‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 4 (volume 4)Chapitre 5 sur 96 · QUASIMODO · texte numérisé non relu

QUASIMODO

(Jl'ASIMODO.

DIMANCHE DES RAMEAUX (Théol.

hist. fêt.') — V. RAMEAUX.

DIMESSES, congrégation de personnes du sexe, établie dans l'état de Venise. Elles ont eu pour fondatrice Déjanira Valmàrana, en 157 l.

On y reçoit des tilles et des veuves ; mais il faut qu'elles soient libres de tout engagement, même de tutelles d'enfants. On y fait, à proprement parler, cinq ans d'épreuves; on ne s'y engage par aucun vœu; on y est habille de noir ou de brun, et l'on -.'occupe à enseigner le catéchisme aux jeunes filles, et à servir dans les hôpitaux les femmes malades.

Beugier.

DIMŒRITES. Y. AreoLLiNAiiu,>.

DIMOHPHISME. [Théol. mist. seù n.

chim. et miner.) — 11 y a, dans la nature, une sorte d'épuisement de toutes les ressources de l'esprit, en sorte que partout on y retrouve l'idée qui semble s'ingénier et se jouer avec elle-même avant de réaliser les choses.

Yoici un phénomène étrange, qui a son pendantdans unautrephénomène plus étrange encore qu'on nomme l'isomirisme (V. ce mot) ; c'est le dimorjihisme, découvert par l'abbé Hoùy vers 1812, et rendu incontestable ensuite par Mitscherlich.

Deux substances dont la composi-

DIM

DIO

lion est, parfaitement identique, par exemple le spath d'Islande et l'arra- ^onite, dont MM. Biot et Thénard avaient démontré l'identité de composition, sont prouvées par l'abbé Hoiiy se cristal User dans deux systèmes différents; et Milscherlich prouve avec évidence qu'une substance simple, telle que le soufre, présente, dans certains cas, deux cristallisations qui, d'après M. Pasteur, se rapprochent et sont voisines, mais qui, cependant, ne sont pas les mêmes. Comme tout effet a besoin d'une cause, il en faut une ici; elle est dans les circonstances de la cristallisation; c'est ainsi que le soufre cristallisé obtenu par la fusion présente la forme prismatique, taudis que, si on l'obtient parla dissolution à froid, il présente la forme octaédrique ; c'est ainsi encore que l'on obtiendra d'une même dissolution du carbonate de chaux rhomboédrique OU prismatique selon qu'on opérera à chaud ou à froid.

Cette différence de forme pourra entraîner certaines propriétés physiques différentes, par exemple une couleur différente, une densité différente, une dureté différente, une fusibilité différente. On aura alors des corps différents quoiqu'ils soient le même corps, soit simple soit composé ; le soufre sous les diverses formes de cristallisation que nous venons d'indiquer, sera toujours du soufre, corps simple, et s'il s'agit d'un corps composé, ce corps formera, sous ses deux formes, deux corps différents quoique la composition soit absolument la même dans les deux cas.

Ce phénomène favorise grandement la thèse de Descartessur l'homogénéité élémentaire radicale de la matière; pourquoi toutes les différences entre les corps dits simples, ne tiendraient-elles pas à l'arrangement seul des éléments ?

Dans tous les cas, le dimorphisme s'ajoute à des milliers de faits naturels qui révèlent, dans la nature et dans ses développements, une combinaison idéale ayant recours à tous les moyens pour y faire briller une variété infinie. On y trouve, en tout détail, la pensée s'évertuant dans les contrastes et comme s'amusant con-

stamment à poser des énigmes. Ces énigmes indiquent, pour celui qui a compris la nécessité a priori de l'harmonie universelle, un esprit qui en cherchera et devinera les mots de plus en plus, un esprit et le progrès dans le développement de cet esprit; aussi cet esprit n'y manque-t-il pas ; c'est l'esprit de l'homme. Mais si l'harmonie des choses exige l'esprit qui scrute, elle révèle, en même temps, l'espritqui a conçu et qui a rédigé en faits naturels la phrase érnigmatique.

Dans toute énigme n'y a-t-il pas le sphinx qui la propose et l'œdipe qui la devine. Le sphinx, c'est Dieu; l'œdipe, c'est l'homme.

Le Nom.

DINOTHERIUM. (Thèol.mixt. scien.

paléont. foss. ) — Le dinothérium est un grand animal fossile dont l'espèce a complètement disparu, et que les géologues, à commencer par Cuvier, furent longtemps à classer parce qu'on n'en retrouvait que trop peu d'ossements. Cuvier L'appelad'abord le tapir giganteus ;mais quelques découvertes plusmodernes qui l'ont faitmieux connaître ont porté à peu près tous les zoologistes paléontologues à le compter parmi les grands pachydermes, dont les mastodontes, les éléphants, et les hippopotames sont des espèces. Le dinothérium remonte à l'époque correspondante an miocène, c'est-à-dire aux terrains tertiaires moyens; il est antérieur aux éléphants, dont les plus anciens ne se montrent jusqu'à présent, que dans les plus élevés des terrains tertiaires appelés le pliocène, et dans les terrains quaternaires les plus profonds ; le diluvium fait partie de ces terrains. Y. fossiles» Le Nom.

DIOCESE, étendue de la juridiction d'un évèque. (Juoique la division de l'Eglise chrétienne en différents diocèses soit une ati'aire de discipline, il paraît qu'elle est d'institution apostolique. Saint Paul prescrit à son disciple Tite d'établir des pasteurs dans les villes de l'île de Crète ; et quoiqu'il les désigne sous le nom de presbyteros, on a toujours entendu par là des évoques, fit., c. 1, f 5. Cette division était nécessaire pour que chaque

JJIO

évèque pût connaître et gouverner .on troupeau particulier sans être troublé ou inquiété par un autre dans ses fonctions (1).

IL est constant que le partage des diocèses et des provinces ecclésiastiques fut fait dès l'origine, relativement à la division et à l'étendue des provinces de l'empire romain, et de la juridiction du magistrat des villes principales; cette analogie était égale à tous égards. Mais il s'est trouvé des circonstances, dans la suite, qui ont i li mué lieuà un arrangement différent.

La plupart des critiques protestants ont contesté pour savoir quelle fut d'abord l'étendue de la juridiction immédiate des évèques de Rome :

dispute assez mutile , pour ne rien dire de plus. Quand ils n'auraient pas eu d'abord une juridiction aussi étendue qu'ils l'ont eue dans la suite, mi aurait été forcé de la leur attribuer, pour conserver un centre d'unité dans l'Eglise, surtout lorsque l'empire romain s'est divisé en plusieurs royaumes. Leibniiz, en homme sensé, est

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