‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 4 (volume 4)Chapitre 71 sur 96 · L apôtre montre ici clairement en q consiste · texte numérisé non relu

L apôtre montre ici clairement en q consiste

le cln-me nu la scission ,1e l'unité, par la chose a laquelle il l'oppose : c'est à l'unité de langage, de pensée, de sentiment. Je demande a reux oui diffèrent entre eux sur les articles de foi qu'ils appellent non fondamentaux, s'ils croient avoir tous le même langage, la même idée, le même sentiment. D'après l'apôtre, toutes ces sectes sont dans un état de schisme manifeste, non-seulement avec i'Egli e romaine, mais entre elles-mêmes.

11 aérait bien difficile à un prolestant de bonne foi de prétendre, dans ses principes, que l'erreur sur la nécessité delà circoncision, ou même, si l'on vent, des observance» judaïque», fût une erreur de la première classe, une erreur fondamentale, une erreur aussi grave ,jna celle sur les principaux

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membres qui la composent. « Nous ,, avons été baptisés, dit-il, pourlor- » mer un seul corps et avoir un » même esprit.... 11 ne doit point y » avoir de division dans ce corps, » mais tous les membres doivent s'ai- » der mutuellement; si l'un soutire, » tous doivent y compatir; si l'un ,, est en honneur, c'est un sujet de » joie pour tous. Vous êtes le corps ,» de Jésus-Christ, et membres les » uns des autres. » I. Cor., c. 12, f

mystères; que 1 addition Je quelques cérémonie» dans le culte .hrélien fut aussi importante que I est, par exemple, l'adoration de Jésus-Christ dans I eucharistie, sur laquelle les luthériens et les calvinistes, quoique d'avis différents, se tolèrent, et u -n communiquent pas moins ensemble. Saint Paul avait lui-même, quelques années auparavant, circoncis son disciple Timnthée, par égard pour les juifs qui savaient que Timothée était né d un père

païen. Cependant, après la décision du c lie 'I"

Jérusalem, le même saint Paul rléclare aux Galates que s'ils se font circoncire, Jésus-Christ ne leur sera d'aucune utilité. (C. 5, y. t.) il croyait donc, ce grand docteur des nations, qu'une seule erreur sur la foi, et sur un point même qui parait n être pas de lapins hante importance, suftit pour faire perdre le salut. Su doctrine à cet égard est encore conCrmée par ce qu'il ajoute très-peu après; et en continuant de parler du même sujet : /( suffit i un peu de ferment pour corrompre toute la masse, llbid.^ ce qui siL'Qilio évidemment qu une seule erreur doctrinale, puisque c'est de cela qu il est question, fait perdre la vraie foi et le salut. Que devient, devant ce principe, le système des articles de foi nécessaires ou non nécessaires ?

L'apôtre saint Jean établit aussi les principes catholiques sur l'unité de foi et de communion. Quiconque se retire, et ne demeure, pas dans la doctrine de Jésus-Christ, ne possède point Dieu. Celui qui demeure dans la doctrine possède le Père et le I ils. Si quelqu'un vient à vous, n'appariant pat cette d ctrine, ne le recevez pas don* votre maison. et ne !» tahiëtpai.î Joan., c.8 y. IO.|Los protestants conviennent, et il leur seiait impossible de le nier, que la défense faite par saint Jea'i de recevoir et de saluer, est la séparation de communion prononcée contre les hérétiques : il s'agit donc ici seulement de savoir qu'elle est l'erreur doctrinale qui entraîne celte excommunication. 11 est clair que l'Apôtre ne parle pas d'une partie de la doctrine sainte, de tels ou tels articles de cette doctrine ; il parle indéfiniment, généralement : il parle de la doctrine de Jésus-Christ. Les articles, traités par nos adversaires de non loudamentanx, font partie, comme les antres, de la doctrine de Jésus-Christ ; ils ont été comme les autres révélés par lui : ainsi ils sont compris dans l'expression générale doitrina Christi : ils sont Jonc, comme les antres, appelés fondamentaux, l'objet de l'intention de saint Jean : et soit qu'on erre sur les uns ou sur les autres, on doit, selon lui, ou plutôt selon l'esprit saint qui l'inspirait, être retranché de la communion.

11. Passons aux premiers siècles de l'Eglise, dont les protestants reconnaissent la doctrine pure. Leur autorité est d'autant pins considérable sur ce point, que, dans le temps où l'Eglise venait d'être lormée, on ne pouvait pas ignorer ce qui constitue sa formation.

12, y 5 ; Ephes.

13 et 15 ; Rom., c c. 4, jr- 15, etc.

Or, en quoi consiste cette imité, sinon dans les trois liens dont nous avons parlé, dans la foi, dans l'usage des sacrements, dans la subordination envers les pasteurs ? Si l'un vient à manquer, comment subsistera la vie des membres et la santé du corps ?

Toute partie qui se sépare de l'un de ces trois chefs, ne tient plus au corps de l'Eglise. Saint Paul nous le fait

Saint Irénêe, parlant de la préd .cation ivangélique et de In fd, dit que .. l'Eglise, quoiqoe répan- ■ due sur toute la terre, la conserve avec un sou, , et un zèle extrême, comme si elle n habitait . qu'une seule maison ; qu'elle y adapte sa foi de . la même manière, comme n'ayant qu no même „ esprit et qu'un même rouir; et que, par un coni seulement admirable, elle professe, enseigne ces . vérités, comme si elle n'avail qu'une seule Donc lie. » Car, quoique les langues du monde soient dillen rentes, la force de la tradition est partout une et ,, la même. Les églises de Germaoie, d'Espagne, . des Gaules, de l'Orient, de l'Egypte, celle» des , réirions méditerranées, ne pensent pas, n ensel- » »nent pas de différente» manières. » {Ado. libres, lib. 1, c. 10, n. 2.) C'est de la totalité de la foi que parle le saint docteur, c'est la prédication apostolique entière, et non une partie ou une autre de cette prédication, qui est crue unanimement, enseignée uniformément pnr toutes les églises du monde. Les églises luthérienne, calviniste et autres qui rniiiiiinirqu'-ut entre elles, maigre leur dissonance sur divers points de foi, peuventelles prétendre que leur unité de foi, qui n est que la tolérance réciproque de leurs erreurs sur la foi, est celle que saint Irénêe attribue a toute l'E'lise? Soutiendraient-elles qu'elles adaptent tontes, de la même manière, leur loi aux prédications apostoliques? His xque fidem accommodant, qu'elles sont, sur les vérités révélées, comme n ayant qu'une Ame et qu'un cceur ? Velut animam mom idemque cor habens : qu'il y aentreelles toutes un merveilleux consentement, en ^orte qn'ellesparlent tontes comme si elles n'ai aientqu'une seule booebe : Miro consensu, quasi uno are prx hta fixe prxdicat. L'Eglise catholique seule, après seize siècles, peut tenir le même langage que saint Irénêe, parce qu'il n'y a qu'elle qui ait conservé constamment et sans interruption l'unité de foi universelle sur foules points, comme elle l'est dans tons les pays dont parle le saint docteur : parce qu'il n'y a qu elle qui

ait conservé ce merveilleux a >rd sur tous les

points de foi, et qui les professe partout de la même manière; parce qu'il n'v a qu'elle qui, sur la loi qu'elle professe, n'ait dans tontes les parties de la terre qu'un esprit ef qu'un cœur; et qui, de tons ces lieux si distants, fasse entendre le même enseignement, comme si elle parlait par une seule bouche. Tertullieodit que .. ce que Jésus-Christ a institue, il faut le chercher, et qu'il est nécessaire de le croire. . (De Przcript., c. 10.) Ce n'est donc pas, selon lui, une partie de l'enseignement du divin Maître dont la croyance est nécessaire ; c est un enseignement tel que Jésiis-Cl.nst l'a donné, et tout entier. Dans un antre endroit que j ai déjà cite, parlant des variations de doctrine psimi les hérétiques, il dit qu'elles sont telles «qu'ils ne respectent , pasmêmeles principes de leurs chefs; ce qui fut , qu'entre les hérétiques il n'y a en quelque sorte

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assez comprendre, lorsqu'après avoir dit qu'il ne doit y avoir qu'un seul corps et un seul esprit, il ajoute qu'il n'y a qu'uu Seigneur, une foi, un baptême, que Dieu a établi des apôtres, des pasteurs et des docteurs, pour nous amener « l'unité de la foi.

Ephcs., c. 4. f 4, 13.

En effet, si Jésus-Christ a enseigné telle doctrine, s'il a institué tel nombre de sacrements, s'il a établi des pasteurs et les a revêtus de telle au-

» point de schismes. Car, quoiqu'il y e „ „, t ree || e » ment, il ne parait pas y en avoir, et tout eela » forme „ne sorte d'unité. « (Ibid., c. 13.) Ce tableau des hérésies du temps de Terlnllien ne représeute-t-d pas au naturel relies du notre? et l'imité que les protestants se vantent d'avoir, u'est-elle pas précisément la même que Terlnllien reproche aux hérétiques, et qu'il dit être de véritables schismes' » La véritable doctrine, dit saint Atlianase, est >' celle .pie les Pères ont transmise. La ma. que des • véritables docteurs est lorsqu'ils s'accordent tous » entra eux, mais non lorsqu'ils sonten dispute Boit » entre eux, soit avec leurs pères.» (De decr.'s,/,,. •'Vtc, n. 4.) Ainsi, selon ce saint docteur (Un me

selon nous, 1 té de doctrine, l'accord unanime sur

la loi, est la note de la vraie doctrine, de la vraie loi. Au contraire, ceux qui, comme les protestants disputent entre eux sur des po.ntsde foi, n'ont pas la loi ense.gnée par les pères. Saint Athai.ase ne distingue pas les dissensions sur les points fonda- .iamentaux de celles sur les points non fondamentaux. Son expression est générale et absolue.

Saint Grégoire de Nazianze est pins précis encore, selon h,,, , | es hérétiques les plus oaogerem- » sont ceux qui, conservant surtout le reste l'in- » tég.ité de la doctrine, par un seul mot, comme » par une goutte de venin, tuent la vraie et simple » foi catholique reçue des apôtres par tradition. Jruct. de fide.) En vain, sur presque tons les points, professera-t-on la vraie doctrine, une seule goutte, un seul mot, une seule erreur sur la foi est une goutte de venin qui tue toute la foi Ce grand théologien, c'est le nom que l'antiquité lui avait donné par excelleuce, était donc bien éloigné de croire que la vraie foi, que la foi nécessaire pour être membre de l'Eglise militante sur la terre et pour le devenir de l'Eglise triomphante dans le ciel, subsiste avec la tolérance réciproque des erreurs sur quelques articles de foi.

Saml Basile, au rapport de Théodoret, disait ■ que ceux qui sont instruits dans les saintes lettres, • ne souffrent pas que l'on abandonne une seule » syilable des dogmes divin» ; mais que, pour leur " défense, ils n'hésitent pas, s'il est nécessaire, de » se livrer à tout genre de mort. » ( ffl»t. tcùlet lib., 4, cap, (9.) S'il n'est pes*permis d'abandonner une seule syilable des dogmes divine, Incroyance entière et sans exception de tous ces dogme*, est donc indispensable pour le salut. Si c'est un devoir d'affronter la mort, plutôt que d'abandonner une syllabe de ces dogmes, c'est donc une obligation str.cte de les croire absolument tous. On oest pas obligé de mourir pour une doctrine qu'on n est pas obligé de croire.

Saint Jérôme, consulté sur des observances de simple discipline, répond: « Qu'à son avis les tra- ■ ditions ecclésiastiques, surtout relies qui ne con- » traneut point la foi, doivent être observées » telles qu'elles ont été tiansmises par tes prédé-

tonté, personne ne peut se soustraire a l'une de ces institutions sans résister à l'ordre de Jésus-Christ, par conséquent sans perdre la foi telle que saint Paul l'exige. Il est assez prouve par l'expérience, que tout parti qui fait schisme sur l'un de ses chefs, ne tarde pas de tomber dans 1 erreur et dans l'hérésie.

On dira, sans doute, que l'unité dont parle saint Paul consiste principalement dans la charité, dans la

» «meurs, et que la coutume des uns n'est pas » détruite par l'usage des auties. . lEpist. 38 ad Luaanum.) Dire qu'on doit observer diversement certains points de discipline, pourvu qu'ils ne contrarient pas la foi, c'est évidemment dire que, dans tout ce qui touche à la foi, il ne doit pas

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y avoir de diversité; que par conséquent toutes les ventes de fo, doivent être crues uniformément, ei UU il n y en a pas sur lesquelles ou soit libre fl adopter un sentiment ou un autre : ce qui est la doctrine catholique et la condamnation de la doctrine protestante.

Saint Augustin établit encore plus formellement le même principe. Il veut . qu'il n'v ait qu'une » seule et même fo. ians l'Eglise répandue sur » toute la terre, et que cette unité de foi ne soit » point altérée par quelques observances diverses, » qui n attaquent en aucune oiaoière ce qu'il y a de » vrai dans la foi. • [Bpist. 36, al. 86. ad Calasa- «"»', cap. ». n. ïi.) Tout ce qu'il y a de vrai dans a loi, voilà ce qui lorme une seule et même foi dans l Eglise : tout ce qui contrarie ce qu'il y a de vrai dans la foi, altère l'unité de foi. Les articles que les protestants appellent non fondamentaux, selon eux-mêmes 1" sont vrais, 2° font partie de la foi. Ainsi d'abord, saint Augustin enseigne, comme nous, que l'unité de foi consiste à croire tons les articles de foi, sans distinction, sans exception : ensuite, il établit contre les protestants, <jt\e l'unité de foi est détruite quand ou attaque quelque article de foi que ce soit.

« Ceux, dit ce saint docteur, qui, dans l'Eglise de » Jésus-Christ, ont des sentiments erronés et mau- » vais, si, ayant été avertis de revenir à des idées » saines et droites, ils résistent opiniâtrement et dé- » fendent leurs erreurs au lieu de s'en corriger, de- » viennent hérétiques, et. sortant de l'Eglise, 'sont « regardés comme ses ennemis. » (De Ciuit. Dei lib. 18, cap. 51.) Il n'y a point là de distinction entre les articles fondamentaux ou non fondamentaux. C'est, ainsi que nous le professons, toute opinion contraire à la foi opiniâtrement soutenue, qui rend hérétique et fait déclarer ennemi de l'Eglise.

Dans son livre à Quoi nuit Deus. saint Augustin fait rémunération de quatre-vingt huit hérésies. Avant lui, saint Epipliaue n'en avait compté que soixantedix ; et, depuis, Théodoret fait mention seulement de cinquante-deux. Les protestants ne prétendront certainement pas que toutes ces erreurs eussent pour objet des articles qu'ils r -gardent comme fondamentaux. L inspection seule de ces catalogues montre un grand nombre de ces sectes, errant sur des points moins importants en eux-mêmes que ceux malgré lesquels ils se reçoivent réciproquement à la communion. Cependant tous ces Pères traitent formellement, et regardent comme étant hors de l'Eglise, tous ceux qui adoptaient ces erreurs. Après avoir fait son détail des hérésies, saint Augustin ajoute : » L'homme qui ne croit pas ces erreurs, ne

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paix, dans la tolérance mutuelle.

Mais jamais saint Paul n'a ordonné de tolérer l'erreur ni la révolte contre l'ordre établi dans l'Eglise; il a commandé le contraire. Il est absurde de prétendre que la tolérance des opinions opère l'unité de croyance, et que la tolérance des abus produit l'unité des usages. A-t-on déjà vu régner la charité el la paix où domine l'indépendance et l'indocilité ? Jamais l'Eglise n'a eu d'ennemis plus ter-

ribles que ses enfants révoltés. On sait commentles schismatiques, après avoir prêché la tolérance lorsqu'ils étaient faibles, l'ont observée dès qu'ils ont été les maîtres.

Vainement encore les protestants ont voulu réduire l'unité de la foi à la profession de certains dogmes qu'ils ont nommés fondamentaux ; oomme s'il était indifférent au salut de croire ou de ne pas croire les autres. Tout ce que Jésus-Christ a révé-

v doit pas pour cela se dire chrétien catholique; * car if peut y avoir où se former d'autres hérésies,

■ qui ne sont pas mentionnées dins cetouvrage. Qiû- ■> conque enadopte quoiqu'une, n'est point chrétien » catholique, u De Hœres., ad Quod vult Deus, m fine.

Vincent deLérins semble avoir prévu, dès le cinquième siècle, les inconvénients qui résultent nécessairement du système protestant, et montre le danger évident de laisser introduire une seule fausseté en matière de foi. « Une fois admise, dit-ii, cette i licence impie de la fraude, j'ai horreur de dire

■ quel grand danger s'ensuivra de mettre en pièces > et de détruire la religion. Car si on abandonne

■ une partie quelconque du dogme catholique, bien-

■ tôt une antre, puis une autre, après cela encore h une antre, et toujours une autre, seront abao-

■ données, comme par coutume et avec permission.

■ Mais toutes ies parties étant ainsi délaissées en

■ détail, que restera-t-it à la fin, sinon que tout le » sera? Si on commence une fois à mêler les choses i nouvelles aux anciennes, les étrangères a p ix dod mestiques, les profanes aux sacrées, cet usage » se propagera nécessairement sur tout; en sorte

■ qu'il ne restera plus dans l'Eglise rien d'intact,

■ rien de sain, rien d'entier, rien d'immaculé ; mais

■ on verra désormais un infâme repaire d'impies et » de honteuses erreurs, où était auparavant le saoc-

■ tuaire de la chaste et incorruptible vérité, i (Commonit., cap. 23.) Je demande à tout homme de foi si ce n'est pas là l'histoire fidèle, racontée onze siècles d'avance, de ce qui est arrivé dans la prétendue réforme? Quand Luther se fut une fois emporté a contester la validité des indulgences, il fut conduit, par cette pr°m:èrj erreur, à nier la réalité du purgatoire; de là, amené à se soulever contre l'autorité du souverain Pontife; de là, entraîné à s ■ révolter contre celle de l'iyglise , et successivement à toutes ses autres assertions contraires à la doctrine catholique. Ceux qui le suivirent, imitant son exemple, enchérirent sur ses innovations. Calvin nia la présence réelle, les anabaptistes l'utilité du baptême aux enfants, les sociniens tous les mystères; et de degré en degré la foi chrétienne se trouve, dans les mains des novateurs, réduite à rien comme l'avait annoncé Vincent de Lérios. Telle a été la suite p[évue et infaillible du système protestant, d'articles de foi les iids nécessaries les antres non nécessaires, qu'on n'a jamais pu discerner les uns des autres.

Je ne pousserai pas plus loin ce détail. Voilà, je crois, plus d'autorités qu'il n'en faut pour établir une, dans les premiers siècles du Christianisme, reconnu par les protestants purs dans la doctriue, il était admis que, pour être membre de l'Eglise, et avoir droit au salut éternel, il était nécessaire de croire absolument tous Les articles de la foi sans distinction d'articles plus ou m uns importants; et que

l'erreur opiniâtre sur un point de foi quelconque rend hérétique, exclut de l'Eglise et du paradis. — M. delà Luzerne. Dissert, sur les églises catholique et protestante, tom. i. chap. 4.

III. Les protestants n'ont aucun fondement sur lequel ils se tranquillisent dans leurs principes anticbiétiens. Ce n'est pas sur l'Écriture, ce n'est pas sur l'autorité dos premiers siècles, nous l'avons prouvé ; ce n'est pas nrm plus sur la raison, comme nous allons le faire voir, en considérant sous un point de vue plus philosophique ou plus général, le système des articles fondamentaux. Nous citons M. de Lamennais.

Que font les partisans de ce système pour démontrer contre les déistes, la nécessité d'une révélation ? S'appuyant des aveux des déistes mêmes, ils prouvent qu'une religion, est nécessaires, et qu'il existe, par conséquent, une vraie religion. Les annales de la philosophie à la main, ils montrent ensuite qu'on ne saurait, par la raison seule, s'assurer pleinement d'aucun dogme ; qu'en la prenant pour unique suide, od ne fait qu'errer de doutes eu doutes, d'incertitudes en iucjrûtude*; et que, loin de parvenir à une croyance Exe, on est contraint de tolérer l'athéisme meun. ou la négation de tout dogme, l'exclusion de tout culte, la destruction de toute morale. Si donc, concluent-ils, une vraie religion est nécessaire, il est nécessaire aussi que Dienréveln cette vraie religion.

Mais voici une chose étrange : Dieu révélera aux hommes des vérités nécessaires à l'homme, et les hommes ne seront pas obligea da croire Dieu, et ils resteront maîtres de rejeter les vérités quo Dieu leur révèle? Alors à quoi bon une révélation? Mieux valait que Dion gardât le silence, si l'on est libre de démentir, de réformer Bôi enseignements, de lui dire : Nous te connaissons mieux que tu ne te connais toi-même. Or, telle est la liberté que consacre la tolérance. Car de s'étayer du prétexte d'obscurité, pour tenir en suspens l'autorité de la révélation, ou d'une partie de la révélation, dont l'objet est de dissiper les d mtes de l'esprit humain sur les vérités qu'il doit croire, c'est visiblement se contredire, c'est se moquer des hum nos et de leur aut rar.

J'entends les disciples de Jurieu qui me répondent : « Nous ne prétendons pas qu'on puisse nier, » sans s'exclure du salut, tons les dogmes révélés, d mais seulement ceux de ces dogmes cj ■ i ï ne sont » pas fondamentaux. » On verra bientôt que cett) distinction est complète lient illusoire. Mais je veux bien l'admettre en ce moment, et prendre le système tel qu'on nous l'olfre, avec ies restrictions arbitraires qu'une sorte de pudeur chréiienne s'efforce d'y apporter. Toujours est-il vrai que nos objections conservent tonte leur force à l'égard des dogmes non fondamentaux, c'est-à-dire à l'égard de la plus grande partie îles dogmes révélés. De plus

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lé est fondamental dans ce sens, qui!

n'est pas permis d'en rejeter un seul article par indocilité et par opiniâtreté. 11 nous avertit lui-même que quiconque ne croira pas à l'Evangile sera condamné, Marc, cap. 16, f 16 ; or, lEcangUe est toute la doctrine de Jésus-Christ sans exception.

Il dit à ses apôtres: Apprenez à toutes les nations à garder toutes les choses.

que je vous ai ordonnées. Mattli., e.

28, f 20 ; rien n'est excepté. Lorsque

demrnid'srai-je aux indifférents mitigés : Comment savez-vons que Dieu dit révélé des vérités non nécessaires? Cette hypothèse gratuite répugne à la sagesse de Dien, et renverse le principe sur lequel vous avez établi la né-ïessité d'une révélation. Mais ce n'est pas tout, et je soutiens qu'il est infiniment plus absurde de prétendre qu'il soit permis de nier une partie seulement de la révélation, que la révélation tout entière; ou, en d'antres termes, que le système des points fondamentaux est plus déraisonnable, plus inconséquent, plus iu|urieux ù la Divinité, et plus désespérant pour 1 liomuie que le déisme.

Le déiste rejette la révélation, parce qu'il ne croît pa-. que Dieu ait parlé ; le chrétien de Jurieu permet île rejeter une partie de lu révélation qu'il croit divine. L'un, se persuadant que le christianisme est fondé sur une autorité parement humaine, ne l'admet qu'autant qu'il le juge conforme à la raison ; l'autre, convaincu que le christianisme repose sur l'autorité de Dieu, nie l'obligation de se soumettre) on tout et toujours, à cettu autorité. Il Rttrîbne à l'homme le droit de préférer, en une foule de circonstances, sa propre raison a la raison du souverain Etre, et de désobéir à ses lois. Le déiste enfin, sentant lui-même l'insuffisance de la r&isoe pour établir inébrunlablemeiit un domine quelconque, ne fait dépendra le salut de la croyance d'aucun domine. Jurieu déclare, au contraire, que la Foi des dogmes fondamentaux est d'une indispensable nécessité ; et ennuie ni lui, ni ses disciple*, n'ont jamais pu définir nettement quels sont ces dogmes fondamentaux, comme il n'est pas un point île doctrine sur lesquels les protestants soient moins d'arcord, il n'est pas non plus tin seul d'entre eux qui puisse être certain de croire tout ce qu'il est nécessaire de croire pour être sauvé : incertitude si affreuse, en supposant la foi dans la révélation, qu'on ne saurait concevoir d'état plus désespérant.

Or, voilù où Ion arrive inévitablement dès qu'on veut forcer le christianisme île capituler avec la raison humaine, avec se-, caprices inconstants et ses dédaigneuses répugnances. On îîuore ce qu'on peut céder et ce qu'où doit retenir. Les principes manquent pour faire une distinction, je ne»craius point île le dire, sacrilège : car s'imaginer que Dum parle en vain, qu'il révèle des dogmes superflus, c'est outrager sa sagesse, et s'accuser soi-même de folie, en censurant les décrets de son impénétrable conseil. Qui ne voit d'ailleurs que tous les points de la foi chrétienne s'enebainent étroitement l'un à l'autre? Or, où tout se lient, tout est essentiel. L'objet de la religion est de montrer à l'homme sa place dans l'ordre des êtres, et de t'y maintenir, en '•églant ses pensées, ses affections, «es actions, par les deux grandes lois de la vérité et de la justice, dont le.* dogmes et les pré eptes sont l'expression. Que peut-il donc y avoir d'indifférent dans ces lois ?

saint Paul dit que quelques-uns ont fait naufrage dans la foi, sont déchus de leur foi, ont renversé la foi de plusieurs, etc., il n'entend pas qu'ils ont rejeté tous les articles de foi, ou 1 un des articles fondamentaux ; il regarde comme hérétiques Hyménée, Philète, qui enseignaient que la résurrection était déjà faite. H. TimoM.,cap. 2, f 18! Voy Fondamental.

Les protestants ont eu recours à ce

et à quel titre la vérité serait-elle moins inviolable que la justice ? Elles se confondent dans leur source , et les séparer c'e-t les détruire; car la justice n'est que la vérité môme rendue sensible dans les actions, suivant celle profonde parole d'un apôtre : « Celui » qui fait la vérité, agit à la lumière, afiu qu'il » soit manifeste que ses œuvres viennent de Dieu, m [Joan.y o. 3, v. 21. J Bien ne peut donc pas plus tolérer l'erreur qu'il ne peut tolérer le crime; et la tolérance du crime est le résultat nécessaire de toute doctrine qui consacre la tolérance de l'erreur.

Remarquez cependant l'inconséquence de ses partisans : admettre la révélation, e'est croire les vérités révélées sur l'autorité de Dieu qui nous les révèle : or, cette autorité étant la même, quelle que soit l'importance relaiive des vérités révélées, l'obligation de croire est aussi la même; et rejeter une seule de ces vérités divines, c'est nier l'autorité sur laquelle elles sont toutes fondées, c'est renv.'is r la base de la révélation, et la livrer sans défense aux déistes.

Mais, pour mieux faire sentir t'intime liaison de bi dwOtriûa de Jurieu avec le déisme, examinons les

principes et les conséquences de l'un et de l'autre système.

Puisqu'il y a des dogmes qu'on peut nier sans s'e\clure du salut, et d'autres dogmes qu'on eet absolument obligé de croire pour être sauvé, lu première ebose qoe doivent faire les proies ants est de donner « une règle sure, pour juger quels sont les >i points fondamentaux, et les distinguer de ceux * qui ne le soot pas : question, ajoute naïvement u Jurieu, si épineuse et si difficile à décider, i (L" vrai Système de l'Eglise, p. 237.) Ainsi, dès les premiers pas, il se voit arrêté par nue difficulté terrible; car enfin le salut dépend, au moins pour un irrand nombre d'hommes, de la solution de cette question si épineuse et si difficile à décider. Les articles fondamentaux se trouvent dans l'Ecriture, je le veux ; mais, « outre les vérités fouda- » mentales, l'Ecriture contient cent et cent vérités j) de droit et de fait dont l'ignorance ne saurait » damner: » (Jurieu, Axis Tr. 1, p. 19, Tabl. lett. 3.) et nulle p;irt elle ne spécifie ce qui est fondamental et ce qui ne l'est pas, nulle part elle ne donne de règle pour faire ce discernement. 11 faut donc que les protestants s'en forment eux-mêmes d'arbitraires, et les voilà déjà maîtres de leur foipuisqu'ils le sont des régies. par lesquelles ils la déterminent.

Jurieu en propose trois entièrement inadmissibles, et qu'aussi la réforme a depuis longtemps mises au rebut L< première peut s'appeler une règle de sentiment. Selon Claude et Jurieu, on sent les vérité» fondamentales « comme on sent fa lumière » quand on la voit, la chaleur quand ou est auprès « du feu, le doux et l'amer quand on marnée. »

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système, parce qu'ils ont bien senti qu'il leur était impossible d'établir entre eux aucune espèce d'unité. Le principe dont ils ont fait la base de leur schisme, savoir que l'Ecriture sainte est la seule règle de foi, que tout particulier a droit de l'interpréter comme il entend, et de s'en tenir à la doctrine qu'il y trouve, est une source de division et non de réunion.

Les luthériens, les calvinistes, les anglicans, les sociniens, qui sont les

{Le vrai syst. de l'Eglise, liv. 2, ch. 25, p. 453.) Les déistes en disent autant; écoutez Rousseau : « C'est le sentiment ultérieur qui doit me conduire, u (Emile, tom. 3, pag. 189.) Ma règle est de me » livrer au sentiment plus qu'à la raison. ([bit., i p. 42.) J'aperçois Dieu partout dans ses œuvres, i Je le sens en moi, je le vois autour de moi. d (Ibid., p- 63.) Je sens mon unie, je la connais u par le sentiment et par la pensée. » (Ibid., p. 87.) La différence est que les déistes ne sentent que la religion naturelle, et que Jurieu seutaii de plus la religion révélée. L'athée, qui ne sent rien du tout, peut être à plaindre; mais enfio l'on no saurait le condamner selon cette règle, car personne n'est maître de se donner no sentiment qu'il n'a pas. Dans le sein même de la réforme, chacun ayant sa manière de sentir, l'arminien, par exemple, ne sentant point la nécessité de la grâce, le socinien ne sentant point la Trinité ni la divinité de Jésus-Christ, le luthérien sentant U présence réelle que le calvini-te ne sentait point, il fallut bientôt abandono r cette règle extravagante, et propre seulement à nourrir un fanatisme insensé.

La seconde règle de Jurieu, pour discerner les articles fondamentaux, se tire de leur liaiaon avec le fondement du christianisme. Or, jamais les protestante n'ont pu convenir entre eux de ce qui constitue le fondement du christianisme. Ainsi cette règle devient inutile; car qui peut juger de la liaisou d'un dogme avec nu autre dogme qu'on ne connaît paaî Ue plus, i! est évident que Juiicu se fait a lui -même, ou veut laue aux autres une illusion grossière. Qa'eet-ce en effet que le fondement du

christianisme, si ce n'est certaines vérités de foi qu'il est uéressaire de croire pour être cbr.-tien ? Le fondement ou les vérités f mdainentales ne -ont donc qu'une seule et même chose, et la règle lu ministre se réduit à cet aphorisme : on reconnaît le fondement par sa liaison avec le fondement.

Cette règle n'ayant pas paru, môme à Jurieu, d'an fort grand secours dans la pratique, il eu propose une troisième en ces termes : « Tout 06 que * les chrétiens oat cru unanimement et croient en- » core partout, est fondamental et nécessaire au ■ saint. Je crois, dit-il, que c'est encore ici lu règle » la plus sûre. » [Le vrai Système de VEglUe, p, 237. \ Le plus sûr alors est de ne croire rien, nu de ne croire que ce qu'on vent; car, comme il n est pas un seul dogme qui n'ait été nié par quelque hérétique, il s'en suit qu'il n'existe point de vérités fondamentales, et que c'est perdre le temps qme de les chercher. Le plus sûr est de penser qu'où peut faire son salut dans toutes les sectes, même dans le mahométisme; car puisque les raahométanB ne sont, suivant Juneu, qu'une secte du christianisme, (Ibid., p. 148.) rien de ce qu'ils nient ne saurait être fondamental ; et le déiste Chubb a raison de soutenir que « passer du mahométisme au » christianisme, ou du christianisme au mabomé-

quatre branches principales du protestantisme, n'ont jamais pu convenir entre eux de la même confession de foi, ni former ensemble une seule Eglise. Il en est de même des grecs scliismatiques, des jacobites, des nestoriens et des arméniens; toutes ces sectes se détestent autant qu'elles haïssent ÏEgUse romaine.

Celle-ci seule, qui prend pour règle de la foi et de l'interprétation de l'Ecriture, la tradition constante, uni-

» tisme, c'est uniquement abandonner une forme » extérieure de religion pour une autre forme. « [Chubb** Postkumous Work*, vol. 2, p. 40.)

Quand on ne serait point effrayé de ces conséquences, la règle d'où elles se déduisent n'eu serait pas moins inadmissible dans les principes des protestants. Leur maxime principale Ml de ne reconnaître aucune autorit- humaine eu matière de foi. Dr, le consentement de tous les chrétiens, de juelque faaon qu'on l'entende, ue forme qu'une autorité humaine, par conséquent sujette à l'erreur, et dès lors insuffisante pour déterminer avec certitude ce qui est fondamental et ce q)ii ne l'est pas, et pour servir de base à li foi,

U y a dans tous les esprits une rectitude naturelle qui, lors même qu'Us s'égarent, !es force à s'égarer, si on p ïiit le due rigoureusement. 11 n'était donc pas possible que la réforme, restant ce qu'elle éiait, adoptai les règles arbitraires de Jurieu. Klle s'en forma «le différente-, qui ont universellement

prévalu, parce qu elle:

sortent du fond même de sa

etrioe. Jurieu les vit s'établir, et Bossue; lui prouva qu'il ne pouvait en contester aucune.

'Sixième A vertiss. aux protest., 3« part., n. 17 et sulv.)

La première, c'est qu'rï np faut reconnaître d'autre autorité que t Écriture (nterpritée par la raison. Cette règle étant le fondement même du protestantisme, on ne peut la rejeter sans cesser d'être protestant.

La seconde, c'est que {'Ecriture, pour obliger, fh.il être claire. Le bon sens favorise cette règle;

Car autre. lient 00 croirait sau-. savoir Cfl qu'on rp.it,

ce qui est absurde; un sans être certain que l'Ecriture obi ire à croire, c'est-à-dire sans raison, oontre la première règle.

La troisième, c'est qu'otl t'Ec itnrc paraît cn-

seiyner des choses inint lligibles, et ou 'a raison ne peut atteindre, il faut la tourner au sens dont

lu rai^m peut s accommoder t ijuoiqu'on semble faire violence au texte. Cette règle est encore une coo séquence on un développement de la première. Des que la raison est lo seul interprète de l'Ecriture, elle ne saurait l'tntei prêter contre se- propres lumières, et lui attribuer nu sens dont l'esprit serait choqué. En un mot, les interprétai ms de la raisnu doivent être évidemment raisonnables ; car si elles étaient à la fois claires, d'après la seconde règle, et absurdes par supposition, il eu résulterait l'obligation de croire une cla re absurdité.

Le principe fondement <1 du protestantisme étant admis, il faut donc admettre nécessairement les règles que les indifférents en déduisent. Mais aussi qui ne voit qu'alors l'autorité de l'Ecriture devient l'autorité de la raison seule, de sorte qu'an fond ees règles se réduisent à celle-ci : chacun doit croire ce que sa raison lui montre clairement être vrai-

Pour éviter qu'on ne me soupçonne d exagérer

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verselle et perpétuelle de toutes les Eglises particulières, peut maintenir et maintient, parmi ses membres, l'unité decroyance, suit la même confession de foi , pratique le même culte, observe les mômes lois. Il n'est aucun catholique, dans aucun lieu du monde, qui n'adopte et ne signe le symbole de foi et les canons dressés par le concile de Trente.

Le seond caractère de l'Eglise est la sainteté. Saint Paul dit que Jésus- Christ s'est livré pour son Eglise, afin de la sanctifier et de se former une Eglise pure et sans tache, Ephes,, c.

5, f 36 ; et il lui a promis d'être avec elle jusqu'à la consommation des siècles. Matt., c. 8, f 30. 11 y aurait de l'impiété à croire que Jésus-Christ n'accomplit ni son dessein, ni sa promesse. Il suffit de jeter les yeux sur un martyrologe ou sur un calendrier, pour voir la multitude de saints qui se sont formés dans Y Eglise t et il y en a eu dans tous les siècles. Mais, outre ce nombre infini de saints qui se sont fait admirer par des vertus héroïques, et auxquels les peuples

n'ont pu refuser leurs hommages, il en est une plus grande multitude qui se sont sanctifiés par des vertus obscures, et cachées aux yeux des hommes. Aujourd'hui encore, malgré la corruption des mœurs/ publiques, il se fait dans Y Eglise autant de bonnes œuvres et d'actes de vertus que dans les siècles précédents. Or, tous ces justes se sont sanctifiés par la foi, par l'usage des sacrements, par la soumission à la discipline et aux lois de Y Eglise romaine.

Malgré leur animosité contre elle, les protestants n'oseraient plus l'accuser de professer une doctrine qui porte au crime, de fomenter les vices par les sacrements, de corrompre les mœurs par ses lois ; cette calomnie ne se trouve plus que dans les écrits des premiers prédicants et des incrédules. Si, dans les premiers moments de fougue, les réformateurs lui ont reproché l'idolâtrie, et ont soutenu qu'il était impossible de se sauver dans son sein, leurs successeurs, plus modérés, se sont désistés de cette prétention ; ils se bornent à dire que

Us conséquences du système que je combats, j'ajouterai, à l'autorité du raisonnement, l'incontestable autorité des faite.

Jurieu, le moins tolérant des hommes par caractère, et le pins tolérant par ses maximes, refusa d'admettre les soc.iniens au nombre des sectes qui ont conservé le foudemont du Christianisme. Mais aussitôt on lui demanda de quel droit il excluait du salut des hommes qui recevaient comme loi l'Ecriture ? De quel droit il mettait sa raison an-dessus de leur raison? De quel droit enfin il décidait ce que l'Ecriture ce décidait pas, en déterminant les dogmes qu'il fallait nécessairement croire pour être sauvé? Il n'était pas facile de répondre à ces questions. La réforme le sentit, et les sociniens furent admis ù la tolérance? Il fut permis de nier la divinité de Jésus-Christ, la Trinité, l'éternité des peines, tout ce qu'on voulut.

Dès lors à quoi servaient les confessions de foi, qu'à gêner la raison et la liberté qu'ont tous les nommes d'interpréter par elle l'Ecriture? l'enseignement môme le plus simple, en préoccupant de certaines opinions l'esprit des peuples, tendait à substituer 1 autorité des ministres à l'examen particulier, absolument indispensable, selon les maximes protestantes. Frappés de ces inconvénients, les brownistes ou indépendnnts rejetèrent toutes les formules, les catéchismes, les symboles, même celui des apôtres, pour s'en tenir, disaient-ils, ù. la seule parole de Dieu. C'étaient, sans contredit, les plus conséquents des réformés.

Cependant le faoatisme, abusant du texte sacré, multipliait les religions au gré de ses folles rêveries, et la réforme se peuplait de mille sectes bizarres qui, quelque absurdes, quoique contradictoires qu'elles fussent, avaient toutes un droit égal à la tolérance. Ainsi s'établît peu à peu le latitudi-

narisme le plus excessif. Ses progrès étaient encore singulièrement favorisés par une disposition d'esprit devenue générale parmi ceux des protestants que leur caractère éloignait des excès dit faïiaiismu. La chaleur avec luquelle certains sectaires soutenaient des dogmes évidemment impies ou insensés, leur inspirait un secret dégoût pour toute espèce de dogmes. Iocapable de porter seule le poids des mystères, la raison abaissait toutes les hauteurs du Christianisme, et à force de creuser • pour en découvrir le fondement, elle finit par n'y pas laisser pierre sur pierre. En retrauchant toujours, la réforme en est venue à cette religion de plain-pied que Jurieu accusait les indifférents de vouloir introduire, et qui, sous un antre nom, n'est qu'un déisme timide et mal déguisé. Tel est l'état auquel Hoadly et ses disciples ont réduit le Christianisme en Angleterre. Contraints par leur principe de tolérer même les mahométans (Voyez Milliers), même les déistes, même les païens, ils ont ouvert un abîme où. toutes les religions viennent se réunir, ou plutôt se pendre ; car aucune religion ne peut subsister qu'en repoussant tontes les autres : elles expirent en s'embrassant. Aussi, en renversant la barrière qui sépare le Christianisme des cultes inventés par l'homme, on a détruit jusqu'au signe distinctif du chrétien. Le baptême, dont l'Evangile enseigne si clairement la nécessité {Joan., c, 3, v. 5.), n'est, aux yeux d'Hoadly, qu'un vain rit, une puérile cérémonie : et, en quelques états protestants, l'autorité civile a été forcée d'intervenir pour en empêcher l'entière abolition. Si l'enfant, dans ces états, est encore un être sacré, si la religion environne encore son berceau de sa protection puissante, il faut en rendre grâces à la politique, qui a défendu l'humanité contre l'inexorable indifférence d'une barbare théologie. Ces doc-

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nous ne sommes pas plus saints qu'eux.

Mais il y a une différence ; ceux qui sont vicieux parmi nous contredisent la doctrine qu'ils professent, négligent les sacrements ou les profanent, violent les lois que l'Eglise leur impose. Pour être vicieux parmi les protestants, il n'est besoin que de suivre à la lettre la doctrine des prétendus réformateurs; ce qu'ils ont enseigné sur la foi justifiante, sur L'inamissibilité de la justice, sur le mérite des bonnes œuvres, sur l'effet des sacrements, sur l'inutilité des mortifications, etc., est plus propre à fomenter les vices qu'à les réprimer. Ils ont retranché du culte les pratiques les plus capables d'inspirer la piété, le respect pour la Majesté divine, la reconnaissance, la conliance en Dieu, l'esprit d'humilité et de pénitence ; eux-mêmes, loin d'avoir été des modèles de vertu, ont donné l'exemple de vices très-grossiers.

Quelques-uns ont été assez raisonnables pour convenir qu'il y a eu des saints dans l'Eglise romaine, nonseulement pendant les premiers

siècles, mais dans les derniers temps ; la plupart néanmoins n'ont pas cessé de décrier la doctrine, la conduite, les intentions, les vertus des saints mêmes pour lesquels l'Eglise a le plus de re-pect; ils ont ainsi fourni des armes aux incrédules, pour attaquer la sainteté des apôtres et celle de Jésus-Christ même. Voy. Pères de l'Eglise, Saints, etc.

Les schismatiques orientaux ont mis au nombre de leurs saints plusieurs de leurs évoques et de leurs docteurs ; mais quand ces personnages auraient eu les vertus qu'on leur attribue, leur opiniâtreté dans le schisme, leur haine et leurs déclamations contre l'Eglise romaine sont des vices plus que suffisants pour les priver de la couronne des saints.

Lorsque les donatistes vantaient les vertus de leurs pasteurs OU la constance de leurs martys, les Pères de l'Eglise ont soutenu que, teors de l'unité de l'Eglise, il ne pouvait y avoir de vraie sainteté.

Le troisième signe pour discerner la véritable Eylisr, et h; plus visible

trines antii hrétiennes ont passé d'Angleterre en Amérique. La jeunesse va les puiser à l'université île Cambridge, d'où elle les rapporte dans tuites les provinces de ce vaste continent. Elles y germent, elles s'y développent avec une telle promptitude, que déjà la vieille réforme sonilde presque étonllee sons leur ombrd. Ls, comme eu Europe, les ministres des diverses sectes évitent de se choquer mutuellement eu piècliant des dogmes contestés; et comme tous les dogmes sont contestés, l'on n' useigne plus aucun dogme : un se lunlente de disserter vaguement sur la murale, qu'a l'exemple des déistes, en regarde comme seule essentielle ; la Bible, dégagée de toute explication, est mise à giauds frais entre les mains du peuple, dernier juge des controverses qui ont épuisé la sagacité et lassé la patience de ses docteurs ; et en lui donnant un livre qu'il ne lit point, ou qu'il lit sans le comprendre, on croit lui donner nue religion.

L'Allemagne protestante off e nu spectacle peutêtre encore, plus déplorable. On semble y avoir pris spécialement à tâche de détruire tonte l'Ecriture, sans néanmoins cesser dî la recounailre en apparence p.oir l'unique règle de foi. On soutient que Jésus-Christ n'eut jamais ,1 -ssein d'établir une religion dis;incte du judaïsme; que l'Eglise, ouvrage du hasard, ne fut d'abord qu'une aggrégation "fortuite d'individus, ou de petites sociétés particulières, dont quelques hommes ambitieux, secondés par les circonstances, forio-rent une confédération générale. A l'aide de ce qu'un appelle Yexêgèse biblique, c'est-à-dire d'une critique sans frein, on nie les prophéties, on nie les miracles, on nie la vérité du récit de Moïse ; et la Genèse, au jugement de ces doctes interprètes, devient un tissu d'allégories, ou, pour parler leur langage, de mythes ou de pures fables.

Or, qui prouvera que ce* interprétations commodes, aujourd'hui presque universellement reçues, Massent le fondement du Christianisme? Klles paraissent opposées à l'Ecriture, il est vrai: mais si on les rejetait sons ce prétexte, il Faudrait rejeter eu même temps la resle qui proscrit, eu certains tas, de faire violence <>" texte sacr . On ue saurait donc refuser Je les tolérer, et même, si l'on Bst conséquent, -le les admettre comme pluclaires et plus satisfaisantes pour la raison,

C'est ainsi qu'on arrive au Cltnsiionisni'' rationnel, ai vanté en Allemagne > : t en Angleterre. On élague de la religion tout ce que la raison ne conçoit pas, par conséquent tous les mystères, par conséquent tous les dogmes ; car il n'est pas un seul dogme qui ne rentei ma quelque mystère, parce qu'il n'en est point qui ne tienne a l'infini

par quelque uùté. Alors que reste-t-D que le déisme? Maison ne s'anéte pas même au déisme, le principe entraîne au-delà; on es) forcé 'le faire vinl'-ncf, non-seulement a l'Ecriture, mais a la raison, h la conscience, au Lémournaire unanime du Retire humain ; ou est forcé de ni'-r hieu, puisqu'on est contraint d'avouer que des nnj^t ns inroticevables l'environnent. (Emile, t. 3, p. 133.) Parvenu à ce point, les divisions cessent, non par l'accord des doctrines, mais par leur miéau 1 issement. La discordance des opinions, la diversité iuliuie des croyances, remplissent tout i'e>[>a. u qui sépare la religion catholique de l'athéisme : l'uiute ne se rencontre qu'à ces deux termes extrêmes : imité de fui, dans la religion catholique, parce qu'elle renferme la plénitude de la venté ; dans l'athéisme, unité W indifférence, parce que 1 athéisme n'est au fond que la plénitude de l'erreur. — Essai sur l'indifférence, etc., t. 1, c. 7. Voyez aussi les notes sur Calvinisme et Ukismii. Gousset.

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de tous, est la catholicité, c'est-à-dire l'universalité. Jésus-Christ a envoyé ses apôtres enseigner toutes les nations, Matth., c. 28, ^ 19, et prêcher l'Evangile à toute créature, Marc, cap. l(i, ^ lii; d'autre côté, il a voulu que ses brebis lussent dans un bercail, sous un même pasteur, Joan,, c. 10, f l(i. Il faut donc que. la doctrine, les sacrements, le culte soient partout les mêmes : c'est en cela que consiste l'unité, comme nous l'avons fait voir. Or, cette uniformité dans l'universalité même, est ce que nous appelons la catholicité. Aussi saint Paul faisait profession d'enseigner la même chose partout et dans toute» les Eglises. I Cor., c. i, y 17 ; c. 7,

JM7.

Telle est la notion que non- mil donnée de ['Eglise les pères les plus anciens. « Semblables, dit saint Iré- » née, à une seule famille qui n'a » qu'un co'ur, qu'une âme, qu'une » même voix, elle croit, enseigne et o prêche partout de même, d'un » consentement unanime. » Adv.

Hxi\, 1. I, e. 10. n. I et 2. Tertuïlien, dans son livre des Prescriptions contre les hérétiques, leur opposait le témoignage des Eglises apostoliques, auquel tontes les autres Eglises s'en rapportaient. Saint Cyrille raisonnait de même contre les schismatiques, dans son Traité sur l'unité île l'Eglise catholique, et saint Augustin dans ses divers ouvrages contre lesdonatistes. Tous ont regardé la croyance uniforme des différentes Eglises du monde comme une régie inviolable de fui et de conduite. Tel est le sens que donne M. Bossaet au mot Catholique, f" instruction pastorale sur les promesses de l'Eglise, n. 29.

C'est aus>i selon cette tradition constante et universelle de toutes les Eglises chrétiennes, que les conciles de tous les siècles ont décidé les dogmes contestés par les hérétiques; le concile de Nicée opposa cette régie aux ariens, tout comme le concile de Trente s'en est servi contre les protestants. On leur a dit : Toutes les Eglises chrétiennes ont cru et croient encore de celte manière : donc c'est la véritable foi.

Loin de disputer à VEglise romaine

la catholicité ainsi entendue, les autres sectes la lui reprochent comme une erreur : elles ne veulent point d'autre règle de leur foi que l'Ecriture sainte ; elles accusent les catholiques d'opposer à la parole de Dieu la parole et l'autorité des hommes. Parmi nous, le lidèle le plus ignorant ne peut donc pas ignorer que le titre de catholique appartient exclusivement à VEglise romaine ; il entend parfaitement le sens de ce terme, lorsqu'en récitant le symbole il dit : Je crois la sainte Eglise catholique; il veut dire, je reconnais pour la véritable Eglise de Jésus-Christ, celle qui prend la croyance universelle pour règle de la sienne.

Nous n'en soutenons pas moins que la catholicité ou l'universalité convient aussi à VEglise romaine dans ce sens qu'elle a des membres dans tous les pays du monde, et qu'à tout prendre, elle est la plus universelle ou la plus étendue de toutes les Eglises ; mais un simple lidèle n'a pas besoin de vérifier ce fait pour former sa foi ; il lui suffit de comprendre et de sentir qui; la règle de foi que l'Eglise lui propose, est la seule qui soil à sa portée, et qui convienne à sa faible capacité.

A la vérité, les sectes des chrétiens orientaux font profession, aussi bien que nous, de s'en tenir à la tradition, quoique les protestants aient voulu contester ce fait : mais elles n'ignorent pas que sur plusieurs points cette tradition ne s'étend pas plus loin que leur secte particulière, et elles savent bien en quel temps elle a commencé. Elles en ont coupé le fil en se séparant de l'Eglise universelle au cinquième, au sixième et au neuvième siècle. Alors elles ont diminué l'étendue de VEglise, mais elles ne lui ont point ôté sa catholicité. Dès ce moment elle a été dispensée de les consulter, puisqu'elles ont cessé défaire corps avec elle. Si aujourd'hui nous opposons aux protestants la croyance de ces sectes sur les articles de foi qu'ils rejettent, c'est qu'il ont prétendu faussement que ces anciennes Eglises étaient d'accord avec eux, et qu'ils ont ainsi cherché, fort inutilement, à se donner des ancêtres

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et des frères. Voyez Catholique, Catholicisme, Catholicité.

Une quatrième marque de la véritable Eglise est d'être apostolique.

Ainsi le prétend saint Paul, lorsqu'il compare VEglise à un éditice bâti sur le fondement des apôtres et des prophètes, et duquel Jésus-Christ est la pierre angulaire. Ephes., c. 2, f 20.

C'est en eil'et aux apôtres que Jésus- Christ a donné mission pour établir sa doctrine : « Je vous envoie, leur » dit-il comme mon Père m'a en- » voyé, » Joan., c. 20, j^ 21 ; et il leur promet d'être avec eux jusqu'à la consommation des siècles. Il a donc voulu que cette mission fût perpétuelle et durât autant que son Eglise, qu'elle fût transmise à d'autres par les apôtres, telle qu'ils l'avaient reçue. Aussi les apôtres ont établi des pasteurs à leur place, et saint Paul regarde ces derniers comme venant de Dieu, aussi bien que les apôtres.

Ephes., c. i, f 11. Leur succession continue dans l'Eglise par l'ordination; c'est donc toujours le corps apostolique qui persévère, c'est la doctrine et la tradition des apôtres qui continue sans interruption, et qui se perpétue; de même que la tradition historique passe dans la société d'une génération à l'autre.

Elle ne peut pas changer, puisque tous ceux qui sont chargés d'enseigner la doctrine des apôtres, font serment d'y demeurer inviolablement attachés, et de la prêcher telle qu'ils l'ont reçue ; quand plusieurs voudraient l'altérer, ils seraient contredits par les autres ; et quand tous les pasteurs l'entreprendraient, le corps entier des fidèles se croirait en droit de leur résister. Jamais un novateur n'a paru, sans exciter du scandale et des réclamations (1).

En vain les hétérodoxes soutiennent que leur doctrine est véritablement apostolique, puisqu'ils la puisent dans les écrits des apôtres; quelle

(i) 11 résulte de la définition du concile du Vatican que le pape véritablement et légitimement pape, définissant ex cathedra une doctrine sur la foi ou la morale, fût-il seul a la définir de la sorte, ne peut pas 6e tromper et, en cas de conflit, aurait raison contre le reste de la catholicité.

Le Noia.

certitude ont ces docteurs si nouveaux, qu'ils entendent ces écrits dans leur vrai sens, pendant que le corps entier des successeurs des apôtres leur soutient qu'ils les interprètent mal ; que ces écrits ont toujours été entendus autrement, et l'on donne pour preuve de ce fait le témoignage actuel de toutes les Eglises du monde?

Il ne reste aux hérétiques que de démontrer qu'ils ont reçu de Dieu une inspiration particulière et une mission extraordinaire, indubitable, pour mieux prendre le sens de l'Ecriture sainte que VEglise universelle à laquelle Dieu a coniié ce dépôt. C'est ce que l'on a vainement demandé aux prétendus réformateurs du seizième siècle; ils ne tenaient pas plus aux apôtres qu'aux prophètes de l'Ancien Testament.

Nous ne contestons point aux pasteurs des Eglises orientales leur ordination, ni leur succession continuée depuis les apôtres ; mais ils l'ont de l'ait et non de droit; au moment de leur schisme, ils ont perdu leur mission légitime, puisqu'ils ont levé l'étendard contre le corps apostolique ; jamais ce corps n'a prétendu donner mission à personne pour agir contre lui, et pour diviser VEglise; dès ce moment leur mission n'est plus qu'une usurpation. Une doctrine ne peut plus être apostolique, dès qu'elle est contraire à celle qui est enseignée par le corps entier des successeurs des apôtres; c'est l'argument que Tertullien opposait déjà aux hérétiques, il y a quinze cents ans. De prxscript., etc.

Au lieu de ces caractères évidents et sensibles que le concile de Constantinople donne à la véritable Eglise, et qui sont fondés sur l'Ecriture sainte, les protestants ont été forcés à en imaginer d'autres ; ils ont dit que leur société est la seule Eglise véritable, parce qu'elle enseigne la vraie doctrine de Jésus-Christ, et l'usage légitime des sacrements. Mais toutes les sectes protestantes se flattent de posséder ces deux avantages; elles ne sont pas cependant une seule et même Eglise, elles n'enseignent point la même doctrine, et ne pensent pas de même sur les sacrements :

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à laquelle devons-nous donner la préférence?

D'ailleurs, pour que ces deux choses soient certaines, il faut, selon le système du protestantisme, qu'elles soient prouvées par l'Ecriture sainte.

Pour être tranquille sur son saint, tout protestant doit se démontrer que cîiaque article de sa profession de foi est exactement conforme au vrai sens de l'Ecriture sainte, et que Jésus-Christ n'a poinl institué d'autres sacrements que le baptême et la cène. Nous demandons si, parmi les protestants, il y en a un grand nombre qui soient capables de cette discussion, et qui prennent la peine d'y entrer. C'est bien pis lorsqu'il est question de convertir un infidèle an Christianisme ; le missionnaire en fera-t-il un profond théologien, avant que cet homme sache s'il doit se faire chrétien dans une société protestante, plutôt que dans l'Eglise catholique?

Mais ce n'est point ainsi qu'en agissent les pasteurs protestants, ni à l'égard de ceux qui naissent parmi eux, ni a l'égard des étrangers. Chez eux, un enfant est instruit par son catéchisme, avant de commencer à lire l'Ecriture sainte, et longtemps avant d'être en état de L'entendre; il est donc déjà imbu de la doctrine qu'il doit y trouver, il est déjà persuadé, par habitude et par préjugé de naissance, que la société dan-, laquelle il est né est la véritable Eglise; il le croit par tradition, ou plutôt par présomption , sans en avoir aucune preuve par l'Ecriture; et il est trèsprobable qu'il n'ira jamais plus loin.

Quand ils veulent convertir un indien ou un sauvage, se contentent-ils de lui mettre en main l'Ecriture sainte? Elle n'est pas traduite dans toutes les langues, et souvent il est bien certain que le nouveau prosélyte ne la lira jamais.

Nous avons vu qu'un catholique, dès qu'il est parvenu à l'âge de raison, ne croit point à V Eglise catholique sur une simple présomption, mais sur une preuve très-solide ; il sent qu'il ue peut être mieux conduit que par un guide qui lui donne pour règle de foi le consentement général

ou la tradition universelle et constante de toutes les Eglises dont cette grande société est composée. Il comprend par là même que cette foi est une, qu'elle n'a pas pu changer depuis les apôtres jusqu'à nous ; qu'elle vient par conséquent de Jésus-Christ; qu'en suivant cette règle il est assuré de faire son salut.

§ III. Des membres de l'Eglise. Par la définition que nous avons donnée de l'Eglise, et par les caractères que nous lui avons assignés, il est déjà prouvé que, pour être membre de cette société sainte, il faut croire la doctrine qu'elle enseigne, participer aux sacrements dont elle est dispensatrice, être soumis aux pasteurs qui la gouvernent. Ea première de ces conditions en exclut les infidèles, les hérétiques, les apostats ; la seconde en sépare les excommuniés et les catéchumènes qui ne sont pas encore baptisés; la troisième donne l'exclusion aux schismatiques. Nous avons vu que les novatiens, les montanistes, les donatistes, les pélagiens, Luther et Quesnel, en ont retranché les pécheurs; que Wiclef, Jean Hus et Calvin n'ont pas voulu y renfermer les réprouvés, ou ceux qui ne sont pas prédestinés. Cette témérité de leur part est inexcusable.

Il est certain que le baptême est absolument nécessaire pour qu'un homme qui croit en Jésus-Christ soit membre de son- Eglise. Ainsi l'enseigne saint Paul , lorsqu'il dit :

" Nous avons tous été baptisés pour » former un seul corps. » I Cor., cap. 13, f 12. Nous lisons dans les Actes des Apôtres, que ceux qui se rendirent au discours de saint Pierre, furent baptisés et mis au nombre des lidèles, cap. 2, f 51, etc. Ees catéchumènes, qui n'ont pas encore reçu ce sacrement, sont dans la voie du salut sans doute, puisqu'ils désirent d'entrer dans l'Eglise; mais il n'y entrent en etfet que lorsqu'ils le reçoivent : c'est le baptême qui leur donne droit aux autres sacrements.

Quant aux infidèles, qui n'ont ni la connaissance du Christianisme, ni la volonté de l'embrasser, l'Eglise prie pour leur conversion, mais elle ne les reconnaît point pour ses enfants. Je-

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sus-Christ parlant de ces étrangers, disait : « J'ai d'autres brebis qui ne » sont pas encore de ce bercail ; il o faut que je les y amène. » Joan., c. 10, f 16. Pour y entrer, il leur fallait la foi et le baptême.

A plus forte raison ['Eglise rejettet-elle hors de son sein les apostats qui abjurent le Christianisme, et les hérétiques qui résistent à l'enseignement de cette sainte mère; les uns et les autres font profession de se séparer d'elle. Saint Jean, parlant des premiers, dit : « Ils sont sortis d'entre » nous, mais ils n'étaient pas des » nôtres ; s'ils en avaient été , ils » seraient demeurés avec nous. »

IJoan., cap. 2, f 19. Saint Paul défend de faire société avec un hérétique, lorsqu'il a été repris une ou deux fois.

TU., c. 3, f 10. L'apôtre suppose par conséquent que cet hérétique est reconnu publiquement comme tel ; si son hérésie était cachée, il eontinucrait de tenir au corps de VEglise.

Il en est encore de même desschismatiques qui refusent de reconnaître les pasteurs légitimes et de leur obéir, qui se séparent de la société des iidèles pour faire bande à part; ce sont des enfants révoltés que VEglise a droit de désavouer et de deshériter.

Au concile de Nicée, l'on consentit à recevoir à la communion ecclésiastique les maléciens, qui n'étaient accusés d'aucune erreur, mais qui demeuraient opiniâtrement attachés à un évoque légitimement déposé; on ne leur offrit la paix que sous condition qu'ils renonceraient à leur schisme, et seraient plus soumis, In schismatique est toujours coupable d'une espèce d'hérésie, en refusant de reconnaître l'autorité dont Jésus- Christ a revêtu les pasteurs, et l'obligation qu'il a imposée aux fidèles de leur obéir. Lux., c. 10, f 18; Hebr., c. 13, f 17, etc.

C'est le crime de tous les obstinés, qui, par leur résistance aux lois de l'Eglise, attirent sur eux une sentence d'excommunication. « Si quelqu'un, » dit Jésus-Christ, n'écoute pas l'E- » glise, regardez-le comme un païen » etunpuhlicain. » Mutth.,c. 18, je 17.

On connaît la haine que les Juifs avaient pour ces deux espèces d'hom-

mes. Saint Paul, parlant d'un incestueux public, blâme les Corinthiens de ce qu'ils le souffraient parmi eux :

il menace de le livrer à Satan, ou de le retrancher de la société des lidèles.

I Cor., c. 5, f 2. Ainsi eu ont agi les pasteurs de VEglise dans tous les siècles.

Mais tous les crimes ne sont pas un juste sujet d'excommunication; l'Eglisc n'en vient à cette rigueur qu'à la dernière extrémité, et lorsqu'elle juge que son indulgence envers un pécheur opiniâtre mettrait en danger le sa'ut des autres fidèles. Kilo tolère donc les pêcheurs et les supporte dans son sein, tant qu'elle peut espérer leur conversion. Jésus-Christ dit qu'à la tin des siècles il enverra ses anges, qui ramasseront, dans sou royaume, tous les scandales et tous ceux qui font le mal, et qu'ils les jetteront dans la fournaise ardente, Matth., C, 13, f il et i'.t. Il compare ce royaume à un champ semé de bon grain et d'ivraie, a un filet qui rassemble de

bons et de mauvais poissons, à une

salle di' festin, dans laquelle on t'ait entrer les convives de toute espèce.

« Dans une grande maison, dit saint » Paul, il y a des meubles d'or et

>i d'argent, de bois et île terre; les » uns sont pour l'ornement, les au- » très sont destinés à de vils usages. »

UTim.,c. 2, j^20. Saint Augustin a souvent allégué tous ces passages pour prouver aux donatistes que l'£glise compte au nombre de ses membres les pécheurs aussi bien que les justes.

Ces mômes textes ne prouvent pas moins évidemment que VEglise renferme dans son sein les réprouvés de même que les prédestinés, puisque La séparation des uns et des autres n'a lieu qu'à la lin des siècles. Dieu seul connaît les prédestinés ; comment pourraient-ils former sur la terre une société, sans se connaître les uns les autres, surtout une société visible, dans laquelle tout homme doit entrer pour faire son salut? Aussi le concile de Trente a prononcé l'anathèine contre tous ceux qui enseignent que les prédestinés seuls reçoivent la grâce de la justification, sess. 6, can. 17.

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Nous avons déjà vu quel est le motif qui a dicté aux hérétiques le sentiment qu'ils ont embrassé ; frappés d'une excommunication très-légitime, ils ont prétendu n'être pas retranchés pour cela du corps de l'Eglise, ni du nombre, des prédestinés.

§ IV. Des pasteurs et du chef de l'Eglise. C'est une grande question entre les protestants et les catholiques, de savoir si buis les membres de ['Eglise sont égaux, s'ils ont les mêmes droits et les mêmes pouvoirs, s'ils peuvent exercer lesmêmes fonctions, s'il n'y a aucune différence à mettre entre le pasteurjet les ouailles ; si, pour remplir le ministère ecclésiastique, un laïque n'a besoin que du choix etdu consentement des fidèles.

Les protestants ont été forcés de le soutenir ainsi ; révoltés contre leurs pasteurs légitimes, il a fallu en créer d'autres, et ils ont prétendu avoir ce droit ; selon leur avis et leur discipline, un homme, pour être pasteur, n'a besoin ni de mission divine, ni d'ordination, ni de caractère ; il peut légitimement prêcher, administrer les sacrements, juger de la doctrine, dés qu'il en a la capacité, et que la société de laquelle il est membre y consent. Lutner, Mélancthon, Calvin, etc., n'ont pas en besoin de mis-ion pour réformer l'Ei/iVsc universelle, et pour former de nouvelles sociétés contre son gré.

Cependant l'Ecriture enseigne formellement le contraire. Jésus-Christ dit à sep apôtres : e Ce n est pas vous » qui m'avez choisi, mais c'est moi i) qui ai fait choix de vous, et qui » vous ai établis pour faire fructifier » ma doctrine. » Jomi., c. 16, f 10.

« Priez le maître de la moisson, afin » qu'il envoie des ouvriers moisson- » ner son champ. » Matth.., c. 9, j> 28.

« Comme mon Père m'a envoyé, je » vous envoie. » Joan., c. 20, y il.

Il dit qu'il est la porte par laquelle le pasteur doit entier ; il nomme mercenaire, larron et voleur, celui auquel les brebis n'appartiennent point, c. 10 y 1,9 et 12. Saint Paul déclare que personne ne peut prétendre au sacerdoce, s J il n'y est appelé de Dieu comme Aaron ; que Jésus-Christ lui-même n'en a été re-

vêtu, que parce qu'il y a été appelé par son Père. TIebr., c. 5, f 4. Selon lui c'est Dieu qui a établi les uns pasteurs et les autres docteurs, Ephes., c. 4, J/ 11. C'est le Saint-Esprit qui a établi les évêques pour gouverner l'Eglise de Dieu. Act., c. 20, f 28. Il fait profession de tenir son apostolat ou sa mission, non des hommes, mais de Jésus-Christ même. Gai., cl, y 1 et 12.

Les apôtres ont fidèlement suivi cette discipline ; après la mort de Judas, ils demandent à Dieu de faire connaître celui qu'il a choisi pour remplacer ceperfi.de, et ils le tirent au sort, Act, c. 1, y 24. Saint Paul choisit Tite et Timothée pour évêques, il les ordonne par l'imposition des mains, il leur recommande d'établir des prêtres dans la même forme. Il conjure Timothée de ne. pas imposer trop tôt les mains à personne, de peur de prendre part aux péchés d'autrui,c'est-à dire à la témérité et aux vues humaines des fidèles, qui auraient choisi un sujet peu propre au saint ministère, 1. Tirn., c. ii, y 22. Il ne croyait donc pas que le choix des fidèles lût suffisant pour établir un pasteur. Voyez la Synopsc dcsCrit., sur ce. passage.

Pendant longtemps on s'en est rapporté à leur choix ; mais souvent aussi les évêques d'une I province ont obligé le peuple à désigner trois sujets, parmi lesquels ils choisissaient eux-mêmes, et jamais le choix n'a tenu lieu d'ordination (1). Saint Clément le romain, Epist. 1 ad Cor., n.

44, dit que les évêques ont été établis d'abord par les apôtres, ensuite par lespersounagesles plus respectables, avec le consentement et l'approbation de toute l'Eglise ; que telle est la régie selon laquelle leur succession doit se faire. Les Eglises orientales reconnaissent, aussi bien que l'Eglise romaine, la nécessité du sacrement

(1) Aujourd'hui encore c'est l'élection du clergé et du peuple qui est de droit commun et si des concordats particuliers ont concédé le droit d'élection pour les évêehés au gouvernement civil, c'est qu'ils ont considéré ce gouvernement comme représentant le peuple et le clergé; mais ce droit d'élection n'est et ne fut jamais, quel que soit eeloi qui l'exerce, qu'un droit de présentation à l'ordination ou à l'institution canonique. Lk Noib.

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de l'ordre, et les anglicans ont conservé l'ordination, sinon comme un sacrement du moins comme 'une cérémonie absolument nécessaire. Voy.

Clergé, Ordination, Prêtre, etc.

Quelques protestants ont voulu prouver, par l'exemple de l'Eglise de Jérusalem, que les apôtres n'ordonnaientrien touchant le gouvernement deft Eglise, que du consentement et selon l'avis des fidèles, Act., c. ly'Ji 15 ; c. 6, % 3;*, 1S, } A ; c. 21, ?

22 : mais ils en ont imposé. Nous voyons, à la vérité, les apôtres s'en rapporter au témoignage des fidèles sur les qualités personnelles des nommas qu'il fallait associer au saint ministère ; mais les apôtres ne consultèrent point le peuple pour savoir s'il était bon de donner un successeur à Judas, ou de laisser sa place vacante; s'il fallait établir des diacres ou s'il n'en fallait point ; si l'on devait observer ou non les cérémonies judaïques ; s'il fallait aller prêcher l'Evangile dans telle ville plutôt que dans une autre, etc. Il n'est donc pas vrai que. dans l'Eglise primitive, les fidèles eussent la principale part au gouvernement, comme le prétend Mosheim, Hist. ecclés. ,sect. 1, part. 2, § 5. Il reconnaît lui-même que les apôtres avaient le droit de faire des lois, ibid., § 3. Nous ne voyons pas que saint Paul ait consuliô les Corinthiens pour réformer les abus qui s'étaient introduits chez eux.

Quand la discipline de l'Eglise de Jérusalem aurait été telle que les protestants la supposent, elle ne pouvait plus avoir lieu lorsque le Christianisme fut étendu, lorsqu'un diocèse fut composé de plusieurs paroisses, et que l'Ei/feeunivcrselle renferma une multitude d'évèchés, situés dans les différentes parties du monde. C'est donc par nécessité que, dès le second siècle, les évoques se sont assemblés en concile, pour décider de ce qui intéressait toutes les Eglises. Lorsque les ministres protestants ont tenu des synodes, ils n'y ont pas appelé le peuple pour prendre son avis.

Une autre question non moins importante, est de savoir si, parmi les pasteursde l'Eglise, il y a un chef qui

ait une prééminence, des droits et une juridiction supérieure aux autres ; les protestants n'en veulent point reconnaître : nous en appelons encore a leur propre règle de foi, à l'Ecriture sainte, à l'institution de Jésus-Christ.

Ce divin Sauveur dit à ses apôtres, que dans son royaume ils seront assis sur douze sièges, pour juger les douze tribus d'Israël, Matth., c. 19, y 28 ; mais il dit en particulier à saint Pierre : « Vous êtes la pierre sur la- » quelle je bâtirai mon Eglise, et les » portes de l'enfer ne prévaudront » puint contre elle ; je vous donnerai » les clefs du royaume des cieux, etc. »

Matth., G. lit, ^28. Avant sa passion, il dit à tous : « Je vous prépare mon » royaume, comme mon Père me l'a » préparé. » Mais il dit personnellement à saint Pierre : « J'ai prié pour » vous, afin que votre foi ne défaille » point; ainsi, une fois converti, affer- » missez vos frères. » Luc , c.22, y 32.

Après sa résurrection, il lui demande trois fois le témoignage de son amour, et lui dit : « Paissez' mes «agneaux et mes brebis. » Joan., c. U, f la. Voilà donesaint Pierre établi pasteur de tout le troupeau , il est le centre d'unité sur lequel porteront la solidité, la perpétuité, l'indéfectibilité de l'Eglise, il est le premier ministre du royaume dont Jésus-Christ lui donne les clefs ; c'est à lui de soutenir la foi de ses frères (1).

Voy. Pape.

(i) Jusqu'au concile du Vatican do 1870, on donnait dans L'Eglise catholique deux sens aux paroles, adressées pat- le Christ à Pierre, que cite ici Bergior : l'un que nous avons qualifié ailleurs de sens eCCÎesiarchiUe et qui, tout en reconnaissant 1" successeur de Pierre Voninio le olief et le centre d'unité ayant sur tous primauté il Ic.nneur et de juridiction, n'accordait pourtant qu'a l'Eglise entière réunie en concile ou tnème disper-ée l'infaillibilité doctrinale et la souveraineté disciplinaire suprême; l'autre, que nous avions qualifié de ca~ tkedrarchisle, qui mettait cette infaillibilité et cette souveraineté dans le souverain Pontife tout seul avant uiêuie l'adhésion de toute l'Eglise. Itergier, comme théologien gallican, faisait partie de ceux q ii soutenaient le premier sens, ainsi que Gerson, Bosauet et tant d'autres. Ce concile même du Vatican a tranché la question dans le second sons ainsi que nous l'avons fait voir dans notre dissertation préliminaire, en sorte que l'opinion de Bossuet, de Bergier et des autres est devenue depuis ce concile une hérésie, et l'opinion contraire, qui n'était jusque-là que le propre des ultramoQuins,est devenue la foi catholique elle-même.

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Cela devait être ainsi. Sans un chef, point de gouvernement possible dans un royaume très-étendu' ; sans un centre d'unité, point de certitude ni de solidité dans la foi ; sans un siège principal, point de concert ni d'harmonie entre les pasteurs. Il faut que la constitution de l'£<//tsc soit bien solide, puisque, malgré les plus terriblesorages,elle subsiste depuis dix-sept siècles.

Mais de quoi aurait servi à la solidité de cette édifice le privilège accordé à saint Pierre, s'il lui avait été purement personnel, s'il n'avait pas dû passer à ses successeurs ? Comment la foi de saint Pierre peut-elle empêcher les portes de l'enfer de prévaloir contre ['Eglise, si cette foi ne lui a pas survécu ?

Nous ne finirions pas s'il nous fallait rapporter tout ce que les Pères de l'Eglise ont dit à ce sujet, et les conséquences qu'ils ont tirées des passages de l'Ecriture que nous venons de citer. Déjà, sur la tin du second siècle, saint Irénee opposait aux héiétiques la tradition de V Eglise romaine, tradition garantie par la succes:-ion de ses éyèques, dont la chaîne remontait jusqu'aux apôtres ; il soutenait que toute V Eglise devait s'accorder avec celle-là, cause de sa prééminence et de sa primauté, contra Hseres.,1. 3, c. 3. Au troisième, saint Cyprien argumentait de même contre les sebismatiques ; il leur alléguait les passages qui attribuent 'à saint Pierre la qualité de chef de Y Eglise, et qui prouventpar là même l'unité. Lib. de unit. Ecoles. Les Pères des siècles suivants ont tenu le même langage, et ont insisté sur la même preuve.

Nous verrons cï-après, §V, les subtilités, les sopbismes, les explications forcées par lesquelles les protestants ont cherché à l'obscurcir ; Leibnitz, plus raisonnable que le commun des hétérodoxes, convenait que la réunion de plusieurs évèchés sous un seul métropolitain, et la subordination de tous les évèques sous un seul souverain Pontife, était le modèle d'un parfait gouvernement. Sans autrepreuve, cela suffirait pour nous faire présumer que c'estle plan que Jésus-Christ a choisi.

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Quand on supposerait faussement que c'est une institution purement humaine, il y aurait encore de la témérité à vouloir la renverser après dix-sept siècles de durée. Qu'ont gagné les sectes orientales à en secouer le joug? Tombées dans l'ignorance et dans l'esclavage sous les mahométans, elles penchent constamment vers leur ruine; quelques-unes semblent y toucher. L'Eglise d'Occident, toujours unie au Saint-Siège, a réparé insensiblement ses malheurs : l'inondation des Barbares n'a pu la faire périr; le schisme des protestants semble lui avoir donné plus de force pour faire de nouvelles conquêtes. Dieu continue d'accomplir à son égard la prophétie que saint Jacques appliquait déjà à l'Eglise dans le concile de Jérusalem : « Je rebâtirai la mai- » son de David qui est tombée, j'en » relèverai les ruines, et je la rétabli- » rai, afin que le reste des hommes » y cherche le Seigneur, et que toutes » les nations y invoquent son saint » nom. » Act., c. 15, y 16.

A peine les protestants en ont-ils été séparés, qu'ils se sont divisés en plusieurs sectes;elles se seraient détruites les unes les autres, si l'intérêt politique n'avait établi entre elles, sous le nom de tolérance, une apparence d'union. Elles pourront subsister tant qu'il sera utile aux princes de les soutenir; mais si cet intérêt venait à changer, elles subiraientle même sort que les Orientaux. A présent, la plupart de leurs docteurs sont plus sociniens que calvinistes ou luthériens.

S V. Conséquences qui s'ensuivent de la constitution de l'Eglise. Une société dont tous les membres ont une même foi, reçoivent les mêmes sacrements, sont soumis aux mêmes pasteurs, et ont un seul chef, est certainement une société visible. Il faut qu'elle le soit, puisque, selon la prophétie que nous venons de citer, c'est là que toutes les nations doivent chercher le Seigneur et invoquer son saint nom. Ce n'est pas assezd'avoir une foi purement intérieure, il faut la professer et en rendre témoignage. « On croit de cœur, » dit saint Paul, pour avoir la justice; » mais on confesse de bouche pour » obtenir le salut. » Rom., c. 10, jr 10.

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Jésus-Christ menace de désavouer, devant son Père, non-seulement ceux qui le renient devant les hommes, mais ceux qui rougissent de lui et de sa doctrine. Luc, c. 9, f 26. Les sacrements sont la partie principale du culte public, et la soumission aux pasteurs doit être aussi connue que l'est l'exercice de leur ministère et de leur autorité.

Qui croirait que des vérités aussi palpables ont été contestées? Lorsqu'on a demandé aux protestants en quel lieu du monde se trouvait leur Eglise avant que Luther et Calvin l'eussent formée, ils ont dit que dans tous les siècles il y avait eu des sectes séparées de l'Eglise romaine, qui soutenaient quelques-uns des articles de la doctrine protestante; que, dans le sein même de cette Eglise, il y avait toujours eu des hommes instruits qui, dans le fond du cœur, n'approuvaient ni ses* dogmes, ni ses pratiques ; que c'étaient là les élus dont l'Eglise de Jésus Christ était composée. Ils ont ainsi trouvé des ancêtres chez les hussites, les wicléfites, les vaudois, lesalhigeois, les manichéens, les prédestinatiens, les pélagiens, les donatistes,les ariens, chez les sectes même du second et du premier siècle, qui remontent immédiatement jusqu'aux apôtres : quiconque s'est révolté contre ['Eglise était protestant.

Troupeau respectable, sans doute; il était composé d'abord d'hérétiques condamnés et réprouvés par les apôlir s mêmes, ensuite de sectaires, qui nonseulement s'anathématisaient les uns les autres, mais qui enseignaient des dogmes que les protestants font profession de rejeter; enfin de catholiques hypocrites et perfides, qui faisaient semblant de professer des dogmes qu'ils ne croyaient pas, qui recevaient des sacrements auxquels ils n'avaient aucune contiance, qui pratiquaient un culte qu'ils savaient être superstitieux, qui [obéissaient extérieurement à des pasteurs qu'ils regardaient comme des loups dévorants. Tels sont les élus dont Jésus-Christ a trouvé bon de former son royaume, et que les protestants nomment l'assemblée des saints.

Bossuet, dans son lo e livre de

l'Histoire des Variations, dans son 3 e Avertissement aux protestants, et dans sa l re Instruction pastorale sur l'Eglise, a réfuté avec sa force accoutumée cette chimère d'Eglise invisible, forgée par les protestants, et qui est leur dernier retranchement. 11 fait voir, nonseulement l'absurdité, mais l'impiété de ce système, dans lequel on se joue évidemment des paroles de l'Ecriture sainte, et des promesses que Jésus- Christ a faites à son Eglise. Est-ce donc avec des révoltés ou avec des hypocrites qu'il a promis d'être jusqu'à la consommation des siècles? Est-ce là l'Eglise sainte, pure, sans tache et sans ride, pour laquelle il s'est livré à la mort.

Si, pendant quinze cents ans, les catholiques dissimulés et fourbes, ont été les élus, il est à présumer que les catholiques sincères et de bonne foi, l'étaient à plus forte raison. Dans ce cas, nous ne voyons pas où était la nécessité de former une société à part, comme ont fait les protestants.

Une seconde conséquence des vérités que nous avons établies, est que l'Eglise est perpétuelle et indéfectible ; non-seulement elle ne peut pas périr en abandonnant absolument toute la doctrine de Jésus- Christ, mais elle ne peut pas cesser d'enseigner un seul article de cette doctrine, ni professer aucune erreur.

Dans l'un et l'autre de ces cas, il serait vrai de dire que les portes de l'enfer ont prévalu contre elle, que Jésus-Christ n'a point tenu la parole qu'il lui avait donnée d'être avec elle jusqu'à la consommation des siècles, de lui donner l'esprit de vérité pour toujours, et pour lui enseigner toute vérité.

Malgré l'énergie de toutes ces promesses, les protestants n'en soutiennent pas moins que l'Eglise tout entière peut tomber dans l'erreur. En simple fidèle, disent-ils, ou une Eglise particulière, peuvent errer dans quelques points, sans cesser pour cela d'être membres de l'Eglise universelle:

donc cette dernière peut tomber aussi généralement dans l'erreur, sans cesser d'être une véritable Eglise, car enfin la corruption d'un corps et sa destruction ne sont pas la même chose.

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Réponse. Lorsqu'un fidèle, ou une Eglise particulière, tombent dans l'erreur, ils peuvent être corrigés par l'Eglise universelle (I) ;et s'ils n'étaient pas soumis de cœur et d'esprit à cette correction, ils seraient hérétiques et cesseraient d'être membres de cette Eglise. Mais si celle-ci était généralement plongée dans l'erreur, qui la réformerait ? Quelques particuliers?

elle n'est point soumise à leur correction, et ils le sont a la sienne ; il est absurde que quelques membres aient autorité sur tous le corps : à moins qu'ils ne prouvent qu'ils sont revêtus d'une mission divine, l'Eglise est en droit de les traiter comme des rebelles, des imposteurs ou des hérétiques. Une Eglise généralement corrompue dans sa foi, dans son culte, dans sa discipline, tel que les protestants peignent l'Eglise romaine, est-elle encore cette Eglise glorieuse, sans tache et sans ride, que Jésus- Christ a voulu se former?

Si nous voulons en croire nos ennemis, son époux n'a pas demeuré longtemps sans l'abandonner. Dès le second siècle, immédiatement après la mort des apôtres, la fonction d'enseigner fut dévolue à des docteurs, qui n'avaient ni capacité ni pénétration, ni justesse dans le raisonnement, et dont la sincérité était trèssuspecte; c'est ainsi que les critiques protestants, Scultet,Daillé,I:!arbeyrac, Le Clerc, Mosheim, Brucker, etc., ont peint les Pères de l'Eglise. De même que les hérétiques corrompirent la doctrine de Jésus-Christ, en y mêlant les rêveries de la philosophie orientale, ainsi les Pères en altérèrent la pureté, en voulant la concilier avec les idées de Platon et des philosophes grecs. Et comme, selon l'opinion de ces profonds observateurs, le mal est allé en augmentant de siècle en siècle, il était impossible qu'au quinzième le Christianisme fût encore le même qu'il était au premier. Quelques-uns, plus modérés, ont dit qu'à la vérité le fond subsistait encore , mais qu'il

(1) Depuis le concile rlu Vntican, il faut dire la papauté parlant ex cathedra au lien île àivfi, l' Eglise universelle, puisque la jjapauté représente l'Ey lise universelle enseignante avant que celle-ci ait donné son assentiment. Le Noir.

était obscurci et presque étouffé par la multitude d'erreurs, de superstitions et d'abus que l'Eglise romaine y avait ajoutés. D'autres se sont bornés à soutenir que, du moins au quatrième siècle, la très-grande partie de l'Eglise était tombée dans l'arianisme.

Nous réfuterons en leur lieu toutes ces visions et ces calomnies. Si elles étaient vraies, ce serait bien inutilement que Jésus-Christ aurait fait tant de miracles, aurait versé son sang et fait répandre celui des martyrs, aurait changé la face de l'univers, pour établir sa doctrine. Etait-ce la peine de bâtir un édifice à si grands frais, pour qu'il tombât sitôt en ruine?

Nous serions fondés à douter, nonseulement s'il est le Fils de Dieu, mais si c'a" été un sage législateur.

C'est du tableau de l'Eglise, tracé par les protestants, et adopté par les sociniens, que les déistes sont partis pour blasphémer contre son fondateur : tel est le prodige qu'a opéré la bienheureuse ré formation.

Mais rien n'est capable de faire ouvrir les yeux à nos adversaires. Vos raisonnements, nous disent-ils, ne servent à rien, il y a un fait positif qui les détruit tous, c'est qu'au seizième siècle l'Eglise romaine, qu'il vous plaît d'appeler l'Eglise universelle, enseignait des dogmes, prescrivait des pratiques, imposait des lois, desquelles non-seulement il n'est fait aucune mention dans les livres saints, mais qui sont formellement contraires au texte de ces livres : donc elle a changé la doctrine de Jésus-Christ et des apôtres; donc elle a pu faire ce changement , de quelque manière qu'il soit arrivé : contre une preuve de fait, toute argumentation est ridicule.

Réponse. Fait positif, preuve de fait ; cela est-il vrai? Quoi! le silence supposé des écrivains sacrés est une preuve positive ? une interprétation arbitraire de quelques passages est une preuve de fait ? En vérité c'est une dérision. 1° Pour que le silence de l'Ecriture fût une preuve positive, il faudrait faire voir que Jésus-Christ a ordonné à ses disciples de coucher par écrit toute sa doctrine, ou qu'il

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a défendu aux fidèles de rien dire de ]>lus que ce qui serait écrit; les prolestants peuvent-ils montrer dans l'Ecriture ce commandement ou cette défense? Nous leur y avons fait voir le contraire. Vmjez Ecriture sainte, 8 V. 2° Sur plusieurs points contestés entre eux et nous, ils supposent faussement le silence de l'Ecriture, puisque nous leur en alléguons des passages formels; mais ils en tordent le sens, ou ils rejettent comme apocryphe le livre d'où ils sont tirés. En ont-ils le droit? 3° Les textes dont ils se prévalent ne prouvent contre nous qu'autant qu'ils leur donnent un sens conforme à leurs préjugés ; sommes-nous obligés d'y souscrire?

Voilà où se réduisent les preuves de fait, l'argument triomphant par lequel les protestants démontrent que Y Eglise romaine a changé la doctrine de Jésus-Christ et des apôtres.

Les hérétiques du second et du troisième siècle faisaient déjà de même : c'est pour cela que Tertullien ne voulut pas qu'on les admît à disputer par l'Ecriture sainte, de Prœscript., c. 15, et il avait raison. L'on va voir l'indigne abus qu'en font les protestants, sur la question même que nous traitons.

1° Lorsque nous alléguons la promesse que Jésus-Christ a faite à ses apôtres, d'être avec eux jusqu'à la consommation des siècles , Matth., c. 28, f 20, cela signilie seulement, disent les protestants , que Jésus- Christ serait avec eus pour opérer des miracles, jusqu'à la ruine de Jérusalem et de la république juive ; c'est ce que signilie ordinairement dans l'Evangile la consommation du siècle. Il leur a dit, Joan., c. 14, t !•' :

« Si vous m'aimez, gardez mes com- » mandements ; je prierai mon Père, » et il vous donnera un autre conso- » lateur, afin qu'il demeure avec vous » pour toujours; l'Esprit de vérité, » que le monde ne peut pas recevoir, » etc. « Mais ces mots, pour toujours, n'expriment souvent qu'une durée indéterminée. D'ailleurs, cette promesse estévidemmentconditionnelle ; il en est de môme de toutes lesautres.

Réponse. Jésus-Christ ne s'est pas borné là, il a effectué sa promesse.

Après sa résurrection, il à dit à ses apôtres, Joan., c. 20, f 21 et 22 :

« Comme mon Père m'a envoyé, je » vous envoie; » il souffle sur eux en leur disant : « Recevez le Saint-Esprit, » les péchés seront remis à ceux » auxquels vous les remettrez, etc. »

Il n'y a point ici de condition. La mission de Jésus-Christ ne devait-elle durer que jusqu'à la ruine de Jérusalem, et là prédication des apôtres devait-elle cesser à cette époque?

Saint Jean y a survécu au moins trente ans, et il n'a écrit que sur la (in de sa vie ; douterons-nous si son Evangile, ses lettres, son Apocalypse, ont été écrits avec l'assistance du Saint- Esprit? Le don des miracles a persévéré dans l'Eglise après la mort des apôtres : donc l'assistance de Jésus- Christ n'y a pas tini à cette époque.

L'Esprit de vérité, le don des miracles, le pouvoir de remettre les péchés , n'étaient pas promis aux apôtres pour leur utilité personnelle, mais pour l'avantage de VEglisc et pour le. salut des fidèles; donc il est faux que ces promesses aient été conditionnelles, ou bornées à un certain temps. Les protestants se sont récriés, lorsque Y Eglise a décidé que la validité des sacrements dépend de l'intention du ministre ; ils ont dit que c'était faire dépendre le salut des fidèles de, la bonne ou mauvaise foi du prêtre : ici ils font dépendre la certitude de la foi d'une condition imposée aux apôtres. D'un côté, ils prétendent que la promesse de l'assistance du Saint-Esprit, faite à chaque particulier pour juger du sens de l'Ecriture sainte, est illimitée et absolue ; qu'elle n'est restreinte à aucun temps, ni à aucune condition; de l'autre, ils soutiennent que les promesses faites aux apôtres et à YEglise étaient conditionnelles et limitées à un certain temps; ils se croient, par conséquent, mieux assistés de Dieu et plus favorisés que les apôtres mêmes. N'estce pas une impiété?

2° Jésus-Christ, en disant qu'il bâtira son Eglise sur saint Pierre, ajoute que les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle, Matth., c. 10, jM8; cela signifie, disent nos adversaires , qu'il y aura toujours une

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Eglise,qni croira et professera, comme saint Pierre, que Jésus-Christ est le Eils tic Dieu.

Repense. Double altération du sens.

En premier lieu, Jésus-Christ ne dit point qu'il bâtira son EgUse sur la confession de saint Pierre, mais sur cet apôtre lui-même, et il ajoute qu'il lui donnera les clefs do royaume des cieuï, En secoad lieu, si pour ètre.de ['Eglise, il sullildc confesser, comme saint Pierre, que Jésus-Christ est le Eils de Dieu, les suriniens ne doivent pas en être exclus; ils professent hautement cettevérité, les protestants qui ne veulent pas fraterniser avec eux sont des schématiques. Jamais ['Eglise romaine n'a cessé d'enseigner ce même dogme ; cependant, suivant l'avis îles protestants, elle n'est plus la véritable Eglise de Jésus-Christ; il a fallu absolument s'en séparer pour pouvoir faire son salut. Jésus-Christ a très-mal pourvu aux affaires de son royaume. En troisième lieu, il n'a pas seulement chargé les apôtres de prêcher qu'il est le Eils de Dieu, mais de prêcher ['Evangile a toutes les nai ions, et de leur apprendre a garder tout, ce qu'il a commandé. Matth., r. 28, y 20. Qu'importe que l'on persiste a croire qu'il est le Eils de Dieu, si l'on est dans l'erreur sur tout le

reste ?

D'autres disent que, par ces paroles, Jésus-Christ promet à soaEglise

qu'elle ne sera jamais détruite, et non qu'elle sera infaillible, ou à couvert de toute erreur; cependant ils ont soutenu que par les erreurs, les abus, les superstitions de ['Eglise romaine, la véritable Eglise de Jésus- Cbrist était tombée en ruine, qu'il fallait la réformer ou la reconstruire de nouveau. Ils ont donc supposé que l'indestructibilité de ['Eglise emporte nécessairement son infaillibilité. Mais vingt contradictions ne leur coûtent rien pour tordre le sens de l'Ecriture.

Ee Clerc fait consister la protection et la vigilance de Jésus-Christ sur son Eglise, en ce que, malgré les erreurs et les vices qui y ont régné, il y a conservé et y conservera toujours en entier les écrits des apôtres et des lumières de la raison, deux

moyens par lesquels on pourra toujours connaître sa vraie doctrine. Mais des écrits interprétés au gré de la raison humaine, sont-ils donc l'Esprit de vérité que Jésus-Christ a promis, et qui devait demeurer avec les apôtres pour toujours? Ce sont ces deux prétendus moyens qui ont produit toutes les hérésies, et qui ont fait naître le déisme. Voyez Raison.

3° Jésus-Christ a dit : « Si quel- « qu'un n'écoute par VEglise, regar- « dez-le comme un païen et un pu- » hlicain. » Matth., cap. 18, y 17. Il est seulement question là, disent nos subtils interprètes, d'une correction en fait de mœurs, et non de la prédication des dogmes.

Réponse. Eaux commentaire, contraire à l'Evangile. Jésus-Christ dit ailleurs aux apôtres et aux soixante et douze disciple : « Celui qui vous » écoute m'écoute, et celui qui vous » méprise me méprise... Lorsqu'on » ne. vous écoutera pas, secouez la » poussière de vos pieds, etc. » Luc, cap. 10, y 10 et llj. Conséquemment saint Jean, Epist. i, c. 4, y 0, dit de même : « Celui qui connaît Dieu » nous écoute, celui qui n'est pas de » Dieu ne nous écoute, pas : c'est ■> par là qui' nous reconnaissons l'es- •> prit, d'erreur. » Epist, 2, y 10. «Si » quelqu'un vient à vous et n'apporte » pas la doctrine que je vous ensei- » gne, ne le recevez point, ne le » saluez seulement pas. » Saint Paul ordonne à Timothée d'éviter les faux docteurs, //. 27m., c. 3, y o, et à Tite d'éviter un hérétique après l'avoir repris une ou deux fois. TU., c.3,y 10. Saint Pierre avertit les fidèles que, dans les derniers temps, de faux prophètes et des imposteurs viendront pour les séduire, et il les avertit de s'en garder, 71 Pétri, c. 3, y 3 et 17. Il est certainement question, dans tous ces passages, de la prédication des dogmes ; c'est l'explication des paroles de Jésus-Christ donnée par les apôtres mêmes.

4" Suivant saint Paul, Ephes., c. 4, y H, c'est Jésus-Christ qui a donné des apôtres, des prophètes, desévangélistes, des pasteurs et des docteurs, mais, disent les protestants, il n'a pas promis de les donner toujours, puis

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qu'il n'y a plus à présent ni apôtres ni prophètes.

Réponse. Saint Paul a donc tort, lorsqu'il assure « que Jésus-Christ » les a donnés pour édifier le corps » de Jésus-Christ, jusqu'à ce que » nous soyons réunis dans l'unité de » la foi et de la connaissance du Fils » de Dieu, et parvenus à la perfec- » tion de l'âge mur, tel que celui de » Jésus-Christ. » Ce grand ouvrage a-t-il été fini du temps des apôtres, et n'est-il plus hesoin qu'ils aient des successeurs pour le continuer? Cependant ils se sont donné des successeurs, et saint Paul leur dit que c'est le Saint-Esprit qui les a établis surveillants, pour gouverner l'Eglise de Dieu, Act., c. 20, y 28. A la vérité, ce n'est ni Jésus-Christ, ni le Saint- Esprit qui a donné des pasteurs et des docteurs aux protestants ; mais cela no prouve rien contre ceux qui tiennent des apôtres leur mission et leur succession.

S Saint Paul dit à Timothée, c. 3, y 14 et la : » Je vous écris ces » choses, afin que vous sachiez com- » ment il faut vous comporter dans » la maison de Dieu, qui est ÏEgUse » du Dieu vivant, la colonne et le » soutien de la vérité. » Il n'est question là, selon les protestants, que de Y Eglise particulière d'Ephèse, et non de 1'Eyltie universelle. D'ailleurs, en changeant la ponctuation, colonne et soutira de la rcrite, ne se rapportent point à l'Eglise, mais au mystère de piété dout saint Paul parle immédiatement après.

Réponse. L'Eglise particulière d'Ephèse n'était-elle donc pas partie de l'Eglise universelle? Elle n'était pas schismatique. Or, à laquelle des deux convenait mieux le titre que saint Paul donne ici à l'Eglise du Dieu vivant? Voilà ce qu'il faut nous apprendre. Nous n'admettrons jamais un changement de ponctuation qui ferait déraisonner saint Paul. Les sociniens ont eu recours à cet expédient pour pervertir le sens des premiers versets de l'Evangile de saint Jean, et les protestants se sont récriés avec raison ; mais ils trouvent bon d'y revenir, lorsque cela leur est commode.

Avec leur méthode, il n'est point

d'absurdité que l'on ne puisse trouver dans l'Ecriture, point d'erreur que l'on ne puisse soutenir, point de preuve qu'il ne soit aisé d'esquiver.

C'est ainsi que les protestants ont répondu à nos controversistes, qui leur avaient objecté les passages que nous venons d'examiner.

Une troisième conséquence de ce que nous avons dit, est l'autorité de l'Eglise. Elle a reçu de Jésus-Christ le pouvoir et le droit de décider de la doctrine, de régler l'usage des sacrements, de faire des lois pour maintenir la pureté des mœurs, et tout fidèle est dans l'obligation de s'y conformer ; cela est prouvé par ces mêmes passages.

En effet, lorsque Jésus-Christ a dit à ses apôtres : Allez enseigner toutes les nations, il a entendu que cet .enseignement serait perpétuel; nous l'avons fait voir. Or, l'enseignement se fait, non-seulement de vive voix et par écrit, mais par des pratiques et des usages qui inculquent le dogme et la morale : et ce dernier moyen d'enseignement est le plus à portée des simples et des ignorants. Il faut donc que le dogme, la morale, le culte extérieur, les pratiques, la discipline, forment un tout dont chaque partie soit d'accord avec les autres; la même autorité doit présider aux unes et aux autres.

Mais au seul nom d'autorité, les esprits ardents se révoltent, comme si l'on voulait mettre l'autorité des hommes à la place ou à côté de celle de Dieu. Eclaircissons les tenues, le scandale sera dissipé.

11 est d'abord bien absurde d'appeler autorité humaine une autorité reçue de Jésus-Christ : mais il y a plus. En quoi consiste l'autorité de l'Eglise, en matière de doctrine?

« Toute question dans l'Eglise, dit » très-bien M. tlossuet, se réduit » toujours contre les hérétiques à un » fait précis et notoire, duquel il » faut rendre témoignage. Quecroyait- » on quand vous êtes venus ? Il n'y eut » jamais d'hérésie qui n'ait trouvé » l'Eglise actuellement en possession » de la doctrine contraire. C'est un » fait constant, public, universel et » sans exception. Ainsi la décision

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» est aisée ; il n'y a qu'à voir en » quelle foi on était quand les héré- » tiques ont paru; en quelle foi ils « avaient été élevés eux-mêmes dans » l'Eglise, et à prononcer leur con- » damnation sur ce fait, qui ne peut 9 être ni caché ni douteux. (I). » Il le montre par l'exemple de Luther.

Première InstrwA. pastor. sur les promessesde V Eglise, n°. 3!i.

De même, lorsqu'il est question du sens de l'Ecriture, il s'agit de savoir comment tels et tels passages ont été constamment entendus ; si c'est un point de morale, a-t-il oun'a-t-il pas été enseigné jusqu'à nous? etc. Voilà des faits puhlics, s'il en fut jamais.

Dira-t-on que les évoques assemblés ou dispersés, chargés par état d'enseigner aux peuples la doctrine chrétienne, ne sont pas témoins compétents pour attester la vérité ou la fausseté de ces faits? Lorsque, dans les différentes parties du monde, ils attestent que tel a été l'enseignement dans leur Eglise, ce témoignage estil irrécusable?

Or, voilà ce qu'ils font constamment depuis dix-sept siècles. Lorsqu'ils ont décidé à Nicée, que le Fils de Dieu est eonsubstanliel à son Péri', ils ne disent point : Nous avons découvert et nous jugeons, pour la première fois, qu'il faut ainsi croire ; mais ils disent, nous croyons ; ce n'est pas une nouvelle foi qu'ils établissent, c'est l'ancienne croyance qu'ils professent. De même, lorsque les évoques assemblés à Trente ont condamné les erreurs de Luther et de Calvin, ils ont fondé leurs décrets, non-seulement sur l'Ecriture sainte, mais sur les décisions des conciles précédents, sur le sentiment constant des Pères,

(i) Ces paroles de Bossnet ne soot plus, depuis le concile au Vatican, que vraies à demi; la constatation dont il parle, en «dot, petit suffire le plus souvent contre les hérétiques, attendu que, presque toujours, la définition du souverain Pontife sera parfaitement identique avec la foi explicite universelle qui existait auparavant ; mais iIhus les cas ou il s'agira d'un poiDt de foi ou île morale qui ne fut jamais l'objet d'une profession explicite, parce que la pensée n'avait pns été éveillée sur ce poiot, et où la définition pontificale, sera donnée avec toutes les conditions de compétence et d'ex-cathedra, il n'y aura plus lieu d'évoquer la foi antérieure, et le seul parti, pour rester catholique, sera d'adhérer à cette définition pontificale.

Le Nom.

sur les pratiques établies de tout temps dans l'Eglise. Ces sortes de décisions, acceptées sans réclamation par le corps entier des fidèles, sont incontestablement la voix et le témoignage de VEijiise universelle.

Est-ce ici un acte de despotisme ou d'autorité absolue exercée parles évèques? n'est-ce pas plutôt de leur part un acte de docilité et de soumission à une autorité plus ancienne qu'eux .' ils reçoivent la loi avant de l'imposer aux autres; et si l'un d'entre eux refusait de plier sous ce joug, il encourrait lui-même l'anathème, et serait déposé. Le simple fidèle qui se soumet à la décision ne cède donc pas à l'autorité personnelle des pasteurs, mais à celle du corps entier de l'Eglise de laquelle il est membre: le corps, sans doute, a le droit de subjuguer chacun des membres; mais aucun membre, quel qu'il soit, n'a le pouvoir de dominer sur le corps (1).

Déjà saint Paul disait aux fidèles :

« Nous ne dominons point sur votre »foi. » II Cor., c. 1, $ 23. Et saint Jean leur disait: « Nous vous annon- » çons ce que nous avons vu et en- » tendu, et ce qui était dès le commencement. » I. Joan., c. I, jM .

Telle est la fonction que Jésus-Christ avait imposée à ses apôtres, en leur » disant : « Vous me servirez de témoins. » Act., c. I, f H. De même que Jésus-Christ parlait parla bouche des apôtres, le corps entier de l'Eglise, formé et instruit par les apôtres, parle par la bouche de ses pasteurs.

Ce sont les novateurs qui veulent dominer sur la foi et sur l'Eglise, qui exercent sur l'Ecriture et sur la doctrine une autorité usurpée, et qui ne leur appartient pas. Aussi Tertullien les réfutait par la voie de prescription :

Nous sommes en possession, leur disait-il, et cette possession est plus ancienne que vous, puisqu'elle nous vient des apôtres. Il leur opposait cet argument, non-seulement pour savoir si tel livre était Ecriture sainte et parole de Dieu, si le texte était entier ou corrompu, mais encore pour décider en quel sens il fallait entendre

(!) Excepté le souverain Pontife, depuis la rons titution du concile du Vatican. Le Nota.

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tel passage, par conséquent pour savoir si tel dogme avait ou n'avait pas été enseigné par Jésus-Christ. Quinze siècles de possession de plus n'ont pas rendu, sans doute, le droit de l'Eglise plus mauvais.

Dans notre siècle même, quelques théologiens ont voulu ériger en dogmes de foi leurs opinions sur la grâce; ils ont dit: C'est la croyance de l'Eglise, puisque c'est la doctrine de saint Augustin, toujours approuvée et embrassée de ['Eglise. Sans entrer dans aucune discussion, l'on a pu se borner à leur demander : Avant Baïus, Jansénius et Quesnel , croyait-on ainsi dans l'Eglise ? eu étiez-vous persuadés vous-mêmes avant d'avoir lu les ouvrages de ces nouveaux docteurs ?

Quand cela serait, il faudrait encore voir si cette doctrine a été enseignée par les Pères qui ont précédé saint Augustin, puisque lui-même à fait profession de s'en tenir à ce qui était cru et professé avant lui, et a prescrit cette règle à tous les tidèles.

Nous convenons que quand le corps des pasteurs fait des lois, cet acte d'autorité ne se borne point à un simple témoignage; mais puisqu'aucune société ne peut subsister sans lois, il faut absolument qu'il y ait dans l'Eglise une autorité législative.

Or, cette autorité ne peut pas être exercée par le corps entier des fidèles dispersés dans les différentes parties du monde, il faut donc qu'elle le soit par les pasteurs que Jésus-Christ a chargés de la conduite du troupeau ( 1).

C'est à eux, par conséquent, de statuer ce qui est nécessaire pour maintenir l'intégrité de la foi, l'usage salutaire des sacrements, la décence du culte, la pureté des mœurs, l'ordre et la police de l'Eglise; les hérétiques mêmes ont accordé ce pouvoir à leurs propres pasteurs, après l'avoir refusé à ceux de l'Eglise catholique. Voyez Autorité de l'Eglise et Lois ecclésiastiques.

Dès à présent l'on conçoit l'évidence d'une quatrième conséquence, savoir

(!) C'est le pape qui est chargé de tout, comme pasteur suprême de tous les chrétiens ; l'autorité de chaque pasteur particulier est subordonnée à la sienne; c'est ce qui suit de li définition du concile du Vatican, Le Noib.

i[ue YEglise est infaillible ; cette infaillibilité, comme l'observe encore M. Bossuet, n'est autre chose que la certitude invincible du témoignage qu'elle rend de sa doctrine, et l'obligation dans laquelle est chaque fidèle d'acquiescer et de croire à ce témoignage.

11 est impossible qu'une grande multitude de pasteurs dispersés dans les divers diocèses de la chrétienté, ou rassemblés dans un concile, aient le même tour d'esprit, le même caractère, des passions, des préjugés, des intérêts semblables; il est donc impossible que tous se trompent sur un l'ait palpable, ou veuillent tous en imposer sur ce fait. Lorsqu'ils disent :

voilà sur telle question la croyance crue et professée dans nos Eglises, croyance que nous y avons trouvée établie, et que nous avons continué d'enseigner sans réclamation ; s'ils avaient faussement porté ce témoignage, il serait impossible qu'ils ne fussent pas contredits par la réclamation de leurs ouailles (1). S'il y a donc un fait public, porté au plus hautdegré de notoriété et de certitude morille, c'est celui-là (2).

(i) Ce raisonnement des anciens ecelésiarrhistes n'a plus la même importance depuis la déclaration do 1 infaillibilité papale. Le Noir.

(2) Le dogme de l'infaillibilité de l'Eglise enseignante a été reconnu dans tous les temps. D' 'bord, si nous u'en apercevons pas autant de traces dans les trois premiers siècles que dans les suivants, oo peut en donner trois raisons particulières : la preino'i'o, c'est qu'il nous reste moios de monuments dos siècles reculés ; la seconde, c'est qu'il n'était pas nécessaire de recourir nu jugement des évoques pour condamner les hérésies des premiers siècles -, elles étaient si évidemment contraires à la foi, qu'on ne sait de quoi s'étonner davantage, de l'audace ou de l'extravagance de leurs auteurs. 11 était bien simple et bien facile à chaque docteur de réfuter de pareilles opinions, par leur opposition manifeste à la doctrine que les apôtres venaient récemment d'enseigner. Tont le premier siècle était rempli de leurs disciples , le second môme en possédait beaucoup, et ceux qui no l'étaient point alors avaient été pour la plupart instruits par les successeurs immédiats de ces derniers. Ainsi le inonde retentissait encore de la voix et de l'enseignement des apôtres; la mémoire en était fraîche et présente dans les es-

firits. Leurs chaires, suivant l'exprçs-ioii de Tertulien, étaient, pour ainsi dire, parlantes ; il suffisait de dire aux novateurs : * Ainsi n'enseignaient point » les apôtres, ainsi n'oot-ds pas écrit. Votre doci trino n'est point la leur ; nous l'entendoos pour ■ la première fois : elle est impie. ■ La troisième raison est l'impossibilité qu'il y avait pour les évoques, durant le feu des persécutions, do s'assembler et de prononcer un jugement eu commun, et

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On dira peut-être que du temps de l'arianisme, des conciles assez nombreus ont professé et signé cette hérésie ; ils en imposaient donc sur le fait de la croyance des Eglises, mais nous osons délier nos adversaires

d'en citer un seul dans lequel les évêqucs ariens aient osé affirmer qu'avant Arius, leur troupeau ne croyait ni la divinité du Verbe, ni sa co-éternité avec Dieu le Père, nisaeonsul^tantialité. 11 y en eut mèmetrés-peu

de donner alors au monde de* preuves éclatantes de leur autorité. Daoi ces tours de recherches et de

sang, il n'y avait pas d autre yen d obvier aux

nouveautés que par des condamnations particulières, où cependant les évèques laissent apercevoir des traces non équivoques dû seotiaient de leur infaillibilité. Tout homme qui l'avisait alors de dogmatiser et de vouloir accréditer -es folles idées, étail ooté parl'évéquc diocésain (fui l'avertirait, le reprenait charitablement, le réfutait, le menaçait et le condamnait enfin. L'affaire allait ensuite .le pioche en proche,

et suivant les f* ilïtés des circonstances, aux évèqnee voiains, a ceux de la province, a ceux des éalii «tniiquea, el avee [tins .1 empressement et de déférence encore à celui qui présidait ini la chaire eiiim nte ilu prince de? apôtres. Pour Is plupart du

tampt

s'était de i ette chaire

principale que partait

ht condamnation, et que, du centre de 1 unité

ait dan- tous les sens jusqu'aux extrémités.

i ■ é fi |'i la y adhéraient pur d m eot ex-

près "ii tacite ; et lenrs approbations partielles formaient, pai' It-uc grande réunion, le jugement trréde de .'i ghse disp rséé : le dogme eu était nffermi, et e novateui réfractaire sigoeié désormais ji tons les Bdëtes, comme il le sérail de dos [ours, après née pareille sentence^ io is le nom diffamaoi tique. Ainsi furent condamnés an second siècle ■ orne corrupteurs de la f<u. Saturnin, Oa- 1 Cet dota el Marcion.

Dan-- les époques m ..n - oi ■ t lorsque l'E-

glise respirait sous des empereurs plus douxel pins humains, le- <■% ftque autant que le

■i huent les eiroonstan t avec

autorité sur les affaires qui intéressaient la Im. Kuèbe observe, eo parlant des premiers lieoles, «qu'à

la aaissAooe 'l'une hérésie, tons les évoques du i monde accoure ieal pour étsuodre le feu. u L'ambitieux Kfontaa aspire a ie faire passer pour le Paiar-lci promis par Jésus-Christ; il séduit par l'austérité de se- mesure, de ses préceptes, et par le ton imposant de se* prophéties. Les é«éqnes d Asie s'assembleot plusieurs fois a H érapolis, et après des ménagements et un Inni* examen, déclarent fa mé es el profanes les prophéties 'le Mo , tan et celles do Priscilla, tle Maximdla, qui avaient quitté leurs maris pour s'attacher aux extravagances de l'imposteur, condamnent leur doctrine, leurs erreurs, et les retranchent eux-mêmes -le la communion île il pli se.

En 255, lorsque la paix fut rendue aux chrétiens, snns l'empereur Galioa, plusieurs de ceux qui étaient tombé-) dans les dernières per tentions demsndeV reut la paix et la communion de l'Eglise, et y furent reçus après avtur subi tèS rigueurs de la péuî- Leoee publique. Novatien, pi être d'un caratere dur et far nche, s'indigne de la condescendance qu'on arait montrée pour ces faibles et là lies chrétiens, soutient qu'on ne peut accorder l'absolution A ceux qui sont tombé* dans L'idolâtrie, et se sépare du pape t'.ornpille dont même il veut usurper le siéçe : un synode de soixante évèques le condamne à Rome et le chaise de L'Eglise.

Paul de Siïuiosate, évoque U'Antioelie en 46Î, pour attirer à la religion la reine Zénobie, essaie de réduire les mystères à des notion* intelligibles, attaque celui de la Triuité en uiaut la divinité de no-

tre Sauveur. Les évèques «le la province prennent l'alarme, accourent pour une seeoo le fois aAntioche, condamnent les eu-eurs de Paul, le déposent de son «ege, et ('exeoni intiment d'une voix unanime, Paul, protégé par Zénobie, s'obstîne .i ne pas quitter sou siège, jusque ce qa'sVorélien, devenu maître d'Antû» bc, ordonne que ta ma son épjscopale appartîendiaîl a celui a quel les évèques de Rome adresseraient leurs lettres jugeant, ajoute Théodoret. que celui qui ne se soumettait point à la sentent de ceux de sa reluioi, ne devait plus rien avoir de commno avec eux.

Ces exemples, auxquels il serait facile d'en ajouter d'autres, prouvent que, des les premiers siècles,

les ôvô mes prononçaient péremptoirement sur les choses de la foi, déclaraient ce qui était révélé, ce qui ne l'était pas*, reirancliaient de l'Eglise ceux qui remisaient de leur obéir, les reléguaient parmi i nuques et les infidèles, en les dévouant à l'anathéuie. Et ce n'était point parce que ces hommes nv;i ont .n- ■ l: .■■ ries opinions erronées, mais parce qu'ils D6 si- rendaient pas a l'autorité de leurs supérieurs ecclésiastiques, parce qu'ils persistaient dans leurs opinions, après qu'elles avaient été condam- [a'tlsseï ustituaient contumaces et rebelles a la décision ôpiscopale. i> Les superbes et les con-

■ tumaces sont frappés a mort f a r le même glaive

rituel, disait saint Cyprien, alors qu'ils sont b retranchés 'le l'Eglise. » Or, pour frapper d'une in ni spirituelle les esprits superbes, et dévouer les

contumaces à noe damnation éternelle, d faillît bien

que les .',.'■ pu-- l'uiinus^enl tous leurs droite, qu'ils tu — ni convaincus qu'il- ne pouvaient se tromper dans leius [a^ements; il fallait bien qu'ils se tinssent assures que Jesus-Clir st était avec eux, qpe l'esprit d- vérité ne Les ahand«anerait jamais, et que, suivant l'ordre du maître, quiconque ne les écon ait [its. méritait d'être traité eo publicain, en païen. Loin de soupçonner ces vênéiables évèques d'avoir méconnu I ur autorité, on serait plutôt tenté de les accuser de l'avoir exagérée, de l'avoir étendue an delà île ses bornes, en s'attribuent, dan* des synodes trop nombreux, une infaillibilité qui n'avait été donnée qu'au corps entier des évèques. Mais il faut observer que les opioioofl c ^damnées, dans ces premiers -vnodes, l'avaient peut-être déjà été par bs apôtres; que peut-être aussi ce petit nombre d évèques assembles connaissait avec certitude la dn. ■truie de leurs confrères absents, et qu'en tout ras l'acceptation de ces derniers devait arriver en -•ni temps, et timr par ajouter au pouls des senteQ' ces synodales le dernier sceau de l'infaillibi itê.

Les faits que je viens de rapporter parlent a--se; d'eux-mêmes, LflS évèques ont déployé l'autorité dans toute l'étendue qu'elle pouvait avoir : les fidèles l'ont recounue, en se conformant aux sentences lancées contre les hérétiques, arec lesquels ils ont cessé dès lors toute communication. Ainsi l'usage et la pratique de la primitive Eglise prouve suffisamment que le domine de l'infaillibilité y était trèsconnu. Discussion amirule, etc., tom. 1.

D'ailleurs nous trouvons le do^oie de l'infaiflibil te dans les écrits i\oà plus anciens docteurs de l'Eglise. « Il ne fiut pas, dit saint Irénée. chercher chez » d'autres la vérité qu'il est aisé de recevoir de

■ l'Eglise; les apôtres y ayant pleinement déposé.

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qui osassent exprimer dans leur coufession de foi que le Verbe était une créature, que Jésus-Christ n'était pas Dieu dans le sens propre et rigoureux de ce terme. Le très-grand nombre

- comme dans un riche trésor, tout ce qui appartient » à la vérité : en sorte que quiconque le vont y » puise la source de vie. Mais tous les autre» sont i des voleurs et des larrons : c'est pourquoi on doit i les éviter. Mais on doit chérir ce qui vient de l'E-

■ glise, et saisir d'elle la vérité de la tradition... » Il faut ohéir aux prêtres qui sont dans l'Eglise, » à ceux qui, comme nous l'avons montré, tirent leur > succession des apôtres, et qui, avec cette suer s-

■ sion d'épiscopat, ont reçu le don certain de la b vérité, selon le bon plaisir du Fère... Où sont b placés les.dous du Seigneur, c'est la qu'il lu ut

■ apprendre la vérité; c'est-a-dire de ceux qui tirent » dans l'Eglise leur succession des apôtres, et chez

■ lesquels il est constant que réside la discipline

■ saine et irréprochable, et la parole inaltérable 01 b incorruptible : car ces hommes conservent ûotre b foi en un seul Dieu qui a tout créé, et augmentent i notre amour pour le Fils de Dieu qui a lait en » notre faveur de si admirables dispositions, et nous i expliquent les Ecritures » {Contra hœres. lib. 3, c. i).

A ces passages de saint Irénée il serait possible d'en ajouter encore d'autres ; mais ceux-là sont suffisant-, poui montrer la doctrine de ce saint docteur sur l'infaillibilité de l'Eglise. Selou lui, l'Eglise est un riche trésor où les apôtres ont déposé tout os qui appartient à la vérité; on y puise la source de vie, on reçoit d'elle la vérité de la tradition. Tout cela serait-il applicable aune église qui pourrait eotrainer dans l'erreur? Les évoques, avec la su 'cession des apôtres, auraient-ils reçu le don, elle dou certain de la vérité, s'ils étaient exposés à se tromper? S'ils étaient sujetsaerreur,seraient-ils certains que la parole divine reste, dans leurs mains, inaltérable et incorruptible ? Ne courrait-elle pas, au contraire, le plus grand risque de s'altérer et de se eowompro? Codserveraient-ils notre foi, s'ils pouvaient la change! ? Serait-ce sans péril qu'il* nous expliqueraient les Ecritures, s'ils étaient en péril de s y méprend»?

11 n'y a presque aucune des express > de ce | >

sages qui no soit la confirmation évidente de la foi catholique.

TertuIIien n'est pas moins précis que saint Irénée. Je n'en citerai que deux passages. > Si Jésus-Christ, » dit-il dans le premier, a envoyé ses spôtrOS pté-

■ cher, on ne doit point recevoir d'autres prôJicab tours que ceux qu'il a institués. Car personne no b connaît le Père, sinon le Fils, et ceux à qui le

• Fils l'a révélé ; et on ne voit pas que le Fils l'ait b révélé à d'autres qu'à ceux qu'il a envoyés |

■ prêcher. Mais ce qu'ils ont prêché, c'est-à-dire ce r que Jésus-Christ leur a révélé, ..(et c'e^t la pres- » cription que je présente) ne doit pas être prouvé » autrement que par les églises que les apôtres ont » fondées, en les prêchant d'abord de vive voix, et

• ensuite parleurs Eplties. Les choses étant ainsi,

■ il est par conséquent certain que tonte doctrine b conforme à celle de ces églises mères et oiigi-

■ noires de la fui, doit être réputée la vérité ; b puisqu'elle retient, sans qu'on puisse eu douter,

■ ce que L'Eglise a reçu des apôtres, les apôtres du » Christ, le Christ de Dieu. Mais aussi toute d»cb trine doit être jugée d'avance mensongère, qui b professe contre la vérité des églises, des apôtres, » du Christ et de Dieu. Il ne nous reste donc plus » qu'à démontrer que notre doctrine vient de U i tradition des apôtres, et que par cela même,

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s'obstinèrent seulement à supprimer le ternie de consubstantiel, sous prétexté qu'il était susceptible d'un mauvais sens. Le fait de la croyance ancienne et universelle des Eglises n'a

» toutes les autres soot mensongères. Nous comd muniquons avec les églises apostolique-, notre » doctrine n'en diffère eu rien; voilà le tém i- » gnage de la vérité « (De l'rœseript., c. 21), Selon TertuIIien, la saine doctrine ne doit pas être prouvée autrement que par les églises apostoliques, parce que la doctrine qu'elles enseignent est, saos qu'on puisse en douter, celle qu'elles ont reçu-- des apôtres, les apôtres de Jésus-Cbritt, Jésus-Christ de Dieu. Toute doctrine professée contre 1j vérité qu'euseignent ces églises, doit être par cela même jugée mensongère. La couununiralnn avec ces églises est le témoignage de la vérité; la collection de ces églises ne peut donc pas, dans les princ pes de ce Père, être dans l'erreur; leur enseignement unanime est donc infaillible.

Dans un autre endroit, TertuIIien fait une supposition : c'est DUfi l'apôtre so soit trompé dans le témoignage qu'il a rendu ; c'est que le Saint-Esprit n'ait pris aucun soin pour conduire l'Eglise à la vérité ; c'est qu'envoyé par le Fils, demandé au Père, précisément pour être le docteur de la vérité, il ait négligé son office ; c'est que ce messager de D eu et vicaire de Jésus-Christ ait permis que. les églises roui; rissent autrement, crussent autrement qm- ce que lui-même avait pléohé par les apôtres. Comment, dans cette hypothèse mémo, sera-t-il vraisemblable qu'un si grand nombre d'églises aient erré dans la même toi? Entre elles toutes il n'y a qu'une foi; l'erreur sur la doctrine fût dû varier entre tant d'églises. Et il finit par cette maxime célèbre qu'on a opposée, dans tous les temps, aux hérésies qui successivement s'élevaient : Ce que ion trouve dans l'universalité ununinifmeut vtab/i, n'est pas une erreur; c'est une tradition {De Prxscr., c. 28). \un- seulement TertuIIien ,u isee ici l'infaillibilité de l'Eglise universelle, mais il en présente dera prouves. La première est

l'assistance du Saint-Esprit, OOTOjé précisément

pour être le docteur de la vérité, et aurait

négligé son oftîce s'il avait laissé l'Eglise croire une doctrine contraire à son eiis-'ii-m-in-nt. Li seconde est l'impossibilité que tant d'églises se remissent dans une erreur commune.

OrigèuO dit, qu'en traduisant lefl saint''- Tentures, les hérétiques ont l'air de dire que la parole de vérité est dans leurs maisons, i Mais ajuue-t-il, t nous ne devons pas leur ajouter foi, et nous i éloigner de la primitive tradition ecclésiastique, n et croire antre chose que ce que les églises de » Dieu nous ont transmis par tradition. » ( Tract. 29 i i Mat th. y versus (iuem.) Si nous devons croire ce que les Eglises nous ouseignent, leur enseignement est donc certain. Croirons-nous que Dieu, pour régler notre foi, nous présente une autorité capable de nous apporter une loi fausse ? C'est la même autorité divine qui m'impose la double obligatlun, et de croire les Ecritures saintes, et de les croire selon le sens que l'universalité des églises m-î présente. Je dois être persuadé que la même as- BÎsLance infaillible qui a préservé de toute erreur les écrivains sacrés, en garantit les églises qu'elle constitue leurs interprètes.

Saint Cyprieu déclare que « l'eau Gdèlo, et salu- » taire, et sainte de l'Eglise, ne peut pas être cori rompue et altérée, comme l'Eglise elle-mèuie est incorruptible, et chaste, et pudique. ■ (Kfdst. 73 ad Jubaianum). Cette eau de l'Eglise est évidem-

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donc jamais été douteux ; et si les ariens avaient voulu s'y tenir, la contestation aurait été linie.

Quand l'attestation des pasteurs serait envisagée comme un témoignage purement humain, il y aurait déjà

de la folie a ne vouloir pas y déférer; mais il n'en est pas ainsi. Un autre fait incontestable, est que les apôtres ont été envoyés par Jésus-Christ, leur nom même en dépose, et qu'ils ont fait des miracles pour prouver leur mis-

aient la doctrine qu'elle enseigne. Si cette doctrine ne peut pas être corrompue et altérée, l'Eglise est donc infaillible dans son enseignement. De pins, l'Eglise est déclarée par saint Cyprien incorruptible ; ne sernit-elle pas corrompue du moment où elle adopterait une erreur sur la foi?

« La bonté divine, dit ailleurs le même saint » docteur, daignera faire en sorte que, eonjointe- » ment avec nos collègues, no >s administrions avec i stabilité et sécurité, et que nous conservions la - paix de l'Eglise catholique, par l'unanimité de la n concorde. Le Seigneur qni a daigné se choisir et ii établir daDs son Eglise des préties, protégera de b .«a volonté et de sou assistance ceux qu'il a choisis ■ et établis, inspirant ceux qu'il a chargés du gou- » vernement, et leur donnant la vigueur qui réprime a l'audace des méchants, et la douceur qui anime » la pénitence de cpux qui sont tombés s (Ep. 45 ad Cornel.). Quoiqu'il s'agisse dans ce passage principalement du maintien de la discipline, on y voit saint Cypnen compter que Dieu inspire eu général le corps épiseopal dans le gouvernement de l'Eglise. D'ailleurs, il n'esl pas tellement ici question de discipline, que le sainr do teur ne comprenne dans l'inspiration céleste l'aQanimité de lu concorde, c'est-à-dire l'unité de doctrine. Il croyait donc que le corps établi pour juger et enseigner la doctrine est inspiré de Dieu : ce qui suppose l'infaillibilité.

Saint Athaoa-e Irai e de scélérats ceux qui pensent contradictoireuient à un aussi grand et aussi œcuménique concile que celui de Nicée. [De derretis syn. h'irwnœ, n. 4). Si <-e conc.le avait pu se tromper, quelle serait la scélératesse de panser autrement que lui !

Saint Bpiphsne dit que la profession très-certaine de la vraie lui s'est conservée sans interruption dans l'Eglise catholique jusqu'à son temps, depuis les temps de la loi des prophètes, des Evangiles et des apôtres. Il ajoute que, tandis que diverses hérésies excitées dans tous les temps contre la foi vraie et une, l'ont attaquée et combattue, cette foi, qui fuit notre salut, est r.-stée stable dans sa vérité, et qu'au contraire ces hérésies se simt souillées, elle-niéuies de teur vice, et ont été séparées de la société de l'Eglise, [In Anroriaco, n. 13). Si ce Père ne dit pus eu propres termes qu'il est in possible a l'Eglise d'errer, il déclare au munis de la manière la plus positive, que ce malheur ne lui est jamais arrivé, nu milieu île toutes les occasions et les tentations qu'elle n'a cessé d'en avoir : ce qui montre assez clairement son sentiment sur la question de l'infaillibilité de l'Eglise.

Saint Théophile d'Alexandrie, contemporain de saint Epifhaue, lui écrivait nue « Dieu dms tous » les temps accordu à son Eglise la grâce de cou- » server le corps entier, et de ne laisser prévaloir o en rien les poisons des hérétiques » (Theoph. Alex., epist. 11 ad S. Epiph., Bibt. patrum, tom. o, pag. 858). Si une grài'e spéciale préserve constamment l'Eglise du poison de l'hérésie, elle lui confère incontestablement l'infaillibilité.

Je ne citerai de saint Jérôme qu'un seul passage, mais il est aussi positif qu'il soit possible. > Je n pourrais, dit-il, en combattant les lucifériens, » dessécher tous les ruisseaux de leurs asse lions, » par le seul soleil de l'Eglise; mais, puisque cous

• avons déjà longuement raisonné, et que la pro- « lixité de la dispute a pu lasser l'attention des y> auditeurs, je drrai mon sentiment en peu de mots, » mais clairement. C'est qu'il faut rester dans » l'Eglise qui, fondée par les apôtres, dure jusqu'à » ce jour » (Dud. contra Luciferianum, in fine). Dessécher, par le soleil de l'Eglise, les ruisseaux des assertions hérétiques, c'est détruire ces assertions par la seule autorité de l'Eglise. Mais e'tte manière de trancher la question SU] pose évidemment que l'Eglise ne peut pas se tromper, tne autorité dont on pourrait appeler, à qui on pourrait disputer la vérité de sa décision, ne serait pas capable de termioer ainsi par elle-même la controverse.

Ecoutons ce que dit sur cette matière saint Jean Chrysostome : « Hien ne fut jamais plus fort que » l'Eglise. homme, gardez-vous de lui faire la n guerre, vous épuiseriez en vain votre force 1 Ne » faites pas la guerre au ciel. Si vous attaquez un " homme, vous pourrez ou vaincre, ou être vaincu : » mais, au contraire, si vous combattez contre i'Eu g lise, sachez qu'aucun art ne peut vous donner » sur elle lu victoire; car Dieu est infiniment plus « firt que tous vos moyens. Rivaliserions-nous » Dieu? Sommes-nous plus fots que lui? Dieu a » rendu fixe ; qui peut avoir la prétention d'ébran- '> 1er? Vous ne connaissez donc pas quelle est sa » puissance? Il re arde la terre, et il la fait tremy hier; il . rdonue, et les choses ébranlées s'afftr- » missent; il ordonne à la "ité tremblante de se a consolider; combien plus il peut rendre l'Eglise ■ stable ! Certes, l'Eglise est plus forte que le ciol o puisque le ciel et la terre doivent passer, mais » que la parole divine ne passera pas. Entre ces » paroles est celle-ci : Tu es Pierre, et sur celte » pierre j'édifierai mon Eglise ; et les portes de » l'enfer ne prévaudront point contre elle. Si cette s parole vous pnrait suspecte, croyez du moins les h faits * [Homil. cum de expulsione ejas ayeretur). Il est impossible d'énoncer plus clairement, de prononcer plus fortement que l'Eglise est inexpugnable; qu'aucune force ne peut remporter sur elle aucun avantage; que la parole divine l'affermit et la rend inébranlable ; que Dieu lui-même qui la défend, la rendra toujours victorieuse de ses ennemis : mais ses ennemis sont les erreurs, les schismes, les hérésies. Or dire qu'elle d >it constamment, d'après la parole de Jésus-Christ, triompher de toutes les erreurs, ou déclarer que, par l'institution divine, elle est dans l'heureuse impuissance d'errer, et qu'elle est par conséquent infaillible, n'est-ce pas évidemment une seule et même chose?

Saint Augustin , dans un grand nombre d'endroits, établit l'autorité irréfragable de l'Eglise. Je me contente d'en rapporter quelques-uns. Dans son Traité du baptême, contre les donatistes: «Ce a qu'il y a de siïr, dit-il, c'est de ne pas s'avancer » témérairement à affirmer ime opinion qui n'a pas « été traitée dans un coni'ile plénier; mais de sou- » tenir, avec toute la confiance d'une voix assuiée, d ce qui, selon le gouvernement de Noire-Seigneur » et Sauveur Jésus-Christ, est confirmé par le con- » sentement de l'Eglise universelle » (Lib. il, n. 102).

Daus d'autres endroits du même ouvrage, il ex-

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sion. Il n'est pas moins certain qu'à leur tour ils ont établi des pasteurs ; que chaque évèque, par l'ordination et par voie de succession, a reçu sa mission des apôtres, par conséquent de Jésus-Christ. La formule de l'or-

dination : Recevez le Saint-Esprit, etla profession que fe.it chaque évèque d'avoir besoinde cette mission, atteste qu'il ne s'attribue pas le droit de rien inventer de son chef, C'est donc un témoin revêtu de caractère et de mis-

ense saint Cyprien île son opinion an sujet du baptême des hérétiques, sur ce que le jugement du concile plémer n'avait pas encore fixé ce qu'il luilait croire sur cet.e matière (Lib. i, c. 18, n. 28. Vid. lib. 11, c. 9, n. 14. et alibi).

Au contraire, dans son ouvrage contre CresconittSf parlant de la même opinion que les douati>tes rëdiu ti liaient , malgré les déeisioos des conciles d'Arles et de Nicée, il dit : « Quoique nous ne rap-

■ portions auenu passage des Ecritures canoniques, « nous suivons cependant, en ce point, la vérité » enseignée dans ces saintes Ecriluies, puisque

■ nous faisons '■" qu'a décide l'Eglise unive rselle , o dont l'autorité est établie par l' Ecriture, Puisque » la sainte Ecriture ne peut tromper, quiconque a craint d'être induit en erreur par l'obscurité de « cette question, doit consulter cette Eglise que » démontre sans ambiguïté la sainte Ecriture. Et b si vousdoutez que l'Eglise qui s'et-nd dans toutes » les nations par une abondante dilfusion, soit ve- « ritablement recommandée par la sainte Ecriture, » je vous accablerai d'une multitude de témoigna/' i ges évidents, tirés de eet'e autorité sacrée » [Contra Crescon., lib. 1, cap. 33, n. 39).

Dans son livre sur l' Utilité de croire : i ffôai- » terous-nous,dit-il,à dous jeter dans le sein de cette » Eglise, qui, depuis le siège apostolique jusqu'à la h confession universelle du genre liumain, a aeu quis par les successions de ses évèques le faite « de L'autorité, malgré les aboiements des hérétii qo.es, condamnes tantôt par le jugement «le tout « le peuple même, tantôt par le poids imposant des u conciles, tantôt par la majesté des miracles. Ne a pas donner a cette Eglise le premier rang, est » eeitainemmit le comble de L'impiété ou de I arro-

■ Renée » [De Util, rredendi, cap. 17, n. ~- .

Il n'est pas nécessaire, je cr is, d'expliquer des textes aussi clairs, et d en déduire lea conséquences qui sautent aux yeux.

Au cinquième siècle, le pape saint Célestifl reconnaissait certainement l'infaillibilité du concile d'Ephèse, lorsqu'il lui écrivait : « L'assemblée des » évoques atteste la présence du Saint-Esprit , car » il est saint, à raison de la vénération qui lui est » due, le concile dont la nombreuse assemblée

■ nous fait voir la respectable autorité des apôtres. » Jamais le Maître qu'ils avaient été chargée de n prêcher ne leur manqua; il fut toujours a»ec » eux leur Seigneur et leur Maître : et dans leur

• enseignement, ils n'ont pas été abandonnés par f leur Docteur ; il les enseignait, celui qui les avait u envoyés; il les enseignait, celui qui leur avait i appris ce qu'ils (levaient enseigner; il le- eusei- » finait, celui qui assurait que dans ses apôtres » c'était lin que l'on eutenduît. » Le saint Ponti'e » fait ensuite aux évèques l'application de ce qu'il » a dit des apôtres. « Ce ministère de la prélica-

* tîoti est parvenu en commun aux évèques du » Seigneur ; nous sommes tenus, par droit bérédi- » taire, à la même sollicitude, tons tant que nous » sommes, qui en leur place prêchons le nom du » Seigneur. Lorsqu'il leur est dit: Allez, enseu/nrz « toutes les nations, votre fraternité doit recon- » naître que c'est un commandement général que ■i nous avons reçu, il a voulu que nous agissions » tons ainsi, celui qui a confié à tous nu ministère

» commun » [Condl, Ephes,, sess. il.; Spiet* S. Cœl> stini papx, ad concit). Il n'y a pas de tèimignags plus formel que celui-là. D'abord saint Célestîn dit nettement que le Saint-Esprit est présent dans l'assemblée des évéques; ce ne peut être que pour les préserver d'erreur, que l'Esp it de vérile descend au milieu d'eux ; ennuie, selon lui, le ministère des évèques est le inéme, leur mission est la même que celle des apôtres, lesquels étaient continuellement assistés et enseignés par leur divin M. titre, qui parlait par leur bourbe. Les évéques, assemblés en concile, ont donc U même assistance ci la même infaillibilité que les a put rus.

Et sur cela j'observerai deux choses : la première, que ce n'est [pus la doctrine particulière du pape, mais ce le du concile qui l'a adoptée en insérant la lettre dans ses actes; la seconde, que l'autorité du concile d'Ephèse est d'un grand poids

vis-a-vis des protestants, qui la reconnaissent et qui

professent ses déci -ions.

Saint Cyrille d'Alexandrie s'exprime ainsi au

sujet du concile de Nicée : » Il faut donner son as-

ii sentiment o. ceux qui traitent a»ec soie [a vraie

.. foi, conformément aux prédications sacrées que

■ doqs ont apportées, avec l'assistance du Saint- » Esprit, ceux q i dans le commencement ont vu » eiix-n ênies, et ont été les muust ras de lu parole ;

u ils ont marché uvi-c zèle sur leurs traces, nos

.i célèbres Pères qui, autrefois assemblés à Nicée,

■ ont défini le Vé&érable et universel symbole de

» la lui; avec Lesquels certainement Jésus-Christ

» lui-même a si.'U'e, b i qui a dit : Lorsque d>nx

•■ ou trois seront tueemblés eu mon nom, je suis i au milieu d'eux. Car que le Christ ait présidé

* invisiblement ne grand et SSiot 'de, comment

u peut-on le révoquer eu doute? Car on y posait

» la hase et le fondement ferme dans tout l'univers.

» Ou y traçait même la pure et irréprochable con-

■ fesnoo » [S. Cyrillus Alez.j insymb. Sic).

Saint Cyrille prononce, dans les ho oies les plus positifs, l'assistance etla présidence ■]'■ Jésus-Chrirs aux conciles généraux; il tonde cette doctrine -m-

nue promesse du divin Sauveur; il dit que, dans

dans ces assemblées, on posa les fond ents inébranlables de la foi, qu'on y trace des professions de foi pures et irréprochables ; il exige qn'oo leur

donne son assentiment : il n'y a pas une de ces as-

nertions qui n'ait pour conséquence immédiate l'infaillibilité 'les conc lea généraux.

« L'Eglise de Jésus-Christ, dit Vincent de Lérms, ^> gardieoue fidèle et attentive Mes dogmes dont « elle est dépositaire, n'y change jamais rien, u en

■ retranche rien, n'y ajoute rien, n'été point le

■ née ssaire, n'ajoute punit le superflu, ne perd - i ieu du sieu, n usurpe rien sur autrui. t|ne seat- » elle efforcée de procurer par les décrets de ses ni'iles, Binon que ce qui était cru simplement,

■ le lût ensuite plus lortement ; que ce qui était prêché plus lente, lient le fût plus vivement ; que ce qui

a était pratiqué avec sécurité, le fut ave- plusd'atten-

i! lion? Voila seulement ce que l' Eglise catholique,

» excitée par les innova! ions des hérétiques, a

n opéré par les décrets île ses conciles. C'est ce

» qu'elle avait reçu par la seule tradition des an-

» rétros, qu'e le a transmis par écrit à la postérité... « Tontes les anciennes profanations des hérésies

ei;l

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sion divine pour attester la doctrine de ['Eglise, des apôtres et de Jésus- Christ. La croyance que Ton donne à ce témoignage ne porte donc pas sur un fondement humain, mais sur la perpétuité de la mission que Jésus-

Christ a donnée à ses envoyés ; ce n'est plus une foi humaine, mais une foi divine.

Ces mêmes vérités sont évidemment prouvées par les textes de l'Ecriture sainte que nous avons allégués ; lors-

■ on des schismes, il faut, ou les convaincre par » l'autorité des saintes Ecritures, ou les éviter » comme anciennement convaincues et condamnées » par les conciles universels des évèques catholi-

■ ques (/ôtrf.,cap. 28). h

Yoih une suite nombreuse de témoignages des cinq premiers siècles, qui établissent contre les hérétiques de ces temps, aussi clairement que nous pouvons l'établir contre ceux du notre, le dogme précieux de l'infaillibilité de l'Eglise. Outre l'autorité personnelle de* grandi et --avants docteurs que j'ai cités, outre qu'elle a d'autant plus de poids, que la plupart d'entre eux ayant écrit contre les hérétiques connaissaient plus parfaitement la nature et l'étendue de la puissance qui condamnait les erreurs, il résulte de leur réunion, que la doctrine du l'infaillibilité qu'ils professaient était celle de toute l'Eglise des premiers siècles; et, par une enséquence ultérieure, qu'elle est celle des apôtres et de Jésus- Christ.

Comment pouvons-nous savoirquelle était la doctrine de l'Eglise dans ces premiers siècles, nullement que par les nombreux monuments qui, dans ces temps-là, sont parvenus jusqu'à nous? Si nous VOYOUS, d'une part, un grand nombre de docteurs des plus accrédités proclamer hautement, pendant tout le cours des premiers siècles, le dogme de l'infaillibilité de l'Eglise; si, de l'autre côté, nous ne voyons aucun écrivain orthodoxe contester ce point important ; nous ne pouvons pas douter que ce fiV «lors l'opinion on plutôt ia doctrine de toute L*Bg is". Si les protestants veulent eootestei eette vérité qu'Us balancent au moine les suffrage* tgne nous alléguons par quelles suffrages contraires.

L'impuissance où ils smil d'en citer, doit leur faire convenir que toute l'Eglise des cinq premiers suclés était dans la môme opinion que l'Eglise catholique actuelle sur son infaillibilité •

Hais des que l'Eglise de ces premiers siècles se croyait infaillible, il est certain quelle l'était. C ■ ne 'sont pas les protestants qui peuvent nier cette conséquence, eux qui reconnaisse it que, pendant ces siècles, l'Eglise n'avait pas altéré sa croyance, et que, durant tout ce temps, elle a professé la pure doctrine de Jésus-Christ. Si d'une part l'Eglise avait conservé la vraie foi, si de l'antre l'infaillibilité fusait partie de sa foi, il est évident que le principe de l'infaillibilité est un des dogmes de la vraie foi.

Et que, pnnr se soustraire à cette conséquence évidente de leurs propres principes, les | rotestants ne recourent pas à leur distinction familière entre articles de foi fondamentaux OU non fondamentaux. Qu'y a-t-il de plus fondamental dans la religion que ce qui est le fondement de la foi universelle? De la question sur la failhbil.té ou l'infaillibilité du juge des controverses, dépend la certitude ou l'incertitude de la croyance de tous les chrétiens. Et pour entrer un moment dans l'idée des protestants, rien n'est plus fondamental en matière de loi que l'infaillibilité du tribunal qui doit décider ce qui, dans la foi, est ou n'est pus fondamental.

Et il tant considérer encore que l'infaillibilité de l'Eglise est le point sur lequel il était le plus difficile que la doctrine variât, surtout dans ces premiers temps, où l'on était si voisin de la source de

tonte doctrine. C'est que c'est un dogme pratique, si on peut s'exprimer ainsi ; un dogme qui fait croire tons les antres ; un dogme dont l'usage devait nécessairement se renouveler très-souvent. Depuis l'origine de l'Eglise, et dès le temps même des apôtres, il s'est élevé successivement îles questions, des contestations, des hérésies. Il était impossible que l'on ne connût pas pleinement et clairement quelle était ia nature et l'étendue de l'autorité qui décidait ces questions, qui jugeait ces contestations, qui condamnait ces hérésies; qu'on ne sût pas positivement si elle était infaillible ou sujette à erreur; si on devait à ses jugements un assentiment intérieur de foi, ou seulement une soumission extérieure de respect. On avait donc nécessairement, sur l'objet de l'infaillibilité, une idée bien distincts. bien .claire, bien assurée.

Or, dans ces temps la, toute l'Eglise croyait positivement son infaillibilité; il résulte évidemment que l'infaillibilité de l'Eglise est un dogme transmis par les apôtres, et recueilli par eux de la bouche de Jé-us-f.hrist. Car, ou la doctrine de l'infaillibilité vient de cette source sacrée, ou elle a été introduite postérieurement et dans le cours des cinq premiers siècles. Or, quand et comment aurait-il été possible que se lit cette introduction? Les premières décisions, les premières condamnations ont été faites par les apôtres eux-mêmes. Elles ont continué a se faire, après eux, do la même manière. Ceries, on ne .se trompait pas sur le degré d'autorité des jugements portés par les apôtres qui enseignaient quelle étendue «le soumission leur était due. La doctrine de l'Eglise, sur son infaillibilité, était la leur. Veut-on que ce soit immédiatement après les apôtres que soit née l'innovation? Mais leurs successeurs immédiats avaient été instruits pâteux. Auraient-ils souffert un changement aussi important dans la doctrine? Auraient-ils permis qu'on attribuai au juge des controverses uoe infaillibilité contraire à l'enseignement de leur maître? À la mr.rt des apôtres, ily avait beaucoup d'églises foudées et disséminées dans un grand nombre de pays. Vent-on que le changement total de croyance, sur la mesure d'autorité du juge des controverses, se soit opéré subitement, en même temps, dans toutes es églises ; qu'il se soit opéré sans aucune réclamation, sans que persoone pensât a se plaindre du nouveau joui; qu'on imposait aux fidèles? Veut-on que, s'il y a eu des réclamations, des contestations à ce sujet, il n'en soit resté aucun vestige? Si on imagine de reculer aux générations postérieures le prétendu chau^emen de doctrine au sujet de l'infaillibilité, on le rend plus incroyable encore, plus impossible. Un plus grand nombre d'églises particulières répandues dans un plus grand nombre de régions, rend plus impraticable encore le concert pour un changement de doctrine. Un plus grand nombre d'écrivains qui ont fleuri parmi ces générations, rend plus absurde l'hypodièse que l'innovation ait eu lieu sans qu'il soit resté de trace des contestations qu'elle a dû faire naître. Ajoutons encore une autre considération pareillement décisive. Les hérésies et les schismes que l'Eglise condamnait, et qu'elle prétendait condamner avec infaillibilité, n'auraient pas manqué de s'élever contre cette prétention, d'en marquer l'origine, de fixer l'époque à laquelle

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que abus lesopposons aux protestants, ils nous accusent de tomber dans un cercle vicieux, de prouver l'autorité infaillible de l'Eglise par l'Ecriture, et ensuite l'Ecriture par l'autorité de l'Eglise. Ils en imposent évidemment, nous leur citous l'Ecriture, parée qu'ils ne veulent point d'autre preuve ni d'autre règle de foi; c'est un argument personnel contre eux, tiré de leurs propres principes : mais indépendamment de l'Ecriture, l'autorité infaillible de l'Eglise est démontrée par la mission divine des pasteurs et par la constitution du Christianisme.

Vot/vz Infaillibilité.

Ce sont les protestants mêmes qui tombent dans un cercle vicieux. Ils soutiennent que l'Ecriture est la seule règle de foi; que tout particulier, quelque ignorant qu'il soit, a droit d'y donner le sens qui lui parait le plus vrai; que Dieu lui a promis la lumière nécessaire pour le découvrir, et ils prétendent le prouver par des passages de l'Ecriture. D'autre côté, l'Eglise catholique entière leur soutient qu'ils prennent mal le sens de ces passages, que de tout temps on les a entendus autrement. Comment les protestants prouveront-ils le contraire ? Sera-ce encore par l'Ecriture?

De là les incrédules tirent un sophisme spécieux. Les catholiques, disent-ils, prouvent contre les protestants, que cliez eux UIl simple lidèle ne peut pas être certain de la divinité ni du sens de tel passage de l'Ecriture sainte. D'autre part, les protestants font voir aux catholiques qu'il est pour le moins aussi diflicile de s'assurer de l'autorité de l'Eglise que de celle de l'Ecriture sainte. Donc, chez les uns et les autres, la foi est

elle se serait formée, de marquer les moyens par lesquels elle se serait étaUie. Tout répugne au système que lé dogme fondamental de L'infaillibilité ait été introduit depuis les apôtres, surtout dans les premiers siècles. Nous disons au contraire : à la 6n des premiers siècles, la doctrine de l'infaillibilité était celle de l'Eglise universelle. Toutes les églises particulières dont elle était composée, professaient ce dogme, lin effet absolument universel doit avoir une cause commun' 1 . On ne peut en assigner d'autre a celui-ci que la prédication desapétres et la parole de Jésus-t'.bnst. — M. de la Luzerne, Dissert, sur les églises, etc., tom. X.

Gousset.

aveugle et se réduit à. un enthousiasme pur.

Mais il est faux qu'un simple fidèle catholique n'ait à sa portée aucune preuve de l'autorité de l'Eglise ; il en est convaincu par la succession et la mission des pasteurs, fait public et indubitable; par leur union dans la foi avec un seul chef, union qui constitue la catholicité de l'Eglise : il comprend que cette voie d'enseignement est la seule proportionnée à la capacité de tous les lidèles, par conséquent celle que Jésus-Christ a choisir.

Les protestants soutiennent, qu'en établissant l'Eglise juge du sens de l'Ecriture, nous lui attribuons une autorité supérieure à celle de Dieu ; et ils attribuent eux-mêmes cette auinriié ;t chaque particulier. Voyez Foi,

§ I, EcaiTDRE SAINTE, § V.

Enfin, une cinquième conséquence

de nos principes, est que hors de {'Eglise point 'le Salllt, c'est-à-dire,

que tout infidèle qui connaît Y Eglise et refuse d'y entrer, que tout homme élevé dans' son sein, et qui s'en sépare par l'hérésie ou par le schisme, se met hors de la voie du salut, se rend coupable d'une opiniâtreté damnable (1). Jésus-Christ ne promet la

(l) Hors de l'Eglise point de salut. Est-ce a dire qu-- lai catholiques damnent tons le* infidèles, tons les hérétiques, tous tes Bcbtsmattqews qui n'appartiennent pas an corps de l'Eglise? Non : car, c.muie l'cxpliquetres-Uieu M. Bel '-•!.< r. Batte maxime,

ftori de VÈglise point de safol, signifie seulement que roux dee infidèles, des Qéretiqnes et des sefats-

tiques qui <■ aissent l'Eglise, et refusent d'y

entrer, ainsi que eux des clin-liens qui. ayant été élevés dans son sein, s'eu téperwt par lliricsie ou par le schisme, se rendent coupables d'une opiniâtreté damnable. On n'encourt les atiathèmes de Notns-Seieneur que lorsqu'on est réfractaire a l'Eglise, si Eeclesiaiti non aloierit, etc.; et qu'on ni pri-e l'autorité de Dieu en méprisant l'autorité de ceux qu'il a établis pour maintenir l'unité; qui vos spkrmt me spernit (Luc, c. 1 >.

Si la religion catholique ensi-urne que hors de l'Eglise il n'y a point de salut, elle nous apprend aussi qu'on peut appartenir à l'Eglise sans être dans sa communion extérieure. Tous les théologiens, après saint Augustin, reconnaissent que l'Eglise a des entants cachés dans les sectes séparées de l'unité. La i-'iâee du baptême, qui sauve les enfants dans les communions hétérodoxes, ne sera pas perdue pour les iidiilles qu'y retiennent la bonne foi, les preuves iosurmontables de l'éducation, une ignorance invincible, et qui d'ailleurs observent la loi de Dieu sur tous les points qui leur sont connus.

« On ne doit pas, dit saint Augustin, ranger » parmi les hérétiques ceux qui défendent nn sen- » titneut faux et mauvais sans opiniâtreté, surtout

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vie éternelle qu'aux brebis qui écoutent sa voix; celles qui fuient son bercail seront la proie des animaux dévorants. Joan., c. 10, f 12, etc.

Pour rendre cette maxime odieuse, les hérétiques et les incrédules supposent que, suivant notre sentiment, ceux qui sont dans le schisme ou dans l'hérésie, par le malheur de leur naissance, par une ignorance invincible, et sans qu'il y ail de leur faute, sont exclus du salut. C'est une accusation fausse. « Tous ceux qui w n'ont point participé, par leur vo- » lonté et avec connaissance de cause, » au schisme et à l'hérésie, font par- » tie de la véritable Eglise, » Nicole, Traité de Vunitê de l'Eglise, liv. 2, c.

3. Ainsi l'enseigne saint Augustin, lib. de unit, eccles., c. 25, n. 73 ; Ubro 1, de Bapt. contra Bonatist., c. 4, n. 5, lib. 4, c. i, c. 16, n. 23; Epist.

43, ad Glorîam, n. 1 , etc. S. Fulgeaee, lib. de Fide, ad Petritm, c. 39; Salvian., de gubern. Dei, lii». ;î, cap. 2.

Si quelques théologiens mal instruits se sont exprimés autrement, leur avis ne prouve rien ; loin de ramener

les hérétiques par un rigorisme outré, on ne fait que les aigrir davantage. Voij. Ignorance, Hérésie.

§ VI. Notions des différentes Eglises.

Quoique tous les catholiques répandus sur la terre composent une seule et même société, que l'on nomme VEgiise universelle, on y distingue cependant plusieurs Eglises particulières ; et l'on nomme toujours Eglises chrétiennes, les sociétés séparées de VEgiise catholique par le schisme et par l'hérésie. Nous parierons des principales, sous leur article propre.

En Orient, il y a VEgiise grecque et VEgiise syriaque; dans l'étendue de l'une et de l'autre, il y a des catholiques réunis à VEgiise romaine. On y connait les sociétés des jacobites, des cophtes, des Ethiopiens ou Abyssins, des nestoriens et des Arméniens.

Autrefois VEgiise grecque et VEgiise latine ne formaient qu'une seule et même société; mais le schisme, commencé au neuvième siècle par Photius, et consommé dans le onzième par Michel Cérularius, patriarches de Constantinopie, a malheureusement

m s'ils ne l'ont pas inventé par nu** audacieuse pré- » somptioû, niais s'ils l'ont reçu de leurs parents, » séduits et tombés dans l'erreur, et s'ils cherchent » la vérité avec soin, prêta à se corriger lorsqu'ils

» l'auront trouvée Supposons qu'un homme

n soit dans L'opinion de Plmlui, touchant Jésus-Christ, » croyant que c'est la foi catholique; je ue l'ap- » pelle point encore hérétique, à moins qu'après » avoir été instruit, il n'ait mieux aimé résister à la n foi catholique que de renoncer k l'opinion qu'il u avait embrassée (L. 1. de Bapt., contra Linv nat). »

Salvien reconnaît aussi dans quelques hérétiques, même parmi les ariens, l'excuse de la bonne foi et de l'ignorance invincible. Ces barbares, dit-il en parlant des Goths et des Vandales, à qui les ariens avaient perte le christianisme, ne savent que ce qu'ils ont appris de leurs maîtres. Ils sont hérétiques sans le savoir; ils errent, mais c'est île bonne foi, et l'erreur même, loin de provenir d'un sentiment de haine ou de mépris pour la <ii imté, fait partie du culte par lequel ils croient devoir l'honorer. De quelle manière, an jour du jugement, seront-ils punis do cette erreur? Nid ne peut le savoir que le souverain Juge. Qttaliter pro hoc f&lsêB opinionis e/rore, in die judirii puraendi sint, ?iullus poiest setre nisi Judex (De gubern. Deï, lib. 5).

Il serait facile de multiplier les citations; mais rien ne me paraît plus propre à faire connaître la doctrine de l'Eglise sur cette matière, que les principes développés par la Soi bonne dans sa censure de i'Emile.

« Il n'en est pas de même des communions sépa- » rées de l'Eglise catholique, les faits qui les coo- » cernent suffisent pour les faire abandonner. Il e>t )' vrai que ces faits ne sont pas connus de tous ceux

i qui sont du corps de ces communions ; cette con- » naissance est même impossible à tons les enfants

• ipii y sont baptisés, et qui n'ont pas encore atteint i l'usage de raison, aussi bien qu'à plusieurs simi pies qui y vivent, et dont Dieu seul sait le nombre. » Tons ces enfants et ces simples ne participent ni » à l'hérésie ni au schisme; ils en sont excusés par » leur ignorance invincible de l'état des choses, et « ion ne doit pas les regarder comme n'apparte- » nanl pas à l'Eglise, hors de laquelle il n'y a point

> de salut. Ces enfants n'ayaot pas encore pu perdre i la grâce qu'ils ont reçue dans le baptême, sont i indiibitablem nt de l'âme de l'Eglis.-, c'est-à-dire

• qu'ils lui sont unis par la foi, l'espérance et la

• charité habituelles. Les simples ou ignorants dont

> il s'agit peuvent avoir conservé la même grâce; i ils peuvent, dans plusieurs de ces communions, i être instruits de plusieurs vérités de foi qu'on y a i retenues, et qui suffisent absolument au saint; ils » peuvent les croire sincèrement : ils peuvent, avec

• le .-ecours de la grâce de Dieu, mener une vie i pure et innocente. Dieu ne leur impute pas les i erreurs auxquelles ds ne sont attachés que par ' une ignorance invincible. Ainsi ds peuvent appartenir aussi à l'âme de l'Eglise, avoir la foi, l'espérance et la charité. Au reste, toi» ces enfants et

• res aimp'es doivent leur salut M Eglise catholique, qu'ils ne connaissent pas; car c'est d'elle que viennent ces vérités salutaires, aussi bien que le baptême que ces sectes ont conservé eo se séparant. Ces simples et ces enfants les ont reçus de ces sectes immédiatement, niais ces sectes tes tenaient de l'Eglise, à qui Jésus-Christ a c infié l'administration des sacrements et le dépôt de la foi. ».

Quant aux infidèles à qui l'Evangile n'a point été

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séparé ces deux grandes parties de {'Eglise universelle. Quoique l'on ait tenté de les réunir dans le deuxième concile de Lyon et dans celui de Florence, les Grecs se sont obstinés à demeurer dans le schisme, et ils y ont ajouté une hérésie formelle sur la procession du Saint-Esprit. Les Eglises de Kussie et quelques-unes de celles de Pologne sont dans les mêmes sentiments.

Depuis la séparation, l'on connaissait très-peu, en Occident, les opinions, les rites, la discipline des Eglises orientales; mais comme les protestants ont prétendu que ces Eglises avaient la même croyance qu'eux, il a fallu prouver le contraire ; on a consulté et publié leurs liturgies et leurs rituels; il en est principalement question dans les V e et 5* volumes de la Perpétuité de la Fui, composée par l'abbé Renaudot; et le savant maronite Assôuiani a fourni

de nouvelles preuves dans sa Bibliothèque orientale, en 4 vol. in- fol.

Les protestants disent que, depuis le schisme de ces sectes orientales ; le préjugé, tiré du consentement unanime de toutes les Eglises apostoliques, ne subsiste plus. Au contraire, cette preuve, qui n'est pas un simple préjugé, puisqu'elle porte sur des faits, en est devenue plus forte. En elfet, nous disons aux protestants :

les Eglises orientales, fondées par les apôtres, avaient la même croyance que l'Egliae romaine, avant leur séparation ; depuis douze cents ans qu'elles ont l'ait bande à part, elles n'ont certainement pas emprunté de l'Eglise romaine les dogmes que vous lui reprochez comme des nouveautés; donc ces dogmes étaient universellement crus et enseignés avant le schisme,- donc ce sont les Leçons venues des apôtres et de leurs successeurs.

annoncé, noua lierons croire premièrement qno Dieu leur a préparé, dans la profondeur de ses conseils, des moyens suffisant-* de salut, puisque l'Ecriture enseigne eu termes formels que Dieu veut le salut de Ions les hommes. Quels sont ces moyens? comment sont-ils appliqués {quelle en est la nature, et quel serait l'effet des grâces offertes à l'entendement et à la volonté de ceux a qui le nom même du Sauveur est inconnu ? C'est ce qnl n'est pas facile à déterminer. Cependant plusieurs docteurs pensent avec Bussuet, « qu'en ùtflnt aux infidèles qui n ont > jamais oui parler de l'Evangile, la gnV" nninédin-

■ tentent nécessaire à croire, rien n empêche qu'on

■ ne leur accorde celle qui mettrait dans Lear CRsar » des préparation» pluséloignées, dont, s'ils usaient » comme ils doivent, Dieu leur trouverait, dans les » trésor- d,- su science et de sa bonté, des moyens • capables de les amener de proche eu proche a la

■ connaissance de la vérité. . (Juttif. ''« rijltx. mor.) Voy. Dnvoisio, Essai sur In tolérance.

D'ailleurs, comme nous l'avons déjà fuit observer, nul n'est obligé de croire ce qu'il ne peut connaître, et nul ne pentconualtre,àmoiosd'nne révélation spéciale, Jésus-Christ et sa doctrine, s'ils ne lui sont annoncés. Quomodo credent ri qiiem non audieruntl r/uomod'o autem audientsine przdvanie... ? eri/o (ides ex anditu. (Rom., e, lu. 14, 17.) Les infidèles qui n'ont point connaissance de l'Evangile, sont p- ôcisément dan» l'élat oit se trouvaient les peuples avant la venue de Jésus-Christ : ils n'ont point d'antres devoirs que ceux qui furent toujours promulgués par la tradition générale, et ils peuvent se sauver comme tons les hommes pouvaient «e sauver antérieurement à lu rédemption, par une fidèle obéissance à la loi primitivement révélée et universellement reconnue, il serait absurde, dit M. Bergier, de penser que In venue de Jésus-Christ sur la terre ait été un malheur pour aucune créature; que le salut soit aujourd'hui plus diftici e à un seul homme qu'il ne l'était avant la prédication de l'Evangile. [Tmitè de la vraie religion, etc. t. 7, p. 142, édit. in-8o.) L'iufidêle qui croit tous les dogmes que pro-

clame la tradition universelle, el qui désire sincèrement de «nnaltre la vente, eroil par lu même im-

plii-iIeui.Mil tout ce que nous croyons. Ce n'est pas

lu [-n qui lui manque, mais un enseignement plus déveloèp--. Parcooséquent, s'il observe la bu de Dieu telle qu'il l'a connaît, il se sauvera, niuis il -e sauvent dans le Christianisme; il appartient n l'Eglise.

11 est vrai qu'on ne peut entrer duns le royaume de Dieu que par le baptême ; mais les théologiens distinguent, comme on sait, trois sortes île baptême,

/,- h„pté,ne d'en», le baptême d,- déstr, et le bap- I \me desann, ou b. martyre. Ceux qui insistent le plus sut- In nécessité du baptême d'eau, enseignent en même temps que Dieu ferait plltOt un mirarleque de laisser mourir sans baptême n i homme eu serait

d na les dispont "us supposées ici. Nous huons a

croire nne ces dispositions renferment un désir impli

elle du baptême, qui suffit dans leces présent : IJuad

iro tant» diàtw tacramentum baptiemi esse de

necejsitate sn'utis, 7111a hou potut esse homini salut, nui talte.m in ooluniatenabeatur,quaapud Deum reptttaiui pro faeto ISanct. Tkom., 3. part.,

vol. 2, quiest. 63, art. 2). i.u volonté de faire tout M que Dieu veut qu'on fasse pour être sauvé, reni -m loiiiment la volonté de recevoir le baptême, Si l'on en Connaissait lu nécessité. Le bienheureux Liguori di- positivement « qu 1 I est de foi que

,, le baptême d'esprit est sufii-uiit | r le salit ; .

et voici lu définition qu'il en d ! : « Lu bapièuie

i> d'esprit est la parfaite conversion ù Dieu par la 1 contrition ou l'amour de Dieu sur toutes enuees, a avec le vœu explicite ou 101// icite du vrai bap- ■ terne d'ouu. qu'il supplée quanl n la rémission de „ la coulpe. • De fide estper baptisnmm flaminis homines etinm aloari... Baptùmui flaminis est per/ecta convertie nd Devra, ptr contritionem vel amorem Dei super omnia, cum uoto explicito vel implicita oeri baptisai flaminis, cujus eicem supplet auoadculpx remisXonem. (Liguor., lib. 7, Trart. t de Sacrameut. , n. «6.) — V yez ['Essai sur l'indifférence, été., tom. 4, c.38; voyez aussi la note sur l'article Baptkmb. Gousset.

Cela ne prouve rien, répondront sans doute nos adversaires. Quoique ces Enlises nient toujours fait profession de garder la doctrine des apôtres, elles s'en sont néanmoins écartées sur le mystère de l'incarnation, et sur d'autres points que vons taxez d'erreurs; donc, au quatrième siècle, malgré la même profession que faisait l'Eglise universelle de s'en tenir à la doctrine des apôtres, le même accident a pu lui arriver ; à plus forte raison à l Eglise romaine, dans les siècles suivants.

Réponse. L'écart des sectes orientales a été sensible, public, éclatant, puisqu'il a causé un schisme; c'est une partie de l'Eglise universelle qui s'est séparée du corps, et ce corps a réclamé contre la séparation et contre l'innovation qui en était la cause.

Donc toute innovation qui se serait faite plus tôt ou plus tara aurait .produit le même effet. Or, dequel corps plus nombreux qu'elle l'Eglise «romaine s'est-elle séparée dans aucun

siècle? Voilà ce que les protestants

doivent nous apprendre, avant d'af- Brmer que cette Eglise a change la doctrine des apôtres.

L'Eglise d'Occident, ou l'Eglise latine, comprenait autrefois les Eglises d'Italie, d'Espagne, d'Afrique, des Gaules et des pays du. Nord; depuis

près de deux .siècles, l'Angleterre,

une partie des Pays-Bas, plusieurs

parties de l'Allemagne, et presque tout le Nord, ont formé des sociétés à part, qui se sont nommées Eglises réformées, mais qui sont dans un schisme aussi réel que celui des Grecs, et qui n'ont entre elles aucun lien d'unité que leur aversion pour \'E<jlise romaine. Les luthériens, les calvinistes, les anglicans, les anabaptistes, les sociniens, les quakers, les frères moraves, etc., sont aussi peu unis entre eux qu'avec les catholiques.

Pendant que l'Eglise romaine souffrait ces pertes en Europe, elle.faisait aussi des conquêtes dans les Indes, au Japon, à la Chine, en Amérique. L'indéfectibilité est promise à l'Ei/lise universelle, Matth., c. 10, f 18. Mais elle n'est promise à aucune Eglise particulière ; la première peut être.

plus ou moins étendue ; mais d'ici à

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la lin des siècles elle ne sera pas entièrement détruite. La plus grande plaie qu'elle ait reçue depuis son origine, est celle que lui a faite le mahométisme au septième siècle.

L'Eglise romaine est aujourd'hui toute la société des catholiques unis de communionavec le souverain Pontife, successeur de saint Pierre. Dès le second siècle, temps auquel vivait saint Irénée, l'Eglise de Rome était déjà nommée lamère et la maîtresse des autres Eglises ; elle est à présent la seule des Eglises apostoliques qui subsiste; toutes les autres ont été détruites. Fondée par les apôtres saint Pierre et saint Paul, elle a envoyé porte* la lumière de l'Evangile dans tout l'Occident, et a toujours été regardée comme le centre de l'unité catholique ; quiconque n'est point soumis au Pontife romain, pasteur de l'Eglise universelle, n'appartient plus au troupeau de Jésus-Christ.

On voit, par l'histoire des donatistes, que l'Eglise d'Afrique renfermait, près de huit cents chaires épiscopales; mais les diocèses de ces évèques n'élaient pas fort étendus.

Elle adonné à l'Eglise des docteurs célèbres, saint Cyprien, saint Augustin, saint Fulgence. Les Goths et les Vandales, infectés de l'arianisme, en bannirent la religion catholique au cinquième siècle; les Sarrasins, qui se sont rendus maîtres de l'Afrique sur la lin du septième siècle, y ont absolument détruit le Christianisme,

L'Eglise gallicane a été de tout temps l'une des portions les plus florissantes de l'Eglise universelle. Elle a conservé constamment son attachement au saint Siège, sans s'écarter de l'ancienne discipline de l'Eglise; elle a montré un zèle égal contre les hérésies, contre les schismes, contre les innovations opposées aux anciens canons ; sa fidélité inviolable envers nos rois, la protection et les encouragements qu'elle a donnés aux lettres, la multitude de saints et de savants qu'elle a produits seront à jamais les monuments de sa gloire. On connaît l'histoire qu'en a donnée le Père de Longueval, jésuite, et qui a été continuée par les Pères de Fontenay, Hrumoy et Berthier, Yoez Gallica.n.

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Si l'on veut connaître en détail les progrès qu'a faits l'Eglise de Jésus- Christ, et les pertes qu'elle a essuyées dans les différentes parties du monde, depuis son origine jusqu'à nos jours, il faut consulter l'ouvrage de Fabricius, intitulé. Salutaris lux Evangelii toti orbi per divinam gratiam exoriens in-i", Hambourg, 1731.

Bergier.

Ef.LISE, édifice dans lequel s'assemblent les chrétiens pour rendre à Dieu leur culte. On voit, par saint Isidore de Damiette, que chez les Grecs, &*xkr\o\a signifiait l'assemblée des fidèles, et que le lieu de l'assemblée se nommait HiCkr\<sui<7ZT\p(àv. Il se nommait aussi y.upiaxàv, dominicum, mot qui semble s'être conservé dans les noms kerk, kirk, chure, église, dans la plupart des langues du Nord.

Tertullien nomme cet édifice domus columbse : plus souvent on l'appelait basilique, palais du Roi des rois. On trouve, dans plusieurs Pères, les noms synodi, concilia, conventicula, martyria, mémorise, apostolœa, prophetxa, etc., dont il est aisé de voir le sens et l'origine. Dans les quatre premiers siècles, on évita soigneusement de nommer les églises, templa, delubra, fana, termes particulièrement affectés aux édifices du paganisme.

Enfin, ouïes appelait encore trophsea et tituli, à cause du tombeau des martyrs, et du nom des saints que portaient la plupart de ces églises.

Dans les bas siècles, on les voit quelquefois nommées tabernaeula et monasteria, parce que la plupart étaient desservies par des religieux. Voyez Bingham, Origines ecclésiastiques, tom. 3, 1. 8, c. 1.

On a mis en question si, dès l'origine du Christianisme, les fidèles ont eu des églises ou des édifices destinés spécialement au culte du Seigneur.

Ce qui a donné lieu à plusieurs critiques d'en douter, c'est qu'Origène, Minutius Félix, Arnobe etLactance, en répondant aux reproches des païens, disent formellement que les chrétiens n'ont ni temples ni autels.

Mais il est évident que ces anciens prenaient le nom de temple dans le sens des païens, qui croyaient leurs

dieux tellement renfermés dans • ces édifices, qu'on ne pouvait les honorer ni les prier ailleurs. Nos apologistes disent au contraire que le vrai Dieu a pourtemple l'univers entier ; qu'il n'y a pour lui point de sanctuaire plus agréable que l'âme d'un homme de bien. Mais ils ont parlé eux-mêmes des églises dans lesquelles les chrétiens s'assemblaient.

On ne peut pas douter qu'il n'y en ait eu dès le temps des apôtres. Saint Paul parle de VEglise de Dieu, I Cor., c. Il, f 22. Dans ce passage, saint Basile, saint Jean Chrysostome, saint Jérôme, saint Augustin et d'autres, ont entendu par église non-seulement l'assemblée des fidèles, mais le lieu où ils s'assemblaient. On a cru, par une tradition constante, que le cénacle dans lequel Jésus-Christ avait institué l'eucharistie, avait été changé en église, et que les apôtres mêmes avaient continué de s'y assembler.

Saint Cyrille de Jérusalem parait l'avoir eu en vue, lorsqu'il a parlé de Yéglise des Apôtres, Catéch. 16, c. 2; et du temps de saint Jérôme, on l'appelait l'église de. Sion, Hieron., Epist. 27.

Saint Clément de Rome, Epist. I, n° 40, dit que Dieu ajdéterminé le temps et le lieu de son service, afin que tout se fasse avec l'ordre et la piété convenables. Saint Ignace invite les fidèles à se rassembler dans le temple de Dieu, ad Magnes., n. 7.

Le pape saint Pie I or écrivit, vers l'an 150, à Justus, évèque de Vienne, qu'une dame nommée Euprepia avait donné aux pauvres sa maison dans laquelle il célébrait la messe, t. I or , Concil., pag. S70. Saint Clément d'Alexandrie, Strom., liv. 7, dit qu'il nomme église, non le lieu, mais l'assemblée des fidèles.

Au troisième siècle, Tertullien nomme le temple des chrétiens la maison de Dieu, la maison de la Colombe, l'Eglise; deldol., c. 7, advers. Valent, c. 3; DeCoronamilitis, cap. 3.

Lampride raconte qu'Alexandre Sévère adjugea aux chrétiens, pour honorer Dieu, un lieu dont les cabaretiers voulaient se saisir, ch. 49.

Saint Cyprien appelle l'église, domini-

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cum. Etisêbc, Hist., eeclés., 1. 8, c. 1, dit qu'avant la persécution de Dioclétien, les chrétiens, auxquels leurs anciens édilices ne suffisaient plus, avaient bâti des églises dans toutes les villes. La plupart forent démolies pendant cette persécution. Luchiiirr,]. 2, c. 2;1. ;i, c. Il, et Arnobe, I. 4, p. 152, nous l'apprennent; mais il eu resta plusieurs, qui lurent dans la suile rendues aux chrétien», Eum''Im\ Vie de Constantin, I. 2, c. in.

Origène, Homil. lu, in Josue, blâme ceux qui avaient plus de soin d'orner les églises il les autels, que de changer de vie. Au quatrième siècle, après [a conversion de Constantin, plusieurs temples dos païens lurent changés en églises. On peut voir d'autres preuves de ces faits dans ISinglum, Qrig. eeclés., t. :i, l. s, c. I et suivants, et dans le père Lebrun, tom, :t, pag, lOl.

Deux écrivains, Fleury, Mœurs des Chrétiens, n. 35, et l'auteur des Vies des Péri s i ( 'l' s Martyrs, tom. 1 1 , p. H2, ont décrit la manière dont les églises étaient construites, et les divers édifices qui en faisaient partie, Lom me les premiers chrétiens priaient ordinairement le visage tourné vers l'orient, alin de témoigner leur foi à la résurrection future, on plaça aussi l'autel dans les églises du côté de l'orient; mais cet usage n'était pas s;ms exception. Constit. apost., i. 4, c. :;t ,

Socrale, Hist., I. 2, c. 22.

Les anciennes églises avaient un parvis ou enceinte environné de murs, et devant la porte d'entré,' il y avait une fontaine ou une citerne, dans laquelle ceux qui entraient dans ['église se lavaient le visage et les mains, symbole de la pureté de l'âme qu'il fallait apporter dans le lieu saint. Tertull. de Orat., cil; saint Paulin, Epist. 12.

Devant l'entrée des églises était un portique ou cour couverte et soutenue par des colonnes, dans laquelle se tenait la première classe des pénitents, que l'on nommait fientes, les pleurants, qui imploraient les prières des fidèles.

Quant aux parties intérieures de l'église, l'espace le plus voisin de la porte était appelé uarthv.c, verge ou

bâton, parce qu'il était oblong ; c'est là qu'étaient placés les catéchumènes et les pénitents, nommés audientes, écoutants, parce qu'ils entendaient de là les instructions des pasteurs. Venait ensuite la nef, naos, ou le corps de YégUse. La partie inférieure était occupée par la troisième classe des pénitents, appelés prostrati , parce qu'ils priaient prosternés ; le reste l'était par les laïques des deux sexes, rangés des deux côtés, les femmes derrière les hommes. Constit. Apost., I. 2, c. 57 ; saint Cyrille, Prœf. Catech., c. 8 ; saint Jean Chrysost., Ilom. 74, in Matt. ; saint Aug., de doit. De», l. 2, c. 28 ; l. 22, c. 28.

Au milieu était Yambon ou pupitre, assez large pour contenir plusieurs feteurs ou plusieurs chantres. Les évèques prêchaient ordinairement sur les marchesde l'autel ; mais saint Jean Chrysostome préférait de se placer sur Yambon, alin d'être mieux entendu du peuple. Vales. inSocrat., I. Il, c. o.

Le chœur était séparé delà nef par une balustrade, cancelli. En Orient, l'empereur priait ordinairement dans le chœur, mais ce n'était pas l'usage en ( h rident ; c'est, pour celaque saint Ambroise en refusa l'entrée à Théodose : son trône était placé au-dessus de la nef, prés de la balustrade.

L'impératrice Hélène, mère de Constantin, ne refusa pas de se placer parmi les femmes. Socrate, Hist., L l, c 17.

Dans le chœur, appelé aussi berna ou sanctuaire, était l'autel, le trône de l'évèque, et les sièges des prêtres; et comme il se terminait en demicercle, cette partie était nommée ulisi*. Un rideau, tendu ajehancel ou à la balustrade, dérobait la vue de l'autel aux catéchumènes et aux infidèles, et empêchait qu'on ne vît les maints mystères dans le temps de la consécration ; l'on n'ouvrait le rideau que quand les diacres avaient fait sortir les catéchumènes. C'est ce qui faisait dire à saint Jean Ghrysostome, HomiL A, in Ep. ad Ephes. :

« Quand on en est au sacrifice, quand » Jésus-Christ, l'agneau de Dieu, est )> offert, quand vous entendez don- » ner le signal, réunissez-vous tous

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» pour prier. Lorsque vous voyez s tirer le rideau, pensez que le ciel » s'ouvre et que les anges en des- » cendent. » Voyez Autel, Chœub, etc.

Si l'on veut comparer ce plan des églises chrétiennes, avec celui des assemblées des lidèles que saint Jean nous a représenté sous l'emblème de la gloire éternelle, Apoc, c. 4, 6 et 7, et avec celui qu'a donné saint Justin, Apol. 1, n, 65 et suivants, on verra que le tout est tracé sur le même modèle ; ainsi cette forme date du temps même des apôtres.

En effet, saint Jean parle d'un trône sur lequel est assis le président de l'assemblée ou l'évèque ; de sièges rangés des deux côtés pour vingtquatre vieillards ou prêtres, c'est le chœur. Au milieu etdevant le trône, il y a un autel sur lequel est un agneau en état de victime ; sous l'autel sont les reliques des martyrs.

Devant l'autel un ange otfre à Dieu, sous le symbole del'encens, lesprières des saints ou des fidèles, et les vieillards prosternés chantent des cantiques à l'honneur de l'agneau ; saint Jeanparle encore d'une source d'eaux qui donnent la vie, ce sont les fonts baptismaux. Voyez Baptistère. Cette forme de culte et de liturgie n'est donc pas de l'invention des évêques du quatrième siècle ou des temps postérieurs.

Vleury, Mœurs des Chrétiens, n° 30, rapporte la magnificence avec laquelle ces anciennes églises ou basiliques étaient ornées, les dons immenses que les empereurs et les grands y avaient faits en embrassant le christianisme, les richesses qui appartenaient aux églises de Home , de Constantinople, d'Alexandrie, etc.:

les dépenses énormes que les païens avaient faites auparavant pour les sacrifices, pour les jeux, pour les spectacles, furent consacrées à augmenter la pompe du culte que l'on rendait au vrai Dieu ; les superbes édifices que l'on avait élevés à l'honneur des fausses divinités, furent employés à un usage plus saint et plus pur.

Bingham rapporte aussi les marques de respect que donnaient les fidèles, en entrant dans les temples

du Seigneur. Les rois déposaient leur couronne; il n'était permis à personne d'y porter des armes ; on baisait la porte et les colonnes ; on s'inclinait profondément devant l'autel ; ces édifices ne servaient jamais à aucun usage profane ; les diacres étaient chargés d'empêcher qu'il ne s'y commit aucune indécence, et les clercs inférieurs d'y entretenir la plus grande propreté.

Toutes ces attentions nous paraissent démontrer la haute idée qu'avaient conçue les chrétiens des premiers siècles, de la sainteté des mystères qui s'opéraient dans nos églises.

iNous n'avons pas besoin d'un témoignage plus éloquent de leur foi. Les [irotestants, qui ne pensent pas de même, en ont aussi agi très-ditféremment ; ils ont poussé l'esprit de contradiction contre les catholiques, jusqu'à supprimer le nom d'églises ; ils ont mieux aimé nommer le lieu de leurs assemblées prêche, terme inconnu à toute l'antiquité, ou temple, comme faisaient les Juifs et les païens. Il en ont banni tous les ornements capables d'imprimer le respect ; ils ont traité de superstition l'usage dans lequel nous sommes de regarder les églises comme des lieux saints, et d'en faire la bénédiction ou la consécration avant d'y célébrer le^ culte divin.

En effet, quand on ne les envisage que comme des lieux d'assemblée, destinés uniquement à prier et à louer Dieu, à prêcher la doctrine «h retienne, il est difficile de les croire fort respectables ; tout cela peut se faire partout ailleurs. C'est autre chose, quand on croit que Jésus-Christ en personne daigne s'y rendre présent et y habiter, se placer sur l'autel en état de victime, s'offrir à Dieu pour nous par les mains des prêtres, y renouveler tous les jours le sacrifice de notre rédemption, nous y nourrir de sa chair et de son sang. Il faut bien que les chrétiens des premiers siècles en aient eu cette idée, puisqu'ils ont témoigné tant de respect pour les églises.

Jacob, favorisé d'une vision céleste à Béthel, s'écrie : « Ce lieu est

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» terrible, c'est la maison de Dieu et i la porte du ciel » &ffl., c. 28, f 17. Dieu, pour imprimer à Moïse un respect religieux pour sa présence, lui dit : « Déchausse-toi, le lieu où » tu es est nue terre sainte. » ExocL, c. 3, f o. Il nomme sa maison, son trime, son sanetuntre, son lieu saint, le tabernacle et le temple dans lequel il veut être adoré ; il ordonne aux Juifs de n'en approcher qu'avec une tiaveur religieuse. Leeit.,c. 20 n° 2.

Les temples de la loi nouvelle sontils moins dignes de vénération ? Il dit, parmi prophète: - Je remplirai » de gloire cette maison, » parce -que le .Messie devait y paraître un jour. Aggoti, c. 2, ^ 'h. Jésus-Christ s'est armé .le gèle contre ceux qui en faisaient un lieu de commerce. Joan., i.

2, f lu. Il a honoré de sa présence la dédicace que l'on en célébrait, c.

10, 'f 22. Il a dit qu'il est lui-même plus grand que le temple. Mut/h., c.

12, v 6.Et on nous défendra d'honorer le lieu oii il est.' Puisque les protestants nous renvoient sans cesse à l'Ecriture, qu'ils nous permettenl au moins d'en parler le langage) ei d'en suivre les leçon i.

Dieu aval! voulu que son temple Fût magnifiquement orné: Il le fallait, disent nos doctes censeurs, parce que les Juifs, sensibles à l'appareil

du culte (pie les païens rendaient .aux faux dieux, avaient besoin d'une

pompe semblable pour être retenus

dans leur religion, Nous le savons ; mais les Juifs étaient-ils le seul peuple sensible à la pompe du culte extérieur ? C'est le goût du genre humain tout entier, on le trouve jusque chez les Sain ai;es ; Dieu ne l'a condamné nulle part. De quel droit les Pérès du quatrième siècle l'auraient-ils réprouvé, lorsque la foule.

des païens abandonna les temples des idoles, pour accourir aux églises du vrai Dieu ?

Avant de le blâmer, nos adversaires auraient dû s'accorder enlre eux. Les calvinistes ne veulent dans leurs temples que les quatre murs, une chaire pour le prédicateur, et une table de bois pour leur cèue ; ils ont brisé, détruit, bridé tous les ornements des cytises catholiques.

Les luthériens moins fougueux ont conservé dans les leurs un crucilix et quelques peintures historiques ; souvent dans un village la même' égMsf Sert pour eux et pour les catholiques. Les anglicans conviennent que l'affectation des calvinistes est indécente et ridicule ; mais ils disent que nous donnons dans l'excès opposé. Ont-ils reçu de Dieu commission pour planter la borne au delà de laquelle la pompe du culte devient un abus ? Voyez Culte Dé- DICACE.

La structure et la décoration des églises ont dû suivre naturellement, chez toutes les nations, les progrès et la décadence du luxe et des arts.

Ils étaient encore à un très-haut degré dans l'empire romain, au quatrième siècle ; après l'inondation des Barbares, ils furent presque anéantis ; c'est le culte religieux qui a le plus contribué à eu conserver un faible reste. Lorsque les peuples du Nord, tous pauvres et à demi-sauvaircs, se convertirent] les igUses furent chez eux des cabanes de chaume, comme les maisons des particuliers.

Dans le Onzième siècle, on avait repris une faible teinture des arts dans les pèlerinages d'ontre-mer ; on commença de rebâtir avec plus de ma- Miiilieenee les enlises ruinées par les ravages des siècles précédents. Entin, après la renaissance des lettres, l'architecture a pris un nouvel essor en étudiant l'antiquité, et elle a fait ses premiers essais par la construction des et/lises. Il en sera de même dans tous les temps, malgré la folle censure des hérétiques et des incrédules ; par pi'il serait absurde que

chez les nations riches, polies, industrieuses, les temples du Seigneur fussent moins somptueux et moins ornés que les palais des grands. Une autre absurdité est' d'attribuer ce progrès de magnificence à l'ambition des ecclésiastiques, plutôt qu'au goût naturel et à la piété des peuples.

Voyez Arts. Uergier.

EGLISE (petite), ou les Anticon-

CORDATAIRES, les IiS'COMMLWICA.NTS. Le

concordat conclu en 1801 entre le souverain Pontife Pie VII et le gou-

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reniement français, trouva des opposants parmi les anciens évêques et quelques ecclésiastiques du second ordre, résidant la plupart en Angleterre où ils s'étaient retirés pendant l'émigration. Le Pape, pressé par le gouvernement et forcé par les circonstances, s'était vu dans la nécessité de demander k tous les anciens évêques leur démission, et même de l'exiger d'une manière absolue. Il leur adressa pour cela le bref dit Tarn multa, du 15 août 1801, dans lequel il déclarait que si leurs démissions ne lui étaient point arrivées dans le très-court délai qu'il leur assignait, il les regarderait comme réellement données, et qu'il passerait outre, en nommant et en instituant pour les sièges créés ou conservés par le concordat, de nouveaux titulaires.

Cette mesure extraordinaire, qui n'avait en effet point d'exemple dans l'Eglise, comme la révolution ellemême de laquelle on sortait, n'en avait aucun dans toute l'antiquité, ne fut point acceptée par plusieurs des évoques qu'elle dépossédait de leurs sièges. Trente-six d'entre eux refusèrent de donner leurs démissions, et firent paraître, sous le titre de réclamations canoniques, un écrit dans lequel ils déclaraient et souteuaientque le concordatétait contraire aux cauons et à la discipline de l'Eglise, et aux droits de l'Eglise gallicane en particulier. Le Pape, jelon eux, n'avait pas le droit de les destituer de leurs sièges malgré eux. Il devait consulter l'Eglise dispersée, ou même les évêques français, qui pouvaient facilement se réunir en Angleterre. C'était à eux de juger si les circonstances où se trouvait la France, légitimaient ou non le sacrifiée extraordinaire qu'on exigeait d'eux. L'exécution du concordat allait consommer la ruine de la religion en France, et ils n'y voulaient pas donner les mains. Le Pape lui-même, en violant toutes les règles reçues, en usurpant une autorité dont l'histoire entière de l'Eglise ne fournissait pas un seul exemple, était vraiment le loup dans la bergerie.

Deux autres motifs contribuèrent

encore à les rendre plus opiniâtres dans leur refus. D'une part, le concordat conclu par le Pape avec un gouvernement nouveau et usurpateur, leur semblait un attentat contre les droits des Bourbons au trône de France. De l'autre, le premier consul avait nommé aux sièges nouveaux un assez grand nombre de prêtres ou évêques cotistituMonnels. et quoique le Pape neleseût acceptésqu'à condition qu'ils feraient une rétractation, il fut reconnu néanmoins que plusieurs d'entre eux n'en avaient fait aucune.

Ainsi on avait admis dans le gouvernement de l'Eglise des hérétiques et des schismatiques, sans rétractation préalable, contre tout droit et contre l'usage invariable suivi de tout temps dans l'Êglùe.

De là il résulta \m schisme eu France, et quoiqu'il n'ait jamais pris beaucoup d'extension, il n'a pas laisse que d'infester plusieurs diocèses, oïi l'on en trouvait encore des restes dans ces derniers temps, sous le nom d'Incommiinicants, à' Anticoncordatistes ou de petite Eglise (1).

Voici leurs prétentions et leurs erreurs.

1° Le concordat, œuvre de faiblesse et de séduction de la part du Pape, de violence et d'extorsion du côté du gouvernement, était radicalement nul, parce qu'il était essentiellement contraire aux canons et à la discipline générale de l'Eglise, et qu'il violait, qu'il renversait de fond en comble toutes les libertés de l'Eglise gallicane. Sa teneur, sa forme, les circonstances qui en avaient accompagné et suivi la conclusion, la manière dont on procédait à son exécution, et spécialement les démissions forcées de tous les anciens titulaires, qui n'avaient pas d'exemple dans l'antiquité ecclésiastique, tout concourait pour démontrer qu'il ne pouvait et ne devait avoir aucune

(1) Plusieurs îles évêques qui avaient refusé île donner leur démission et qui se portaient encore après le concordat pour légitimes pasteurs île leurs diocèses, mais qui en même temps temps voulaient avant tout prévenir un schisme, prirent le parti de considérer les évêques nouveaux et leurs grands vicaires comme leurs propres délégués et représentante. D'autres les regardèrent comme des vicoivei apostoliques temporaires (Note de M. Doney.)

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force, aucune valeur. Et dès lors tous les évèques de France, nommés et institués en vertu de ce concordat, tous leurs vicaires généraux, tous les curés et vicaires nommés par eux, étaient également des intrus. Il n'y avait plus d'enseignement légitime, plus de juridiction pour gouverner les diocèses, pour administrer validement les sacrements, etc.

2° Les plus exagérés parmi ces anticonaordatistes allaient jusqu'à traiter le Pape lui-même de schismatique, d'hérétique ou de fauteur des hérétiques, et par le fait ils le regardaient comme déchu de la dignité pontificale. Pie VII était aussi un intrus, et le saint Siège devait être considéré comme vacant.

3° Et comme on arrive facilement aux conséquences les plus extrêmes et les plus folles, quand on est une fois sorti des limites légitimes, il se trouva des hommes assez insensés pour accuser d'intrusion et d'illégitimité tousles Papes, depuis saint Clément successeur de saint Pierre ; de sorte que, pour rentrer dans l'ordre légitime de lasuccession apostolique, Us prétendirent se rattacher à lui et prirent le nom de prêtres clémentins.

4° Par toutes ces raisons, les évèques non démissionnaires prétendaient conserver toute leur autorité sur leurs anciens diocèses ; et quelques-uns d'entre eux nommèrent des grands vicaires pour administrer en leur nom des Eglises qu'ils ne pouvaient administrer en personne. Il s'étahlit donc dans ces diocèses une espèce A' Enlise clandestine, qui seule se prétendait (légitime, et dont les membres ne devaient pas communiquer in divinissous aucun prétexte et même à l'article de la mort, avec les prêtres soumis au concordat. Mais petit à petit les chefs de cette secte étendirent leur juridiction, et prétendirent avoir le droit d'exercer le saint ministère partout, en vertu de leur légitimité, et de l'intrusion, de l'illégitimité de tous les pasteurs, soit du premier soit du second ordre, qui existaient en France. Ils allèrent même plus loin, et ils en vinrent à ce point de folie et d'orgueil, qu'ils envoyaient d'Angleterre des hosties

consacrées à leurs adeptes, et cela par la main de simples laïques.

Donnons maintenant en peu de mots la réfutation de tant de prétentions absurdes, subversives de toute subordination et de toute hiérarchie, et exposons quels sont les vrais principes de ['Eglise, en matière de juridiction.

Les évèques non-démissionnaires, la plupart du moins, étaient loin de vouloir, de prévoir même les conséquences extrêmes qu'on tira de leurs principes , et les troubles religieux dont ces principes devinrent la source entre les mains de quelques-uns de leurs adhérents. Plusieurs allèrent même au-devant de ces dangers, autant qu'il était en eux de le faire, dans l'hypothèse du refus de leur démission , en conférant tous leurs pouvoirs de juridiction aux évèques nouvellement institués et à leurs grands vicaires. Mais on ne s'arrête pas aisément dans la voie de l'erreur, et ceux quis'y engagent les premiers, sont rarement assez puissants pour empêcher ceux qui se sont mis à leur suite de se jeter dans les excès les plus ridicules comme les plus condamnables. On est donc en droit de rendre responsables du schisme des incommunkants , de tous les désordres que ce schisme a occasionnés dans plusieurs diocèses, et de toutes les extravagances auxquelles se sont portés quelsques-uus de leurs adhérents, les évèques' qui refusèrent de donner leur démission , malgré les vives sollicitations que le souverain pontife leur adressa, en leur écrivant à cet etfet de sa propre main. Eu violant ou en méconnaissant les vrais principes, en s'attribuant une inamovibilité absolue qu'ils n'avaient sans doute pas, puisque le Pape la leur refusait alors, et que ['Eglise catholique n'a l'ait là-de.->sus plus tard aucune réclamation, ils légitimaient par là même tout l'usage qu'il leur plairait de leur faire de leur autorité, au moins daus leurs diocèses respectifs. Mais enliu, en laissant de côté toutes les objections particulières et de détail qu'ils tirent contre le concordat , arrêtons-nous seulement à cellequiétait fondamentale : la voici:

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On ne peut pas forcer un évèque à donner sa démission ; on ne peut le déposer, on ne peut le priver de sa juridiction, que par un jugement canonique et par conséquent pour des causes exprimées dans le droit canon.

T«Wte l'histoire de l'Eglise ne fournit d'ailleurs aucun exemple du contraire, et lors même que quelques faits isoles, opposés eu apparence à cette assertion, s'y rencontreraient dans le cours de dix-huit siècles, il était inouï que jamais une masse d'évé'ques, tous les èvéques d'un grand royaume , eussent été dépossédés de leurs sièges et de leur autorité, par la seule autorité et la seule volonté du souverain Pontife.

En principe et en thèse générale, il est vrai qu'on ne saurait forcer un évèque à donner sa démission, et, que le seul moyen légitime de lui ôter la juridiction qu'il a de droit divin sur son diocèse, c'est un jugement canonique, un jugement conforme aux lois et aux règles qui sont eu usage dans VEgiise, de temps immémorial.

Mais il faut bien remarquer que, jamais il ne s'était présenté une question pareille à celle que tirent naître les circonstances dans lesquelles le concordat fut conclu. On n'avait jamais demandé sil' autorité supérieure, dont le Pape est revêtu dans l'Eglise, s'étend assez loin pour déposer tout d'un coup tous les évèque^ d'un grand royaume, et, nulle règle canonique n'avait du être établie pour diriger le souverain Pontife dans un pareil exercice de sa puissance. L Eglise ne pose pas ainsi des questions oiseuses; elle ne porte pas des ennons a priori pour tous les cas possibles ou imaginables ; elle se contente d'agir ou de déciiler à mesure que les événements le demandent et conformément aux circonstances, développant son pouvoir, selon les besoins, mais ne s'étendant jamais au delà des bornes que Jésus-Christ y a mises. Mais enfin la question est tout à fait mal posée par les anticoncordatistes. Il s'agissait de savoir s'il y a, ou s'il peut y avoir des cas où il soit nécessaire, pour le bien de VEgiise, qu'un évèque donne sa démission; si eu ce cas c'est pour l'évèque une obligation de conscience

de la donner; et s'il appartient tellement à cet évèque de juger et de la nécessité et de l'obligation dont nous parlons, que son consentement soit absolument indispensable pour légitimer ce qui aurait été décidé par le chef suprême de VEgiise.

Que le bien d'une église puisse demander quelquefois qu'un évèque en abandonne le gouvernement, en donnant sa démission, et que dans ce cas cela devienne pour lui d'une obligation rigoureuse de conscience, même en supposant qu'il n'y ait aucun reproche canonique à lui faire, ou encore qu'il soit l'objet de prévent ions injustes, et d'une persécution inique, i est ce que personne ne révoque eu doute. Qu'il y ait dans {'Eglise une autorité compétente pour prononcer dans ces circonstances critiques et difficiles, on ne saurait le mer non plus, ni en droit ni en fait, puisqu'on voit plusieurs exemples de faitspareils dans l'histoire ecclésiastique, spécialement lorsqu'il s'est agi de réconcilier des schismatiques et des hérétiques, et que d'ailleurs on ne saurait supposer que Nol re-Sei^neur n'ait pas donné à son Eglise toute l'étendue d'autorité nécessaire pour pourvoir à tous ses|besoius. Seulement, dans la plupart des circonslances , on a suivi des règles, des Usages établis ; ce sont des conciles provinciaux ou autres qui ont prononcé ordinairement, et toujours on a demandé le consentement des parties intéressées.

Mus ni quelle réunion d'évéqueseût été possible? Les circonstances étaient si impérieuses, que si le Pape eût hésité, ou refusé d'agir comme il le lit, le schisme pouvait être établi pour toujours en France. Nous convenons que tous les actes et toutes les mesures adoptées par un souverain Pontife, ne sont pas essentiellement ml'mllililes, essentiellement conformes au droit et au bien: Pie Vil lui-même se repenti! plus tard d'avoir cédé aux exigences de l'empereur, dans l'espèce de concordat qu'il conclut avec lui à Fontainebleau en 1813, et il rétracta sa signature. Mais l'JSgtise universelle approuva la conduite qu'il avait tenue dans la circonstance dont il s'agit ici ; et la chose est si

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vraie, que les évêques non-démissionnaires demeurèrent avec leurs prêtres dans unisolement complet. Ils avaient d'ailleurs un bel et noble exemple dans l'histoire de l'Eglise. Saint Grégoire de Nazianze, placé sur le siège de Constantinople par Théodose , ayant entendu murmurer quelques évêques de ce qu'il avait abandonné V Eglise qu'il gouvernait auparavant, et s'était laissé transférer, contre l'usage, à un siège plus élevé, se présenta au milieu du concile qui se tenait alors dans cette ville, et dit à ses collègues ces paroles remarquables :

« Si c'est à cause de moi que s'est soulevée cette tempête, je no vaux pas mieux que le prophète Jonas. — Qu'on me jette à la mer, et que l'Eglise soit en paix ! » Et le grand homme se démit sans regret, avec joie même, heureux de déposer un fardeau dont il sentait toute la pesanteur, et de rentrer dans le calme de la vie privée.

Les pouvoirs conférés par Jésus- Christ à son Eglise eussent donc été insuffisants, si dans les circonstances extraordinaires où elle se trouvait au commencement de ce siècle en France, elle n'avait pu pourvoir au gouvernement légitime et régulier des diocèses, sans obtenir préalablement le consentement des anciens évêques, donné ou forcé selon des règles qui n'existaient pas ou qui évidemment étaient inapplicables. Mais à supposer même que, dans le droit rigoureux , leur juridiction ne leur eût point été enlevée par le souverain Pontife, il n'eu est pas moins vrai:

1° que le souverain Pontife pouvait, en usant de sa suprématie, pourvoir augouvernementdes églises de France par des vicaires apostoliques qui les administreraient provisoirement et jusqu'à nouvel ordre; 2° que dans cette hypothèse, admise en ellet par.

quelques-uns des non-démissionnaires, mais qu'ils devaient admettre tous, puisqu'elle n'est que l'expression en fait d'un pouvoir que personne ne refuse au chef de l'Eglise catholique, l'exercice de la juridiction des anciens évoques par eux-mêmes ou leurs grands vicaires dans leurs diocèses, devenait illégitime, schis-

matique, et une source des troubles religieux les plus graves; 3° qu'ils abusèrent de ce qu'il pouvait y avoir de plausible dans leurs prétentions, en s'attribuant une juridiction qu'ils étendaient hors des limites de leurs anciens diocèses, en supposant que l'autorité du souverain Pontife avait pu et dû cesser par le fait même du concordat,, qu'il n'y avait plus qu'une intrusion générale dans l'Eglise, au moins dans l'Eglise de France,-et en se regardant, eux et leurs adhérents du second ordre, comme suffisamment autorisés par là à exercer tous les pouvoirs ecclésiastiques dans toute l'étendue du royaume.

Nota 1°. Il n'y eut qu'un évêque, parmi les non-démissionnaires, qui eut ces prétentions extrêmes et schismatiques ; mais les prêtres de la petite église donnèrent en grand nombre dans ces excès. Ils ne voulaient pas même que leurs fidèles reçussent les sacrements des prêtres concordatistes, dans le cas de nécessité et dans le danger de mort prochaine.

2° Plusieurs de ces derniers, résisidant en Angleterre, ayant publié des ouvrages où le mépris de l'autorité du souverain Pontife et les doctrines les plus scandaleusementschismatiques étaient professées sans ménagement, les évêques d'Irlande et d'Angleterre les condamnèrent plusieursfois ettinirentpar leur interdire tout exercice du saint ministère dans leurs diocèses respectifs (I).

Doney.

EGYPTE, EGYPTIENS (2). La seule

(1) Il existe encore à Marseille (1873) noe petite église d'antieoncordataires, qui n'est pas de celles reconnues par l'Etat. Le Noir.

(2) De l'antiquité des Egyptiens. — Cette nation s'est attribuée une antiquité prodigieuse. Quelques philosophes modernes, établissant leurs systèmes de chronologie sur des raisonnements et des conjectures, sans avoir égard aux historiens, aux faits, aux monuments, se soot efforcés de mettre l'antiquité de quelques peuples eu contradiction avec le récit de Moise. Mais ces différents systèmes ont été réfutés par les plus savants chrouologistes; ils en ont tellement démontré l'absurdité, qu'un homme sensé rougirait de les faire revivre. Yoyez Chinb, Indiens.

En effet, que peut-on nous objecter en faveur de l'antiquité des Egyptiens? Les dynasties de Manéthon? Mais l'autorité de cet historien pourrait-elle contrebalance? l'autorité de Moïse, |Ie plus anci n

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chose qui intéresse un théologien à Tégard de ce peuple, est de savoir quelle a été sa religion primitive, comment elle s'est altérée, quels étaient ses dieux et sa croyance, quelle a été en Egypte la destinée du Christanisme .

Il parait certain que la première religion de l'Egypte a été le culte du vrai Dieu. Lorsque Abraham y lit. un séjour, il est dit dans l'Ecriture que Dieu punit Pharaon, parcequ'il avait enlevé Sara, et que ce roi la rendit à son époux. Grn., c. i% f 17, 19. Il sut donc que Dieu le châtiait. Lorsque Joseph parut devant un autre

Pharaon, et lui expliqua ses songes, ce prince reconnut que Joseph était remplide Tespritde Dieu,-et que Dieu lui avait révélé l'avenir. Gen., c. 41, f 38. Environ deux cents ans après, lorsque l'ordre fut donné aux Egyptiens de faire périr tous les enfants mâles des Hébreux, il est dit que les sages-femmes égyptiennes craignirent Dieu, et n'exécutèrent pas cet ordre cruel. Exod., c. i, $ 17, A la vue des miracles de Moïse, les magiciens disent ; Le doigt de Dieu est ici; et Pharaon : Le Seigneur est juste, mon peuple et moi sommes desimpies . Exod., c. 8, f 19; c. !►, y 27. Près de périr

des historiens? Manchon parle d'un monument assez singulier, d'où .1 aurait tiré son histoire. C'était, a ce qu'il dit, des colonnes qui avaient été érigées dans la terre qu'il appelle Sériadique^ sur lesquelles il y avait «tes hiéroglyphes sacrés, que Thout, ou le premier Mercure y nv.it gravés, et qui furent expliqués en grec aptes le délnge, par un Àxathodœmon, autre Mercure, père de Tat, et mis parmi les livres des Egyptiens daDS les archives de leurs temples. Cette origine sent si fort la fable, qu'on pourrait se dispenser de la discuter. 0:i ne sait où est cette terre Seriadique. (les colonnes, ou tant d'histoires étaient gravées et tant de sciences expliquées, n'ont jamais été connues que des prêtres d'Egypte qui en ont imposé à Manéthon, s'il n'a pas été lui-même l'imposteur.

Ou fait si peu de fond sur cette prétendue antiquité de l'Egypte qu'on l'a généralement attribuée à la vanité de cette nation. Strabon remarque qu'oc se raillai* de l'ignorance et de la vanité de ce peuple, lorsqu'un certain Chéiénion leur donnait l'explication des monument-* de l'Egypte, qu'il était al é visiter uvec Khus Gallus, le gouverneur de ce pays, aussi ri.' voit-on pas qu'aucun philosophe ait objecté cette antiqnité aiu Juifs m aux Chrétiens

quoiqu'il- aient eu souvent dsptue ensemble duns la vile d'Alexandrie. On voit, dans Jo-éphe, qu'Appion lui avait objecté les contes que Manétbon avait écrits touchant Moïse et les Juifs, au sujet de la lèpre, pour laquelle il prétendait qu'on les avait chassés <ie l'Egypte; mais on ne voit pas, dan* la réponse de Josèphe, qu'on ait voulu aucunement se prévaloir contre eux de cette prétendue antiquité. Car ni Josèphe, ni Philon, ni Clément d'Alexandrie, ni Origène, ni saint Cyrille, ni aucun autre auteur ecclésiastique, n'a dit un seul mot pour répondre à une semblable objection.

Pourquoi ce profond silence à l'égard d'un argument qui eut été décisif, s'il n'eût manqué de bonnes preuves ? C'est parce que cette prétendue antiquité était si contraire à la raison et au bon sens, qu'on la regardait comme une fable et comme l'absurdi é même. Car on jugerait naturellement et sans effort qu'il était impossible que l'Eirypte eût été habitée, soit par des dieux, suit par des héros ou des hommes, trente-cinq mille ans avant la Grèce, et trente-trois mille ans avant les autres pays habités par les nations les plus antiques. Encore si l'Egypte était un pays séparé do tous Is autres par une vaste éten nie de mer, qu'on l'eût découvert par des voyag-s, comme on a fait depuis quelques siècles le Nouveau-Monde ; on pourrait croire que cette antiquité serait possible, si on la

voyait soutenue de quelque monument, de quelque argument vraisemblable. Mais qu'on aille s'imaginer que l'Egypte était accessible de toutes parts, environnée de tous cotés de terres habitées et de nations qui ont en leur histoire et leurs monuments, et que néanmoins ces nations voisines de ! Ecypte ne donnent que deux ou trois mille ans tout hii (dus à leurs piemiers rois si a Leurs fondateurs ; que ces nations nous parlen', pendant ce temps, de leur grossièreté et de leur enfance; qu'on [es voie se peupler, se policer, qu'on v voie naître les urts et les sciences, pendant qu'un peuple de leur voisi- *nage aurait été saL'Cment gouverné, et aurait exercé les arts et les sciences trente-trois ou trenteqnctre mille ans tiuparavant, ou trois mille an.s seulement, si on veut rejeter le régne des dieux et des héros ; c'est vouloir, sans contredit, croire l'absurdité même. H ne faut donc pas s'étonoer, si aucun philosophe ni aucun auteur n'a voulu se prévaloir de cette antiquité contre les Juifs et les Chrétiens ; ils auraient cru se faire tort d'employer un argument si ridicule et si manifestement faux. —

Voyez Dissertation sur l'Existence de Dieu, par Jaquelot, tom., 2, cbsp. 20.

On a découvert de nos jours, en Egypte, deux monuments qui ont l'ait puiisser des cris île victoire aux ennemis de la religion, et qu'ils n us ont annonces comme renversant de fond en comble, par leur haute antiquité, la chronologie mosaïque, et, par une conséquence naturelle, tout l'édifice de la ici L'uni. Voici lenr objection '

Dans leur expédition en Egypte, sous Bonaparte, les Français ont découvert deux zodiaques, dont l'un est sculpté dans le temple île Denderab, et l'autre dans celui de Henné, cités antiques d'Esypte. Le zodiaque de D^nderah montre le solstice d'été dans le lion, à 60 degrés plus loin que le point qu'il occupe actuellement ; d'où il s'ensuit que, depois la, construction de ce zodiaque, le solstice a rétroaradé de 60 degrés : or, il fuit 72 ans p ur rétrograder d'un seul degré; le zodiaque de Ueuderah précède donc notre ftgo de 4320 ans. L'autre zodianne découvert dans Henné, par le général Desaix, i ésente le solstice d'été dans la vierge ; il est par conséquent 30 degrés environ [dus au-delu vers l'orient, que n'est celui de Dunderah. Ce solstice a mis 2160 ans à parcourir 30 degrés. En ajoutant ce nombe d'années aux 43*20 du zodiaque do Denderah, il résulte que le zodiaque de Henné a une antiquité de 6480 ans. Si a cette époque les Egypiiens étaient déjà assez savants en astronomie pour tracer des zodiaques qui marquassent les points solsticianx, il faut conclure que la nation

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dans la mer Rouge, les Egyptiens s'écrient : Fuyons les Israélites, le Seigneur combat pour eux contre nous, c. 14, f 25.

Cependant les Egyptiens étaient déjà polythéistes pour lors, puisque Dieu dit à Moïse : J'exerei rai mes jugements sur les dit ax de l'Egypte.

c. 12, ii 12. Mais cette erreur n'avait pas encore étouffé entièrement chez eux la notion du vrai Dieu, La même vérité est continuée par les auteurs profanes. Plutarque, de Uide et 0Hside, c. 10; Synésius, CàMt. Encom.', Jamhlique, de Myst. Mgypt. : Eusèbe, Fr&par. evangeL, liv. 3, c. M,

égyptienne est de beaucoup antérieure au déluge de Noé, et a l'époque que Moïse nous a donné de l'origine dn monde!

Réponse, i° Eu supposent qu'on pût déduire de ces zodiaques îles calcula contraires à la narration de Moïse, il faudrait d'abord prouver que ces zodiaques n'ont point été iimii'inés pur les Egyptiens, peuple très-envieux de passer puiir lu première des nations, et qui se vantait d'une antiquité prodigieuse, sans en donner des preuves satisfaisantes ; ce qui lit dire fit Diodore de Sicile : Isto. annorum multitude fidem excedit. Ici, la simple possibilité d'une. supposition on d'une fraude nous suffit* Nous avons droit d'exiger qu'on nous démontre l'authenticité des monuments qu'un dous objecte, sinon l'on ne saurait les opposer à des faits donl ta vérité est établie sur des prei fable . 2e vais i

loin : celui qui, indépendamment de l'autorité de Bfolse, penserait que les zodiaques de Benne et de Denderah ont été placés dans tes temples i pour servir à prouver l'sntîqnité de la science astronomique ehea les Egyptiens, celui-là, dis-je, penserait nue ohose non-seulement possible, mais raisonnable, eu égard au caractère vain et orgueilleux de cette nation.

2o Le temple de Denderah,, où l'on a trouvé un de ces zodiaques, est d'une architecture récente, Pocoke et Lucas, parlant de ce temple, dans leurs Voyages ) rapportent que cet édifice est d'une beauté extraordinaire , exquise, que les ornements, les figures qu'on y voit, n'ont pu être exécutés que par des a; ti-ic- grecs du uoùt le plus délicat : or, 1 architecture grecque n'a passé en Egypte que dn temps de l'invasion de Cainbyse, ou depuis le voyage de Platon dans cette contrée, 450 ans avant Jésus-Christ ; donc le zodiaque qui a été sculpté dans ce temple, n'est pas si ancien qu'on le prétend.

3o l'ne autre preuve delà nouveauté dn zodiaque de Denderah, c'est que ce zodiaque contient la balance, libra : or, les anciens Egyptiens ne connurent point cette constella'.ion : les Grecs de l'école d'Alexandrie ont été les premiers à la placer dans leur zodiaque. Jusque-là le scorpion occupait avec ses serres l'espace dans lequel on a depuis placé la balance. Èrathosthène, auteur ôgyj tien, dans ses Catastérismes, décrivant Les constellations du zodiaque une à une, ne parle point de la balance] et, en parlant du scorpion, il dit qu'il occupait deux des douze parties du zodiaque. Même silance d'Eudoxe, d'Aratus, d'Hipparque, et généralement de tous ceux qui ont précédé ce dernier. Ovide dit expressément du scorpion ce qu'en dit

Nous ne pouvons adopter l'opinion de ceux qui ont pensé que le Dieu unique des anciens Egyptiens était Tàme du monde, comme l'enseignaient les stoïciens ; Fâme du monde est un rêve de la philosphie, et il n'en était pas encore question du temps d'Abraham et de Moïse (1).

Pourquoi les Egyptiens n'auraient-ils pas conservé pendant longtemps la croyance d'un seul Dieu créateur, qui avait été portée en Egypte par les enfants de Noé?

Il parait encore que le polythéisme a commencé en Egypte, comme partout ailleurs, parce que l'on a sup-

Eratosthène : Occupât in spatium signonim membra duorum.

Manéthon, Virgile et Macrobe confondent également la balance avec les serres dn scorpion.

4o Hipparque, le premier qui ait réduit les observations astronomiques en théorie, et qui vivait environ 150 ans avant l'ère vulgaire, découvrit, ou plutôt soupçonna le mouvement des fixes, dont la connaissance ne devint certaine et incontestable que par les nombreuses observations opérées par Ptolémée 2(J0 ans après. Cependant, la construction des zodiaques de Henné et de Denderah suppose une connaissance exacte du mouvement des fixes.

5o Comme un astronome peut, à volonté, faire la table des éclipses qui aurout lieu d'ici à cent mille ans, si le monde existe encore, ou déterminer l'état dans lequel se serait trouvé le ciel il y a cent mille ans, si le monde eût existé; il peut de même, npivs lu découverte des équiuoxes, bu-mer des zodiaques qui montrent le solstice d'été dans le lion, dans la vierge, et même au-delà. Mais alors que peut-on en conclure pour ou contre l'antiquité du monde?

6° M. Visconti, un de nos plus savants antiquaires, fait remonter l'origine des monuments dont il s'agit, seulement de l'an 12 à l'an 132 de l'ère vulgaire.

M. Testa démontre que les calculs que l'on fait d'après les zodiaques de Henné et de Denderah sont peu fondés; que ces zodiaques n'offrent pas d'indices certains et suffisants pour autoriser et fonder une objection contre le récit de Moise. Voyez sa Dissertation sur les deux Zodiaques nouvellement découverts en Egypte, traduite de l'italien ; Paris, chez Adrien Le Clerc.

7o Les Egyptiens n'eurent coonais-ance des zodiaques en général que vers l'an 140 avant l'ère vulgaire, comme l'a démontré le chevalier de Jaucourt, dont les preuves se trouvent dans le Dictionnaire encyclopédique, article Zodiaque.

Gousset,

(1) Nous ne comprenons pas bien pourquoi Bergier qualifie de rôve de la philosophie l'application à Dieu de cette expression des stoïciens : l'âme du monde; du moment où l'on ne confond pas cette âme du monde avec le monde lui-même, il nous semble que c'est une des qualifications sans nombre qui, philosnphiquement,peuv6nt convenir à Dieu. Ne peut-on pas, ne doit-on pas dire môme, que Dieu est l'âme des mondes par sa providence qui est intime et incessante, par sa substance qui est le soutien radical de toutes les substances créées, par son action, qui lo constitue le moteur premier et imma-

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posé que toutes les parties de la nature étaient animées par des intelligences, par des génies, dont le pouvoir était supérieur à celui des hommes, et qui étaient les dispensateurs des biens et des maux de ce monde. Les peuples, par intérêt et par crainte, ont rendu un culte à ces dieux prétendus, et insensiblement ont oublié le vrai Dieu. Voyez Paganisme. Ce culte superstitieux ne pouvait donc avoir aucun rapport au vrai Dieu, puisqu'il l'a fait oublier et méconnaître; aussi plusieurs philosophes décidèrent qu'il ne fallait faire aucune offrande au Dieu su-

nent des univers, par sa vie qui est la vie de tonte vie, par sa conscience des choses, qui les met toutes en lui à tel point qu'd voit jusqu'aux pensées et aux volitions futures des êtres libres ? Dieu est l'àine de nos âmes, et l'àme de tous les êtres. Les stoïciens, comme philosophes avaient raison, s'ils reconnaissaient en même temps les identités et les immortalités personnelles, et si leur expression ne faisait que traduire un effort de l'esprit borné pour dire, le mieux possible, que Dieu est l'être véritable et que tonte créature n'est quelque chose que par Dieu, en Dieu et de Dieu, ex ipso.

Il est vrai qu'une des proposions platoniciennes d'Abailard, qui disait que le Saint-Esprit est l âme du monde, fut condamnée ; mais la condamnation ne tint-elle pas à cela seulement qu'elle était susceptible d'un sens pauthéistique erroné, ou plutôt à ce qu'elle pouvait être favorable à l'anthropomorphisme, c'est-à-dire à l'assimdation du grand être à l'àme de l'homme qu'on a qualifié du microcosme, et serait-elle condamnable étant accompagnée des explications dont nous l'entourons ? C'est ce que nous ne croyons pas. Car, euûn, sans l'esprit de Dieu nous ne pouvons rien, sans lui nous ne sommes rien; c'est par sa prémotion, comme dit S. Thomas, que nous avons la motion ; c'est par sa force que nous avons la force de faire le mal lui-même ; nous nous mouvons de son mouvement, nous vivons de sa vie, nous avons l'être par son être ; il est l'essence absolue qui embrasse tout, le temps, l'espace, l'être, et hors de laquelle on ne peut imaginer rien, parce que le néant ne s imagine pas; in eo vivimus,et movemur, et sumus. Tout de lui, tout en lui, tout par lui ; omnia ex ipso, in ipso, per ipsum. Oui, Dieu est véritablement et à proprement parler l'être des êtres, la substance des substances, la force des forces ; il est l'esprit de tout esprit, l'àme de toute âme et l'âme de tout corps ; il est l'âme de notre monde et l'àme de tous les mondes. Pour essayer de le peindre dans les langues humaines, et toujours en vain,

On n'en pourra jamais trop dire, On n'en dira jamais assez...

Et dans l'appétence qu'on éprouve de cette beauté absolue, sans le désir insatiable qu'on a de la comprendre moins mal, et de la voir un peu mieux, on sent au fond de son âme le cri de sainte Thérèse :

Je me meurs de regret de ne pouvoir mourir.

Le Noir.

prême, ni s'adresser à lui pour aucun besoin, mais seulement aux dieux secondaires, Porphyre, de Abstin., 1. 2, n° 34,37, 38.

Dès que l'imagination des hommes a glacé des esprits, des intelligences agissantes dans toutes les parties de la nature, il n'est pas surprenant que l'on en ait supposé dans les animaux ; leur instinct, leurs opérations, leur industrie, sont un mystère qui souvent nous cause de l'admiration.

Les Grecs et les Romains leur ont attribué l'esprit prophétique ; quelques philosophes ont soutenu sérieusement que les animaux sont d'une nature supérieure à la nôtre, et sont dans une relation plus étroite que nous avec la Divinité, Orig. contra Cels., lib. 4, n° 88. 11 n'est donc pas étonnant que [es Egyptiens aientrendu un culte à plusieurs animaux dont ils admiraient l'instinct, desquels il»

tiraient des services, ou qu'ils croyaient animés par un génie dont ils redoutaient la colère. On a remarqué qu'ils honoraient principalement les animaux purificateurs de VEgypte, et qu'ils les consultaient gravement, pour apprendre d'eux l'avenir.

Par la même raison, ils ont rendu un culte à certaines plantes dans lesquelles ils avaient reconnu une vertu particulière : telle est la scille, ou l'oignon marin, à cause de ses propriétés. On ne doit pas être plus surpris de voir les Egyptiens loger une divinité dans une plante, que de voir les Romains honorer une nymphe dans une fontaine, ou consulter gravement les poulets sacrés. Lorsque les beaux esprits de Rome s'égayaient aux dépens des Egyptiens, ils ne voyaient pas que leurs propres superstitions étaient exactement les mêmes.

Avec une religion aussi monstrueuse, les Egptiens ne pouvaient avoir des mœurs pures ; aussi voyonsnous que les leurs étaient très-corrompues. Les philosophes modernes qui n'ont pas su démêler la première origine du polythéisme et de l'idolâtrie, n'ont rien compris à la religion des Egyptiens, et les anciens n'en savaient pas davantage ; mais l'Ecriture sainte nous montre clairement la

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source de l'erreur et ses progrès.

Voyez Paga.nisme, S 1 er .

On ne peut pas douter que les Egyptiens n'aienteru l'immortalité de l'âme et la résurrection future; de là était venu leur usage d'embaumer les coi'ps. II parait certain que les caveaux pratiqués dans l'intérieur des pyramides étaient destinés à la sépulture des rois. Ce dogme important a été dans tous les siècles la loi du genre humain.

Si les savants critiques protestants tels que Cudworth, Mosheim, lîrucker, qui ont traité fort au long de la théologte des Egyptiens, avaient fait plus d'attention à ce qui enestdit dans l'Ecriture sainte, et surtout dans le livre de la Sagesse, e. 12, 13 et 14, ils auraient peut-être VU plus clair dans ci" chaos, et leurs recherches seraient plus satisfaisantes. Mais comme ils •ne veulent pas recevoir ce livre pour canonique, ils ont craint de lui donner quelque autorité. Cependant l'auteur de ce livre a vécu longtemps avant les écrivains profanes que nos critiques ont cités : il était instruit, et il avait peut-être écrit en Egypte; son témoignage nous parait avoir plus de poids qu'aucun autre : or, il ne suppuse point, comme les critiques dont nous parlons, que les premiers dieux îles polythéistes ont été des hommes déiiiés, mais les astres et les éléments ; el jamais les hommes ne leur auraient rendu un culte s'ils ne les avaient pas crus animés.

Nous pensons volontiers, comme Mosheim: 1° que, parles différentes révolutions arrivées en Egypte, il est survenu du changement dans la religion de ce peuple. Nous voyons déjà, par l'Ecriture sainte, qu'après avoir adoré un seul Dieu, les Egyptiens snnt devenus polythéistes ; qu'après avoir commencé l'idolâtrie par le culte des astres, des éléments et îles différentes parties de la nature, ou plutôt des génies dont ils lescroyaient animées, ils en sont venus jusqu'à encenser des hommes après leur mort, et même à honorer des animaux. Nous apprenons aussi, par les auteurs profanes, que les prêtres égyptiens ont cherché dans la suite à pallier, par des allégories et par des

systèmes philosophiques, l'absurdité de ceculte insensé, et n'ont fait qu'embrouiller leur mythologie.

2° Que la croyance et le culte n'étaient pas absolument les mêmes dans les divers cantons de Y Egypte, parce que dans le paganisme il n'y avait aucune règle générale et certaine à laquelle toute une nation fût obligée de se conformer. Dans la Grèce, chaque ville avait ses traditions et ses fables particulières; suivant le privilège de tous les philosophes , les savants égyptiens ont raisonné et révê chacun à sa manière. De là est venue la diversité des récits que nous ont faits les Grecs qui sont allés en Egypte en différents temps pour en connaître les idées et les mœurs.

Il" Qu'il faut distinguer la croyance ancienne et populaire des Egyptiens d'avec les explications et les commentaires que les prêtres de ce pays ont imaginés pour en déguiser l'absurdité, et qu'on leur fait trop d'honneur quand on suppose qu'ils avaient caché, sous des enveloppes allégoriques, des connaissances profondes et des réflexions fort importantes. Mais en voulant remonter plus haut, sans consulter l'Ecriture sainte, on ne peut former que des conjectures qui n'aboutissent à rien.

Par lamême raison, nous ne croyons pas non plus que ces prêtres, par intérêt politique et afin de se rendre plus respectables, aient caché exprès sous des hiéroglyphes les secrets de leur mythologie; c'est un soupçon sans preuve et qui n'a aucune vraisemblance. En premier lieu, il suppose que l'idolâtrie et les fables égyptiennes sont , dans l'origine , une invention des prêtres, au lieu que c'est un effet de la stupidité des peuples. Puisque dans tous les pays du monde, jusque chez les nègres, les Lapons et les sauvages, nous retrouvons les idées qui ont fait naître le polythéisme et l'idolâtrie, pourquoi veut-on qu'en Egypte ce travers n'ait pas eu lamême cause qu'ailleurs? En second lieu, les philosophes grecs ont eu aussi recours à des mystères et à des allégories, pour donner une apparence de raison et de bon sens à la mythologie grecque ; leur prête-

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rons-nous le môme intérêt et les mêmes motifs qu'aux prêtres égyptiens î En troisième lieu, il est ridicule d'attribuer à un artifice ce qui a évidemment été l'ouvrage de la nécessité. Avant l'invention de l'écriture alphabétique, l'on a été forcé de peindre les objets par des ligures et par des symboles; les sauvages en usent encore ainsi et il en fui de même des anciens Egyptiens. Après l'invention des lettres, les anciens hiéroglyphes furent moins en usage, on oublia la signification de plusieurs; lorsque les savants voulurent 1rs expliquer, ils y donnèrent un sens arbitraire, sans avoir aucune intention de tromper.

Quelques incrédules ont dit encore plus mal à propos que Moïse, eu donnant aux Juifs des lois et des cérémonies, n'avait fait que copier le rituel des Egyptiens. Dans la vérité, il s'appliqua plutôt à le contredire, et à détourner sa nation de l'égyptianisme; on le voit par plusieurs de ses lois. D'ailleurs les auteurs pinfanes, qui ont parlé des superstitions égyptiennes, ont vécu plus de douze cents ans après Moïse ; cotnmentpeutun savoir quels étaient les rites et les usages de l'Egypte du temps de ce législateur?

Il \ a dans le prophète Ezéchiel, e. 30, y 13, touchant V Egypte, une prédiction célèbre, qui s'accomplit constamment depuis plus de deux mille ans : « J'exterminerai , dit » le Seigneur, les statues, et j'ane.m » tirai les idoles de Memphis : il n'y » aura plus à l'avenir de prince qui » soit du pays i'Egypte. » En eflet, peu de temps après cette prophétie, les rois de Babylone, et ensuite ceux de Perse, tirent la conquête de l'Egypte. Elle n'avait plus de rois de race égyptienne, longtemps avant. Alexandre qui la subjugua. Des mains de Cléopatre, héritière des Macédoniens, elle passa dans celle des Romains, et successivement dans celles des Parthes, de,s Sarrasins et des Turcs , desquels elle est encore aujourd'hui tributaire. Où trouvera-t-on sur la terre un excellent pays qui ait été deux mille ans de suite sous une domination étrangère , et auquel

cette destinée ait été prédite?

Bergier.

EGYPTE (le Christianisme en). L\Egypte se convertit au Christianisme de très-bonne heure, puisqu'il passe pour constant que saint Marc, envoyé par saint Pierre, fonda l'Eglise d'Alexandrie l'an 49 de Jésus-Christ, et répandit l'Evangile non-seulement dans le reste de l'Egypte, niais dans la Libye, dans la Nuinidie et la Mauritanie, ou par lui-même, ou par les prédicateurs qu'il y envoya. Les Pères de L'Eglise, comme saint Athanase, saint Cyrille de Jérusalem, s, dut Jean Chrysostome, Eusèbe, etc., ont été persuadés que ce progrès étonnant de l'Evangile en Egypte était un effet des bénédictions que Jésus-Christ y avait répandues lorsqu'il y fut porté dans sou enfance : ils ont cité à ce sujet la prophétie d'Isale, eh. 19, fl. « Le Seigneur entrera en Ejj/pie, » et toutes les idoles des Egyptiens

» seront ébranlées par sa présence. »

Ils mit l'ail remarquer le grand nombre de martyrs, de vierges, de solitaires, qui ont rendu célèbre L'Eglise d»

gypte. Il n'est pas étonnant, que le siège d'Alexandrie soit devenu l'un .le, quatre patriarcats de l'Orient; sa juridiction était très-étendue, puisqu'elle comprenait, outre l'Egypte et l'Ethiopie, une bonne partie des cotes de l'Afrique.

Le Christianisme y a subsisté dans sa pureté jusqu'au milieu du cinquième siècle, car il ne parait pas que l'arianisme, quoique né dans Alexandrie, ait fait de grands progrès en Egypte. Mais en 149, Dioscore, patriarche d'Alexandrie, prélat ambitieux et violent, qui avait beaucoup de crédit dans son patriarcat, donna dans les erreurs d'Eutychès, prit cet hérétique sous sa protection, osa prononcer une sentence d'excuminuuication contre le pape saint Léon. Quoique condamné et Jléposé dans le concile de Chalcéduine. eu 451, il persista dans ses erreurs, et mourut en exil. Le plus grand nombre des êvèques à'Eggpte lui demeurèrent attaches, élurent un patriarche pour lui succéder; depuis cette époque, l'Egypte a été séparée de l'Eglise catholique, et a persévéré

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dans l'hérésie d'Eutychès, dont les partisans ont été nommés dans la suite jacobites.

Dans le septième siècle, lorsque les mahométans se présentèrent pour conquérir l'Egypte, ces sehismatiques préférèrent d'être soumis aux musulmans plutôt qu'aux empereurs de Constantinople ; ils favorisèrent les conquérants et en obtinrent le libre exercice de leur religion. Mais ils ont eu le temps d'expier ce crime, par les vexations continuelles qu'ils ont essuyées de la part de ces maîtres farouches. Un prétend qu'ils sont aujourd'hui réduits au nombre de quinze mille tout au plus, et ils sont connus sous le nom de cophtes. Voyez ce mot. Bebgier.

EGYPTIENS (Evangile des), ou selon les Egyptiens. C'est un des Evangiles apocryphes qui ont eu cours parmi les hérétiques du second siècle

de l'Eglise. Saint Clément d'Alexandrie, Origène, saint Epiphane, saint Jérôme en ont parlé ; niais ils en disent très-peu de chose. Origène dit que c'est un Evangile des hérétiques; saint Epiphane nous apprend que les valentiniens et les sabelliens s'en servaient; saint Clément d'Alexandrie en a cité un passage auquel il tâche de donnerun sens orthodoxe. Strom., liv. 3. n° 13, p. 552. C'est tout ce que nous en savons.

Quelques-uns ont pensé que cet Evangile était très-ancien, qu'il avait même été écrit avant celui de saint Luc; c'était l'opinion de saint Jérôme, I'roœm, Comment, in Mattk., mais il n'y en a aucune preuve. Plusieurs critiques modernes ont cru que cet Evangw îles Egyptiens avait été cité par saint Clément de Rome, EpiSt., 2, n° 12. Il nous parait qu'ils se sont trompés : 1° les paroles de Jésus-Christ, citées par saint Clément, pape, ne sont point conformes au texte que saint Clément d'Alexandrie .a vu dans V Evangile des Egyptiens ; M y a dans ce dernier une interpolation qui vient évidemment des hérétiques docètes, qui condamnaient le mariage et approuvaient l'impudicité ; doctrine formellement contraire à celle de saint Clément, pape ; 2° VE-

vangile des Egyptiens était cité par Jules Cassien, chef des docètes, pour appuyer ses erreurs. Donc cet Evangiû avait été forgé par cette secte même, et pour la favoriser. Or, les docètes n'ont commencé à paraître que sur la tin du second siècle, au lieu que saint Clément de Rome à écrit cent ans auparavant. Il est fâcheux que les critiques n'aient pas fait cette remarque, et qu'ils aient donné lieu, sans le vouloir, à quelques incrédules de soutenir que les Evangiles apocryphes sont aussi anciens que les nôtres, et ont été cités par les Pères apostoliques.

EHRENBERG fChristian-Gottfried).

(Théol. hist. biog. et bibliog.) — Ce naturaliste allemand naquit à Delitzsch, en Prusse, en 1795. Il étudia d'abord la théologie à l'université de Leipsig, puis la médecine, et se livra enfin aux études microscopiques. Il fut chargé en 1820 par l'Académie des sciences de Berlin d'une mission scientifique dans l'Egypte, l'Abyssinie et l'Arabie, et en rapporta beaucoup d'animaux et de plantes inconnus jusqu'alors. Il explora ensuite, avec M. de Ilumboldt, l'Asie centrale et surtout le plateau de l'Altaï.

Il ne s'est plus occupé, depuis, que de recherches microscopiques sur les infusoires. Son grand ouvrage est plein de découvertes sur l'organisme, les mœurs et toutes les conditions d'existence de ces animaux; c'est lui qui a expliqué par les infusoires les phosphorescences de la mer, les pluies de sang, les neiges rouges des Alpes et de l'Etna. La composition de la terre végétale et des grandes tourbières de Berlin, ainsi que des formations de montagnes sont attribuées par ce savant à des amas d'infusoires, en sorte que ces animaux intiniment petits auraient joué un grand rôle dans la constitution de l'écorce solide de notre globe.

M. Ehrenberg est l'auteur .de beaucoup d'ouvrages, presque tous imprimés à Berlin; en voici quelques-uns :

Voyage scientifique dans V Afrique septentrionale et l'Asie occidentale pendant les années 1820 à 182o ; les Go-

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raux de la mer Rouge, 1834 ; les Acalèphes de la mer Bauge, 1 836 ; Organisation, classification, et distribution géographique des animaux infusoires , 1830 ; Essai sur l'organisation des infiniments petits, 1832-34; do l'Organisation complète des animaux infusoires, Leipsig, 1838, avec 64 planches dessinées par l'auteur, c'est son œuvre principale ; Eormationdes roches crétacées de l'Europe, de la Libye et de l'Ural pur des organismes microscopiques, 1839 ; les Infusoires fossiles et la terre végétale animée, 1837; mémoire sur la phosphorescence de la mer , 1835 ; Pluies de poussière et desang, vie organique et invisible dans l'atmosphère, 1849; Appendice au grand ouvrage sur les infusoires, contenant 274 espèces nouvelles, 1840; Distribution ou influence de la vie microscopique dans l'Amérique du Sud et du Nord, 1842 ; Les Sciences naturelles et la médecine ne justifient pas la crainte d'un affaiblissement corporel des peuples par suite du développement spirituel, 1842 ; etc.

Les titres seuls suffisent pour donner une idée de l'intérêt qui s'attache aux travaux de M. Ehrenberg.

ÉICÈTES, hérétiques du septième siècle. Ils faisaient profession de la vie monastique, et croyaient ne pouvoir mieux honorer Dieu qu'en dansant. Ils se fondaient sur l'exemple des Israélites, qui, après le passage de la mer Rouge, témoignèrent à Dieu leur reconnaissance par des chants et par des danses. Behgier.

EICHHORN (Jean-Godefroi). (Théol.

hist. biog. et bibliog.) — Ce savant orientaliste et exégète, naquit à Dorenzimmern, en 1732, étudia les langues anciennes à Gottingue, devint.

recteur du gymnase d'Ohrdrutf dans la principauté de Gotha, professeur de langues orientales à Iéna, puis membre de beaucoup de sociétés savantes, enfin professeur de philosophie à Gottingue , et y mourut en 1827.

Eichhom, dit M. Hauslé, s'occupait à la fois des langues orientales, de l'exégèse et de la critique de l'Ancien

et du Nouveau Testament, et de toutes les branches de l'histoire politique et littéraire. Ses travaux se partagent en deux classes :

« En 1775 il 'composa son Histoire du Commerce des Indes orientales avant Mahomet, et ses Monumenta antiquissima historiée Arabum (publiés tous deux à Gotha). Il ajouta à ce dernier ouvrage un supplément intitulé : De rei numarix apud Arabes initiis, Goth., 1776. De 1777 à 1786 parut le Répertoire de la Littérature biblique et orientale {Leipz., 18 vol.) Il y ajouta plus tard (1787-1801) la Bibliothèque universelle de la Littérature biblique (Leipz., 10 vol. composés chacun de n parties), et l'Histoire primitive (avec une introduction et des remarques de J.-Ph. Gabier, Nurenberg, 1700-1792, 2 vol.). Dans l'intervalle, de 1780 à 1783, avait paru son Introduction à l'Ancien Testament , en 3 parties (4° édit., Leipz., 1823-1824, 5 vol.), à laquelle succéda en 1798 {'Introduction aux Livres apocryphes de l'Ancien Testament.

<c Comme il s'était associé à plusieurs savants pour son Répertoire de la Littérature biblique et orientale, il forma aussi une association pour publier, avec des hommes spéciaux, l'Histoire des Arts et des Sciences, qui devait partir de l'ère de la restauration des lettres et des sciences et se terminer avec le dix-huitième siècle ; mais Eichhom ne prit part qu'aux deux premiers volumes (Gottingue, 1796-1799), et s'occupa ensuite d'une.

Histoire littéraire, dont la première moitié parut en 1799 (2° édit., 1812) et la seconde en 1814, à Gottingue. Il avait déjà publié en 1799 la première partie de son Histoire universelle, à laquelle il lit succéder, en plusieurs éditions, quatre parties, de sorte que la 3 6 édit., de 1818 ù [820, contient 4 parties en 5 volumes. Il publia en même temps, de 1803 à 1804, l'Histoire des deux derniers siècles (3 e édit., Hanovre, 1817-1818). Après avoir fait paraître en 1803 et 1804, à Leipzig un Recueil de ses Écrits critiques, il publia, de 1804 à 1814, l'Introduction au Nouveau TestameM , en 3 vol.

(2° édit., Leipz., 1820-1825, 5 vol.), et en 1805-1812 l'Histoire de la Litté-

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