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actuellement cardinal, a fait un trèsbon traité contre les combats singuliers, imprimé à Turin, in-H a ; nous nous bornerons à en l'aire un court extrait.
Ce n'est pas, dit le savant auteur, chez Les peuples éclairés et polis qu'il fautcbercber l'origine des i/»i /s, ils[sonl nés chez les barbares du .Nord ; c'est un des usages cruels que ces conquérants introduisirent dans les contrées dont ils se rendirent les maîtres, On en voit les premiers vestiges dans la loi des Bourguignons, rédigée au commencement du sixième siècle; 'Me ordonnait le combat entre les plaideurs, lorsqu'ils refusaient de se purger par serment : le même abus était autorise par la ho des Lombards.
Si l'on veut remonter à la cause de cet usage barbare, on verra que ce fut : 1° une indépendance et une liberté sauvage, en vertu de laquelle toul homme se prétendait en droit de
se faire justice à soi-même, ou plutôt ne eonnaissait d'autre droit que la force ; 2° le point d'honneur mal entendu, fondé sur une fausse notion de la valeur et du courage, qui faisait consister tout le mérite d'un homme dans la force du corps ; 3°une superstition aveugle, qui regardait l'issue d'un combat comme un témoignage de la Divinité, puisque l'on nommait ces épreuves le jugement de Dieu; comme si Dieu devait toujours se déclarer d'une manière sensible en laveur de l'innocence et du bon droit.
Aucun de C6S préjugés absurdes n'est propre à rendre moins odieux l'usage des combats singuliers. Quand il serait possible de les excuser par l'ignorance, lorsqu'ils se faisaient par autorité publique et en vertu d'une loi, aucune raison ne pourrai! encore les justifier dans une société policée, où c'est un attentat contre toutes les lois divines et humaines.
vertus à la i a nte d'une épée, el n'est propre qu'à faire de braves scélérats. Que cette méthode pnisse fournir, si l'on veut, un supplément «la probité;
partout où la probité régne, Bon supplément n'eatîl pas inutile ? El que penser de celui qui s'expose a la mort pour s'exempter il être honnête Eu
Hais encore, eequoi consistées sffreux préjugé? Dans l opii Is plus extravagante el la plus barbare qui j « m ai-, entra dans l'esprit humain; savo i , que tous les devoirs de ta société sont stipilées parla bravoure; qu'un bommen'es! plus fourbe, ftipon, calomniateur; qu'il est civil', humain, poli,
quand il suit se battre; que le i songe se change
en venté, que le vol devient légitime, la perfidie honnête, l'infidélité louable, sitôt qu'on contient tout cela le fer à la main; qu'un auront est toujours Lien réparé par un coup a'épée, et qu'on n'a jamais tort avec un homme pourvu qu'on le tue. Il y a, je l'avoue, une autre sorts d'affaire ou la gentillesse se mêle ù la eruauté, et où ion ne tue les lotis que par hasard; c'est celle où l'on se bat au preuiii r sang. An premier sang! grand Dienl et qu'eu veux-tu faire de ce sang, bête féroce? le veux-tu boire ?
Dirr.t-on qu'un duel témoigne que l'on a dn ry.ur, et qin: relu sutlii pour effacer In honte on le reproche de tous les autres vices? Je il einaio le rai quel honneur peut dicter une pareille il ère ion, et quelle raison peut la justifier? A ce compte, si l'on vous accusait d'avoir tué un homme, vous en iriez tuer un second pourprouver que cela n'est pas vrai. Ainsi, vertu, vice, honneur, infamie, vérité, mensonge, tout peut tirer son être de l'événement d'un coin bat ; uni- salle d'armes est le siège de toute justice : il n'y a d'autre droit que la force, d'antre raison que le meurtre : toute la réparation due à ceux qu'on outrage est de les tuer, et toute offense est également bien lavée dans le sanç; de l'offenseur ou de l'offensé. Dites, si les loups savaient raisonner, auraient-ils d'autres maximes?
Vit-on un seul appel sur la terre q 'and elle était couverte de héros? Les plus vaillants hommes
de l'antiquité Bongéreot-ils jamais ù venger leurs personnelles par des combats particuliers?
1 ivn-l-il un cartel a Cnten, ou Pom-
I a .César, pour tant d'affronts réciproques? et
le plus grand capitaine delà Grèce fnt-il déshonoré pour -eue laisse menaçai du bâton ? D'autres temps d'autres mœurs; je le sais : mais n'y en a-t-il que de Imi ic s î lt n., serait-on s'enquérir si les mœurs
d'un t os sont celles qu'exige le solide honneur?
Non. cet honneur n'est point variable; il ne dépend ■ temps ni de- lieux, m ,l,s préjugés ; il ne peut m passer, n renaître; il a sa source éternelle dans le ecetir do l'homme juste, et dans la règle inaltérable de ses devoirs. Si les peuples les plus éclairés, les plus braves, les plus vertueux de la terre, n'ont point connu le duel, je dis qu'il n'est pas une institution de l'honneur, mais une mode affreuse et barbare, digue de sa féroce origine. Reste a savoir si, quand il s'agit de sa vie ou de celle d'iiiitrni, l'honnête homme so tègle sur la mode, et s'il n'y a pas alors plus de vrai courage à la braver qu'a la suivre? Que ferait, à votre avis, celui qui veut s'y asservir, dans les lieux où règne un usage contraire? A Messine ou a Naples, il irait attendre son homme un coin d'une rue et le poignarder par il, trière : cela s'appelle être brave en ce pays-la ; el l'honneur n'y consiste pas à s'y faire tuer par son ennemi, mais à le tuer ltti-mêaie.
Rentrez en vous-mêmes, et considérez s'il vous est permis d'attaquer de propos délibéré la vie d'un homme etd'exposerla vôtre pour satisfaire une barbare et dangereuse fantaisie, qui n'a nul fondement raisonnable? et si le triste souvenir du sang versé dan> une pareille occasion, peut cesser de crier vengeance au fond du cœur de celui l'a fait couler? Connaissez-vous aucun crime égal à l'homicide volontaiio? Et si la buse de tontes Us vertus est l'humanité, que penserons-nous de l'homme sanguinaire et dépravé, qui l'ose attaquer dans la vie de son
semblable ?
Mais quelle espèce de mérite peut-on donc trouver à braver la mort pour commettre un crime ?
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En effet, le duel estévidemment contraire, 1° à la loi divine, qui interdit le meurtre et la violence, et qui défend à tout particulier de se venger; 2° aux lois ecclésiastiques, qui ont lancél'excommunication contre les duellistes, et défendent d'accorder la sépulture ecclésiastique à ceux qui sont tués dans ces combats; 3° aux lois civiles, qui condamnent à la mort, tout meurtrier, sans excepter ceux qui ont commis ce crime dans un duel, qui veulent même que l'on demande grâce pour un homicide involontaire et imprévu; 4° c'est une révolte contre l'autorité publique, qui a établi des juges et des tribunaux pour rendre justice atout homme offensé, et qui défend à tout particulier de se la faire à soi-même; o° cVst une preuve de valeur très-équivoque, puisqu'il est prouvé par l'expérience* que les spadassins de procession ne sont pas les plus braves dan- une expédition milrtaire, où il est besoin d'un courage réfléchi; aussi
Quand il lierait vrai qp'en pi (usant de se battre on I mépriser..! et de qui encore, des gens oisifs, des méchante, qui cherchent à s'amuser des malheurs d'autrui ] voilà vraiment un grand motif pour s'entre-égorger ! quel mépris est donc le plus à craindre, relui des autros en faisant le bien, ou le sien propre en faisant le mal? Crojtez-rnoi, celui qui s' estime {véritablement lui-même, est peu seusible à l'injuste mépris d'autrui, et ne craint que d'en être digne ; car le bon et l'honnête ne dépendent point do jugement des hommes, mais de la nature des choses ; et quand tout le monde approuverait votre prétendue bravoure, elle n'en serait pas moins honteuse. Il est faux d'ailleurs qu'à, s'abstenir d'un duel par vertu, l'on se fasse mépriser. L'homme droit, dont toute la vie est sans tache, et qui ne donna jamais aucun signe de lâcheté, refusera de souiller sa main d'un homicide, et n'en sera que plus honoré. Toujours prêt à, servir la pairie, à protéger le faible, à remplir les devoirs les plus dangereux, et à défendre en toute rencontre juste et honnête, ce qui lui est cher, au prix de son sang, il met dans ses démarches cette inébranlable fermeté qu'on n'a point sans le vrai courage. Dans la sécurité, de sa conscience, il marche la tète levée ; il ne fuit ni ne cherche son ennemi. On voit aisément qu'il craint moins de mourir que de mal faire, et qu il redoute le crime, et non le péril. Si i ib vils préjugés s'élèvent un instant contre lui, tous les jours du son honorable vie sont autant de témoins qui les récusent, et dans une conduite si bien liée, oq j'u^e d'une action sur toutes les autres.
Savez-vans ce qui rend cette modération si pénible à un homme ordinaire? C'est la difficulté de la soutenir dignement, c'est la nécessité de ne commettre ensuite aucune action blâmable. Car si la crainte de mal faire ne le retient pas dans ce dernier cas, pourquoi l'aurait-elle retenu dans l'autre, où l'on peut supposer nn motif plus naturel? On voit bien alors que ce refus ne vient pas
les plus grands capitaines et les meilleurs politiques ont-ils blâmé et méprisé cette fausse bravoure; 6° la cause de ces combats est presque toujours odieuse, puisque c'estla brutalité, l'insolence, le libertinage, le mépris de la discipline et de la subordination; il est peu de duellistes qui ne soient capables de faire une bassesse pour satisfaire une passion déréglée; 7° comment un homme sensé peut-il s'enfaire honneur, après que l'on a vu cette fureur se communiquer au plus vil peuple, et jusqu'à des femmes?
Vainement quelques raisonneurs ont prétendu que le duel pouvait être autorisé en certains cas par la loi naturelle qui permet [ajuste défense de soimême; ilsont grossièrement confondu toutes les notions. Là défense de soimême n'est juste que quand un homme est attaqué par un ennemi sans l'avoir provoqué, et sans s'y être exposé volontairement; maisla défenseest aussi injuste que l'attaque, lorsque l'un a
de la vertu, maïs de la lâcheté; et l'on se moque avec raison d'un scupule qui ne vient que dans le péril. N'avez-vous point remarqué que les hommes si ombrageux et si prompts ii provoquer les autres, sont, pour la plupart, de très-malhonnêtes gens, qui, de peur qu'on n'ose leur montrer ouvertement le mépris qu'on a pour eux, s'efforcent de couvrir de quelques affaires d'honneur l'infamie de leur vie entière ? Sont- ce là des hommes à imiter? Mettons encore a part les militaires de profession, qui vendent leur sang à prix d'argent, qui, voulant conserver leur place, calculent par leur intérêt ee qu'ils doivent à leur honneur, et savent, à nn écu près, ce que vaut leur vie.
Laissez se battre tous ces gens-la. Rien n'est moins honorable que cet honneur dont ils font si erand bruit, ce n est qu'une mode insensée, une fausse imitation de vertu, qui se pare des plus grands crimes. L'honneur d'un homme qui pense noblement, n'est point au pouvoir d'un autre j il est en lui-même, et non dans l'opinion du peuple: il ne se défend ni par l'épée, ni par le bouclier, maïs par une vie intègre et irréprochable, et ce combat vaut bien l'autre en fait de courage. En nn mot, l'homme de courage dédaigne le duel, et l'homme de bien l'abhorre.
Je regarde les duels comme le dernier degré, de brutalité ou. les hommes puissent parvenir. Celui qui va se battre de gaîté de cœur n'est à mes yeux qu'une bête féroce, qui s'efforce d'en déchirer une antre, et s'il reste le moindre sentiment naturel dans leur unie, je trouve celui qui périt moins a plaindre que le vainqueur. Vojm ces hommes accoutumés au sang, ils ne bravent les remords qu'en étouffant ta voix de la nature j ils deviennent par degrés cruels et insensibles; ils se jouent de la vie des autres ; et la punition d'avoir pu manquer d'bumaoîté, est de la perdre enfin tout-à-fuît. Que sont ils dans cet état? — Espiit, mai unes etpensëesdeJ. J. Rousseau.
Gousset.
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proposé le combat, et que l'autre l'a accepté, qu'ils sont convenus du temps, du Lieu, des armes, etc.; ou plutôt c'est une attaque mutuelle préméditée, et non une défense forcée par la nécessité. On le comprend si bien que pour excuser le crime d'un duel, on tâche de le faire passer pour une rencontre fortuite.
M, m- celui qui refuse le combat se. a déshonoré.... Il le sera peut et re chez les insensés, qui n'iiiit, ni raison, ni religion, ni véritable idée île l'honneur -, leur mépris est-il un malheur assez grand, pour qu'il l'aille l'acheter par nu crime, quand on est sûr d'être approuvé et estimé par les sages?
Un homme, dont le courage est prouvé d'ailleurs, n'a pas besoin île l'approbation îles insensés pour conserver sa réputation.
Il esi constant que la fureur des duels semultipliaprincipalementen France, sous le règne île François l"\ que la valeur romanesque el peu sage île ce prince en tut la cause. Ses succès eur i donnèrent inutilement des édita pour arrêter la contagion de cette frêne lie; leur gouvernement n'était pas assez ferme pour les faire exécuter. Le duc de Sully a blâmé béatement son maître Henri IV de la facilité avec laquelle il accordait l'abolition de la peine îles duels. Aussi en 1607, un secrétaire d'Etat supputa que depuis l'avènement île ce prince au trône, dans un espace île dix-huit ans, il avait péri quatre mille gentilshommes par le duel. Un autre auteur rapporte qu'il y eut au moins trois cents victimes de cette manie sous la minorité île Louis \IV; et selon le calcul «le Théophile Kaj naud, dans trente année,, le ■ lu, I en lit périr un assez grand nombre pour composer une armée. C'est ce qui força Louis XIV de renouveler les ancien .
éilits touchant ce désordre, et il'en aggraver les peine, : la fermeté avec laquelle il le, fit exécuter diminua beaucoup le nombre des duels.
Dans un diàcours l'ait en 1614, le chancelier li™ou nous apprend que cette fureur faisait, alors autant de ravages en Angleterre que partout, ailleurs; aujourd'hui elle y est presque inconnue, sans que le- Anglais aient rien perdu du enté de la bravoure mi-
litaire; il y a donc des mOJ eus effica-
cespour réprimer cette épidémie,
aucun préjudice pour le bien de l'état.
Ceux que le même Bacon propose, sont : I" de faire exécuter rigoureusement le, édits, et de ne jamais user d'indulgence envers un coupable, fûtil de la plus haute qualité; 2° de priver de toute distinction, de toute charge, de toute marque d'honneur, ceux qui ont violé la loi; :t" de prévenir les cause, du duel, en faisant punir avec sévérité toutes les insultes elles injustices qui pourraient 'y donner lieu; V' plusieurs écrivains ont prétendu que
la loi serait mieux Observée, si la peine
de mini était supprimée, et si le châtiment se bornait a quelque espèce d'infamie. Ce n'est point à nous de prescrire au gouvernement les moyen, dont il peut et doit user pour faire cesser un désordre qui, de tout temps, a fait gémir les sages (t).
'lu dit que tous les moyens seront inutiles, que le préjugé du point d'honneur sera toujours plu, fort, que la raison, que les lois et que les peines. Si
cela était, vrai, où serait donc ['honneur de préférer l'empire du préjugé à celui de la raison et des lm,? Mais l'expérience prouve que cela cl faux;
puisque la raison et le - lois ont enfin
prévalu ailleurs, nous ne voyons pas
sur quel fondement l'on suppose que notre nation est plus intraitable et plus incorrigible que le, autres.
Quelques philosophes ont voulu se
(1) Nom tr nnvona ici notre tbéologien trop réservé : n'ast-il |-ns ovulent .pi 'il esi cuiti'au »■ ii I appréciation juste dea actes numainB d'assimiler !■' duel suivi de la mort de l'un dee ituollistes à in asaassinat ordinaire, le <lnel dou suivi de mort a une tentative d'assassinat, et d'infliger à ''.'lui ijtn s'en rend coupable [ee peines que l'on inflige a l'i-HtisMumi proprement 'la mu a lu tentative d'as* lal '.' DiitiHU're rùt.' est-il iii"ins ovulent i-mle duel est ici c ) social qui doit être puni d'une
peine proportionnée a o gravité? t'" théoligien pent donc, » tain d'appréciateur moraliste, tracer aux gouvernements etaux législateurs leurs devoira
suie 'apporl l'i'iiim» bous tant d'autres. Sous
ni- craignons pas de dire que !" bon sons n'a, sur cette question, qu'nne réponse et qne celte réponse Bel celle-ci : La législation civile doit inscrire eur la liste des crimes sociaux la doel, ot lui assigner lis peines en rapport avec la irravité de ce crime. Quefqnea années il-' prison paraissent une peine
venable. Comment ooncevoirque les étatsmani-
fastenttoiifl ledéairde faire cesser chez enxl'habitude ilu ilu i et no prennent pas, contre cette habitude, nne mesure positive comme celle dont mu. s venons de parler? Le Noir.
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