes sentirent l'injustice de leur procédé. La circonstance des lois pénales ne faisait donc rien à la vérité ni à la fausseté de la doctrine,

N° î. Saint Augustin fait remarquer à Vincent que Dieu ne se sert pas toujours des bienfaits, mais souvent des châtiments, pour nous ramener à lui. Le Clerc se récrie encore contre celle comparaison : Dieu, dit-il, a sur nous des droits que les hommes n'ont point sur leurs semblables ; il est, exempt d'erreurs et de passions, les hommes sont sujets aux unes et aux autres; leur prétendue charité est donc toujours fort suspecte.

Réponse. Suivant cette réflexion aucun homme ne peut avoir droit de punir ni de corriger son semblable, pane qu'il doit toujours craindre d'être conduit par la passion, ou

trompé par l'erreur. Mais c'est Dieu lui-même qui a donné aux chefs de la société le droit de punir les malfaiteurs, el qui leur commande d'en user ; u est donc permis a ceux qui souffrent violence de la part îles séditieux d'implorer la protection et l'appui des ministres de la justice.

V 'i. Le saint docteur cite l'exemple du père de famille, qui ordonne à ses serviteurs de forcer ou de contraindre les convives à entrer dans la salle du festin ; et celui de saint Paul, à qui Jésus-Christ lit. une espèce deviolence pour le convertir. Contraindre, répond Le Clerc, dans cet endroit de l'Evangile et ailleurs, signifie seulement engager par des invitations et des instances, et non forcer par violence ; la conversion de saint Paul fut un miracle, qui n'a rien de commun avec, la persécution exercée contre les donatistes. Si les Vandales, devenus persécuteurs, avaient voulu se prévaloir de ces exemples, saint Augustin les aurait accusés de blasphémer.

Réponse. Nous convenons de la

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signification du mot contraindre, employé dan? l'Evangile; niais si les serviteurs du père de famille avaient essuyé une résistance brutale et des mauvais traitements de la part des convives, leur aurait-il été défendu de demander la protection des lois et la punition des coupables? C'était le cas dans lequel se trouvaient les évoques d'Afrique. Saint Augustin ue cesse d'exhorter les fidèles à demander à Dieu, en faveur des donatistes, le même miracle qu'il opéra sur saint Paul ; il lit plus, en intercédant auprès des officiers du prince pour que les donatistes criminels ne fussent pas condamnés à mort. Encore une luis, les Vandales ont-ils fait de même?

N° 6. Saint Augustin soutient, qu'à proprement parler, ce sont les donntùtes qui persécutent l'Eglise, et non l'Eglise qui persécute les donatistes; il applique à ce sujet ce que dit saint Paul, qu'Israël, selon la chair, persécute ceux qui sont Israélites selon l'esprit. Le Clerc prétend que c'est une dérision d'appeler persécution, la résistance que les donatistes opposaient au clergé d'Afrique, pendant qu'ils étaient dépouillés de leurs biens, exilés, maltraités, mis à mort.

On ne peut pas douter de ce fait, dit-il, puisque dans sa lettre centième à Donat, proconsul d'Afrique, saint Augustin demande que cela ne se fasse plus. Mais si les ariens, devenus les maitres, avaient argumenté de même, qu'aurait-il dit? il commence par supposer ce qui était en question; savoir, que les catholiques, et non les donatistes, étaient la véritable Eglise ; c'est comme s'il avait dit : Lorsque je suis le plus fort, c'est à moi de juger ma cause ; mais si mes adversaires le devenaient à leur tour, cela ne devrait par leur être permis.

Réponse, ('.'est bien plutôt Le Clerc lui-même qui l'ait une dérision, en appelant résistance au clergé d'Afrique, le brigandage, les meurtres, les incendies des circoneellions; a-t-il osé nier ces crimes? Il insulte donc lui-même à saint Augustin, en l'accusant d'insulter aux donatistes. Ce Père ne demande pas à Donat que

ces forcenés ne soient plus condamnés à mort, mais qu'ils ne le soient pas.

Il dit qu'il ne faut pas les mettre à mort, mais les réprimer; qu'il faut pardonner le passé, pourvu qu'ils se corrigent pour l'avenir, de peur qu'en souffrant pour leurs forfaits, ils ne se vantent encore de souffrir pour leur religion, etc. C'est donc une malice obstinée de la pari de Le Clerc, de supposer toujours que les lois des empereurs prononçaient la peine de mort contre les donatistes en général, à cause de leurs erreurs, pendant que cette peine était seulement portée contre des incendiaires et des meurtriers. Saint Augustin avait prouvé vingt fois que le parti des donatistes n'était pas la véritable Eglise; il ne supposait donc, pas ce qui était en question, et il n'avait pas a redoYlter un argument semblable de la part des Vandales ariens.

N° 7. Sous le Nouveau Testament, continue le saint docteur, dans le temps qu'il fallait montrer le plus de charité, et que Jésus-Christ ne voulait pas que l'on tirât l'épée pour le défendre, Dieu, sans blesser sa miséricorde, a cependant livré son propre Fils au supplice de la croix. 11 faut donc considérer l'intention plutôt que la conduite extérieure, pour distinguer les ennemis d'avec les véritables amis. Mais il est absurde, réplique notre adversaire, de comparer la conduite du clergé d'Afrique, qui excitait les magistrats contre les donatistes, à la miséricorde que Dieu a exercée envers les hommes, en livrant pour eux son Fils à la mort. Il fallait être bien impudent pour pouvoir persuader aux donatistes que le clergé d'Afrique les tourmentait par charité.

Dieu n'avait rien à gagner au salut des hommes; mais les évèques d'Afrique avaient d'autant plus de relief, d'autorité et de richesses, que leur troupeau était plus nombreux; telle était sans doute la véritable cause de la persécution.

Réponse. Des calomnies répétées dix fois n'en deviennent pas meilleures.

Les ôvêques d'Afrique, loin d'animer les magistrats contre les donatistes, intercédaient pour eux. En effet, saint Augustin, dans sa lettre à Donat, ne

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demande pas grâce en son propre nom, mais au nom de tous ses collègues, et atteste qu'ïlspensaie,ût comme lui. Nous avons cité les preuves irrécusables de leur désintéressement et de leur charité Le Clerc suppose malicieusement, que ce sont lesé\éques qui avaient sollicité la peine de mort contre les donatistes; c'est une fausseté : ils avaient exposé aux empereurs les excès de ces furieux, ils en avaient produit les preuves, ils avaient demandé qu'on les réprimât; mais ils n'avaient ni dicté les lois, ni déterminé les peines. Or, nous soutenons que leur conduite était une vraie miséricorde, non-seulement a l'égard des catholiques qu'il fallait mettre à couvert des attentais de. leurs ennemis, mais a l'égard même des donatistes en général, puisqu'ils ne pouvaient être détournés du crime quepar la crainte. L'inaction el la connivence, en pareil cas, auraient été une véritable cruauté. Jamais les évêques d'Afrique n'ont été assez insensés pour imaginer que ce set ail pour eux un grand avantage de réunir les schismaliques à leur troupeau, à moins qu'ils ne fussent sincèrement convertis et changés ; les imaginations de Le Clerc -mit dune fausses el absurdes.

N" 8. S'il suffisait, dil saint Augustin, «le souffrir perséi ution pour être digne d'éloge, lorsque Jésus-Christ a dit : //' un ux r, n. y qui souffrent"pm i cution, il n'aurait pas ajouté, pour la justice. .Mais, suivant Le Clerc, les donatistes croyaient souffrir persécution pour la justice ; cette disposition

est louable, méi lans ceux qui se

trompent : c'est donc une tyrannie criminelle de les forcer d'agir contre leur conscience.

Réponse. Nous soutenons que jamais les évêques d'Afrique n'ont voulu forcer les schismatiques d'agir contre leur conscience, niais les réduire à se laisser instruire pour corriger leur fausse conscience; et c'est ce qui arriva lorsqu'il y eut des conférences tenues à ce sujet. L'erreur de la conscience n'excuse du péché que quand elle est invincible : or l'erreur ne pouvait pas être invincible à légard de crimes aussi évidents que

ceux des donatistes; elle ne l'était pas, puisqu'elle fut vaincue.

Les prophètes, continue saint Augustin, ont été mis à mort par les impies, mais ils en ont aussi puni de mort quelques-uns; les Juifs ont flagellé Jésus-Christ, et lui-même s'est servi ~<.l 1 1 fouet pour en châtier plusieurs; les apôtres ont été livrés au bras séculier, mais ils ont aussi livré despécheurs au pouvoir de Satan. Le Clerc s'inscrit encore en faux contre ces comparaisons. Les prophètes, ditil, n'ont puni de mort des impies que pour des crimes évidemment contraires a la loi de .Moïse; mais il n'était pas aussi évident que les erreurs des donatistes fussent des crimes. D'ailleurs, ce qu'ont fait les prophètes ne doit pas être imité sous l'Evangile ; Jésus-Christ a repris ses disciples, qui voulaient fane tomber le feu du ciel sur les Samaritains. Luc, p. 9, y o.'i.

11 s'est servi du fouet contre les animaux que l'un tenait à l'entrée du temple, plutôt que contre les hommes.

Livrer a Satan les pécheurs, est un pouvoir miraculeux; saint Augustin l'aurait fait, sans doute, s'il avaitpu; mais il était forcé de se borner â livrer les donatistes aux bourreaux, ce qui est fort différent

Réponse. Pour la troisième fois, nous répétons que les donatistes n'ont point été livrés aux bourreaux pour leurs erreurs, mais parce, qu'ils étaient turbulents, séditieux, voleurs, incendiaires et meurtriers; ces crimes étaient tout aussi évidents que ceux des impies punis par les prophètes.

Les apôtres mêmes ont imité cette conduite, puisque saint Pierre frappa de mort Ananie et Saphire pour un mensonge, Art., c. S, y 5, et saint Paul punit par l'aveuglement le magicien Elymas, c. 13, y 11. L'Evangile dil formellement que Jésus-Christ se servil du fouet contre les marchand-, el les changeurs qui profanaient le temple, et non contre les animaux, Joan.,c. 2, y 15, Il est faux que livrer le pécheur â Satan, par 1 excommunication, soit un pouvoir miraculeux; saint Augustin avait ce pouvoir en qualité d'évêque; mais loin de livrer les donatistes aux bourreaux, il intercédait pour eux. Bien

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de plus touchant que les expressions de son zèle envers ces révoltés ; il faut être aussi forcené qu'eux pour regarder ce langage comme une hypocrisie.

N° fl. Ce saint docteur dit que si, dans les écrits du Nouveau Testament, l'on ne voit point de lois portées contre les ennemis de l'Eglise, c'est qu'alors les souverains n'étaient pas chrétiens. Le Clerc soutient que ce n'est point la vraie raison, que c'est parce que le royaume de Jésus-Christ n'est pas de ce monde. Ce divin Sauveur et ses apôtres auraient pu, s'ils l'avaient voulu, susciter par miracle des légions pour les défendre.

Répunse.Qui en doute? Mais ils n'ont pas ôté aux souverains, devenus chrétiens, le droit et le pouvoir de punir les malfaiteurs, lorsque ceux-ci se couvrent du prétexte de la religion et de la conscience. Saint Paul ordonne de prier Dieu pour les souverains, afin, dit-il, que nous menions une vie paisible et tranquille, dans la piété et la chasteté, 1 Tim.,e. 2,^2 : donc il espérait que les souverains protégeraient un jour les fidèles. Lui-même, pour se soustraire à un tribunal injuste, en appelle à César, Act., c. 25, jr 1 1 . Ce n'est donc pas un crime d'implorer la protection du bras séculier. Le souverain, dit-il, est le ministre de Dieu, pour excercer la vengeance contre celui qui fait le mal, Rom., c. 13, f 4.

Or, les donatistes faisaient le mal, Le Clerc en convient; donc les empereurs faisaient bien de les punir; donc les évoques qui le demandaient n'avaient pas tort.

Ce calomniateur des évèques d'Afrique aurait du se souvenir que le protestantisme n'a dû son établissement qu'à l'autorité, et .souvent à la violence des souverains ; plusieurs protestants célèbres l'ont avoué ; ils oubliaient alors que le royaume de Jésus-Christ n'est pas de ce monde ; ils l'oubliaient bien davantage, lorsqu'ils prenaientles armes contre leur souverain, et qu'ils voulaient se rendre indépendants de toute puissance humaine. Mais Le Clerc sentait la ressemblance parfaite qu'il y a entre la conduite des donatistes et celle des huguenots : pour

justifier ceux-ci, il a fallu, contre toute justice, prendre la défense des premiers.

N° 11. Le donatiste Vincent avait représenté que les rogatistes, du parti desquels il était, ne faisaient aucune violence; saint Augustin lui répond, que c'était plutôt par impuissance que par bonne volonté. Le Clerc, offensé de cette repartie, dit qu'elle est malhonnête, et contraire à la charité chrétienne ; qu'il n'est pas permis de fouiller dans les intentions secrètes des hommes.

Réponse. Qu'a-t-il donc fait autre chose lui-même, en attribuant le zèle des évèques d'Afrique à l'intérêt, à l'ambition, à l'envie de dominer sur un troupeau plus nombreux? C'est ainsi que la passion se trahit. On sait que les rogatistes étaientun parti trèsfaible , que cependant ils avaient sévi contre les maximianistes, autre faction qui leur était jopposée, et saint Augustin le leur a souvent reproché ; leur caractère !, porté à la violence , était donc assez prouvé, sans qu'il fût besoin de fouiller dans leurs intentions.

N° 17. Le saint docteur avoue qu'autrefois son sentiment avait été de n'opposer aux donatistes que des raisons et des instructions, de peur d'en faire des catholiques hypocrites; mais que ses collègues lui avaient fait changer d'opinion, par les exemples qu'ils lui avaient cités, en particulier de la ville d'IIippone, que la crainte des lois impériales avait fait entièrement rentrer dans le sein de l'Eglise. 11 est très-mal, reprend Le Clerc, de Changer ainsi d'avis suivant les circonstances, de considérer plutôt ce qui est utile que ce qui est juste.

Si les empereurs avaient favorisé les donatistes, saint Augustin leur aurait opposé ce que les premiers fidèles disaient aux persécuteurs païens.

Réponse. Voilà donc saint Augustin coupable, parce qu'il n'a pas été opiniâtre ; il a considéré ce qui était juste, encore plus que ce qui était utile, puisqu'il a constamment soutenu aux donatistes qu'ils avaient mérité, et au delà, les rigueurs dont on usait contre eux. Si les empereurs avaient favorisé ces sectaires et vexé

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les catholiques, ceux-ci auraient eu droit de dire, comme les premiers fidèles : Nous sommes paisibles, obéissants et soumis aux lois, nous ne faisons violence à personne, nous ne demandous que la liberté de servir Dieu, et de n'être pas forcés, par les supplices, à rendre un culte aux idoles. I-.es donatistes mil ils jaunis pu avoir le front de tenir ce langage?

N° 18. Saint Augustin a beau soutenir la sincérité de la conversion d'un très-grand nombre de donatistes, Le Clerc s'obstine à prétendre que ces dehors de conversion n'étaient pas sincères. Ainsi agissent toujours, dit-il, les âmes viles qui cherchent à plaire au parti le plus puissant, et qui sont prêtes à tout faire pour conserver en paix leur état et leur fortune.

Comment Augustin, qui pensait que la conversion du cœur ne peut venir que d'une grâce intérieure, a-t-il pu imaginer que cette grâce ne pouvait rien opérer que par le moyen des amendes, de l'exil et des supplices?

N'est-ce pas là se jouer de la prétendue force de la grâce? Si l'on me répond que sans ces moyens 1rs donatistesne voulaient pas prêter l'oreille aux instructions des catholiques, je demanderai à mon tour si ces sectaires ne lisaient pas le Nouveau Testament, et si la grâce divine n'était pas plutôt attachée a la parole de

Dieu qu'aux paroles et aux écrits des évoques d'Afrique. De tout cela, continue Le Clerc, je conclus que la passion a eu plus de part à toute cette affaire que le vrai zèle.

Réponse. Suivant ce beau raisonnement, toute conversion est suspecte, et doit être censée fausse, dés que, pour l'opérer, Dieu a voulu se servir d'une affliction, d'une maladie, d'un revers de fortune, etc. Dieu n'est-il donc pas le maître d'attacher sa grâce à quoi il lui plaît? Si, lorsque Le Clerc faisait des livres pour convaincre les incrédules, un raisonneur lui avait dit: La grâce divine est plutôt attachée à la lecture du Nouveau Testament qu'à celle de vos ouvrages, vous ferez mieux de vous tenir en repos; qu'aurait-il répliqué ? Les donatistes ne croyaient pas, non plus que nous, le dogme sacré des pro-

testants, que la connaissance de toute vérité est attachée à la le ture du Nouveau Testament; ils se souvenaient que, selon saint Paul, la foi vient de l'ouïe, et non de la lecture, et que cet apôtre ordonne aux évèques de prêcher: chose fort inutile, si le Nouveau Testament seul suffit. La plupart des Africains ne savaient pas lire; et nous ne voyons pas que l'Evangile ait jamais été traduit en langue punique. Le principal fondement du schisme des donatistes était une erreur de fait, une accusation fausse intentée contre Cécilien, évêque de Cartilage, et contre Félix d'Aptonge, qui l'avait sacré; est-ce en lisant le .Nouveau Testamenl que l'on pouvait éclaircir ce fait? Il le fut dans les conférences tenues entre les donatistes et le» catholiques, et dès ce moment tout ce qu'ily avait d'hommes sensés parmi les premiers comprirent que toutes leurs prétentions étaient insoutenables.

Dans sa lettre centième, saint Augustin a écrit à Donat, proconsul d'Afrique : « Nous souhaitons qu'on » les corrige, et non qu'on les mette » à mort; qu'on les assujettisse à la » police, et non qu'on leur fasse su- » bir les supplices qu'ils ont mé.ri- » lés. » A ce sujet, Le Clerc cite la loi d'Honorius, de l'an 408, par laquelle il est dit]: « S'ils entreprennent » quelque chose qui soit contraire > au parti catholique, nous voulons » qu'ils soient condamnés au supplice » qu'ils ont mérité. » Si cet empereur, dit Le Clerc, n'avait ordonné de punir que les séditieux, sans inquiéter ceux qui vivaient paisiblement dans leur erreur, il n'y aurait pas lieu de le blâmer; mais il brouille tout, en confondant les errants avec les malfaiteurs, et saint Augustin fait de même D'ailleurs, les lois de Théodose et de ses enfants n'étaient déjà que trop cruelles, puisqu'elles ordonnaient la confiscation des biens de tous ceux qui seraient convaincus d'avoir rebaptisé, et déclaraient incapables de tester tous ceux qui auraient contribué à cet attentat. Les donatistes étaient tellement tourmentés par l'exécution de ses lois, que plusieurs aimèrent mieux mourir que de vivre

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dans la misère. On comprend que les évoques souhaitaient de réunir à leur troupeau les riches donatistes, plutôt que de les voir enterrer, après que. leurs biens avaient été réunis au lise; voilà tout le motif de leur intercession charitable.

Réponse. C'est Le Clerc lui-même qui brouille tout, afin de calomnier plus commodément; ni Honorius, ni saint Augustin, n'ont fait de même.

1° Il est clair qu'en parlant de ceux qui auront entrepris quelque chose contre le parti catholique, Honorius entend les séditieux, et non ceux qui seraient paisibles; on ne peut citer aucune loi qui ordonne de punir ces derniers. 2° Saint Augustin, dans sa lettre, après avoir parlé des scélérates entreprises des ennemis de l'Eglise, dit : « Nous vous supplions, lorsque » vous jugez les causes de l'Eglise, » quoique tous voyiez qu'elle a été » attaquée et affligée par des injus- » Hces atroces, d'oublier que vous » avez le pouvoir de condamner à » mort. » Il n'était donc question de juger que des malfaiteurs. 3° La loi de Théodose, qui confisquait les biens de ceux qui avaient rebaptisé, ou contribué à cet attentat, ne pouvait regarder que les évèques, les prêtres et les clercs qui les assistaient, puisque ce sont les évêques et les prêtres qui baptisaient. L'exécution de cette loi ne pouvait donc contribuer en rien à rendre misérable le peuple et le commun des donatistes. 4° Ceux qui se faisaient tuer, se précipitaient, ou périssaient par les supplices, étaient des forcenés qui croyaient mourir martyrs, et non des particuliers paisibles, dépouillés de leurs biens.

Encore une fois, on ne prouvera jamais qu'aucun de ces derniers ait été condamné à aucune peiue.

Dans la lettre lO.ï, écrite aux donatistes, n° 3 et 4, saint Augustin parle de plusieurs prêtres convertis et d'un évèquc que ces furieux auraient tués, si ces victimes ne leur avaient échappé par une espèce de miracle. Le Clerc dit que ces meurtriers méritaient d'être punis, mais qu'il ne fallait pas traiter de même les autres pour des opinions; que l'on pardonnait tout à ceux qui revenaient à l'Eglise catho-

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lique, et qu'il y avait une loi qui l'ordonnait ainsi.

Réponse. Cette indulgence est-elle encore une preuve de cruauté? Dans toute cette lettre, saint Augustin soutient aux donatistes qu'ils sont punis pour leurs crimes, pour leurs attentats, pour leurs excès, et non pour leurs opinions ; mais Le Clerc, aussi opiniâtre qu'eux, ne veut, comme eux, rien voir ni rien entendre. On pardonnait tout aux convertis, parce que l'on était sûr qu'ils ne retomberaient plus dans les mêmes désordres.

lbid., n° 6. Saint Augustin reproche aux donatistes d'avoir publié faussement un prétendu rescrit de l'empereur, qui leur faisait grâce. Si c'était là un mensonge, dit Le Clerc, il ne faudrait pas le reprocher à ces malheureux ; mais il est certain que dans ce temps-là il y avait une loi qui défendait de forcer personne à embrasser le Christianisme malgrélui. Il cite la Vie de saint Augustin, 1. 6, c. 7, § 2.

Réponse. Quoi qu'en dise cet avocat des donatistes, c'était un mensonge formel de leur part; la loi dont il parle ne fut portée que l'an 410, et la lettre de saint Augustin est de l'année précédente. D'ailleurs, forcer quelqu'un à embrasser le Christianisme malgré lui, et forcer des schismatiques à ne pas vexer les catholiques, ce n'est pas la même chose ; les donatistes ne pouvaient donc tirer aucun avatange de cette loi. Aussi, lorsque Honorius apprit qu'ils en abusaient, il la révoqua la même année.

Vie de Saint Augustin, ibid.

Pour avoir lieu de blâmer saint Augustin, Bayle et Barbeyrac soutiennent que les violences dont il accuse les donatistes sont exagérées qu'elles ne sont connues que par ses écrits et par ceux d'Optat de Milève, aussi prévenu que lui contre les donatistes.

Réponse. Si saint Augustin avait parlé de la fureur des donatistes, en écrivant à l'empereur ou aux magistrats, dans la dessein de les aigrir et d'en obtenir des lois sévères, on pourrait le soupçonner d'avoir exagéré ; mais c'est dans des lettres à ses amis où il n'avait aucun intérêt à dégui-

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ser les faits; c'est dans son ouvrage contre Cresconius, qu'il lui reproche les excès de sa propre secte; c'est dans la conférence qu'il eut à Carihageavec les évèques donatistes ; dans les sermons qu'il fait aux catholiques, poulies exhorter à la patience et à la charité envers ces furieux; enfin, dans les lettres qu'il écrit aux officiera de l'empereur, pour les supplier de ne point répandre le sang des circoncellions, quoique ces forcenés eussent mérité le dernier supplice. Exagérer leurs crimes dans ces circonstances, c'aurait été un moyen de ne pas obtenir ce qu'il demandait.

Aussi Barbeyrac a trouvé bon de soutenir que cette modération de saint Augustin n'était qu'une feinte, que dans le fond il approuvait la peine de mort portée contre les donatistes, puisqu'il ne blâme point les lois qui défendaient les sacrifices des païens sous peine de mort. Traité de la moraledes Pères, c. 16, §33 et34.

Il aime, mieux supposer que saint Augustin était unfourbeetuninsensé, que d'avouer que les donatistes et leurs circoncellions étaient des frénétiques. Mais il y a du inouïs un fait qu'il ne niera pas; c'est que saint Augustin obtint des évèques d'Afrique, malgré la sévérité des anciens canons, que quand les évèques donatistes se réuniraient à l'Eglise catholique, ils conserveraient leurs sièges, et ne perdraient aucune de leurs prérogatives. Ce n'est point là le manège d'un fourbe qui cherche à déguiser sa haine contre les hérétiques.

Barbeyrac objecte que les lois des empereurs portées contre les donatistes, ne font aucune mention des crimes que saint Augustin leur reproche. Cela n'est pas fort étonnant :

les lois des empereurs ne sont pas des narrations historiques; celles qui regardent les donatistes comprennent aussi d'autres sectes, telles que les manichéens, les encratites, etc.

Ce n'était pas là le lieu d'exposer les griefs que le gouvernement pouvait avoir contre ces sectes ditfércntes.

Quand il n'y aurait pas des preuves positives du brigandage et des violences exercées en Afrique par les donatistes, nous serions assez au-

torisés à en croire saint Augustin, par l'exemple de ce qu'ont fait les protestants pour s'établir, lorsqu'ils ont été les maîtres : l'histoire en est trop récente pour qu'on ait déjà pu l'oublier.

Bingham, qui a été de meilleure foi que Barbeyrac, rapporte en abrégé les différentes lois portées par les empereurs contre les diverses sectes d'hérétiques; il observe qu'elles ne furent pas exécutées à la rigueur ; que souvent les évèques catholiques, ou d'autres personnes intercédèrent et obtinrent grâce pour les coupables, Orig. ecclés., I. 16, c. 6, § G, tome 7, pag. '288.

Dans le Dictionnaire dis hérésies de l'abbé Pluquet, on trouvera une histoire du schisme des donatistes, par laquelle on pourra juger si la manière dont ils furent truites était injuste, et s'il était possible d'en agir autrement à leur égard.

On doit nous pardonner la longue et ennuyeuse discussion dans laquelle nous venons d'entrer : un théologien catholique ne peut voir un des plus respectables Pères de l'Eglise aussi indigin ment traité parles protestants et sur di's raisons aussi frivoles. Mais, comme ils sentent la conformité parfaite qu'il y a entre la conduite de leurs pères et celle des donatistes, et que nos controversistes la leur ont reprochée plus d'une fois, ils ont un intérêt capital à détruire les raisons que saint Augustin opposait à ces anciens schismatiques. D'ailleurs, ceux d'entre eux qui, comme Le Clerc, penchent au socinianisme, ont adopté les sentiments des pélagiens ; ils ne peuvent digérer la victoire complète qu'a remportée saint Augustin sur ces ennemis de la grâce. Bayle, dans son Commentaire philosophique, avait déjà opposé à saint Augustin les mêmes sophismes que Le Clerc, mais avec plus de décence et de modération dans les termes. Comme les incrédules veulent encore les renouveler, il nous a paru essentiel de n'en laisser aucun sans réponse.

Bergier.

DONOSO CORTÈS (Juan Francisco Maria de la Salude) (Théol. hist. bio'j.

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et bibliog.) — Ce célèbre ministre espagnol sous le gouvernement constitutionnel naquit en 1809, à Valle de la Surena, pays où s'étaient réfugiés ses parents fuyant devant les Français. Libéral ardent après ses études, et surtout après la mort de Ferdinand VII, il soutint fortement la cause d'Isabelle. Lorsque les progressistes prirent la hante main soûs le gouvernement de celle-ci, et élevèrent une persécution contre l'Eglise catholique, il se retira des affaires.

« Déjà, dit M. LJuss, il avait fait paraître son Essai sur la Diplomatie •européenne, depuis la révolution de Juillet jusqu'au traité de la quadruple alliance, et fondé le journal l'Avertir. Il continua à fournir de nombreux articles historiques et politiques à cette feuille quotidienne, ainsi qu'au Piloto, Correo naeional, et surtout à la

Revista d< Madrid.

« En même temps il recommandait viventenl aux libéraux les principes de l'ordre, dans des conférences sur le droit politique qu'il faisait à l'Athénée de Madrid, et luttait contre Espartéro, chef des progressistes, qui prétendait enlever à la reine Marie- Christine la régence et la tutelle de ses enfants. Lorsque Espartéro eut réussi, Donoso suivit la reine Marie- Christine en France, où il devint son secrétaire privé, et d'où il publia divers manifestes contre le duc de la Victoire.

« Le maréchal Narvaez ayant renversé Espartéro en 1843, Donoso retourna en Espagne avec la reine Marie-Christine, devint le secrétaire et le directeur des études de la reine Isabelle, alors déclarée majeure, rentra aux Cortès, et refusa à plusieurs reprises de faire partie du cabinet.

Son discours en faveur du mariage d Isabelle avec l'infant don François d'Assise et de sa sœur avec le duc de Montpensier excita une grande sensation. Le roi Louis-Philippe le nomma grand-officier de la Légion d'Honneur • la reine le créa marquis de Valdegamas et le nomma ambassadeur à Berlin, où il fut témoin des événements de 1848.

« Quelque temps auparavant il s'était opéré une grande révolution dans

son intérieur; il était devenu sincèrement catholique. On peut facilement admettre qui! son amour pourles pauvres fut l'anneau auquel se rattacha la chaîne des miséricordes divines à son égard. Toutefois, une catastrophe douloureuse et subite fut l'occasion de son retour : il perdit son plus jeune frère, Pedro, qui avait toujours été un fervent catholique et un zélé carliste, et dont les derniers entretiens tirent une profonde impression sur l'Ame intelligente et probe de Donoso.

Pedro légua à son frère sa foi et son exemple. Donoso se voua tout entier à la cause de l'Église; il étudia successivement et à fond le catéchisme d'abord, puis la théologie mystique, les ouvrages des grands ascètes de l'Espagne, sainte Thérèse et Louis de Grenade. Il abandonna son poste diplomatique et revint prendre sa place aux Cortès. Il y tint, le 4 janvier 1849, un discours sur les affaires de Rome, dans lequel il compara la dictature et la révolution, et ce discours l'éleva au premier rang des orateurs du siècle. Il conquit l'admiration générale par un second discours qu'il prononça en 1830 sur la situation générale de l'Europe. « Si les gouvernements représentatifs, disait-il, vivent de discussions modérées, les discussions interminables les tuent. Nous avons vu périr l'Allemagne constitutionnelle parce que ses assemblées n'ont su ni gouverner ni laisser gouverner les autres; elles ont voulu être reines:

Dieu les a frappées de stérilité ; elles ont avorté et n'ont pas même été mères.... »

« Elu membre de l'Académie royale d'Espagne, il choisit pour sujet de son discours de réception les beautés littéraires de la Bible (I). La traduction de ces discours, qui ont charmé toute l'Europe, ne peut donner qu'une faible esquisse de l'elfet que produisait l'orateur parlant dans sa langue harmonieuse et sonore, avec la magie d'une éloquence à la fois forte de raison et belle de poésie, heureux mélange de fine satire et d'inépuisable douceur, parfois assaisonnée d'ingé-

(I) Imprimé dans le journal la Cruz, publié à

Seville. ' r

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nieux etbrillantsparadoxcs. — Sa conversation vive, animée, entraînante, faisait pressentir le puissant orateur.

« Ses écrits sont peu nombreux, mais d'une grande portée. Son Essai sur le Catholicisme, le libéralisme et le socialisme, perpétuera son nom en Espagne. Le premier livre développe cette grave proposition : « Toute grande question politique renferme une grande question théologique. »

Le sens profond et la foi vive de Dojiobo Cortés font seuls comprendre comment, accablé du poids des affaires et entraîné par les distractions journalières de la politique, il a pu 'embrasser dans toute son étendue l'immense portée de la science théologique. Toutefois ses idées catholiques n'étaient pas toujours en partait équilibre avec ses opinions politiques.

L'opposition qu'il rencontra entre ses principes et la manière dont les affaires publiques étaient conduites en Espagne n'en lit sous aucun rapport un fataliste, mais le jeta dans une sorte de quiétisme qu'expliquent ses rapports avec les piétistes de Berlin, son goût presque exagéré pour les idées absolues, et la soudaineté même de son retour à la foi. qui ne lui permit pas de dépouiller entièrement les impatiences du vieil homme.

« Mais jamais DonOSO ne se montra hostile à la liberté politique ni à la monarchie constitutionnelle ; il les servit jusqu'au dernier jour de sa vie, lit souvent l'éloge de la Constitution anglaise dans ses écrits, et chercha à faire prévaloir en toutes circonstances cette idée fondamentale de sa science politico-théologique: « La monarchie constitutionnelle, telle que la comprennent les esprits les plus modérés de tous les pays, peut être, au même titre que la monarchie absolue, le symbole de l'autorité politique, qui n'est elle-même qu'une ligure del'autorité religieuse. »

« Donoso Cortés, malgré le tour hyperbolique de son style, doux et modéré en réalité, et ennemi de toute exagération, déplorait la division qui s'était déclarée entre les Catholiques de France a. l'occasion de la loi sur l'enseignement et du coup d'Etat du 2 décembre.

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« Ambassadeur pendant deux ans à Paris, la sincérité de sa foi bien connue et la noblesse de son caractère lui permirent de se faire tout à tous, sans jamais compromettre sa dignité. Lorsqu'il tomba malade, son premier soin fut de penser aux pauvres. Il y avait longtemps que ceux de Madrid recevaient les cinq sixièmes de ses revenus, et il ne laissait pas s'écouler une semaine sans visiter les Petites Sœurs des Pauvres de Paris et les indigents des faubourgs.

« Il mourut le 3 mai 1853, à peine âgé de quarante-quatre ans. L'Espagne perdit en lui un de ses plus no- • blés enfants, un de ses plus utiles ministres. On ouvrit une souscription nationale à Madrid pour lui ériger, ainsi qu'à Balmès, un monument, et le gouvernement le lit transporter avec pompe, et à ses frais, de Paris à Madrid. » Le Noir.

DONS DU SAINT-ESPRIT. Sous ce nom, les théologiens entendent certaines qualités surnaturelles que Dieu donne par infusion à l'âme d'un chrétien par le sacrement de confirmation, pour la rendre docile aux inspirations de la grâce. Ces dons sont au nombre de sept, et ils sont distingués dans le chap. Il dlsaïe, y 2 et 3 ; savoir, le don de sagesse, qui nous fait juger sainement de toutes choses, relativement à notre tin dernière ; le don d'intelligence ou d'entendement, qui nous fait comprendre les vérités révélées, autant qu'un esprit borné en est capable ; le don de science, qui nousapprendà connaître les divers moyens de nous sanctifier et de parvenir au salut éternel ; le dondeconseil ou deprudence, qui nous fait prendre en toutes choses le meilleur parti relativement à notre salut; le don de force, ou le courage de résister à tous les dangers, et de surmonter toutes les tentations; le don de pieté, qui nous fait aimer les pratiques du service de Dieu; le don de crainte de Dieu, qui nous détourne du péché et de tout ce qui peut déplaire à notre souverain maître. Saint Paul, dans ses lettres, parle souvent de ces dons différents.

On entend encore par les dons du

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