‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 4 (volume 4)Chapitre 62 sur 96 · livre "m I" geure humain ; il veut obliger les · texte numérisé non relu

livre "m I" geure humain ; il veut obliger les

hommes à soumettre leur esprit à Dieu, et a réprimer leurs paaaiom déréglées : il faut qu'il périsse; et, " quelque prix que ce soit, il doit être sacrifié au libertinage.

» An reste, ne eroyei pas que l'impiété s'engage sans nécessité dans toutes les absurdités que vous avez vues. Si, "outre le témoignage du genre humain, et contre Luîtes les règles du bon sens, elle ' s'attache il oter au Pentaleuqne et uux prophéties leurs auteurs toujours reconnus, et à leur contester leurs dates, c'est que les dates fout tout en cette matière, pour deux raisons : premièrement, parce que des livres pleius de taDt de faits miraculeux, qu'on y voit revôtua de leurs circonstances les plus particulières, et avancés non-seuleuieut comme publics, mais encore comme présente, s'ils eussent pu être démentis, auraient porté avec eux leur condamnation ; et, au lieu qu ils se soutiennent Je leur propre poids, ils seraient tombés par eux-mêmes il y a longtemps : secondement, parce que leurs dates étant nue fois fixées, on ne peut plus effacer la marque infaillible d'inspiration divine qu'ils portent empreinte d&ns le grand nombre et la longue suit" des prédictions mémorables dont on les trouve remplies. .

n C'est pour- éviter ces miracles et ces pi "dations que les impies sont tombés dans toutes les absurdités qui vous ont surpris. .Mais qu'ils ne pensent pas échapper à Dieu : il a réservé â s— - uffre

I t.-, Iras. mais encore au-dessus du :i l.ii-l N'importe ; il faut que tout i F.-dras. Si ce» remarques venaient de , le lVntateuque ser.it encore plus ancien qu'il ne faut: et on ne pourrait assez révérer l'antiquité <\ un livre dont les notes mêmes auraient un

-i ci 1 ftgfl Esdras aura donc tout fait; Esdras

aura oublié qu'il voulait faire parler M'use, et lui aura fait écrire si groeaièrement comme déjà arrivé ce qui a'eat paseé eprèa lui. Tout nu ouvrage aéra convaincu de supposition par ce seul endroit ; l'autorité de tant de siècles et la foi publique ne lui serviront plus de tien : comme si, au contraire, ou ne voyait pas que c s remarques dont ou se prévaut

sou Ecriture

une nittique de divinité qui ne teinte ; c est le rapport des deux Testuuieuts. On ne dispute pas du moins que tout l'Ancien Testament ne soit écrit devant le nouveau. Il n'y a point ii i de nouvel Esdras qui ait pu persuader aux Juifs d'inventer OU do falsifier leur Ecriture en faveur des chrétiens qu'ils persécutaient. Il n'en faut pas davantage. Par le rapport des deux Testaments, on prouve que l'un et 1 antre est divin : ils ont tous deux le même dessein et la même suite ; l'un prépare la voie à la perfection que l'autre montre à découvert ; l'un pose le fondement, et l'autre achève l'édifice ; en un mot, l'uu prédit ce que l'autre fait voir accompli.

n Ainsi tous les temps sont nuis ensemble, un dessein éternel de la divine Providence nous est révélé. La tradition du peuple juif et celle du peuple chrétien ne font ensemble qu'une même suite de religion, et les Ecritures des deux Testameuts ne font aussi qu'un même corps et un même livre, „ , — Bossuet, Discours sur l'histoire universelle, seconde partie. Goussbt.

ECR

ne fait rien à la question de savoir s'il a été réellement écrit par tel du tel auteur. Dirons-nous que les écrits d'Homère, d'Hésiode, de Tite-Live, de Plutarque, ne peuvent être partis de la plume de ces divers auteurs, parce que les uns ne renferment que des fables, les autres des histoires prodigieuses et incroyables?

4° Le silence des auteurs profanes, au sujet des livres des Juifs, est faussement supposé, il, M. Hiict, dans sa Démonstration évangélique, Grotius, dans son Traité dt la vérité de la Religion chrétienne, e1 vingt autres écrivains, ont cité les passages des auteurs égyptiens, phéniciens , chaldéens, grecsel romains, qui ont parlé des livres des Juifs. Dès que ces livres ont été traduits engrec, ils ont été trés-connus, et dés que l'on a pu avoir le texte hébreu, l'on n'a pas manqué d'en taire ta comparaison la plus exacte avec la traduction. La conformité de l'un avec l'autre démontre que ni l'un ni l'autre n'ont été falsifiés ou corrompus.

.')" Lorsqu'il est question d'un livre indifférent, sans conséquence, qui esl de pure curiosité, qui n'intéresse personne, il peut sans doute être falsifié H interpolé ; mais quand il s'agit d'un livre qui intéresse toute une nation, qui est tout à la fois le monument de son histoire, le code de sa croyance, de sa morale et de ses lois, le titre des possessions de chaque

(1) Malgré le pou de commerce des Juifs avec les

étrangère, une multitude d'écriraioa égyptiens, gi s

et latin», ont connu Moue el ses lois. On peut von dansJosèphe, saint Justin, Tatien, Clément d' kleienane. Athénagore, Etisèbe dejCéaujée, eto., ce que disaient du législateur dos Hébreux, Hanéthon, Fini. ..■oins d'Athènes, Bupoléme, Apollooius-Holon,

Ptolém Ephestion, api l'Alexandrie, Nicolas

de Damas. Alexandre Polybisthor, Artapan, et pl«- Sl - antre* dont les ouvrages ne sonl pas venus

juoju à nous.

Diodore de Suite, parlant des ph» célèbres législateurs de l'antiquité, [ail menti le Moïse, i un

laissa aux Juifs dos lois qu'il prétendait avoir reçues

&« I> lao, llistor.. Idi. t.) c'est-à-dire' du

Dieu Jeliovah, car le mot bébren est susceptible de

ces deux prononciations, et l'on voit ipie les basili-

diens ot quelques autres apoétiques avaient adopté la première, ain-i que Diodore de Sicile. Le même Diodore dit ailleurs (frag. ap. Phot., Dihlioth.) que Moïse était chef d'une colonie sortie de l'Egypte,

qu'il partagea son peuple en douze tribus, qu'il défendit le culte dos images, persuadé que la Divinité De pouvait être représentée sous une forme humaine ; qu'il près, in it aux Juifs une religion et une manière

famille, peut-on y toucher sans conséquence? Si, après la mort de Moïse, par exemple, toute la nation des Hébreux avait conspiré à changer quelque, chose à ses livres, y auraitelle laissé les traits déshonorants qui pouvaient la couvrir d'infamie aux yeux de ses voisins ; les crimes de ses pères, ses défaites, ses malheurs? Si les prêtres avaient formé ce complot les particuliers et les familles qui en avaient des copies, et qui étaient forces d'en avoir, les tributs, jalouses de celle de Lévi„auraient-elles gardé le silence? Que l'on cite un exemple d'une pareille conspiration formée par une nation tout entière.

Après le schisme des dix tribus, la conspiration est devenue encore plus impossible ; les Israélites ont été divisés eu deux peuples presque toujours ennemis et armés l'un contre l'autre, jamais cependant l'un n'a reproché a l'autre l'attentat dont on les croit capables. Jamais les prophètes '[ui ont mis au grand jour tous les crimes de leur nation, ne l'ont soupçonnée d'avoir changé une seule syllabe dans ses livres sacrés. Après la captivité, lorsque les Juifs ontété dispersés dans la l'erse, dans la Syrie, dan, l'Egypte, toute altération faite de concert a été d'une impossibilité ibsolue. Si Esdras ou un autre avait osé y toucher, le Pentateuque samaritain, plus ancien que lui, aurait déposé et déposerait encore contre lui.

de vivre toutes différentes de celles des autres nations.

St ni l»,n ihli. 18] parle a peu près dans les mêmes termes; il fait l'éloge de Moïse et de ses institutions.

Dans la manière dont Justin, d'après Troeue-Pompée (lib. 36) ot Tacite (Histor., 1. 5, ), décrivent l'origine des Juifs, on reconnaît le fond de l'histoire de M .i.e, à travers les fab'es et les calomnies qui la défigurent. Ces deux histoires s'accordent à nommer Moïse connue le fondateur et le législateur de la nation juive.

Juvénal parle de Moise, de la vénération que les Juifs avaient pour ses livres, de leur aversion pour les mites étrangers, de l'observance dd sabbat, de la circoncision, de l'abstinence de la chair de porc.

[Satyr. 14.)

Le rhéteur Longin connaissait les livres de Moise. Il cite en exemple du sublime une pensée de la Ge- Dèse. « Ainsi, dit-il, le législateur des Juifs, qoi . n'était pas un homme ordinaire, ayant fort bien i conçu la grandeur et la puissance de Dieu, l'a ex- • primée dans toute sa disnité au commencement » de ses lois, par ces paroles. Dieu dit que la lui uiière se fasse, et la lumière se lit; que la terre

ECR

ECR

Les mêmes raisons sont encore plus fortes poiir les livres du Nouveau Testament. Les divers écrits dont il est composé, n'ont point été livrés tous, dans leur origine, à une société particulière, par exemple, à l'Eglise de Jérusalem ou d'Antiochc, mais adressés aux diiïérentes Eglises de la Judée, de la Syrie, de l'Egypte, de la Grèce, de l'Italie. Ce sont ces diftérentes sociétés qui se les sont communiqués les unes aux autres; chacune en particulier était intéressée à ce que les copies lussent exactement conformes aux originaux. Toutes les fois qu'une secte d'hérétiques a eu la témérité d'en altérer seulement un mot, les Eglises, qui avaient reçu ces écrits de la main des apôtres, ont élevé la voix, ont reproché à ces sectaires leur infidélité ; saint Iréuée, dés le second siècle, saint Clément d'Alexandrie. Origènc, Tel tullien, en sont témoins, et réclament l'attestation de ces mêmes Eglises.

11 a encore été plus impossible de [es supposer ou de les forger on entier, que de les falsifier en partie ou de les interpoler. Nous pouvons donc affirmer hardiment qu'il n'est aucun livre profane et ancien, dont l'authenticité et l'intégrité soient prouvées plus invinciblement que celles de nos livres saints. Lorsque le. père Ilardouina l'ail ironiquement ou sérieusement son Tseudo-Virgilius, il n'a l'ait qu'appliquera l'Enéide les mêmes ob-

• se fasse, et la terre fut faite. » (De Sublimi, cap. 7.)

Je pourrais encore rapporter «les passades non moins exprès de Pline le Naturaliste, d'Apulée, (le Gallien, de Numénins le Pythagoricien, et de plusieurs autres. Mais j'en ai dit assez pour montrer que Moise et ses écrits ont été célèbres dans l'antiquité profane.

lant, selon Voltaire (Philos, de l'hist., chap. 28) , « aucun auteur grec n'a cité Moïse ■ avant Longin, qui vivait sons l'empereur Auré- . lien : et tous avaient célébré Bacchns : a et comme d'ailleurs il insinue que Moïse et Bactbus ne sont qu'un même personnage, il laisse conclure à son lecteur que tout ce que les Juifs ont dit de leur législateur, est copié de l'histoire ou delà fable de Bacchns.

11 v a plus de malignité que d'érudition dans cette remarque du philosophe, i. Il est faux que Moïse D'ait étécilé par aucun auteur grec plus ancien que Longin. Uiodore de Sicile et StraboD, sans parler de ceux dont les ouvrages sont perdus, ont vécu avant lo règne d'Aurélien. D'ailleurs le témoignage des Latins, tels que Tacite, Justin, Juvéoal, etc., a-t-il moins de poids que celui (les Grecs? 2. Il n'est pas étonnant que Bacchus ait été plus connu

jections que les incrédules allèguent contre l'authenticité des livres de l'Ecriture sainte ; s'est-il trouvé quelqu'un d'assez insensé pour adopter son sentiment?

§ II. De la divinité de l'Ecriture sainte. Nous sommes certains de la divinité de nos Ecritures, parce qu'elles ont été données comme parole deDieu à l'Eglise chrétienne, par Jésus-Christ et par ses apôtres ; ce fait est incontestable, puisque les apôtres les citent comme telles dans leurs propres écrits, et que l'Eglise les a toujours regardées comme telles. Sur un fait aussi simple et aussi important, la société chrétienne n'a pu tromper personne ni être tompèe.

Depuis son établissement, dans foutes les disputes qui sont survenues, l'Eglise s'est servie de l'autorité des livres de l'Ancien et du Nouveau Testament, pour prouver la vérité de sa crovance, pour la défendre contre les hérétiques qui osaient l'attaquer.

Toutes les contestations se réduisaient à savoir si tel dogme était enseigné ou non dans nos livres saints, on si les Eglises, fondées par les apôtres, avaient reçu d'eux ce dogme de vive voix. VEcriture sainte, la tradition :

tels sont les deux oracles auxquels on a toujours cru devoir s'en rapporter pour savoir si tel dogme était révélé ou non. Les hérétiques, aussi bien que l'Eglise, regardaient donc ces livres comme le dépôt de la révéla-

des Grecs que Moïse. Le premier était devenu une de leurs principales divinités, l'autre était un homme étranger à leur religion et à leur histoire. 3. Voltaire prétend établir l'identité de Moise et de Bacchns par l'autorité des vers orphiques. Or les anciens vers, supposés sous le nom d'Orphée, ne disent point ce que leur fait dire Voltaire. 4. Quand nous admettrions avec l'illustre M. Huet, dont le philosophe parle avec autant d'indécence que de mauvaise foi, l'identité de Moïse et do Bacchus, (1 ne s'ensuivrait pas que l'bistoire de Bacchus est plus ancienne que celle de Moïse, la liaison des faits, la perpétuité de la tradition qui les atteste, l'antiquité du livre où ils sont rapportés, montrent assez que l'histoire de Moïse estl'hiatoire originale. D'un autre côté, l'incertitude où nous sommes du temps et du pays où Bacchus a vécu, et les fables absurdes dont son histoire est chargée, ne nous permettent pas de le regarder comme le type de Moise. S'il faut absolument que l'un des deux soit un personnage imaginaire, ce que je n'ai garde d'assurer, la question sera bientôt décidée par les monuments que Moïse nous a laissés dans la religion et les mœurs de la nation juive. — L'autorité' des livres de Moïse établie, etc., par M. Dnvoisin. Gousset.

KCIi

lion divine. Nous le voyons par l'Iiis-

toire de toutes les hérésies nées depuis la fondation de l'Eglise jusqu'à nous.

La divinité ou l'inspiration des Ecritures e9t donc appuyée sur lesmêmess preuves que La mission divine de Jésus-Christel dus apôtres. Nous avons indiqué sommairement ces preuves aux mots Crédibilité ci Christianisme.

Les protestants s'y prennenl comme non, pour prouver ['authenticité de livres saints ; quant a la dit im'Wdece livres, il est lion de voir l'embarras dans lequel ils se jettent, et le défaut

essentiel de leur inélliode.

Beausobre, dans un discours sur ce sujet., dit que pour faire le discernement des li\ res authentiques d'avec les écrits supposés ou apocryphes, les IV res oui eu des règles certaines. La première a été de comparer la doctrine d'un ouvrage quelconque, avec

Celle qui avait, été prèrliée par les

apôtres dons tonte-, les Eglises, et qui s.\ était conservée sans altération, puisqu'elle était uniforme partout.

« On ne doit pas néanmoins, dit-il, » conclure de là que la tradition est » la règle de la doctrine, e1 qu'il faul u juger encore à présent de l'JScn n titre par la tradition, el non an con o traire. Car il j ii bien de la diffé

» renie entre nue tradition tonte l'raiu elle, attestée dans ton Les les Eglises,

» reçue immédiatement des apôtres

» on de leurs disciples, et des tradi-

• lions éloignées de la soui ce, qui ne

» sont pas certifiées par l'Eglise uni-

» verselle. >, NoUS VeiTOUS ci-après si

cette différence est réelle.

La deuxième règle qu'ont Bui\ le les Pères, a été d'examiner si les livres en question avaienl été reins comme authentiques dès le commencement par toutes les Eglises; le témoignage uniforme de celles-ci tonne une démonstration certaine de la vérité d'un fait , d'où l'on a conclu que les In res qui n'en étaient pas munis étaient

supposés OU incertains.

La troisième a été de confronter la doctrine des livres douteux, avec celle

des livres déjà reçus pour authentiques. Eist. du manich , t. 1, p. 438.

Basnage semble avoir adopté ces mêmes règles. Eût. di l'Egl., I. 8, c.

On accuse témérairement lesprote* tants, continue Beausobre, de renoncer :| cet te méthode, pour suivre i,. s suggestions d'un certain esprit par ticulier. Il y a deux questions concernanl, les livres du Nouveau Testamenl La première, qui esl une question de tait, est desavoir s'ils sont véritablement des apôtres OU des hommes

apostoliques dont ils portent les nomsla seconde, qui est une question de' ,l '" 11 "" de loi, est de savoir si ces livres sont divins, canoniques, inspirés, ou parole de Dieu. Lorsque les réformés onl dit, dans leur confession ll( ' foi, qu'ils ici onnaissent les livres ilu Nouveau Testament pour cano: iques, non huit par le commun accord ri. consentement de l'Eglise, que par te témoigruige ri intérieure persuasion du

Saint-Esprit, ils ont eu en vue la seconde question seulement; quant à la première, ils conviennent qu'ils croient l'authenticité de ces livres sur le témoignage de l'Eglise primitive.

Ainsi, dit-il, les malioinétaus sont témoins compétents pour attester que l'Aie, ran est véritablement de Mahomet, mai- leur autorité est nulle pour prouver que c'est un livre divin; autrement ils seraient juges dans leur propre cause. I.ursque saint Augustin

a dit: h ne croirais point à l'Evangile, si je n'y étais porté par l'autorité de I Eglise, d parlait sans doute de Yauthenlicité de l'Evangile, et mm de sa divinité, autrement son raisonnement sérail ridicule; cette authenticité était

au>si la seule question contestée entre

lui ei, les manichéens.

Dans le fond, dit-il encore, la seule

différence qu'il y ait entre le- catholiques et les protestants, est que les premiers n'attribuent qu'aux évoques l'inspiration du Saint-Esprit, pour juger de la divinité de- livres du Nouveau Testament; au lieu que, selon les réformés, cette grâce appartient en général à ions les fidèles ; c'est un privilège de la foi «tnon de lacharge.

« Je voudrais bien savoir laquelle de.

» ces deux opinions est la mieux l'on- » dée sur l'Ecriture sainte. »

C'est donc à nous de le satisfaire,

et de démontrer que les protestants raisonnent fort mal.

i° La première question, qu'il ap-

ECR

ECR

peOeowesttoncïfi/aii.renfermeévidem-

ment une question de droit. Selon lui pour- savoir si un livre était authentique ou apocryphe, les Pères en ont comparé la doctrine à celle qui avait été prèchée par les apôtres dans toutes les Eglises, et à celle qui était enseignée dans les livres universellement reconnus pour authentiques.

Or, comparer doctrine à doctrine, en juger la ressemblanceouladifférence, est-ce une- question de fait? Si nous ne sommes pas certains que les Pères ou les pasteurs de L'Eglise ont été assistés du Saint-Esprit pour porter ce jugement, comment pouvons-nous nous y lier?

2 u La seconde question, que Beausobre nomme question de droit ou de foi, n'esl évidemment qu'une question de fait. Pour savoir si tel livre est divin ou inspiré de Dieu, il s'agit uniquement de savoir s'il a été donné connu'' tel b l'Eglise par Jésus-Christ, ou par les apôtres, ou par les hommes apostoliques. C'est certainement un fait. Tout pasteur d'une Eglise apostolique a été témoin compétent pour dire sans danger d'erreur: Ce livre a été donné comme divin à mon Eglise par son fondateur, par l'apôtre ou par le disciple do Jésus-Christ, qui m'a ordonné et instruit. Ce témoignage était aussi irrécusable que quand il disait : Ce livre m'a été donné par tel apôtre ou par tel disciple. Et nous soutenons que ce témoignage, transmis par tradition, n'a pas diminué de force par le laps des temps; qu'il est absurde en pareil cas de distinguer entre une tradition fraîche ou récente, et une tradition ancienne.

3° En effet, si cette distinction était solide, il faudrait dire aussi que le témoignage rendu par les apôtres et par leurs successeurs à la vérité des faits évaiigéliques, des faits fondamentaux du christianisme, a perdu de son poids ou de sa certitude par le cours des siècles ; que nous ne sommes plus aujourd'hui aussi certains de ces faits que l'étaient les premiers fidèles.

C'est une prétention des incrédules; il est fâcheux de lavoir confirmée par le suffrage des protestants.

4° 11 s'ensuit évidemment que la croyance de ces derniers, sur la divi-

nité de nos livres saints, se réduit à un pur enthousiasme semblable à celui des mahométans. A quel titre un protestantprétend-il être plutôt éclairé par le Saint-Esprit pour juger de la divinité de ces livres, qu'un musulman pour affirmer la divinité de l'Alcoran ? C'est que nos livres promettent ce secours aux fidèles. Mais Mahomet, dans son livre, promet aussi à ses disciples que Dieu les éclairera; cent fois il répète que la foi est un don de Dieu, et que Dieu l'accorde à qui il lui plaît. Nous délions un protestant d'alléguer aucun motif duquel un mahométan ne puisse se prévaloir.

La nullité du témoignage de ce dernier ne vient point de ce qu'il est juge dans sa propre cause, il l'est a 'bon droit lorsqu'il s'agit d attester Y authenticité de l'Alcoran ; mais de ce qu'il n'a aucunepreuve de la mission divine de Mahomet, au lieu que nous avons des preuves invincibles de la mission divine de Jésus-Christ, des apôtres et des hommes apostoliques.

5° La méthode des protestants est vicieuse et sophistique. Ils savent que nos livres sont divins, par l'assistance qu'ils reçoivent eux-mêmes du Saint- Esprit ; et ils sont assurés de cette assistance, parce que ces livres la leur promettent. Mais avant de compter sur cette promesse, il faut être déjà certain que le livre qui la renferme est divin, et que c'est Dieu lui-même qui y parle. Ils préjugent ( donc la divinité des livres avant d être convaincus de la divinité de la promesse ; ils prennent pour principe ce qui ne doit être que la conséquence : peuton déraisonner plus complètement?

Aussi parmi eux une secte admet comme canoniques des livres qu'une autre secte rejette du canon :1e Saint- Esprit n'a pas trouvé bonde les inspirer toutes de même.

6° Il est faux que la seule question discutée entre saint Augustin et les manichéens fut l'authenticité des livres de l'Evangile; il s'agissait également de la divinité de ces écrits; et saint Augustin fait profession de croire l'une et l'autre sur l'autorité de l'Eglise, parce que l'une et l'autre sont une question de fait qui doit être décidée par des témoignages : déjà nous l'avons

ECR

ECR

prouvé, et nous y reviendrons encore dans un moment. Le passage de ce Père est 'clair d'ailleurs. Lib. contra Epist. fmdam., c. S, n. G. « Pour moi, dit-il, je ne croirais pas à l'Evangile, » si je n'y étais engagé par l'auto- » rite de l'Eglise. Puisque j'ai ac- » quiescé à ceux qui me disaient :

» Croyez à l'Evangile, pourquoi leur » résisterais-je, lorsqu'ils nie disent:

» Necroyczpasatkr manichét ns? » Ces mots, croyez à l'EvangUe, signifientils seulement, croyez à V authenticité de l'Evangile'! Les manichéens pouvaient-ils croire à la divinité de ces livres, en supposant qu'il avaient été falsifiés? Contra Faustum, 1. 17, c. et 3, etc.

7" Au mot Eglise, ^ 5, nous prouverons qu'en matière de toi l'assistance du Saint-Esprit a été promise au corps des pasteurs, et non aux simples lidèles; mais, sans entrer ici dans celte discussion, l'on voit déjà que c'est une absurdité de supposer que ces promesses regardent plutôt ceux auxquels il est simplement ordonné d'être dociles et de croire, que ceux qui sontchargés d'enseigner etd'établirla loi. C'en est une autre de confondre lagrâce nécessaire pour croire, avec la grâce d'état promise aux pasteurs pour remplir leurs fonctions : la première est donnéeaux fidèles pour leur utilité particulière ; la seconde est accordée aux pasteurs pour l'utilité de leur troupeau.

8° La méthode de Beausobre ne peut pas servir à prouver l'authenticité des livres de l'Ancien Testament ; aussi n'a-l-il parlé que de ceux du Nouveau.

Les. Juifs ne savent pas, non plus que nous, par quels auteurs plusieurs de ces anciens livres ont été écrits ; c'est cependant sur la parole des Juifs que les protestants en croient l'authenticité : accordent-ils à la synagogue l'assistance du Saint-Esprit qu'ilsrefusent à l'Eglise catholique ?Pournous, nous les croyons authentiques et divins, parce qu'ils ont été donnés comme tels à l'Eglise chrétienne par les apôtres, et nous sommes assurés de ce fait par le témoignage qu'en rend l'Eglise.

Le Clerc, tout habile qu'il était, n'a pas mieux réussi que Beausobre à

prouver l'authenticité et la divinité des livres saints. Il ne lui parait pas croyable que saint Matthieu n'ait écrit son Evangile que l'an 61, vingthuit ans après la mort de Jésus-Christ • saint Luc, l'an 64, et qu'il n'y ait point eu d'Evangile authentique avant ce temps-là, comme on le croit communément. C'était donc à lui de fournir des preuves du contraire, et il n'y en a point : que prouve son incrédulité contre le témoignage des anciens'' Ifistecclés. à l'an 61, § 9.

Il dit que les chrétiens n'ont pas eu besoin de l'autorité de l'Eglise pour être assurés que les Evangiles et les Epîtres des apôtres étaient authentiques, puisque plusieurs avaient vécu avec les auteurs mêmes : saint Jean, dit-il, qui a vécu jusqu'à la tin dû premier siècle, a sans doute dissipé, par son témoignage, toutes les incertitudes que l'on pouvait avoir sur ce (ait important An. 60, § 6, n. o: an.

Tout ceci n'est encore qu'un rêve systématique. 1° Où est le témoin qui a vécu avec tous les différents auteurs des écrits du Nouveau Testament, et qui a pu apprendre d'eux que foutes ces pièces étaient leur ouvrage? Saint Jean lui-même n'a pas été dans ce cas. Depuis la dispersion des apèlies, on ne voit pas qu'ils se soient rassemblés, et il n'y a aucune preuve que saint Jean ait connu tous les écrits de ses collègues, ni qu'il en ait attesté l'authenticité ; plusieurs ont été faits dans des lieux très-éloignés de la demeure de saint Jean, et il n'en avait pas besoin pour instruire ses ouailles.

2° Nous voudrions savoir encore' qui est le contemporain des apôtres qui a parcouru toutes les Eglises déjà fondées, ou qui leur a écrit pour les informer du nombre des livres authentiques du Nouveau Testament.

Avant la lin du premier siècle, il y a eu des sociétés chrétiennes établies dans la Grèce et dans l'Asie Mineure, dans la Perse, en Egypte et en Italie ; il n'était pas aisé de' donner à toutes la même instruction, pendant qu'elles ne parloient pas toutes la même langue.

3° Quand un disciple des apôtres

ECR

ECR

jerait chargé de ce soin, il y aueBcore de l'imprudence à préférer le seul témoignage de ce particulier

,i celui que pouvait rendre chacune des Eglises apostoliques, touchant les écrits dont elle était dépositaire. C'était sans doute à l'Eglise de Home qu'il appartenait d'attester l'authenticité de la lettre que saint Paul lui avait écrite; à 'elles de Corinthe, d'Ephèse, de Philippes, etc., de certifier la vérité de celles qui leur avaient été adressées par ce même apôtre; i celle d'Alexandrie, d'affirmer que l'Evangile attribué à saint Marc était véritablement de lui, et ainsi des autres. C'est aussi au témoignage de ces Eglises que Tertullien, au troisième siècle, en appelait, pour cons tater l'authenticité de ces divers its, Or, il a fallu du temps pour réunir el comparer ces différentes attestation: . et nous soutenons qu'il n'a pas été possible de le faire avant la lin du premier siècle; aussi les anciens ont-ils été persuadés que cela UCOUp plus tard. Mais en quel sens peut-on dire qu'un fait, constaté par le témoignage des Eglises apostoliques, a été connu et cru indépendamment de l'autorité de l'Eglise, e1 indépendamment de la tradition?

L'Eglise n'est autre chose que l'aslemblage des sociétés qui la composent ; la tradition n'est autre chose que le témoignage de ces mêmes sociétésjet l'autorité de l'Eglise, en matière de fait et de dogme, n'est que La certitude du témoignage qu'elle rend de ce qui lui a été enseigné. Ici comme ailleurs, Le Clerc et les protestants semblent ignorer la signification des termes. Voy. Eglise, § 5.

i Quel a pu être l'organe de ces Eglises, pour rendre le témoignage dont nous parlons, sinon leurs pasteurs? C'est à ceux-ci que les apôtres ont donné la charge d'enseigner, et c'est pour cela qu'ils les ont instruits avec plus de soin que les simples fidèles ; nous le voyons par les lettres de saint Paul à Titc et à Timothée. C'est aux pasteurs que saint Jean écrit dans l'Apocalypse, pour les avertir de leur devoir ; ce sont certainement eux qui ont été les dépositaires et les gardiens des écrits apostoliques, pour les

lire.au peuple et les lui expliquer dans le besoin ; personne n'a pu être mieux informé qu'eux de ce qui était authentique ou apocryphe.

Lorsque Le Clerc ajoute qu'il n'a pas été nécessaire que cela fût décidé par aucune assemblée ecclésiastique, il cherche à faire illusion; le témoignage d'un évoque, placé à la tète de son troupeau, n'a pas inoins de poids que quand il est rendu dans une assemblée ecclésiastique ou dans un concile : dans l'un et l'autre de ces deux cas, c'est le témoignage, non d'un simple particulier, mais d'une Eglise entière. Voilà ce que les protestants n'ont jamais voulu comprendre.

Notre critique en impose encore, en disant que les premiers chrétiens auraient été très - blâmables s'ils avaient négligé de recueillir tous les livres du Nouveau Testament. Peuton les blâmer de n'avoir pas fait l'impossible ? L'Evangile et l'Apocalypse de saint Jean n'ont été écrits que sur la lin du premier siècle ; les fidèles d'Ephèse les ont conservés soigneusement, sans doute ; mais ceux de Rome ont-ils été obligés de le savoir d'abord, et d'en demander des copies ?

Ils se sont crus suffisamment instruits par saint Pierre et saint Paul ; aucune loi ne leur imposait le devoir de s'informer si d'autres apôtres avaient laissé des écrits dans d'autres parties du monde. 11 en a été de même des fidèles d'Alexandrie enseignés par saint Marc, de ceux de Jérusalem gouvernés par saint Jacques, etc.

Enfin, Le Clerc calomnie sans raison les savants, soit catholiques, soit anglicans, lorsqu'il les accuse d'avoir imputé de la négligence aux premiers chrétiens, afin de pouvoir attribuer aux traditions incertaines du second siècle autant d'autorité qu'aux livres , du nouveau Testament. Appeler tradition incertaine le témoignage rendu par les Eglises apostoliques sur l'authenticité des écrits qu'elles avaient reçus des apôtres, c'est parler sans réflexion. Quoi qu'en disent les protestants, il n'a pas été possiblede discerner autrement les livres authentiques d'avec les pièces apocryphes.

ECR

ECR

Mais l'authenticité d'un écrit quoique indubitable, no prouve pas encore que c'est un ouvrage divin, la parole de Dieu, une règle de foi'.

Saint Clément a été disciple de saint Pierre, aussi bien que saint Marc, et saint Bemabé l'a été de saint Paul, de même que saint Luc:

pourquoi les lettres de saint Clément et celles de saint Bemabé n'ont-elles pas élé mises au rang des livres inspirés, comme l'Evangile de saint Marc, celui de saint Luc d les Actes de, apôtres ? Le Clerc dit que le,

premiers chrétiens ont regardé ceuxci comme divins, parce qu'ils ont vu que ce, livre., ne renferment rien qui soit indigne d'écrivains inspirés, rien qui soit contraire à l'Ancien Testament, ni à la droite raison, rien qui caractérise des auteur, plus récents que lesapôtres. .1;/. ion, 's :j nne 520. > a i F «■

Voilà donc les simples fidèles érigés enjuges de la doctrine des livres du Nouveau Testament, réduits a examiner si elle est digne u indigne d'écrivains inspirés, si elle est conforme ou contraire a l'Ancien Testament, etc. Nous demandons a il,., païens nouvellement convertis, qui

ne connaissaient pas l'Ancien Te Liment, dont la raison avait >'• i . ■ pervertie par les erreurs du paganisme,

ou qui ne savaient pas lire, étaient

fort en état de porter ce jugement, qui partage encore aujourd'hui plusieurs sociétés chrétiennes. N'oublions pas que, suivant l'opinion de

Le Clerc, le, premiers chrétiens, en

général, n'étaient pas fort instruits, et que les apôtres n'exigeaient pas qu'ils le fassent avant île leur administrer le baptême , an. vu, t; i. et

suivants. Il est donc évident' que,

sans une assistance spéciale du Samt- Espril , ces premiers fidèles étaient

absolument incapables de l'examen dont il s'agit. A plus forte raison leur était-il impossible de discerner dans l'ancien Testament les livres authentiques d'avec les apnen plies, et les ouvrages inspirés d'avec les profanes.

Mais les protestants qui refusent au corps de l'Eglise l'assistance du Saint- Esprit, l'accordent libéralement a chaque particulier.

Cette discussion, quoique un peu longue, nous a paru nécessaire pour démontrer que les plus habiles même d entre les protestants, n'ont jamai pu réussir h prouver l'authenticité m la divinité des livres saints, et que cela est impossible, à moins que r„ n n admette l'autorité de l'Eglise.

Notre méthode est plus simple el plus sûre ; nous disons : Les apôtres ont donné aux Eglises qu'ils ontfondecs telsettels livres, et non d'autres comme Ecriture sainte et parole ,1,.' Dieu; nous sommes convaincu, il, ce lait par le témoignage uniforme île ces Eglises, énonce par la bouche de leurs pasteurs. Ce témoignage ne peut être faux, touchant un fait aussi aise à saisir ; donc nous devons v croire.

Ce témoignage est d'autant plus fort, que c'est aux pasteurs que Jesus-Christ et les apôtres ont donne mission pour enseigner : or, une partie essentielle de l'enseignement, est de nous apprendre quels sont les livres que nous devons regarder comme règle de foi. Cet enseignement ne suffirait pas encore pour" rendre noire foi certaine, si les pasteurs n avaient en même temps mission et assistance du Saint-Esprit pour nous donner le vrai sens de ces livres ; sans cela, celui que nous v donnerions ne serait que notre opinion particulière : une foi fondée sur une base aussi peu solide, ne serait qu'un enthousiasme de prétendus illuminés.

Indépendamment de toute citation de l'Ecriture , nous sommes certains de la mission divine des pasteurs de l'Eglise, par leur succession et leur ordination, qui sont venues îles apôtres par une chaîne non interrompue; autre fait sensible et public, dont ce te société entière rend témoignage.

De même que cette mission est divine dans son origine, elle l'est aussi dans sa succession parce que cela est. absolument nécessaire pour rendre la foi solide aussi longtemps que durera l'Eglise.

Lorsque nous prouvons ces mêmes vérités aux protestants par l'Ecriture sainte, nous ne faisons pas un cercle vicieux, parce qu'ils admettent d'ailleurs la divinité de l'Ecriture, qu'Us

ECR

récusent même toute autre preuve; i donc un argument personnel mie nous leur faisons. Mais '' s tombent eux-mêmes dans ee cercle, en prouvant la divinité de VEcriturt par une prétendue persuasion intérieun •lu Saint-Esprit, ensuite eette permasion par la divinité de ['Ecriture, qui la leur promet, et en fixant encore le sens de cette promesse, que nous leur contestons par cette même persuasion.

Après avoir prouvé la divinité des livres saints, ou l'inspiration de ceux qui les ont écrits, il faut examiner en quoi consiste cette inspiration. Sans discuter ici les divers sentiments des théologiens, dont nous parierons au mot I > -l'iitvnoN, qous pensons: I" que Dieu a révéléaxa écrivains sacrés ce qu'ils ne pouvaient pas savoii par ! es naturelles ; mais il n'a aire qn il leur révélât dont ils étaient témoins oculaires, nu dont ils avaient toute la itude morale possible, ni les leçons qu'ils avaient reçues de leurs que, par un mouvement du sa grâce, Dieu leur a inspiré ou sugle dessein et la volonté de mettre par écrits les faits, les dogmes, la morale, et le désir de nous les transmettre avec la plus exacte fidélité -, 3° Dieu leur a donné une osst's- Umct ou un secours particulier pour les < '1 en eur, sans rien

mger néanmoins au degré de capacité naturelle que chaque écrivain pouvait avuir d'écrire plus ou moins élégamment et clairement. Ces trois uni nécessaires et suffisantes, pour que nous soyons obligés d'aii à leurs écrits, de les regarder comme parolede Di » eteomme la règle de notre croyance. Nous ne prodignons point ici les miracles; nous n'admettons que ce qui suitnaturellement des paroles de Jésus- Christ et de i apôtres.

Si quelques théologiens ont poussé plus foin l'inspiration des auteurs saii ne nous oblige d'embrasser leur sentiment.

Les incrédules disent que ces livres ne portent point en eux-mêmes l'empreinte ni le sceau de la di\ inité, que choses et le style annon-

cent évidemment qu'ils sont l'ouvrage des hommes, et même quelquefois d'écrivains assez médiocres.

Mais ces censeurs si éclairés sont-ils en état d'assigner le style, le ton, la manière dont Dieu doit se servir pour parler aux hommes? Ce qui paraissait beau, sublime, divin aux Orienl.iiix, nous semble froid, obscur ou gigantesque ; auquel de ces goûts du ers Dieu était-il obligé de se conformer? 2° La parole de Dieu est adressée à. tous les hommes, au peuple comme aux savants; qu'a besoin le peuple des prestiges de l'éloquence ou des finesses de l'art, auxquelles il n'entend rien? 3° Nos adversaires n'oseraient nier qu'il n'y ait dans Moïse, dans les historiens, dans les prophètes, de ; morceaux d'éloquence qui ont pai u sublimes dans toutes les

langues, chez tOUS les peiiplcsel dans

tous les siècles; mais ce n'est point

là-dessus qu'est fondé le respect que l'on doit aux livres saints.

§ III. Des dvoers sens de VEcritwe sninlr. Dans ['Ecriture sainte, comme dans tout autre livre, le texte peut avoir un sens littéral et un sens figuré. Le premier est celui qui résulte de la force naturelle des termes et de leur usage ordinaire; le second est celui que l'auteur a voulu cacher sous les expressions dont il s'est servi. Le sens littéral se sous-divise en sens propre eten sens métaphorique. Lorsquai est dit que Jésus-Christ a été baptisé par saint Jean dans le Jourdain, il ne faut point chercher d'autre sens dans ces paroles, que le fait historique qui se présente d'abord à l'esprit. Mais lorsque saint Jeau nomme Jésus-Christ [ Agneaude Dieu, on comprend que c'est une métaphore; elle exprime non-seulement la douceur de Jésus- Christ, dont l'agneau est le symbole ; mais qu'il était destiné à être la victime de la rédemption du monde. Quand ['Ecriture attribue à Dieu, Etre purement spirituel, des yeux, des mains, des pieds, on conçoit que les yeux signiûenl la connaissance, (es mains la toute-puissance, les pieds le pouvoir de se rendre où il lui plait, ou plutôt sa présence immédiate en tout lieu.

Le sens figuré, mystique ou sp [

rituel, est celui que l'auteur sacré parait avoir en vue, outre le sens littéral. Si un fait historique fait allusion à Jésus-Christ et à son Eglise, c'est une allégorie; si on peut, en tirer une leçon pour les mœurs, c'est une tropoloijie ; s'il nous donne une idée du bonheur éternel, c'est une unagogie. Ainsi Isaac portant le bois qui devait servira son sacrifice, est, dans un sens allégorique, Jésus-Christ portant sa croix. La loi de ne pas lier la bouche du bœuf qui foule le grain, lh ut., c. '.Mi, y 4, désigne, selon saint Paul, l'obligation dans laquelle sont los chrétiens de fournir la subsistance aux ministres de l'Evangile ; c'est le sens moral ou tropologique.

Les biens temporels promis aux observateurs de l'ancienne loi, sont l'emblème des biens éternels réservés à la vertu : ils les désignent dans le sens anagogique. Voy. Allégorie, etc.

On comprend déjà que, dans la recherche et dans l'examen de ces divers sens, il y a deux excès à éviter, l'un de vouloir tout prendre à la lettre, l'autre devouloirtoutentendre dans un sens mystique.

Selon les partisans obstinés du sens Littéral, ces paroles du psaume 109 : Lr Seigm ur u il il ù monSeigm ur, asseyez-vous u mu droite, s'entendent à la lettre île David, lorsqu'il désigna Salomon pour son successeur. Ils ne font pas attention que Jésus-Christ

s'est appliqué;! lui-même ee passage.

Matth., e. 22, y i:i ; que d ailleurs la plupart des expressions de ce psaume sont trop sublimes, pour s'être vérifiées à la lettre dans Salomon. 11 n'est dune pas étonnant que les anciens Juifs aient appliqué constamment ce psaume au Messie. Voy.

Galatin, liv. 8, ch. 24.

On doit donc rejeter le sentiment de Grotius, qui pense que la plupart des prophéties ont été accomplies à la lettre et dans /<• sens propre, avant Jésus-Christ; mais qu'elles ont été accomplies en lui dans un sens plus parfait et plus sublime. Nous soutenons qu'un grand nombre de prophéties ne peuvent être appliquées qu'à lui dans le sens [iropre et littéral, et n'ont été accomplies qu'en lui.

Voyez Prophétie .

ECR

D'autre part, saint Paul dit, Rom.

c 10, y 4, que Jésus-Christ est la lin ou le terme de la loi, I Cor., c. 10, y 11 ; que tout ce qui est arrivé aux Juifs était une figure, et a été écrit pour notre instruction. De là il s'est formé une secte de figuristes, qui prétentent que, dans l'Ecriture, tout est symbolique et allégorique.

Non-seulement ce système est outré, dégénère en fanatisme, donne lieu aux incrédules d'insulter au Christianisme; mais ses partisans abusent évidemmentdes paroles de saint Paul. Jésus-Christ est la lin de la loi, puisqu'il a donné aux hommes la grâce et la vraie justice que la loi ne pouvait donner ; ainsi l'explique saint Jean dans son Evangile, c. I, y 17.

Saint Paul ne dit pas que Jésus-Christ est le seul objet de la loi. L'incrédulité des Juifs, leurs révoltes, leur punition, dont parle l'Apôtre dans l'endroit cité, sont sans douteunexemple, un modèle, une figure de ce qui doit nous arriver à nous-mêmes, si nous les imitons : tel est le sens. Il est absurde d'en conclure qu'il en est de même de tous les événements de l'histoire juive, de toutes les lois, de toutes les narrations de l'Ancien Testament.

On ne doit pas blâmer les Pères de L'Eglise d'avoir tourné en allégorie la plupart de ces faits et d'en avoir tiré des leçons morales pour l'édiiication de leurs auditeurs; cette manière d'instruire était au goùtde leursiècle.

Il ne faut pas en conclure que c'est la meilleure, et qu'il faut encore faire de même aujourd'hui. Saint Jérôme, saint Augustin, et d'autres Pères, sont convenus que le sens mystique ne prouve rien en rigueur, à moins qu'il n'ait été formellement indiqué par Jésus-Christ et par les apôtres. Voyez Figure, Figurisme.

Ce qu'il y a de singulier, c'est que les sociniens qui ont blâmé hautement les Pères de l'Eglise d'avoir eu trop d'attachement pour le sens figuré de l'Ancien Testament, tombent eux-mêmes continuellement dans ce défaut à l'égard du Nouveau. Lorsqu'un passage semble les favoriser, ils le prennent dans la plus gronde rigueur des termes ; lorsqu'il leur est

ËCR

ECR

contraire, ils ont recours au sons métaphorique : preuve évidente que l'interprétation de l'Ecriture sainte ne doit point être abandonnée à la critique téméraire et toujours inconséquente des hérétiques, qu il faut absolument s'en tenir au sens autorisé et prouvé par la tradition. Voyez

SOCIN'IE.NS.

Sur les divers sens de lEcriture, les protestants ne s'accordent pas mieux entre eux qu'avec nous.

Mosheim, bon luthérien, après avoir accusé les Pères de l'Eglise et les commentateurs de tous les siècles, d'avoir corrompu plutôt qu'expliqué l'Ecriture suinte, par leur attachement au sens allégorique, prétend que l'on n'a commencé qu'au seizième siècle a rechercher le vrai sens des livres suints, eu suivant la règle d'or établie par Luther ; savoir qu'il n'y a qu'un sens attaché aux mots de ("Ecriture, dons tous UsUvresdu vieux et du Nouveau Testament. Mais son traducteur anglais observe très-bien que cette prétendue règle d'or est fausse, qu'il y a évidemment dans les prophètes et ailleurs des passages susceptibles de plusieurs sens. Nous ajoutons que cette règle est formellement contraire aux paroles de saint Paul, que nous venons d'alléguer; elle n'a été imaginée que pourétayer la maxime favorite des protestants, savoir, que l'Ecriture est claire, qu'il suffit de la lire attentivement pour en prendre le vrai sens. Enfin, le t'ait avancé par Mosheim est absolument faux, puisqu'il est constant que les nestoriens ont toujours rejeté les explications allégoriques de l'Ecriture sainte; Assémani, Bib. orient., tome 3, c. 198; et il y en a très-peu dans les commentaires de Théodoret.

Aussi plusieurs savants anglais se sont attachés à prouver qu'il est ridicule de vouloir prendre toujours les passages de nos livres saints à la lettre. Ils observent: 1° qu'ily a dans ces livres de la prose et de la poésie, de l'histoire, des prophéties et des leçons de morale ; que les poètes et les orateurs grossissent les objets et en chargent la peinture; que souvent les écrivains sacrés parlent le langage vulgaire, et s'accomodent aux idées

du peuple, sans les adopter. 2° Si l'on s'attachait à la précision philosophique, il serait ridicule de dire que du cœur sortent les mauvaises pensées ; que Dieu sonde, éclaire, échauffe, tourne les cœurs, etc. Ce sont là des images empruntées des corps pour exprimer les choses spirituelles, et ces expressions ne peuvent être vraies dans la rigueur des termes.

De ce que Dieu exerce un empire absolu sur nous, il ne s'ensuit pas qu'il nous gouverne comme des machines.

3° Souvent l'Ecriture fait allusion aux rites, aux usages, aux mœurs des anciens peuples, que nous ne connaissons presque plus ; cela doit nécessairementy jeter beaucoup d'obscurité pour nous.

L'un d'entre eux soutient qu'aucun livre ne peut servir de règle dans toutes les circonstances ; il cite l'iaccius lllyricus, qui a donné cinquante et une raisons de l'obscurité de l'Ecriture. Les écrits des prophètes, dit-il, et des apôtres, sont remplis de tropes, de métaphores, de types, d'allégories, de paraboles, d'expressions obscures ; ils sont autant et plus inintelligibles que les écrits des anciens auteurs profanes. Il se moque deDaillé, qui, dans son livre det'Usaye des Pères, a voulu infatuer le peuple de la prétendue clarté de l'Ecriture.

Bayle lui-même soutient qu'il est impossible aux ignorants, et môme aux savants, de s'assurer jamais, avec une pleine certitude, du vrai sens des livres saints. Il observe que laprétendue grâce du Saint-Esprit, dont les protestants se ilattent, n'augmente pointl'esprit, la mémoire, lapénétration naturelle; qu'elle ne nous apprend ni l'hébreu, ni le grec, ni les règles du raisonnement, niles solutions des sophismes, ni les faits historiques ; il faudrait, dit-il, une grâce semblable au don miraculeux de prophétie : s'en flatter, c'est donner dans le quakérisme et l'enthousiasme. Enlin, l'on prétend que Luther, à l'article de la mort, déclara que personne ne doit se ilatter d'entendre les saintes lettres, à moins qu'il n'ait gouverné les Eglises pendant cent ans avec des prophètes tels qu'Elie, Elisée, Jean- Baptiste, Jésus-Christ et les apôtres;

ECR

ECR

et que cette anecdote a été recueillie et publiée par un témoin oculaire.

Abrégé chron. de l'IIist. de Franco, an 1546.

Cependant, lorsque les théologiens catholiques ont voulu faire ces mêmes réflexions, les protestants les ont accusés de blasphémer contre les oracles du Saint-Esprit. Ils se sont rebattus à dire que l'Ecriture est claire et très-intelligible sur les choses nécessaires, sur les articles fondamentaux; qu'ainsi tout ce qui est obscur n'est pas nécessaire. On sait comme les sociniens ont l'ait usage de ce merveilleux principe, et jusqu'où il a été poussé par les déistes. Mais c'est encore un cercle vicieux et une absurdité; il s'ensuit qu'un dogme n'est plus nécessaire à croire, dès qu'il plaît à un incrédule d'y trouver de l'obscurité. Nous délions les protestants de citer un seul passage de l'Ecriture touchant le dogme, dont le sens n'ait été obscurci et perverti par quelque mécréant, ou une seule erreur que l'on n'ait fondée sur quelques passages à&l'Ecriture. Mosbeim lui-même, parlant du principe des sociniens, -avoir, que L'on doit entendre ce que nous enseigne l'Ecriture suinte, conformément aux lumières de la raison, dil que, suivant cette règle, il doit y avoir autant de religions que d'individus. Seùièmesiécle, sect. 3, seconde part., c. 4, S 16.

Cela est vrai; maisen est-il autrement de la règle des protestants? Est-il plus difficile àun homme de prétendre qu'il a une inspiration du Saint-Esprit pour bien entendre tel passage, que de se tlatter d'avoir une raison plus pénétrante et plus droite que ses adversaires?

§ IV. Le VautoritèdeV Ecriture sainte en matière de foi. Une quatrième question, très-importante, est de savoir quelle est l'autorité de ['Ecriture sainte en matière de doctrine, ou plutôt quel est l'usage que l'on doit faire de cette autorité.

En général, les protestants soutiennent que l'Ecriture sainte est la seule régie de foi, le seul dépôt des vérités révélées; et que c'est la raison, la lumière naturelle, aidée de la grâce du Saint-Esprit, qui nous fait discerner le vrai sens du texte sacré; d'où il ré-

sulte qu'en dernière analyse, c'est la raison, ou ce qu'on nomme l'esprit particulier, qui est l'unique arbitre de la croyance de chaque fidèle.

Les anglicans ont senti cette conséquence, et ont pris un parti plus modéré ; leurs plus habiles théologiens Bullus, Fell, évèque d'Oxford, Poarson, évèque de Chester, Dodwel, Bingham, etc., ont fait voir par de solides raisons, et par leur conduite, que pour prendre le vrai sens de l'Ecriture sainte, il faut consulter les Pères de l'Eglise, surtout ceux djes quatre premiers siècles, fidèles organes de la tradition. Ils ont été forcés d'en agir ainsi, pour pouvoir réfuter les sociniens.

Ces derniers, nés dans le sein du protestantisme, ont poussé leprincipe posé par les réformateurs, aussi loin qu'il pouvait aller. Selon eux, c'estla raison ou la lumière naturelle seule qui doit décider du sens de l'Ecriture sainte, Conséquemment, lorsque l'Ecriture nous parait enseigner des dogmes contraires à la raison, tels que la Trinité, l'incarnation, la rédemption, la présence réelle, etc., on doit donner aux expressions dont elle se sert, le sens qui paraits'accorderle mieux avec les lumières de la raison. Dieu, disentils, qui nous a donné la raison pour guide, ne peut avoir révélé des vérités qui la contredisent.

Fondés sur ce dernier principe, les déistes concluent, que puisque toutes les révélations enseignement des dogmes contraires à la raison, il ne faut en admettre aucune. Cette gradation d'erreurs et de conséquences inévitables démontre déjà la fausseté du système des protestants.

Les catholiques soutiennent que l'Ecriture sainte est règle de foi, mais qu'elle n'est pas la seule, qu'elle ne suffit point pour fixer notre croyance; que pour en prendre le vrai sens, il faut consulter la tradition de l'Eglise, tradition attestée par les décrets des conciles, par les Pères, par la liturgie et par les prières publiques, par les pratiques du culte divin. Voici les preuves qu'ils allèguent :

1° Nous ne pouvons mieux connaître lamanière dont les iidèles doivent être enseignés, qu'en considérant ce

ECR

ECR

qu'ont fait Jésus-Christ, les apôtres et leurs successeurs. Or, Jésus-Christ après avoir dit à ses disciples : Comme mm Pérem'a enooyé,jevou$ envoie, leur ordonne d'enseignertoutes les nations; il ne leur ordonne pas de rien écrire, lui-même n'a rien écrit; parmi ses apôtres, il y en a au moins six qui n'ont laissé aucun ouvrage, et l'on ne peut pas prouver qu'ils aient commandé aux lidéles de se procurer les écrits des autres apôtres, encore moins qu'ils les aient exhortés à lire l'Ancien Testament. De même que Jésus- Clirist avait dit : « Je vous ai fait con- » Battra tout C9 que j'ai reçu de mon » l'ère, )> JOUR., C. 15, j> Cl; saint Paul dit aux Corinthiens : « J'ai reçu du » Seigneur ce que je «m s ai donné » par tradition. » / Cor., c. Il, ^ 23.

Et il dit à un pasteur qu'il charge d'enseigner : « Ce que VOUS avez eno tendu de moi devant plusieurs té- » moins, confies-lé à des hommes lio dèles, qui seront capables d'ensei- » gner les autres. » II Tim., cap. 2, ^ 2. 11 aurait été plus court de leur dire : Mettez-leur l'Ecriture à ia main.

Il est croyable, dit Le Clerc, Hist.

eoelésiastiq., sous l'an 57, n° 4, que les apôtres n'instruisaient pas seulement les fidèles de vive voix, mais qu'ils leur mettaient aussi l'histoire évangèlique entre les mains.

Cela est croyable, sans doute, à un protestant qui a intérêt de le supposer; mais cela n'est pas croyable à HO homme instruit, et qui cherche la vérité de bonne foi. 1° Ce fait est contraire aux leçons mômes des apôtres que nous citons. 2° Les livres du Nouveau Testament n'ont été entièrement écrits qu'à la tin du premier siècle, soixante-sept ans après la mort de JésttB-Christ. 3' Un apôtre, qui était allé prêcher dans la Perse, dans les Indes, en Italie ou dans les Gaules, ne pouvait pas avoir sous la main les écrits faits en Egypte, dans la Palestine, ou dans l'Asie mineure, ni en avoir assez d'exemplaires pour les laisser dans toutes les sociétés chrétiennes qu'il formait. 4° L'usage des lettres était fort rare parmi le peuple, et il y avait très-peu d'hommes qui sussent lire. 5° Saint I renée atteste que de son temps il y avait encore des Eglises ou

des sociétés chrétiennes qui n'avaient point d'Ecriture sainte, et qui, cependant, conservaient une foi pure par tradition. Voilà des faits positifs, plus forts que les conjectures des protestants

Immédiatement après la mort des apôtres, saint Clément et saint Polycarpe, instruits par eux, recommandent aux lidéles d'écouter leurs pasteurs; ils ne les exhortent point à vérifier, par l'Ecriture, si la doctrine qu'on leur prêche est vraie ou faasse.

Saint Ignace fait de même au second siècle ; saint Irénée rend témoignage à Florin, de l'exactitude avec laquelle il écoutait les paroles de ceux qui avaient entendu les apôtres ; il réfute les hértiques par cette tradition aussi bien que par VKcriture: il atteste crue pour lors plusieurs Eglises conservaient la foi par tradition, sans avoir encore aucune Ecriture. Au troisième, Tertullien ne voulait pas que l'on admit 1rs hérétiques à disputer par l'Ecriture. Voilà d'insignes prévaricateurs aux yeux des protestants.

Mais ces derniers nous fournissent eux-mêmes des armes contre eux.

Pour la commodité de leur système, ils ont trouvé bon de supposer que l'Ecriture suinte fut d'abord traduite dans la plupart des langues, et que ces traductions contribuèrent merveilleusement à la propagation de l'Evangile. C'est une belle imagination.

Les Juifs n'entendaient plus l'hébreu, et los Paraphrases chaldaiques ne sont pas très-fidèles. Les Syriens l'entendaient encore moins, et l'on ne sait pas précisément à quelle époque il faut rapporter la version syriaque.

Les apôtresparaissent avoir fondé des Eglises dans l'Arménie, en Perse, et même chez les Partîtes ; point de version dans les langues de ces peuples pendant les premiers siècles. Saint Paul avait prêché et fondé des Églises en Arabie; la version arabe n'est pas de la plus haute antiquité. Saint Marc avait établi celle d'Alexandrie ; et il n'a paru que tard une traduction égyptienne ou cophtique. L'on n'en a connu aucune en langage africain ou punique, aucune en ancien espagnol, dans l'idiome des Celtes ni des Bretons. Nous ne savons pas précisément

KCR

ECR

la date de la Vulgatfl latine ou italique; elle était laite sur le grec des Septante, et ce grec était très-fautif, puisque c'est à cette version que les protestants attribuent la plupart des erreurs dont ils chargent les anciens Pères.

Ils disent que le grec était entendu partout ; cela est faux : il était entendu des personnes instruites et polies, mais non du peuple ; autrement les apôtres n'auraient pas eu besoin du don des langues; il leur aurait suffi de savoir le grec. Dans les Actes des apôtres, chap. 2, f 9, il est fait mention de seize langues différentes qu'ils eurent le don de parler.

Un autre obstacle était l'incertitude de savoir quels livres de Y Ecriture étaient authentiques ou supposés, divins ou purement humains. Le Clerc a prétendu que le canon ou le catalogue de ces livres fut dressé par les apôtres mêmes, avant la mort de saint Jean; Mosheim est d'avis que ce fut au second siècle ; mais Basnage soutient que, pendant les cinq ou six premiers siècles, il n'y eut jamais de canon généralement reçu; que chaque Eglise avait la liberté d'y placer tel livre qu'il lui plairait; qu'au septième et au huitième, on doutait encore si l'Epître de saint Paul aux Hébreux, [Apocalypse, et plusieurs livres de l'Ancien Testament, étaient ou n'étaient pas canoniques. Peu nous importe de savoir lequel de ces auteurs a raison; cela ne serait pas pas arrivé, dit Basnage, si l'on avait reconnu pour lors un tribun* infaillible, auquel il appartint de décider la question.

Cela serait encore moins arrivé, si l'on avait cru pour lors, comme les protestants, que la lecture des livres saints était absolument nécessaire aux lidèles pour former leur foi ; mais on était persuadé, comme nous le sommes encore, qu'il leur suffisait d'écouter la voix de l'Eglise. La réilexion de ce critique prouve plus contre les protestants que contre nous.

Mais supposons, si l'on veut, pour un moment, que le canon eût été forméd'abord, et que les versions de VEcriture fussent très-communes, en serons-nous plus avancés ? Dans les

temps dont nous parlons, de vingt personnes il n'y en avait pas deux qui sussent lire; les livres étaient très-rares, il fallait presque la vie d'un homme pour copier un exemplaire complet de VEcriture, et ce livre devait coûter au moins mille francs de notre monnaie. Avant l'impression de la Bible arménienne, un exemplaire coûtait quinze cents francs. Quel obstacle à la connaissance des livres saints ! s'écrie à ce sujet Beausobre ; nous en convenons, mais cet obstacle a duré jusqu'à nous dans l'Orient, et il y subsiste encore ; l'ignorance des lettres y est universellement répandue ; faut-il, par cette raison, s'abstenird'y prêcher le Christianisme ? Mais, toujours, pour leur commodité, les protestants supposent que, dans les deux ou trois premiers siècles, l'érudition était aussi commune qu'elle l'a été depuis l'invention de l'imprimerie, et ils ont accumulé les fables pour étayer leur système.

2° Il est impossible que des livres très-anciens, écrits dans des langues mortes, et qui nous sont étrangères, par des auteurs qui n'avaient ni les mêmes mœurs ni le même tour d'esprit que nous, pour des peuples qui aimaient les allégories et le style ligure, soient assez clairs pour iixer notre croyance, sans aucun autre guide. Cette vérité a été démontrée, nonseulement par les controversites catholiques, mais par plusieurs protestants ; nous avons cité leur aveux.

Livrer les saintes Ecritures à l'esprit particulier, à l'interprétation arbitraire de chaque lecteur, c'est ne leur attribuer pas plus d'autorité qu'à tout autre livre, et vouloir qu'il y ait autant de religions que de tètes. Dans le fond, ce n'est pas la lettre du texte qui est notre foi, mais c'est le sens que nous y donnons. Si ce sens vient de nous et non de Dieu ce n'est plus Dieu qui nous enseigne, c'est nous qui sommes notre propre guide.

Plusieurs dogmes enseignés dans les livres saints sont des mystères, des vérités supérieures à l'intelligence humaine: il est contre la nature des choses, de vouloir que la raison en soit le juge et l'arbitre. Sur quelprin-

ECU

ECR

cipe de la lumière naturelle jugeronsnous de ce que Dieu peut ou ne peut pas faire ? Quand on suppose que Dieu n'a pas pu nous révéler des vérités incompréhensibles, c'est comme si l'on soutenait qu'il n'a pas pu révéler aux aveugles-nés l'existence de la lumière et des couleurs.

4° Si l'Ecriture sainte est la seule règle de foi, elle l'est pour les ignorants aussi bien que pour les savants, puisque la foi est un devoir que Dieu commande à tous. Le simple peuple, un ( ignorant qui ne sait pas lire, est-il capable de consulter le texte original de l'Ecriture sainte, de se démontrer l'authenticité et l'intégrité de ce texte, de s'assurer de la fidélité de la version ? S'il doit s'en tenir à ce que l'Eglise lui atteste sur ces trois chefs, • il est absurde de soutenir qu'il ne doitpas se lier à elle sur le sens qu'il faut donner a chaque passage.

L'entêtement des protestants sur ce point est inconcevable. Il est, disent-ils, beaucoup plus facile déjuger si un dogme est ou n'est pas enseigné dans ['Ecriture sainte, que de discuter toutes les preuves de la vérité de la religion chrétienne : or, cette seconde discussion est certainement à la portée des fidèles les plus ignorants, autrement leur foi ne serait fondée sur rien, ce serait un pur enthousiasme : donc, à plus forte raison, ils sont capables de la première.

Faux raisonnement. Un simple Hdèle n'a pas besoin d'examiner toutes les preuves que l'on peut donner de la vérité du Christianisme ; une seule bien saisie lui suftit pour fonder sa foi ; tels sont, par exemple, les miracles de Jésus-Christ et des apôtres :

or, ce sont des faits dont la certitude est évidente au chrétien le plus ignorant. Pour savoir, au contraire, si tel dogme est enseigné dans l'Ecriture sainte, il tant être certain, 1° que cette Ecriture est la parole de Dieu, et que c'est Dieu qui en est l'auteur ; 2° que tel livre, dans lequel on trouve ce dogme, est canonique et non apocryphe ; 3° que le passage dont il s'agit n'est pas une interpolation, et qu'il n'est pas corrompu ; 4° qu'il est fidèlement traduit; 5° que l'on en prend le véritable sens, et que ceux qui

l'entendent autrement sont dans l'erreur ; 0° que ce sens n'est contredit par aucun autre passage de l' Ecriture. Lorsque nous citons l'Ecriture sainte aux protestants, ils nous font toutes ces exceptions ; l'on est donc aussi eu droit de les leur opposer. Où est le simple fidèle capable de satisfaire à toutes ces difti cultes ?

S° L Ecriture sainte, au lieu de fixer par elle-même la croyance et les doutes de chaque particulier, est au contraire le sujet de toutes les disputes.

Entre les hérétiques et les orthodoxes, il est toujours question de savoir quel est 1b vrai sens de tels ou tels passages, chaque secte prétend les entendre mieux que ses rivales : qui décidera la contestation? S'il n'y a aucun moyen de la terminer, Jésus-Christ a donc fait son Testament, pour qu'il fût une pomme de discorde dans son Eglise.

Toutes les fois que les protestants se sont trouvés aux prises avec les sociniens, ils ont été forcés de recourir à la tradition, pour prouver que ceuxci tordaient le sens de l'Ecriture, y donnaient des interprétations inouïes.

On comprend bien que les sociniens se sont moqués d'un rempart ruiné d'avance par les protestants. Apol.

pour tes cath., tom. 2, ch. 7.

0° Ceux mômes qui font profession de s'en rapporter au texte seul de l'Ecriture, démentent ce principe par leur conduite. Pourquoi des catéchismes, des professions de foi, des décisions de synode chez les protestants, s'ils n'ont point d'autre règle de croyance que l'Ecriture? Pourquoi condamner les arminiens, les anabaptistes, les sociniens, qui ne l'entendent pas comme eux? N'est-il permis qu'à eux de suivre l'instinct de l'esprit particulier? Avant de lire l'Ecriture sainte, la foi d'un protestant est déjà formée par son catéchisme, par la tradition, et par l'enseignement commun de sa secte particulière; aussi ne manque-t-il presque jamais de trouver daus l'Ecriture sainte le sens que l'on y donne communément dans sa secte ; il a reçu, dès le berceau, l'inspiration du Saint-Esprit, pour l'entendre ainsi.

Un critique anglais nous assure que dans les pays où le luthôrianisme, le

ECR

calvinisme ou le socinianismc sont dominants, l'on emploie la violence et la ruse pour empêcher qu'aucun particulier ne donne à l'Ecriture un autre sens que celui de sa secte ; que si celalui arrive, il est regardé comme hérétique. Esprit du Clergé, n° 27.

Les socmiens l'ont le même reproche aux protestants en général, Ami pour les catholiques, t. ■>. chap. 4.

7° Il est absurde qu'un livre soit tout à la fois la loi que l'on doit suivre, et le juge des contestations qui peuvent s'élever sur le sens ,1e la loi. Chez tous les peuples policés, Ion a senti la nécessité d'avoir des tribunaux et des juges pour faire l'application de la loi aux cas particuliers, pour en fixer le vrai sens, pour condamner les opiniâtres, si Jésus-Christ avait fait autrement, il aurait été le plus imprudent de tous les législateurs.

Ces rais,, ns évident,. s, que l'on ne peut éluder que par des sophismes sont confirmées par la pratique constante de l'Eglise depuis les apôtres Toules 1rs fois que les hérétiques oni

attaque sa doctrine par des pass; s

de VEcriture , qu'ils entendaient à leur manière, elle s'est crue m droit de condamner leur interprétation dassigner le vrai sens du texte, ,1e dire anathème aux opiniâtres, A-telle commencé à se tromper, ,lés le temps des apôtres, sur l;, règle de -a foi? Elle n'aurait pas pu tomber dans une erreur dont les conséquences fussent plus terribles.

« Que les sectaires.ditsaint Jérôme, » ne se vantent point de ce qu'ils » citent l'Ecriture sainte pour prou- » ver leur doctrine; le démon lui- » même en a cité des passages; X'E- » criture ne consiste, point dans la o lettre, mais dans le sens. Si nous » nous en tenions à la lettre, il ne » tiendrait qu'à nous de forger un » nouveau dogme, et d'enseigner que » l'on ne doit point recevoir dans » l'Eglise ceux qui ont des souliers » et deux habits. ,. binl. adv. Lucifer., in fine.

8° Enfin, la prétendue vénération des protestants pour VEcriture sainte n est qu'une hypocrisie ; dans la pratique, ils ont pour elle moins de res-

pect que pour un livre profane Eu premier lieu, les frères de Walembourg, après avoir compulsé les diffé rentes Bibles des protestants, les ont convaincus de douze falsifications essentielles dans le sens des passages concernant les questions controversées entre eux et nous. De Contran tract. 4, seet. 2, etc. En second lieu' I on ne peut lui opposer aucun pav sage si clair, qu'ils ne trouvent le moyen d'en tordre le sens à leur gré; nous le ferons voir particulièrement, lorsque nous prouverons contre eux l'autorité de l'Eglise en matière de foi, et nous démontrerons I absurdité de leurs gloses. Déjà ils ont étébattus par leurs propres armesdans toutes les disputes qu'ils ont eues avec les sociniens, ceux-ci leur ont fait voir qu'ils avaient appris à leur éçol,. ['art de se jouer de l'Ecriture sainte. Mais nous n'en sommes pas moins obligés de répondre à tous leurs reproches, et d'en démontrer l'injustice.

§ V. Reproches que font les protestants aux catholiques, touchant l'Ecriture sainte.

Us disent : 1° que nous prenons pour règle de foi, non l'Ecriture sainte,

mais la tradition : c'est une imposture. L'Eglise a constamment enseigné et professé le contraire; elle a encore déclaré, dans le concile de Trente, sess. 4, que « l'Evangile est

la source de toute vérité salutaire » et de toute règle des mœurs ; que » ces vérités et ces règles sont con- » tenues dans l'Ecriture et dans les » traditions non écrites, qui, reçues » de la bouche de Jésus-Christ par » les apôtres, ou communiquées par » eux de main en main, sous la di- » rection du Saint-Esprit, sont par- » venues jusqu'à nous. » Donc elle reconnaît pour règle de foi l'Ecriture sainte aussi bien que la tradition ; mais elle déclare que l'Ecriture n'est pas la seule régie, et cela, pour deux raisons convaincantes. La première, parce qu'il y a des vérités et des pratiques qui ont été enseignées de vive voix par Jésus-Christ et par [es apôtres, et qu'elles ne sont point écrites dans les livres qu'ils nous ont laissés. Nous sommes assurés de ce

ECR

ECR

l'ait, soit par leurs propres écrits, soit par le témoignage de leurs disciples et leurs successeurs. La seconde, parce que les vérités écrites dans nos livres saints n'y sont pas toujours couchées assez clairement pour qu'il n'y ait plus lieu d'en douter et de disputer. Nous sommes donc alors obligés de recourir à la tradition, c'est-à-dire au sens que les disciples et les successeurs des apôtres ont donné à ces passages, sens que nous découvrons par leurs écrits ou par les usages qu'ils ont établis, et auxquels l'Eglise a toujours fait profession de s'en tenir.

« C'a toujours été, dit Vincent de » Lérins, Comm., cap. 29, et c'est » encore aujourd'hui 1» coutume des » catholiques, de prouve]' la foi de i) ces deux manières, 1° par l'autori- » té de l'Ecriture sainte; 2» par la » tradition de l'Eglise universelle :

» non que ['Ecriture soit insuffisante » en elle-même, mais parce que la » plupart interprètent à leur gré la » parole divine, et enfantent ainsi » des opinions et des erreurs; il est » donc nécessaire d'entendre l'Ecri- » re sainte suivant le sens de l'Eglise, » surtout dans les questions qui ser- » vent de fondement à tout le dogme » catholique. » Cette règle, suivie au cinquième siècle, est-elle devenue fausse par treize siècles qu'elle a duré de plus?

Déjà nous avons remarqué que les protestants, en réclamant sans cesse l'Ecriture comme seule règle de foi, en imposent encore aux ignorants.

Leur véritable règle est l'interprétation qu'ils y donnent de leur chef, et quel que soit le motif qui la leur suggère, c'est une impiété d'appeler cette interprétation la parole de Dieu, puisque ce n'est souvent que la rêverie d'un ignorant, d'un visionnaire, ou d'un docteur entêté.

L'Eglise traite Y Ecriture sainte avec plus de respect; elle ne se donne la liberté ni d'en retrancher tel livre qu'il lui plaît, ni d'en corriger le texte par intérêt de système, ni d'en altérer le sens par les versions, ni d'en expliquer arbitrairement les passages; elle laisse ces divers attentats aux hérétiques, qui ne rougissent pas

de s'en attribuer le droit, et de s'en vanter.

2° Ils disent qu'en nous tenant à la tradition, nous mettons la parole des hommes à la place, et même audessus de la parole de Dieu : double fausseté. En premier lieu, la tradition n'est point la parole des hommes, mais la parole de Jésus-Christ et des apôtres, aussi bien que celle qui est écrite : qu'elle nous soit venue de vive voix ou par écrit, cela n'en change point la nature. La parole, même écrite, a passé par la main des hommes, puisque nous n'avons plus les originaux des écrivains sacrés, mais seulement des copies et des traductions ; et les protestants n'ont pu recevoir ces copies que de la main des pasteurs de l'Eglise catholique'.

Si ceux-ci ont été capables d'altérer la parole qu'ils ont prechée, ils n'ont pas été moins capables de corrompre celle qu'ils ont copiée ou traduite. Il serait absurde de supposer que Dieu a veillé à ce qu'il ne s'y fit plus aucun changement en copiant, ou en traduisant, et qu'il n'a pas trouvé bon d'empêcher qu'il n'en arrivât en enseignant de vive voix. Suivant la réflexion de saint Paul, confirmée par une expérience de dix-sept siècles, la foi vient de l'ouïe et de la prédication de la parole de Dieu, beaucoup plus que de la lecture; il était donc de la sagesse divine de veiller encore de plus près sur la prédication ou sur la tradition que sur l'Ecriture.

Comment les protestants ne voientils pas qu'ils sont les vrais coupables du crime qu'ils nous reprochent, puisqu'ils mettent leur propre interprétation, leur propre sens, à la place de l'Ecriture; et qu'ils osent appeler parole de Dieu, ce qui n'est dans le fond que leur propre parole?

En second lieu, lorsque l'Eglise interprète l'Ecriture sainte suivant la tradition , elle ne met pas plus sa décision au-dessus de la parole de Dieu, qu'un tribunal de magistrats qui détermine le sens d'une loi ne met ses arrêts au-dessus de la loi.

Lorsqu'il suit pour cela les usages et les coutumes , l'avis des juriscontes, les arrêts de ses prédécesseurs, il est bien assuré de ne pas aller

ËCR

ECR

contre l'intention du législateur. Ainsi l'Ecriture sainte expliquée par les décisions de l'Eglise, est précisément dans le même eus que le texte de la loi expliqué par les arrêts. La différence est que, pour enseigner ainsi les tidèles, l'Eglise est assurée de l'assistance du Saint-Esprit; mais quelle assurance peut avoir un protestant d'être inspiré, lorsqu'il Barrage le droit d'entendre l'Ecriture comme il le juge à propos?

3° Les protestants répètent sans cesse que nous laissons de côté l'Ecriture, pour ne consulter que la tradition, [ci la notoriété des faits suffit poar confondre la calomnie. Que l'on compare les Ouvrages des théologiens

et des controversistes catholiques avec

ceux de leurs adversaires, on verra lesquels sont les plus exacts à prouver leur doctrine par l'Ecriture. One l'on ouvre seulement le concile de Trente, pour voir si les Pères et les théologiens de cette assemblée ont manqué a ce devoir. A la vérité, \m docteur catholique ne se donne pas, comme h. s protestants, la liberté de rassembler an hasard îles passages qui ne prouvent rien, d'en tordre le sens à son gré, de donner son commentaire comme parole de Dieu ; il

regarde comme une absurdité et une

impiété d'attribuer plus de poids a son opinion personnelle qu'an sentiment général de l'Eglise catholique.

D'ailleurs, lorsque, sur une question de doctrine ou de pratique, l'JEcrilure garde le silence, ce n'est pas la laisser de côté que de consulter la tradition, puisqu'on généra] le silence ne prouve rien. Avant de vouloir en tirer des conséquences, comme font les protestants, il faut commencer par démontrer.

1° Que les apôtres et les évangélistes ont dû tout écrire ; où est l'ordre qu'ils en avaient reçu ?

2° Qu'ils ont défendu à leurs successeurs de rien prêcher de plus. Or, ils leur disent le contraire : Prêchez la parole, gardez le dépôt, conservez lu formule des saines paroles que cous avez reçues de moi en présence de plusieurs témoins, et cou fiez-les à d'autres; retenez les traditions i/ui' vous avez apprises, soit par mes discours, soit

par ma lettre, etc. Quant à l'Ecriture ils la nomment les saines lettres; donc la parole, le dépôt, la formule, la h, dition, ne sont pas l'Ecriture. Voyet Tradition. Les protestants croient" comme nous, la création des âmes et non leur préexistence à la formation des corps, comme quelques-uns l'ont pensé ; dans quel texte de l'£criture sainte ont-ils trouvé ce'dogme que les anciens n'y voyaient pas?

4° Un reproche "plus grave, et encore plus faux, est que nous suivons des traditions contraires à l'Ecriture Où sont-elles? L'abstinence, disent nos adversaires, le culte des saints et des images, la hiérarchie, les prières dans une langue qui n'est pas entendue du peupl», etc. A chacun de ces articles, nous ferons voir qu'ils sont fondés sur l'Ecriture, et que les passages prétendus contraires, allégués par les protestants, sont pris par eux dans un sens faux et opposé au texte même.

a" L'on accuse l'Eglise romaine d'interdire aux fidèles la lecture de l'Ecriture sainte. Les faits déposent encore contre celle calomnie. Il n'est aucune langue de l'Europe dans laquelle les livres sainls n'aient été traduits par les catholiques. Ces versions n'ont pas été faites pour les ecclésiastiques, qui ont toujours lu la Vulgate ; donc elles l'ont été pour les -impie, fidèles. Elles n'ont point été condamnées lorsqu'elles étaient exactes, et il n'y a point eu de défense générale de les lire. Mais lorsque les novateurs ont glissé des erreurs dans les versions et les explications de l'Ecriturc sainte, lorsque, pour engager les fidèles à lire ces livres infectés, ils ont voulu imposer à tous une loi de lire YE'-riture sainte , l'Eglise a condamné avec raison ces auteurs et leurs ouvrages, afin de prévenir ses enfants contre le poison qu'on leur présentait. A-t-elle eu tort?

Il ne faut pas oublier que la même chose est arrivée chez les protestants.

L'an 1543, après la naissance de la réforme en Angleterre, le roi et le parlement furent obligés d'interdire au peuple la lecture de la Bible , o parce que plusieurs personnes igno- » rantes et séditieuses, ayant abusé de

ECR

ECR

» la permission qu'on leur avait accor- » dée de la lire, une grande diversité ■ d'opinions, des animosités, des dé- » sordres, des schismes, avaient été » causés par la perversion -qu'elles » avaient faite du sens des Ecritu- » res. b D. Hume, Hist. de la maison de Tudor, t. 2, p. 426. On peut voir dans la même histoire l'abus énorme que les puritains faisaient de la Bible en Ecosse, pour souffler dans tous les esprits le feu de la sédition et de la rébellion. Un auteur anglais a cité l'évèquc Branhall, et d'autres théologiens anglicans, qui disent que « la » liherlé que l'on accorde indifférem- » ment aux protestants de lire la Bi- » ble, est plu* préjudiciable, et plus » dangereuse que la rigueur avec » laquelle on défend cette lecture » dans l'Eglise romaine. » L'Esprit du elergt . u. 37. Mosheim avoue que le même accident est arrivé parmi les luthériens, sur la lin du siècle dernier, et que les magistrats furent obligés d'abolir les leçons qui se donnaient dans les collèges, que l'on appelait bibliques, 17 e siècle, tom. 2, 2' part,, c. 1, S 27.

Quelques, déistes môme ont eu la bonne foi de convenir qu'il y a certains livres de YEcriture sainte dont la lecture peut produire de mauvais effets, d'autres dont l'obscurité peut être un piège pour les simples et les ignorants. Si le texte des livres saints est intelligible à tout le monde, à quoi bon cette multitude de commentaires faits par des protestants ? Se flattentils de mieux instruire les fidèles que Dieu lui-même ? Ils nous font cette leçon, et ils ne daignent pas s'en faire l'application.

0° Ils disent que nous faisons tous nos efforts pour inspirer au peuple de l'indifférence et du mépris pour l'Ecriture sainte ; que nous en parlons comme d'un ouvrage imparfait, altéré et corrompu par les Juifs et par les hérétiques, comme d'un livre obscur et impénétrable, dont la lecture peut être dangereuse, qui n'a par lui-même aucun caractère de divinité, et qui ne peut avoir d'autre autorité que celle qu'il plait à l'Eglise de lui attribuer.

La fausseté de ces imputations est

déjà suffisamment prouvée par ce que nous venons de dire; il serait inutile de nous arrêter à les réfuter en particulier. Nous nous contentons d'observer que presque tous les reproches faits à l'Eglise romaine par les protestants, ont été rétorqués contre eux par les sociniens, dans les disputes qu'ils ont eues ensemble.

Incapables de réfuter, par YEcriture seule, les interprétations captieuses données par leurs adversaires, les protestants ont voulu leur opposer le sentiment des anciens Pères de l'Eglise, par conséquent la tradition :

ce ridicule les a couverts de honte ; on leur a demandé d'un ton insultant, s'ils étaient redevenus papistes.

7° Entin, ils nous reprochent de ne pas observer ce que YEcriture commande, de pratiquer même ce qu'elle défend expressément; nous soutenons que ces accusations retombent de tout leur poids sur les protestants.

En premier lieu, Jésus-Christ, Matt.

c. 25, y 23, approuve les offrandes faites à Dieu ; les protestants les ont abolies, y 40, il dit : « Si quel- » qu'un veut plaider contre vous et » enlever votre robe, abandonnez-lui » encore votre manteau. C. 6, f 17, » lorsque vous jeûnez, parfumez-vous » la tète et lavez-vous le visage.

» C. 23, f i, les scribes et les » pharisiens sont assis sur la chaire » de Moïse, observez et faites tout ce » qu'ils vous diront, y 23, vous payez » les dîmes des légumes, et vous né- » gligez les œuvres de justice et de » miséricorde ; il fallait faire les unes » et ne pas omettre les autres. C. 19, » ^21, si vous voulez être parfait, » vendez ce que vous avez, etdonnez- » le aux pauvres. Luc, c. 12, f 33, » vendez ceque vous possédez, et fai- » tes l'aumône, y 35, ayezune ceinture » sur les reins et une lampe allumée à » la main. » Saint Pierre et saint Paul répètent ce précepte de se ceindre les reins, et les Orientaux l'observent à la lettre. Joan., c. 13, f 14 : « Si je vous » ai lavé les pieds, moi qui suis votre » Seigneur et votre Maître, vous de- » vez aussi vous laver les pieds les » uns aux autres, je vous ai donné » l'exemple, alin que vous fassie z

ECR

» ce que j'ai fait. » Nous voudrions savoir comment les protestants peuvent prouver par l'Ecriture, que ce ne sont pas là des préceptes rigoureux, et qu'il ne faut pas les prendre à la lettre. Pour donner la mission à ses apôtres, Jésus-Christ souffle sur eux et leur dit : « Recevez le Saint- » Esprit; les péchés serout remis a » ceux auxquels vous les remettrez, etc. » l.os protestants ont proscrit cette cérémonie comme une superstition.

Saint Paul, Ephes., c. B, f [6 « Coloss., c. 3, y 16, ordonne aux fidèles de S'édifier les uns les autres par des psaumes, par des hymnes et par des cantiques spirituels; les protestants chantent des psaumes, ils ont supprimé les hymnes et les cantiques.

SaintJacques,ch.5,t 14, recommande aux malades de se faire oindre d'huile par les prêtres avec des prières; les protestants prétendent que c'est une superstition.

Eu second lieu, ils font ce que VEeriture défend expressément. Matth., C 3, f 34, Jésus-Christ condamne toute espèce de jurement ; c'est pour cela que les quakers refusent de furer en justice, f 39, le Sauveur défend île résister au mal, ou au méchant.

C. 6, y I etii, U défend de faire l'aumône au grand jour, et de prier Dieu en public, f 34, il ne veut pas que lOD se mette en peine du lendemain; c 23, y 9, que l'on donne a quelqu'un le nom de père mi de maître A-Ct-, c 15, y 20, les apôtres ordonnent, aux lidéies de s'abstenir du sang, des viandes suffoquées. Les protestants n'observent aucune de ces lois.

Ils baptisent les enfants nouveau-nés, les anabaptistes et, les sociniens soutiennent ipie cela est contraire à ï Emlurr; Us célèbrent le dimanche, malgré le décalogue, qui ordonne de chômer le sabbat ou le samedi; où est le texte de ['Ecriture qui l'a ainsi réglé? Saint Paul défend d'observer

les jours ; Gai., c. 42, ^ II).

Un catholique est en droit de n'entendre tous ces passages îles livres saints que conformément à la tradidition, au sentiment et à la pratique de l'Eglise; c'est sa régie, il y trouve une entière sûreté. Un protestant se

flatte de les entendre selon la droite raison : est-il bien sûr que sa raison est plus éclairée que celle des cathohques et des autres sectes protestantes, ou qu'il a une inspiration du Saint-Esprit meilleure que la leur' Ce n'est donc pas l'Ecriture, mais sa raison son propre jugement, ou l'autorite do sa secte, qui est la vraie règle de sa foi.

On se tromperait beaucoup, si l'on imaginait que c'est la lecture des livres saints qui a fait naître le protestantisme. Luther, Calvin et les autres réformateurs, citèrent, à la vente, l' Ecriture sainte, pour prouver que l'Eglise romaine était dans l'erreur ; on les crut sur- leur parole ; leurs déclamations contre le clergé catholique firent le reste. La multitude des ignorants qu'ils séduisirent était-elle capable de consultera d'entendre le texte sacré? Leurs disciples. déjà préoccupés, ont lu l'Ecriture, non dans l'intention pure de découvrir la vérité, mais atin d'y trouver, à force de gloses, de commentaires et de sophismes, de quoi autoriser les opinions desquelles ils étaient déjà persuadé s.

Les catholiques ne sont pas les seuls qui démontrent aux protestants les inconséquences et les contradictions de leur conduite. Richard Stéele, dans une lettre satirique au pape (dément M, après avoir observé que chaque ministre protestant s'attribue l'autorité interprétative de l'Ecriture sainte, ajoute : « Nous réussissons » aussi bien par cette méthode, que » si nous défendions la lecture de » l'Ecriture sainte; et comme cela » laisse aux particuliers tout le mé- » rite de l'humanité, celapassedoucc- » ment sans qu'ils y fassent attention.

» Le peuple demeure toujours per- » suadé que nous admettons l'Ecriture » comme règle de foi, et que tous » peuvent lalireetla consulter quand » il leurplait. Ainsi, quoique par nos » paroles nous conservions à l'JSen- » ture toute son autorité, nous avons » cependant l'adresse d'y substi- » tuer réellement nos propres ex- » plications, et les dogmes tirés de » ces explications. De là il nous re- » vient un grand privilège, c'est que

ECR

» chaque ministre, parmi nous, est » revêtu de l'autorité plénière d'un » ambassadeur de Dieu; ce qui a été » dit aux apôtres a été dit à chaque » ministre en particulier, et ce pré- » jugé une fois établi, il n'y aura » point de simple ministre ou pas- » teur, qui ne soit un pape absolu » sur son troupeau. Cela fait voir » combien nous sommes subtils et » adroits dans le changement des » mots, suivant l'occasion, sans rien » changer au fond des choses. »

Mosheim, dans son Hist. ecclés. du seizième tiède, sect. 3, 2* part., c. 1, OÙ il fait l'histoire du luthéranisme, non apprend, S 2, que les ministres luthériens sont obligés de se conformer .m catéchisme de Luther ; qu'après l'an Ib83, l'on employa la prison, l'exil, les peines afllictives, pour faire recevoir le formulaire d'union du é i Torgau et à Berg en 1676; qu'en 1691, Crellius, premier ministre de l'électeur de Saxe, fut mis h mort pour avoir favorisé la doctrine contraire, § 43. De quel front Mosheim peut-il donc soutenir que V Ecriture sainte est la seule règle de croyance et de morale des protestants.

Tout le inonde sait que les calvinistes ont fait de même à l'égard des décrets du synode de Dordrecht : un déiste célèbre leur a fait ce reproche, cl, les a rouverts de confusion.

ISehc.ier.

ÉCRIT1 RE SAINTE (interprétation

de 1'). (Thiol. pur. gêné.) Nous avons posé en principe dans notre dissertation' PRÉLIMINAIRE SDB LE i.o.NCILE DU VA- TICAN, que la liberté de la pensée en interprétation de l'Ecriture Sainte n'a de limites imposées par la tradition et par L'Eglise que sur les matières qui concernent la foi et la morale camtliqttes : et nous avons déduit cette règle de la définition du concile de Trente sur les livres sacrés dont nous citons le texte dans cette dissertation p. xxxv. Mais nous n'avons pas fait observer que le concile du Vatican a renouvelé le même décret et, en le renouvelant, en a fixé le sens même que nous lui avons donné. C'est pour faire ressortir cette définition nou-

velle du dernier des conciles oecuméniques (celui de 1870) que nous faisons ce petit article.

Voici ce qu'on lit au chapitre II de la constitution dei filius du concile du Vatican, la première en ordre de date, mais non pas intitulée première, puisque c'est la seconde, celle qui concerne l'infaillibilité et la souveraineté pontificales, qui porte ce titre.

« Nous, renouvelant le même décret (il s'agit du décret du concile de Trente) nous déclarons que l'esprit de ce décret est que, sur les choses de la foi et des mœurs, va relus fidei et morum, appartenant à V édification de la doctrine chrétienne, il faut tenir pour le vrai sens de l'Ecriture celui qu'a tenu et tient la sainte mère Eglise, à qui il appartient de juger du vrai sens et interprétation des saintes Ecritures; et que, pour cela, il n'est permis à personne d'interpréter l'Ecrit tire sainte contrairement à ce sens ou même contrairement au consentement unanime des Pères (I). »

Nos idem decretum rénovantes, hanc illius mentem esse dedaramus ut, i.\

REBUS EIDEI ET MORUM, AD VEDIFICA- TIONESI DOCTRLX'.E CHRISTIAN.E I'ERTLXEX-

tium, is pro vero sensu sacrse Scripturse habendus sit, quem tenuit ac tenet sancta mater Ecclesia, cujus est judicare de vero sensu et interpretatione Scripturarum sanctarum ; atque ideo nemiiii licere contra hune sensum, aut etiam contra unanimem consensum Patriun ipsam Scripturam sacram interprétatif

On ne saurait être plus clair : il ne s'agit que des choses de foi et de mornlr catholiques c'est-à-dire appartenant à l'édification de la doctrine chrétienne, puisque le décréta grand soin de poser en tête et en première ligne cette condition pour que l'on tombe sous l'obligation de se confor-

(1} Auparavant, le concile ailit que « les livre? saints contiennent la révélation sans erreur, revelationem sine errore contineant, et qu'ils ont Dieu pour auteur, pat inspiration ; or, s'ils contiennent la révélation, lis contiennent aussi des choses humaines scientifiques, historiques, etc., qui ne sont pas la révélation : et comme ce n'est que sur celles de foi et de morale qu'on est obligé de garder le sens de la tradition et de l'Eglise, on en peu t conclure, ce nous semble, que celles-là seulos appartiennent a la révélation et peut-être mé ne ont été l'objet de l'inspiration.

ECR

ECR

mer à l'interprétation de l'Eglise et au sentiment unanime des Pères. Sur tout le reste, toute liberté reste à la pensée de se dilater pour mettre les passages de l'Ecriture en harmonie avec le progrès scientilique, la philosophie, la politique, l'industrie, l'art etc., etc.

Que pourrait-on demander de plus?

Le Noir.

ÉCRIVAINS SACRÉS, ou auteurs inspirés ; ce sont ceux qui ont écrit les livres que nous nommons l'Ecriture sainte. Tels ont été Moïse, Josué, Samuel, David, Salomon, les prophètes, etc. Nous avons vu, dans l'article précédent, en quoi consiste l'inspiration qu'on leur attribue. Quoiqu'il y ait quelques livres de l'Ancien Testament dont les auteurs ne sont pas nommément connus avec une pleine certitude, cela ne forme aucune difficulté contre l'inspiration de ceslivres, du moins pour les catholiques. Nous ne croyons la divinité d'aucun livre en vertu des règles de la critique, mais sur le témoignage de l'Eglise, a laquelle les livres qui composent l'JSeriture sainte ont été donnés comme parole de Uicu, par Jésus- Christ et par les apôtres. C'est l'affaire des protestants de dire sur quel fondement ils croient la divinité ou l'inspiration du livre des Juges, par exemple, sans savoir certainement par quel auteur ce livre a été écrit, si cet auteur était inspiré ou non.

La croyance de la synagogue ne suffirait pas pour fonder la notre, si ce point essentiel n'avait pas été confirmé par Jésus- Christ et par les apôtres : or, nous ne sommes certains de ce fait que par le témoignage ou la tradition de l'Eglise, puisque cela n'est écrit nulle part.

Dire, comme les protestants, que nous sommes convaincus de l'inspiration de tel livre par un goût surnaturel, ou par une grâce intérieure du Saint-Esprit, c'est donner dans le fanatisme. Si un homme trouve autant de goût à lire les livres des Maehabées qu'à lire celui des Juges, qui pourra lui prouver qu'il a tort? Un musulman juge par son goût que l'Alcoran est le plus beau, le plus sublime, le plus divin de tous les

livres; comment prouvera un protestant que son goût vient du Saint- Esprit, et que celui d'un Turc n'est qu'un préjugé de naissance?

Pour ôter toute croyance aux écrivains sacrés, les incrédules ont calomnié leurs mœurs, leur conduite ; ils les ont peints comme des malfaiteurs : nous répondons à leurs invectives dans chaque article où nous parlons de cesécrivains en particulier, comme David, Moïse, Salomon, etc.

Bergier.

Page 1