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Espagne, et qu'elle n'a pu s'y conserver que par une protection particulière de la Providence. Cette Kglise a eu de grands hommes et de grands saints, et la discipline ecclésiastique s'y est toujours maintenue avec plus de sévérité qu'ailleurs. Bergieh.
ESPALIERS. {Théol. mixt. indust.) — Nous allons reproduire sous ce titre un article que nous publiions il y a treize ans dans un journal auquel nous fournissions des revues scientifiques, artistiques et industrielles; cet article pourra paraître trop étranger aux matières d'un dictionnaire de théologie ; voici les deux raisons qui en justifieront ici la reproduction.
La premièie, qui n'est pas la principale, se tire du sujet lui-même; la seconde, qui est la principale, est relative à nos lecteurs, qui seront, pour la plupart, des curés de la province.
Il n'est pas d'industrie dans laquelle la puissance de l'homme sur la nature, depuis qu'il lui fut dit par son Créateur de dominer la terre et tout ce qu'elle renferme, se manifeste avec autant d'éclat que celle de l'horticulture, de l'arboriculture en particulier, et dans l'arboriculture delà formation et de la conduite des espaliers d'arbres à fruit ; or, on pourra concevoir à la lecture de cet article une haute idée de cette puissance. Voilà la première raison.
Il n'est pas, d'un autre côté, de récréation plus agréable, plus intéressante, plus innocente et plus digne du prêtre, que celle du jardinage, pourvu qu'elle ne soit pour lui qu'une récréation qui ne lui fasse pas perdre un temps précieux destiné, par devoir, à une autre culture bien supérieure, la culture de son âme et la culture des autres âmes. Dans le jardinage, la partie qui nous parait lui convenir le mieux, et parce qu'elle exige plus d'intelligence et d'art que tout le reste, et parce qu'elle est de nature à ne lui prendre que les courts moments d'une récréation raisonnable, estcelle quiconcerne la direction et la taille des arbres à fruit, notamment des espaliers. Nous lui en donnerons peut-être, par cette étude, le goût et les éléments les plus essentiels eu égard aux progrès les
plus rôcentsdanscetteindustrie. Voilà notre deuxième raison, celle qui est pour nous la raison suffisante et déterminante de cette reproduction.
Moyen d'obtenir un mur d'espaliers tout garni et en plein rapport dés la première année.
« Occupons-nous aujourd'hui de l'art et de l'industrie du jardinier.
« Nous nous trouvons à même d'indiquer aux propriétaires et aux horticulteurs un procédé nouveau, qui, bien que suffisamment sanctionné par l'expérience, est encore inconnu, sinon dans les éléments de la science arboricole sur lesquels il repose , au moins dans l'ensemble des moyens qui le constituent et le font réussir.
C'est pourquoi nous recommandons spécialement l'étude de cet article à tous ceux qui s'occupent des arbres fruitiers, soit comme goût, agrément et utilité domestique , soit comme exploitation, spéculation et commerce.
Nous le recommandons même à tous les lecteurs , car il n'est pas de science pratique qui soit plus intéressante pour tout le monde, aussitôt qu'on en a compris quelques principes généraux, que celle de l'arboriculture.
« Dans ce procédé, les propriétaires et les jardiniers marchands de fruits trouveront le moyen d'obtenir immédiatement un espalier, soit qu'il s'agisse d'en établir un nouveau là où il n'y en avait pas, soit qu'il s'agisse d'en renouveler un qui dépérissait et de l'obtenir instantanément garni de branches et portant du fruit dès l'été suivant, comme on l'obtiendrait, par les anciennes méthodes, au bout de dix années de plantation.
Les frais d'établissement seront, il est vrai, plus considérables ; mais si l'on calcule, comme on doit le faire, les huit ou neuf années de terrain et de mur que l'on perd ordinairement et qui deviennent productives , on trouve qu'il y aurabeaucoup à gagner, non-seulement au point de vue de la jouissance, mais encore au point de vue de l'exploitation commerciale.
« Dans le même procédé, les jardiniers pépiniéristes trouveront le
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secret de s'enrichir en quelques années; il en sera ainsi au moins des premiers qui sauront l'employer, car en toute espèce de spéculation libre vient un moment où la concurrence établit un niveau commun.
« Cela parait miraculeux,, incroyable; et, cependant, cela est vrai, vrai a la lettre; ayez la patience de nous lire avec attention jusqu'à la lin, et vous serez guéri de votre incrédulité, (i Pour nous faire bien comprendre, nous serons obligé de rappeler et expliquer d'abord quelques principes connus , quelques inventions faites depuis quinze ou vingt ans, et de citer trois Sommes, fort différents, dont le plus ignoré sera considéré plus tard, sinon comme l'inventeur
de l'idée principale, — cette idt st
sans doute aussi ancienne que le monde, — au moins comme le premier qui l'ait mise en application avec plein sucrés, grâce à un ensemble de précautions nécessaires qn'il a trouvées dans son jugement et son expérience.
« L'un de ces tmis hommes est aujourd'hui célèbre par les cours publics qu'il fait à Paris et dans les grandes • villes, par ses excellents traités d'arboriculture et surtout par son invention admirable de la forme d'espalier en cordons obliques. C'esl M. Dubreuil.
« Le second es1 on jardinier de province, des environs de Paris, que le précédent rend populaire depuis deux ans, en patronanl partout le système de taille qui porte son nom, qui s'appelle aussi le pinçage ou pincement, et qui consiste à couper les rameaux â I étal herbacé, tendre, pendant la végétation même, au lieu de les couper quand ils sont bois dur, selon l'ancienne méthode appelée le palissage. C'est M. Picot-Hamet.
« Le troisième est un jardinier aussi modeste qu'intelligent et fort de, raisonnement dans son art, qui s'est fait arboriculteur par lui-même et sans avoir jamais pris de leçons; qui a eu à lutter contre les malveillances de la fortune pour arriver à réaliser ses idées sur une très-petite échelle, qu'il agrandit maintenant chaque année, selon ses moyens; qui a reçu,
jusqu à présent, pour toute récompense, la première médaille et la médaille d'honneur de la Société d'agriculture d'Indre-et-Loire ; dont aucun traité, aucune revue n'a encore parlé ; qui aura été cependant l'inven teur praticien de la méthode que nous allons décrire; et qu'enlin nous nous taisons gloire et bonheur de signaler aujourd'hui à l'attention du public. Cet homme intéressant s'appelle M. Pécaultet possède, pour tout bien près de la ville de Tours, 20 ares de terre glaise dont il améliore chaque hiver une portion en la mélangeant d'un sable lin de la Loire, pour y faire ses expériences et en tirer le revenu avec lequel il parvient à élever fort bien sa famille en dépit de la fortune.
« Entrons maintenant dans notre sujet.
« D'abord, ces trois hommes faisaient, chacun de son côté, il y a une quinzaine d'années, quelques modifications capitales aux manières, usitées jusqu'alors, de conduire et de soigner les arbres à fruits.
« M. Dubrenil imaginait ses cordons obliques; comprenons bien cette forme d'espalier: ou plante les jeunes sujets, tirés de la pépinière, soit fruits à noyeau, soit fruits à pépin, à trentecinq centimètres seulement les uns des autres; on ne leur laisse qu'une branche, dont on abat le tiers; après la pousse suivante, on incline un peu cette branche avec son prolongement nouveau, dont on abat encore le tiers; ou fait de môme les deux autres années en conduisant toujours une seule branche principale et en l'inclinant, de manière que l'arbre ne consiste qu'en un cordon et qu'à la troisième année il arrive, sur le mur, à une inclinaison de 45 degrés. Tous les cordons sont ainsi penchés dans le même sens ; et il se trouve toujours, si la terre a été convenablement préparée, qu'à cette troisième année, ils se sont assez développés pour couvrir toute la hauteur de la muraille.
« Pendant la pousse vigoureuse de ces arbres, dont la racine n'a qu'une branche à nourrir et qui sont sans branches secondaires, les bourgeons se développent de chaque côté de cette
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branche unique et donnent des rameaux qui deviennent des coursonnes, ou lambourdes à fruit, que l'on traitesoit par le palissage (1), soit par le pinçage, dont nous allons dire quelque chose, soit par un système mixte; et il arrive qu'au bout de trois ans vous avez votre espalier garni et vous donnant des fruits, com ue au bout de dix années d'attente avec les tailles éventail montreuil, éventail carré, palmette, etc. Premier avantage qui est inappréciable. Un autre avantage, c'est que si un sujet meurt, vous n'avez que trente-cinq centimètres de mur de mis à nu ; vous replantez alors un jeune sujet à la place de celui qui manque, en ayant soin de garnir de planches, à droite et à gauche, le trou où vous le plantez, pour'protéger ses jeunes racines contre la voracité de celles de ses voisins.
« On doit, dans ce système, mettre les arbres à une petite distance, parce qu'autrement ils seraient trop vigoureux et seraient trop forts en bois ; on doit aussi les incliner pour la môme raison et pour leur donner plus de longueur. Sur les murs très-hauts on pourrait encore employer les cordons verticaux, mais la forme verticale a toujours l'inconvénient de favoriser la gourmandise de l'arbre et de lui laisser prendre un trop grand développement boiseux. Dans le système des cordons obliques on garnit les angles des bouts du mur, par une exception à la règle, à l'aide de branches secondaires sortant des cordons extrêmes.
Retenons bien, pour ce qui concerne le titre môme de notre article, que déjà, avec les cordons obliques, nous avons notre mur, ou notre abri en planche, toujours garni en trois années, au lieu de huit, dix ou douze qui sont nécessaires dans les autres systèmes, selon la qualité de la terre et de l'exposition.
« M. Picot, dans le même temps, réduisait la taille des branchettes, en vue du fruit, à une simplicité telle que toute personne peut, en suivant sa méthode, tailler ses arbres avec
la même perfection que le plus habile arboriculteur, sans en avoir appris autre chose que ce qui suit :
« Dès la première année de plantation et dans toutes les années suivantes, quand la végétation a repris son activité, couper, avec le sécateur ou la serpette, chacune des parties des rameaux latéraux, au-dessus de sa troisième feuille, en comptant les feuilles à partir du pied du rameau sur la branche ; on pratique cette opération à mesure que les rameaux, verts et herbacés, atteignent la hauteur de dix à douze centimètres ; à l'aisselle des trois feuiles laissées , repoussent trois autres rameaux que l'on traite de môme. Môme opération pour la troisième et la quatrième pousse jusqu'à la fin de l'été. Il en résulte des bouquets de coursons , ou lambourdes (1), qui sont tous à fruit. Cela ferait beaucoup trop de fruit pour l'année suivante ; mais on passe une revue à la fin de l'hiver, et l'on coupe les trois quarts de ces branchettes en laissant les plus jolies, les plus saines et les mieux placées.
« M. Dubreuil donne maintenant cette taille comme étant la perfection si on l'applique à ses cordons obliques.
« Venons à M. Pécault.
« Son grand principe est de ne jamais tyranniser, tourmenter, mutiler la nature, mais de lui donner au contraire, par une direction douce et par un ensemble de précautions raisonnées, toute la liberté et toutes les facilités d'épanouissement. La principale de ces précautions, celle qui résume à peu près toutes les autres, consiste à lever les obstacles au libre et universel développement, en maintenant les parties de l'arbre dans un équilibre harmonique et arrêtant les envahissements des organes forts sur les faibles. C'est de là qu'il tire toute sa théorie et tous ses procédés, ainsi qu'on va le comprendre.
« Mais je ne puis m'empôeher de faire ici une réflexion, quelque éloignée de mon sujet qu'elle puisse pa-
(i) Dans le cas où l'on veut trai er par le palissage, les sujets doivent être pins éloignés les uns des autres : 60 ou 70 centiin. au lieu de 35.
(1) On dit coursonnes ou ^coursons pour les pêchers, abricotiers, pruniers, et lambourdes pour les poiriers et pommiers.
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raîtrc : il y a quatre éducations qui se ressemblent beaucoup : celle des arbres, celle des animaux, celle des enfants, celle des peuples ; et le môme principe convient à ces quatres éducations : liberté de développement avec direction douce pour lever les obstacles à cette liberté et pour empècber la force d'écraser la faiblesse :
— Dans l'arbre, qu'une branche n'empiète point sur les droits d'une autre branche; dans l'animal, qu'une qualité ne devienne pas vice, par excès, en détruisant d'autres qualités; dans l'enfant, de même; et dans le peuple, qu'une classe ne Rêne point une autre classe dans son développement, sa liberté, ses droits, en absorbant une trop large part de la force du corps social, être multiple, ressemblant plus que tout autre encore à un espalier. Mais dans ces quatre ordres, le despotisme, qui ne sait que couper, mutiler, museler, contrarier, imposer ses caprices, au;ir d'autorité, montrer le sabre, frapper de la discipline, claquer du fouet, aJbuser de la serpette, étouffer la vie, ne produit jamais que le rabougnssementAvis, en passant, auxécuyers, aux parents et maîtres, al aux gouvernements, comme aux horticulteurs.
« In jour, il y a une quinzaine d'années, m. Pécault voit un pécher de six ans à moitié déchaussé par suite de terrassements que l'on avait faits près du mur sur lequel il était palissé; la terre s'était éboulée pardessous les racines et les avait mises à nu sans les blesser. L'idée lui vient de le déchausser de même de l'autre côté avec grande précaution pour respecter juqu'aux moindres fila-' ments, puis de le prendre ainsi avec ses longues racines, car les racines sont pour le moins, en général, aussi longues que les branches, par suite de la correspondance entre les deux parties de l'arbre, — les racines nourrissent les branches par la sève ascendante et les branches nourrissent à leur tour les racines par la sève descendante, — de le prendre donc avec ses racines dans toute leur longueur, de le porter contre un autre mur, après y avoir bien défoncé le terrain et de l'y replanter eu éten-
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dant simplement, en éventail, toutes les racines autour du pied et les recouvrant d'une couche de terre uniformément épaisse de trente-cincr centimètres.
« Qu'arriva-t-il? L'arbre ne s'aperçut pas de sa transplantation, donna du fruit l'année même et n'en devint que plus beau l'année suivante. Plus de liberté vraie avait été donnée à ses racines, comme nous allons bienlot le faire comprendre. De là l'idée vint à M. Pécault do se faire jardinier à son compte et d'élever des espaliers qu'il vendra à l'âge de trois ou quatre ans, capables de garnir déjà une partie du mur et de donner du fruit la même année. C'est ce qu'il a fait dans la mesure de ses moyens, et il obtient aujourd'hui un succès qui ne laisse rien à désirer. Mais il nous faut expliquer l'ensemble des précautions auxquelles il doit cette réussite.
« Il prend dans la pépinière les sujets à deux branches — s'il élevait des cordons obliques, il prendrait ■eux qui ne sont qu'à une branche et qui coûtent moins cher — les arrache en rompant le moins de racines possible et les plante le long d'abris en planches, placés du nord au sud, afin de pouvoir en mettre des deux côtés. La planche de la base est enterrée de 3a centimètres pour empêcher les racines de pousser en arrière.
S'il pouvait obtenir des pépiniéristes d'avoir toutes les racines, il ne couperait rien de ces deux premières branches et mettrait ainsi à prolit la pousse do la pépinière, ce qui avancerait l'arbre d'une année; mais les pépinières n'étant pas encore organisées pour cela (I), les racines sont coupées jusqu'à un certain point; il est donc obligé d'écourter un peu ces deux branches pour mettre en équilibre suffisant la tète de l'arbre avec ses racines, mais il en coupe le moins qu'il peut, et les met toutes deux de même longueur.
« Après la pousse suivante, il ne coupe plus rien aux deux prolonge-
(I ) Elles \e seront sans doute un jour, car M. Dnbf-enil, qui a prévu ce point, indique, dans son Traité, une manière de[ tes disposer; qui permet d'arracher par coupes et d'avoir tontes les racines.
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monts nouveaux, excepté quand il y en a un qui est plus long; alors il le réduit à la longueur de l'autre, et toujours le plus court garde son œil terminal; il fait de même indéfiniment pour ces deux premières branches.
« Mais ici il apporte une grande modification à la méthode commune.
D'après cette méthode, ce sont ces deux branches qui seront les deux branches mères de l'arbre, et les branches secondaires en sortiront de chaque, côté. M. Pécault fait l'inverse; il incline chaque année ces deux branches jusqu'à leur donner la position à peu près horizontale, et elles deviennent alors les doux branches secondaires les plus rapprochées du sol. Les deux brandies mères — ou la branche mère s'il fait une palmette simple — seront formées de deux rameaux sortant de celles-là, le plus prèspossiblc desabifurcation. Comme celles-ci ont la position verticale, pendant que les autres se rapprochent de plus en plus de la position horizontale, elles gagnent sur elles en force et ne tardent pas à prendre leur rôle de branches mères. On écourte un peu ces jeunes branches mères chaque année pour les forcer à développer des branches secondaires ; et on les amène insensiblement à la position qu'on leur destine.
« L'avantage de ce système, c'est qu'on arrive toujours à avoir deux belles branches secondaires pour base de l'espalier, tandis que dans l'autre on a beaucoup de peine à en faire pousser de semblables en dessous des branches mères et dans la position presque horizontale ; c'est encore que les deux premières branches, que l'on n'a pas du tout mutilées, donnent du fruit pendant que les autres se développent avec vigueur.
En traitant ainsi, tous les œils fournissent d'eux-mêmes et naturellement des rameaux à fleurs.
« C'est de cette manière que M. Pécault forme en trois ans des arbres déjà beaux qu'il vend et transplante comme il suit :
« Il dégarnit les racines à partir du tronc, en commençant par une de celles qui sont le plus parallèles à la
muraille, et en la suivant jusqu'à son dernier filament; tout le chevelu est respecté. Il se sert principalement pour cela d'une bêcbette à petit manche et à deux cornes, comme une pioche, mais dont une des cornes est en fourchette ; il dégrade la terre surtout avec la fourche, et toujours plutôt au-dessous de la racine qu'au-dessus, en suivant de côté sa tranchée par rayons autour de l'arbre ; il arrive ainsi à retirer toutes les racines les unes après les autres; il faut ici de la patience ; mais, dit-il, on n'en manque pas quand on a compris que quelques heures de plus, pour avoir toutes les racines, vous feront gagner sur l'arbre deux années de production (f).
L'arrachage ainsi fait, il enroule ces longues racines, étend ses pêchers les uns sur les autres, les empaille et les transporte partout où on lui a fait des commandes. La distance n'y fait rien, puisqu'on n'emporte pas de terre, puis il procède au rcplantage de la manière suivante :
« On pratique le long du mur un défoncement de soixante-dix centimètres de profondeur et aussi large, pour le moins, que le mur est haut, — il vaut mieux que tout le jardin soit défoncé de même — en remettant toujours au fond la terre du dessus. Quand la tranchée est remplie à moitié et qu'elle est encore de trente-cinq centimètres plus profonde que le niveau du sol, on étend dessus un peu de terreau ou de fumier mêlé de terre. On place l'arbre en étendant les racines horizontalement, tout à l'entour, sur le terreau. Les plus courtes doivent former le devant de l'éventail. Puis on jette encore sur ces racines un peu de terreau ou du fumier mêlé de terre, et, enfin, on remplit la tranchée. Il est bon de fixer i'arbre au mur par une corde, pour qu'il ne suive pas le tassement.
qui se fait.
« L'arbre ainsi traité ne s'aperçoit pas du tout de la transplantation;
(il Nous devons dire que ce système d'arrachage que pratique depuis 15 ans M. Pécault, a été indiqué pour l'arrachage, en pépinière, par RI. Dubreuil dans la dernière édition de son Traité.
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il n'en pousse et n'en produit que mieux (1).
« Oui, ces derniers mots ne sont point hyperboliques, au moins pour les jardins où il n'y a point une trèsgrande épaisseur de bonne terre, en sorte que, dans ces jardins, il serait à propos de faire subir à l'arbre cette opération, lors même que l'on devrait le replanter à la même place. D'abord, remettre au fond la terre s périeure améliorée par l'air fait déjà du bien aux racines. Mais voici la grande raison : quand on a planté le sujet sortant de la pépinière, ses racines ont été coupées plus ou moins; chacune a bourgeonné autour de sa section et a produit des radicules dans tous les sens; ces radicules, en se prolongeant, ont gardé leur direction première; les uns ont poussé obliquement et se sont enfoncés vers le mauvais sous-sol; d'autresont même tout à fait pivoté ; de là beaucoup de racines qui se sont trompées de chemin et qui, quand elles s'enfonceront dans la craie chargée de carbonate de chaux ou autre terrain pernicieux, manifesteront très-bien leur déconvenue dans les branches qui leur correspondent. Or, en replaçant horizontalement et dans la direction de la bonne terre toutes ces racines, comme qous venons de l'expliquer, on les délivre d'obstacles qu'elles s'étaient créés, 00 leur rend la liberté et la nourriture, on les relance dans le chemin de la vie, et l'arbre se développe plus richement qu'il n'aurait pu faire sans la transplantation ainsi pratiquée.
« M. Pécault vend ses arbres trois francs le mètre de longueur de bran- If Pour transplanter des arbres déjà çiauds, lu toute espèce, au hou de se donner la peine, oomine « Paris, d'emporter une grosse masse de terre, oa ferait peut-être misai de dégrader simplement
tontes les racines en conservant jusqu'aux moindres filets, et de replanter, dans une bonne terre, Lieu prépareu à une grande distance tout à lenteur, d'après la méthode de M. Peeault On replacerait
les racines soit piretantes, soit raoïp mes, dans I •
situation naturelle, en tenant l'arbre suspendu pendant la replantation. On arroserait bien ensuite; ou tiendrait le tronc dans la fraîcheur au moyeu d'un habit et d'un entonnoir à la naissance îles branches pour y verser de l'eau, ce qu'on fait déjà; et il est probable qu'on réussirait m eux qu'en transportant de la terre et ne respectant pus toutes les racines.
ches , en comptant de la plus courte qui gardera son œil terminal, descendant à la bifurcation et remontant la plus longue jusqu'à une hauteur égale à celle de la petite (1).
« Mais jusqu'ici nous n'avons encore qu'un moyen de garnir en partie un mur d'espalier dès la première année; car ces arbres de trois ans en mettront encore quatre ou cinq à achever de couvrir l'espace, tout en rapportant, au reste, du fruit chaque année, moyennant les abris nécessaires à tous les arbres à fruit selon les climats. Comment s'y prendre pour tenir la promesse indiquée dans le titre de notre étude ?
« Avant de répoudre à cette dernière question , faisons un aveu :
M. Pécault n'a réussi complétementque' sur les arbres à noyau, pêchers, abricotiers, pruniers, etc. Les poiriers, sur lesquels il a également travaillé, se ressentent de la transplantation. Il y a donc là, ou quelque chose qui reste à trouver, ou une difficulté insoluble tenant à la délicatesse de l'espèce.
Mais pour les arbres à noyau, ^opération ne manque jamais.
« Il y a quelque temps, nous livrant à une étude de ces questions intéressantesavee M. Pécault lui-même, dont un hasard nous avait fait faire la counaissance et que nous avions prié de nous expliquer sa théorie, déjà célèbre en Touraine, l'idée nous vint de lui demander pourquoi il n'appliquait pas son système de transplantation aux cordons obliques de M. Dubreuil.
Cette question fut pour lui une illumination soudaine. Oui, dit-il, je pourrai, par cette réunion des deux théories, livrer, eu toute garantie, un espalier complet, à muraille toute garnie, et qui sera en plein rapport dans la même année ; et il prend maintenant ses mesures, selon les modestes ressources que lui laissent ses économies, pour ajouter cette modification à son commerce.
« Et, en effet, le succès ne fait pas le moindre doute. Les cordons obli-
(1) Vous devons encore avouer que l'on Irouve dausla-t* édition do Traité d'arboriarflure de .il.
Dubreuil (édit. 1858), quelques lignes qui prouvent que le célèbre professeur a eu aussi l'idée d'une aewblable transplantation, uiuis sans s'v arrêter.
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ques couvrent un mur de 8, 9 et même iO pieds en trois ans, non compris l'année de la pépinière avec le mode actuel d'arracher les jeunes sujets. M. Pécault transplantera ses cordons la troisième année, plus facilement encore que ses pêchers en forme de V, puisqu'ils aurontmoins de racines que s'ils avaint plusieurs branches; donc il garnira les murs instantanément, et il y gagnera, aussi bien que l'acheteur. Ses sujets lui prenant moins d'espace et lui donnant moins de peine à élever, il les vendra moins cher tout en retirant plus de bénéfice ; et si le propriétaire est obligé d'en acheter davantage, il sera récompensé, et au delà, par de pleines récoltes qui commenceront immédiatement.
« Reste une question : Comment M. Pécault va-t-il traiter ses jeunes sujets pour en faire les cordons obliques bons à vendre?
«Il prendra dans la pépinière ceux qui n'ont qu'une branche. Il les plantera., non pas verticalement pour les incliner ensuite, mais dans la position même où ils resteront, à 45 degrés d'obliquité sur le mur. 11 égalisera leur hauteur à tous, en raccourcissant les plus longs de ce qu'il faut pour les mettre de la taille des petits. 11 fera de même chaque année sur le jet d'en haut destiné à former le cordon, en prenant toujours les plus courts pour règle et ne touchant pas ces derniers.
Les bourgeons des intervales se développeront ainsi suffisamment d'euxmêmes, et feront des brauchettes coursonnes. 11 en a l'expérience.
« Comment traitera-t-il ces branchettes ? Serait-ce par le palissage ou par le pinçage ou par les deux réunis?
« Ici, il se sépare de M. Dubreuil et de M. Picot : il croit plus avantageux un système de pinçage et de palissage, que le pinçage exclusif, qui ne consiste, comme nous l'avons dit, qu'à couper, dès le premier âge du cordon, les branchettes en vert, hautes de dix à douze centimètres, au-dessus de leur troisième feuille, et à continuer toujours de même. Voici son raisonnement.
« Trois ressources sont à la dispo-
sition du jardinier pour traiter ses arbres, pour en équilibrer les forces et les répartir également entre toutes les branches. Ce sont la distribution de la lumière, les modifications de position de la ligne verticale à la ligne horizontale et la taille à vert ou à sec. Les deux premiers moyens sont ceux de l'hygiéniste, le troisième est celui du chirurgien.
« Or, dans le pincement exclusif on n'emploie que le troisième; et, cependant, les trois ne sont pas de trop pour bien conduite un arbre. Si l'on n'use que du pinçage, le dessous des cordons se garnira beaucoup moins de coursons que le dessus, par suite de la tendance à pousser en haut et de la lumière qui éclaire mieux le dessus que le dessous, et il arrivera que la ligne de mur du dessous des cordons sera, en partie, perdue. Au contraire, si au pincement on ajoute des réserves de rameaux que l'on traite par le palissage en les inclinant ou les diessant selon le besoin, en leur laissant la pleine lumière ou en leur en ùtant une partie, ce qui a lieu par le seul fait de leur application sur le treillage , on garnira facilement avec ces rameaux réservés la partie de mur laissée vide par le dessous des cordons, et il n'y aura point d'espace perdu.
« Tel est le raisonnement de M.
Pécault et telle va être sa manière de procéder.
« L'expérience, ici, dira le dernier mot.
« Cette méthode aura, sans doute, l'inconvénient d'obliger le jardinier à planter ses cordons à 70 centimètres les uns des autres au lieu de 35 ; car 35 centimètres ne laissent pas assez d'espace pour le palissage, et il élèvera ainsi une moitié moins de sujets sur la même étendue.
« Faut-il dire notre opinion? Nous persistons à croire que la taille-Picot avec les cordons obliques, suffit seule et fournit le moyen de faire produire au mur beaucoup plus de fruit à égalité de longueur et de hauteur, ce qui est le but à poursuivre. Toutes ces branchettes que vous abattez presque à leur naissance, "et à mesure qu'elles se développent , laissent à
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l'arbre, pour nourrir les fruits dont il est chargé, tous les sucs qu'elles auraient absorbés si on les avait laissées pousser à la longueur où l'on fait le palissage, et, en vertu de cette raison, vous ponvez laisser une quantité double de fruits, qui n'en seront pas moins beaux. Nous croyons cependant que cette production plus considérable, et cet arrêt continuel de la sève par l'opération violente du pincement, ne seront pas sans un résultat fatal, à la longue, sur la vie de l'espalier ; il vivra moins longtemps, cela nous paraît tout à fait supposable; mais qu'importe, puisque, dans le système Dubreuil, joint au système Pécault, il est facile de remplacer instantanément un sujet qui meurt?
« Concluons : Que l'on emploie, pour le traitement des branches coursonnes, un système ou un autre, le problème de l'espalier improvisé, au moins eu fait de fruits à noyau, est résolu pour le jardin potager, et une nouvelle industrie est offerte aux jardiniers, celle de l'élève et de la vente d'arbres dressés, ayant déjà deux, trois ou quatre ans d'existence et produisant du fruit.
« N'est-il pas vrai, mes lecteurs,
qu'après mon explication, vous ne
vous sentez plus d'incrédulité pour
la merveille que j'avais annoncée? »
Le Noir.
ESPÈCE. (Théol. mi.rt. scien. nat.) — 11 y a plusieurs délinitions célèbres de l'espèce : voici la définition de G.
Guvier pour le règne animal : « On doit, dit-il, définir l'espèce la réunion desindividusdescendus l'un de l'autre ou de parents communs, et des individus qui leur ressemblent autant qu'ils se ressemblent entre eux. »
{régne animal, 1. 1, introduction.) Voici celle d'AdriendeJussieupour le règne végétal : « La collection de tous les individus qui se ressemblent entre eux plus qu'ils ne ressemblent à d'autres, et qui, par la génération, en reproduisent de semblables, de telle sorte qu'on peut, par analogie, les supposer tous issus originairement- d'un même individu. » (Cours élémentaire dlristoire naturelle, botanique). Celle de Laniarck, pour les
deux règnes, revient, à peu près à celles de Cuvier et de Jussieu. Comme définition générale évitant d'entrer dans les difficultés et les systèmes , l'espèce, d'après cette définition, est « la collection entière d'individus en tout semblables qui furent produits par d'autres individus pareils à eux et par conséquent qui forment race. »
(Philosophie zoologique, t. I.)
On voit que la science fait entrer comme condition principale de l'identité d'espèce la filiation des êtres par voie de reproduction, et que, dans les cas où cette filiation, cette condition de former race comme dit Lamarck, n'est pas un fait observable et constaté, elle s'en tient à juger, par analogie, des individus qui se ressemblent autant entre eux que ceux dont elle connaît la génération, et suppose que la filiation a existé pour eux comme pour les autres.
C'est donc l'idée de descendance d'un même père qui, dans le règne animal et dans le règne végétal, forme la base de la définition de l'espèce, pour la généralité des naturalistes ; et, cela est conforme au tableau de la création de nos livres saints ; la Genève nous représente le Créateur comme faisant sortir de la terre et des eaux les premiers types ou pères des êtres ayant vie, chacun dans son espèce.
Si l'on pose ensuite le problème de fixité ou de variabilité des espèces, se présentent plusieurs questions trèsdifficiles à résoudre scientifiquement.
Les idées de Linné, dans la première partie de sa vie de savant, furent absolues sur l'invariabilité des espèces telles que Dieu les forma d'abord; voici les paroles mêmes, qu'on peut lire dans la Philosophia botanica :
« Nous comptons autant d'espèces qu'il a été créé de formes diverses à l'origine des choses... chacune des formes et structures actuelles dérive de celles que l'être infini a initialement produites, et elles ont subsisté semblables à elles-mêmes à travers la suite des temps. » Mais plus tard, le même Linné vit surgir des difficultés et émit des doutes sur le môme point dans son ouvrage intitulé :
Amœnitatcs academicx. Il se demande,
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dans cette nouvelle étude, si toutes les espèces d'un m&mogenre n'auraient pas d'abord constitué une seule grande espèce originaire dont les descendants De se seraient pas tous ressemblés absolument , et auraient présenté quelques différences qui se seraient ensuite fixées et auraient formé des espèces différentes ; il se demande aussi si des croisements survenus ensuite entre les produits de ces nouvelles variétés n'auraient pas pu en engendrer d'autres encore. On conçoit que l'étude de ce qui se passe devant nos yeux pour les animaux domestiques, pour les chiens par exemple, dont les races deviennent, par la culture, et par l'hybridation, si différentes les unes des autres, et pour les plantes en horticulture, dont nous obtenons de si prodigieuses nouveautés, fasse naître, dans un esprit comme celui de Linné, de semblables doutes ; on conçoit aussi que la question des trois races humaines , la blanche, la jaune et la noire, quand on veut, comme Linné, mettre sa science d'accord avec le principe d'unité à'espêce essentiel aux idées chrétiennes de fraternité universelle , et aux dogmes catholiques, de la déchéance par la faute d'un seul père comme de la restauration universelle par un seul Christ, on conçoit, dis-je, que cette question des races humaines jette beaucoup de doutes sur la fixité des premiers types durant la suite des temps. D'un autre côté, quand on renonce à cette fixité et qu'on entre dans la voie des hypothèses contraires, on ouvre la porte à des systèmes qui pourront aller jusqu'au monogénisme et au pantogénisme de nos jours soutenus par Darwin. Il faut donc marcher sur ces problèmes comme sur des épines, aussi bien au point de vue de la science qu'au point de vue de la foi ; c'est la leçon que renferment implicitement les sortes de contradictions et les hésitations do Linné.
A peu près à la même époque, Buffon se jetait assez résolument du côté de la variabilité des espèces, en tant que possible; selon ce grand génie, des modifications graduelles survenues sous l'influence de conditions
extérieures différentes peuvent devenir héréditaires, et constituer, à la longue, des espèces dérivées qui deviennentdéfinitivcs. Cette théorie est trèsutile pour rendre raison de la formation de nos trois races, problème énorme que la science est encore biea loin d'avoir résolu ; mais elle a donné naissance à toute une série de systèmes plusou moins négatifs de l'orthodoxie philosophico-théologique, dont Lamarck et Darwin présentent les points culminants.
Olivier se fixa dans une thèse modérée qui nous semble exprimer à peu près un summum de progrès scientifique qui semble jusqu'à présent résister à toutes les attaques. Voici ses paroles : « On n'a aucune preuve que toutes les différences qui distinguent aujourd'hui les êtres organisés soient de nature à avoir pu être ainsi produites par les circonstances. Tout ce qu'on a avancé sur ce sujet est hypothétique : l'expérience parait montrer, au contraire, que, dans l'état actuel du globe, les variétés sont renfermées dans des limites assez étroites, et, aussi loin que nous pouvons remonter dans l'antiquité, nous voyons que ces limites étaient les mêmes qu'aujourd'hui. » [Régne animal, introduction.)
Les découvertes en paléontologie, qui se sont multipliées et qui se multiplient chaque jour confirment, de tout point, ces paroles sages, dont la modération est digne de tout éloge, en ce sens qu'elles laissent encore une latitude, mais pourtant latitude assez étroite, pour des modifications jusqu'à un certain point spécifiques, comme celles des races humaines. Dans les collections paléontologiques , toutes les espèces vraiment tranchées existantes se retrouvent avec les mêmes caractères distinotifs dans les temps antiques; et quant à celles qui sont perdues, elles ne présentent jamais d'apparences de transition lente et progessive vers celles qui leur ont succédé. Les intermédiaires sont, commo ceux qui existent encore, des parallèlismes contemporains et non point des transformations progressives.
Sans assez tenir compte, à notre avis, de ces considérations paléonto-
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ogiques, on a vu se poser entre Lamarck qui fait dériver les espèces, avec le temps, lesunesdes autres, en poussant à l'excès l'idée de Buffon, et Darwin qui devait soutenir l'unité absolue d'un premier type de vie en poussant la même idée jusqu'à son dernier extrême, on a vu se poser, dis-je, Geoffroy Saint-Hilaire et son école qui ont attaqué Cuvier sur la fixité des espèces, avec la conviction profonde, mais pleine de réserve dans l'expression, qu'il s'était trompé. Et, d'autre part, ona vu lemême Cuvier attaqué, avec une conviction semblable, par une école opposée, sur la réserve même qu'il mettait à la fixité des espèces . Cette école a compté pour ses maîtres des savants de premier ordre, par exemple Duméril (erpétologie végétale,) De Blainville (hist. des scicn. de l'organisme), A. D. de Jussieu [gêner, plant.)
M. Is. Geoffroy Saint-Hilaire à donné, dans son ouvrage malheureusement inachevé, Histoire générale des règnes organiques (t. II. 2 e part.), un résumé des systèmes et des discussions scientifiques sur l'espèce ; et il résulte de la lecture de ce résumé que c'est encore l'idée modérée de Cuvier sur la fixité relative des espèces qui a l'avantage. C'est aussi à cette idée que se rattache encore aujourd'hui, malgré les nouvelles thèses darwinistes, la majorité des savants. Nous croyons, d'un autre côté, que la thèse complètement opposée de la formation simultanée de toutes les espèces à l'origine, soutenue par M. de Blainville, est une autre exagération ; en sorte que nous sommes convaincu que la science donnera, un jour, gain de cause à Cuvier.
On expliquera, par le degré de puissance que le Créateur a donné à la nature en développement, toutes les modifications considérables que subissent les êtres vivants, et qui peuvent se fixer définitivement jusqu'à l'influence de nouvelles causes. Les variétés de la botanique horticole par la culture, la greffe, l'hybridation surtout, trouveront leur raison d'être, et il en sera de même de celles des animaux domestiques. La différence considérable entre la rose à cent
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feuilles, par exemple, et la fleur simple de l'églantier cessera d'être un problème insoluble ; celle du loup avec le chien épagneul n'empêchera plus de pouvoir considérer le premier comme le type primitif du second et de toutes les races de chiens ; le rat et la souris pourront tout aussi' bien sortir d'un même couple primordial que le grand cheval normand et le petit cheval de Corse ; et, quant à l'espèce humaine, le nègre et le blanc sortiront sans difficulté du même père.
Il y a plus, on pourra admettre même, avec Buffon et plusieurs autres naturalistes, les générations spontanées, c'est-à-dire des productions nouvelles de la nature selon des types pareils à d'autres types existants déjà et appartenant par conséquent à la même espèce, selon la restriction introduite par Cuvier dans sa déiinition, sans qu'il y ait filiation par le fait. En notr.e particulier nous avons toujours cru à ces sortes de produits ; nous ne pouvons nous expliquer, dans la géologie, les disparitions d'espèces anciennes et les apparitions d'espèces nouvelles sans avoir i recours à cette hypothèse, et nous aimons à en voir une révélation littérale dans cette parole du Christ:
Mon père travaille sans cesse.
Mais, jusqu'à certaines limites, encore assez étroites comme le dit Cuvier, nous n'admettrons pas que, dans l'état présent de création, les espèces varient et se transforment les unes dans les autres ; elles gardent leur moule caractérisque ; et si la nature se jette parfois dans des écarts, ces écarts no sont que des productions anormales et monstrueuses qui ne sauraientjamaisconstituerrace ; telle est la loi de la nature présente. Et qui ne serait frappé de la constance de cette loi, devant les découvertes les plus récentes que l'on a faites dans les profondeurs, jusques là insondées, des océans : on y a trouvé vivants des types d'espèces parfaitement semblables à celles qu'a révélées la géologie dans des terrains pareils, lesquelles remplissaient ces terrains de leurs débris il y a des millions d'années. Le Nom.
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ESPÈCE HUMAINE (unité primitive de l'j. (Théol. mi.rt, scien.) — V.
iuces h chaînes (uniti'; primitive de?)