Perm
« Les archevêques ajoutent ordinairement à leur titre celui d'un autre évêché par exemple : l'archevêque de Kazan et de Sibérie, d'AstraUan et du Caucase, de Mohilew et de Vitepsk, de Cherson et de Tauride.
siège à Odessa.
« Les évèques font de même, ainsi :
l'évêque de Smolensk et de Doropobusch, de Wladimir et de Sousdal, de Voronetz et de Tscherkask, etc.
« Dans l'Eglise grecque schématique d'Orient et dans l'Eglise catholique la juridiction est plus ou moins grande suivant la hiérarehie des diocèses : il n'est pas question de cela en Russie. Les évèchés de toutes les classes sont également soumis à l'au-
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torité du synode impérial, et le czar agit au synode comme bon lui semble.
Aujourd'hui une éparchie est de seconde classe, demain elle est de troisième ; une éparchie de troisième classe est élevée à la seconde. Les évèques sont transférés aux sièges archiépiscopaux, les archevêques aux métropoles, sans porter nécessairement le titre supérieur; ainsi, par exemple, un évèque de Vladimir est transféré au siège archiépiscopal de Kazan : il peut se faire qu'il ne lui soit permis de s'intituler qu'évèque de Kazan. Il en résulte que les éparchies sont dans une perpétuelle oscillation. Les trois classes d'évèqucs ont un rang militaire ; le métropolitain a rang de général en chef, les archevêques celui de lieutenant général, l'évêque celui de major général. Le czar traite les évèques qui lui déplaisent comme des recrues ; l'immunité ecclésiastique n'exempte pas du knout. »
Le Nom.
ÉPÉE (l'abbé Charles-Michel de 1').
(Théol. hist. biog. et bibliog.) — Ce célèbre inventeur de la méthode d'éducation des sourds-muets, naquit à Versailles en 1712, et mourut à Paris en 1789. Il avait embrassé l'état ecclésiastique à 17 ans, puis l'avait quitté par scrupules, et enfin l'avait repris et était devenu chanoine de Troyes, lorsqu'il conçut son admirable plan d'éducation des sourds-muets à l'aide d'un langage par signes et de la fondation d'un établissement, sorte de cité dans laquelle ces êtres humains, déshérités de l'ouïe et de la parole, jouiraient entre eux des avantages et des agréments de la société et de la civilisation. On avait, depuis longtemps, déterminé des signes propres à suppléer la parole, mais il n'en fut pas moins l'inventeur du vrai système d'ensemble qui devait si bien réussir. Il forma parmi les sourds-muets eux-mêmes des élèves savants et des maîtres qui purent lui succéder et ajouter encore des perfectionnements à son art merveilleux (V. Sicard).
Ce fut lui qui conçut le projet de son établissement; il l'exécuta à ses frais et le soutient jusqu'à la fin de sa
vie, malgré la modicité de sa fortune. Le Noir.
ÉPHÉMÈRES (Théol. mixt. scien.
nat. zool. entomol.) — Dieu se joue dans la vie ; il la fait germer, se modifier, paraître et disparaître sur notre globe comme le météore à la voûte céleste. Voyez ces petites bêtes, que nous appelons les éphémères, parce qu'elles vivent à peine le temps que met le soleil entre son crépuscule et son aurore. Ces moucherons, sortes de petites demoiselles, à la taille élégante, à la délicate parure, au corps diaphane et mou, aux grands yeux, aux longues pattes, à la queue formée de deux ou trois soies articulées d'une longueur sans mesure, ne vivent que quelques heures, le temps de pourvoir à la perpétuité de leur espèce. Ils sont, en certains lieux et à certains moments, tellement nombreux, que l'air en est rempli, et l'eau littéralement couverte ; à peine sortis de l'état de chrysalides, ailés et parés, ils prolitent de la nuit qui commence pour célébrer leurs noces ; le mâle meurt aussitôt, et la femelle a jusqu'au matin pour faire sa ponte.
Elle pond à la fois deux longs paquets ovales contenant chacun trois ou quatre cents œufs accolés; c'est le plus souvent en volant à Heur d'eau, le long des bords du fleuve, et en appuyant ses pieds légers à la surface liquide, qu'elle jette ces œufs qui, alors, tombent au fond, où ils se détachent les uns des autres et commencent de fermenter pour leur développement. Mais aussitôt après, elle s'affaiblit, et meurt.
Aristote est le premier qui ait signalé des pluies d'éphémères mourants sur l'Hypanis, aujourd'hui le Kouban, qui se jette dans la mer Noire au pied du Caucase. Scaliger, au sein du moyen âge, accuse des faits semblables sur la Garonne. Delechamps en vit de pareils sur les bords de la Saône. Auger Clutius décrivit un éphémère de Hollande. Swammerdam lui consacra, en 1675, un traité spécial. Réaumur, en 1742, compléta les observations de Swammerdam. Degeer, en 1735, ajouta de nouveaux faits de même ordre observés par lui
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sur les rivières de Suède. Enfin M. Pictet, dans son Histoire naturelle des névoroptércs a résumé tout ce qui est connu de ces curieux insectes, sous le titre de Monographie des éphémérines, 1843. Les poissons sont trèsfriands de ces pluies de neige, qui sont parfois très-abondantes, et que les pécheurs ont nommées, pour cette raison, la manne des poissons. Remarquons, en passant, l'économie de Dieu dans la nature ; rien n'y est perdu, tout y a, par conséquent, son utilité.
Revenons à nos œufs ; que deviennent-ils dans l'eau? Ils éclosent et donnent naissance à une larve qui n'est pas sans avoir quelque ressemblance éloignée avec l'insecte parfait ; elle n'a ni yeux lisses, ni ailes; ses antennes sont plus grandes, et, de chaque côté de l'abdomen, elle porte une rangée de petites lames flottantes qui lui servent de nageoires, et, en même temps, de branchies ; c'est par ces follicules épanouies qu'elle respire l'air qui est dans l'eau, et c'est dans les petits canaux cellulaires dont elles sont formées que son sang vient s'oxygéner. Ces larves ont une longue vie qui compense la brièveté de celle de l éphémère ; cette vie est de trois ans, parait-il, et se passe en société, dans les eaux dormantes; la petite bète ou plutôt les petites bêtes se creusent dans la vase des galeries communes en forme d'U et à deuxouvertures pour la facilité de la circulation. Puis, quand elles ont passé de la sorte leurs trois années, elles sont averties par un sentiment intérieur qui ne peut être que la voix de Dieu présent à toutes ses œuvres, que la fête des noces n'est pas éloignée.
Elles abandonnent leurs cités, sortent de l'eau, et subissent, dans l'air, une mue de laquelle elles se guérissent et s'échappent avec de petites ailes.
Cette métamorphose est celle de la larve eu nymphe; mais la nymphe, ou chrysalide, est déjà un élégant insecte aux ailes déployées. Cependant il lui faut une autre mue encore pour qu'elle soit l'éphémère à la vie courte et bonne ; l'animal jettera donc encore une fois son enveloppe exait qu'une toilette du
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matin, non point la belle robe de la grande soirée. Il opère rapidement cette transformation soit sur une plante aquatique, soit sur un animal, soit sur le rivage, soit sur l'eau; mais auparavant, il s'est donné le plaisir d'un grand voyage en plein air sur ses ailes de nymphe ; on le voit souvent, dans cet état, s'envoler trèshaut ; puis la dernière métamorphose se fait : l'insecte se pose quelque part, ainsi que je le disais, attend dans le repos le plus complet, tire, par une fente, qui se fait au-dessus du corselet, d'abord sa tète, puis une grande aile pliée, dont la précédente n'était qu'une miniature, puis une seconde qui était logée, comme la précédente, dans un étui formé par l'épiderme, déployé avec précaution ces ailes nouvelles, qu'il achève de dégager de leur fourreau en se retirant en avant de sa défroque, les étend au bout de peu d'instants, et vole bien vite à ses amours d'éphémère.
On en compte aujourd'hui plusieurs espèces ; il y a la commune qui est brune et la plus grande des environs de Paris; la jaune, à ailes transparentes ; la bordée, abondante en juillet, sur la Bièvre, près Paris; la vespertinc, qui est noire ; la culiciforme, dont le corps est brun et les ailes blanches ; Vhoraire aux ailes bordées de noir, qui laisse souvent sa dépouille à nos fenêtres ; etc.
Le théologien qui trouverait indignes de ses récréations ces délicieux détails dont Dieu n'a pas dédaigné de remplir ses œuvres, ne mériterait pas d'obtenir sa lumière pour l'étude d'objets plus importants.
Le Noir.
ÉPHÈSE. Le concile général d'Ephése fut tenu l'an 431 ; Nestorius et sa doctrine y furent condamnés, et le titre de Mère de Dieu, donné à la sainte Vierge, fut approuvé et confirmé. C'est le troisième concile œcuménique.
Comme les protestants ne peuvent souffrir le culte que l'Eglise rend à la sainte Vierge, et que le concile général d'Ephêsc semble avoirauthenti quement reconnu la juridiction du Pontife deRome sur toute l'Eglise, ils ont formé
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les reproches lss plus graves contre ce concile, et contre la conduite de saint Cyrille d'Alexandrie qui y présida. Ils disent que saint Cyrille, jaloux des talents et de la réputation de Nestorius, patriarche de Constantinople, procéda contre lui par passion et avec précipitation; qu'il refusa d'attendre l'arrivée de Jean d'Antioche et des ôvêques qui étaient à sa suite; qu'il condamna Nestorius sans l'entendre et pour une pure question de mots; que sa doctrine était pour le moins aussi condamnable que celle de son adversaire, etc.
Pour démontrer la fausseté de ces reproches, il suffitde rassembler quelques faits incontestables, tirés des actes mêmes du concile d'Ephëse, et dont on peut voiries preuves dans M. Fleury, Jlistoire ecclés., liv. 27, n° 37 etsuiv., où il fait une histoire très-détaillée de ce qui se passa dans cette assemblée.
1° Les lettres données par l'empereur,|pourla convocation du concile, en fixaient l'ouverture au 7 de juin de l'an 43 1 , et la première session ne fut tenue que le 22. Jean d'Antioche pouvait, s'il l'avait voulu, arriver le 8 de ce mois, et il n'arriva que le 20, sept jours après la condamnation de Nestorius. Il avait envoyé deux évoques de sa suite, qui arrivèrent à Éphése avant que le concile fût commencé, et qui déclarèrent à saint Cyrille, de sa part, que son intention n'était point que l'on différât l'ouverture du concile à cause de son absence.
Dans le fond, sa présence n'était point du tout nécessaire pour procéder juridiquement contre Nestorius; il n'avait pas plus d'autorité à Ephése que Juvénal, patriarche de Jérusalem, ni que saint Cyrille, patriarche d'Alexandrie; ce dernier présidait au nom du'papejsaint Célestin. Jean d'Antioche arrivé à Ephèse, ne voulut ni voir ni écouter les députés du concile, se fit environner par des soldats, tint chez lui un conciliabule dans lequel il prononça, avec quarante-trois évèques de son parti, l'absolution de Nestorius et la condamnation de saint Cyrille, pendant que plus de deux cents évèques avaient fait le contraire dans le concile, après un mûr examen : les let-
tres qu'il écrivit à l'empereur, pour rendre compte de sa conduite, étaient remplies de faussetés et de calomnies.
Il est donc évident que cet évêque était vendu à Nestorius, entiché de sa doctrine, et décidé d'avance à violer toutes les lois pour la faire adopter.
2° Il est faux que Nestorius ait été condamné sans connaissance de cause; il fut cité trois fois, et refusa de comparaître. Il se fit garder par des soldats, et ne voulut point voiries députés du concile. On lut exactement ses écrits, ceux de saint Cyrille, ceux du pape Célestin : on les confronta avec ceux des Pères de l'Eglise. On écouta deux évèques, amis de Nestorius, qui auraient voulu pouvoir le justifier, mais qui avouèrent qu'il persistait dans ses erreurs. Les lettres artificieuses qu'il avait écrites au pape Célestin et à l'empereur, démontraient sa mauvaise foi ; le Pape le jugea condamnable. Lorsque ses légats furent arrivés, ils souscrivirent à la condamnation de Nestorius et à tout ce qu'avait fait le concile ; le peuple même applaudit à l'anathème prononcé contre Nestorius, et il fut confirmé par le concile général de Chalcédoine, l'an 4SI. Jamais doctrine n'a été examinée avec plus de soin, ni condamnée avec une plus parfaite connaissance.
Il n'était pas question d'une simple dispute de mots, comme Nestorius affectait de le publier, maisde la substance même du mystère de l'incarnation. Nestorius ne voulait pas que l'on dit que le Fils de Dieu, ou le Verbe divin, est né d'une vierge, a souffert, est mort, etc. Il disait, Jésus est mort, a souffert, et non le Verbe : il distinguait donc la personne de Jésus d'avec la personne du Verbe; c'est pour cela môme qu'il ne voulait pas que l'on appelât Marie Mère de Dieu, mais Mère du Christ. Selon son système, il ne pouvait pas y avoir une union substantielle entre l'humanité de Jésus- Christ et la Divinité ; d'où il résultait enfin que Jésus-Christ n'était pas Dieu dans la rigueur du terme. On peut se convaincre que telle était sa doctrine, en lisant les douze anathèmes qu'il avait dressés, et auxquels saint Cyrille en opposa douze con-
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traires. Yoy. Petau, Dogm. Théol, t. 4, I. 6, c. 17.
3° Les partisans de Nestorius récriminaient vainement contre la doctrine de saint Cyrille, et l'accusaient luimême d'erreur. Nous avons encore l'ouvrage que Théodoret écrivit contre les douze anathèmes de saint Cyrille ; on voit que cet évêque, trèssavant d'ailleurs, mais ami déclaré de Nestorius, donne un sens détourné aux expressions de saint Cyrille, pour y trouver des erreurs ; la passion perce de toutes parts dans cet ouvrage. Dans la suite, Théodoret le reconnutlui-mème, se réconcilia avec saint Cyrille, avoua que son amitié pour Nestorius l'avait trompé; Jean d'Antioche fit de même. Quel prétexte peut-on trouver encore pour renouveler les accusations contre l'orthodoxie de saint Cyrille, hautement reconnue par le concile général de Chalcédoine ?
On s'est récrié beaucoup sur les termes dans lesquels était conçue la sentence du concile; elle portait en tête : A Nestorius, nouveau Judas :
c'est une fausseté ; selon le témoignage d'Evagic, qui fait profession de la copiermot à mot, elle portait: Comme le très-révérend Nestorius n'a pas voulu se rendre à notre invitation, etc.
Hist. ecclés., 1. 1, c. 1.
Entin, malgré les amis puissants que Nestorius avait à la cour, malgré les artifices donton s'était servi pour prévenir l'empereur en sa faveur, ce prince reconnut lajuslice de sa condamnation, l'exila, et le relégua dans un monastère. Une preuve que le concile d'Ephèse n'a pas eu tort de redouter les suites de l'hérésie de Nestorius, c'est qu'il y a persévéré jusqu'àlamort, malgré les souffrances d'un exil rigoureux, et malgré l'exemple de ses meilleurs amis, et que depuis treize cents ans sa secte subsiste encore dans l'Orient. Voyez Nes-
TOBIANISME. BeRGIE».
ÉPHÈSE (le brigandage d'). {Théol.
hist. conc.) Sunodos lestriké [piivoSoî Vf.Tcpix-f,), telle est la qualification qui fut donnée à une reunion célèbre de cent trente évèques qui fut présidée parl'eutychienUioscure, évêque d'A-
lexandrie et qui se tint, sur convocation de l'empereur selon l'usage d'alors, en 449. Voici le sommaire historique qu'en donne M. Gams :
« Après une assemblée qui s'était tenue à Constantinople et qui n'avait trouvé rien de rôpréhensible dans ce qu'avait fait le premier synode (1), Dioscure, évêque d'Alexandrie, attira toute l'affaire à lui, prit résolument le parti d'Eutychès, et demanda à l'empereur la proclamation d'une nouvelle réunion, qui devait avoir lieu à Éphèse. On y fut convoqué pour le 1 er août 449. Le pape Léon avait demandé que le synode se tint en Italie ; mais il céda et envoya trois légats pour assister à l'assemblée convoquée par l'empereur : c'étaient l'évèque Jules, le prêtre Rénatus et le diacre Hilaire. Parmi les lettres qu'il leur remit (13 juin) se trouvait sa fameuse lettre à Flavien, patriarche de Constantinople, sur l'Incarnation du Fils de Dieu, lettre qui devint plus tard la base des conférences de Chalcédoine. Il y rejette l'opinion d'Eutychès, parce qu'il est absurde et impie de dire qu'il y avait deux natures avant leur union et qu'il n'y en a plus qu'une après. Il reconnaît qu'Eutychès a été à juste titre condamné; cependant il veut qu'on le ménage s'il rétracte formellement et solennellement son erreur. L'empereur accorda la présidence du synode à Dioscure. Tout prouvait la partialité de la cour en faveur d'Eutychès et contre Flavien. C'était surtout le riche et puissant eunuque Chrysaphius qui avait gagné l'empereur au parti d'Eutychès. Le synode d'Ephèse s'ouvrit le 8 août 449. Cent trente évèques des provinces ecclésiastiques d'Egypte, d'Asie, de Thrace, d'Orient, du Pont, étaient présents. Flavien parut comme accusé. Le commissaire impérial lut la lettre de convocation. L'évèque Jules justifia l'absence du Pape Léon, selon l'usage constant; il demanda qu'on lût la lettre du pape au synode, mais il ne
put l'obtenir. Alors fut introduit Eutychès, qui lut une profession de foi dans laquelle il admettait le Symbole
(1) Voy. Dioscuhe dans le Dictencyl., eXr.
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de Nicée, déclarant qu'il voulait vivre et mourir dans cette foi, prononçant anathème contre tous les hérétiques, et surtout contre ceux qui prétendaient que la chair de Jésus-Christ était descendue du ciel; puis il éleva ses plaintes contre Favien et Eusèbe.
En vain Flavien demanda qu'on introduisit Eusèbe et qu'on lui permît de se défendre. On lut les actes du premier concile de Constantinople contre Eutychès dans toute leur étendue. Après cette lecture les évoques déclarèrent qu'Eutyehès avait toujours été tidèle à là foi des Pères de Nicée et d'Éphèse, qu'il était orthodoxe et qu'il avait été injustement condamné. Cet arrêt rendu, les moines du couvent d'Eutychès formulèrent une plainte contre Flavien, qui avait déposé leur abbé, leur avait interdit tout rapport avec lui, avait suspendu tout culte divin dans leur couvent et laissé mourir quelquesuns de leurs frères sans sacrements.
Les moines furent absous. Mais on voulait avoir un prétexte de condamner Flavien : on lut les actes de la sixième session du troisième concile universel, qui défendait la rédaction d'un nouveau Symbole. Dioscure déclara que Flavien et Eusèbe étaient les promoteurs de ce scandale général ; qu'ils avaient voulu, malgré la défense du concile, ajouter quelque chose au Symbole de Nicée, et qu'ils devaient être déposés à ce sujet et excommuniés. Flavien s'éleva contre unpareiljugement, rendu sans qu'on eût écouté aucune défense ; le diacre Hilaire parla dans le même sens; quelques ôvèques tirent entendre hautement leurs plaintes; d'autres se jetèrent aux pieds de Dioscure, le suppliant d'épargner Flavien; mais ils furent contraints par des soldats introduits dans l'assemblée de signer la sentence. Le lendemain Dioscure lit déposer Ibas, évèque d'Édesse, ainsi que Théodoret, auquel on avait défendu de comparaître. Domnus d'Antioche lui-même, qui assistait au synode, qui avait souscrit les actes et s'était soumis à Dioscure, fut déposé sous un prétexte futile. Flavien en appela du jugement du synode au Pape, disant que Dioscure n'avait
procédé que par la violence, qu'il n'avait pas même écouté sa défense.
A ces mots Dioscure et son parti s'emportèrent et tirent saisir Flavien pour l'envoyer en exil. Cet ordre fut exécuté avec tant de cruauté que Flavien mourut peu de temps après en exil, des suites de ces mauvais traitements. C'est pourquoi, à Chalcédoine, Dioscure fut appelé l'assassin de Flavien. On nomma de nouveaux évèques à la place de ceux qui avaient été déposés. Les légats du Pape euxmêmes furent retenus prisonniers. Le diacre Hilaire parvint à s'échapper et à retourner à Home. Le Pape protesta immédiatement auprès de l'empereur contre tout ce qui s'était passé et demanda l'annulation des décisions prises.
« Cf., Hardouin, Mansi, Tillemont.
Du Pin, Baronius, et Lconis M. Opp. ; Lupus, t. II, Op., p. 26 sq. ; Ceillier, Ilist. des Auteurs ecclés., tom. XIV, p. 637; Schurzfleiscfl, Diss. de Syn.
V/)aTpiw(. etc. »
Le Noir.
ÉPHÉSIENS. On ne sait pas précisément en quelle année saint Paul écrivit sa lettre aux Ephésiens ; quelquesuns pensent que ce fut l'an 59, d'autres l'an 62 ou 63, lorsque l'apôtre était à Rome dans les chaînes ; d'autres en renvoient la date à. l'an 66, lorsque saint Paul fut de nouveau emprisonné à Home, et peu de temps avant son martyre. Le premier sentiment parait le mieux fondé. L'apôtre s'attache à faire sentir aux Ephésiens l'étendue et le prix de la grâce de la rédemption opérée par Jésus-Christ, et de leur vocation à la foi ; il les exhorte à y correspondre par lapureté de leurs mœurs, et il entre dans le détail des devoirs particuliers des dilférents états de la vie.
Il est difficile d'approuver l'opinion du père Hardouin, qui pense qu'alors les Ephésiens n'étaient que catéchumènes, et n'avaient pas encore reçu le baptême. Cette supposition ne parait pas pouvoir s'accorder avec ce qui est dit des anciens de cette Eglise, Act., cap. 20, j^ 17 : « Veillez » sur vous et sur le troupeau dont » le Saint-Esprit vous a établis évê-
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» quesousurveillants, pourgouvcrner » l'Eglise de Dieu, etc. » Il n'est pas probable que ces évèques aient demeuré si longtemps sans baptiser la Elus grande partie de leur troupeau, e père Hardouin reconnaît lui-même que saint Paul avait demeuré trois ans à Ephése ; il avait donc eu assez de tempspour instruireces nouveaux lidèles et les rendre capables de recevoir le baptême. Parmi les leçons que leur donne l'apôtre, il n'y en a aucune qui nous oblige àpenser qu'ils n'étaient encore que catécbumènes, et cette supposition ne paraît servir de rien pour l'intelligence delà lettre.
Bergier.
ÉPI10D, ornement sacerdotal, en usage chez les Juifs. Ce nom est dérivé de 1 hébreu aphad, habiller. Celui du grand prêtre était une espèce de tunique ou de camail fort riche ; mais il y en avait de plus simples pour les ministres inférieurs.
Les commentateurs sont partagés sur la forme du premier ; voici ce qu'en ditJosèphe. « L'éphod était une » espèce de tunique raccourcie, et il » avait des manches ; il était tissu, » teint de diverses couleurs et nié- » langé d'or; il laissait sur l'estomac a une ouverture de quatre doigts en » carré, qui était couverte du rational.
» Deux sardoines enchâssées dans de » l'or, et attachées sur les deux » épaules, servaienteomme d'agralles n pour fermer l'éphod; les noms des » douze fils de Jacob étaient gravés » sur ces sardoines en lettres hébraï- » ques ; savoir, sur celle de l'épaule » droite, le nom des six plus ugés, et » ceux des six puînés sur celle de l'é- » paule gauche. » Philon le compare à une cuirasse, et saint Jérôme dit que c'était une espèce de tunique semblable aux habits appelés caracalle; d'autres prétendentqu'il n'avait point de manches, et que par derrière il descendait jusqu'aux talons.
L'éphod commun à tous ceux qui servaient au temple était seulement de lin ; il en est fait mention au premier livre des Bois, c. 2, f 18. Celui du grand prêtre était fait d'or, d'hyacinthe, de pourpre, de cramoisi et de fin lin retors ; le pontife ne
pouvait faire aucune des fonctions attachées à sa dignité sans être revêtu de cet ornement. Il est dit, II Reg., c. 6, jlf 14, que David marchait devant l'arche revêtu d'un éphod de lin ; d'où quelques auteurs ont conclu que Véphod était aussi un habillement des rois dans les cérémonies solennelles.
On voit dans le livre des Juges, c.S,f 20,27, que Gédéon, des dépouilles des Madianites, lit faire un éphod magnifique, et le déposa à Ephra, lieu de sa résidence ; que les Israélites en abusèrent dans la suite, et le firent servir d'ornement aux prêtres des idoles ; que ce fut la cause de la ruine de Gédéon et de toute sa maison. Sur ce fait, les uns pensent que Gédéon l'avait fait faire pour être toujours en état de consulter Dieu par l'organe du grand prêtre, ce qui n'était pas défendu par la loi; d'autres prétendent que c'était seulement un habit de distinction, duquel Gédéon, juge et premier magistrat de la nation, voulait se servir dans les assemblées et dans les fonctions de sa charge, mais duquel ses descendants firent un mauvais usage. Les païens pouvaient avoir aussi des habits semblables; il parait, par Isaïe, que l'on revêtait les faux dieux d'un éphod, peut-être lorsqu'on voulait en obtenir des oracles.
Il y a, dans le premier livre des Rois, c. 30, ^ 7, un passage qui a exercé les commentateurs. Il est dit que David, voulant consulter le Seigneur pour savoir s'il devait poursuivre les Amalécites, dit au grand prêtre Abiaih&r, appliquez-moil' éphod, ce qui fut fait; on demande si David se revêtit lui-même de cet ornement pour interroger le Seigneur. Cela n'est pas probable, puisqu'il n'était permis qu'au grand prêtre de porter cet habit, qui était la marque de sa dignité. Ce passage signifie donc seulement, ou que David demanda au grand prêtre un éphod de lin ordinaire, afin d'être en habit décent pour consulter le Seigneur, ou qu'il pria ce pontife revêtu de son éphod, de s'approcher de lui, afin qu'il pût distinguer plus aisément la réponse de l'oracle. Bergieh.
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ÉPHREM ( saint ), diacre d'Edesse en Mésopotamie, né d'une famille de martyrs, a été célèbre au quatrième siècle, et très-estimô de saint Basile et de saint Grégoire de Nys.se ; il a beaucoup écrit. Comme il n'avait pas l'usage du grec quoiqu'il l'entendit aussi bien que l'hébreu, ses ouvrages sont en syriaque, mais une partie a été traduite en grec. L'édition la plus complète est celle qui a paru à Rome en -1732 et 1743, par les soins du cardinal Quérini et du savant Joseph Assémani, en 6 vol. in-fol. Elle renferme le texte syriaque et une traduction latine.
Les protestants mêmes ont donné les plus grands éloges à saint Ephrtm et à ses ouvrages ; quelques-uns ont prétendu y trouver leurs sentiments touchant la grâce et l'eucharistie ; mais ils ont évidemment fait violence à ses paroles, et en ont tiré des conséquences forcées ; le texte original réclame contre leurs interprétations.
Bergier.
EPHREM (les ouvrages de saint) Théol. hist. bibliog.) — Nous complétons l'article insuffisant de Bergier sur ce Père de l'Eglise, le premier de la Syrie, par l'extrait suivant de l'article Ephrem du Dict. encycl. de la théol. cath.Trad. parGochsler.
« Ephrem raconte dans son Testament qu'il eut, étant enfant, un songe dans lequel il vit sa langue croître comme une vigne, s'élever vers le ciel.se couvrir de feuilles et de fruits, s'étendre de plus en plus, et attirer la terre entière autour d'elle par l'abondance de ses ceps magnifiques, qui ne pouvaient diminuer malgré les nombreux fruits qu'on y cueillait.
Ces raisins étaient les ligures du fruit que porteraient ses homélies et ses cantiques. L'activité littéraire à' Ephrem fut en effet prodigieuse.
Explications de toute la Bible, méditations exégétiques détaillées, discourspolémiqueset poèmes contre les diverses hérésies, sermons, cantiques sur les fêtes et les défunts, parénôses de pénitence, traités ascétiques coulaient sans interruption de son infatigable jilume. Beaucoup de ces écrits
ont été perdus, comme son Traité du Saint-Esprit, dont parle saint Jérôme; d'autres n'existent plus que dans des traductions grecques ou d'autres versions ; heureusement que, dans les 4 volumes detraductions arméniennes publiées en 1830 par es Méchitaristes de Venise, se trouve une explication des Evangiles, c'est-à-dire une harmonie des Évangiles avec des explications intercalées, et le Commentaire sur les Épltres de saint Paul (sauf celle à Philémon.)
« Les ouvrages d' Ephrem sontd'une très-grande valeur pour la défense de la doctrine catholique, pour l'histoire de l'Église, pour l'éditication des âmes pieuses. On ne s'en sert pas encore assez pour l'exégèse. Ephrem eut à combattre les Ariens, et surtout les plus dangereux d'entre eux, les anoméens, les Manichéens, les Novatiens, les Apollinaristes, les gnostiques, et parmi ceux-ci principalement lesMarcionites et Bardesane.
« La grandeur de l'Église, maîtresse de toute la vérité ; la présence réelle de J.-C. dans le Sacrement de l'autel; la primauté de saint Pierre, pasteur suprême ; le culte des saints, surtout celui de Marie, celui des reliques; l'intercession pour les défunts ; toutes ces doctrines catholiques, et beaucoup d'autres, peuvent être démontrées par de nombreux et irréfutables passages de ses ouvrages. On a souvent voulu faire passer Ephrem pour un pieux solitaire sans science ; mais ses écrits et toute l'antiquité chrétienne rendent un éclatant témoignage à son intelligence. Saint. Grégoire de Nysse dit expressément qu'il s'occupait aussi de sciences profanes, qu'il connaissait la littérature grecque, qu'il comprenait cette langue, comme en elfet cela résulte incontestablement de certains passages de ses livres. La légende raconte qu'en allant visiter saint Basile il obtint par miracle le don de la parler. Ses scolies sur l'Ancien Testament prouvent qu'il savait l'hébreu : il explique souvent des expressions de cette langue. Ses cantiques sur la naissance du Christ, le paradis, ses chants funèbres, ses odes contre les esprits subtils et rêveurs ont une
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véritable valeur poétique. Ses sermons sont pleins de mouvement ; ils émeuvent et s'emparent de l'auditeur. Èphrem était la bouche d'or de l'Église syriaque. L'édition romaine de ses ouvrages renferme trois volumes syriaeo-latins et trois volumes gréco-latins. La version latine du syriaque est trop libre et souvent peu sûre (1). La prétendue traduction du texte original donnée dans le Recueil des ouvrages des Pérès de l'Éylise, Kempten, Kôsel, commençant le vingt-septième volume, est, du moins dans les premiers volumes, quant aux œuvres syriaques, une simple version alllemande de la traduction latine. Parmi les protestants, Augusti, Auguste Hahn, César de Lingerke se sont occupés avec succès de saint JÉp/wem. LeP.Pius Zingerle, bénédictin, a publié six volumes des œuvres choisies de saint Éphrem, Iusbruck, Wagner, 1830-1837. »
On place, généralement, la mort de saint Ephrem on378ap.J.C. D'après la chronique d'Edesse il mourut le 9 juin, 14 ans après le tremblement de terre de cette ville, ce qui mettrait cette mort eu 372, puisque, d'après le calculde J. Assemani, cette catastrophe et l'invasion des Perses eurent lieu en 338. Mais, ou ne peut admettre l'exactitude soit de la chronique, soit de la supputation d'Assemani, car saint Éphrem prononça le panégirique funèbre de saint Basile; or saint Basile ne mourut qu'au commencement de 379; d'où il suit qu'on ne peut pas même placer la mort de son panégyriste en 378 coznme on le fait communément; elle ne put avoir lieu qu'en 379 au plus tôt.
EPICTÈTE (Théol. hist. et mixt.
biog. et bibliog. philos, mor.) — Ce célèbre philosophe moraliste, stoïcien, aussi célèbre par sa vie ascétique que par ses maximes, naquit à Hiéropolis, en Phrygie, fut l'esclave d'Épaphrodite affranchi de Néron, vécut quelque temps à Rome, atl'ranchi luimême, et suivitles leçons de Musonius
(l)f.onf. Mieliœlis, Dissertation sur la Langue syriaque.
Rufus. Mais les philosophes ayant été chassés de Rome par Domitien, il alla enseigner la philosophie à Nicopolis eu Épire. Arrien, son disciple, a rendu compte de ses leçons, car, comme Socrate, il n'a rien écrit, mais Arrien, remplissant à son égard la mission qu'avaient remplie Platon et Xénophon à l'égard de Socrate, a , dans un ouvrage étendu, intitulé en grec Diairibai tou epictétou (Stxcpi- 6ai tou Etcxtttoû) donné un abrégé des maximes les plus remarquables de son maître.
Epictète était pauvre et paralysé; il menait une vie austère ; il supportait avec sérénité ses malheurs ; on ignore l'année de sa mort.
« Il est représenté, dit M. Holzherr, comme un modèle de sagesse. Ce qui le rend réellement remarquable, c'est sa doctrine morale, qu'on a souvent comparée à la morale chrétienne. En effet, à côté de différences essentielles, il y a des analogies frappantes, qui prouvent incontestablement qu'Epie tete a dû connaître le Christianisme. Sa morale, comme toute sa philosophie, a un caractère absolument religieux ; toutes les prescriptions morales sont déduites de la volonté de Dieu. Elle a, en outre, une direction sévèrement ascétique : 'Aviyou xoù ir.éyou (abstieDStoi, résigne-toi,) est son principe.
Affranchi de l'orgueil philosophique qu'on a reproché avec raison aux stoïciens, Epictète pose l'humilité comme base de toute vérité et de toute vertu. Il défend de juger son semblable, et demande qu'on supporte patiemment le mépris et l'inimitié des autres. Il proscrit tout sentiment d'orgueil à l'égard d'autrui; il insiste surtout pour qu'on se montre humble en face de Dieu , tout ce que nous avons étant un don de Dieu. Ce sont là les principes qui ont valu une si grande réputation à Epictète parmi les chrétiensetles païens. Parmi les premiers, Origène surtout en a parlé d'une manière forte et vive (lj. »
Le Nom.
EPICURE. (Théol. hist. biog. et bibliog.) — Ce philosophe fameux de
(I) Cott-n C">snm, I, Ml.
•.- rf-
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l'antiquité, naquit à Girgentam, dans l'Attique, environ 312 ans avant Jésus-Christ et mourut vers l'an 270, à l'âge de 72 ans. Il tint à Athènes une
école qui eut beaucoup de sectateurs.
La douceur de ses mœurs et les agréments de sa conversation le rendirent très-célèbre. 11 fat accusé par les stoïciens de professer des principes d'immoralité, parce qu'il disait que le bonheur de l'homme consiste dans la volupté; mais il est avéré qu'il entendait parler de la volupté de l'âme résultant de la pratique de la vertu, et que sa conduite était des plus irréprochables et des plus vertueuses.
Il laissa, suivant Diogèue Laerce,plus de trois cents volumes; mais aucun de ces ouvrages n'est parvenu jusqu a nous. Y. ÉPICCHÊISHK.
Le Nom.
ÉPIGURÉISME. [Théol. mixt. et
hist. philos, mor. bibliog.) — Ce n'est pas au sens vulgairement attache à ce mot que nous enteudons nous attacher, mais à ce qu'il signifie en tant que désignant la véritable doctrine d'Epicure et de ses fidèles disciples, parmi lesquels il faut mettre en tète le romain Lucrèce, auteur du célèbre poème De nation remm. Nous pourrions craindre, si nous parlions nousmème, d'être suspecté de partialité par suite de notre bienveillance générale,'-! contraire aux tendances de Bergier, à l'égard de la philosophie et des philosophes ; c'esl pourquoi nous nous contenterons de citer les extraits suivants de l'étude de M. Fuchs dans le Dut. eneyel. de la théol. eathol. traduit par I. Goschler :
«Epicure cherche la volupté, qui) déclare avec Aristippe le souverain bien, non-seulement dans le moment présent, beaucoup trop éphémère, mais dans l'ensemble de la vie; il veut que le souvenir et l'espérance de la volupté s'associent à la jouissance de la volupté actuelle. Quand même le momentprésent serait pauvrede jouissance sensible, le sage, par le souvenir des plaisirs passés et par l'espérance des joies futures, goûte ce que le philosophe de Gargettos appelle la volupté spirituelle. Epicure, en vue de ce bien spirituel dont la possession
ne peut être enlevée au sage, prétend que celui-ci vit heureux même dans le malheur et la souffrance, parce que son esprit est assez fort pour se v rire des coups du sort, s'élancer au delà des limites du présent, et puiser une volupté certaine dans des espérances qu'on ne peut lui contester et des souvenirs que nul ne peut lui ravir. Le sage d'Epicure choisit même parfois la souffrance, quand il prévoit qu'il en tirera une plus grande jouissance ; car il préfère uu bonheur durable qui embrasse la vie entière à une jouissance intense qui n'est que momentanée. Le Biége principal de la volupté est donc dans l'esprit, la volupté de la chair non-seulement étant passagère et limitée, mais semant souvent dans l'ivresse du moment des germes de douleurs qui durent toute la vie. La volupté spirituelle, au contraire, résultant du calme imperturbable de l'âme, constitue la vie agréable. Cette vie agréable est inséparable de la vertu ; car celle-ci calcule et prévoit avec prudence ce qui est favorable à la véritable volupté, ce qui peut préparer du déplaisir. Ce ne sont pas les jouissances les plus raffinées qui créent, le bonheur, dit Epicure ; c'est la modération qui se contente de peu, qui vit de régime.
« Ainsi Epicure veut prévenir toutes fausses interprétations ; il prend ses précautions contre ceux qui l'accuseraient de placer le souverain bien dans la débauche ; il se sentirait aussi laineux que Jupiter quand il n'aurait que du pain d'orge et de l'eau ; il méprise non la volupté en elle-même, mais celle qui exige de grandes dépenses, à cause de ces dépenses mêmes et à cause des maux qu'elle entraine. Que si la volupté n'offre ni inconvénient, ni danger, il ne la dédaignera pas, comme le cynique qui se moque des jouissances Unes et délicates; il en profitera, touten sachant que sa félicité n'en dépend pas. Quoiqu'il trouve désirable tout ce qui rend la vie commode, facile et riche de jouissances, il n'oublie pas qu'il possède dans la fermeté de l'âme la source toujours ouverte de la véritable et permanente félicité.
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«Epicure.pour être logique et conséquent avec son principe, se voit ainsi poussé à une idée plutôt négative que positive de la volupté, ce qui aurait dû le conduire à reconnaître que sa théorie, manquant d'un but réel, était insoutenable.
m Le but spécial des efforts de Yépicuréismc, qui se résume dans l'absence de la douleur, l'affranchissement du déplaisir, la fuite des désagréments, rattache évidemment cette doctrine à une doctrine historiquement opposée à l'indifférence ou à l'apathie stoïque. Le sage épicurien s'effraye aussi peu de la mort que le disciple du Portique ; il serait aveugle qu'il continuerait à vivre ; mais il ne considère pas comme un malheur de ne pas vivre. Quand la mort arrive, dit-il, nous ne la sentons pas, puisqu'elle est la lin de tout sentiment ; si donc la mort ne peut nous causer de déplaisir par sa présence, sa pensée ne peut nous troubler, quand nous la considérons dans l'avenir.
« Epicure exclut de son système la croyance en l'immortalité de l'âme et en une rétribution future, à cause des inquiétudes qui s'y associent et qui pourraient troubler la félicité de son sage ; mais maintient la croyance aux dieux ; seulement il déclare inconciliable avec la félicité des dieux immortels lesoucides affaires humaines et du gouvernement du monde. Les dieux, ne s'affectant de rien de ce qui se passe au dehors de l'empvrée, mènent, dans l'espace vide qui sépare les mondes infinis, une vie calme, immuable, exempte de tout soin, et dont rien ne peut augmenter la félicité.
« Les disciples d'Epicure, aveuglément attachés à la doctrine de leur maitre, n'y firent aucun changement.
Ils se contentaient de lire ses écrits, et les lisaient si souvent, suivant son conseil, qu'ils les savaient par cœur.
Ils ne se permettaient pas môme des commentaires, et les nombreuses contradictions de son système semblaient cimenter encore l'accord inouï qui régnait entre eux. La légèreté avec laquelle Epicure laissait de côté les questions les plus difficiles n'était
dépassée que par l'arrogance avec aquelle il s'élevait au-dessus de tous les philosophes. Sa légèreté attirait les esprits superficiels, son audace en imposait aux faibles.
« La philosophie épicurienne trouva un partisan enthousiaste dans le poète Lucrèce, qui voulut nationaliser parmi les Romains la partie morale du système de son maître par son célèbre poëme de Natura rerum. Ce n'était pas
« La vaine volupté du troupeau d'Epicure .
qui attirait l'âme sérieuse d'un Romain tel que Lucrèce ; c'était l'énergie que certains principes du système pouvaient communiquer à l'âme , qui répondait à l'idéal qu'il poursuivait. Le vice capital du système du poète résulte de l'abîme qu'il établit entre la vie religieuse et la vie morale. Pour Lucrèce les dieux sont, comme pour Epicure, élevés au-dessus de toute douleur, de tout danger; ils jouissent de l'immortalité dans la plénitude d'un bienheureux et inaltérable repos, se suffisant à eux-mêmes et n'ayant dans ce sentiment absolu aucun besoin de notre concours. « Ni notre mérite ne les touche, ni nos fautes ne les irritent. » Croire que les dieux jugent les actions des hommes, c'est, dit le poète, une monstruosité de la religion, qui a pesé sur les esprits jusqu'au moment où la hardiesse d'Epicure en vint à bout, et où, bannissant la crainte de la mort et les teneurs des peines infernales, il rendit à l'âme des sages le repos et la sérénité dont les dieux immortels j ouissent dans leurs bienheureuses demeures. L'homme affranchi de toute pensée religieuse est ramené au sentiment de sa force, à la conscience de sa volonté libre (1). C'est lui-même qui se fait son bonheur et son malheur.
La vigueur de sa volonté, la noblesse de ses sentiments, l'affranchissement de tout ce qui est vain et accidentel peuvent seuls lui assurer le repos du cœur et l'élever au-dessus des vicissitudes de ce monde.
(1 ) Il y a beaucoup de ressemblance entre ces tbéories de l'ancieu épicorréisme soutenues par Lucrèce et la pbdosopbie morale de notre contemporain Proudhou.
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« Cicéron représente sous un jour assez favorable la doctrine épicurienne dans son premier livre du Souverain Bien. Il tire l'exposition qu'il mot dans la bouche de Torquatus des aphorismes d'Épicure (xupfat SdÇai), dont Diogène Laërce nous a conservé un extrait, et des enseignements directs que Cicéron reçut à Àtiiènes des épicuriens Phèdre et Zenon.
« L'apologiste que Cicéron fait parler cache la véritable portée de Yépicuréisme sous des dehors brillants et fraye la voie à sa théorie de la volupté, en faussant le principe moral de son maître. Il prétend que toutes les vertus sont dignes de louange et désirables non pour ellesmêmes, mais en vue de la volupté, c'est-à-dire comme moyens d'atteindre au souverain bien. Dans le second livre Cicéron, pour réfuter le système épicurien, s'appuie sur la doctrine du stoïcien Chrysippe, et démontre qu'il y a un bien moral qui doit être recherché en vertu de sa nature et pour lui-même ; que l'homme, conformément à la voix de sa conscience intime, a une plus haute destination que la recherche des jouissances sensibles ; que l'art et la science poursuivent également un but plus noble, mais qu'avant tout la vertu doit fermer tout accès à la volupté. »
Le Noir.
EPICURÉISME(le modernel. [Théol.
mixt. et hist. bibliog. et philos, mor.) — Citons encore M. Fuchs :
«Dans les temps modernes ce sont surtout les moralistes français qui se sont approprié les théories d'Épicure. Pierre Gassendi (1) fraya la voie à la morale sensualiste par une exposition plausible des principes épicuriens (2), tandis que La Rochefoucaud (3) prônait, dans ses Réflexions et Sentences, ou Maximes morales, le système de l'amour-propre en rendant toutes les vertus humaines suspectes, et en les expliquant toutes sans exception par le mobile de l'in-
(1) Né en 159î,f en 1635.
(2) De Vita et Moribus Epicuri, 1654; Animaduersiones in librnm X Dioqenis Laertii, 1649 ; Syntagma philosophie Bpieuri, 1649.
(3) Né en 1605 on 1613, f en 1680.
térêt, de l'amour-propre ou de l'égoïsme. Condillac (1) réduisit le sensualisme en système et ravala l'homme au niveau de la bête en prétendant que ses connaissances, comme les motifs de sa volonté, ne sont que des transformations de la sensation. Uelvétius (2) dogmatisa d'une façon plus nette et plus résolue encore, en déduisant, comme Condillac, de la sensibilité physique toutes les idées morales, les jugements, les vertus et les vices. L'amour-propre et l'intérêt personnel sont, suivant le livre de l'Esprit, l'unique mobile de l'activité humaine ; et, comme l'amour-propre au fond se réduit à l'amour de notre corps, à la volupté sensible, il s'ensuit que tous les phénomènes intellectuels découlent de notre tendance vers la volupté. Helvétius, fidèle à l'esprit d'Epicure, repousse toute idée religieuse de la morale.
Diderot (3 ne suivit pas cette direction dans ses premiers écrits ; mais plus tard, placé à la tète des Encyclopédistes, il rejeta publiquement les idées de Dieu, de liberté, d'immortalité, les principes fondamentaux de la morale, sans oser cependant tirer nettement toutes les conclusions de sa théorie négative. La Mettrie (4; fut plus hardi ; il s'aflicha ouvertement comme un des pores du troupeau d'Epicure, Epicuridegregeporcus, prêchant avec une impudente audace l'athéisme, le fatalisme et le matérialisme ;proclamant illusion tout ce qui est spirituel, et la jouissance vulgaire des sens le souverain bien de l'homme.
Epicure, enseignait qu'on ne pouvait jouir de la vie qu'autant qu'on s'affranchissait de la croyance superstitieuse en une divinité activement occupée de l'humanité ; La Mettrie affirmait plus radicalement encore qu'il fallait bannir l'épouvantail de la religion, que l'homme ne serait heureux que lorsque l'athéisme régnerait universellement dans le monde et que chacun croirait au néant de l'âme et reconnaîtrait l'absurdité de l'immortalité. Le résumé de cette
(l)Né en 1715, -j- en 1780. (i) Né en 1715, f en 1771.
(3) Né en 1713, f en 1781.
(4) Né en 1709, | en 1731.
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théorie était bien simple : « Jouis tant que tu existes, et ne retarde jamais ta jouissance. »
« Cette tendance bestiale fut exposée dans le Système de la Nature du baron d'Holbach (1 ) avec une sorte d'appareil scienti tique. Le sytème de la nature, après avoir libéré l'homme des idées inquiétantes des théologiens et l'avoir réconcilié avec la fatalité, lui apprend à ne pas s'inquiéter du sort, à jouir du présent, et, en calculant bien sa satisfaction personnelle, à y comprendre les autres, afin que tous y trouvent leur compte et garantissent d'autant mieux l'intérêt de chacun. »
M. Fuchs parle comme il suit de l'intluence de l'épicuréisme français du xvin siècle sur la société lettrée de l'Allemagne :
« L'impression produite par ces œuvres d'un égoïsme plus ou moins raffiné sur l'esprit des Allemands est décrite en ces termes dans les Mémoires de Gœthe (2):
« Ce livre nous parut si sombre que » nous avions peine à en supporter la » lecture, et que nous en étions cf- » frayé comme d'un spectre. »
« Frédéric le Grand lui-même, malgré sa prédilection pour l'esprit philosophique des écrivains français, se sentit plein de répugnance et de dégoût à la lecture de ce livre (3).
« Cependant le vent de la tempête poussa la semence de ces doctrines sur le sol germanique, et elle y porta ses pâles et mortels fruits. Wieland (4) et un petit cercle de libres penseurs adoptèrent un épicuréisme délicat, se résolvant en une sensualité mêlée de quelques éléments esthétiques. Rien dans son système qui soit grand, profond, élevé; rien qui trahisse une force quelconque. Dans sa délicatesse elféminée, il est tellement hostile à tout idéal qu'il en t'ait l'objet constant de ses moqueries et n'en parle qu'avec un sourire de compastion, tandis que le génie de Schiller (5)
(1) Né en 1723, f en 1739.
(2) Histoire de ma vie (Ans meinem Leben), III, 68. Né en 1749, f en 1832.
(3) Œuvres poflhumes de Frédéric le Grand, VI, 139 sq.
(4) Né en 1733, f en 1813.
(5) Né en 1759, f en 1805.
s'incline devant l'idéal d'une vie sérieuse et morale, et y puise l'esprit qui anime ses immortelles créations.
Cet idéal, la philosophie allemande s'en empara avec Kant (1), et elle lui resta fidèle dans toutes les phases de son développement et parmi les formes multiples de ses doctrines.
« Nul, parmi les Allemands, n'a démontré avec plus d'esprit et de sagacité combien l'épicuréisme est faible et insoutenable, à la suite du philosophe de Konigsberg, que Schleiermacher (2), dans sa Critique des Doctrines morales, et Daud dans ses Leçons sur les prolégomènes de la Théologie morale (3).
«H. Bitter va plus avant et ébranle l'épicuréisme plus à fond. »
Voici le passage de Ritter que cite M. Fuchs : « Nous sommes obligé de justifier Épicure contreles fausses interprétations de sa doctrine ; car Épicure se plaint lui-même qu'on lui attribue de recommander la volupté, absorbée dans la puissance du présent, comme le souverain bien. Toutefois son système ne recommande que la volupté sensible; car ce qu'il appelle volupté de l'âme n'est que la réminiscence ou l'attente en espritde la volupté sensible. Toute sa doctrine se résume dans les principes qu'il donne au sage de bien profiter du présent, de se réjouir dans le souvenir des joies passées, dans l'attente des plaisirs à venir, de se suffire à lui-même etde se sentirpar cela même au-dessus du vulgaire insensé. C'est ainsi qu'il s'imagine procurer à l'hommelavie d'un dieu; car l'homme qui vit en jouissance de biens immortels ne ressemble en rien à un être mortel. Mais on voit bien vite combien s'éloignent de ce rêve les préceptes qu'il donne lui-même, quand on considère la crainte qui perce à travers toute sa doctrine et qui lui défend de s'abandonner à la volupté dès qu'il en craint les suites, et lui conseille des opinions qui ne peuvent que médiocrement garantir l'homme contre la puissance du sort... On a dit avec raison de sa doctrine que,
(1) Né en 1721, + en 1804.
(ï) Né en 1768, + en 1834.
(3) P. 507-511 et 400-404.
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tout en paraissant pousser à la joie, elle ne produit par ses préceptes que crainte et tristesse... Elle veut consoler le sage et l'affranchir de la crainte des dieux et du sort; mais elle n'y parvient qu'en mettant les caprices du hasard à la place de la Providence, etencorene tranquillise-t-elle le sage qu'en ne lui permettant pas de penser à la puissance du sort, qui est aussi peu rassurante que celle des dieux dont il veut bannir le souvenir. On a prétendu que la morale d'Epicure renferme beaucoup de vérités, qu'elle est originale, qu'elle est logique. — Elle n'est pas originale, car elle ne fait que dire avec plus de franchise ce que le vulgaire pense plus ou moins obscurément, ce que Démocrite avait publiquement professé. Elle n'est pas logique ; ear on ne peut vanter comme telle une doctrine qui veut éniousser la sensibilité physique du sage pour la douleur, sans s'apercevoir qu'il émousse par là même sa sensibilité pour le plaisir ; qui feint de mépriser les voluptés corporelles quand elle pose le commencement de toute volupté dans les jouissances corporelles; qui semble poser un but élevé à la vie quand ce but, vu en détail, n'est autre chose que la volupté elle-même. Elle n'est pas vraie, car quelle vérité présente une doctrine qui renferme l'homme en lui-même et ne connaît d'autre but à l'activité de sa vie que ce que le monde visible lui-même offre dans ses phénomènes éphémères ?Si la vie de l'homme doit se résoudre tout entière en apparence, il est bien plus logique, Lien plus conséquent de tenir, avec Aristippe, à la jouissance du moment, au plaisir présent, que de corrompre, durant sa vie entière, la jouissance présente par le souci et la crainte de l'avenir. Ce qui est un des avantages de la doctrine épicurienne est précisément ce qui en ébranle la solidité. »
M. Fuchs conclut: « Malgré le peu de portée scientifique (pic Ritter lui attribue, Yépicuréismc n'a pas été sans utilité, en ce qu'il appartient à cette espèce d'essais qui doivent être faits une fois pour que la vanité en devienne évidente, en ce que c'est
une de ces pensées qu'il faut une fois tenter de réaliser pour se convaincre qu'elles sont irréalisables.»
Aujourd'hui, en France surtout, on veut nous ramener à Vépicuréisme des llilntius, des La Mettrie, des d'Holbach ; c'est dans cette visée mie notre littérature travaille depuis vingt ans.
Le Nom,
Kl'INOCHE (Théol. mixt. scien.
zool. ichth.) — V. causes iiwi.ks.
EPIPHANE (saint), évoque de Salamine, dans l'Ile de Chypre, est un des Pères du quatrième siècle. Le père Petau a donné, en 1022, une édition de ses ouvrages en grec et en latin, en 2 vol. in-fol. Depuis ce temps-là, on a trouvé, dans les manuscrits de la bibliothèque du Vatican, le Commentaire de nui ut Epiphane sur le t 'antique, et il a été imprimé à Home en 1750.
Ce Père avait appris l'hébreu, l'égyptien, le syriaque, le grec, et le latin ; il avait beaucoup d'érudition, mais son style n'est pas élégant. Le détail qu'il a fait des hérésies dans son Panarium, démontre que la doctrine chrétienne s'est établie au milieu des combats, et qu'il n'a pas été possible de l'altérer sans que l'on s'en soit aperçu.
Les critiques protestants, surtout Beausobre et .Mosheim, ont dit beaucoup de mal de cet ouvrage ; suivant leur avis, il est rempli de négligences et d'erreurs, et l'on trouve presque à chaque page des preuves de la légèreté et de l'ignorance de son auteur. Mais ces censeurs téméraires prennent pour des erreurs les dogmes contraires à leurs opinions, et pour des traits d'ignorance, [les faits qu'il leur plaît de nier ou de révoquer en doute. Les anciens, plus voisins que nous de l'origine des choses, ont rendu justice à l'érudition et aux connaissances très-étendues de saint Epiphane : une critique, uniquement fondée sur l'intérêt de secte et de système, n'est pas capable de ternir une réputation de treize à quatorze cents ans. Dom Gervaise a écrit la vie et a fait l'apologie de ce savant Père de l'Eglise, en 1738, in-i".
Bergikr.
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EPIPIIÀNE ( les écrits de saint ) (Théol. hist.bibliog.) — Nous complétons, parle sommaire suivant de M.
Schrodl, l'article insuffisant de Bergier sur ce Père, qui était né, d'après Sozomène,près d'Eleuthéropolis, enPalestine, vers 310, et qui mourut, en 403, dans la traversée en revenant de Constantinople, où il avait été trompé sur saint Jean Chrysostome :
« Saint Épiphane lit d'abord un ouvrage dogmatique sous le titre d''A>»in;pwc(5î, Ancoratus, qui devait être, par l'exposition de la doctrine catholique, comme l'ancre de la foi pourles Chrétiens au milieu des tempêtes de l'arianismc. Il avait notamment énuméré dans son livre toutes les propositions contraires à la doctrine catholique, c'est-à-dire toutes les hérésies alors connues, et là-dessus on le pria de faire connaître en détail et de réfuter explicitement toutes ces hérésies, 11 répondit à ce désir par son principal ouvrage, KiTà Atpl<reuv LXXX, et comme, à son avis, ce livre renfermait le moyen de réfuter toutes les hérésies et de s'en préserer, il l'appela aussi iiavipiov ou Ktëumov ( boite à remèdes ). Le mot d'hérésie est pris dans cet ouvrage dans un sens très-large, car Épiphane parle des sectes juives avant, le Christ, des Samaritains, des Pharisiens; il termine par les Messaliens. Son livre renferme d'abondants détails sur les hérétique». La critique en est insuflisante, Épiphane ayant accueilli tout ce qu'il apprit sur leur compte sans examiner exactement ce qui était fondé ou non; on est donc obligé de soumettre à une critique sérieuse ses assertions et ses données à cet égard.
11 en lit lui-même un extrait sous le titre de •AvotxEcpaXaîucjLç (Summarium).
Entin il faut encore faire mention de son excellent traité irspt Mérpuv ïj!
Bra8|iûv ( de Mensuris et Ponderibus ), dans lequel il explique avec beaucoup d'érudition les mesures et le poids dont il est question dans la Bible. »
EPIPHANIE, fête de l'Eglise, dont le nom signiiie apparition, parce que c'estle jour auquel Jésus-Christ a commencé de se faire connaître aux gen-
tils ; les Grecs le nomment Thêophanie, apparition de Dieu, pourla même raison. On l'appelle encore la fête des Rois, à cause de la prévention dans laquelle on est que les mages qui ont adoré Jésus-Christ étaient rois. Voy.
Mages
Dans les premiers sièclesdel'Eglise, la fête de Noël et celle de V Epiphanie se célébraient le même jour, savoir le fi de janvier, surtoul. dans l'Orient; mais au commencement du cinquième siècle, l'Eglise d'Alexandrie sépara ces deux fêtes, et fixa celle de Noélau23dcdécembre.Dansle même temps, les Eglises de Syrie suivirent l'exemple des Occidentaux, qui paraissent les avoir distinguées de tout temps. Voyez Bingham, liv. 20, c. 4, § 2, tome 0, p. 67.
Nous ne pouvons pas approuver les conjectures que Beausobre a faites sur les raisons qui déterminèrent l'Eglise chrétienne à solenniser la naissance du Sauveur le même jour que son baptême et son adoration par les mages. A la vérité, les ébionites disent que Jésus-Christ était devenu Fils de Dieu par son baptême, qu'ainsi il était né ce jour-là en qualité de Christ et de Fils de Dieu ; mais c'était une erreur que l'Eglise a toujours condamnée ; elle aurait paru l'autoriser en quelque manière, en réunissant la fête de sa naissance à celle deson baptême. Ilist. duManich.
Autrefois l'Epiphanie ne se célébrait qu'après une veille et un jeune rigoureux ; on y a substitué, très-mal à propos, des réjouissances fort opposées à l'abstinence et à le mortification.
La conformité que l'on a trouvée entre la fête du roi boit et les saturnales, a fait penser à quelques auteurs que la première est une imitation de la seconde. Les saturnales, disent-ils, commençaient en décembre, et duraient pendant les premiers jours de janvier, dans lesquels tombe la fête des rois. Les pères de famille, à l'entrée des saturnales, envoyaient des gâteaux et des fruits à leurs amis, et mangeaient avec eux ; l'usage des gâteaux subsiste encore.
Dans ces repas, on élisait un roi
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de la fête par le sort des dès ; chez nous, on élit encore un roi de In fève.
Le plaisir des anciens consistait, selon Lucien, à boire, à s'enivrer, à crier, c'est. encore à peu près de même. Conséquemment Jean Deslions de Senlis, âgé de quatre-vingt-cinq ans, a fait au commencement de ce siècle, un livre intitulé : Discours ecclésiastique contre le paganisme du roi boit.
Cependant toutes ces applications générales ne prouvent rien ; les honnnes n'ont pas besoin de se copier les uns les autres pour faire des folies et pour inventer des amusements. Il est beaucoup plus probable que le souper de la veille des rois est une suite du jeûne que les chrétiens célébrèrent d'abord avec beaucoup de respect et de religion, mais qui dans la suite dégénéra en abus, que plusieurs conciles ont cru devoir réprimer par des bus.
Bergier.
ÉPISCOPAT. Voyez Évêque.
ÉP1SC0PAUX. Voyez Anglican.
ÉPISTOLJER, livre d'église, qui renferme toutes les épitres que l'on doit dire à la messe pendant le cours de l'année, selon l'ordre du calendrier ; il est nommé par les Grecs Apostolos.
Bergier.
ÉPITRE, partie de la messe, récitée par le prêtre ou chanter par le sous-diacre avant l'Evangile, et qui est tirée de l'Ecriture sainte. Cette leçon est quelquefois prise dans un des livres de l'Ancien Testament, mais plus souvent dans les Epitres de saint Paul, ou des autres apôtres ; c'est ce qui lui a donné son nom.
Pour trouver l'origine de ces lectures, qui se font dans la liturgie chrétienne, il n'est pas nécessaire de remonter à l'usage de la synagogue.
Les apôtres, sans doute, n'ont pas eu besoin de cet exemple pour exhorter les fidèles à lire les livres saints dans leurs assemblées. Saint Justin nousatteste que la célébration de l'eucharistie était toujours précédée par cette lecture ; mais il ajoute que le
président de l'assemblée, ou l'évèque y ajoutait une exhortation, par conséquent une explication de ce qui pouvait être difficile à entendre. Apol., n. 67. On ne supposait donc pas que tout chrétien pouvait expliquer l'Ecriture sainte parlui-mème, et y puiser sa croyance, sans avoir besoin d'aucun guide, comme le prétendent les protestants,
Pour faire ces lectures, on établit l'ordre des lecteurs, et l'on choisissaitsans doute ceux dont l'organe était le plus propre à se faire entendre de toute l'assemblée. (Juoique ce soit aujourd'hui le sous-diacre qui chante l'épttre, la fonction des lecteurs n'a pas absolument cessé. Ils sont encore destinés à chanter les leçons des matines, et les prophéties qui se lisent quelquefois à la messe avant Vèpitre.
Bingham, Qrig. ecclés., 1. li, c. 3, § 2 et 17, fait à ce sujet deux remarques dignes d'attention. 1° Il dit que dans toutes les Eglises l'usage était de lire à la messe une leçon tirée de l'Ancien Testament, et une autre tirée du Nouveau ; que l'Eglise romaine seule omettait ordinairement la première. Mais il faut se souvenir que dans l'Eglise romaine, comme partout ailleurs, les livres de l'Ancien Testament ont été lus constamment dans l'office de la nuit, et que cet usage dure encore. Il n'est donc pas étonnant que l'on ait spécialement réservé les épitres de saint Paul et les autres pour la messe. Une preuve quecet usage était général, c'est que l'on disait indifféremment l'èpitre et V apôtre.
2° Que Yépitre était lue en langue vulgaire, et que c'est pour cela que l'Ecriture sainte fut d'abord traduite dans toutes les langues. En premier lieu, ce fait, toujours supposé par les protestants, n'est pas prouvé :
on ignore la date précise de la plupart des traductions de l'Ecriture sainte, il est certain que plusieurs Eglises, fondées par les apôtres, ont subsisté assez longtemps sans avoir une version de l'Ecriture en langue vulgaire, et il y a plusieurs langues dans lesquelles l'Ecriture n'a jamais été traduite. En second lieu, lorsque le grec, le syriaque, le cophte, ont
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cessé d'être langues vulgaires, les Eglises qui avaient coutume de s'en servir n'ont pas pour cola changé la lecture de l'Ecriture sainte dans l'office divin ; elles ont continué do la lire dans l'ancienne langue, qui n'était plus entendue du peuple, tout comme l'Eglise romaine a continué de la lire en latin, quoique celte langue ait cessé d'être vulgaire. Voy. Langue, Le(,:ok. Bekgjér.
ENTRES PE SAINT PAUL. On compte quatorze lettres ou Epitres de saint Paul, une aux Romains, deux aux Corinthiens, une aux Galates, une aux Ephésiens, une aux Philippiens, une aux Colossiené, deux aux ïhessaloniciens, deux à Timothée, une à Tite, une à Philémon, et une aux Hébreux ; nous parlerons de chacune sous son titre particulier.
Par la lecture de ces lettres, on voit qu'elles ont été écrites à l'occasion de quelque événement, de quelque question qu'il fallait éclaircir, de quelque abus que l'apôtre voulait corriger, de quelques devoirs particuliers, qu'il voulait détaille]'; que son dessein n'a été dans aucune de donner aux fidèles un symbole ou une explication de tons les dogmes de la foi chrétienne, ni de tous les devoirs de la morale ; qu'en écrivant
à une Eglise, il n'a jamais ordonné que sa lettre fût communiquée à toutes les au Lies. Il y a donc de l'entêtement, de la part des protestants, de penser que quand saint Paul a enseigné de vive voix, il n'a jamais donne aux fidèles aucune autre instruction que celles qui étaient renfermées dans quelqu'une de ses lettres ; que toute vérité qui n'est pas écrite ne peut pas faire partie de la doctrine chrétienne.
Les incrédules anciens et modernes ont fait plusieurs reproches contre la manière d'enseigner de cet apôtre, contre certaines vérités qui semblent se contredire, contre les réprimandes sévères qu'il fait à quelques Eglises; nous y répondrons au mot saint Paul.
Quelques anciens ont cru que saint Paul avait écrit aux fidèles de Laodicée, et que cette lettre était perdue ; mais cette opinion n'était fondée
que sur un mot équivoque de la lettre aux Colossiens, c. 4, ^ 16; saint Paul leur dit : « Lorsque vous aurez » lu cette lettre, ayez soin de la faire » lire à l'Eglise de Laodicée, et de » lire vous-mêmes celle des Laodi- » céens. » Le grec porte, celle qui est de Laodicée ; ce pouvait donc être une lettre des Laodicéens à saint Paul, et non au contraire. Tillemont, note 6!) sur saint Paul.
Les Actes de sainte Thècle, les prétendues lettres de saint Paul à Sénèque, un Evangile, et une Apocalypse, qui lui ont été attribués, sont des pièces fausses, et les trois dernières n'ont pas été connues avant le cinquième siècle.
Nous parlerons des Epitres des autres apôtres sous leur nom particulier. ISergier.
EPONGES (Théol.mixt. scien. nat.
zool.) — Voici ce que Lamarck dit de ces animaux étranges, car ce sont des animaux : « L'éponge est une production naturelle que tout le monde connaît par l'usage habituel qu'on en fait chez soi; et cependant c'est un corps sur la nature duquel les naturalistes, même les modernes, n'ont pu arriver à se former une idée juste et claire. » 11 est assez conforme à la raison que, la création étant décrétée dans les conseils de Dieu, Dieu l'exécute avec la variété et la richesse les plus grandes, et par suite, qu'il s'y trouve des manifestations de la vie tellement bizarres qu'elles lassent à jamais l'étonnement et le désespoir du savant qui cherche à tout expliquer. Nous renvoyons au mot spongiaires pour un article qui traite quelque peu de l'organisation singulière de ces êtres vivants qui font partie de l'embranchement des zoophites ou des rayonnes ; nous trouverons là un nouveau champ pour admirer les grandeurs de Dieu d'autant plus que la science y pénètre davantage.
Le Nom.
ÉPOQUES GÉOLOGIQUES (Théol.
mixt. scien. géol.) — Nous renvoyons aux longs articles que nous avons
donnés sous les mots âges cosmûlo-
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MODES, AGES GÉOLOGIQUES, et AGES PA-
léontologiques, pour la conciliation de la géologie moderne avec le grand tableau de la création qu'a laissé Moïse au début de sa Genèse. Nous ne ferons que donner ici un simple cadre des époques de la géologie proprement dite, qui ne commence qu'après la série des terrains primitifs ou ignés, et nous donnerons ce cadre en suivant le système de M. Elie de Beaumont.
Quatre grandes périodes antécédentes à la période actuelle :
Période primaire,
Période secondaire,
Période tertiaire,
Période diluvienne ou quaternaire.
I. Période primaire : formation des sebistes siliceux, des grès et des pierres calcaires à texture compacte, qui sont nos marbres d'aujourd'hui, développement des trilobites, de poissons, de mollusques et de polypiers; développement des cryptogames vasculaires, fougères, prèles, etc. Cette période se divise en deux autres : la plus ancienne ou période de transition des terrains ignés aux terrains sédimenteux, et la suivante ou période houillère.
La période de transition comprend :
1° Les dépôts cambrions : Schistes, grès grossiers, quartzites. Soulèvements qui engendrent en France les collines entre Pontivy et Saint-Lô et celles à ardoises des Ardennes, et, sur les bords du Rhin, les montagnes de Hundruck et d'Eifel.
2° Les dépôts siluriens : Grès, marnes schisteuses et calcaires, matières sablonneuses ; population nombreuse d'animaux marins. Soulèvements du sud du pays de Galles, en Angleterre; de la Bretagne, du sud de la Normandie, de l'Anjou, des Ardennes, du Var, de l'Aude, etc., en France; de la Saxe, de la Bohème, (Forêt-Noire) etc., dans le centre de l'Europe ; puis nouveaux soulèvements des côtes du Nord et du Morbihan, en Bretagne, des collines de l'Orne en Normandie ; et de la chaîne des ballons des Vosges
3° Les dépôts dévoniens ou duvieux grès rouge : Grès rougeâtres ferrugineux, schistes et calcaires à teintes
sombres ; anthracites d'Irlande, du Devonshire, de Russie, de l'Europe centrale, qui semblent être les commencements des terrains houillers.
La période houillère ou carbonifère représente l'Europe sous l'apparence d'un vaste archipel, avec une végétation puissante, riche en cryptogames : fougères, lycopodiacées, cycadées, conifères gigantesques, etc.
multitude d'insectes ; poissons et crustacés d'eaux douces, coquilles marines de toute taille, madrépores; les débris de tout cela forment les mines de houille que l'industrie exploite aujourd'hui. L'époque se termine par une troisième série de soulèvements desquels résultent l'extrémité occidentale de la Bretagne, le nord de l'Angleterre et la chaîne des monts Scandinaves de Suède et de Norvège.
II. période secondaire. Domination de l'élément maritime; vie possible pour les animaux aériens de mœurs aquatiques ; grands reptiles marins, lluviatiles et riverains ; plus de trilobites, mais ammonites et bélemnites; éruptions volcaniques qui donnent des porphyres rouges et des serpentines, et point de granités. C'est la plus longue despériodes géologiques; elle comprend quatre divisions. La pénémne ou permienne, ï&triasique ou salifére, la jurassique, et la crétacée ; le sol de la France est particulièrement formé des produits de ces deux dernières.
1° Epoque pénéenne : quatrième soulèvement auquel sont dues les collines situées entre Laval et Quimper et celle du Hainaut ; puis cinquième soulèvement, falaises des bords du Rhin entre Bàle et Mayence.
2° Epoque triasique ou salifére :
grès bigarrés et marnes irisées ; calcaire conchylien ; sixième soulèvement, celui des montagnes de la Thuringe en Prusse, et de cellft de la Vendée et du Morvan en France.
3° Epoque jurassique : elle comprend quatre âges : celui du lias, celui du calcaire à gryphées, celui du calcaire à Bélemnites et celui de la grande oolite. Reptiles sauriens parmi lesquels les ichthyosaures et les plésiosaures et les ptérodactyles ou sauriens volants, population énorme qui
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sera complètement anéantie par dos
catastrophes subséquentes. Une espèce d'huître, la grypb.ee arquée, beaucoup de madrépores; des insectes parmi lesquels il y en a de pareils à nos libellules d'aujourd'hui. Enfin, un marsupiau voisin de la sarigue.
Végétation à caractère général particulier. Septième soulèvement duquel datent leh munis de la Côte d'Or, du Morvan, des Cévennes et du Jura.
4° Epoque crétacée. T'est l'apparition de la craie primitive : huitième soulèvement, celui des Alpes, du Dauphiné, d'une, partie de la ente vendéenne, et des sommets du Pin de en Créée. Vient ensuite la craie nouvelle, seconde époque crétacée; point de mammifères terrestres, maisdesaquatiques (lamentins et dauphins) ; reptiles encore Dombrenz, L'ignuanodon de 80 mètres de longueur, le mégalosaure, les grands crocodiles, les grandes tortoes Jjarulites etturrilites, sortes de mollusques céphalopodes ; beaucoup de poissons (squales énormes) ; continuation des conifères el des cycadées.
III. période iKniiAinK. Elle commence par une giande catastrophe qui met tin à la période précédente ; c'estle neuvième soulèvement, nu des plus terribles ; il lait émerger la plus grande paiiie des montagnes d'aujourd'hui ; ilece soulèvement résultent les l'\ rénées, les Apennins les Alpes de 1 11 lyrie, dites Alpes Juliennes, les Karpatheset les Balkans jl'Europe apparaît, et n'aura plasbesoin que de quelques modifications pour devenir telle que nous la voyons. Formation d'une
population nouvelle dont les formée se
, rapprochent de nus espèces actuelles.
Dans le règne végétal, te changement n'est pas moins considérable par l'apparition des phanérogames aycotifodonés. dette période se divise eu trois époques : l'époque socéne, qui est la plus ancienne, l'époque miocène, et l'époque pliocène.
1° Epoque eocéne. Paris et Pile de France sont couverts par un vaste golfe ainsi que la Normandie orientale, la Picardie, l'Artois, et le sudest de l'Angleterre avec Londres. In autre golfe couvre le Bordelais et la Gascogne. Un dixième soulèvement
termine cette époque, c'estde ce soulèvement que datent les montagnes de l'Auvergne orientale et celles de Corse et de Sardaigne.
2° Epoque miocène. Elle est terminée par le soulèvement des Alpes Occidentales, du Mont Blanc, du Mont Rose et de tous les plus hauts pics de l'Europe.
3° Epoque pliocène : c'est le douzième soulèvement qui la termine en formant les Alpes principales, les montagnes de Provence, et celles de l'Espagne; le canal de la Manche se forme entre la France et l'Angleterre, et le lit de la Méditerranée est creusé.