‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 4 (volume 4)Chapitre 70 sur 96 · I.k Nom · texte numérisé non relu

I.k Nom

ÉGLISE, mot grec qui signifie assemblée. Act., c. 19, il est dit d'une

assemblée, tumultueuse, du peuple

d'Ephèse. Dans les autres passages du Nouveau Testament, il signifie tantôt le lieu dans lequel les lidèles s'assemblent pour prier, /. Cor., c, 24, f 34; tantôt la société des fidèles répandus sur toute la terre, Ephes., c 3, $ 2 4 et 26 ; quelquefois les chrétiens d'une seule vdle ou d'une seule province, /. Cor., c. I, } l et 2 ; II. Cor., c, 8, f I ; quelquefois une seule famille de chrétiens, Huai., c. Hi, ^ 5 ; enfin les pasteurs et les ministres de l'Eglise, Matth., c. 18, ^ 1 1 ; conséquemment Y Eglise se prend

(I) Prœf. od Vitam Caroli.

I») /?/>. 63 a l'abbé Loup.

()) i.ouf. la Lettre de l'abbé Loup à hard.

(4) Manuscrit de Lao».

E,jin-

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fréquemment pour le clergé, ou pour l'état ecclésiastique.

En général, ce terme signifie la société des adorateurs du vrai Dieu.

Dans ce sens, on peut distinguer VEglise primitive des patriarches, ou des anciens justes, et c'est ainsi que quelques-uns entendent le mot de saint Paul, Ecclesiam prvmitworum, Hebr., c. 12, f 23; l'Eglise judaïque, qui était composée de tous ceux qui suivaient la loi de Moïse, et il en est souvent parlé dans l'Ancien Testament; l'Eglise chrétienne, qui est la société de ceux qui professent la religion de Jésus-Christ : c'est de celleci que nous devons principalement nous occuper. On appelle Eglise militante, la société des lidèles sur la terre, et Eglise triomphante la société des saints dans le ciel.

La matière de ['Eglise est devenue très-étendue par les controverses qui ont été agitées entre les théologiens catholiques et les protestants ; nous nous bornerons à indiquer les questions que l'on a coutume de renfermer dans un traité complet sur l'Eglise, et nous renverrons à des articles particuliers celles qui demandent une plus longue discussion. 11 faut, 1° donner une idée juste de la société que l'on nomme l'Eglise de Jésus-Christ; 2° indiquer les notes ou les caractères par lesquels on peut la distinguer de celles qui s'attribuent faussement ce titre ; 3° connaître qui sont les membres qui la composent, et savoir s'il y a entre eux quelque distinction ; i° de quelle nature est le gouvernement de l'Eglise, a on doit y reconnaître un chef, quels sont ses droits, ses privilèges, sa juridiction; 3° quelles sont les propriétés qui résultent de la constitution de ce Corps, tel que Jésus-Christ l'a institué; (i° donner une courte notion des principales Eglises particulières.

§ I. Définition de l'Eglise. Les théologiens catholiques détinissent l'Eglise, la société de tous les fidèles, réunis par la profession d'une même foi, par la participation aux mêmes sacrements, et par la soumission aux pasteurs légitimes, principalement au Pontife romain. Si cette notion est

mais et la ainsi patriarches,

juste, elle doit fournir la solution de la plupart des questions que nous avons à traiter.

Un théologien, connu par la témérité de sa critique, a écrit que cette définition est une nouvelle invention des scolastiques, que les Pères se sont bornés à dire que l'Eglise est la société des fidèles. S'il avait mieux senti la force du mot fidèle, il aurait vu que les théologiens n'ont fait qu'en développer la signification, ahn d'écarter les sophismes des hérétiques. Saint Paul a ordinairement entendu par la foi, non-seulement la croyance à la parole de Dieu, la confiance en ses promesses, soumission à ses ordres; c'est qu'il peint la foi des Hebr., c. II. Le nom dé fidèle em porte donc ces trois choses, la fidélité à croire ce que Dieu enseigne, à user des moyens auxquels il a daigné attacher ses grâces, à suivre les lois qu'il a établies. Donc les fidèles, pour former entre eux une société, doivent être réunis par les trois liens que renferme la définition de l'Eglise.

On ne peut pas nier que Jésus- Christ ne soit venu au monde pour fonder une religion, pour enseigner aux hommes la manière dont Dieu veut être honoré, et les moyens de parvenir au bonheur éternel : or, toute religion emporte l'idée de société entre ceux qui la professent.

Les mots Religion, Eglise, Société, nous l'on tdéjà comprendre que comme il y a entre tous les chrétiens un seul et même intérêt, qui est le salut éternel, il doit y avoir aussi entre eux une union aussi étroite que l'exige cet intérêt commun. Puisque Jésus- Christ a établi, pour les moyens de salut, la foi, les sacrements, la discipline qui règle les mœurs, il s'ensuit que les membres de l'Eglise doivent être unis dans la profession de la même foi, dans la participation aux sacrements que Jésus-Christ a institués, dans la soumission de l'obéissance aux pasteurs qu'il a établis. La désunion, dans l'un de ses chefs, produirait l'anarchie et la différence des religions, elle détruirait toute société; nous le voyons dans les différentes sectes séparées de l'Eglise.

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Toutes ces sectes ont donné de YEglise une notion conforme à leurs préjugés et à leur intérêt. Au troisième siècle, les rnontanistes et les novatiens entendaient par l'Eglise la société des justes qui n'ont pas péché grièvement contre la foi ; au quatrième, c'était, selon les donatistes, l'assemblée des personnes vertueuses qui n'ont pas commis de grands crimes ; au cinquième, Pelage "voulait que ce tût la société des hommes parfaits, qui ne sont souillés d'aucun péché. Wiclef, au quatorzième, et Jean Hus, au quinzième, décidèrent que c'est l'assemblée des saints et des prédestine- ; Luther adopta cette idée, et soutint que, par le défaut de sainteté, les pasteurs de l'Eglise catholique avaient cessé d'en être membres; Calvin fut de même avis. De nos jours nous avons vu renaître la menu' erreur dans le livre de Quesnel, qui fait consister la catholicité ou l'universalité de YEglise, en ce qu'elle renferme tous les anges du ciel, tous les élus et les justes de la terre et de tous les siècles. Il dit qu'un homme qui ne vit pas selon l'Evangile se sépare autant du peuple choisi dont Jésus-Christ est le chef, que celui qui ne croit pas à l'Evangile. Prop. 71-79.

Tous ces docteurs ont, de leur propre autorité, retranché du corps de l' Eglise tous les pécheurs ; mais Us ont eu aussi grand soin de soutenir que l'excommunication ne peut en séparer personne. Voyez S III, ciaprès.

On voit aisément que l'idée qu ils se sont formée de l'Eglise a été de leur part un effet d'orgueil et d hypocrisie. Tous se sont vantés d'être plus vertueux et plus saints que les membres et les pasteurs de l'Eglise catholique, tous ont séduit les peuples par les apparences et par les promesses d'une prétendue perfection, tous ont exagéré et censuré avec aigreur les vices et les scandales qui régnaient dans la société, sur les ruines de laquelle ils voulaient établir la leur. Si un accès d'enthousiasme a mis d'abord un peu plus de régularité parmi eux, ce prodige n'a pas duré longtemps ; bientôt ces réformateurs de l'Eglise ont été réduits

à déplorer les désordres qu'ils ont vu naître parmi leurs sectateurs. Depuis quinze siècles, les esprits faibles et légers se sont laissé prendre au même piège.

§ II. Notes ou caractères de l'Eglise.

Toutes les sectes qui font profession de croire en Jésus-Christ, prétendent que leur société est la véritable Eglise formée par le divin Sauveur : toutes ont-elles également raison ou tort?

Puisque Jésus-Christ nomme l'Eglise son royaume, son bercail, son héritage, sans doute il nous a donné des marques pour la reconnaître. Selon le symbole dressé au concile général de Constantinople, et qui n'est qu'une extension de celui de Nicée, l'Eglise estime, sainte, catholique, et apostolique. C'est à nous de faire voir qu'il y a en effet dans le monde une société chrétienne qui réunit tous ces caractères, et qu'ils ne se trouvent point ailleurs ; tous sont une conséquence de la notion que nous avons donnée de V Eglise.

Déjà nous avons observé que, sans imité, il n'y a point de société proprement dite (1). Jésus-Christ con-

(1) L'Eglise ttt >">' • o.i di»tSngne deux sortes d'unité, l'imité de fm si ("unité de eounnonion. L'Unité de foi est la croyance commune de tous les articles de foi, suns distinction, sans exception, de toutes

les vérités '(ni ont été révélée! par Jésus-Christ, et qui sont déclarées telles par l'Bgliw. L'unité de

communion est la réunion de ton* MU] qui professant celle foi dan» nue même «Ociété, avec la participation aux mon ucn-meuts 81 aux mêmes

prières, sous la conduite .1- pasteur» légitimai, et spécialement du l'oiuilo romain, qui est leur chef sur la terre. L'unité de communion maintient l'unit- de foi; l'union et la touinialioo aux pasteurs et au pope conservent l'unité da communion. Il me parelt unie de développai ses plioaipei qui présentent tout l'admirable plan de la divine Providence dans la constitution de son Eglise.

Il n'y a et il ne peut y avoir qu'une vraie foi. En tout genre la vente ont une : t""l 08 qui y ait opposé est erreur : et il y a un grand nombre d'erroiirs, parce qu'il y a fieauconp il" manières d'être opposé a la vérité. Dieu, en donnant aux hommes la vraie foi, a voulu qu'ils l'adoptassent, et qu'ils ne se livrassent lias aux erreurs ; ce n'est que pour cala qu'il la leur a révélée. Il a dune voulu établir dans tout le l- e humain l'unité de foi. Pour for-

r et maintenir cette unit'' entre des linmmes séparés les uns des aunes par de grandes distances et différant entr'eui de langage, d'uangea, de mœurs, de gouvernement, etc., il a établi l'unité de communion ; c'est-à-dire qu'il a fondé une société dont tous les hommes qui profeaterainut sa foi seraient membres, et dans laquelle ils seraient réunie par un même culte, par des prières et pur do< rites communs. Cette société est l'Eglise de Jésus-Christ. Comme elle est formée du la double unité de foi et

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firme cette vérité, lorsqu'il peint l'Eglise comme un royaume dont il est le chef souverain : et il nous avertit qu'un royaume divisé au dedans sera détruit. Matth., c. 12, y 2.'i. Il demande que ses disciples soient unis comme il l'est lui-même avec son Père. Joan., c. 17, y il. H dit :

« .) ai encore des brebis qui ne sont » point de ce bercail, il faut que je

» les y amène; el alors il n'y aura » plus qu'un bercail sous un' même

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de communion, il jr a deux manière» ,1e cesser «"en faire partie : I «se d'abandonner In foi, et c'est l'hérésie; l'autre .le se séparer de la communion Je rite» et ,1e prières, et e est le schisme.

Pour maintenir cette préeienie muté, tant de foi 1" e « ''"'""m «, «utre tant d aommsi et de peuples divers, la sagesse suprême a institué un ministère répandu dm,» tonte» les partie» de son Eglise et l« même partout, qn'ella a chargé de prêcher et

d enseigner 1» foi, d'administrer le»»acr< ou de

colol.ie, le- saints rites, et e.din .le régir I l f .,. Elle a divine ce ministère en divers ordre», qui forment une hiérarchie. Dans chaqne lieu habité, rille bourgade nu antre, elle a roula qu'il y eilt an mimstro de l'ordre inférienr, et dans chique région un

ministre de la classa supérieure, que l'un a appelé

erèqne, enqnel eont aonrni» le, paslanra infér m

''' 'I uitnuniqiw a ee le- èréq le» mit,,.- ...

>. Amsi ce ministère forme, eotta ton» le» cape» répandu» rat lu erre, m, lieu .1 T.iiis, étant mus « leur» pa t. .m- .pu l,. .,,„, ,.,,,, aux, le lonl nécessairement le» nus :,,,x totrea. M«is ee» , lateora, qui sont enx-n ème» trèe-mnl-

tiphé» et répandna ,1,,,,, de» i triai très-distantes,

I iraient le dit ■ cireux, enseigoer de» doctrine» d verses, fermer d tés i ,:! rente» I ,i

Providence ,, .... i,,,,. „ r ,. t ,, 0Té D , n

! "'' "» ehel .m m, m t,., «léeiaitiqne. Elle l'a

revêtu d'une primante d'Iii.i nr, afin .pi'éleve an-

imm *•'« '• i B*J », il fol •'• re aperçu do tonte»

P ïrU i ''' "" "" ■'■"<<<■ n ,, d'unité annuel on

H 1 apportât de lentes parts. F.l b l'a investi , l'une prima, le de juridiction, afin .pie, par son m, or té il pot séparai .,e l'imité les errants, on y ramener ... égaré*.

Cette lnérarrhie d'ordres et de pnuvoiis gai.mtit pleinement l a double unité de f„i et "de

< ..iniiiuiiinn.

D'abord, l'unité de fol II no peut pas se glisser il erreur -m- un point de doctrine, dans quelque parne de l'Eglise ipie ee eoit, qu'elle ne soit aussitôt aperçue par quelqu'un ,j es évèqne» qoi, comme le- sentinelle» d'israél, veillent sur le dépôt de la foi confiée a leurs soins. Découverte par l'un d'eux .

elle est on arrêtée par se» Soin», OU dénon aux

autres, et in.'-ine, s',1 est Déeaeaaire, nu chef, afin

que, par leur» effort», elle s., H réprimée dans sa

naissance; on que. s'ils ne peuvent v réussir, oc empêche l'errant opiniâtre de diviser l'imité,' en l'en retranchant lui même, il n'y a plus deux doctrines in- l'Eglise, quand celui nui appmtait une doctrine ilillerenlede celle de l'Eglise est chassé de son sein, et n'en fait plus partie.

L unité de communion trouve aussi une assurance dans la hiérarchie. Le catholique le plus simple et le moins instruit ne peut ignorer qu'il est uni de communion arec un pasteur.imméd.at, celui-ci avec ' "''I" 8 l'évè.pie avec le souverain Pontife. Ainsi,

« pasteur. »» Joim., c. 10, f 16 II se représente comme un père de famille qui envoie des ouvriers travailler dans sa vigne, qui fait rendre compte a ses serviteurs, etc. Toutes ces idées de royaume, de bercail de famille , n'emportent-elles paà- 1 union la plus étroite entre les membres?

Saint Paul enchérit encore, lors- '1" il compare l'Eglise chrétienne au corps bu main, et les fidèles aux

il a un garant certain qu',| fait partie de l'Eglise catholique, et qn il est en société de prières et en communauté dç sacrements arec tonales catholiques répandus sur la terre. ^

'.mme l'unité de communion, de ministère, est étaUiedans les articles Evèque, Mission, p APE p AS Kl ns. Schisme e ,c., nous nous bornerons à rapporter qneIqo.es développements sur Yunitè de "or-

'' r '!""' ! <*» ?«*M. I. Dans plusieurs endroits de seeBpltre», 1 apôtre saint Paul établi, clairement cette doctrine. Je vous prie, mes frères, dit-il aux

Hommes, d observer ceux gui font des distension» et des scandales contre la doctrine nue vous avez apprise, et de vous éloigner (Feux. (C 16 * 17 1

Nous trouvons ici l'unité de communion fondée ,,,'r Innitédefoi. L apôtre, en recoramendant aux fidèles de s éloigner de ee x qui combattent la saine doctrine, a certainement en vue de leur interdire la

''"""""""'» '"" ra'Mt "•. C'est la séparation de la

oomnranion dont ,1 leur parle. Or, qnels sont ceux de qui iU doivent se séparer? Ce sont ceux uni

" »! « " contre lad «trios que les Romains

"'." apprise. Mai» dira-t- les fidèle» de Home

h ..valent été instruit» que des srtioles de foi fon-

' Ul "" , ; , " n< ' •' 'I «H négligé de leur ensei-

""■■' le» entre» ! On ne peu soupçonner ni les apôtres de celle o m „ 5 ,on coupable, ni'les premiers fidèles de cette ignorance crasse. C'est donc selon saint Paul, toute dissension contraire à la doctrine révélée, et ooopaj celles qui ne mot pas contraires A lel on à tel point de cette doctrine, uni entrain.- la séparation de communion ; et on perd l'une et 1 autre unité quand, eur quelque point .pièce soit, .m contrarie la foi que nous ont enseignée les apôtres.

Dans sa première Epitre aux Corinthiens, saint laul leur dit : Je nous conjure, mes frères au i». mde Notre-Seigneur Jésus-Christ, d'avoir tous un même langage, de ne point avoir parmi vous ''". «Misme, mai» d'être toutes parfaits dans une

'" pensée et dans un même sentiment. (C. t. y.

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