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et de Marie ; sa naissance était donc universellement reconnue pour légitime. 3° On ne les accuse point d'avoir révoqué en doute les miracles de Jésus-Christ, ni sa mort, ni sa résurrection ; saint Epiphane atteste, au contraire, qu'ils admettaient tous ces faits essentiels; ils étaient cependant nés dans la Judée, avant la destruction de Jérusalem; plusieurs avaient été sur le lieu où ces faits s'étaient passés; ils avaient eu la facilité de les vérifier.
Quelques incrédules ont écrit que les ébiorrites et les nazaréens étaient les vrais chrétiens, les fidèles disciples des apôtres, au lieu que leurs adversaires ont embrassé un nouveau Christianisme forgé par saint Paul, et sont enfin demeurés les maîtres. Cette calomnie sera réfutée à l'article Paul, § 12.
Beruier.
EBRARD (Jean-Henri -Auguste) [Théol hist. biog. et bibliog.) — Ce théologien protestant allemand naquit à Erlanger, d'un père pasteur d'une colonie de Français réformés, en 1818, et devint en 1844 professeur de théologie à Zurich. On loue l'érudition et le style de ses ouvrages dont les principaux sont: Critique de l'histoire éoangèlique, Francfort, 1842; Essai d'une liturgique, 1 843 ; l'Essence divino-humaine du Christianisme, 1844 ; le Luthéranisme en Bavière, Berlin, 18 44 ; l'Évangile desaint Jean, Zurich, 1845; le Dogme de la sainte cène et son histoire, Francfort, 1843-40 ;des rapports de la dogmatique réformée avec le déterminisme, Zurich, 1849 ; Dogmatique chrétienne, 1846; Leçons de théologie pratique, 1831 ; beaucoup de sermons.
ECARRISSAGE (mol. mixt. scien.
et indust.) — Un des devoirs de l'homme, c'est de ne rien perdre des dons de Dieu, et de les mettre tous à profit. La théologie proclame ce devoir d'économie aussi bien que la sagesse philosophique, et il faut reconnaître que la science moderne et l'industrie accomplissent bien ce devoir; elles ne sont occupées, la première qu'à trouver des moyens d'utiliser les
choses qui paraissent les plus inutiles, et la seconde de mettre ces moyens à exécution : un exemple assez frappant de cet ordre nous est fourni par l'industrie de l'écarrissage. Cette opération consiste à abattre un cheval hors de service et à le dépecer, pour mettre à profit son cadavre. Or, voici les principales utilités qu'on est parvenu à retirer de ces restes qui ne paraissent presque tous, au premier abord, propres qu'à gêner.
Une partie se présente avec une grande évidence d'utilité, c'est la peau; aussi est-elle envoyée aux tanneries pour être employée ensuite à faire des cuirs pour chaussures et mille autres objets ; mais tout le reste a eu besoin d'une grande ingéuiosité, delà part de la science et de l'industrie, pour être mis à profit comme nous allons le dire.
Les poils seront-ils perdus? ils l'étaient jusqu'à l'invention des engrais animaux et des feutres grossiers appropriés au calfeutrage des cloisons et maisons de bois. Aujourd'hui ils sont recueillis par l'écarrisseur pour le premier de ces usages, quand ils ne peuvent servir au deuxième.
Que deviendront les tendons? ils seront passés par la chaleur, et l'on en retirera la gélatine et la colle-forte dont ne peuvent se passer les menuisiers.
Les pieds seront passés par l'ébullition, et donneront une huile qui sera des plus précieuses pour le graissage des machines et pour plusieurs autres usages dans la corroierie.
Et les instestins?Oh! laboyauderie réclame tous les boyaux qui ne sont pas déchirés, pour en faire trois usages : des boyaux soufflés dans lesquels les charcutiers mettront des saucisses et des saucissous; de la baudruche; et des cordes à boyau, dont on distingue plusieurs espèces, celles pour les rémouleurs, qu'on appelle les Lorrains, celles pour les raquettes, celles à fouet, celles d'archet et toutes les cordes à instruments de musique.
Et les os? c'est une des parties les plus utiles : on fera avec les os des manches de couteau, des ustensiles de toute sorte, quand ils seront de.
forme et de solidité convenables ; et
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de tout le reste, on tirera le noir animal si nécessaire dans le raffinage du sucre, ainsi que le noir d'os.
Que fera-t-on du sang ? Oh ! l'écarrisseur se gardera bien de le perdre :
à ['aide d'une cuisson et d'une préparation convenables, le sang deviendra un engrais des plus puissants, ou bien il en sera retiré du bleu de Prusse.
Et la chair musculaire ? Elle fournira aussi dubleu de Prusse, el pourra servir à la nourriture de plusieurs animaux ; elle fera pondre les poules; elle engraissera les cochons; et quand l'animal sera gras , elle vaudra, pour l'homme, la chair du bœuf; merci au siège de Péris de nous avoir habitués à rhvppophaLMi'.
Enfin que deviendront les débris des intestins, les issues et tout ce qui ne parait définitivement que bon à jeter? C'est ici que Le génie de l'écarrisseur est admirable. Il ne perdra rien du cadavre de sa bête, pas même rr dernier résidu. 11 en fabriquera, à l'aide de la nature, des asticots, ces vers blancs si appréciés des pêcheurs à la ligne, et non moins appréciés des rossignols en cage, aussi bien que des volailles. On sait que les asticots sont des larves de mouches qui se développent en 12 ou 14 heures dans la viande, après la poule de la mère. L'écarrisseur dispose sur la terre une couche des débris dont nous parlons, de 2b à 30 centimètres d'épaisseur, et la protège du soleil en la couvrant de paille, l.a mouche carnassière y sème de ses œufs en quantités innombrables, et auboutde deux ou trois jours, La couche entière n'est plus qu'une masse d'asticots grouillants.
Nous disons même, pour clore notre article, à l'adresse des ivrognes, qu'il est parfois arrivé qu'un mort-ivre, endormi, a été trouvé dévoré par ces larves : les mouches croyant trouver une bète morte avaient déposé leurs o'ufs sur les paupières, aux coins des lèvres, sur les narines ; ces œufs avaient suivi leur développement naturel, et ce développement était devenu si considérable que l'individu était mort étouffé par cette dégoûtante fourmilière. Mais n'oublions pas l'écarrisseur,
exemple frappent de l'économie que doit apporter toute créature dans l'usage des dons du créateur.
Le Nom.
ECCHELLENSIS (Abraham). (Théol.
hist. biog. et bibliog.) — Ce savant maronite, né à Eckhel et mort à Rome, dans un âge très-avancé, en 1664, est l'auteur de nombreux ouvrages, dont nous citerons les suivants :
Concilii Nicseni Prxfatio, una cum tilulis et argumentis canon, et constitut.
ejusdem, qux hactenus apud orientales nationes exstant, etc., Paris, 1641. — Abr. Ecchellensis et Léon Allatii Concordantia nationum christianarum orii iiliilaim in fidei catholiese dogmata, Mogunt, L65Î5. — De Origine nominis Papa?, neenou de illius proprietate in Romano Pontifies, adeoque de ejusdem primatu, contra Joannem Seldenum, Anglum, Rome, 1660 — Epistola ad}.' Morinum de variis Grœcorum et ùrientaliumritibus. — Réimprimé dans Richard Simon, Fides Ecclesix orientalis. Londr., 1671. — Chronicon orientale, nunc primum latinitate donatum, cui accessit Supplcmeirfwn historix orientons, Paris, 1653. — Catalogus librortun Chaldseorum, tam ecclesiast.
quam profanorum, auctore Hebed- Jesu, latinate donatus etnotis illustratus, Rome, 1653. « Ce titre, ditM.Welte, n'est pas exact, car le Catalogue d'Ebed-Jesu s'occupe purement de la littérature ecclésiastique. »
Le Nom.
ECCLÉS1ARQUE, c'est ce qu'on appelle à présent rnaryuillicr, et dans quelques provinces scabin; mais les fonctions des ecclésiarques étaient plus étendues: ils étoient chargés de veiller à l'entretien, à la propreté, à la décence des églises, de convoquer les paroissiens, d'allumer les cierges pour l'oflice divin, de chanter, de quêter, etc. Bergier.
ECCLÉSIASTE, nom grec qui signifie prédicateur ; c'est le titre d'un des livres de l'Ecriture sainte, parce que l'auteur y prêche contre la vanité et la fragilité des choses de ce monde.
Le plus grand nombre des savants l'attribue à Salomon, parce que l'au-
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teur se dit fils de David et roi de Jérusalem, et parce que plusieurs passages de ce livre ne peuvent être appliqués qu'à ce prince. Grotius pense qu'il a été fait par des écrivains postérieurs qui le lui ont attribué : « On ■> y trouve, dit-il, des termes qui ne » se rencontrent que dans Daniel, » dans Esdras, et dans les Paraphra- » ses chaldaiques. » Allégations frivoles. Salomon, prince très-instruit, a pu avoir connaissance duchaldéen.
Dans le livre de Job, il y a plusieurs mots dérivés de l'arabe, du chaldéen et du syriaque ; il ne s'ensuit rien.
Selon d'autres, Grotius jugeait que, pour le temps de Salomon, l'auteur de YEcclésîaste parle trop clairement du jugement de Dieu, de la vie à venir et des peines de l'enfer; mais ces mêmes vérités se trouvent aussi clairement énoncées dans le livre de Job, dans les psaumes, dans le Pentateuque, livres certainement antérieurs à Salomon (I).
Quelques anciens hérétiques ont cru au contraire que V Ecclésiaste avait été composé par un impie, par un sadducéen, par un épicurien, ou par un pyrrbonien, qui ne croyait point d'autre vie ; c'est aussi l'opinion de plusieurs incrédules : soupçon trèsmal fondé.
Après avoir fait l'énumération des biens et des plaisirs de ce monde, VEcdésiastc conclut que tout est vanité pure et affliction d'esprit; ce n'est point là le langage des épicuriens anciens ni modernes.
Parce qu'un écrivain raisonne avec lui-même et propose des doutes, il n'est pas pour cela pyrrbonien; surtout lorsqu'il en donne la solution ; c'est ce que fait VEccttsiaste. fl rapporte les différentes idées qui lui sont venues à l'esprit, sur le cours bizarre
(1). On ne [eut pas dira qu'il soit certain que le livre de Joli soit antérieur à Salomon; mais on peut dire avec Renan qu'il est certainement antérieur à la captivité de Babylone, et qu'il ne peut pas être d'une antiquité inférieure à 700 ans avant J.-C. Quant à son ancienneté réelle, elle peut être et parait même être, malgré certaines difficultés tirées de phrases que ce livre contient, beaucoup plus grande. En ce qui est du Pentateuque et des psaumes de David ou des chantres contemporains de David, l'assertion de Bergier est vraie; mais quelques psaumes peuvent être plus modernes.
Lb Noir.
des événements, sur la conduite inconcevable de la Providence, sur le sort des bons et des méchants dans ce monde; il conclut que Dieu jugera le juste et l'impie, et qu'alors tout sera dans l'ordre. Si ses réflexions semblent souvent se contredire (1). si quelquefois il semble préférer le vice à la vertu, et la folie à la sagesse, il enseigne bientôt après qu'il vaut mieux entrer dans une maison où règne le deuil, que dans la salle d'un festin; dans la première, dit-il, l'homme apprend à penser à la destinée qui l'attend, et, quoique plein de santé, il envisage sa fin dernière.
Ecd.,c. ;!, f f7; c. 7, f 3, etc.
Plus loin, il conseille à un jeune homme de se livrer à la joie et aux plaisirs de son âge; mais à l'iitstant même il avertit que Dieu entrera en jugement avec lui, et lui en demandera compte ; il lui représente que la jeunesse et la volupté sont une pure illusion. Il exhorte, dans le chapitre suivant, à se souvenir de son Créateur dans sa jeunesse, avant qu'il soit courbé sous le poids des années. Parlant de la mort, il dit : « L'homme » ira dans la maison de son éternité, » la poussière rentrera dans la terre » d'où elle a été tirée, et l'esprit re- » tournera à Dieu qui l'a donné. »
La conclusion du livre est surtout remarquable : « Craignez Dieu et gar- » dez ses commandements, c'est la » perfection de l'homme. Dieu jugera » toutes nos actions bonnes ou mau- » vaises. >> C. 44, ^ g ; c. 12, $ \, 7, 13. Un épicurien, un homme qui ne croit point d'autre vie, unpyrrhonien, qui affecte d'être indécis et'indilférent sur le présent et sur l'avenir, n'ont jamais parlé de cette manière.
Bergier.
ECCLÉSIASTE (le titre et l'authenticité de 1') (Théoî. hist. bibliog. philol.
(1) Ces contradictions de l'ecclesiaste, qui paraissent embarrasser Bergier jusqu'à no certain point, n'ont jamais fait pour nous la moindre difficulté, parce que nous avons toujeurs lu l'Ecclesiaste comme un poëme lyrico-philosophique , et que le ton d'une telle poésie, qui estun peu dithyrambique, comporte ces sortes d'extravagauces littéraires sans que le sens général, qui est exprimé dans la conclusion, en soit atfecté.
Lb Noir.
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crit.) — Nous jugeons utile d'ajouter à l'article de Bergier la dissertation' suivante de M. Welte sur le titre et l'authenticité de ce livre.
« Ecclesiaste , Ecclesiustes , 'Exx'Xf.aiaTcr,;. La Vulgate et les Septante
traduisent ainsi le mot hébreu n'inp
(Cohclth), souslequel est désigné l'auteur d'un di's livres de l'Ancien Testament. On a interprété ce mot de différentes façons. La solution ne parait cependant pas difficile. Ce mot ne peut pas signifier, comme l'ont entendu (irotius, Mendelsohn, Herder, collectionneur, faisant entendre que l'auteur avait réuni des idées et les sentences
de diverses personnes, car Snp ne signifie jamais une pareille collection; il ne se dit que d'une réunion d'hommes. Encore moins peut-il désigner, ainsi que l'ont pensé Doderlein, Paulus, Nachtigal, une réunion ou une société, c'est-à-dire un institut fondé
par le fils de David; car nSnp est une
forme active, et pour désigner une
réunion l'hébreu dit Snp. Enfin on ne
peut admettre l'opinion dcDindorfet de Moldenhawer, qui traduisent par vieillard, ni celle de Coccéius et de Schultens, qui rendent le mot parpé-
nitmt; car ces deux acceptions, contraires aux usages constants de la langue hébraïque, sont beaucoup trop subtiles et trop artificielles (L).
« Le mot Snp (de SnT\ réunir le peuple) signifie celui qui réunit, qui préside une réunion, qui parle dans une réunion, un orateur, un prédicateur, concionator, sens que S. Jérôme attribue à •Exv.AT.xïTr'r,; (2), et dans lequel il a toujours été pris par la plupart des exégètes (3), même modernes (4).
Il est vrai que rpnp, forme féminine, parait être ditférent de Snp
(t) Citnf. Knobel, Comment, sur le livre Coheteth, p. 3-6.
(i) Comment, ad Cohel., I, 1.
(3) Coûf. Pidéita, Comment, in Ecoles., I, 1, il 15.
(4) Conf. Knobel, I. c, p. ».
et n'avoir pas le même sens; mais on se sert volontiers de cette forme pour des idées abstraites, [pour des noms de fonction, et par suite pour le nom du fonctionnaire lui-même. Ainsi
nSnp comme Snp est un prédicateur,
Ecclesiastes traduit trés-exactement l'expression hébraïque. Quanta lapersu;*»»' désignée sous le nom à'Ecclesiaste, de prédicateur, la question est encore moins difficile à résoudre que la précédente; car le prédicateur se nomme dans le titre du livre fils d<- David et roi de Jérusalem, et ainsi le mot hen (in), fils, pris dans le sens
propre, nepeutdésigner queSalomon.
Et en effet letitredeCohelethoud'JEcclesiaste désigne Salomon chez les exégètes anciens et modernes, sauf de rares exceptions, et le protestant de WCtte lui-même dit : « Le mot en litige nSnip est, dans tous les cas, si le
texte est exact, le surnom du roi Salomon (1). » Si donc Cohel eth est un des noms qui désignent Salomon, il est évident que le livre dont le titre et certains passages attribuent (2) les paroles et la doctrine à Coheleth se déclare une œuvre de Salomon.
i' Mais le fait annoncé est-il vrai, c'està-dire le livre est-il authentique? On pourrait, comme déjà le remarque Pinéda (3,, soutenir l'authenticité du livre, quand il n'aurait précisément pas été écrit par Salomon, et quand il ne renfermerait que des maximes et des enseignements de Salomon qu'un tiers aurait recueillis; mais on nie l'authenticité, même dans ce sens, et on lui attribue une date si postérieure à Salomon qu'il ne peut plus être question de paroles et de maximes provenant de Salomon et rédigées par un autre.
Ainsi Hitzig dit : « On place ordinairement la rédaction de ce livre à la fin de l'ère persique ou au commencement de l'ère macédonienne; » et il pense, quant à lui, qu'il a été rédigé après le milieu du troisième siècle avant Jésus-Christ (3). On donne pour
(i) Introd- à l'Ane. Tes., 6e édit., p.
(4) LEcelésiaste,?- 121.
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motifs principaux d'une date aussi récente, d'une part le caractère de la langue et le style du livre, d'autre part son contenu même.
« Or, ici comme toujours, quant à ce qui est de la langue, on attribue trop de valeur à la critique moderne. L'usage fréquent du participe, dont on fait grand bruit, a sa raison dans la chose elle- même; car le participe revient régulièrement dans les passages parlant d'objets qui ont de la similitude et qui se présentent naturellement sous des formes analogues. Puis les mots et les tournures aramaïques ne prouvent pas suffisamment un âge postérieur, car on les trouve de même dans des livres reconnus anciens, tels que celui des Juges, j; et, en outre pour pouvoir fixer avec certitude l'âge d'un litre d'après ces idiotismes, il faudrait avoir des documents écrits en ancien hébreu des temps antérieurs au Christianisme bien pins nombreux que ceux cru' on a en effet. Et enfin ces faits philogiques s'expliquent très-facilement, même pour un livre écrit du temps de Salomon, par le commerce trèsfréquent des Israélites de cette époque avec l'étranger. Si on trouve le style en général faible et prosaïque, et de plus si on y rencontre des traces de lectures, celles-ci sont, dans tous les cas, extrêmement incertaines, et quantau premier reproche, en supposant qu'on l'admette, il ne prouverait absolument rien en faveur d'une date postérieure. Hitig lui-même trouve le style d'Isaie, dans ses menaces contre Édom (I) faible et dur, lourd et relâché, et l'attribue néanmoins à un prophète antérieur à Isaïe (2).
« Entin, quant au contexte, si l'on considère comme des preuves d'une date postérieure à Salomon la maturité et [Impartialité des jugements sur la Providence divine (3), et les paroles de l'auteur qui affirment qu'il a été roi dans Jérusalem, qu'il a été plus sage et plus riche que tous ceux (bSD) qui l'ont précédé (4), il faudrait, quant
(1) Cap. 15, 16.
(2) Le Prophète haïe, p. 179.
'3) Hifcig, I. c.
(4) 1, 12, 16; 2 ,7, 9.Knobel, I.
au premier point, ne pas refuser au iils de David la possibilité d'un jugement impartial sur la providence de Dieu en ce monde, puisqu'on ne lui dénie pas la belle prière qui se trouve aux v. 23-53 du ch. 8 du III e livre des Rois; et, quant au second point, il faudrait reconnaître que irvn est bien
souvent employé pour exprimer des faits qui ont eu lieu, mais qui durent encore, par exemple : Genèse, 32, \ I, Exode, 2, 22; Ps. 71,7; 73, 22; Job,
11,4; H), o; et que le mot Setd n'exclut (tas tout autre roi que des rois israélites dans Jérusalem.
« Nous passons sous silence d'autres objections de moindre valeur. On peut donc admettre que ce fut au moins dans la période de Salomon que le Coheleht fut écrit.
« Cependant l'authenticité n'est pas encore démontrée par là. On fait en outre valoir contre la paternité de Salomon plusieurs maximes et points de doctrine du livre, notamment la connaissance du dogme de l'immortalité (1), les sorties contre les sacrilices (2), les jugements sévères sur les rois (3,\ les plaintes sur les juges iniques (4), sur la méchanceté des femmes (3), la misère humaine et le cours des choses en général (G).
« Mais, quelque surprenantes que puissent paraître ces expressions et ces assertions dans la bouche de Salomon, vues à leur vraie lumière elles sont inattaquables, même dans sa bouche. 11 est évident que, longtemps avant Salomon, les Hébreux croyaient en l'immortalité de l'âme; sans parler de la disparition d'Enoch (7), cela résulte suffisamment de la manière dont ils parlent de la mort, qui réunit les mourants à leur peuple (8) ou à leurs pères (9), de l'évocation des morts avant Saùl et de son temps (10).
Quant aux sacrifices, le Cohelethn'cn
(M 3, ïl.
(6) Eu beaucoup d'eudruits.
(7) Genèse, 5,24.
(8) Genève, 49 33 Nombr., 20, 2»; 27 13
(9) Juges, 2, 10.
(10) l Huis, 28 3.
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parle pas plus défavorablement que David, par exemple (1), que Salornon lui-même (2), qu'Isaïe (3), Osée (4), Amos (!i) et d'autres.
« Si nous admettons que Salornon écrivit l' Ecclêsiaste dans les dernières années de sa vie, nous n'aurons pas de peiue à comprendre qu'il ait eu plus d'une déception politique à déplorer pour son compte et à blâmer dans les autres. Sans doute il faut un haut degré de noblesse et de franchise pour qu'un souverain parle avec autant d'impartialité et de sincérité ; mais de quel droit refuserait-on ces sentiments à Salornon? Il en est de même de ses reproches aux juges iniques ; il devait connaître la corruption ci l'injustice qui pouvaient régner non-seulement dans les tribunaux de son empire, mais encore partout où se rend la justice humaine. Certes Salornon connaissait mieux que personne la perversité de la femme, et les plaintes qu'il fait entendre à ce sujet au déclin de sa carrière ne peuvent surprendre qui que ce soit. Et enfin qu'y a-t-il de plus naturel que de voir un homme comme Salornon, qui, dans les meilleures années de 3a vie, s'était abandonné aux jouissances de ce monde et qui n'avait pu y trouver la paix et le bonheur, reconnaître la vanité de toutes choses et se servir de son expérience pour enseigne] - e!
avertir les hommes? Il n'y a par conséquent rien dans VEcclésiaste qui exclue absolument Salornon en qualité d'auteur, et il ne reste que desmotifs pour affirmer cette paternité et par là même l'authenticité du livre. »
Nous ne jugeons pas du tout l'JSccZiisiaste comme tous ces critiques. Pour nous ce livre est un dithyrambe philosophique, le chant désordonné d'un roi poète dégoûté des grandeurs.
Toute la tenue decet écrit, la pensée, le ton, l'art révèlent une antiquité comme celle du livre de Job, et celui qui le rapporte aux premiers siècles de l'ère chrétienne nous parait tellement sortir du bon sens que nous se-
(1) Ps. 40, 7, 8.
(2) Prov., ii, 3.
rions tentés de dire, pour l'excuser d'une telle assertion, qu'il ne l'a pas lu. Il n'est pas dans l'histoire de personnage auquel on soit plus porté à l'attribuer, quand on vient de le lire avec intelligence, que l'auteur du cantique des cantiques et s'il n'est pas de lui, il; ne peut être que de l'un de ses semblables. La dernière phrase en explique la morale délinitive, et tout le reste explique les sentiments complexes qui se sont éveillés dans une âme à la fois lyrique et philosophique, qui n'a rien eu à désirer dans la vie, qui juge que tous ses désirs et leurs satisfactions n'ont été que vanités, en qui se sont élevés tous les doutes, et qui a fini par conclure : « l'observance de la loi de Dieu et la crainte de son jugement; voilà tout l'homme. » C'est au calame du roi Salornon qu'il convient le mieux d'attribuer cette poésie sérieuse, un peu à la lord Byron , moins la teinte moderne et les conclusions vides.
Le Nom.
ECCLÉSIASTIQUE, nom d'un des livres de l'Ancien Testament, que l'on appelle aussi la Sapience de Jésus, fils de Sirach,
L'an ii'à avant Jésus-Christ, sous le règne île Ptolémée Evergète, iils de Ptolémée Philadelphe, Jésus, fils de Sirach, juif de Jérusalem, s'établit en Egypte, y traduisit en grec le livre que Jésus, son aïeul, avait composé en hébreu, et qui porte, dans nos bibles, le nom d' Ecclésiastique. Les anciens le nommaient Panareton, trésor de toutes les vertus. Jésus l'ancien l'avait écrit vers le temps du pontificat d'Onias I or ; le fils de ce pontife, nommé Simon le Juste par Josèphe, est loué dans le chapitre cinquantième de ee même livre. L'original hébreu est perdu ; mais il subsistait (encore du temps de saint Jérôme : ce Père dit, dans sa Préface des livres de Salornon, et dans sa lettre 115, qu'il l'avait vu sous le titre de Paraboles.
Les Juifs ne l'on point mis au nombre de leurs livres canoniques, soit parce que le canon était déjà formé lorsque YFcclésiastique a été écrit, soit parce qu'il parle trop clairement du mystère de la sainte Trinitç, ch. 1,
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f 9; ch. 24, f 5; chap. M, } 14.
Grotius a soupçonné que ces passages pouvaient être des interpolations faites par les chrétiens ; mais ce soupçon est sans fondement.
Dans les anciens catalogues des livres sacrés reconnus par les chrétiens, celui-ci est seulement mis au nombre de ceux qu'on lisait dans l'Eglise avec édification ; saint Clément d'Alexandrie etd'autresPèresdes premiers siècles le citent sous le non d'Ecriture sainte; saint Cyprien, saint Ambroise et saint Augustin le tiennent pour canonique ; il a été déclaré tel par les conciles de Carthage, de Rome sous le pape Gélase, et de Trente.
Plusieurs critiques pensent, mais assez légèrement, qu'il y a dans la traduclion grecque des choses qui n'étaient ."pas dans l'original ; que la conclusion du chap. 50, f 26 et suiv., et la prière du dernier chapitre, sont des additions du traducteur. Ce qu'il dit du danger qu'il a couru de perdre la vie par une fausse accusation portée au roi contre lui, ne peut pas, disent-ils, regarder le grand-père de Jésus, qui demeurait à Jérusalem, et qui n'était pas sous la domination d'un roi. Ils ne se souviennent pas que Ptolômée I", roi d'Egypte, prit Jérusalem et maltraita beaucoup les Juifs. Voyez Josèphe, Antiq., 1. 12, c. 1. La version latine contient aussi plusieurs choses qui ne sont point dans le grec; mais ces additions ne sont pas de grande importance.
On a coutume de citer ce livre par la note Eccli., pour le distinguer de l'Ecclesiaste, qu'on désigne par Ecclê., Eccl. Bergier.
ECCLÉSIASTIQUE (analyse et date du livre de 1') {Thcol. Ilist.' bibliog).— Ajoutons à l'article de Bergier sur l'ecclésiastique, comme nous l'avons fait pour l'ecclésiasté, quelques observations de M. Welte sur le contenu de ce livre et sur la date de sa composition.
« Le livre se divise en deux parties principales.
« La première (chap. 143) a beaucoup d'analogie avec les Proverbes de Salomon et le Livre de la Sagesse ;
elle renferme, sous une forme gôné, ralement sentencieuse et proverbialeune foule de règles de conduite et de maximes morales pour tous les états et toutes les conditions; elle énumère la série des vertus, en relève l'importance, exhorte à leur pratique, expose de même la série des passions et des péchés dominant parmi les hommes, et cherche à en éloigner en en montrant les conséquences. Elle abonde aussi en avis-relatifs à la conduite des affaires domestiques et civiles, exhorte àla sérénité d'esprit, au contentement habituel de son sort, donne des règles de prudence à suivre dans le commerce des supérieurs et des grands.
Elle vante surtout les avantages de la sagesse, invite à sa recherche, montre son origine, dit qu'elle est née de la bouche du Très-Haut, qu'elle remplit l'étendue des cieux et la profondeur de l'abîme, qu'elle habile parmi les nations et répand ses enseignements au loin comme les rayons de l'aurore (1).
« Les proverbes de l'Ecclésiastique se distinguent de ceux de Salomon surtout parce qu'ils sont plus riches de sens, plus nets, plus spéciaux ; qu'ils insistent principalement sur la suite du péché et décrivent la puissance énorme que. le péché gagne peu à peu sur l'âme qui s'en laisse envahir.
« La seconde partie (ch. 44-50) fait l'éloge des personnages influents de l'ancienne théocratie qui ont rendu des services comme chefs du peuple, prophètes, prêtres, écrivains sacrés, tels que Enoch, les patriarches, Moïse et Aaron, Josué et Caleb, etc., etc.; elle se termine par une exhortation à la sagesse et une prière où l'Ecclésiastique exalte la bonté de Dieu et sa fidélité à ses promesses
« Il y a deux points auxquels on peut se rattacher pour déterminer la date du livre: 1° le dernier des personnages éminents en Israël dontl'auteur proclame les louanges est le grand prêtre Simon, fils d'Onias (2); 2° le traducteur vint eu Egypte sous Ptolémôe Évergète et y lit son travail. — Il est vrai qu'il y a eu deux grands
(!) Cnnf. c. 15 et 24- (2) 50, 1-21.
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prêtres du nom de Simon et deux rois d'ÉgypIe du nom de Ptolèmée Évergète; mais il est difficile de douter qu'il s'agit ici du plus ancien Simon, surnommé le Juste, et du plus ancien des Ptolèmée Évergète ; car, d'une part, il serait tout à fait invraisemblable que Sirach eût fait un éloge relativement très-long du dernier Simon et eût complètement gardé le silence sur Simon le Juste, qui rendit des sci vices incomparablement plus grands à la religion et à la nation juives; d'autre part, le second Evergète d'Egypte, Ptolèmée Physcon , était un tyran tel que l'histoire heureusement en offre peu d'exemples.
Il ne fut surnommé Kvergète ^bienfaisant) que par abus, par des hypocrites et des llatteurs, et l'Ecclésiastique ne pouvait certainement pas lui avoir accordé ce surnom honorable, comme le remarque justement Ilaneberg (I). L'objection qu'on fait que le traducteur, daprès ses propres indications, vint en Egypte dans la trentehuitième année d'Kvergète, el que h premier Kvergète oe régna que vingteinq ans, se résout très-simplement par cela qu'il ne peut pas plus être question d'une trente-huitième année de règne du second que du premier E vergeté, et qu'ainsi il ne s'agit que de la trente-huitième année du traducteur. Or Simon le Juste devint grand-prêtre vers l'an 300, et Sirach décrit la majesté de Simon, au milieu de ses fonctions, d'une manière si vive et si actuelle qu'elle ne peut appartenir qu'à un témoin oculaire. Si donc, il décrit ce qu'il a vu personnellement, il doit avoir écrit son livre vers 280 av. J. -('.., et son petit-fils l'aurait traduit en grée cinquante à soixante ans plus tard, entre 230 et 220 av. J.-C.
« Le premier Kvergète régna de 240 à 221 av. J.-C. » Le Nom.
ECHANGE (égal). [Théol. mixt.écon.
social.) — ■ Voici la partie du petit traité sommaire de nos harmonies sur les questions économiques, qui concerne {'échange des produits, et
(1) Histoire de la lie'vèl. bibl., traduit par I. Gosenler, t. II, p. 88 '■q.
que nous avons promis au mot consommation.
« Le second objet de l'économie sociale est l'échange.
« I.Que dit, sur cet objet, la science économique? — L'échange prend mille formes et mille noms. Citons seulement la vente, l'assurance, et le prêt, trois modes d'échange auxquels on peut les rapporter tous. Or, sur cette matière, comme sur la précéi'ente(l), la science économique aboutit, dans ses conclusions, à poser des principes, à constater des vices, et à proposer des moyens d'organisation.