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tition cette cérémonie, que les protestants ont trouvé bon de retrancher.
Mais pour ne pas laisser échapper une occasion d'attaquer l'Eglise ro-, marne, il prétend que les Pères de l'Eglise ont parlé de cette consécration de Veau baptismale, comme de celle del'eucharistie, et dans les mêmes termes ; d'où il conclut que les Pères n'ont pas supposé plus de changement ou de transsubstantiation dans le pain et le vin, par les paroles de la consécration, que dans l'eau des fonts baptismaux, ihid., § 4; mais il en impose. Les Pères n'ont jamais dit de cette eau qu'elle est le sang de Jésus- Christ, qu'elle le renferme, qu'elle est changée en ce sang précieux, qu'il faut l'adorer, etc., comme ils l'ont dit «le l'eucharistie.
Dans l'Eglise grecque, les évèques ou leurs grands vicaires font, le 5 janvier sur le soir, l'eau bénite, parce qu'ils croient que Jésus-Christ a été baplisé le c de ce même mois. Le peuple boit de cotte eau, en l'ait des aspersions dans les maisons ;*le lendemain, jour de l'Epiphanie, les Papes font encore une nouvelle eau bénite qui sert à purifier les églises profanées et à exorciser les possédés.
Les prélats arméniens ne font Veau bénite, qu'une fois l'année, le jour de l'Epiphanie, et appellentcette cérémonie le baptême de la croix, parce qu'après avoir fait plusieurs oraisons sur Veau, il y plongent le pied de la croix qui se met sur l'autel. On ajoute qu'ils tirent de la distribution de cette eau un revenu considérable. Le père Lebrun a décrit cette cérémonie, tom.
5, pag. 360.
Bergier.
EAU MÊLÉE AVEC LE VIN DANS L'EUCHARISTIE. L'usage de mettre de Veau dans le vin que l'on consacre à la messe, est aussi ancien que l'institution de l'eucharistie ; il est remarqué par les Pères du second et du troisième siècle, tels que saint Justin, saint Clément d'Alexandrie, saint Irénée, saint Cyprien; et il en est fait mention dans les plus anciennes liturgies. Les Pères donnent pour raison de cet usage, non-seulement que Jésus-Christ a fait ainsi en instituant
l'eucharistie, mais que Veau mêlée au vin est le symbole de l'union du peuple chrétien avec Jésus-Christ, et la ligure de Veau et du sang qui sortirent de son côté sur la croix.
Les ébionites et les encratites, disciples de Tatien, furent condamnés, parce qu'ils consacraient l'eucharistie avec de Veau seule, ce qui les fit nommer hydroparastes par les Grecs, et aijuariens par les Latins. Les arméniens, qui ne consacrent que du vin pur, furent de même censurés pour cette raisqn dans le concile in Trullo, qui leur opposa la pratique ancienne attestée par les liturgies, et ils sont encore blâmés de cet abus par les autres sociétés de chrétiens orientaux.
Voyez Lebrun , Explic. des cêrém., tom. 5, p. 123 et suiv. Nous ne voyons pas pourquoi les protestants ont retranché ce rit dans leur cène : l'ontils encore regardé comme une superstition ?
Dans les usages même qui paraissent les plus indifférents, l'Eglise catholique a toujours eu pour principe de ne s'écarter en rien de la tradition, de s'en tenir à ce qui a toujours été fait, aussi bien qu'à ce qui a toujours été enseigné, La sagesse de cette conduite n'est que trop bien prouvée par la multitude des erreurs, des abus, des absurdités dans lesquels sont tombées toutes les sectes qui ont suivi une autre méthode. La règle, Nihil iimovetur, nisi quod tradition eut, sera toujours la meilleure sauve-garde de la religion. Bergieh.
ERED-JESU (ServusJesu) surnommé PAR liRICHA (filius benedicti). (théol.
hist. biog. et biblig.) Né vers le milieu du treizième siècle à Dschcssire, en Mésopotamie, cet évèque nestorien de Sindschar, puis métropolitain de Zoba ou de Nisibis en Arménie, c'est-à-dire des Nestoriens habitants l'Arménie, jusqu'à sa mort, en 1318, laissa plusieurs écrits assez considérables, par exemple : Expositio in textum Veteris et Novi Testamcnti ; Liber catholicus de admirabili dispensatione ; Liber carminum, inscriptus Paradisus Edcn ; Epitome seu brevis collcctio Canonum synodicorum, et d'autres qu'il énumère lui-même dans
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l'JO EBE
son Catalogus librorum omnium ecclesiasticorum, rédigé en vers syriaques, et dont les manuscrits se trouvent la plupart dans la bibliotèque vaticane.
« Le catalogue, dit M. Welte, qui commence par les écrits de l'Ancien Testament, comprend surtout des sommairesdes auteurs ecclésiastiques syriaques, et donne, à l'aide des précieuses notes et des éclaircissements d'Assémani, une idée de la richesse de la littérature de l'ancienne Eglise, syriaque. Il ne faut pas confondre, comme l'ont fait Ecchellensis et d'autres, Ebed-Jesu avec le patriarche nestorien du même nom qui vint à Home en 1562, renonça au nestorianisme, fut admis dans l'Eglise romaine et ordonné patriarche des Chaldéens. » Le .Nom.
EBEB (Paul ). (TMol. hist. bioy.
et bibliog. ) — Ce théologien protestant, né en 151 1 en Franconie et r -I,
en 1569, devint, après la morl de Mélanchthon, le prédicateur des étudiants étrangers et fit un cours d'exégèse.
Il joua, dit M. Schrold, le rôle principal dans la controverse de l'Eucharistie. D'abord partisan des opinions calvinistes sur la Cène, il changea d'aï is lors du conventicule de Dresde en 1561, sans toutefois adopter la stricte doctrine luthérienne, déclarant l'ubiquité du corps du Christ une assertion monstrueuse, et considérant comme une catégorie « d'indignes, d'athées, de porcs d'Épicure, de suppôts du diable et de tisons d'enfer, »
ceux qui ne voyaient que du pain dans le Saint-Sacrement. Il s'attira ainsi la haine de tous les partis, des Philippistes, des Calvinistes et des Luthériens. Il fut aussi impliqué dans la discussion entre les Majoristes et les Elaciens, et fut le principal orateur au colloque tenu en 1568 à Allenliourg. Il laissa divers écrits philologiques, historiques et théologiques, et composa plusieurs cantiques sacrés en allemand. Son calendrier historique, qui contenait les éphémérides les plus remarquables de chaque jour de l'année, eut un grand succès et de nombreux imitateurs. Il publia en outre, en société avec Major, la Biblia Germanico-Latina, avec le
texte allemand de Luther et le texte latin de la Vulgate. modifié d'après cette version. »
EISERLlN(Jean). (Théol. hist. biog.
et bibliog.) — Cemolnefranciacain, né
vers la fin du xv siècle et mort en 1526, fut un des premiers religieux qui embrassèrent la réforme ; il propagea le luthéranisme dans le sud de l'Allemagne. «Il[écrivit, ditM. Schrôdl, le livre dit des Quinze Confédérés, amas de violentes diatribes dms lesquelles il se révoltait contre 1 État autant que contre l'Eglise catholique.
Quoique FJicrliit. i estât toujours un pur disciple de Luther, un franc ennemi des saVlts Pères, notamment de saint Chrysostome, qu'il tenait pour an charlatan ; quoique dans ses nombreux pamphlets il continuât à combattre l'Eglise catholique, ses dogmes et ses institutions, il abandonna bientôt la voie de la violence et de la révolte, dans laquelle l'avait engagé Sickingen, et tourna ses écrits et ses prédications, avec une sanglante ironie, contre les vices des évangéliques euxmêmes, surtout contre les prédicateurs, Insistant sur l'amendement des mœurs et le changement de vie.
« On es! parfaitement evangélique, ditil, quand un assomme les prêtres comme des chiens ; on est purement evangélique quand on mange de la viande tout le carême ; on est un vrai Luthérien dès qu'on ne se confesse pas, qu'on ne dit pas la messe, qu'on ne chôme pas lesjours defète. »
Aussi quand, en 1522, il vint à Wittenberg,' quoiqu'il y entendît répéter les mêmes plaintes par les plus célèbres docteurs de la ville, comme il le raconte dans son livre de l'Abus delà liberté chrétienne, il ne put y trouver ni repos ni protection. Il en repartit en 1524, se rendit à Erfurt, s'y maria, et y rencontra, comme à Wittenberg et pour les mêmes motifs, de nombreux contradicteurs. En 1525 il devint prédicateur à Wertheim sur le Mein.
Il continuait, dans toutes ses prédications et dans tous ses écrits, à se plaindre amèrement de la déplorable situation morale et religieuse de tant d'évangéliques et de leurs prédica-
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leurs. Tel fut spécialement' son écrit
Ide la Manière dont doit se conduire un miitktre de Dieu, dans lequel il dit entre autres: « Il faut que ce soit la faute du diable qu'on ne trouve guère de gens plus indociles et plus pervers qu'une foule d'évangéliques et de Luthériens. L'irréligion et l'immoralité des évangéliques sont plus grandes que celles des papistes ; les prédicateurs ne savent qu'enfanter la honte, le vice, la misère et la révolte, injurier les gens et les choses, et entraver, parleur vie dissolue, les eiï'ets de la parole de Dieu. »
Le Nom.
EBIONITÊS, hérétiques du premier ou du second siècle de l'Eglise. Les savants ne conviennent ni dejl'origine du nom de ces sectaires, ni de la date de leur naissance. Saint Lpiphane, User. 30, a cru qu'ils étaient ainsi appelés, pane qu'ils avaient pour auteur un juif nommé Ebion; d'autres ont pensé que ce personnage n'exista jamais; que comme ébion en hébreu signifie pauvre-, on nomma êbionites une secte de chrétiens judaïsants, dont la plupart étaient pauvres, ou avaient peu d'intelligence. Plusieurs critiques ont été persuadés que ces sectaires ont paru dès le premier siècle, vers l'an 72 de Jésus-Christ, que saint Jean les a désignés dans sa première lettre, chap. 4 et S, et que ce sont les mêmes que les nazaréens; quelques anciens semblent, en effet, les avoir confondus. D'autres jugent, avec plus de vraisemblance, que les êbionites n'ont commencé à être connus qu'au second siècle, vers l'an 103, ou même plus tard, sous le règne d'Adrien, après la ruine entière de Jérusalem, l'an 110; qu'ainsi les êbionites et les nazaréens sont deux sectes différentes; c'est le sentiment de Mosheim, Hist. Christ., saec. 1, § 88, sœc.
2, § 39 : il parait le plus conforme à celui de saint Epiphane et des autres Pères plus anciens qui en ont parlé.
Cet historien conjecture qu'après la ruine entière de^Jérusalem, une bonne partie des Juifs qui avaient embrassé le Christianisme, et qui avaient observé jusqu'alors les cérémonies judaïques, y renoncèrent enfin, lorsqu'ils
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eurent perdu l'espérance de voir jamais^ le temple rebâti, et afin de ne pas être enveloppés dans la haine que les Romains avaient conçue contre les Juifs. Eusèbe le témoigne. Hist.
ecclés.,\. 3, c. 3b. Ceux qui continuèrent de judaïser formèrent deux partis ; les uns demeurèrent attachés à leurs cérémonies, sans en imposer l'obligation aux gentils convertis au Christianisme; on les toléra comme des chrétiens faibles dans la foi, qui ne donnaient d'ailleurs dans aucune erreur ; ils retinrent le nom de nazaréens qui avait été commun jusqu'alors à tous les Juifs devenus chrétiens:
les autres, plus obstinés, soutinrent que les cérémonies mosaïques étaient nécessaires atout le monde ; ils firent un schisme, et devinrent une secte hérétique; ce sont les êbionites.
Les premiers recevaient l'évangile de saint Matthieu tout entier; ils confessaient la divinité do Jésus-Christ et la virginité de Marie; ils respectaient saint Paul comme un véritable apôtre, ils ne tenaient point aux traditions des pharisiens : les seconds avaient retranché les deux premiers chapitres de saint Matthieu, et s'étaient fait un évangile particulier ; ils avaient forgé beaucoup de livres sous le nom des apôtres, ils regardaient Jésus-Christ comme un pur homme né de Joseph et de Marie ; ils étaient attachés aux traditions des pharisiens; ils détestaient saint Paul comme un juif apostat et déserteur de la loi. Ces différences sont essentielles. Mais comme il n'y eut jamais d'uniformité parmi les hérétiques, on ne peut pas assurer que tous ceux qui passaient pour êbionites pensaient de même.
Outre ces erreurs, saint Epiphane les accuse encore d'avoir soutenu que Dieu avoit donné l'empire de toutes choses à deux personnages, au Christ et au diable ; que celui-ci avait tout pouvoir sur le monde présent, et le Christ sur le siècle futur ; que le Christ était comme l'un des anges, mais avec de plus grandes prérogatives; erreur qui a beaucoup de rapport à celles des marcionites et des manichéens. Ils consacraient l'eucharistie avec de l'eau seule dans le calice ; ils retranchaient plusieurs choses des
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srtinl.es Ecritures; ils rejetaient tous les prophètes depuis Josué ; ils avaient en horreur David, Salomon, [sale, Jèrémie, etc. ; ils ne mangeaient point de chair, parce qu'ils [a croyaienl impure. On dit enfin qu'ils adoraient Jérusalem comme La maison de Dieu, qu'ils obligeaient tons leurs sectateurs à se marier, même avant l'âge de puberté, qu'ils permettaient la polygamie, etc., Fleury, Hist. ecclés., tom. 1, 1. 2,tit. 42. Mais la plupart de ces reproches sont révoqués en doute par les critiques modernes. En ell'ct, sainL Epiphane n'ai tribne point toutes ces erreurs à tous les ébionites, mais ,ï quelques-uns d'entre eux.
Le Clerc, qui, dans son Histoire ecclésiastique des deux premiers siècles, soutient que les ébionites et les nazaréens ont été toujours la même secte,
distingue ceux
qui parurent I an
d'avec i eux qui firent du bruit l'an
103; il croyait avoir découvert les
Opinions de ces derniers dans [es Clé-
mentines, donl l'auteur, dit-il, était êbionite. Or, celui-ci rejette le Pentateuque, prétendant qu'il n'a pas été écrit par Moïse, mais par un auteur beaucoup plus récent. 2« Il dit qu'il n'y a de vrai dans L'Ancien Testament que ce qui est conforme à la doctrine de Jésus-Christ. 3o Que ce divin .Maître est le seul vrai prophète.
4° Il cite non-seulement L'Evangile de sainl Matthieu, mais encore 1rs
autres. 5° il parle quelquefois de Dieu d'une manière orthodoxe ; mais il soutient, ailleurs que Dieu est corporel, revêtu d'une l'orme humaine et visible. 6° Il n'ordonne point L'observation delà loi de Moïse. Ajoutons que cet imposteur De croyail point la divinité de Jésus-Christ, et qui] en parle comme d'un pur homme; mais Le Clerc, socinien déguisé, n'a pas voulu faire cette remarque; il reproche avec aigreur à saint Epiphane de n'avoir pas su distinguer les anciens ébionites d'avec les nouveaux. Hist.
ecclés., pag. 476, 533 et suiv.
Mosheim a réfuté complètement cette opinion. Dissert, de twbiila per recentiores Platonicos Ecclesia, s 34 et suivants. II attribue les Clémentines à un platonicien d'Alexandrie, qui n'était, ii proprement parler, ni païen,
ni juif, ni chrétien, mais qui voulait, comme les autres philosophes de cette école, concilier ces trois religions, et réfuter tout à la fois les Juifs, les païens et les gnostiques. Il pense quecet ouvrage a été fait au commencement du troisième siècle, et qu'il est utile pour connaître les opinions des sectaires de ce temps-là. Par conséquent il persiste à distinguer les ébio- 7iistcs d'avec les nazaréens, comme nous l'avons vu ci-dessus; il observe, avec raison, que de simples conjectures ne suffisent pas pour contredire le témoignage formel des anciens touchant un fait historique; il serait à souhaiter que lui-même n'eût pas oublié si souvent cette maxime. Voyez Nazaréens.
Beausobre, Hist. du Manich., Liv.
2, c. 4, § 1, a comparé Les ébionites aux docètes, et il en a montré la différence; les premiers niaient la divinité de Jésus-Christ, les seconds son humanité. L'ébionisme fut embrassé principalement par des juifs convertis au Christianisme, élevés dans la foi de l'unité de Dieu, ils ne voulurent pas croire qu'il j eût en Dieu trois Personnes, el que le Fils fût Dieu comme son Père; us soutinrent que le Sauveur était un pur homme, et qu'il êtail devenu Fils de Dieu dans son baptême, par une communication pleine et entière des dons du Saint- Esprit: ce n'était là par conséquent qu'une tiliation d'adoption. Le docétisme, au contraire, régna principalement parmi les gentils qui avaient reçu l'Evangile; ils ne tirent aucune difficulté de reconnaître la divinité du Sauveur, mais ils ne voulurent pas croire qu'une Personne divine eût pu s'abaisser jusqu'à se revêtir d'un coi ps et des faiblesses de l'humanité; ils prétendirent qu'elle n'en avait pris que les apparences. Voyez Docètes.
Mais l'on peut tirer de l'erreur même des ébionites des conséquences importantes. 1° Quoique juifs opiniâtres, ils reconnaissent cependant Jésus-Christ pour le Messie ; ils voyaient donc en lui les caractères sous lesquels il avait été annoncé par les prophètes. 2° Ceux même qui n'avouaient pas qu'il fût né d'une vierge, in étendaient qu'il était tils de Joseph