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rature, depuis son oriijine jusqu'aux temps modernes ,k (lottingue, en 12 volumes.
» Eichkorn, travailleur infatigable, avait un remarquable 'talent critique ; il était profondément savant. Il a raconté lui-même sa vie dans le Magasin universel des Prédicateurs , de Beyer, (t. II, 5" pièce, p. I lit, etc.). »
Le .Ni h h.
EISENGREIN (Martin). {Théo}, hist.
biog. et bibliog. - Ce théologien catholique du xvi° siècle naquit à Stuttgard de parents protestants on 1535.
Étant professeurd'éloquenceàVienne, il se lit catholique, et prêtre, puis l'ut comblé de distinctions. Il mourut en 1578, laissant beaucoup d'écrits, surtout en sermons et en traités dogmatiques, dont la nomenclature est dans Modérer, Annales de l'Académie d'Ingolstadt, an. 1578, et dans Koholt, Lexique des suçants de Bavière.
Le Noir.
EISENMENGER (Jean-André .
(Théol. hist. biog. et bibliog.} — ■ Cel auteur, trop célèbre au point de vue
humanitaire, du JudaîSDU dévoilé, naquit a Manniirini en 1554. Il s'adonna surtout à l'étude de l'hébreu, et à celle des langues orientales; il s'occupa aussi beaucoup du Koran, Il mourut d'une attaque d'apoplexie en 1704. Voici ce que dit M. Thalhofer de sou ouvrage.
ii 11 conçut le plan de ce livre à Amsterdam, où, depuis leur expulsion d'Espagne (1603), s'étaient établis beaucoup de Juifs dont l'invincible orgueil s'exhalait souvent en blasphèmes contre le Christianisme.
Eisenmenger, ayant subi divers désagréments assez pénibles de la part des Juifs (I), conçut la haine du judaïsme qu'on voit avec, peine éclater dans son livre. De Heidelberg, où il était revenu, il se retira, après la ruine de la ville par les Français, en 1693, à Francfort, en qualité d'archiviste de la cour de l'électeur Jean- Guillaume. En 1700 l'électeur le nomma professeur de langues orien-
(I) Le Judaïsme dévoilé, H, p. 938, 093,997,
taies de l'université, transférée derechef de Weinheim à Heidelberg. Encouragé par la faveur du prince, il publia l'ouvrage auquel il avait travaillé avec ardeur pendant dis-neuf ans, le Judaïsme dévoilé. Eisenmenger avait mis à profit, avec une assiduité prodigieuse, cent quatre-vingts ouvrages hébraïques et quelques livres des Juifs allemands, et on ne peut méconnaître qu'il puisa aux sources les plus importantes pour la vraie connaissance du judaïsme. Malheureusement il s'était placé à un point de vue de partialité et d'animosité si passionnée qu'il prit toujours le judaïsme de son côté le plus défavorable, et qu'il y reconnut rarement quelque chose de bon. 11 ne pouvait se résoudre à prononcer un I Dgement équitable à cet égard, même lorsque, d'après son propre aveu, des autorités respectables parmi les docteurs juifs contredisaient ses opinions préconçues et uniquement fondées sur ses expériences personnelles (1).
« Il manquait de la connaissance approfondie de l'histoire du judaïsme, qui lui aurait certainement fuit trouver des motifs d'indulgence et d'excuse dans les persécutions dont le plus souvent les Juifs avaient été les innocentes victimes de la part des Chrétiens. Eisenmenger n'usa pas non plus des sources dans un ordre convenable, ne distingua pas leur degré d'autorité, et mit souvent sur le compte du judaïsme tout entier les folies d'un seul rabbin. Il ne connaissait que superficiellement le Talmud, auquel il refusait toute espèce il 'autorité traditionnelle remontant à Moïse et aux Prophètes, et qu'en protestant rigide il jugeait et condamnait comme un Caralte.
« Lorsque l'impression du Judaïsme d{ inili: lut achevée à Francfort, les Juifs, qui craignaient les conséquences de celte publication, protestèrent contre son apparition, et obtinrent, grâce au crédit du banquier de la cour, Oppenheimer (2), que l'empe-
[%] Cf. le Judai.ime dévoilé, 11, p. 499 s-j., sur le serment îles Juif-, (I) Conf. Sporschil, Uist. d'Autriche,, t. V, p.
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reur Léopold ordonnât la saisie de toute l'édition, montant à deux mille exemplaires. Les Juifs offrirent de racheter au prix de 12,00(1 florins; mais Eismmenger, qui avait dépensé tout sou avoir à ce travail, eu demandait 30,000. Ce fut dans l'intervalle delà négociation qa'Etsenmenger mourut. Ses parents tâchèrent d'obtenir, par l'intervention de Frédéric I't, roi de Prusse, que l'empereur leur fit délivrer l'édition suspendue, mais ils échouèrent.
« Frédéric en ordonna alors une nouvelle réimpression à Kônigsberg, à ses propres frais; c'est l'édition en 2 vol. in-i° (1711), qui est la plus répandue. Bientôt après l'édition de Francfort fut mise également en circulation. Ce livre dévoile les blasphèmes ordinaires desjuifs contre le Christ; il les dépeint défigurant le Christianisme et ses sacrements, l'Eglise et ses fêtes, méprisant, haïssant et trompant tous ceux qui ne sont pas Juifs, violant leurs serments, dédaignant les autorités chrétiennes, etc. 11 fait connaître aussi les opinions des Juifs sur le ciel, l'enfer, le Messie, la résurrection, et il Unit pur développer un projet de conversion des Juifs. Pendani Longtemps tout le monde, 1rs savants et les hommes d'État, étudièrent le judaïsme dans ce livre, ce qui tourna souvent au détriment des Juife. Cet ouvrage fut toujours pour eux une pierre d'achoppement; on s'en sert encore à cause des nombreux matériaux qu'il renferme, mais il est évident qu'il faut le faire avec prudence et reserve. » 1-e Nom.
EKKEHARD I de Saint-Gall. [Thêol.
hist. biuij. et bibliog.) — Ce moine,
poète du x u siècle (920), composa deux poèmes du cycle des légendes de Charlemagne [in Udio Charromanmco), dont malheureusement la chronique ne donne que le commencement. En revanche la majeure partie de ses cantiques spirituels et de ses hymnes au Seigneur (sequentix) ont été conservés ; tels sout les hymnes sur la sainte Trinité, Prompta mente mitamus : sur saint, Jean-Baptiste, Summum prœconem Christi ; sur saint
Benoit, Qui benedici cupitis ; sur saint Çolomban, A solis occasu ; sur saint Etienne, O martyr xterni Patris; la séquence Ambulans Hiesus et Adoremus gloriosissimum. Les antiennes et une séquence sur sainte Ati're, qu'il dédia â l'évêque d'Augsbourg.Luitold, n'existent plus. 11 mourut en 973.
EKKEHARD II, de Saint-Gall, surnommé le Palatin. [Thêol. hist. Mog.
et bibtiug.) — Neveu du précédent, il lui succéda comme abbé. Il se fit aussi une réputation de poète; ses épigrainnies sont perdues, et il ne reste de ses nombreuses séquences que celle de saint Désiré, SummU eonatibus. Le Nom.
EKKEHARD IV, de Saint-Call, dit le jeune. (Thêol. hist. biog. et bibliog.) — H naquit vers 980. 11 dit dans ses œuvres avoir vu beaucoup de témoins oculaires du fameux incendie du couvent de Saint-Gall en 073. Il mourut eu 1036.
« Les ouvrages, dit son biographe du Die.t. encycl. de la thêol. çathol, qui lui ont valu un nom historique sont:
« I» les l'usas tancti Galli, que Rapert avait commencés, que publièrent Melchior Goldast dans Renan AUenuamie. Soriptor., in-fol., Franco!'., 1800 ; puis Arx, dans Pertz, Monum, Hist. Germon., t. II. in-fol., Hannov., 1829; — œuvre classique pour l'histoire d'Allemagne et l'histoire universelle du moyen âge, et , j 1 1 1 , malgré ses barbarismes, donne, par la fidélité et la naïveté de ses récits, l'idée la plus vraie et la plus intéressante des mœurs de l'époque ; ai" Liber Benedictionum,coa.Sang., n. 893, in-4°, en 131 feuilles de parchemin, autographe à'Ekkehard Vf et manuscrit unique, codex unious. Il
renferme la collection des poésies dont nous avons dit un mot plus haut, des instructions, des bénédictions, le I ',11'im il Rapt ''' de sanetoGallo en vers latins rimes, dont le sens serait généralement resté énigmatique s'il ne l'avait lui-même expliqué par des notes interlinéaires. Ces notes, avec les vers, sont d'une grandi; valeur pour l'histoire de Saint-Call, parce
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qu'on y trouve, sur les personnes, les lieux et les faits historiques, des détails qui ne se rencontrent nulle part ailleurs ;
« :i" Ses grands poèmes : Vita Walttiarii Manu-fortie, qui se trouvait encore en llfi.'ià PMers et en 1220 à Mûri, et qui depuis a été perdu; Carmen Raperti de sancto Gallo, publié par Ara, 1. c »
Lk Nom.
EKKEHARD V, de Saint-GaU, dit
LK DKHMKU. [Thlul. Ilist. biulj. al bi-
bl»og.\ — Cet, auteur qui parait par ce qui reste de lui avoir été musicien et connaisseur en musique d'église, publia, vers 1210, sous l'abbé Ulrich IV, la vie de saint Notker, qu'il confond, au reste, avec le médecin Notker et avec Notker Labéo. Voici ce qu'il ditde saint Notker à L'occasion de ses hymnes :
« Dieu accorda à saint Notker le don des cantiques àx\ Las pour L'édification des fidèles. En écoutant les oeuvres de cei art céleste, la piété s'éveille, le cœur s'élargit, s'illumine et s'élève au-dessus de Lui-même. Lorsque Elisée sentait le don de prophétie défaillir en lui il faisait appeler ses musiciens, et c'était au milieu des chants sacrésque l'esprit des voyants s'emparait de lui. L'harmonie, par sa douceur, nous calme et nous donne la conscience des joies les plus intimes.
Plus l'amour est profond, plus le chant qui trappe l'oreille pénètre et remue L'âme, et excite en elle une harmonie cachée qui la change, la transportée! la ravit. En chantant les
psaumes et les louantes du Seigneur
nous préparons, en quelque sorte, les voies par Lesquelles, dans ses admirables manifestations, Dieu nous révèle ses mystères, toutes les lois que nos chants partent réellement du cœur, que nos Louanges sonl l'épanchement sincère de nos sentiments, et que notre vois est l'écho fidèle de nos pensées. Le chant console, réjouit, ramène les pécheurs au repentir, purifie leur conscience et les prépare aux œuvres de la piété, Saisis par la douceur d'une sainte mélodie, ils pleurent leurs péchés; leur larmes coulent abondantes et fécondes. Tout cela n'est pas le fruit de la parole, mais
d'un
l'effet de la toute -puissance hymne sacré ! »
On ignore l'origine ainsi que les dates de la naissance et de la mort de cet Ehkehard. Le Noir.
EL. (Théol. mixt. scien. philol.) — C'est un radical, dans les langues séinétiqucs, d'une des quatre grandes familles des noms de Dieu, de la famille Allah, et Elohim. V. allau.
Le Noir.
ELCÉSAITES ou HELCËSA1TES, hérétiques du second siècle, qui parurent en Arabie, dans le voisinage de la Palestine. Elcésaï ou Elxaï, leur chef, vivait sous le règne de Trajan ; il était juif d'origine, mais il n'observait pas la loi judaïque. Il se donnait pour inspiré, n'admettait qu'une partie de l'Ancien et du Nouveau Testament, et contraignait ses sectateurs au mariage. Il soutenait que l'on pouvait sans pécher céder à la persécution, dissimuler safoi, adorer les idoles, pourvu que le cœur n'y eût point de part. Il disait que le Christ était le grand roi; mais on ne sait pas si sous le nom de Christ il entendait Jésus-t ;iiri>t ou un autre personnage. Il condamnait les sacrifices, le feu sacré, les autels, la coutume de manger la chair des victimes; il soutenait que tout cela n'était ni commandé par la loi, ni autorisé par l'exemple des patriarches. On prétend cependant que ses sectateurs se joig lurent aux éhionites, qui soutenaient la nécessité de la circoncision et des autres cérémonies judaïques. Elxaï donnait au Saint-Esprit le sexe féminin, parce que le mot rouach, esprit, est féminin en hébreu. Il enseignait à ses disciples des prières et des formules de jurements absurdes.
Saint Epiphane, Eusèbe etOrigène ont parlé des ekésaites; le premier les nomme aussi samséens, du mot hébreu samcs ou sahesmech, le soleil; mais il ne parait pas que ces hérétiques aient adoré le soleil. D'autres les ont appelés osscens ou ossénians :
il ne faut cependant pas les confondre avec les esséniens, comme afaitScaliger.
On voit pourquoi les Pères de l'Eglise du second siècle ont fait de
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grands éloges du martyre, de la continence, de la virginité, et ont posé, .1 ce sujet, des maximes qui paraissent outrées aujourd'hui ; cela était nécessaire pour prémunir les tidèles contre les erreurs des elcésattes et d'autres hérétiques. Fleury, I. 3, n° 2; 1. 6, n° 21. Behgieb.
ÉLECTION, choix des ministres de l'Eglise. Pendant les quatre premiers siècles, les évoques ont été ordinairement choisis par le clergé inférieur et par le peuple, dont ils devaient être les pasteurs. Il en est peu qui ne soient parvenus à l'épiscopat par voie d'élection. Il ne faut cependant passe persuader que ce moyen ait été indispensable, et que sans cela l'ordination aurait été illégitime. Il y a plusieurs cas dans lesquels ['élection du peuple ne pouvait pas avoir lien.
dans lesquels le métropolitain et les suifragants choisissaient eux-mêmes, sans consulter personne.
i° Lorsqu'il fallait envoyer un évoque à des peuples qui notaient pas encore convertis : c'est ainsi que les premiers évèques furent choisis et ordonnés par les apôtres. 2° Si les iidèles d'une Eglise étaient tombés dans l'hérésie ou dans le schisme, on ne les consultait pas pour leur donner un évêque orthodoxe. 3* Lorsqu'ils étaient divisés en faction- et ne s'accordaient pas sur le choix d'un sujet, ou lorsque celui qu'ils préféraient ne paraissait pas convenable.
4° Dans ce même cas, les empereurs interposèrent leur autorité, et désignèrent celui qu'il fallait ordonner, 5° L'on obligea quelquefois le peuple à choisir un des trois sujets qu'on lui proposait. C° L'empereur Justinieu, par ses lois, déféra les élections aux personnes les plus considérables de la ville épiscopale. à l'exclusion du peuple.
Dans la suite, lorsque l'empire eut été démembré par les conquérants du Nord, ces nouveaux souverains voulurent avoir part au choix des évèques : ceux qui avaient doté les Eglises s'en attribuèrent le droit de patronage. Comme les évèques eurent beaucoup d'autorité dans le gouvernement, il parut naturel que le sou-
verain choisit ceux auxquels il voulait donner sa confiance. Cela devint encore plus nécessaire lorsque les évèques possédèrent des fiefs.
Quand on consulte l'histoire, on n'est pas fort tenté de regretter les élections : le choix du peuple n'a pas toujours été sage ; il a donné lieu à la brigue, aux tumultes, aux séditions.
C'est pour les prévenir que les Papes se sont maintenus longtemps dans la possession de nommer aux évèrhés, et qu'ils ont conservé le droit de confirmer le choix des souverains. Il est juste que le chef de l'Eglise ail une grande part au choix des pasteurs qui doivent la gouverner (I). Voy. Bingham, Orig. ecclés., liv. 4, c. 3, tome 2, pag. 108.
Comme les protestants voudraient persuader que l'autorité de laquelle jouissent à présent les pasteurs de l'Eglise est une usurpation, Us ont imaginé que, dans le premier siècle, le choix de tous les ministres de l'Eglise s'était f.iit par les suffrages du peuple. Mosbeim prétend que saint Mathias fut ainsi choisi pour remplacer Judas dans l'apostolat, de même que les sept diacres; et que cela se wisail encore ainsi a l'égard des prêtres. Hist. Christ., SBC 1, S 14 et 3(). Mais nous prouverons en son lieu qu'il a voulu en imposer, et que le seul intérêt de système lui a dicté ses conjectures. 7. sainl Mateias,
Ih il RB, EvÊQTJE, etc.
ELECTION DES PAPES [Théol, liist. etpur. génér.) — La question des Sciions ecclésiastiques, si brièvement
et si légèrement traitée pal Hergier, mériterait bien une longue dissertation
histoiico-théologique, mais la place nous manque, et nos lecteurs seront
ri) Cette manière de parler de Bergier tant par rapport aux éleetiom dît clergé et du peuple que
par rapport aux droits ilu papy «iiuis lys inveslitul,.s erelésia-tiques, sent le i;allieani« I n'est
pas très-exacte: pour exprimerexactement la doctrine catholique et sue droit canon, il faut due .pie de droit commua, ee «ont les élection! dn clergé et in peuple ipii sent le uuele régulier de présentation, et que o'eet le pape seul qui tienne l'institution canonique: le droit concédé aux souveraine «le représenter le clergé et le | pie dan« le choix des
sujets pour la présentation est exceptionnel, n'étant fondé que sur dee concordats particulière.
Lk Noir.
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obligés de se contenter d'une citation de M. Pbilippssur lamanièredont se pratiquée présent ['élection des papes.
Ils savent qu'autre fois l'élévation au siège pontifical se faisait comme l'élévation aux évèchés, c'est-à-dire par h; clergé etle peuple romain votant soit par acclamation (acclamationem), soi! par compromis (compromission), soit parscrutin [scrutinium , après conférence avec 1rs êvêques voisins de Rome, réunis dans cette ville, et que le candidat sur lequel on s'était entendu était consacré par l'évèque d'Ostie. Saint. Cyprien a laissé, dans unr de ses lettres, des renseignements sur ce point, et quelques passages île cette lettre mit môme élé insérés dans le corpus juris (i). Ils savent aussi qu'à la suite de la conversion îles empereurs romains au Christianisme, ces empereurs se déclarèrent aptes a décider les cas douteux, ce qui amena un élément nouveau, de sa oature absolument étranger. Ils savenl encore que plus tard les empereurs d'Allemagne réduisant à néant l'ancien droit du clergé et du peuple, s'emparèrent de ['élection des papes. Ils savenl enfin que, dans des temps plus modernes, l'influence de-- empereurs étanl en décadence, après que le clergé et le peuple avaient été effacés par eux, l'usage vint insensiblement que ['élection ilu pape lui laite par le seul collège des cardinaux, tous les cardinaux compris, aussi bien les cardinaux dia-
cres et les cardinaux prêtres que les cardinaux évèques. Il fallut même, pour être éligible, être cardinal, quoique Nicolas II eut accordé qu'on
put élire, eu cas de bflSOin, même un
ecclésiastique d'une autre Lu lise. Nous prenons les élections papalt s a ce point de leur histoire, et nous laissons la parole à .M. Phillips sur les formalités selon lesquelles se pratiquent ces êlecfions encore aujourd'hui.
« Quant aux formalités à observer dans l'élection, elles lurent, dit-il, exactement prescrites, dans la suite des temps, par une multitude de Constitutions papales (2). La dernière
M) Cari, foetus est. 8 iini'tit. »l. ''- 7. q. G* (îj Voir ces Conatitul g dan» J.-G Men
est d'Urbain VIII, de l'année 162S et Confirme presque en tous [(oints une Constitution antérieure de Grégoire W, de 1821. On remarque parmi ces prescriptions celle d'Alexandre III au troisième concile de Latran (I /ordonnant que la majorité des voix se compose des deux tiers des membres présents, et celle de Grégoire X (2), statuant que les cardinaux se réunissent dix jours après la mort du Pape dans le palais ou il est décédé, dans un espace fermé conclave), complètement séparé du reste du monde, et disent le plus promptenient possible un Pape nouveau ; statuant de plus, pour hâter cette élection, que, si elle fl'esl pas laite dans l'espace de trois jours, les aliments, qu'on passe aux cardinaux par une fenêtre, soient diminués et réduits a du pain, du vin et de l'eau, s'ils ne parviennent à s'entendre dans les cinq jours suivants.
« Aujourd'hui encore, sauf cette rigueur pour la nourriture, le conclave pour toutes les élections pontificales se tient habituellement dans
h; (Juinual. Aucun cardinal n'est convoqué ; chacun a le droit de s'y rendre, s'il veut user de son pouvoir délire, dès qu'il aporend la nouvelle de la mort du Pape ; aucun ne peut sortir du conclave avant la lin de ['élection, a moins d'être malade et sous peine de perdre sa voiv.
Les tonnes de l'élection dans l'assemblée des cardinaux sont les mêmes que dans les chapitres en général; ce sont: la quasi-inspiration, lecompromis, le scrutin, forme habituelle et régulière, et l'accession, qui s'y rattache. Cette accession a lieu dans le cas où, au scrutin, la majorité inclinant vers un candidat déterminé, les cardinaux, qui jusqu'alors ont voté pour un autre candidat, s'associent a cette majorité, Ils écrivent sur leur bulletin, non pas : Eligo in summum
Pmtificem revert ndiss. b. meum h.
Csremonialia electionis et coronationis Romani Pontifias, p. 20 m).
(1) Ci. m- Latrr.. aiin. 1179. Cap. IJvet de vi-
tanda ;6, x, deJStect.
[i) Conc. Lugdum., 1274. Cap. Obi perieulum : 't. de Elect., in 60
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oarMnalem, mais : Accedo revercndiss.Dom.meo D. cardinali.
« Les trois premières puissances catholiques, la France, l'Autriche et l'Espagne, ont une influence négative sur réfection, en ce qu'elles peuvent charger un cardinal démettre un veto à l'élection d'un cardinal déterminé ; mais il faut que ce veto ait été prononcé avant, l'élection, et il ne peut être excercé qu'une fuis par chaque puissance dans le même conclave.
« L'élection est-elle faite : le cardinal doyen s'avance vers l'élu pour lui demander s'il accepte. Dans lecas de l'acceptation on lui met. l'anneau du Pécheur, et il faut qu'il indique le nom qu'il veut porter comme Pape, l'usage s'étant introduit, depuis Jean XXII (956) que tout Pape élu quitte son ancien nom et en prend un nuire. Le plus âgé des cardinaux-diacres ouvre la fenêtre qui donne sur la place, où le peuple attend le résultat de l'élection; il y parait avec la croix et proclame : Annuntio uobis gaudium magnum : Vwpam hàbemus ; reoerendissimus dominas cardmalis...
tituli nomen) electàs est in summum l'ontifirem, et elegit sibi nomen N.
Alors l'élu est conduit à la sacristie, revêtu des habits pontificaux, c'est-àdire d'une soutane de laine blanche, de sandales rouges couvertes d'une croix brodée en or, d'une ceinture rouge avec des fi anges d'or et. d'un rochet; ensuite on lui met nue aube avec son ciiujuluin, une étole ornée de perles, enfin une chape rouge ai une mitre chargée d'or et de pierres précieuses. Le Pape s'assied sur un fauteuil devant l'autel et reçoit l'hommage des cardinaux, qui lui baisent le pied, la main et la bouche. En attendant le conclave a été complètement ouvert, et le son des cloches annonce l'heureux événement à toute la ville.
« Le Pape se rend alors en procession solennelle à Saint-Pierre, après avoir reçu pour la seconde fois l'hommage des cardinaux dans la chapelle, Sixtme, et, arrivé dans l'Eglise, il s'agenouille et prie pendant quelque temps devant l'autel du prince des Apôtres. Pendant qu'on chante le Te Deum, entonné par le
cardinal doyen, a lieu le troisième hommage, l'hommage solennel, auquel prennent part, outre les cardinaux, d'autres prélats et la noblesse ; puis, du haut des marches de l'autel, le Pape donne la bénédiction au peuple.
« La consécration du Pape a lieu suivant l'ancien rite de l'Église romaine, tel qu'il a été surtout publié par Grégoire XIII en IS82 (I). Avant cette époque il arrivait souvent que des cardinaux-diacres étaient élus Papes; aujourd'hui cela est plus rare ; par conséquent l'ordination de la prêtrise n'est le plus souvent pas nécessaire. La consécration épiscopale du Pape, s'il n'est, pas êvèque, se fait, dans la règle, par l'èvèque d'Ostie.
Au moment où, pendant la messe solennelle, l'Évangile est placé sur le cou du consacré, tous les cardinaux et les patriarches, archevêques et évêques présents, -'approchent deux à deux et posent leurs mains sur la tête du Pape. A la consécration se rattachent la transmission du pallium et le couronnement ; cependant celui-ci peut avoir lieu séparément et quelques jours plus tard. Durant le couronnement on place sur la tête du Pape la tiare (trirennum), en disant :
Active tiaram tribus coronis ornatam, et scias te esse Patrem principum et regum, Redorent orbis, in terra Vicarium Salvatoris nostri Jesu Christi, cui est honor et gloria in sœcula sxculorwm. Après le coui onnement le Pape se rend solennellement à l'église de Latran pour en prendre possession, ce que les Romains appellent il pos-
sesso. »
Le Noir.
ÉLECTRICITÉ {Thcol.mi.it. philos, et scien .physiq.) — L 'électricité estime force qui nous est, jusqu'à présent, parfaitement inconnue, si ce n'est par les effets ou phénomènes observables qu'elle produit. Nous disons donc au positiviste à propos de l'électricité :
Quoi ! vous croyez à cette force, parce que vous envoyez les effets, vous qui ne croyez pas à la cause universelle dont les effets sont vous-même et
(1) Voy. Meuscben, !. c..p. 162 sq.
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tout ce qui vous entoure ! Vous devriez dire : je ne crois qu aux phénomènes, puisque vous le dites de tout l'univers. V électricité ne vous est pas plus connue, n'est pas plus visible à vos yeux, comme cause et comme force, que Dieu ; vous avez dit d'elle par un raisonnement tout métaphysique : il n'y a pas d'effet sans cause; il y a des effets électriques ; donc il y a dans la nature une puissance que j'appellerai électricité et par laquelle je me rendrai compte, sans la connaître, de tous les effets qui rentreront dans la classe de ceux que j'appelle électriques ; et vous raisonnez, en cela, parfaitement bien. Mais l'humanité a dit comme vous, en faisant un raisonnement non moins métaphysique quoique plus universel : il n'y a pas d'effet sans cause; il y a des effets, n'y eùt-il que moimême, je n'en pourrais douter ; donc tous ces effets ont une cause, et cette cause, je l'appelle Dieu, cause universelle. Quelle différence y at-il entre votre argument et celui du genre humain ? je n'en vois pas d'autre que celle du particulier au général, de la partie au tout, d'un ordre d'effets à l'ensemble de tous les effets. Soyez donc conséquent ; et si le genre humain acquiesce à votre syllogisme en croyant avec vous qu'il y a nécessairement une force-cause qui produit les effets électriques, acquiescez au sien et croyez avec lui qu'il y a, non moins nécessairement, une force-cause universelle, qui produit tous les effets et qu'il est bien permis d'appeler Dieu comme il est permis de l'appeler Brahma, Jehovah, ou de tout autre nom, pourvu qu'on lui attribue l'intelligence puisqu'ily a des effets intelligents, ne serait-ce que vous-même.
C'est pour faire mieux sentir la solidité de ce raisonnement que nous ferons un petit article scientifique sur l'électricité.
Le mot ne dit rien ; jamais il n'en fut de plus insignifiant : électron est le nom grec de l'ambre jaune, et ce nom est resté à l'électricité depuis Thaïes, parait-il, qui s'aperçut, sans en pouvoir pénétrer davantage, et sans aller plus loin dans l'observation des phé-
nomènes, qu'un morceau d'ambre jaune, ou de résine, étant bien sec et ayant été frotté vivement, attirait à lui les corps légers. On a attribué à la force inconnue qui produit cette attraction une foule d'autres effets récemment découverts et l'on a dit, à peu près comme un aveugle qui parlerait des couleurs : tous ces effets sont des effets électriques, dus à l'électricité. Nous ne disons pas qu'on a eu tort ; il fallait bien classer des phénomènes constants qui se ressemblaient entre eux plus ou moins et qui paraissaient liés par une certaine parenté. Mais nous constatons seulement que le nom commun qu'on leur donne ne dit absolument rien sur leur cause et sur la manière dont ils se produisent.
On s'est aperçu que le verre frotté avait la même propriété que la résine par rapport aux corps légers, mais . avec une différence : si, par exemple, une petite boule de moelle de sureau a été électrisée au contact d'un bâton de résine frotté, et qu'ainsi électrisée on cherche à la mettre de nouveau en contact avec le même bâton ou un autre semblable également frotté, l'effet directement contraire se produit; il n'y a plus attraction, il y a, au contraire, répulsion. Mais si c'est un bâton de verre frotté qu'on approche de la boule électrisée par la résine, il y a attraction d'autant plus forte que les deux corps sont électrisés, l'un vitreusement puisque c'est du verre, l'autre résineusement puisque c'est de la résine que vient son éleetrisation. En résumé, il s'est trouvé que deux électricités de nom contraire, l'une résineuse ou négative — ce sont les noms qu'on lui a donnés pour désigner ce qu'on ne connaissait pas — l'autre vitreuse ou positive, s'attirent pour se recomposer en un fluide neutre, tandis que deux électricités de même nom se repoussent. Tous les effets de la machine électrique et du tonnerre ont été rattachés à ces principes.
Voilà donc la base de toutes les explications, base purement hypothétique qui n'explique absolument rien, mais à l'aide de laquelle on élèvera des échafaudages qui, semblables à
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des syllogismes en forme assis suides incertitudes, n'expliqueront rien en réalité et ne seront que des dissimulations d'impuissance.
Il s'est trouvé que deux métaux de diverses natures développaient, au simple contact, lorsqu'ils étaient mouillés d'eau acidulée, des mouvements étranges all'ectant les nerfs désagréablement, et' Volta a construit, sur cette donnée, sa fameuse pile aux effets les plus extraordinaires. On a rattaché ces effets aux premiers phénomènes électriques , qualiliant ceux-là d'électricité statique ou de tension, et qualiliant ceux-ci d'électricité dynamique ou voltaïque :
Mais tout cela levait-il le voilé? estil certain que les deux électricités soient une seule et même électricité 1 Il est bien vrai que ces hypothèses ingénieuses servent à raisonner les effets observables, et à les prédire à coup sur; mais on a bien prédit, pendant deux mille ans, les éclipses avec le système erroné des épicyles de Ptolémée.
On a constaté que les pointes métalliques neutralisaient les effets électriques, et l'on a nommé cette influence le pouvoir des pointes ; mais ce ne sont là que des mots ; sait-on seulement si c'est en vertu de la forme pointue que les effets sont neutralisés, sait-on surtout pourquoi cette forme possède une telle vertu?
On aappelé courants électriques, sans savoir le moins du monde si c'étaient des courants, les effets qui paraissent se propager avec la rapidité de la pensée d'un bout à l'autre de tils métalliques qui unissent les deux pôles de la pile de Volta,- et M. Ampère a constaté, dans ces courants supposés, des analogies et des relations si frappantes avec le magnétisme de la boussole, qu'il a nommé tonte cette catégorie de phénomènes Vélectro-magnétisrnv ; tout cela nous faisait-il connaître la force-cause qui existe nécessairement et qui se cache si bien qu'il nous est impossible même de nous en faire une idée.
On a fait aboutir les deux pôles de la pile voltaïque dans un morceau de fer, et le fer est devenu un aimant tout pareil à l'aimant naturel ;
puis l'on a vu que, si l'on détermine une solution de continuité dans le circuit, le morceau de fer perdait aussitôt la propriété qu'il avait acquise. Mais c'est encore un fait qui ne va qu'à compliquer le mystère, nullement à l'éclaircir.
On a construit des appareils, soit avec la machine à frottement ou à électricité statique, soit avec les éléments de la pile, produisant l'électricité dynamique au simple contact, comme source d'électrisation, et ces appareils ont produit des étincelles, des détonations, de petits éclairs et de petits tonnerres; d'où l'on a conclu que c'était la môme force occulte qui travaillait dans les foudres de la nature et dans celles de l'art; mais cette force en devenait-elle plus manifeste?
C'est le mystère lui-même qui est là dans sa plus grande intensité; et si nous le découvrons un jour, il ne sera plus qu'un effet lui-même demandant encore la cause ; et cette cause se cachera toujours à nos yeux, tant que notre esprit ne l'aura pas mise en Dieu.
Le Noir.
ELECTRO-CHIMIE ( Théol. miœt.
scien. phys.) — On appelle ainsi une branche de la science qui s'occupe des applications de l'électricité à la chimie.
Il s'est trouvé que l'électricité dynamique de la pile de Volta opérait des décompositions, mais non point de recompositions chimiques. Elle opère ces décompositions sur les corps qui sont conducteurs de l'électricité; c'est ainsi que l'eau est ce qu'on appelle un électrohjtc, parce qu'elle est sensible a l'action qu'on nomme \'électrolysc; elle se décompose, sous cette action, en hydrogène et en oxygène ; l'oxygène, qui est un corps constamment électro-positif , quelle que soit la combinaison dans laquelle il entre, va au pôle négatif, et l'hydrogène qui, dans le cas de l'eau, est électro-négatif, va au pôle positif. Il y a, en effet, beaucoup de corps qui sont tantôt électro-positifs et tantôt électro-négatifs ; peut-être même trouvera-t-on quelque composé dans le-
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quel entre l'oxygène et dans lequel il soit lui-même électro-négatif ; mais jusqu'à présent, il est toujours électro-positif.
Nous venons de dire ce que fait l'électricité dynamique : elle décompose ; mais l'électricité statique, par l'étincelle qu'elle produit, refait ce que l'autre a défait; elle recompose ; elle refait, par exemple, l'eau que la pile avait décomposée ; cette recombinaison des deux gaz par l'étincelle dans. le flacon qui les contient, est accompagnée d'une détonation.
Berzelius avait conçu une théorie générale d'après laquelle tous les corps composés n'ont leurs éléments combinés que parce que ces éléments sont des corps électriques chargés d'électricités de nom contraire, et d'après laquelle aussi, la pile pourrait toujours sépprer ces éléments en attirant les positifs au pôle négatif, et les négatifs au pôle positif. Mais l'expérience ne répond qu'en partie à la règle de Berzelius, et l'on a été à peu près obligé de renoncer à sa théorie, quoiqu'on conserve encore les dénominations de corps électropositifs ou électro-négatifs.
MM. Faraday, Grothûs, Becquerel, Bunsen, Troost, Deville,etc. ont beaucoup travaillé pour Y électro-chimie , et ont fait d'utiles découvertes soit comme lois , soit comme métaux utiles; c'est à Y électro-chimie que se rattachent les industries de la galvanoplastie, de Yélectrotypie , de Yextraetion métallurgique ae l'urgent, etc.
Mais aucun n'a pu arriver à une généralisation explicative des phénomènes dans le genre de la célèbre généralisation newtonnienne des lois astronomiques dans la formule de l'attraction. C'est un desideratum auquel on arrivera sans doute à la tin.
L'électricité est une force nouvellement trouvée, qui est loin d'avoir dit son dernier mot. Nous aimerions à voir s'établir une théorie générale comme celle qu'avait conçue Berzelius; plus la science généralise, plus elle s'approche de Dieu.
Le Noir.
ÉLECTRO- MAGNÉTISME. (Théol.
mixt. scien. phys.) — Cette science a
pour objet l'aimantation du fer doux par les courants-vol taïques, et l'action des courants sur les aimants cl, vice versa. C'est Arago qui a découvert la transformation du fer doux eu aimant par l'action de la pile, pendant le temps que cette action dure.
C'est Ampère qui a trouvé la fameuse théorie des etfets réciproques des courants sur les aimants et des aimants sur les courants. Les appareils d'induction se rattachent à cette dernière théorie, ainsi que les galvanomètres. Les phénomènes de l'aimantation du fer doux par l'action voltaïque sont très-importants, et font présager à tous les physiciens un avenir très-riche en inventions et en applications industrielles, mais on doit dire qu'au point où nous en sommes, les faits sont encore décousus, sans lien et sans théorie véritable qui les élève au-dessus d'un pur empirisme. Il en est autrement de la théorie d'Ampère ; elle relie les phénomènes entre eux, et en voici la base :
Deux cas se présentent : celui du courant lixe, et immobile dans sa direction tandis que l'aiguille aimantée est mobile sur un pivot et sous son influence; celui de l'aimant lixe, et du courant mobile. Or, les deux cas suivent la même loi, et voici cette loi :
Imaginez, dit Ampère, dans le fil conducteur du courant, soit fixe, soit mobile, un petit homme couché , la face vers l'aimant de manière que le courant lui entre par les pieds et lui sorte par latète, celui des deux corps qui sera mobile se placera toujours, sous l'influence de l'autre, de manière que le pôle austral de l'aimant soit à la gauche de ce petit homme.
On appellera, pour cette raison, gauche du courant le tôté vers lequel sera tourné le pôle austral de l'aimant, formant, ainsi, la croix avec le courant.
Ce principe répond à tous les phénomènes. Mais on ne peut qu'en célébrer l'ingéniosité, comme on doit célébrer l'ingéniosité de la théorie des deux fluides, positif et négatif; ce n'est encore qu'une règle basée sur une hypothèse, et nulle-
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ment une explication. Le physicien, qui en fait l'application et qui explique avec elle tous les faits est, au fond, semblable à un aveugle qui exposerait mathématiquement la théorie du prisme et des couleurs sans avoir jamais vu le soleil. Que l'on découvre une loi semblable pour les phénomènes d'aimantation du fer doux, ce sera la même chose ; on aura rattaché à un ordre régulier tous les faits de cette catégorie, mais on n'aura rien expliqué sur leur véritable cause, dont il faut bien pourtant reconnaître la nécessité, sans la voir, ni même sans pouvoir s'en faire une idée.
C'est ainsi que l'homme de foi croit en Dieu et en une foule de choses qu'il ne voit ni ne comprend, parce qu'il a des faits évidents ou incontestables qui en démontrent la nécessité comme cause cachée.
Les faits, ici, sont bien certains ; quant à ceux qui se rapportent à la théorie d'Ampère, ils sont de mille espèces, et viennent tous régulièrement se manifester selon sa loi, dès que les circonstances, qui en sont les conditions, se reproduisent; et quant à ceux de l'aimantation du fer doux d'Arago, ils ne sont pas moins incontestables, puisque M. Pouillet a construit, à la Sorbonne, un électro-aimant — c'esl le nom qu'on donne au fer doux aimanté sous l'action de la pile — que nous avons vu nousmême enlever plusieurs centaines de kilogrammes; et il en existe qui enlèvent des poids de plusieurs milliers de kilogrammes. On s'est déjà servi de cette force comme moteur mécanique.
C'est sur la même propriété que reposent les télégraphes électriques :
comme le fer doux s'aimante et se désaimante à peu près instantanément, dans une longueur indéfinie, à chaque mise en communication avec la pile et à chaque rupture du circuit, ou solution de continuité, on conçoit qu'on puisse, à l'aide d'appareils bien disposés, déterminer des courants et des attractions par là même, puis les arrêter subitement, de manière à produire des signaux, et même à écrire à de très-longues
distances. C'est ce que l'industrie est parvenue à faire aujourd'hui avec la plus grande facilité.
Mais, encore une fois, tout cela ne révèle absolument rien sur la cause intime des phénomènes ni sur la manière réelle dont cette cause opère ; et cependant il nous faut bien croire qu'il y en a une, puisque nous percevons avec évidence qu'il ne peut y avoir d'effet sans cause. Comment nos positivistes, parmi lesquels beaucoup sont des savants, ne voient-ils pas qu'ils admettent implicitement, en admettant cette cause inconnue, qu'ils appellent l'électricité, toute la métaphysique?
Le Noir.
ÉLÉPHANT ( 1' ) (Théol. mixt. scien.
nat. zool. ) — Voyez causes finales.
Mais cet animal étrange, ce colosse vivant, qui semble représenter, par tout son être une sagesse antique, et qui est un de ceux dans lesquels nous pouvons le plus admirer les merveille s de l'instinct, création de Dieu plus incompréhensible encore que celle de l'intelligence, mérite un article à part.
On a beaucoup exagéré, du reste, chez lui ce* merveilles ; l'éléphant, après tout, n'est qu'une bête, et la supériorité de l'homme à son égard, est tellement considérable qu'aucune comparaison ne peut être établie entre l'un et l'autre. Nous laisserons les fables qui nous sont venues des peuples qui adorent l'éléphant comme une divinité, et ne citerons que les faits bien établis.
Parlons d'abord de sa conformation extérieure et intérieure : cette dernière présente un phénomène qui esl digne de remarque et qui n'est pas indifférent à laphysiologie considérée dans ses rapports avec la psychologie ; mais auparavant donnons, sur la couformation externe de ['éléphant, le précis descriptif qu'en a tracé Cuvier, avec sa netteté ordinaire.
« Les proboscidiens, dit-il, ont cinq doigls à tous le'pieds, bien complets dans le squelette, mais tellement enroulés dans la peau calleuse qui entoure le pied, qu'ils n'apparaissent au dehors que par les ongles attachés
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sur le bord de cette espèce de sabot.
Les dents ("mines et les incisives proprement dites leur manquent, mais dans leurs os incisifs sont implantées deux défenses qui sortent de la bouche et prennent souvent un accroissement énorme. La grandeur nécessaire aux ah èoles de ces défenses rend la mâchoire supérieure si liante et raccourcit tellement les os du nez que les narines se trouvent, dans le squelette vers le haut de la face ; mais elles se prolongent dans l'animal vivant en une trompe cylindrique composée de plusieurs milliers de petits muscles diversement entrelacés, mobiles en tous sens, douée d'un sentiment exquis et terminée par unappendiccen l'orme de doigt; cette trompa donne a. l'éléphant presque autant d'adresse que la perfection de la main peut en donner au singe. H s'en sert pour saisir tout ce qu'il veut porter à la bourbe et pour pomper la boisson, qu'il lance ensuite dans son gosier en y recoin haut cet admirable organe lequel supplée aussi à un long cou, qui n'aurait pu porter cette grosse tête et ses lourdes défenses. Au reste, 1rs parois du crâne contiennent de grands vides qui rendent la tète plus légère. Sa mâchoire inférieure n'a point d'incisives du tout ; les intestins sont très-volumineux, l'estomac simple, le cœur énorme ; les mamelles, au nombre de deux seulement, sont placées sous la poitrine. Le petit tette avec la bouche, et non avec la trompe. » [Régne animal, t. I p. 237.) Cuvier \ient déjà d'indiquer le phénomène auatoinique intérieur , dont nous avons parlé; ce sont ces grands vides qui se trouvent dans les parois du crâne. On pourrait croire, a voir cette tète énorme, ce beau front, que le cerveau y est très-développé, et que Véléphant serait une des applications les plus éclatantes de la règle posée par les naturalistes, par ceux qui appartiennent aux écoles positivistes surtout , d'après laquelle l'animal a d'autant plus d'intelligence que son cerveau est rnusconsidérable.
Celle règle a du \ l'ai, si on la considère dans ses grands traits et à de grandes distances le long de l'échelle animale ; elle est même presque tout à
fait vraie si on considère le cerveau sous le rapport de sa configuration en circonvolutions; il est incontestable que l'animal a u n instinct d'autant plus individuel, initiateur et ressemblant, quoique de bien loin, à l'intelligence de l'homme, que le cerveau prend mieux, chez lui, cette forme, qui est le propre du cerveau de l'espèce humaine; et il est certain également que, parmi les animaux, ceux qui la possèdent au plus haut degré sont le singe etYélêpkant.(V. circonvolutions nu cerveau.) Mais quant à la masse, il en est autrement, du moins pour Véléphant; les vides de son crâne sont tellement considérables qu'il se trouve avoir, en réalité, moins de cerveau proportionnellement, et même beaucoup moins, que la plupart de nos animaux domestiques; en sorte qu'a en juger par la masse cérébrale, \ éléphant devrait être classé, pour l'intelligence, très-loin de l'homme, quoiqu'il soit, quant au fait, celui de tous qui en est le moins loin.
Une telle observation anatomique déroute assurément les théories matérialistes dans la mesure de l'imporportance qu'on doit lui attacher.
Citons maintenant les faits avérés d'intelligence de ce gros animal.
Une ressemblance qu'il possède avec l'homme, c'est qu'il aime à s'enflammer le cerveau par des substances alcooliques, et à s'enivrer. Voici ce qu'a remarqué M. Adolphe Delegorgue, homme sérieux et véridique qui a chassé, dans ces derniers temps, les éléphants d'Afrique : « L'éléphant.
dit-il , a cela de commun avec l'homme, qu'il aime une légère inflammation du cerveau que lui procurent les fruits fermentes par l'action du soleil : VOm-Kouschloudne et le Wakano des Amazoulous. Ces fruits sauvages, qu'il abat avec sa trompe, acquièrent en quelques jours d'abandon sur la terre les propriétés qu'il désire... L'éléphant repasse alors, les cherche un à un, les ramasse et les mange. » Puis le même voyageur explique que le jus fermenté de ces fruits enivre 1 éléphant sauvage comme il enivre l'homme, et que c'est un malheur pour ce dernier s'il vient à être rencontré par une troupe d'dr-
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chants venant de se livrer à cette étrange orgie, parce qu'alors, perdant le sentiment de terreur que l'homme inspire à tous les animaux, ['éléphant ivre devient pour lui des plus dangereux. (L'Afrique centrale, t. i.)
Les anciens ont dit que ['éléphant eu sentinelle sonne parfois de la trompette pour avertir d'un danger pressant la troupe de ses semblables, etque c'est par sa trompe qu'il produit cette musique. Le fait est vrai. M. Delegorgue, en chassant des troupeaux d'éléphants dans l'Afrique australe, l'a constaté en maintes occasions ; il a vu un de ces animaux avertir toute la compagnie dont il faisait partie, de l'arrivée du chasseur par de bruyants sons de trompe, qu'il compare a u un étonnant bruit d'orgues. »
(Juand une troupe à' éléphants a dévasté un canton jusqu'à abattre le-; gros arbres et faire du pays un vrai désert que la nature mettra di\ ou quinze ans à revêtir de végétation, et qu'il ne leur reste plus rien pour vivre, ils prennent le parti de chercher fortune ailleurs; alors ils se réunissent en une bande qui se compose des pères, des jeunes et d A s femelles avec leurs petits et qui est conduite par un vieux nulle, dont l'ascendant sur ses compagnons est presque absolu. Toute la bande le suit jusqu'à ce qu'il s'arrête et, d'étapes en étapes, elle parvient, sous sa direction, au pays dan-ï lequel ou se fixera pour un temps. M. Delegorgue a constaté que, dans ces cas, et surtout dans ceux où la Iruupe est obligée de fuir précipitamment devant le chasseur, les mères tiennent leurs petits sous leur ventre entre leurs quatre jambes et les conduisent, au moyen de leur trompe enroulée dans celle du petit, absolument connue une femme conduit son enfant par la main : « entre les quatre pieds, dit-il, de Véléphante, sous elle-même, sous ce dôme mater îicl, courait le jeune, dont les pas incertains étaient guidés par la mère.
La trompe de celle-ci, passée sous son poitrail, s'unissait à celle de son petit et la dirigeait comme la main d'une femme conduisant sou enfant. »
Voici la description que donne.
M. Delegorgue de la fuite désordonnée
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d'une de ces bandes qu'il a chassées dans le pays de Natal, et qui étaient en nombres très-différents, depuis trois seulement jusqu'à plusieurs centaines.
« Aussitôt qu'elle a essuyé, le feu du chasseur, la niasse s'ébranle au son de la trompe et présente un large front où chacun se presse et marche comme si la foule le poussait. Les défenses se heurtent et résonnent, riche bruit d'ivoire qui tente, armes terribles qui éliraient. La poussière se soulève en nuages impénétrables à l'œil, les taillis sont piétines comme de l'herbe menue; tout est couché; l'escadron unit tout... un arbre sain et solide, à toutes branches, de 00 pieds (20 mètres) de haut, de (1 pieds (3 mètres] de circonférence, brisé aussi nettement qu'une canne sur le genou d'un homme, voilà ce que j'ai vu ! c'était l'ouvrage d'un ou de trois éléphants; que l'on juge niaintriiaut de leur force collective. Rien, au monde, ne. saurait donner une idée du tableau de destruction qui s'offre après la retraite hâtée d'uue troupe a éléphants... dix ans, vingt ans ensuite, la nature n'a pas encore réparé tout le dègàt ; des troncs renversés tous dans le même sens attestent encore le trajet du bataillon monstre, et les jeunes arbres devenus grands portent l,i trace de la courbure qui leur lit de la tète toucher la terre. »
Delegorgue ajoute que cette niasse, toute lancée qu'elle est, se détourne ou rebrousse chemin si un seul homme se présente au-devant, à soixante pas, agitant un bouclier retentissant et poussant des cris, ou tirant un coup de fusil. On les traque de la sorte le plus facilement du monde.
Le même voyageur témoigne du fait suivant, qui s'explique assez difficilement:» au besoin, dit-il comme témoin oculaire, lorsque la chaleur les accable, ils se pressent les uns contre les autres pour recueilir l'eau que l'un d'eux fait sortir d'une poche de son estomac et qu'il lance en l'air avec sa trompe. »
Il dit de leur agilité : « ['éléphant n'a non-seulement aucune peine à se relever de terre, mais encore le
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fait-i! avec la plus grande facilité, quand il s'est vautré dans ces bourbiers si fréquents dans les forêts, où il laisse sa colossale empreinte; et sans aucun doute si l'animal devait craindre une chute, faute de pouvoir aisément se relever, on ne le verrait pas s'exposer à descendre des pentes d'une forte inclinaison, sablonneuses, de 80 pieds (25 m. environ) de haut, glissant sur ses pieds, qui, roides et immobiles, tracent un large sillon comme une voiture enrayée. »
Il dit des grandes chasses que font aux éléphants les Cafree réunis en armée de quinze ou vingt mille hommes, cernant toute une forêt, et resserrant peu à peu leur cercle, jusqu'à en venir à une mêlée : « Les animaux surpris par tant d'ennemis, se débandaient et, quelque grand mâle s'écavtant, les guerriers l'entouraient et le perçaient de mille coups. Furieuse, la bête se retournait, chargeait, renversait, brisait, et lançait en l'air hommes, boucliers, javelots; à l'un succédait l'autre, tous des plus braves : dix, vingt, cent hommes quelquefois étaient ainsi traités. »
Les Boschjesmans leur font une autre espèce de chasse plus simple mais plus perlide. Ils sont munis de dards empoisonnés, rampent connue le serpent presque sous les talons de l'éléphant, arrivent sous ses pieds, inaperçus du monstre, tout à coup se dressent et lui plantent, soit dans le ventre, soit à l'aine, soit à lajambe, l'arme mortelle, puis s'esquivent ; quelques heures après l'animal meurt.
Les colons hollandais se servent du fusil ou de chausses-trappes de diverses espèces.
Il arrive quelquefois, dit encore M. Delegorgue, que, dans une fuite précipitée, un éléphanteau est perdu par sa mère; le petit tourne inquiet sur lui-même, essayant de l'apercevoir; alors, qu'un chasseur parvienne à lui couper la retraite, et ose s'en approcher au risque d'être culbuté, il n'aura qu'à se passer la main sur le front inondé de sueur et en frotter le bout de la trompe de Yéléphanteau, pour que celui-ci, calmé aussitôt, et prenant, sans doute, cette main humide et tiède pour la mamelle de sa
mère, ou bien y trouvant une odeur qui le trompe et le fascine, suive le chasseur avec obstination comme un chien domestique et reste en sa possession, ne serait-ce que pour lui servir de mets excellent.
La chasse des éléphants, en Asie, se fait, ou avec des éléphants privés, comme l'ont décrit lesauteurs, ou isolément au moyen de pièges, tels qu'un nœud coulant qui se passe à un de ses pieds, ou d'une femelle apprivoisée qui attire le mâle. Et, de quelque manière que l'animal ait été pris, il se familiarise au bout de quelques jours; il est dressé au bout de six mois. Mais il n'est pas vrai, comme on l'a dit, qu'il entende quand on lui parle raison, qu'il soit susceptible d'un attachement extraordinaire , qu'une sorte de sentiment moral lui fasse prendre son parti, ni même qu'il s'attache à son cornac au point où on l'a prétendu, qu'il soit susceptible de haines à longue mémoire, que la femelle ait plus d'attachement pour ses petits que celle de beaucoup d'autres animaux ; au bout de quelques mois d'absence ils deviennent des étrangers pour elle. L'éléphant apprivoisé n'aime jamais assez son conducteur, auquel pourtant il obéit merveilleusement en tout ce qu'il sait faire, pour ne point épier les occasions de reprendre sa liberté, même après de nombreuses années de servitude. Quand il l'a recouvrée, il n'a pas souvenir des pièges qui furent employés pour le prendre, et il y retombe aussi facilement. Quelquefois, on l'a vu, après plusieurs mois de fuite, revenir pourtant, dans la forêt, à la voix impérieuse de son ancien cornac. On sait, au reste, qu'en captivité, il est susceptible d'apprendre une foule de choses. Il fera, seul, par exemple, un service régulier de transport de matériaux d'un quartier dans un autre, se chargeant lui-même avec sa trompe, allant seul au lieu de destination et se déchargeant à point. Un éléphant de Calcutta, très-connu, qui fait la fortune d'une famille, en est une preuve vivante.
L'éléphant a des peurs dont il n'est pas maître, et dont on n'a jamais pu le corriger ; il ne peut supporter les
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grands bruits, tels que ceux du canon et de la trompette des combats ; il ne peut, non plus, garder son sang-froid devant les feux et les éclairs ; c'est ce qui a fait qu'on a renoncé à s'en servir à la guerre depuis l'invention de la poudre. En cela bien dilférent du cheval qui dit, allons ! devant les grandes mêlées et les détonations, ['éléphant se met, dans ce cas, à fuir avec terreur. Il n'est point guerrier, on l'intimide facilement.
Son mukoud — c'est le nom qu'on donne dans l'Inde à son cornac — se sert ordinairement, pour le faire obéir, d'une verge garnie d'une pointe de fer et d'un crochet, avec laquelle il le pique sur la tète et aux oreilles. Il y en aqui obéissent d'eux-mêmes. Ou leur apprend assez facilement à. s'agenouiller, comme le dromadaire, sur un simple geste, et souvent on en voit qui plient un de leurs pieds du devant et le présentent à leur guide pour les aider à leur monter sur le cou. Nos naturalistes du muséum de Paris ont constaté que l'éléphant prend plaisir àla musique harmonieuse, tandis que, comme nous l'avons dit, les grands bruits l'effraient.
On sait qu'il y a des peuples dans l'extrême Orient pour qui l'éléphant est un animal sacré dans Lequel est passée l'âme de quelque grand personnage el que parmi les éléphants, ce sont les blancs, lesquels sont trèsrares, qui sont surtout l'objet de ces vénérations ; c'est l'âme d'un roi qui en a fait son séjour. Voici ce qu'en raconte Dumont d'Urville, dans son Voyage pittoresque autour du monde.
« Le roi deSiam, dit-il, était alors ( 1830 ) possesseur de six éléphants blancs, nombre inouï dans les annales de la contrée et regardé comme un favorable angure pourlaprospérité de son règne. Nous en vîmes quatre, les deux autres étant de trop capricieuse nature pour être visités sans péril. Ces animaux avaient la robe vraiment blanche, sauf quelques places couleur de chair dans les ^endroits où le poil était tombé. Nul indice ne témoignait que cette blancheur fût une maladie ; leur taille variait de 6 à 9 pieds (2 à 3 mètres )j Leur généalogie, soigneusement constatée, les
faisait originaires du royaume de Laos. Chacun de ces éléphants a une étable séparée, avec dix gardiens pour son service. Les défenses des mâles sont garnies de clochettes d'or ; une chaîne à mailles d'or leur couvre aussi le sommet de la tète, et un petit coussin de velours brodé est fixé sur leur dos. »
On s'écrie sans doute avec Boileau, à. de tels récits :
Le plus sot animal, a mon avis, c'est l'homme.
Mais on pense, en même temps que c'est sa supériorité même qui le rend capable d'une telle sottise.
L'éléphant n'a point cette capacitélà ; il n'a point la parole, ni pour dire la vérité, ni pour mentir ; il n'a point l'invention, ni l'invention du beau ni l'invention du laid ; il n'a ni le progrès, ni la décadence ; il n'a ni l'impudicité ni la pudeur, ainsi que le prouvent ses reproductions très-faciles à l'état domestique quand ou veut lui en laisser la liberté, ce qu'en général on ne fait pas, — en Asie on préfère les éléphants sauvages apprivoisés — ainsi que le prouve aussi cet accouplement de nus deux éléphants du Jardin des Plantes, dont nous avons parlé au mol causes finales (1) ; il n'a pas l'amitié , plus longue que la vie et la mort; il n'a pas l'amour de la patrie ; il n'a pas la religion des aïeux ; il n'a pas la connaissance de Dieu ; il mange sa Sente. Non, il n'a rien de ce qui constitue l'homme psychologiquement ; ce n'est qu'une grosse bêle qui n'est pas plus ce que nous sommes que le chien, le singe, le cheval, le bœuf, l'aigle ou le cygne, le castor ou le termite, l'abeille ou la fourmi, l'huitre ou l'éponge.
Oh! non, la science n'a pas trouvé, la science ne trouvera pas l'être or-
(1)11 est certain maintenant que cet aoconplemenl lut stérile. John Corse qui dirigea de 1798 a 1797, pour la compagnie anglaise des Iodes, la chasse, aux éléphants dans le Bengale, s'est assuré, dit-il, que les femelles domestiques portent pendant prés de 21 mois (618 à 620 jours) et ne donnent qu'un seul petit qui a environ 1 mètre de hauteur, a les yeux ouverts en naissant et se met ansaitôta marcher. La croissance de l'éléphant dure 25 ans. Anstote a dit qu'il vit environ 200 ans ; Billion 150; il est dans sa orce à 60 ans. (dée. 1873.)
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ganique pouvant servir de type de transition de la nature vivante au sujet pensant, et toujours nous aurons le droit de maintenir nos quatre règnes terrestres : le minéral, la végétal, l'animal et l'homme.
Les proboscidiens fournissent une l'aune abondante à la paléontologie.
Les débris, et les dents surtout, de sept à huit espèces perdues, qui ressemblent plus à notre éléphant d'Asie d'aujourd'hui qu'à celui d'Afrique, sont répandus sur toute la surface du globe, aussi bien dans les zones glaciales que dans les zones tempérées et torrides. Ils se rencontrent dans les terrains supérieurs de l'époque tertiaire et dans les plus inférieursde l'époque quaternaire ; les plus anciens appartiennent au miocène. L'apparition de cette espèce précéda donc à peu près immédiatement celle de la nôtre.
On cherche ces débris et on les recueille avec soin pour le commerce de l'ivoire, qui est très-antique dans l'humanité. Il eu est question dans ta Bible à des époques où il parait bien que l'on ne connaissait pas encore l'animal d'où celte matière provenait. L'ivoire, an livre III des Rois, cbap. 10 f 22 et au II e liv. des Paralip. chap. I), f 21, est indiqué par le vaoiçissabim (OUrw) comme ayant été en usage au temps de Salomon ; les vaisseaux marchands de ce riche souverain en apportèrent en Palestine, mais l'éléphant lui-même ne parait avoir été connu dans ce pays qu'au temps des Séleucides; on ne trouve pas son nom dans les livres hébreux de l'Ancien Testament, à moins que ce nom ne soit compris dans celui de l'ivoire que nous venons de donner Le béhémoth , en effet, du livre de Job (maPCt) n'est pas l'éléphant, comme quelques-uns l'ont prétendu, mais l'hippopotame ; c'est ce qu'a démontré M. Bochart. Il est, d'ailleurs, contraire au génie de la langue hébraïque que la seconde partie du mot çissabim (Cppn) désigne l'éléphant; dans les langues sémitiques, le nom régulier et général
de l'éléphant est fyl (bis).
On sait, du reste, que dans les guerres macbabéennes, les Juifs eurent à combattre contre des éléphants armés et montés par des soldats comme il y en a eu de tout temps dans les guerres des Indes, au moins depuis Alexandre ; parmi les successeurs de ce conquérant, ce furent surtout les rois de Syrie qui s'en servirent. Le colosse portait une petite tour de bois dans laquelle se tenaient plusieurs hommes qui lançaient des dards et des flèches; l'animal luimême était garni de lames tranchantes. Quant au nombre de soldats qui étaient dans la tour, /Elien dit qu'ils étaient quatre, Héliodore six, Philostrate dix à quinze, d'autres encore davantage ; il nous parait évident que le nombre quinze lui-même est exagéré. Quant aux versets 30 et 37 du chap. vi du premier livre des Machabées, où il est dit qu'il y avait, dans l'armée de Lysias, « trente-deux éléphants » instruits et enharnachés pour le combat, sur chacun desquels était une tour de bois renfermant « trente-deux combattants et l'Indien conducteur de la bâte » super easmachinx, et super singulas viri virtutis triginta duo, qui pugnabant desuper et Indus magister bcst.ix, il y a là une erreur de nombre évidente dont l'occasion a été peut-être une confusion du nombre des éléphants, du verset 30, avec le nombre des soldats que chacun d'eux portait, du verset 37. On leur donnait du courage, dit l'auteur, en leur faisant boire du vin et du jus de mûres ; c'est conforme à ce que nous avons cité plus haut du voyageur Uelegorgue sur le goût de l'éléphant pour l'ivresse. Souvent, au reste., ces colosses, en se débandant, mettaient le trouble dans les batailles et étaient plus nuisibles qu'utiles, c'est ce qu'attestent Ammien, 1. xxv, et Quinte-Curce, 1. ix.
L'exploit d'Eléazar, dans la bataille des Machabées, lorsqu'il se précipita sous l'éléphant qu'il croyait porter le roi de Svrie, l'éventra et fut écrasé par l'animal dans sa chute, est un de ces actes de valeur que révèle le dévouement national et raisonné dont l'homme est capable, et dont aucun des animaux, pas plus l'éléphant que
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tous
signe.
les autres, ne présente aucun Le Nom.
ÉLEUTHÈRE. (Thèol. hist.pap). — Ce Pape, grec de naissance, occupa, parait-il, le siège apostolique entre 177 et 10:(, quoique les bollandisles le fassent plus ancien. Il avait été diacre du papeÀnicet.
Eusèbe dit que les Chrétiens de Lyon envoyèrent S. Irénée , alors encore piètre, avec les actes de leur martyr et une lettre de recommandation, à Hume, au pape Éleutkére ; et dans le Liber pontificalis il est. dit, à la vie de ce Pape, que Lucius, roi de Bretagne, adressa une lettre à Êleitthêre pour lui faire part de sa disposition à embrasser le Christianisme.
Le Noir.
ÉLÉVATION, partie de la messe où le prêtre élève, l'un après l'autre, l'hostie consacrée et le calice, alin de faire adorer au peuple le corps et le sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ, après les avoir adorés lui-même par une profonde génuflexion.
Cette cérémonie n'a été introduite dans l'Eglise latine qu'au commencement du douzième siècle, et après l'hérésie île Bérenger, alin de professer d'une manière éclatante la croyance de la présence réelle et de la transsubstantiation qu'il avait attaquée.
De là les protestants ont prétendu que jusqu'alors on o'adorail pas l'eucharistie, que le dogme de la présence réelle et de la transsubstantiation n'avait commencé à s'établir que sur la lin du onzième siècle; ils mil allégué pour preuve que l'élévation de l'hostie après la consécration n'a pas lieu chez les Grecs, ni chez les autres sectes de chrétiens orientaux.
Mais on leur a fait voir : I" que les Pères de l'Eglise du troisième et du quatrième siècle parlent expressément de l'adoration de l'Eucharistie.
Origène, Hpm. 13 in Exod., dit qu'il faut révérer les parolesdeJésus-Christ comme l'eucharistie ; c'est-à-dire comme Jésus-Christ même. Saint Jean Chrysostome, Rom. 16 <"/ pop. Antioch., dit aux fidèles : « Considérez » la table du roi, les anges en sont
» les serviteurs ; le roi y est; si vos » vêtements sont purs, adorez et » communiez. » Saint Ambroise témoigne que nous adorons dans les mystères la chair de Jésus-Christ que les apôtres ont adorée. De Spiritu smir.to, 1. 3, c. 11. Selon saint Augustin, personne ne mange celte chair sans l'avoir adorée auparavant, lu l's. 98. Saint Cyrille de Jérusalem et Théodoret s'expriment de même.
S'ils n'avaient pas cru que Jésus- Christ est véritablement et corporellemenl présent sur l'autel, ils auraient jugé, comme les protestants, que l'adoration de l'eucharistie est une superstition et un acte d'idolàlne.
2° Les protestants se sont trom [lés ou en ont imposé, lorsqu'ils ont assuré que cette adoration n'est pas en usage chez les Orientaux : ou leur a prouvé le contraire, soit par le- liturgies des C recs, des cophtes, des Ethiopiens, des Syriens et des nestoriens, soit par le témoignage exprès des écrivains de ces différentes communions. Perpét. det& Fui, tom. 1-, liv.3, ch. 3, etc.; Lebrun, Explication des eérèmmws delà misse, t. •', p. 163.
A la vérité, l'élévation de l'eucharistie ne se fait point chez eux, comme dans l'Eglise latine, immédiatement après la consécration, mais avant la communion : le piètre mi le diacre, en élevant les dons sacrés, adresse au peuple ces paroles : Les rhoses saintes
sont pour les saints, sancta sanctis, et
alors le peuple s'incline ou se prosterne pour adorer l'eucharistie. Ces
différentes sectes de chrétiens n'ont
certainement pas emprunté cet usage
de l'Eglise romaine, de laquelle elles sont séparées depuis plus de douze Cents an-. Dans plusieurs de leurs liturgies, la communion esl précédée d'une confession de foi sur la présence réelle.
Bingham et d'autres protestants ont répliqué que les Pères, en parlant d'adorer la chair de Jésus-Christ, ont entendu qu'il fallait l'adorer dans le ciel et non sur l'autel; les passages que nous avons cité- témoignent évidemment le contraire; il y est question de Jésus-Christ présent, de sa chair que l'on reçoit, dit l'eucharistie môme.
Ils ont dit que les témoignages de
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respect, de culte, de vénération, ne sont pas toujours un signe d'adoration, ou de culte suprême. Mais ces théologiens ne s'accordent pas avec euxmêmes. Lorque nous faisons cette réflexion pour justifier le culte que nous rendons aux saints et aux reliques, ils la rejettent avec hauteur; ils soutiennent que le culte religieux ne doit être adressé qu'à Dieu seul ; selon leur maxime, tout culte religieux adressé aux symboles eucharistiques serait superstitieux et criminel; il ne peut être légitime qu'autant que l'on croit Jésus-Christ véritablement présent sous ces symboles.
Pour esquiver les conséquences que nous tirons des passages des Pères, ils en ont allégué d'autres ou les Pères semblent n'admettre aucun changement réel dans les dons consacrés, mais seulement un changement mystique, comme celui qui se fait dans l'eau du baptême, dans le saint chrême, dans un autel, par leur consécration. D'où ils concluent que, quand'les Pères leur ont parlé d'adorer l'eucharistie, ils n'ont pas pu l'entendre d'une adoration proprement dite. Bingham, 1. lo, c. S, § 4, t. 6, p. 4SI.
Mais les Pères n'ont jamais dit que l'eau du baptême, le saint chrême, était le Saint-Esprit, comme ils ont dit que le pain et le vin consacrés sont le corps et le sang de Jésus- Christ; ils n'ont point ordonné aux fidèles d'adorer l'eau, le chrême, ni un autel consacré. Au mot Eucharistie, nous ferons voir que les Pères ont cru Jésus-Christ aussi réellement présent sur l'autel après la consécration, qu'il l'est dans le ciel. Dans toutes les liturgies, les prières et les signes d'adoration sont adressés à Jésus-Christ comme présent ; donc les Pères qui ont fait les liturgies que nous avons, ouquis'ensont servis, ont parlé d'une adoration proprement dite, ou d'un culte suprême.
Donc lorsque les Pères semblent supposer que la nature ou la substance du pain et du vin de l'eucharistie ne sont pas changées, ils ont entendu, par nature et substance, les qualités sensibles du pain et du vin, parce que lorsqu'il est question des corps,
nous ne pouvons concevoir ni expliquer ce que c'est que leur nature ou leur substance distinguée d'avec leurs qualités sensibles.
Si l'on veut comparer les prières que fait l'Eglise pour consacrer l'eau du baptême, le saint chrême, les autels, on verra qu'elles sont fort différentes de celles qu'elle emploie pour l'eucharistie : par les premières, on demande à Dieu de faire descendre, dans les fonts baptismaux, la vertu du Saint-Esprit, la force de régénérer les âmes, etc. Par les secondes, l'on demande à Dieu que par la consécration le pain et le vin deviennent le corps 'et le sang de Jésus-Christ.
Sur ce point essentiel, il n'y a aucune différence entre les liturgies ; toutes s'expriment de même. Or, ces liturgies, qui datent des premiers siècles, sont le témoignage, non d'un ou de deux auteurs, mais la voix de l'Eglise entière. Toutes font mention d'une élévation des symboles et d'une adoration; donc toutes nous attestent la présence réelle et substantielle de Jésus-Christ. Voyez Liturgie.
Luther avait d'abord conservé à la messe l'élévation et l'adoration des symboles eucharistiques, parce qu'il a toujours cru la présence réelle ; ensuite il la supprima, parce qu'il rejetait la transsubstantiation. Carlostad fit de même. Pour Calvin et ses disciples, ils ont constamment réprouvé l'élévation et l'adoration, parce qu'ils ne croient point que Jésus-Christ soit présent dans l'eucharistie. Lorsque le moment de la communion est passé, ils ne regardent les restes du pain qui y a servi que comme du pain ordinaire; dans toutes les sociétés chrétiennes, au contraire, on a toujours pris les plus grandes précautions pour que ces restes ne fussent pas profanés.
La coutume générale de conserver l'eucharistie, de la porter aux absents et aux malades, de la respecter même hors de l'usage, démontre qu'aucune société chrétiennne n'a jamais pensé comme les protestants. Voyez Eucharistie, § IV. Beruier.
ELIAS LÉVITA. (Théol.hist. biog.et biblig). — Ce célèbre savant juif né vers 1472, étudia l'hébreu dès sa
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jeunesse, fut obligé par la persécution des Juifs à quitter son pays, alla à Padoue où il se fit connaître par un commentaire sur la grammaire de Kimphi, perdit tout ce qu'il possédait en 1509 au pillage de cette ville, se réfugia à Venise, puis à Rome où le cardinal /Egidius de Viterbe lui donna son appui, perdit de nouveau tout ce qu'il avait à Rome quand elle fut prise d'assaut en 1327, retourna à Venise où il reprit avec courage ses travaux, et y mourut en 1517.
« L'activité littéraire, dit M. Bernhard, à' Elias parmi les Chrétiens et son commerce intime avec eux lit passer le savant grammairien, parmi les Juifs, pour un secret partisan de la religion chrétienne et lui valut de nombreux désagréments ; mais , quelque doux que fût son caractère, quelque pénétrante que fût son intelligence, le voile resta sur ses yeux jusqu'à sa mort (1).
Ses plus intéressants ouvrages, sont :
Bachur (l\"un "ISD, livre choisi), Rome, 1518 ; Bàle, 1337 : — Harcabah p-DD rQ3in, livre de la Composition), Rome, 1318 ; — Tub Taam (D3/n STl ISD, livre des accents) Venise, 1438, in-i° ; Bàle, 1539, in-8°; ;
— Masorcth hammasoreth (miDDH miDD, sur la critique de l'Ancien Testament), Venise, 1538, in-4°; Bàle, 1339, in-8° ; Snlzbach, 1769 et 1771 .
— Cet ouvrage lit une grande sensation de sou temps, parce qu'Elias, le premier parmi les Juifs, attaqua, et avec raison, dans sa préface, la prétendue antiquité des points-voyelles ;
— Tischbi (lacn) , lexique des mots grecs et latins introduits dans la langue rabbinique ; — Mefhurgeman [inilinOt interprète), lexique rab-
bino chaldaïque, tous deux k Isny.
1341. Le Nom.
ÉL1E, prophète qui a vécu sous le règne d'Achab, roi d'Israël, et de Josaphat, roi de Juda. Comme il fut suscité de Dieu pour reprocher au premierson idolâtrie et ses autres crimes, et pour lui en prédire la punition, plusieurs incrédules ont all'ectô de
(I) Wolir, Bit,!. hébr.,t,m,p. '.
peindre ce prophète comme un homme vindicatif, cruel, séditieux ; d'attribuer à son mauvais caractère les calamités qu'il annonça et qui arrivèrent en elfet. Mais la plupart étaient des iléaux de la nature, le prophète ne pouvait donc en être l'auteur que par miracle ; Dieu s'est-il servi d'un méchant homme pour opérer des prodiges surnaturels ?
Elie annonça d'abord trois années de sécheresse, etl'événementcoritirma sa prédiction; à ce sujet l'on reproche à Dieu d'avoir puni les innocents avec les coupables. Est-il bien sûr qu'il y eût beaucoup d'innocents parmi les sujets d'Achab ? Presque tous avaient imité son idolâtrie. D'ailleurs, Dieu peut dédommager, quand il lui plait, ceux qu'il afflige clans cette vie; il peut donc, sans injustice, envoyer des calamités générales desquelles tout le monde souffre, et il est absurde de s'en prendre au prophète qui les a prédites.
A la troisième année, Elie vient trouver Achab, et lui propose d'assembler les piètres de Baal, de préparer un sacrifice, et de connaître pour seul Dieu celui qui fera tomber le feu du ciel sur la victime. Les prêtres idolâtres invoquent inutilement leur Dieu; Elie prie le Seigneur à son tour, le feu tombe du ciel à la vue de tout 1 e peuple, et consume le sacrifice. Le roi et ses sujets reconnaisse ut leur faute, et adorent le Seigneur, Les incrédules ont lancé quelques traits au hasard contre la conduite d'Elie ; mais ont-ils prouvé que ce miracle ne fût pas réel? Comment 1'' prophète aurait-il fasciné les yeux d'un peuple entier, au point de lui persuader qu'il voyait descendre le feu du ciel sur un autel, que ce l'eu brûlait le bois, les pierres, et tout l'appareil du sacrifice? s'il y avait eu le moindre soupçon de fraude, Elie aurait été victime de la fureur des idolâtres.
Il exige que les prêtres de Baal, qui séduisaient le peuple, soient mis à mort, et il les fait tuer; il annonce que la pluie va tomber du ciel ; elle tombe en effet. 111 Beg., c. 17 et 18.
Nouvelles clameurs contre la cruauté du prophète. Mais il faut se souvenir que Jézabel, épouse d'Achab, et en-
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core plus criminelle que lui, avait fait mettre à mort tous les prophètes du Seigneur; ceux de Baal qu'elle protégeait y avaient contribué sans doute :
ils méritaient la mort. Ibid., c. 18, ^ 4. Le peuple fut de cet avis, et Achab n'osa s'y opposer. Ibid , f 40. Il ne faut pas croire qu'Elie seul ait mis à mort quatre cent cinquante hommes.
Ibid., f 10.
Il reçoit de Dieu L'ordre d'aller sacrer Azaél pour roi de Syrie, et Jéhu pour roi d'Israël; on demande de quel droit ce prophète fait des rois. Par le droit fondé sur- une mission de Dieu, qui était prouvée par des miracles.
Ibid., cap. Kl, y 15 et 16.
Ochozias, roid'Israël, imite l'impiété de son père Achab, Elie prédit sa mort.
Ce roi envoie deux fois un détache • nient de cinquante hommes pour se saisir du prophète; Elie fait tomber sureux le feu du ciel, qui les consume.
IV Reg., cap. I. Voilà encore un trait de cruauté. .Mais lorsque les incrédules auront prouvé que Dieu ne doit jamais punir les idolâtres obstinés, ni les exécuteurs d'un ordre injuste, qu'il doit abandonner ses prophètes à leurfureur, oous conviendrons qu'il y a eu de la cruauté dans les châtiments dont parle l'histoire sainte.
Plusieurs commentateurs mit soutenu qu'Bïe doit revenir sur la terre à la lin du inonde ; ils se fondent silices paroles du prophète Malachie, c. i, j> :> : « Je vous enverrai le pro- » phète Elie, avant que le jour du » Seigneur vienne, et répande la « terreur, etc.; » et sur celles de Jésus-Christ, Matth., e. 17, f 11 :
« A la vérité, Elie viendra et réta- « blira toutes choses. .. Mais le Sauveur ajoute : « Elie est déjà venu, » m;iis on no l'a point connu, et on » l'a traité comme ou a voulu. » Il parlait de saint Jean-Baptiste. En effet, lorsque l'ange prédit à Zacharie qu'il aurait un tils, il dit de lui : « Il » précédera le Seigneur avec l'esprit » et le pouvoir d Elie, pour rendre » aux enfants le coaur de leurs pères, » etc. » Luc., C. 1, } 17. Il n'est donc pas absolument sur que les paroles de Malachie doivent s'entendre d'un second avènement à' Elie sur la terre ; en soutenant cette opinion, l'on s'ex-
pose à nourrir l'entêtement des Juifs, qui prétendent que le Messie n'est pas encore venu, puisqu'Efe n'a pas encore paru. Nous ne parlons pas des fanatiques, qui, dans ces derniers temps, ont osé prédire son arrivée prochaine.
Si l'on veut se donner la peine de lire la Préface sur Malachie, Bible d'Avignon, tom. H, et la Dissertation sur le sixième âge de l'Eglise, tom. 16, art. 2, pag. 748, on verra que ceux qui soutiennent qu'Elie reviendra réellement sur la terre avant la tin du monde, se fondent sur un sens très-arbitraire qu'ils donnent à plusieurs prophéties, et sur le rapprochement de plusieurs prédictions qui n'ont évidemment entre elles aucune liaison ; c'est une opinion de figuriste, et rien de plus. Elle ne tirerait à aucune conséquence, si elle n'avait pas déjà servi à nourrir l'entêtement de quelques fanatiques, si elle n'autorisait pas celui des Juifs, si elle ne donnait pas lieu aux incrédules de dire que, par des interprétations mystiques, l'on trouve dans les prophéties tout ce que l'on veut. Voyez Malachie. Bergier.
EUE DE BEAI/MONT (Jean-Baptiste- Armand- Louis- Léonce.) (Théol.
hist. biog. et bibliog.) — Ce grand géologue français, dont nous parlons souvent, naquit à Canon (Calvados), en 1708. Il est, depuis la mort de François Arago, l'un des deux secrétaires perpétuels de l'Académie des Sciences de Paris. Outre ses études sur les mines, et autres, publiées dans les annales des mines, voici ses principaux ouvrages :
Mémoire sur l'étendue du système tertiaire inférieur dans le nord de la France, (Mémoires de la société géologique de France, 1832) ; Mémoires sur les groupes du Cantal et du Montbore, et sur les soulèvements auxquels ces montagnes doivent leur relief actuel, avec M. Dufrenoy (annal, des, mines, 1838); Sur l'origine et la structure du mont Etna [comptes rendus de l'Acad.des scien. 1835) ; Sur la formation du cime du Vésuve (ibid. 1837) ; Observations sur les différentes formations qui, dans le système des Vosges,
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séparent la formation houillère de celle du lins (Ami. des mines, 1827); Notice sur un gisement de végétaux fossiles et de fjilemnites situé à Petit- Cœur, près de Moutiers (Ann. des scien. nat. 1828); Faits pour servir a l'histoire des montagnes de l'Oisons (ibid. 1829) ; Notice sur la ceinture jurassique du grand bassin géologique qui comprend Londres et Paris (ibid.) ; Recherches sur quelques-unes des révolutions de la surface du globe (ibid.) ; Notice sur les systèmes de montagnes.
C'est dans ces deux derniers Iravaux qu'il expose son système des soulèvements, et dans le dernier qu'il le présente d'une manière définitive en groupant avec les siennes les études faites en Europe par les géologues sur quatre-vingt-quinze systèmes de montagnes. Sa théorie , fortement attaquée, et savamment soutenue, continue de faire autorité dans la science.
On a vu à l'Exposition de 1855, de beaux fragments de sa carte géologique de France, dont les travaux gigantesques sont depuis longtemps terminés. Cette carte, fruit de si longues études, n'a pas moins de sept à huit mètres de hauteur; Unis les terrains y sont différenciés par des couleurs claires ; les cours des fleuves v soui dessinés au sein des dépôts d'alluvion qui forment leurs bassins ; il n'est pas en France de petit hameau qui n'y reconnaisse son territoire.
I,es cartes géologiques qui se voient en ce moment (1873) àl'Exposition de Vienne, sont les mêmes.
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