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ducteurs ( Targmanitschtk). On n'a, dit son biographe du Dict. encyclop. de lathéol. cathol., que deux écrits originaux d'Ksnig, une Réfutation des hérésies et des Avis moraux. Le premier est son principal ouvrage ; le dernier n'occupe que quelques feuilles dans l'édition in- 12 de Venise de 1826.
Cette réfutation est divisée en quatre livres : le premier est dirigé contre les païens, le deuxième contre les Perses adorateurs du feu, le troisième contre les philosophes grecs, le quatrième contre les Marcionites et les Manichéens. Esnig entame les questions théologiques les plus difficiles, telles que la prescience de Dieu et la liberté de l'homme, et les résoud en somme très-exactement ; il donne sur la religion et la mythologie des Perses, sur les erreurs de Marcion, des détails qu'on ne trouve nulle part ailleurs. Ses ouvrages ont été imprimés d'abord à Smvrne en 1762, puis plus exactement et plus correctement à Venise en 1826. »
Le Noir.
ESOPE. (Théol. hist. biog. et bibliog. ) — Ce fameux fabuliste de l'antiquité grecque, le père de tous nos fabulistes de l'Occident et le créateur d'à peu près tous les sujets des fables populaires, à moins qu'on ne dise avec quelques-uns qu'il avait lui-même déjà pris ces sujets dans les traditions, était un phrygien esclave et contrefait qui vivait au 6 e siècle avant Jésus-Christ, vers la 59° olympiade. Le philosophe Xanthus, son maître, le transmit à Iomond, autre philosophe qui lui donna la liberté. Il fut ensuite employé par Crésus en diverses occasions; ce roi l'ayant envoyé en ambassade à Delphes avec un présent pour les Delphiens, des démêlés s'élevèrent entre ceux-ci et l'embassadeur ; Esope renvoya le présent en Lydie, mais alors les Delphiens, furieux, le tirent précipiter du haut d'un rocher.
Bientôt une peste survint, l'oracle dit que les dieux vengeaient la mort d'Esope, et les Delphiens lui érigèrent, en expiation, une statue. La mort d'Ésope, d'après Planude, arriva en 560 avant Jésus-Christ. Les fables d'Esope furent recueillies, pour la première fois,
200 ans après sa mort par Démétrius de Phalère. Le poète latin Phèdre a mis en vers élégants, les fables d'Esope, mais le plus spirituel, le plus original, le plus parfait des fabulistes qui aient jamais existé dans toutes les langues, c'est notre inimitable LaFontaine. Quelques critiques modernes, parmi lesquels s'est fourvoyé notre Lamartine, ont sou tenu que les fables de La Fontaine étaient souvent immorales ; nous croyons que ce reproche a été un des travers et une des bizarreries de notre temps, qui a cru faire de l'esprit en affectant de prendre la fable dans sa ligne droite au lieu d'y voir la satire indirecte des vices de l'humanité.
Le Noir.
ESPAGNE, Eglise d'Espagne. La plupart des savants espagnols sont persuadés que l'Evangile a été prêché dans leur pays par saint Paul.
Ils se fondent sur ce que l' Apôtre écrit aux Romaius, c. 15, f 24 :
« Lorsque je partirai pour l'Espagne, » j'espère de vous voir en passant. »
Et sur ce que dit saint Clément, Epist. 1, c. 5, que saint Paul est allé jusqu'à l'extrémité de l'Occident, expression qui semble désigner l'Espagne. Conséquemment saint Cyrille de Jérusalem, saint Athanase, saint Epiphane, saint Jean Chrysostome, saint Jérôme, Théodoret, saint Grégoire le Grand et d'autres, ont été persuadés que saint Paul avait effectivement prêché dans ce royaume.
Cependant le pape Géhise a été dans l'opinion que saint Paul n'a point exécuté ce voyage, quoiqu'il en eût formé le dessein ; Innocent I er dit, dans sa première épître, que saint Pierre est le seul apôtre qui ait prêché en Occident. On n'a trouvé en Espagne aucun vestige certain de la prédication de saint Paul, et Sulpice Sévère pense que la religion chrétienne a été reçue assez tard en deçà des Alpes, Uist., 1. 2. Les critiques modernes, qui sont de ce sentiment, disent que les anciens Pères n'ont point eu d'autres raison de croire le voyage de saint Paul en Espagne, que ce que nous lisons dans l'épitre aux Romains ; que l'exprès-
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sion de saint Clément peut seulement signifier l'Occident, et non l'extrémité de l'Occident.
Il en est de môme d'une autre tradition des Eglises d'Espagne, qui porle que saint Jacques le Majeur a prêché l'Evangile dans ce royaume ; cette tradition est fondée sur le témoignage de saint Jérôme, de saint Isidore de Séville, sur l'ancien bréviaire de Tolède, sur les livres arabes d'Anastase, patriarche d'Antioclie, touchant les martyrs. Ce fait important a été combattu par plusieurs critiques habiles, mais toujours défendu avec force par les savants espagnols. Voy. Vies des Pérès et des Martyrs, tome 6, p. SI G.
Quoi qu'il en soit, saint Irénée, mort l'an 203, cite la tradition des Egli es d'Espagne et des Gaules ; Tcrtullien, peu de temps après, parle aussi des Eglises d'Espagne ; mais ils ne disent rien d'où l'on puisse conclure que ces Eglises étaient florissantes et en grand nombre. On ne connaît personne qui ait souffert le martyre en Espagne avant saint Fructueux, mis à mort l'an 259 ; et le premier concile tenu en Espagne est celui d'Elvire, que l'on place communément vers l'an 300. Fabricius pense qa'Elvire est la ville de Grenade : il est plus probable que la première a été détruite, et qu'elle était située à trois ou quatre lieues de Grenade.
L'opinion la plus suivie par les critiques est que le christianisme s'est établi en Espagne dans le cours du second siècle, que les premiers prédicateurs y ont été envoyés de Rome ou des Gaules ; mais oïi ne connaît positivement ni la date précise de leur mission, ni le détail de leurs travaux. Les révolutions arrivées dans ce royaume ont fait perdre la mémoire de ces anciens événements.
Le Christianisme y était florissant au troisième siècle, puisque le concile d'Elvire porte les noms de dixneuf évèques, et que la discipline qu'il établit est très-sévère. Sur la fin du quatrième, l'hérésie des priscillianistes, qui était une branche de celles des manichéens, y fit des ravages.
Vers l'an 470, les Visigoths, ou
Goths occidentaux, qui s'étaient d'abord établis en Languedoc, passèrent les Pyrénées, et se rendirent maîtres de l'Espagne ; ils y portèrent l'ariamsme dont ils étaient infectés, mais ils n'y détruisirent pas la foi catholique. Vers l'an 590, la plupart furent convertis par saint Lôandre, évèque de Séville, et par saint Isidore, son frère et son successeur. L'Espagne redevint ainsi entièrement catholique.
Au commencement du huitième siècle, en 71 1, selon le père Pagi, les Maures s'emparèrent de l'Espagne, et y firent régner le mahomôtisme. Cependant un très-grand nombre de chrétiens y conservèrent leur religion, soit dans les montagnes de Castille et de Léon, où plusieurs se retirèrent, soit dans quelques villes, où ils obtinrent par capitulation l'exercice du Christianisme. Ces chrétiens ont été nommés mozarabes , c'est-à-dire mêlés avec les Arabes. Voyez Mozarabes. L'an 1088, le roi Alphonse reprit la ville de Tolède sur les Maures, et y rétablit l'exercice de la religion chrétienne. Depuis ce temps-là, l'Espagne a été reconquise en détail, et la domination des Maures y fut détruite l'an 1491. Ils n'en ont cependant été entièrement chassés que syus Philippe II en 1570, et sous Philippe III en 16f0, après que l'on eut fait toutes les tentatives possibles pour les convertir.
Au seizième siècle, quelques théologiens espagnols, qui avaient suivi Charles-Quint en Allemagne, y avaient pris une teinture des erreurs de Luther ; ils la rapportèrent dans leur patrie, et ils y firent quelques prosélytes ; mais les rigueurs de l'inquisition étouffèrent ces semences de l'hérésie, et aujourd'hui les Espagnols se félicitent d'avoir été exempts des convulsions dont l'Allemagne, la France et d'autres royaumes ont été agités à cette occasion. Il est aisé de voir quel est l'esprit qui a dicté aux protestants et aux incrédules les injures qu'ils se sont permis de vomir contre les Espagnols.
On voit, par ce court détail, que la religion chrétienne n'a couru nulle part de plus grands dangers qu'en